22 - Torah Lishma (en Son Nom)

October 1st, 2009
J’ai entendu, le 6 février 1941
 
La Torah est appelée Lishma essentiellement lorsque l’homme apprend dans le but de connaître avec une certitude absolue, par la raison, sans aucun doute de lucidité de la vérité, « qu’il y a un juge et qu’il y a un jugement ». Il y a un jugement signifie que l’homme voit la réalité telle qu’elle apparaît à ses yeux. Ceci signifie que lorsque nous travaillons dans la foi et le don, nous voyons que nous grandissons et nous élevons quotidiennement, puisque nous voyons toujours un changement, pour le mieux.
 
Inversement, quand nous travaillons sous la forme de la réception et de la connaissance, nous voyons que nous déclinons chaque jour vers la pire des bassesses dans la réalité.
En examinant ces deux situations, nous voyons « qu’il y a un jugement et qu’il y a un juge ». La raison est que lorsque nous ne suivons pas les lois de la Torah de vérité, nous sommes instantanément punis. Dans cet état, nous voyons qu’il y a un juste jugement. En d’autres mots, nous voyons que ceci est précisément, le meilleur et le plus susceptible moyen de parvenir à la vérité.
 
Le jugement est considéré comme juste, comme étant la seule manière pour nous de parvenir au but ultime, pour comprendre par la raison, avec une compréhension complète et absolue qu’il n’y en a pas plus haut, qu’uniquement par le moyen de la foi et du don, nous pouvons atteindre le but.
 
Donc, si l’homme étudie dans ce but, afin de comprendre qu’il y a « un jugement et qu’il y a un juge », ceci est appelé Torah Lishma (en Son Nom). Ceci est également la signification de ce que nos sages disaient: "Grande est l’étude qui conduit à l’acte".
 
Il semble qu’il aurait fallu dire: "qui mène aux actes", autrement dit être capable d’accomplir beaucoup d’actons, à la forme plurielle et non au singulier. Néanmoins, le fait est que, comme indiqué ci-dessus, l’étude ne devrait apporter à l’homme que la foi, et la foi est appelée une Mitzva (Commandement), qui soumet le monde entier au mérite.
 
La foi s’appelle "agir", parce que c’est une obligation habituelle de celui qui fait une certaine chose, qu’il doit y avoir une raison qui l’oblige à agir selon la raison. Ceci est semblable à la corrélation entre l’esprit et l’action.
Toutefois, lorsque quelque chose est au-dessus de la raison, que la raison ne laisse pas l’homme faire cette chose, mais le contraire, alors il est obligé de dire qu’il n’y a aucune raison à cet acte, mais seulement un acte. Ceci est l’explication de: "Si l’homme accomplit une Mitzva, il est heureux, car il s’est soumis etc. à une échelle de mérite". Ceci est l’explication de: "Grande est l’étude qui conduit à un acte", c’est-à-dire un acte sans raison, appelé au-dessus de la raison.
 

97- Le déchet de la grange et du vignoble

October 1st, 2009

Goren – (grange) signifie la diminution des bonnes actions lorsqu’un l’homme ressent d’abord Gronot (en hébreu : gorge) avec le Créateur ». Par conséquent, il diminue les bonnes actions, puis il arrive à l’état de Yekev (Vignoble) qui est la signification de « et il a blasphémait le nom du Seigneur ».
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Souccot est considéré comme la joie, considéré « réjouissance de Gvourot » qui est la repentance de l’amour où les péchés deviennent comme des mérites pour lui. Et la grange et le vignoble sont admis dans la sainteté (Kdousha).Telle est la signification de l’essentiel du discernement de Souccot qui est Isaac, mais où tout le monde est inclus en lui (et Pâque est considéré amour, qui est la droite). Telle est la signification « d’Abraham a engendré Isaac ».

Il en est ainsi car le père et le fils est cause et conséquence, raison et résultat. Et que s’il n’y avait pas eu d’abord le discernement d’Abraham, qui est la droite, il n’y aurait pas eu le discernement d’Isaac, qui est la gauche. Mais la gauche est incluse dans la droite, comme « car tu es notre père ».

Abraham a dit: «Ils mourront sur la sainteté de Ton Nom» et Jacob a également dit que cela signifiait que les péchés seront détruits sur la sainteté de Ton Nom. Et s’il en restait, alors il y aurait une brèche au milieu. Autrement dit, les péchés qui sont dans tout Israël sont comme une brèche dans Kdousha (sainteté).

Isaac cependant, a dit « la moitié pour moi et la moitié pour toi » signifiant la partie des péchés et la partie des Mitsvot, c’est-à-dire que les deux rentreront dans la sainteté. Et cela ne peut être que grâce à la repentance de l’amour, où les péchés deviennent des Mitsvot pour lui. Dans cet état il y a une brèche, comme il est écrit: «pas de brèche, pas de cri », mais tout est corrigé pour Kdousha.

Tel est le sens de ce qu’on dit les sages, « plus grands sont le déchet et les mules d’Isaac que l’argent et or d’Avimelech ». Le déchet est quelque chose d’inférieur, sans valeur, signifiant qu’il considère sa servitude comme un déchet et après quoi arrive l’état de séparation et parce qu’il n’a pas apprécié son travail, il tombe dans la séparation. Et ceci se nomme « le déchet et les mules d’Isaac ». Et comme Isaac a tout corrigé sous la forme de repentance de l’amour et ses péchés sont devenus comme des mérites, alors les bénéfices qui lui sont parvenus grâce à son déchet et mules sont plus grands que « l’argent et l’or d’Avimelech ».

Son Kessef (argent) signifie « Kissoufim» (aspiration) au Créarteur. Et « Zahav » (or) signifie Ze Hav (donne ceci), concernant l’aspiration pour la Torah, signifiant accomplir la Torah. Le fait qu’Isaac ait tout corrigé veut dire qu’il est arrivé à la repentance de l’amour et les péchés deviennent également des mérites pour lui. Et alors dans tous les cas, il est très riche car dans le respect des Mitsvot, il n’y a rien de plus que 613 Mitsvot alors que les péchés et transgressions sont illimités. Par conséquent Isaac s’est enrichi comme il est écrit « il trouva cent portes » signifiant qu’il a eu 100% de Kdousha, sans aucun déchet, car le déchet a également été corrigé en lui.

Par conséquent le toit de la Soucca est faite de déchets de grange et de vignoble (et vous pouvez dire ce que les sages ont dit, que Moïse s’est enrichi de déchet). C’est pourquoi, l’essentiel de Souccot porte le nom d’Isaac qui est la joie de Gvourot et Souccot est aussi appelé Moïse.

58- La joie est le reflet des bonnes actions

September 26th, 2009

Shamati durant Soukkot 4ème jour de fête

 La joie est un reflet des bonnes actions. Si les actions sont de Kedousha (Sainteté), alors la joie apparaît. Cependant, nous devons savoir qu’il y a également la notion de Klipa (écorces). Afin de savoir si c’est Kedousha, la clarification est dans « la raison ». Dans Kedousha, il y a raison, et dans Sitra Achra (l’Autre Côté) il n’y a aucune raison, puisqu’un autre dieu est stérile et ne porte pas fruits. Par conséquent, lorsque nous éprouvons de la joie, nous devrions lire les mots de la Torah afin de découvrir l’esprit de la Torah.

 
Nous devons également savoir que la joie est comme la luminescence supérieure qui apparaît par la MAN,10 qui est les bonnes actions. Le Créateur nous juge où nous nous trouvons. En d’autres termes, si nous prenons sur nous le Fardeau du Royaume des Cieux pour l’éternité, immédiatement il y a une luminescence supérieure qui est également éternelle.
 
Même si nous voyons que manifestement nous tomberons bientôt de notre degré, Il nous juge toujours où nous sommes. Cela signifie que si nous avons maintenant décidé de prendre sur nous le fardeau du Royaume des Cieux pour l’éternité, ceci est considéré comme perfection.
 
Cependant, si nous prenons sur nous le fardeau du Royaume du Cieux et ne voulons pas que cet état demeure en nous éternellement, cette chose et cette action ne sont pas considérées complètes, et naturellement, la Lumière Supérieure ne peut pas venir et demeurer dessus, parce qu’elle est entière et éternelle, et elle n’est pas sur le point de changer. Alors que pour ce qui est d’une personne, même si elle le veut, son état ne sera pas éternel.
 
 
10  abv. Pour Mayin Noukvin (les Eaux Féminines), s’écrit Manne en français
 
 

890 -Le chagrin de la Présence Divine

September 26th, 2009
« Un péché que nous avons commis devant toi par le mauvais penchant » (prière du Jour du Pardon)
Il convient de poser la question: toutes les fautes ne viennent pas du mauvais instinct. Il faut expliquer que le péché est dans le fait de dire que le mauvais penchant existe. Mais nous savons « qu’il n’y a rien hormis Lui », parce que si l’homme ne mérite pas alors on le rejette d’en-haut. Ceci vient du revêtement du désir de recevoir appelé le mauvais penchant.
C’est ainsi : « le penchant du cœur de l’homme est mauvais dès sa jeunesse », c’est-à-dire le Créateur qui la crée de cette façon, car le désir de recevoir est l’essentiel  du récipient, mais il faut le corriger. Et on peut expliquer ce qui est écrit « et son cœur est triste » car l’homme ressent que quand il suit son penchant, il est triste et ce qu’on appelle le chagrin de la Présence Divine.

De l’essence de la religion et de son but

August 16th, 2009

Dans cet article, je voudrais répondre à trois questions:

 
1) Quelle est l’essence de la religion?
 
2) Est-ce que son but s’atteint en ce monde-ci ou seulement dans la vie future?
 
3) Est-ce que son but est de pourvoir au bien-être du Créateur ou à celui des créatures?
 
A priori, le lecteur s’étonnera de mes paroles et ne comprendra pas pourquoi j’ai choisi de traiter de ces questions en particulier. Car qui ne sait ce qu’est la religion? Et que la récompense et la punition s’obtiennent principalement dans le monde futur? Sans parler de la troisième question, car tout le monde sait que la mission de la religion est de pourvoir au bien-être des créatures, de les guider vers le bien et le bonheur. Qu’il y a-t-il à ajouter à cela?
 
Effectivement, il n’y a rien à ajouter, puisque tout le monde est familier avec ces idées depuis l’enfance, personne n’a besoin de les examiner et les clarifier jusqu’à la fin de ses jours! Ces réactions montrent un manque de connaissance sur ce sujet passionnant qui est la fondation sur laquelle se base toute la structure de la religion.
 
Cependant comment est-ce possible qu’un jeune garçon de 12 ou 14 ans est déjà prêt à appréhender dans son esprit ces trois concepts subtils, et ce de manière suffisante à ce qu’il n’ait plus besoin d’y ajouter ni des connaissances, ni du savoir pour le restant de ses jours?
 
Effectivement, là est le problème! Car cette supposition facile a causé la superficialité et les conclusions sauvages qui ont rempli l’air de notre génération! Et ont failli détruire sous nos yeux la nouvelle génération.
 
«Le Bien Absolu»
 
Afin d’éviter de lasser le lecteur par de longues discussions, je me suis basé sur tout ce que j’ai écrit dans mes essais précédents, spécialement celui intitulé «Le Don de la Torah», qui peuvent tous être considérés comme une préface à ce passionnant sujet. Ici, je parlerai brièvement et simplement afin de me faire comprendre par tout le monde.
 
Et tout d’abord, il faut réaliser que le Créateur, Béni soit-il, est «le Bien Absolu». C’est à dire, qu’il ne peut causer sous aucune condition un quelconque dommage à qui que se soit. Cela doit être clair comme premier concept. Car tout esprit sain voit qu’à la racine de toute cause du mal se trouve seulement «le Désir de Recevoir».
 
Cela signifie que l’enthousiasme à recevoir pour lui-même permettra à l’homme de causer des dommages à son prochain. A tel point que si les créatures ne trouvaient plaisir en rien, elles ne causeraient de mal à personne. Et si parfois, nous voyons quelqu’un faire du mal à un autre sans aucune raison apparente de gagner quelque chose pour lui-même, nous pouvons assumer qu’il ne fait cela que par une habitude, qui a été implantée en lui dans le passé pour recevoir quelque chose et le débarrasse à présent du besoin de chercher une autre raison de faire du mal.
 
Le Créateur par contre, lui, est parfait et n’a besoin de personne pour l’aider à l’être, ayant été avant toute chose. C’est pourquoi, il est clair qu’Il n’a aucun besoin de recevoir. Et comme Il n’a aucun attribut du désir de recevoir, Il n’a aucune raison de causer du mal à qui que se soit. C’est aussi simple que cela.
 
De plus, nous aimons entretenir la dérivée de ce premier concept qui est qu’Il aime faire du bien aux autres, c’est à dire à Ses créatures. Cela nous est prouvé par cette grande création qu’Il a crée et produite sous nos yeux. Même si nous voyons que dans notre monde, il y a des créatures qui se sentent bien et des créatures qui se sentent mal. Car quel que soit le type de sensations, elles sont causées par Le Créateur, Béni soit-Il. Et une fois compris qu’il n’y a pas de mal dans la nature du Créateur, nous pouvons conclure que toutes les créatures ne reçoivent forcément que du bien puisqu’il n’a créé les êtres que pour leur faire du bien.
 
Nous avons donc conclu que le Saint Béni soit-Il, n’a que le désir de faire le bien. Et qu’à aucun prix il n’y aura dans les lois du monde une cause de nuisance ou de peine qui viendrait de Lui. Et nous l’avons donc défini «le Bien Absolu».
 
Cela étant donné, regardons et examinons l’actuelle réalité, telle qu’elle est guidée et surveillée par Lui, Béni soit-Il, et comment Il fait le Bien.
 
«Sa Surveillance est une surveillance ciblée»
 
Tout ce que nous voyons dans la nature nous indique que la création qui peut se diviser en quatre groupes: minéral, végétal, animal et humain est guidée, dans l’ensemble comme en particulier, par une finalité. C’est à dire, une croissance lente et progressive de développement avec «un avant et une suite», comme le fruit sur l’arbre est bien guidé dans le but de devenir un fruit beau et sucré.
 
Il suffit de demander à un botaniste par combien d’étapes passe ce fruit entre le moment où il est visible, jusqu’à ce qu’il atteigne sa maturation; non seulement les étapes par lesquelles il passe ne nous laissent présager en rien du beau fruit sucré qu’il deviendra, mais au contraire, comme pour nous narguer, il aura l’air de tout l’opposé.
 
En fait, plus un fruit sera sucré à la fin, plus il sera amer et repoussant dans les étapes de son développement. Et c’est la même chose, pour les êtres vivants et pour les êtres parlants. Car l’animal qui n’a pas beaucoup de raison à la fin de sa croissance n’a pas tellement de tares durant son développement. Par contre, l’homme dont la raison est grande à la fin de son développement, montre beaucoup de défauts durant sa croissance. Car « on peut appeler un veau d’un jour «un taureau», c’est à dire qu’il a la force de se tenir debout sur ces jambes et de marcher et la sagesse de se garder des obstacles sur son chemin.
 
Mais un enfant âgé d’un jour est couché et ne montre aucune intelligence. Et si un être d’un autre monde regardait les deux nouveau-nés, il jugerait sans aucun doute que la progéniture de l’homme ne présage rien de bon pour la fin de son développement et que par contre, le veau deviendra un héros. Tout cela, s’il juge la quantité d’intelligence d’un veau comparativement à celle de l’enfant nouveau-né, idiot et sans aucune perception.
 
Il est donc logique de conclure que la guidance du Saint Béni soit-Il est «d’assurer la destinée», sans tenir aucun compte de l’ordre des étapes du développement. Au contraire, nous sommes joués par le fait qu’avant d’atteindre le but, les créatures ont souvent une forme contraire.
 
Et sur ces choses, nous disons «N’est intelligent que celui qui est expérimenté». Car seulement celui qui a de l’expérience, qui a eu l’occasion de voir la créature durant toutes les phases de son développement jusqu’à son épanouissement, peut calmer les autres et leur dire de ne pas avoir peur des images déformées que la créature montre durant sa croissance et d’avoir foi qu’à la fin, elle sera bonne et belle.
 
Voilà que nous avons éclairci les voies de la guidance du Saint Béni soit-Il en ce monde et que ces voies sont dirigées seulement par la mission à accomplir, et qu’il ne faut pas chercher à voir le bien avant que la créature n’atteigne sa forme de maturité finale. Et au contraire, elle a l’habitude de s’entourer d’une couche de tares pour ceux qui la regardent. Ainsi, on peut conclure que le Saint Béni soit-Il dispense seulement le bien à ses créatures, mais cette protection est ciblée (orientée vers le but, note du traducteur).
 
Deux voies: la voie de la souffrance et la voie de la Torah
 
Il nous est clair que le Saint Béni soit-Il est le bien absolu et qu’Il nous protége du fond de Sa Bonté parfaite sans aucune volonté de mal. Sa protection a un but. Ce qui veut dire que sa protection nous oblige à subir une série de phases différentes de cause à effet, c’est à dire précédent et continuant jusqu’à ce que nous soyons mûrs pour recevoir le bien souhaité. Alors, nous aurons atteint notre but comme le fruit arrivant à maturité. Il doit être entendu à tous que cette destinée nous est absolument garantie car sinon, nous douterions de la perfection de la protection du Saint Beni soit-il et nous suspecterions qu’elle ne nous guiderait pas au but, Dieu préserve.
 
Comme ont dit nos sages «On a un grand besoin que la Divinité soit en bas», signifiant que la protection du Saint Béni soit-Il a un but, et que ce but est de nous amener à l’union spirituelle avec ses attributs, de manière à ce qu’Il réside en nous, ce que nous percevons comme un grand besoin; Si nous n’atteignions pas ce but, cela voudrait dire, que Sa Protection serait imparfaite, Dieu nous en préserve.
 
C’est comme un grand roi qui a eu dans sa vieillesse un fils qu’il aime tendrement. Depuis le jour de sa naissance, il a pensé à lui, cherché et collectionné tous les livres précieux et pleins de sagesse de tout le pays et a préparé une pour lui une académie de philosophie, il a demandé aux plus célèbres maçons de construire des kiosques de musiques et a engagé les plus grands musiciens et chanteurs et lui a préparé un opéra et il a aussi requis les meilleurs cuisiniers et pâtissiers pour préparer les mets les plus fins.
 
Et le fils du roi a grandi, et c’est un ignare, il n’a aucun goût pour les arts et les sciences, et il est aveugle et il ne peut ni voir, ni s’émouvoir de la beauté des bâtiments. Et il est sourd et n’entend ni les poètes, ni les musiciens, et il est malade et n’a le droit de manger que du pain sec et tout ceci est tellement frustrant.
 
Un tel évènement peut arriver à un roi de chair et de sang mais ne peut pas arriver au Saint Béni soit-Il. Il ne peut pas être déçu. C’est pourquoi il nous a préparé deux voies de développement:
 
- Une voie est celle de la souffrance, celle du développement de la créature par elle-même, qui naturellement passera par des causes et des effets dans des situations différentes l’une après l’autre, qui l’oblige à se développer doucement jusqu’à ce qu’elle soit capable de choisir le bien et d’être fatiguée du mal et d’être qualifiée à réaliser le destin que le Saint Béni soit-Il désire. Et cette voie prend du temps et est pleine de souffrances et de tourments.
 
- Et à côté de cette voie, Il a préparé une voie agréable et bonne, qui est la voie de la Torah et du commandement, qui peut qualifier la créature à réaliser sa destinée rapidement et sans souffrance.
 
Notre destin est de nous qualifier à l’union spirituelle afin qu’Il habite en nous. Et ce but sera atteint et sans déviation, car Sa protection nous supervise que ce soit par la voie des souffrances ou par la voie de la Torah comme expliqué plus haut. Mais en considérant la réalité pratique, on découvre que sa protection nous atteint simultanément par les deux voies ensembles; C’est ce que nos sages ont appelé «La Voie de la Terre» («la voie de l’éthique», ndlr) et «La Voie de la Torah».
 
L’essence de la religion est de développer en nous le sens de la connaissance du mal
 
Comme nos sages ont dit: «Qu’importe à Dieu que l’animal soit abattu en lui coupant la gorge ou en lui coupant la nuque? Car les commandements n’ont été donnés que pour purifier les créatures» et ce sujet a été traité longuement dans l’article «Le Don de la Torah» (paragraphe 12). Mais ici, je veux éclaircir la signification de la Torah et des commandements dans ce qu’elle nous aide à connaître le mal et à nous en affiner progressivement, de telle manière que la mesure de finesse que nous gagnons est en rapport direct avec la quantité de mal que nous arrivons à appréhender.
 
Tout être humain a une tendance naturelle de rejeter le mal en lui. Ce qui fait la différence entre les êtres est la profondeur de la reconnaissance du mal en eux. Plus une personne est développée, plus elle notera une grande quantité de mal en elle et s’en séparera, moins une personne est développée, moins elle identifie le mal en elle et donc elle ne rejettera qu’une plus petite quantité, et laissera en elle le mal qu’elle ne reconnaîtra pas en tant que tel.
 
Et pour ne pas lasser le lecteur, je veux clarifier la signification générale du Bien et du Mal. Le mal n’est rien d’autre que l’amour de soi-même, appelé égoïsme, car c’est l’exact opposé des attributs du Créateur qui n’a aucun désir de recevoir mais seulement de donner.
 
Et comme nous l’avons écrit dans «Le don de la Torah», tout le plaisir et les délices viennent de l’équivalence de forme spirituelle avec celle du Créateur. Et les souffrances et l’intolérance sont causées par les différences entre notre forme et celle du Créateur. Et donc, l’égoïsme nous est abhorré puisque cet attribut est à l’opposé de celui du Créateur.
 
Mais cette horreur n’est pas ressentie également parmi les âmes, mais est vécue de façon différente; la personne moins développée ne voit pas l’égoïsme comme un mauvais attribut, et donc l’utilise ouvertement sans gêne ni honte. Elle volera et tuera au grand jour, quand elle le jugera possible. Une personne un peu plus évoluée sentira que son égoïsme est malfaisant et aura honte de l’utiliser en public, de voler et tuer ouvertement. Mais en secret, elle continuera à commettre ses crimes.
 
La personne plus évoluée sentira son égoïsme comme une horreur, à tel point qu’elle ne pourra plus le tolérer en elle et elle l’expulsera dans la mesure où elle le détectera. Elle arrivera au stade où elle ne pourra plus retirer de plaisir du travail des autres. Alors, commencera à émerger en elle une étincelle d’amour pour les autres, appelée altruisme, qui est en général un attribut positif.
 
Et ceci aussi évoluera graduellement. D’abord se développent l’amour et le désir de donner envers sa famille, puis envers sa parenté comme dit le verset: «Vous n’ignorerez point votre propre chair». En continuant à se développer, le désir de donner s’étend à toute la ville, puis à toute la nation. Et ainsi de suite, jusqu’à ce que ce soit développé un amour pour l’humanité tout entière.
 
Développement conscient et développement inconscient
 
Il faut être conscient que deux distinctes forces servent à nous pousser pour nous amener en haut de l’échelle qui est de réaliser la destinée de notre vie soit l’équivalence des attributs avec notre Créateur. Et la différence est que l’une nous pousse par derrière, et c’est la voie de la peine ou «La voie de la Terre». De cette voie est née la philosophie de la morale appelée éthique qui est basée sur les connaissances empiriques de l’intelligence clairvoyante qui peut vérifier les dommages pratiques résultants de l’égoïsme.
 
Ces expériences nous arrivent par chance et non par choix conscient. Elles nous amènent à coup sûr au but car la perception du mal s’affine en nous, et nous voyons les dommages causés et nous nous en distançons et par-là grimpons un autre degré de l’échelle.
 
La deuxième force nous pousse consciemment et résulte de notre propre choix. Cette force est devant nous et nous tire en avant et c’est ce que nous appelons la voie de la Torah et des commandements. En respectant les commandements pour satisfaire Notre Créateur, nous développons rapidement la lucidité qui nous permet d’identifier le mal en nous (comme nous l’avons démontré dans le «Don de la Torah»). Et nous bénéficions deux fois:
 
1. Nous n’avons pas besoin d’attendre que les tourments de la vie nous poussent par derrière car la quantité de ces poussées se mesure par l’agonie et la destruction. Au contraire, par la subtile douceur que nous sentons en Le vénérant sincèrement, pour Le satisfaire, nous apprenons à reconnaître que la bassesse de l’amour de soi est un obstacle sur notre route qui nous mènera à avoir le goût de donner à Dieu.
 
2. Nous gagnons du temps car Il s’active à nous éclairer, nous permettant de le vénérer plus et donc de raccourcir la durée autant que nous le désirons.
 
La religion ne bénéficie pas aux créatures mais bénéficie à celui qui vénère.
 
Beaucoup se trompent en comparant notre sainte Torah à l’Ethique. Mais, c’est parce qu’ils n’ont jamais goûté les saveurs de la religion de leur vie. Mais je leur cite le verset: «Goûtez et voyez que le Seigneur est bon». C’est que religion et éthique ont le même but qui est d’élever l’homme au-dessus du détestable et étroit amour de soi-même et de l’amener au sommet de la grandeur de l’amour du prochain.
 
Pourtant, ces deux concepts sont aussi loin l’un de l’autre qu’est éloignée la pensée du Créateur de celle de la créature. Car la religion est inspirée par le Créateur; et la moralité vient des créatures de chair et de sang et de leurs expériences de vie. Et donc, la différence entre les deux est tant par la pratique quotidienne que par le but suprême. Car la connaissance du bien et du mal qui se développe à partir de l’Ethique est relative au succès de la société qui l’a engendrée.
 
Par contre, la connaissance du bien et du mal qui se développe à partir de la religion est relative au Saint Beni soit-Il uniquement; C’est de la différence de forme spirituelle d’avec le Créateur jusqu’à l’équivalence de forme appelée union spirituelle, comme expliqué dans l’article Le Don de la Torah (paragraphes 9 a 11).
 
C’est pourquoi, leurs buts également sont éloignés; car le but de l’Ethique est le bonheur de la société d’après ce que la vie pratique peut enseigner et cette idéologie ne promet pas à ceux qui la pratiquent de dépasser les limites de l’ordre de la nature. Et ce but reste encore à débattre car qui peut convaincre un individu de diminuer ses propres plaisirs pour le bien être de la société?
 
Par contre, la religion promet à celui qui l’observe le bien-être. Comme déjà montré, quand un homme est converti à l’amour du prochain, il est en directe union spirituelle qui est l’équivalence de forme avec le Créateur et par-là, l’homme passe de son petit monde étroit, plein de peine et de souffrances à un monde éternel de don aux autres et au Seigneur.
 
Il y a aussi une différence significative quant au soutien; car l’Ethique est soutenue par l’envie de gagner la faveur des créatures, ce qui peut être comparé à un prêt qui rapporte à la fin. Et quand un homme s’habitue à cette voie, il ne peut plus grimper les échelons de l’éthique, car il est accoutumé à cette méthode qui est bien payée par la société qui le remercie de ses bonnes actions.
 
En observant la Torah et les commandements afin de faire plaisir à son Auteur, sans espoir de récompense, l’homme grimpe les degrés de l’éthique, précisément comme il le veut car il n’y a pas de gain dans cette voie. Et chaque centime est ajouté et ils s’accumulent en grand nombre. Et finalement, il acquiert une seconde nature, qui est de donner tout aux autres sans récompense, à part les nécessités primaires de sa vie.
 
Maintenant, il est vraiment libre des chaînes de la création. Car quand quelqu’un déteste recevoir pour lui-même et que son âme ne souhaite plus les petits plaisirs physiques et le respect, il se retrouve à s’ébattre librement dans le monde du Seigneur. Et il est sûr qu’aucun dommage ne lui arrivera car les peines arrivent aux hommes de part leur désir de recevoir pour eux-mêmes qui est implanté en eux.
 
Donc, nous avons démontré que la mission de la religion est de servir seulement l’individu qui s’en préoccupe et n’apporte aucun bénéfice aux autres, même si ses actions sont centrées sur le bien-être des autres. Car ce n’est qu’un passage vers le but suprême qui est l’équivalence spirituelle avec le Créateur. Et nous pouvons comprendre maintenant que le but de la religion s’atteint en ce monde-ci.
 
Et référez-vous bien à l’article «Le Don de la Torah» à propos du but de la collectivité et du but de l’individu.
 
 
 
 

Princesse Maya

April 14th, 2009
 
 
 
Au-delà des océans, dans un pays lointain, vivaient un Roi et une Reine qui n’avaient qu’une seule fille. Elle s’appelait Maya. Elle avait les yeux bleus clairs et de très beaux cheveux roux bouclés. Les habitants du pays aimaient énormément le Roi et la Reine et encore plus la Princesse Maya.
 
Un jour, Maya tomba malade ; c’était une maladie mystérieuse. Le Roi et la Reine appelèrent immédiatement le docteur au palais qui prescrivit « un petit peu d’hysope, du thym, et de l’ail, mélangés avec du miel, de la moutarde, du calendula et un oignon, le tout cuisiné avec du sarrasin et des fleurs de crocus – trois fois par jour ! ».
 
Ils essayèrent le médicament du docteur mais il ne s’avéra pas efficace. Le Roi et la Reine appelèrent donc tous les docteurs et magiciens du royaume pour qu’ils prescrivent un remède à la maladie de Maya.
 
Un recommanda « des douches froides ! ».
Un autre dit : « Que des légumes et des fruits ! »
Et un troisième annonça : « Que du porridge et des douches chaudes et elle devra se tenir sur la tête une fois par jour. »
 
Mais aucune de ces choses n’aida Maya à se rétablir. Elle était toujours très malade, sa faiblesse augmenta, ce qui fait qu’elle restait alitée et gardait ses yeux bleus clairs fermés.
 
Le Roi partit en quête d’un expert de la mystérieuse maladie, qui vivait dans un royaume voisin. L’expert arriva, il était très petit avec une longue barbe blanche et il avait une vieille valise noire. L’expert regarda Maya et vérifia sa tension.
 
« Maya souffre de tristesse ! » annonça l’expert. « Pour la rendre heureuse, elle a besoin d’un médicament peu courant. Vous devez faire écouter à Maya la plus jolie mélodie du monde ! ».
 
Puis il ferma sa valise et prit congé.
 
Immédiatement, le Roi et la Reine demandèrent à un messager de chevaucher dans tout le pays pour annoncer : « Oyez ! Oyez ! Nous avons besoin de la plus belle mélodie au monde pour la Princesse Maya. Celui qui apportera la plus belle mélodie à la Princesse, l’épousera ! »
 
Le même jour, beaucoup de musiciens avec différents instruments vinrent de tout le royaume à la cour du Roi.
 
« La cour du palais et tout le royaume doivent être entièrement silencieux pour que Maya puisse entendre la mélodie ! » demandèrent le Roi et la Reine.
 
« Nous marcherons sur la pointe des pieds. » dirent les serviteurs.
« Nous emploierons le langage des signes pour dire aux gens ce que nous vendons. » affirmèrent les marchands au marché.
« Nous murmurerons et ne crierons pas. » se dirent doucement les enfants.
 
Le jour suivant, les portes du palais furent ouvertes et les serviteurs firent entrer avec précaution les musiciens à tour de rôle dans la chambre de Maya.
 
Le premier à entrer fut un violoniste. « Je soignerai Maya avec une mélodie jouée au violon car il est l’instrument de musique le plus noble ! » dit le musicien. Il sortit un archet en cuir et joua une belle mélodie sur les cordes. Cependant Maya resta alitée.
 
«Vous n’avez pas réussi Monsieur le violoniste ! » dit le docteur du roi, et le musicien partit déçu.
 
Un flûtiste entra dans la chambre immédiatement après lui. « Je guérirai Maya par une mélodie à la flûte qui est claire et fraîche comme l’air de la montagne. » expliqua-t-il. Il joua une mélodie dont les notes parvinrent jusqu’au jardin et tout le monde dans le palais s’arrêta pour écouter la douce chanson. Cependant Maya demeura alitée.
 
« La flûte n’est d’aucun secours ! » annonça le docteur, et le flûtiste retourna tristement dans la cour.
 
Puis quatre serviteurs entrèrent dans la chambre avec un piano et derrière eux entra le pianiste. « Je guérirai Maya ! » annonça-t-il avec confiance. « Ma mélodie est la plus émouvante ». Il posa ses mains sur les touches noires et blanches avec tant d’émotion que les sons sortirent dans le jardin et arrivèrent jusqu’en ville. Tous les habitants du royaume furent très émus.
 
Cependant la Reine qui était assise à côté de la Princesse dit : « Vous devez cesser de jouer car vous faites pleurer Maya ! ».
 
Le pianiste partit rapidement avec les quatre serviteurs et le piano.
 
Soudain, un grand jeune homme vêtu d’un étrange imperméable noir entra dans la chambre. Mais la chose la plus surprenante est que ses mains étaient vides, il n’avait pas d’instrument !
 
« Qui êtes-vous ? » demanda le Roi.
 
« Je suis un chef d’orchestre, votre Excellence, et je sais quelle mélodie guérira la Princesse ! » dit-il en souriant au roi.
 
« Mais avec quoi allez-vous jouer votre musique ? » demanda le Roi.
 
« Si vous me laissez un moment pour aller dans le jardin, je reviendrai avec la plus belle mélodie au monde ! », répondit le chef d’orchestre.
 
Le Roi, qui avait déjà abandonné les autres solutions, l’autorisa à y aller. « Bien, sortez et revenez rapidement, car il semblerait que l’état de Maya empire… »
 
Pas moins d’une minute après, le chef d’orchestre revint et avec lui se trouvaient le violoniste, le joueur de flûte et le pianiste avec son piano. Tout le monde était embarrassé.
 
« Ce sont les musiciens que vous amenez ?! » cria le Roi.
 
A présent le Roi perdait patience, et le docteur leur indiqua rapidement de partir.
 
« Juste un instant ! » dit le chef d’orchestre. « Je sais ce qu’il s’est passé dans cette chambre et c’est pourquoi je suis ici. Votre majesté, nous devons sauver la Princesse Maya ! »
 
A la surprise générale, la Reine dit : « Laissez-les essayer ! »
 
Et le Roi accepta.
 
Le jeune chef d’orchestre réunit les musiciens, leur murmura quelque chose et attendit. Lorsque le silence fut total dans le royaume, le chef d’orchestre prit sa baguette et donna le signal ; tous les musiciens commencèrent à jouer ensemble une très belle mélodie, douce et fluide, haute et émouvante, une mélodie possédant tout – une mélodie qui était presque parfaite. Le chef d’orchestre continua à guider tous les musiciens qui suivaient chaque mouvement, jusqu’à ce qu’un nouveau et beau son fut entendu.
 
« La, la, la, la, la…. » Maya ouvrit les yeux, s’assit et chanta avec eux.
 
A cet instant, la plus belle mélodie au monde fut jouée.
 
L’expert du royaume voisin avait raison, et Maya se rétablit. Le Roi et la Reine invitèrent le jeune chef d’orchestre à vivre au palais et les musiciens à travailler de façon permanente dans l’orchestre du roi.
 
Un jour, Maya murmura à sa mère : « Bien qu’il portait un étrange imperméable, le chef d’orchestre est intelligent, beau et très talentueux. J’aimerai bien me marier avec ! »
 
La chose fut faite sept jours après, un magnifique mariage eut lieu au palais et tous les habitants du royaume furent invités.
 
« Il y a toujours une chose qui m’interpelle… » dit le Roi au chef d’orchestre. « Quel fut donc le secret que vous avez murmuré aux musiciens le jour où vous avez guéri Maya ? »
 

Le chef d’orchestre sourit : « Le secret est très simple. » dit-il. « Je leur ai dit qu’au lieu de jouer leur musique séparément, ils devaient tous jouer en harmonie… comme un seul homme ! ».

Par Yaël Sofer

La maison inhabitée

April 14th, 2009
 
          Il était une fois, dans un petit village, une très vieille maison avec de grands murs en pierre et un magnifique portail. Mais à l’inverse de toutes les autres maisons du village, cette maison était froide et non peu accueillante. Ses fenêtres étaient fermées, les portes verrouillées et cela faisait bien longtemps que personne n’y avait mis les pieds. Toutes les autres maisons du village étaient habitées par des familles heureuses, mais personne ne vivait dans celle-ci. La maison était complètement déserte.
 
          Chaque jour, lorsque les villageois passaient à côté, ils s’arrêtaient pour regarder et murmuraient, « quelle étrange vieille demeure, si grande et si vide ! »
 
          La maison était perplexe: “que veulent-ils de moi?” Se demandait-elle. “Je suis ici, ne dérangeant personne. Pourquoi me regardent-ils? Est-ce que la peinture des fenêtres s’effrite ? Ou peut-être que mes gonds rouillent ? »
 
          La maison avait autrefois de beaux meubles et tout était parfaitement en ordre, il y avait beaucoup de vaisselles dans la cuisine, des verres en cristal et de l’argenterie dans la salle à manger, des lits impeccablement faits dans les chambres et des nappes sur chaque table. Mais la maison était très calme, trop calme ! Les lourds rideaux suspendus aux fenêtres bloquaient la lumière du soleil, la maison était sombre et sinistre à l’intérieur.
 
 
          Parfois, la table essayait d’égayer la vaisselle. « Les assiettes, en avant, mettez-vous en rang ! » disait-elle.
 
          « Pourquoi ? demandaient-elles. Qui va nous remplir de nourriture? »
 
          « Les bougies, descendez des étagères! » Ordonnait la table
 
          « Pourquoi ? Qui va nous allumer ? », Répondaient les bougies.  
 
          Finalement, la table s’adressa au beau lustre en cristal dans la salle à manger. « Lustre, éclaire la maison ! » disait-elle. « Vous avez plus d’ampoules que les autres.» 
 
          « Mais personne ne peut m’allumer », répliqua le lustre. « Et même si je pouvais m’allumer tout seul, personne ne verrait ».
         
          Pour finir, l’ambiance était si morose et si triste dans cette maison qu’il n’y avait rien d’autre à faire que de se quereller. Les cuillères se disputaient avec les fourchettes pour savoir qui était le plus important. L’escalier rouspétait contre le tapis car il était trop poussiéreux. L’évier était furieux contre le robinet car il ne faisait pas couler l’eau. Même la petite lampe de chevet traitait le lustre de « vieille camelote».
 
          La maison était désespérée et elle réalisa qu’il fallait changer quelque chose, mais quoi? Que fallait-il faire ? Soudain elle eut une idée.
 
          « Je vais demander à la cheminée » décida-t-elle. « La cheminée est très intelligente car elle a été construite la première, avant toute autre chose ».
 
          Cependant la cheminée semblait endormie et ne voulait pas se réveiller. La maison essaya même de souffler sur les braises. De la suie se répandit partout, mais la cheminée resta endormie. Néanmoins, la maison ne renonça pas.
 
          « Vaisselle ! » cria la maison, « essayons de réveiller ensemble la cheminée. Elle nous dira que faire. Faites autant de bruit que possible ! »
         
          Immédiatement, la vaisselle commença à faire du raffut. Peu après les autres se joignirent à elle : les lustres se mirent à tinter et les cuillères à cliqueter, même les lits se mirent à sauter sur leurs pieds. Ensemble ils firent tant de bruit que les oiseaux nichés sur le toit, s’envolèrent apeurés.
 
          Finalement la cheminée se réveilla. « Vous devez être dans un sal état », dit-elle à la maison d’un ton fatigué. « Qu’est-ce qui vous arrive pour que vous me réveillez ainsi ? » 
          « Nous avons besoin de votre conseil ! », dit la maison. « Quelque chose va de travers, mais je ne sais pas quoi. »
         
          « C’est assez simple », répondit la cheminée. « Je suis surprise que vous ne sachiez pas. »
         
« Qu’est-ce que c’est? Dits-nous! » demanda la maison.
                   
          « Il existe une règle d’or: vous devez partager votre chaleur avec les autres. Regardez-moi, lorsque mon feu brûle, je ne retiens pas la chaleur, je la partage avec les autres. Toutes les autres maisons du village donnent de la chaleur et du confort à leurs familles. En attendant, vous êtes là tout seul et refusez de partager avec les autres. C’est la raison de votre tristesse et de toutes vos disputes »
 
          La maison fut en état de choc. Elle décida que cette règle d’or devait être partagée et appliquée par tous. Le lendemain matin, elle tira les rideaux et ouvrit toutes ses fenêtres pour aérer les pièces. Les miroirs étaient si contents – pour la première fois depuis des années, ils réfléchissaient enfin les rayons du soleil ! Toutes les disputes cessèrent immédiatement.
 
          «Balais, serpillières et chiffons ! Lavez le sol et enlevez les toiles d’araignée ! La maison chantait et devint rapidement resplendissante.
         
          « Table à manger ! Sois prête à accueillir nos hôtes ! » Annonça fièrement la maison.
 
Immédiatement les assiettes se mirent en place sur la nappe blanche et à leurs côtés, les fourchettes, couteaux et cuillères s’installèrent. La table à manger voulait danser de joie, mais elle se retint pour que rien ne tombe.
 
          Lorsque l’heure du dîner arriva, la maison ouvrit ses portes aux invités. Jamais auparavant les gens n’avaient vu une si belle et si accueillante maison. Tout en regardant à l’intérieur, les gens du village réalisèrent ce qui les attendait.
 
          « Regardez ! » S’exclamèrent-ils, « le dîner est servi ! » 
 
          C’est ainsi que tous les villageois passèrent ensemble une soirée extraordinaire dans la grande maison, partageant des histoires et chantant ensemble/de bon cœur.
 
          Depuis, la maison garde toujours ses portes ouvertes, partageant sa chaleur et son confort avec les autres. Et il ne fallut pas attendre longtemps avant qu’une famille ne vint s’y installer.
 
          À présent, la maison n’oubliera jamais qui lui à donné un si beau cadeau, et chaque nuit, lorsque la toute famille est endormie, la maison murmure :  »Merci à toi, sage cheminée, je n’oublierai jamais ton conseil. Comme il est bon de donner de la chaleur aux autres ! »
 
         
Par: Ludmila Zolotareva
 

Les miracles peuvent arriver !

April 14th, 2009
              Il était une fois un garçon prénommé Jean. Bien qu’il ait l’air d’un garçon ordinaire, Jean était vraiment quelqu’un de particulier. Ce n’était pas parce qu’il n’aimait pas jouer, ni faire du vélo comme tous ses amis. Ce qui rendait Jean spécial était qu’il ne croyait qu’aux choses qu’il pouvait voir, toucher ou goûter. Alors que ses amis ne se posaient jamais de question en rapport à ce qu’ils avaient appris à l’école, Jean était sceptique, tout particulièrement lorsqu’il s’agissait de choses qu’il ne pouvait pas prouver. Il doutait sérieusement de l’électricité car il ne pouvait pas la voir. Il doutait également que la Terre soit ronde, car tout ce qu’il voyait autour de lui était plat.
 
Souvent les autres enfants parlaient d’un magicien vivant dans un jardin enchanté à la sortie de la ville. Beaucoup d’histoires racontaient comment ce magicien exhaussait les vœux des gens, cependant Jean n’y croyait pas. Il avait déjà vu des magiciens, il les avait vu mettre des lapins dans leurs chapeaux, faire disparaître des pièces de monnaie et même voler jusqu’au plafond, mais les magiciens vous diraient que chaque tour de magie est une illusion. Avec beaucoup d’entrainement et une main rapide, ils sont capables de rendre leurs tours réels même s’ils ne le sont pas. Jean savait très bien qu’il n’existait pas de vrai magicien. « Quelle bêtise ! » pensait-il, « Les magiciens ne sont pas réels, ils n’existent que dans les contes. »
Un jour, alors que Jean était allé rendre visite à sa grand-mère, il s’endormit dans le bus au retour.
« Réveille-toi jeune homme ! » dit une lourde voix qui le surpris, « ce bus rentre au dépôt. »
Jean se frotta les yeux et se réveilla. Réalisant qu’il avait manqué son arrêt de bus, il sortit du véhicule et se retrouva dans un endroit inconnu. Il regarda autour de lui et constata qu’il était dans un petit jardin entouré de murs en pierres lisses et d’arbres avec des feuilles chatoyantes. Jean su immédiatement que c’était le jardin dont tout le monde parlait – l’endroit où le magicien vivait.
« Hum, voyons qui vit réellement ici ! » pensa Jean tout en ouvrant le portail en fer et jetant un coup d’œil à l’intérieur. Il n’arrivait pas à en croire ses yeux. Le jardin était vraiment enchanté, exactement comme les histoires le racontaient. Jean était vraiment sous le charme tandis qu’il marchait dans l’allée pavée; jamais auparavant il n’avait vu de si belles fleurs et d’arbres aussi beaux ! L’allée le mena jusqu’au centre du jardin, et là, assis sur un banc se tenait un vieil homme avec une longue barbe grise.
« Es-tu un magicien ? » demanda Jean d’une voix étrangement calme.
« Oui et non… », répondit l’homme.
« Qu’est-ce que ça veut dire ? » demanda Jean.
« Tu me demandes si je peux faire des miracles et la réponse est incomplète, seulement  partielle. »
« Partielle ? Qu’est-ce que ça veut dire ? »
 Jean était un peu perdu.
« La magie ne marche que si les gens se souviennent que je les ai aidés, mais en général ils oublient et se retrouvent sans rien. »
 
« Hum, je ne comprends pas ! » avoua Jean.    
     « Imaginons que tu demandes à ta maman de t’acheter un maillot de foot. Avant de lui demander, tu penseras à ta maman, n’est-ce pas ? »
     « Bien sûr ! » dit Jean.
     « Mais avant de commencer à jouer au foot avec des copains, tu oublieras ta maman et la seule chose à laquelle tu penseras sera comment dribbler avec le ballon. Ma magie fonctionne de la même façon. Elle a aidé à exaucer de nombreux vœux, mais dès que les gens m’oublient, la chose disparaît ! »
« Est-ce que je peux faire un vœu ? » demanda Jean.
« Absolument ! Lorsque tu feras ton vœu, dis juste les mots magiques : « Les miracles peuvent arriver ! » et ton vœu sera instantanément réalisé ! Mais n’oublie pas, tu ne peux faire qu’un seul vœu. »
 
Jean dit au revoir au magicien et se retrouva dans un bus rentrant chez lui.
« Je devrais souhaiter que grand-mère aille mieux ! » pensa Jean, « Mais si j’oublie que c’est le magicien qui l’a guéri, elle retombera malade… non, ça n’ira pas. Pourquoi pas un vélo ? Et à nouveau, quand j’en ferai, j’oublierai le fait que c’est magique et le vélo disparaîtra, que puis-je donc faire ? »
     Entre-temps, le bus était arrivé à son arrêt. Jean se leva et regarda tous les passagers et soudain il sut ce qu’il devait faire.
     « Je souhaite que tout le monde se souvienne toujours que les miracles existent vraiment et qu’il y a un magicien qui les exauce ! » cria Jean afin que tout le monde dans le bus puisse l’entendre. Et il prononça les mots secrets : « Les miracles peuvent arriver ! ». Il savait qu’il se servait du seul et unique vœu, mais que c’était bien, parce que maintenant le magicien pouvait tous les réaliser.
 
     Jean descendit du bus et marcha jusqu’à sa maison. Elle était exactement comme il l’avait laissée avant d’aller chez sa grand-mère. Mais dès qu’il ouvrit la porte, il entendit le téléphone sonner, c’était sa grand-mère.
     « Jean, tu ne vas pas croire ce qui m’arrive, mais tout d’un coup je me suis sentie mieux, c’est un miracle ! »
     « Tu as raison mamie, c’est un miracle ! » s’exclama Jean joyeusement, tout en se souvenant du merveilleux magicien qui l’avait rendu possible.
    
 
Par: Michaël Brushtein
 

Un miracle ne s’arrête jamais

April 14th, 2009
 
 Il y a très longtemps, dans une lointaine forêt enchantée se trouvait une école pour les jeunes magiciens. Comme la plupart des écoles, elle avait ses élèves et professeurs, avec leurs devoirs à la maison et les vacances. Cependant cette école était différente de toutes les autres. A la fin de l’année, il y avait un grand spectacle de magie ouvert à tous et chacun pouvait y montrer ce qu’il avait appris.
Un des élèves en première année s’appelait Arthur. Il avait un extraordinaire sens de l’humour et adorait faire rire tous ses amis.
 
Arthur inventa un tour de magie spécial pour le spectacle. Ce n’était pas le lit volant habituel ou un bâton de réglisse sans fin. Au lieu de cela, Arthur inventa un tapis à souhait magique. Pour réaliser le tour, un enfant devait se tenir sur le tapis, sauter deux fois et dire les mots magiques : « Clic-clac ! ». Alors, instantanément, le vœu du garçon serait exhaussé ! Mais malheureusement, la magie ne fonctionnait qu’une minute, car Arthur n’était encore qu’un débutant.
 
Avant que le spectacle de magie ne commence, Arthur décida de s’entrainer avec sa nouvelle invention à l’école primaire d’à côté. Il invita chaque enfant à monter sur le tapis et à faire un vœu. Sans attendre, les élèves coururent vers le tapis magique, et le petit Nicolas, le plus petit de tous, arriva le premier. Il monta sur le tapis et sautilla deux fois. Il prononça alors les mots magiques : « Clic-clac ! » et cria à haute voix : « Je veux être grand, le plus grand de tous ! »
 
Immédiatement, Nicolas commença à grandir. La classe regardait avec un grand étonnement. Tout d’abord il devint plus grand que quiconque se trouvait dans la classe, puis plus grand qu’Arthur, et finalement, sa tête toucha le plafond. Cependant, il n’avait pas pris en considération ses vêtements lorsqu’il avait prononcé son vœu, et ces derniers étaient restés très petits. Son pantalon se déchira dans toute sa longueur, puis ce fut au tour de son tee-shirt et même les lanières de ses sandales cassèrent et volèrent  dans toutes les directions.
           
Les filles commencèrent à ricaner et les garçons éclatèrent de rire. Même le professeur ne put s’empêcher de sourire. Une fois la minute passée, le tour de magie se termina, Nicolas retrouva sa taille originale et ses vêtements lui allèrent à nouveau.
 
La prochaine à monter sur le tapis fut Jessica. Deux sauts et elle dit les mots magiques : « Clic-clac ! » Tout d’un coup, elle s’immobilisa : trop de vœux tournoyaient dans sa tête, et elle ne savait pas lequel choisir. « Une poupée ! Non, du chocolat ! Peut-être une voiture en jouet ? Non, c’est pour les garçons. Une nouvelle robe! Non, maman m’en achètera une quoi qu’il arrive, et celle-ci disparaîtra dans une minute. Que choisir ? »
 
Soudain, son regard tomba sur une étagère remplie d’animaux en peluche et elle se souvint comment elle s’était imaginée tous ces animaux en vie. Ce souvenir écarta tous les autres vœux et le tapis magique commença à faire vivre les animaux.
           
Instantanément, la pièce se remplit du son du battement d’ailes des oiseaux qui tapaient leurs becs à la fenêtre comme s’ils essayaient de s’enfuir, les chats miaulaient et chassaient les oiseaux. Les chiens aboyaient et chassaient les chats, et le petit ours s’assis par terre et demanda aux enfants du miel.
 
 
Alors que les enfants apeurés se regroupèrent autour du professeur, Arthur courut pour aller ouvrir la fenêtre. Immédiatement les oiseaux s’envolèrent, les chats sautèrent en direction des oiseaux, les chiens pourchassaient les chats, et le petit ours sortit aussi. Finalement, une fois la minute passée, tous les animaux redevinrent des jouets.
 
Plusieurs minutes s’écoulèrent avant que quelqu’un d’autre ne monta sur le tapis magique. Puis, un garçon nommé Alex eut une idée. Il se rappela que son ami Pierre avait eu un terrible mal de dent le matin. Pierre n’avait même pas pu manger la pomme qu’il avait amenée de chez lui. Alex se leva et monta sur le tapis magique. Il sautilla deux fois et dit : « Clic-clac ! Je veux que le mal de dent de Pierre disparaisse ! »
            Au même moment, tout le monde entendit Pierre rire joyeusement. « Merci Alex ! » s’exclama Pierre, « Partageons ma pomme ! ».
  
L’instant d’après, les enfants furent appelés à la cantine pour le déjeuner et le jeu de magie se termina. Arthur rangea son invention et suivit les autres enfants. Il savait que dans une minute, Pierre aurait de nouveau mal aux dents, et il devrait trouver un moyen de le réconforter. Mais il avait tort ! À la grande surprise d’Arthur, Pierre continuait de manger sa pomme et de rigoler.
 
Arthur passa un long moment à méditer sur ce miracle. Pourquoi la magie ne s’était-elle pas arrêtée après une minute ? Arthur avait inventé le tapis, et il savait que la magie ne fonctionnerait que durant 60 secondes !.
 
Incapable d’en trouver la raison, il décida de questionner un professeur très intelligent qui connaissait toute la magie. Le sage professeur écouta attentivement le récit d’Arthur puis il  rit. Il caressa tendrement les cheveux d’Arthur tout en disant les mots qui accompagneraient Arthur pour toujours :
« Souviens-toi, mon petit ami, que la magie qui est faite pour les autres ne s’arrête JAMAIS. »
 
 
par: Michael Arshavsky

Les deux chefs

April 14th, 2009

Il était une fois deux merveilleux chefs cuisiniers, Marmiton et Spatule qui possédaient chacun un restaurant.

Un jour, Marmiton dit à Spatule : « Nous sommes tous deux de grands cuisiniers, alors pourquoi ne pas faire quelque chose ensemble ? »

« Tu as raison ! » Spatule  accepta avec empressement. « Pourquoi n’y avais-je pas pensé ? Le poisson que nous préparerons ensemble sera inégalable, personne n’en aura jamais goûté de pareil, et nous inviterons toute la ville afin de le déguster ! Et ça sera un vrai festin ! »

« Oui, un festin grandiose ! C’est une idée géniale ! » s’exclama Marmiton. « Quel poisson devrions-nous préparer ? »
« Je ne sais pas trop… » dit Spatule, « Mais il devra être délicieux ! ».
Après une longue discussion, les chefs décidèrent de faire du poisson, mais pas n’importe lequel – cela devrait être le genre de poisson qui ferait que les gens s’en lècheraient les doigts !
« Nous commencerons demain ! » dit Spatule. « Procédons ainsi : je ferai frire le poisson et toi, tu feras la sauce ! ».
« D’accord ! » dit Marmiton, et les chefs firent leurs préparatifs pour que tous les ingrédients soient livrés au restaurant de Spatule. Satisfaits de leur plan, ils se serrèrent la main et rentrèrent chez eux.
Le lendemain matin, Spatule se rendit au marché du poisson. Il passa plus de trois heures à choisir le meilleur poisson et s’assura qu’il était frais. Soixante barriques de poissons de différents pays furent chargées et livrées à son restaurant.
Entre-temps, Marmiton alla au marché aux légumes. Plus de trois heures lui furent nécessaires pour choisir les légumes les plus délicieux et les épices de nombreux pays ! Des livreurs portèrent soixante-dix cageots bien remplis au restaurant de Spatule.
Les chefs se reposèrent un peu puis se mirent au travail. Spatule fit frire son poisson dans soixante-dix poêles différentes, et Marmiton fit mijoter sa sauce dans soixante-dix casseroles.
Quatre heures après, tout était prêt !
Le poisson préparé par Spatule avait l’air si délicieux qu’il semblait briller comme la casserole polie dans laquelle il avait été préparé. En fait, tout semblait si appétissant que Spatule ne voulait plus y verser la sauce de Marmiton !
Pendant ce temps, l’odeur de la sauce de Marmiton mettait tellement  l’eau à la bouche, que les passants ne pouvaient s’empêcher de s’arrêter, et une grande foule se rassembla devant le restaurant.
« Dois-je verser cette superbe sauce sur le poisson de Spatule ? » pensa tristement Marmiton.
 
Les chefs tout joyeux s’approchèrent l’un de l’autre.
« Bon, je pense que le moment est venu de mettre ta sauce sur mon poisson ! » dit Spatule sans regarder Marmiton dans les yeux.
« Verser ma sauce dessus ? » répondit stupéfait Marmiton. « J’ai passé tellement de temps à préparer ce chef-d’œuvre culinaire, et tu veux que je le mette sur ton poisson, pour que les gens puissent dire : quel magnifique poisson Spatule a préparé !? »
« Tu sais quoi ? » répondit Spatule en colère, « Dans ce cas, je ne veux pas ruiner le fabuleux goût de mon poisson en y mettant ta sauce dessus ! Gardons chacun pour soi ce que nous avons préparés ! »
Marmiton appela plusieurs porteurs et leur ordonna d’amener la sauce à son restaurant, et lui aussi y retourna et resta assis, en colère contre le monde entier.
« Je n’ai besoin de personne ! » pensa-t-il. « Ma sauce est trop délicieuse pour eux. Je n’ai pas besoin des faveurs des autres, je mangerai cette sauce moi-même ! »
Et il prit une grande cuillère et commença à manger, mais la sauce était trop épicée. Après quelques cuillerées, Marmiton se sentit mal.
« J’ai fait une erreur ! » pensa-t-il. « Mais il n’est pas trop tard. »
« Hé, porteurs ! » appela-t-il.
« Oui, Marmiton! » répondirent-ils. « Voudrais-tu que nous ramenions la sauce chez Spatule ? »
« Oui !» dit Marmiton.
Aussitôt la sauce fut de retour dans le restaurant de Spatule.
« Pardonne-moi, mon cher ami, j’ai fait une erreur ! » commença Marmiton. « Je ne sais pas ce qu’il m’a pris. Cette sauce est faite pour être versée sur ton poisson. »
« Non, non ! » objecta Spatule. « C’est moi qui ai fait une erreur en pensant que mon poisson serait bien meilleur sans ta sauce. Je n’ai pas pu en manger parce qu’ils étaient sans goût. Comme c’est merveilleux que tu sois revenu ! »
Marmiton et Spatule s’enlacèrent de joie et immédiatement servirent un superbe festin que la ville n’oublia jamais ! Les gens vinrent de partout juste pour goûter le meilleur poisson du monde. Jamais auparavant ils n’avaient rien mangé de tel !
Depuis, les hommes et les femmes racontent cette histoire à leurs petits-enfants. Mon grand-père me l’a racontée et m’a demandé de la raconter à tous les enfants du monde. Ainsi, ils connaîtront l’éternelle vérité : ce n’est qu’ensemble que l’on peut faire de belles choses, et personne ne peut être heureux seul.
 
Par: Igal Reznik