323 - L’homme et sa fonction
Avant de commencer à parler de quelque chose, il faut savoir qui parle et qui écoute.
Il ne fait aucun doute que nous sommes les créations et que nous visons dans ce monde «créé ex-nihilo».
Le Baal HaSoulam écrit que la seule création créée ex-nihilo est le désir d’éprouver du plaisir qui se trouve en nous. Ce désir, tout au cours de son existence dans notre monde, aspire à acquérir uniquement ce dont il peut tirer du plaisir.
Nous voyons bien qu’il n’y a aucune différence entre les hommes quand il s’agit d’éprouver du plaisir, chacun aspirant à se délecter de telle ou telle chose. Du jour de la naissance jusqu’au dernier jour de sa vie, l’homme désire éprouver du plaisir.
Toute la différence ne réside que dans le vêtement que revêt la lumière de la délectation. Le plaisir est d’essence spirituelle c’est pourquoi il n’est pas possible de le ressentir et de le comprendre s’il ne revêt pas un vêtement extérieur, ce qui est défini dans les livres de Cabale par l’expression : «il n’y a pas de lumière sans récipient». Il s’ensuit que ce n’est qu’à l’aide des récipients que l’on peut distinguer un plaisir d’un autre.
Il y a des hommes qui ne peuvent éprouver du plaisir que lorsque celui-ci revêt des formes illusoires car ils ne sont pas encore prêts à éprouver le plaisir sous son authentique forme.
Prenons l’exemple d’une fillette qui joue avec une poupée qui représente un enfant non authentique, artificiel. Ce jeu lui plaît et lui fait plaisir. Il en serait tout autrement avec un enfant vrai.
Si, dans la maison, il y a un tout petit enfant qui se met à pleurer, la maman demandera à la fillette de six ans de s’en occuper et de l’embrasser au lieu de jouer et câliner une poupée : «tous trois, nous ne nous en sentirons que mieux: moi, la maman qui ne supportent pas les pleurs du bébé, le bébé qui aimera que tu joues avec lui et cessera de pleurer, et toi tu seras contente de jouer comme avec la poupée».
La fillette pourtant rétorquera que malgré tout, elle n’éprouve aucun plaisir à jouer avec un véritable enfant. Si la maman disait: «Tu ne vois donc pas que quand j’ai le temps, je joue avec un véritable enfant, non pas avec une poupée?». La fillette répondrait: «Je vois que tu ne désires pas éprouver le plaisir de ce monde, c’est pourquoi tu joues avec un véritable enfant. Je ne veux pas éprouver ce plaisir, c’est pourquoi je joue avec une poupée».
Cela signifie qu’elles ne se comprennent pas parce que la fillette n’a pas encore la capacité de se délecter de la Vérité, elle se contente de ce qui est un leurre. C’est la seule différence entre l’une et l’autre, la distinction entre les formes extérieures que revêt le plaisir, tout homme recherchant ce plaisir.
L’homme ne peut pas se délecter si le plaisir est absent. L’homme peut effectuer un travail déplaisant, inintéressant uniquement s’il sait d’avance qu’en échange des efforts qu’il fera, il recevra une récompense sous la forme d’un plaisir, quel qu’il soit.
De quoi est-ce que cela provient, qu’est-ce qui fait que nous sommes obligés d’éprouver du plaisir sans quoi nous n’existons plus?
La raison à cela est incluse dans la pensée de la création- désir du Créateur de délecter Ses créations, comme dans la fable du Midrash dans laquelle un roi avait une tour remplie de délices. Pour que nous puissions recevoir ces délices, le désir de les recevoir est ancré en nous, cela ressemble à un repas, si une personne n’a pas d’appétit, elle affirme alors que celui-ci n’est pas méritant.