Dîner de Souccot, 1995
Toutes les réparations qui se produisent dans le partsouf Z"A du monde de l’Atsilout, le prototype de l’homme dans notre monde, ont lieu dans le processus spirituel désigné par le terme «Souccot».
L’homme, le récipient spirituel, l’âme, est semblable à l’état de Z"A dans le monde de l’Atsilout. La lumière que reçoit l’âme provient de l’interaction de la Bina, de Z"A et de la Malkhout du monde de l’Atsilout.
Yéhouda Ashlag dit: «La Soucca réunit deux concepts: la nuée qui recouvre et ce qui est utilisé pour la couverture de la Soucca, c’est-à-dire des débris végétaux, des branchages. Si l’homme peut se construire une protection similaire vis à vis des plaisirs que lui envoie l’en-haut, alors, au lieu d’une nuée qui le sépare du Créateur, il commence à voir «la nuée de la gloire», il découvre le Créateur».
Le travail de l’homme au moment où il construit la couverture de la Soucca symbolise la construction de l’écran, le massakh qui permet de faire refléter le plaisir procuré par la perception du Créateur.
Ce travail est appelé «manne de ima», ce qui signifie une prière demandant de recevoir les forces pour s’opposer à l’égoïsme. Si la demande de l’homme est sincère, cette force descend en lui et lui donne la possibilité de recevoir la lumière divine à l’aide de l’écran, la lumière de la sagesse et de la compréhension, la «Or Hokhma».
Cette lumière porte en elle toutes les informations sur le degré où se situe l’homme, sur les raisons des événements qui lui arrivent, sur le degré auquel il se situe. L’homme, après avoir compris les attributs de ce degré spirituel porte alors le nom de ce degré. Puis, après avoir accédé à un degré encore plus élevé, correspondant à encore plus de perfection, le nom de cet homme change encore, et ainsi de suite. A mesure que l’homme s’élève sur les degrés spirituels, il acquiert de nouveaux attributs.
Les âmes qui descendent dans notre monde ont pour mission de parvenir au degré auquel elles étaient avant leur descente et leur incarnation dans un corps biologique. L’homme a l’obligation durant l’une de ses vies de parvenir, alors qu’il vit dans un corps, et malgré l’opposition de celui-ci, à la racine de son âme, de se hisser au degré spirituel de son âme avant sa descente.
Il y a des âmes qui doivent se hisser à leur degré, et uniquement. Ce chemin, elles le parcourent en s’élevant, conventionnellement, sur les 6000 degrés appelés «années», d’où la notion de 6000 ans d’existence du monde.
Il y a des âmes particulières qui doivent non seulement se hisser à leur degré, mais aussi poursuivre leur ascension dans tous les mondes de ABY"A jusqu’au niveau du partsouf de SA"G du monde de l’homme primordial. Ce niveau est appelé «7000 degrés» ou «7000 ans». Ou bien jusqu’au niveau du partsouf A"B du monde de l’homme primordial, appelé «8000 ans». Ou bien jusqu’au niveau du partsouf de Galgalta, appelé «9000 ans».
Certaines âmes parviennent au niveau de «10000 degrés» ou «10000 ans» et pénètrent par leur connaissance, leur perception, dans le monde de l’Infini.
Une telle âme ne descend dans notre monde qu’une fois au cours de plusieurs dizaines de générations. Dans toute l’histoire de l’humanité, elles sont très rares. Tous les grands cabalistes ont une âme de cette nature.
L’observation du commandement de la construction de la Soucca symbolise la fusion du Créateur et de la création au niveau le plus élevé. Comment cela se produit-il ?
Le Z"A qui est constitué de 6 sefirot donne l’orientation en fonction de la provenance de la lumière: le nord, le sud, l’est, l’ouest, le haut et le bas. La Malkhout reçoit la lumière des sefirot de Z"A, de ces 6 attributs. C’est pourquoi l’etrog est d’abord appliqué au loulav, c’est ensuite que la bénédiction est prononcée. Ceci concerne l’observation du Commandement de la Soucca et du Loulav.
En aucun cas, la personne qui accomplit un commandement ne doit s’imaginer que par un geste mécanique, elle accomplit des actions spirituelles. L’homme ne peut pas accomplir quoi que ce soit de spirituel à l’aide de ses mains, ses pieds, ses lèvres! Un acte spirituel ne peut être accompli que par un homme qui s’est doté d’un écran contre ses désirs égoïstes et qui peut recevoir la lumière divine en dédiant ce plaisir au Créateur.
La Fête de Souccot dure 7 jours, à l’image de la pénétration de la lumière dans les 7 sefirot de Z"A de la Bina, à chaque jour correspond un degré spirituel, une nouvelle lumière dans la nouvelle sefira. Le 7ème jour, le jour du déplacement de la lumière de Z"A dans la Malkhout, le jour de la pénétration de la lumière, est appelé «Simkhat Torah», «la Joie de la Torah», car il correspond à l’union de toute la lumière reçue par la Malkhout qui ensuite descend dans les âmes et dans la lumière générale appelée «Torah».
Cette lumière ne pénètre pas dans la Soucca, elle correspond à un jour de Fête indépendant. La Soucca correspond au passage de la lumière à l’aide de l’écran par le Z"A pendant les sept jours de la Fête de Souccot, Simkhat Torah, quant à elle, correspond au passage de la lumière de la Torah, le Z"A, dans la Malkhout et leur union totale.
La nuit qui précède Simkhat Torah est appelée «Leïl hoshana raba». C’est une nuit particulière pendant laquelle toute la lumière environnante se concentre autour de Z"A, comme elle est autour du Z"A, ce degré est appelé «nuit» avant sa transformation en lumière intérieure- «Or pnimi», qui ensuite pénètre dans la Malkhout.
Tout acte accompli dans une intention «dédiée au Créateur» est spirituel, un même acte mais accompli dans une «intention personnelle» est matériel et égoïste. Le cabaliste débutant a beaucoup de difficultés à s’obliger à observer physiquement les commandements, ce que font facilement les personnes religieuses, mais il doit s’efforcer à les observer. Il lui est difficile d’observer les commandements, car le cabaliste analyse tous ses actes, ses pensées, les phénomènes sous l’angle de leur impact sur sa voie, il jauge leur importance dans sa progression, dans sa relation avec le Créateur.
Comme le lien avec le Créateur favorise la concentration de la pensée et les efforts intérieurs contre l’égoïsme, l’homme a bien des difficultés à accomplir des actes physiques soi-disant liés au spirituel.
Aucun acte physique n’a absolument aucune influence sur le monde spirituel, sur le Créateur. La relation de l’homme avec le Créateur ne se fait que par le cœur de l’homme. L’observation mécanique des Commandements est nécessaire car elle correspond au désir du Créateur.
Les efforts dans la lutte avec soi-même contribuent à faire progresser l’homme spirituellement, il s’agit des efforts faits pour se concentrer par la pensée sur l’existence du Créateur pendant l’étude de la Kabbale, pour étudier Ses actions, pour parvenir à réaliser le but de la création.
L’égoïsme ne nous permet de faire quelque chose que lorsqu’il perçoit qu’il peut en tirer un certain avantage qui lui procurera du plaisir. Pour avoir les forces pour agir contre l’égoïsme, il faut demander de l’aide au Créateur par la prière. C’est le seul chemin direct, la relation directe avec le Créateur. Progressivement, cette relation devient constante, claire et précise. L’homme commence à percevoir ce qui lui arrive, à comprendre la raison pour laquelle il traverse certains états, il commence à savoir ce qu’il doit faire. Ces états se transforment alors en tremplin pour l’élever sur le degré suivant.
Que veut dire secret, enseignement secret? Un secret n’existe que pour l’homme qui ne l’a pas pénétré. Il en est de même pour ce qui dans la vie quotidienne est aujourd’hui incompréhensible et le lendemain devenu évident. Seul chaque homme en particulier peut s’ouvrir au secret, faire l’effort pour comprendre correctement ce qui n’était pas clair.
Il n’est pas possible de mesurer les efforts faits pour l’étude car ils sont personnels et concernent la sphère du ressenti que nous ne pouvons pas exprimer, il n’est pas possible de ressentir ce que ressent autrui. D’une manière générale, les efforts faits dans notre monde correspondent à une forme égoïste de nos activités, l’homme qui transforme ses plaisirs en aspirant à des petits fragments de lumière ayant revêtu divers aspect, s’efforce inconsciemment d’attraper celle-ci dans les objets de notre monde, il est mû par ses besoins égoïstes.
En Kabbale est appelé effort ce que l’homme n’est pas en mesure de faire sans faire violence à son propre moi. Après avoir essayé tout ce qui était possible, et s’être rendu compte qu’il n’est pas en mesure de faire quoi que ce soit, de bouger de son point de départ, l’homme alors adresse ses exigences au Créateur, c’est une véritable prière, cette prière est un effort authentique.
Seul le Créateur peut nous faire sortir de notre égoïsme, l’homme n’est absolument pas en mesure de le faire. Si l’homme a encore la plus petite l’impression qu’il peut de lui-même progresser spirituellement, qu’il lui reste une possibilité qu’il n’avait pas encore essayée, son égoïsme ne lui permettra pas de crier de toute son âme, authentiquement, vers le Créateur. L’égoïsme ne se soumettra pas à la bienveillance du Créateur tant que l’homme ne sera pas convaincu que s’il n’emprunte pas la voie de la spiritualité, il est mort, et que cette voie ne s’entreprend qu’avec l’aide du Créateur.
Cette voie n’est aucunement semblable aux autres car elle ne permet pas d’escompter le mouvement suivant. Chaque pas se fait dans les ténèbres absolues, inconnues, et à chaque pas il en est ainsi, il n’est pas possible de se servir de l’expérience précédente pour envisager la progression future sinon l’homme avancerait en mettant à profit sa raison et non en faisant abstraction de celle-ci, en plaçant sa foi en le Créateur au-dessus de ses connaissances.
L’authenticité d’un effort et son orientation correcte peut être vérifiée en revenant au Créateur constamment par la pensée. Il faut savoir que chaque nouvelle sensation est envoyée par le Créateur car elle correspond à Son désir. Il nous donne ce que nous pouvons assimiler au moment présent. Ce processus est personnel à chacun et ne se compare pas. Tout ce que nous pouvons réussir à faire, c’est prendre conscience de notre égoïsme, autrement dit voir l’ennemi, le regarder dans les yeux, et non combattre des moulins. Cette étape est commune à tous les hommes, mais elle est perçue absolument différemment par chacun.
Il n’y a aucun lien direct entre l’ampleur de l’égoïsme et la distance du chemin qu’il faut parcourir. Il n’y a rien à y faire de l’extérieur, tout dépend de la force que l’homme place dans sa demande d’aide adressée au Créateur. Cette demande n’est pas facile à formuler car l’égoïsme sent l’humiliation dont il fait l’objet dans la lutte.
Il n’y a cependant pas d’autre voie. Sans l’aide du Créateur et la pénétration de Sa lumière dans le keli, celui-ci ne deviendra pas altruiste, sans les attributs de la lumière, le keli est un désir totalement égoïste visant à éprouver du plaisir, et il n’est pas capable de faire un mouvement vers la spiritualité.
Quand, après avoir essayé toutes les voies, l’homme est convaincu qu’il n’y a pas d’issue, alors son égoïsme lève les bras et il est prêt à accepter de l’aide. Pour parvenir à ce degré, l’homme doit en permanence placer le spirituel très haut dans son estime par rapport au physique, même dans un but tout à fait égoïste pour commencer, comme s’il désirait extraire quelque avantage de la spiritualité.
Nous devons utiliser les instruments dont nous disposons actuellement dans ce monde. Puis, à mesure de la diminution du désir égoïste, il faut utiliser les moyens qui permettent d’entretenir le désir d’étudier la Kabbale. Le respect, les honneurs sont des stimuli, le pouvoir ensuite, puis apparaît le véritable désir de ressentir le Créateur. Ensuite, il devient plus important aux yeux de l’homme de faire quelque chose pour faire plaisir au Créateur. Il importera peu par la suite que l’acte soit dédié au Créateur car savoir que tel ou tel acte a été dédié au Créateur est déjà un plaisir.
C’est ainsi que nous ne devons pas lésiner sur les forces et les moyens qui sont entre nos mains. Il faut cependant garder à l’esprit que le Créateur agit sur nous à l’aide des éléments de ce monde dans lequel nous sous situons.