Entretien à l’issue de Yom Kippour, 1995
La prière est le «travail du cœur», elle exprime les désirs provenant du cœur. L’homme n’a pas de pouvoir sur ses désirs, il est ainsi fait qu’il peut rarement savoir lui-même à quoi il aspire, quelles sont ses véritables intentions. La nature intime de sa prière lui échappe à lui-même.
Tout ce qui est exprimé dans un livre de prières constitue ce à quoi l’homme doit parvenir dans ses demandes. Autrement dit, si l’homme travaille sur lui-même pour réparer ses désirs et ses pensées, il parvient en ce qui concerne désirs et des demandes des auteurs du livre de prières, des membres de la Grande Assemblée qui ont rédigé le livre de prières juives voici 2000 ans, au seuil d’un long exil.
Pour parvenir à une harmonie entre les désirs de la personne qui prie et ceux des auteurs du livre de prières, il est nécessaire de passer par de très nombreuses étapes préliminaires, de prendre conscience du mal, de comprendre ce qu’il porte en lui, que nous sommes totalement faits d’égoïsme, et que c’est celui-ci qui est la source du mal. Il faut en prendre conscience et le ressentir au plus profond de ses fibres.
Pour y parvenir, il faut accéder à la connaissance du Créateur car tout se comprend uniquement par comparaison, par contraste entre Ses attributs et les nôtres, lorsque nous avons pris conscience de Sa grandeur et de notre insignifiance. Il faut comprendre et avoir conscience de Sa magnificence, de Son omnipotence. La foi, c’est ressentir le Créateur dans notre être, percevoir Sa présence en nous.
Les âmes passent par les stades suivants:
- La phase précédant leur descente dans notre monde.
- La phase au cours de laquelle elles reçoivent un certain handicap constitué d’égoïsme, c’est ce que les âmes ressentent comme l’incarnation dans un corps physique à la suite de laquelle «leur univers» se réduit aux limites de «notre» monde.
- La phase au cours de laquelle les âmes se perçoivent, elles et l’ensemble de l’univers spirituel, après l’achèvement de la réparation.
- La phase qui précède la descente des âmes dans notre monde, ce qu’elles ressentent, est désignée par les termes «olam ein sof», le monde de l’éternité, l’âme reçoit alors la lumière du Créateur sans limite aucune. Ensuite, l’âme est revêtue d’égoïsme, son lien avec le spirituel devient si ténu qu’elle prend la forme d’un corps physique et, après sa descente dans le «olam ha ze», ce monde, elle (l’homme) ne ressent plus le Créateur, n’a plus la perception de ce qui constituait son univers précédemment.
«Ce monde» correspond à la perception de l’état du moment, autrement dit, à cette partie de la création, du Créateur que nous ressentons dans l’immédiat au moyen de nos organes des sens empreints d’égoïsme et que nous désignons par les termes, «notre, ce monde».
Le degré suivant, plus élevé car il s’acquiert par la réparation des organes des sens, car il correspond à une perception élargie de la création que nous conférera leur réparation, est ressenti avant le processus de la réparation comme «le monde futur», autrement dit le monde que nous percevrons par rapport à celui dans lequel nous nous trouvons.
Nous percevons au présent ces deux mondes dans notre corps physique: nous nous percevons nous-mêmes et notre environnement d’une certaine manière, nous percevons «notre, ce monde». Cependant, c’est dans le moment présent que nous envisageons le futur, et la sensation induite par la projection dans le futur est désignée par les termes «le monde futur». Le processus se répète le «lendemain» où le monde futur sera devenu «ce monde», et ainsi de suite.
Une lecture attentive de quelques écrits du Baal HaSoulam nous aide à comprendre, lorsque c’est nécessaire, le processus dont nous faisons l’objet à chaque moment.
Dans le comportement spirituel de l’homme, l’ascension ne se déroule que selon la ligne «médiane». Progresser «selon la ligne médiane» signifie que pour l’homme «la Torah - le Créateur- Israël» sont objectivement un seul et même tout :
- Le Créateur est la source à laquelle l’homme aspire,
- La Torah est la lumière qui emplit l’homme au moment présent,
- Israël est l’homme lui-même, son désir de s’unir au Créateur.
Comment trois concepts n’ayant absolument aucun rapport peuvent-ils être identiques? Le but de l’ensemble de la création consiste à créer l’homme dans ce monde pour qu’il s’unisse avec le Créateur tout en vivant dans son corps physique, autrement dit, que l’homme, par ses qualités, s’élève en franchissant tous les mondes spirituels pour accéder au Créateur, et plus exactement, pour que tous les mondes spirituels le pénètrent à tel point que lui et le Créateur ne forment plus qu’un seul et même tout. Ce degré correspond à l’union avec le Créateur, aimer le Créateur, emprunter toutes Ses voies, observer Ses commandements. C’est à ce degré que toutes les qualités, tous les désirs, les attributs de l’homme sont devenus identiques à ceux du Créateur.
La Torah est donnée à l’homme pour qu’il accède à ce degré éternel parfait, pour qu’il réalise le dessein de la Création. La Torah n’est donnée qu’à l’homme après sa descente dans ce monde, après sa pénétration dans l’égoïsme, dans un corps physique, et non aux anges car seul l’homme parmi toutes les créatures est doté d’un égoïsme absolu.
Si l’homme choisit la voie de la Torah, il peut arriver à neutraliser son corps égoïste, ses désirs, de telle sorte qu’ils cessent de faire écran entre lui et le Créateur, c’est alors que se produit l’union entre le Créateur et l’homme, union qui correspond à l’état existant avant la descente de l’âme dans ce monde, avant qu’elle ne soit dotée d’un «handicap» fait d’égoïsme. Qui plus est, en procédant à la réparation de son égoïsme, l’homme peut s’élever sur les degrés de l’échelle spirituelle jusqu’au degré du Créateur. Certaines créatures sont privées d’égoïsme, elles ne disposent par conséquent pas d’outil pour progresser et demeurent à leur niveau initial.
A l’exception de l’homme, toutes les créatures sont dites «spirituellement inanimées, immobiles». Même les anges, les forces divines au moyen desquelles le Créateur dirige la création, ne sont pas des forces-désirs indépendants, mais seulement des exécutants de Sa volonté. L’homme peut en transformant ses désirs égoïstes extraordinairement développés, devenir l’égal du Créateur.
L’âme est une partie du Créateur placée en l’homme. Venant au monde dans une enveloppe faite d’égoïsme, l’homme ne perçoit plus le Créateur ni le spirituel car tous ses organes des sens sont empreints d’égoïsme, de qualités opposées au spirituel. En transformant son égoïsme en altruisme, l’homme se sépare de son enveloppe faite d’égoïsme et commence à percevoir la création dans son authenticité au point que plus rien (plus aucun désir, plus aucun attribut égoïste) ne le sépare du Créateur. C’est alors que les trois concepts s’unissent.
Notre tâche est d’éliminer, à l’aide de la Torah, les obstacles entre les âmes et le Créateur. De toute l’étude de la Torah, c’est la Kabbale qui est de la plus grande efficacité car elle attire sur l’homme un rayonnement de la plus forte intensité au moment de son étude.
Il n’y a pas de mouvement dans «l’espace» spirituel, d’un monde vers un autre, il n’y a que des transformations d’états intérieurs qui nous permettent de voir notre enveloppe intérieure. C’est le Créateur que nous percevons, mais cette perception est filtrée par les écrans que sont les diverses manifestations de notre égoïsme. La perception du Créateur, la perception de la création, de l’espace dans lequel nous nous trouvons se révèlent à mesure de leur suppression, mais nous n’en avons pas conscience. Les graduations, les portions d’égoïsme que nous retranchons de nous, les graduations de la réparation correspondent aux degrés de l’échelle spirituelle ou mondes. Autrement dit, les mondes ne sont rien d’autre que les graduations de la perception que nous avons du Créateur.
L’égoïsme qui parasite notre perception de la vraie connaissance n’est présent qu’en l’homme, le Créateur ne peut pas en faire preuve car la perfection et l’ouverture caractérisent Sa relation à l’homme. La dissimulation est éprouvée ou non par l’homme uniquement qui se dissimule à lui-même les mondes, comme s’il se cachait derrière les voiles constitués par son égoïsme.
Le retranchement de l’égoïsme ne s’effectue pas d’un seul coup. Au début, le Créateur donne à l’homme des périodes qui correspondent aux vies dans ce monde, comme une chance pour s’élever. A part l’incitation initiale qui le fait aspirer au spirituel, c’est l’homme qui est ensuite maître de tout le processus. Au cours de chacune de ses vies, l’homme doit retrancher de lui une certaine partie de sa nature égoïste et se rapprocher un peu plus du Créateur. Ces vies se répéteront tant que l’homme n’aura pas effectué sa réparation de telle sorte que ses désirs désignés en Kabbale par le terme «corps» ne constitueront plus une barrière entre lui et le Créateur, moment où ses attributs l’uniront au Créateur, indépendamment du monde dans lequel il se trouve physiquement.
Quitter son enveloppe égoïste est désigné par les termes «mort terrestre» à laquelle succède une nouvelle naissance dans notre monde. Les parties réparées de l’égoïsme de l’âme générale fusionnent, et il se produit comme une sorte de «redistribution» car toutes les âmes constituent une seule et même création et les enveloppes, un seul et même égoïsme. Ce n’est que pour qu’il soit possible de procéder à la réparation de l’âme générale qu’il s’est produit un fractionnement de la création seule et unique, l’âme d’Adam, en parties, en âmes individualisées car il est plus facile d’effectuer la réparation de chacune de ces parties que du tout.
Ceci explique le mouvement des âmes d’un monde vers un autre et le processus de leur réparation. A la fin de la réparation, toutes les âmes individualisées seront unies à nouveau dans un désir général, l’âme générale recevant toute la lumière du Créateur, manifestation de Sa perfection.
Il n’existe que le monde de l’infini, le monde de l’union totale avec le Créateur. En dehors de ce monde, ce que perçoit l’homme ne sont que des fragments de la perfection infinie, du Monde de l’Infini.
Un fragment du monde de l’Infini est désigné par les termes «Homme primordial», le deuxième Briya, le suivant Yetsira, puis Assiya. Le fragment le plus petit, le plus «étroit», correspond à notre monde. Autrement dit, le monde de l’Infini tel que nous le percevons au moyen de nos sens, se contracte jusqu’à la taille de notre monde. A mesure de l’élargissement de notre perception, nous pouvons appeler ce monde, par exemple, le monde de Briya, etc. Tout dépend de l’étendue de notre perception.
L’objet de nos études se réfère uniquement à l’homme. Hormis l’homme et ses sensations, il n’existe que le monde de l’Infini. Les réparations dont doit faire l’objet la Malkhout du monde de l’Infini désigné par les termes «âme», «création», sont très nombreuses. Rien n’est créé en vain.
Le Baal HaSoulam cite l’exemple d’un petit insecte dans la jungle, à la recherche toute sa vie de sa subsistance et dont pratiquement personne ne connaît l’existence. Cependant, non seulement cet insecte mais aussi chacune de ses parties sont d’une grande importance pour l’achèvement de la réparation.
Rien n’est créé en vain par le Créateur, et tous les événements se produisent en harmonie avec le but dont nous nous rapprochons. Pour ce qui nous concerne, ce processus se déroule selon notre plein gré ou contre, nous le comprenons ou nous y sommes totalement hermétiques. Indépendamment de notre attitude, tout progresse vers l’achèvement de la réparation conformément au projet divin, vers Son dévoilement total aux créatures de ce monde.
Tout comme les diverses parties de la Malkhout du monde de l’Infini qui diffèrent entre elles uniquement par l’intensité de leur désir et correspondent dans notre monde aux divers niveaux de la nature inanimée, végétale, animale, humaine, de même, il existe parmi les hommes divers types, peuples, etc.
Pourquoi beaucoup s’intéressent-ils à la différence entre l’homme et la femme et non à la réparation que doivent effectuer les pierres, celles-ci ont pourtant été placées aussi dans notre monde et doivent aussi parvenir à l’objectif de l’ensemble de la création? Hormis l’homme, la réparation de l’ensemble de la nature ne dépend que de la réparation humaine.
En travaillant sur lui-même, l’homme «anime» la nature en vue de l’achèvement de sa réparation. Ni les animaux, ni les végétaux n’ont besoin, de leurs propres forces, d’effectuer leur réparation, ils ne disposent pas de libre arbitre, de la liberté de maîtriser leur égoïsme car la Torah ne leur a pas été donnée.
Pour ce qui concerne les hommes, tous n’ont pas reçu la Torah de notre monde de manière identique: les peuples du monde ont reçu 7 commandements, les Juifs 613. Il s’agit de l’observation physique des Commandements au niveau spirituel-inanimé. Les hommes observent ces Commandements de manière différente, tout dépend de la quantité de réparations que chaque âme doit effectuer en descendant dans ce monde. Il n’y a aucun privilège à naître parmi les nations ou parmi le peuple juif, l’un doit effectuer plus de réparations, l’autre moins.
Il en est de même pour ce qui concerne la femme et l’homme qui doivent observer l’un et l’autre les commandements correspondant à leur nature. Toutefois, cela ne dépend pas de leur aspiration à se rapprocher du Créateur, et bien des croyants et des non-croyants ne se posent aucune question à propos du Créateur, du dessein de la création, de la réparation.
Ces hommes n’ont tout simplement pas reçu de l’en haut le désir de se transformer et ils exécutent mécaniquement ce que leur éducation leur a enseigné. Ce sont les gestes mécaniques à exécuter dans notre monde qui différencient effectivement les hommes, les peuples, l’homme et la femme, le petit enfant et l’adulte.
Il est clair qu’un homme qui aspire à s’élever spirituellement, est mû par une force intérieure, c’est qu’il a reçu cette aspiration du Créateur car son temps pour grandir était venu, il sera donc différent d’un autre homme qui n’aura pas encore reçu de l’en-haut un désir de cette nature.
C’est la raison pour laquelle, il ne faut pas diviser les hommes selon leur aspect, leur appartenance raciale ou sexuelle. La question d’étudier la Kabbale ne se pose pas. Etudie celui qui a reçu l’appel de l’en haut, qui aspire à la Kabbale et qui désire l’étudier. Les exceptions sont rares, mais il existe des exemples de femmes cabalistes, nos prophétesses, Deborah, Houlda, etc.
Les anges sont des robots qui exécutent un certain travail dans le monde spirituel : ils «déplacent» «quelque chose» «d’un endroit» vers «un autre endroit», rien de plus. Ils ne s’élèvent ni ne descendent sur les degrés spirituels comme les hommes, ils ne grandissent pas spirituellement. Ce sont des forces spirituelles exécutantes qui agissent à chaque degré spirituel.
Les degrés de la prophétie sont les fruits d’un travail sur soi-même. Il n’y dans notre monde que le Créateur, l’homme et la voie selon laquelle l’homme progresse vers le Créateur, voie appelée Torah. L’environnement de l’homme (la société, la famille, les amis) ne sont qu’une enveloppe, un vêtement qui sépare l’homme du Créateur et au moyen desquels Il agit sur l’homme en le plaçant dans des situations complexes, insupportables qui apportent le plus souvent souffrances et déceptions.
Comment pénétrons-nous dans ce monde? Schématiquement, le Créateur extrait de lui une petite partie et y insuffle de l’égoïsme. Après l’éclatement du désir général créé par le Créateur, en petits fragments égoïstes, une réparation progressive permet la création des mondes supérieurs, Atsilout, Briya, Yetsira, Assiya. Les «fragments» les plus purs permettent la création des mondes spirituels les plus élevés. Puis, les désirs les plus authentiquement égoïstes, le cœur même de la création, la Malkhout du Monde de l’Infini permet la formation de l’âme de l’homme primordial, Adam qui se divise ensuite en petits fragments, nos âmes.
Les débutants dans l’étude de la Kabbale font souvent une confusion à propos de ce qui régit ce monde: «De qui dépendent nos actions, du Créateur ou bien de nous?» Avant que l’homme entreprenne quelque chose, il doit être persuadé que tout dépend de lui, après l’achèvement de sa tâche, il doit se dire que tout ne dépendait que du Créateur. Si nous agissons ainsi, nous progressons correctement.
Il y a des choses inexplicables qui ne peuvent qu’être ressenties, car l’incarnation du spirituel dans le matériel s’exprime difficilement par des mots. La science de notre monde peut s’expliquer, la science du spirituel également, mais comment expliquer le processus qui a lieu quand un monde prend la forme d’un autre. Toutes les explications cabalistiques ont pour limite l’explication de la fragmentation de l’âme d’Adam. Ce n’est pas que les cabalistes ne veuillent pas donner davantage d’explications, mais parce que cela relève non de l’explication mais du ressenti de chaque homme en particulier.
L’égoïsme est une immense force spirituelle, et nous ne ressentons rien d’autre qu’elle à tel point que nous n’avons même pas idée de ce dont il faudrait nous débarrasser. Pour nous connaître, nous devons nous regarder de l’extérieur, ressentir quelque chose distinct de nous, nous comparer à quelque chose extérieur à nous.
Nous voyons les objets qui nous entourent parce qu’ils sont constitués de ce même égoïsme, sinon nous ne pourrions pas les voir. L’égoïsme comporte plusieurs phases et types. La partie la plus petite, la plus primitive, c’est celle qui ne perçoit qu’elle-même. Il s’agit de la perception qu’a l’homme dans notre monde. Nous sommes tellement égoïstes que nous ne percevons que nous-mêmes.
Quand nous «grandissons» un peu, notre égoïsme dépasse les limites de notre monde au-delà desquelles nous commençons à percevoir le Créateur. C’est alors que notre égoïsme est qualifié de spirituel. L’objet de nos désirs ne concerne plus des plaisirs physiques, «ner dakik», les plaisirs de notre monde, mais les plaisirs spirituels procurés par la lumière du Créateur.
L’homme n’agit que mû par ses désirs conscients ou inconscients. La raison est donnée comme mécanisme auxiliaire permettant de mieux s’y reconnaître dans nos désirs. De ce fait, l’homme ne peut pas être supérieur à ses désirs. Nous pouvons dire que c’est grâce à ses désirs, à «ses émotions» que l’homme agit et il n’en prend conscience qu’ensuite.
Comment prendre conscience d’un événement? Par les actes accomplis par l’homme, le Créateur manifeste Sa toute-puissance pour que l’homme puisse ensuite prendre conscience et, la fois suivante, agir d’après ses propres conclusions. C’est du Créateur que dépend le fait que nous nous souvenions de notre manière de nos actes, et nos actes seront raisonnables ou bien Il nous enseignera en nous faisant emprunter le chemin des souffrances.
Notre éducation est un processus de chaque instant, mais elle ne nous donne pas la possibilité de nous réparer en quoi que ce soit. Nous devons uniquement prendre conscience que nous sommes des égoïstes absolus et sans force aucune devant notre égoïsme. Le Créateur se charge de tout ce qui ne concerne pas cette prise de conscience. Plus l’homme progresse sur le chemin spirituel, moins l’homme a d’estime pour lui-même, plus il connaît sa véritable nature. Plus le Créateur se dévoile à lui, plus il voit ce qu’il est par rapport au Créateur.
Cette prise de conscience correspond à une progression sur le chemin spirituel. Prenons pour exemple une personne qui aurait réalisé sa réparation à 99 %, la portion de un pour cent non réparée lui apparaît extrêmement agrandie en considération des 99 % déjà réparés. La petite «paille dans l’œil» lui apparaît énorme.
Cette attitude est celle d’un juste, la lumière qui nous illumine est perçue par nous comme lumière et nos propres ténèbres. Autrement dit, nos actions et notre étude nous permettent de prendre conscience du Créateur et de nous-mêmes. Quand l’homme ne perçoit que son insignifiance absolue, il sombre dans le désespoir. Il ne perçoit pas le Créateur, et le monde entier lui apparaît sombre. Si l’homme passe par ces états de désespoir tout en gardant à l’esprit que leur source spirituelle n’est autre que le Créateur à qui il peut adresser des demandes, qu’il peut invectiver, à qui il peut présenter ses exigences, mais qui comprend que tout dépend de Lui, cet homme a déjà pris conscience de son lien spirituel avec le Créateur. Ayant la perception de soi-même et du Créateur, l’homme ne sombre plus dans le désespoir, il comprend que ses états lui sont envoyés temporairement de l’en haut de manière incontournable.
La façon dont on s’adresse au Créateur Lui importe peu, l’essentiel est que l’homme comprenne qu’Il existe. Le Créateur nous envoie donc des désirs pour que nous ayons envers lui des réactions, que nous nous développions.
«L’Etude des dix sefirot» du Baal HaSoulam commence par la description des 4 degrés de la création du premier désir, autrement dit par la description de la phase existant avant le commencement de la création. Ainsi que l’écrit le Baal HaSoulam par ailleurs, ses descriptions correspondent à ce qu’il a perçu dans toute sa grandeur intrinsèque.