Les miracles peuvent arriver !

              Il était une fois un garçon prénommé Jean. Bien qu’il ait l’air d’un garçon ordinaire, Jean était vraiment quelqu’un de particulier. Ce n’était pas parce qu’il n’aimait pas jouer, ni faire du vélo comme tous ses amis. Ce qui rendait Jean spécial était qu’il ne croyait qu’aux choses qu’il pouvait voir, toucher ou goûter. Alors que ses amis ne se posaient jamais de question en rapport à ce qu’ils avaient appris à l’école, Jean était sceptique, tout particulièrement lorsqu’il s’agissait de choses qu’il ne pouvait pas prouver. Il doutait sérieusement de l’électricité car il ne pouvait pas la voir. Il doutait également que la Terre soit ronde, car tout ce qu’il voyait autour de lui était plat.
 
Souvent les autres enfants parlaient d’un magicien vivant dans un jardin enchanté à la sortie de la ville. Beaucoup d’histoires racontaient comment ce magicien exhaussait les vœux des gens, cependant Jean n’y croyait pas. Il avait déjà vu des magiciens, il les avait vu mettre des lapins dans leurs chapeaux, faire disparaître des pièces de monnaie et même voler jusqu’au plafond, mais les magiciens vous diraient que chaque tour de magie est une illusion. Avec beaucoup d’entrainement et une main rapide, ils sont capables de rendre leurs tours réels même s’ils ne le sont pas. Jean savait très bien qu’il n’existait pas de vrai magicien. « Quelle bêtise ! » pensait-il, « Les magiciens ne sont pas réels, ils n’existent que dans les contes. »
Un jour, alors que Jean était allé rendre visite à sa grand-mère, il s’endormit dans le bus au retour.
« Réveille-toi jeune homme ! » dit une lourde voix qui le surpris, « ce bus rentre au dépôt. »
Jean se frotta les yeux et se réveilla. Réalisant qu’il avait manqué son arrêt de bus, il sortit du véhicule et se retrouva dans un endroit inconnu. Il regarda autour de lui et constata qu’il était dans un petit jardin entouré de murs en pierres lisses et d’arbres avec des feuilles chatoyantes. Jean su immédiatement que c’était le jardin dont tout le monde parlait – l’endroit où le magicien vivait.
« Hum, voyons qui vit réellement ici ! » pensa Jean tout en ouvrant le portail en fer et jetant un coup d’œil à l’intérieur. Il n’arrivait pas à en croire ses yeux. Le jardin était vraiment enchanté, exactement comme les histoires le racontaient. Jean était vraiment sous le charme tandis qu’il marchait dans l’allée pavée; jamais auparavant il n’avait vu de si belles fleurs et d’arbres aussi beaux ! L’allée le mena jusqu’au centre du jardin, et là, assis sur un banc se tenait un vieil homme avec une longue barbe grise.
« Es-tu un magicien ? » demanda Jean d’une voix étrangement calme.
« Oui et non… », répondit l’homme.
« Qu’est-ce que ça veut dire ? » demanda Jean.
« Tu me demandes si je peux faire des miracles et la réponse est incomplète, seulement  partielle. »
« Partielle ? Qu’est-ce que ça veut dire ? »
 Jean était un peu perdu.
« La magie ne marche que si les gens se souviennent que je les ai aidés, mais en général ils oublient et se retrouvent sans rien. »
 
« Hum, je ne comprends pas ! » avoua Jean.    
     « Imaginons que tu demandes à ta maman de t’acheter un maillot de foot. Avant de lui demander, tu penseras à ta maman, n’est-ce pas ? »
     « Bien sûr ! » dit Jean.
     « Mais avant de commencer à jouer au foot avec des copains, tu oublieras ta maman et la seule chose à laquelle tu penseras sera comment dribbler avec le ballon. Ma magie fonctionne de la même façon. Elle a aidé à exaucer de nombreux vœux, mais dès que les gens m’oublient, la chose disparaît ! »
« Est-ce que je peux faire un vœu ? » demanda Jean.
« Absolument ! Lorsque tu feras ton vœu, dis juste les mots magiques : « Les miracles peuvent arriver ! » et ton vœu sera instantanément réalisé ! Mais n’oublie pas, tu ne peux faire qu’un seul vœu. »
 
Jean dit au revoir au magicien et se retrouva dans un bus rentrant chez lui.
« Je devrais souhaiter que grand-mère aille mieux ! » pensa Jean, « Mais si j’oublie que c’est le magicien qui l’a guéri, elle retombera malade… non, ça n’ira pas. Pourquoi pas un vélo ? Et à nouveau, quand j’en ferai, j’oublierai le fait que c’est magique et le vélo disparaîtra, que puis-je donc faire ? »
     Entre-temps, le bus était arrivé à son arrêt. Jean se leva et regarda tous les passagers et soudain il sut ce qu’il devait faire.
     « Je souhaite que tout le monde se souvienne toujours que les miracles existent vraiment et qu’il y a un magicien qui les exauce ! » cria Jean afin que tout le monde dans le bus puisse l’entendre. Et il prononça les mots secrets : « Les miracles peuvent arriver ! ». Il savait qu’il se servait du seul et unique vœu, mais que c’était bien, parce que maintenant le magicien pouvait tous les réaliser.
 
     Jean descendit du bus et marcha jusqu’à sa maison. Elle était exactement comme il l’avait laissée avant d’aller chez sa grand-mère. Mais dès qu’il ouvrit la porte, il entendit le téléphone sonner, c’était sa grand-mère.
     « Jean, tu ne vas pas croire ce qui m’arrive, mais tout d’un coup je me suis sentie mieux, c’est un miracle ! »
     « Tu as raison mamie, c’est un miracle ! » s’exclama Jean joyeusement, tout en se souvenant du merveilleux magicien qui l’avait rendu possible.
    
 
Par: Michaël Brushtein
 

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