88 - Tout le travail a lieu uniquement où il y a deux chemins

July 22nd, 2008
 
Tout le travail a lieu uniquement où il y a deux chemins comme il est écrit « et il vit en eux, et non qu’il meurt en eux, et le principe « il mourra et  ne se soumettra pas » n’est appliqué qu’à 3 Mitsvot uniquement, qui sont l’idolâtrie, le meurtre et l’inceste. » Et dans le même temps nous trouvons que les premier Hassidim se dédiaient de toute leur âme à l’action. »
Et il faut savoir, que tout le travail et l’effort n’ont lieu qu’au moment où l’homme doit respecter la Torah, alors l’homme ressent le lourd fardeau, que le corps n’accepte pas les conditions de la Torah. Mais lorsque l’homme mérite que la Torah garde l’homme alors nous ne ressentons aucune lourdeur dans le service de Dieu, du fait que la Torah garde pas l’homme comme il est écrit « L’âme de l’homme nous enseignera ».

21 - Au moment où l’homme ressent qu’il est en phase ascensionnelle

July 22nd, 2008
Lorsque l’homme se ressent en phase d’ascension, qu’il se trouve dans un état d’élévation et alors il sent qu’il n’a pas d’autre passion en dehors de la spiritualité, alors il est bon de lire dans les secrets de la Torah pour saisir son intériorité. Et même s’il voit que malgré ses efforts pour comprendre quelque chose, et qu’il ne sait rien, cela vaut quand même la peine d’étudier les secrets de la Torah, même cent fois de suite une chose et ne pas désespérer, c’est-à-dire, dire qu’il n’y a aucun intérêt à cela parce qu’il ne comprend rien. Et cela pour deux raisons :
 
1. Lorsque l’homme lit une chose et aspire à la comprendre, cette aspiration s’appelle prière, cela signifie qu’il désire quelque chose qui lui manque, que le Créateur remplisse son besoin. Et la taille de sa prière se mesure selon son aspiration, parce que la chose qui lui manque le plus, engendre une plus grande aspiration, parce que selon la mesure du manque, il aspire.
Et il existe un principe lorsqu’un homme investi de très grands efforts, alors l’effort accroît le besoin et il veut recevoir la satisfaction de son besoin. Et le besoin s’appelle prière, le travail du cœur car le Créateur veut le cœur. Il s’avère qu’il peut alors donner une prière authentique. Parce lorsqu’il étudie les secrets de la Torah, alors le cœur est obligé de se vider de ses désirs et de donner de la force à l’esprit qui pourra penser au sujet et lire. Et si le cœur n’a pas envie, l’esprit ne peut pas lire. Comme les sages ont dit : « l’homme apprendra toujours où son cœur désire». Et pour que sa prière soit acceptée, la prière doit être entière. Par conséquent, lorsqu’il étudie dans une mesure entière alors il en tire une prière entière et alors sa prière peut être acceptée. Parce que le Créateur entend la prière mais il existe une condition pour que la prière soit entière afin qu’il n’y ait pas au cours de la prière d’autres choses s’y mêlant.
 
Et la deuxième raison, du fait que l’homme se sépare de la matérialité dans une certaine mesure, et qu’il est plus proche de l’attribut de don, alors le temps est plus propice pour se rapprocher des secrets de la Torah, qui se dévoile à ceux qui se mettent en équivalence avec le Créateur, car la Lumière et le Créateur et Israël sont un. Alors que lorsque l’homme se trouve dans la phase de réception à des fins personnelles, il relève alors de l’extériorité et non de l’intériorité.
 

18 - Qu’est ce que «En cachette pleurera mon âme» dans le travail

July 22nd, 2008
Au moment où la dissimulation domine l’homme et qu’il est arrivé à une situation où il ne ressent aucun goût pour le travail et qu’il n’est absolument pas en mesure de se représenter et de ressentir en aucune manière l’aspect d’amour et de crainte et qu’il n’est pas capable de faire quoi que ce soit dans la Sainteté (Kdousha), alors il ne dispose pas d’autre conseil, sauf de pleurer le Créateur, qu’Il prenne pitié de lui et qu’Il place au dessus de lui un écran, sur ses yeux et sur son cœur.
 
Et les pleurs sont une chose très importante. C’est comme les Sages ont dit : «Toutes les portes sont verrouillées sauf les portes des larmes». A ce propos le monde s’interroge, si les portes des larmes ne sont pas verrouillées, alors pourquoi a t-on besoin de portes. Et il est dit que cela ressemble à un homme qui demande à son ami une chose nécessaire, cette chose le touche jusque dans son cœur et il demande et le supplie avec toutes les prières et demandes et son ami y est complètement indifférent. Et au moment où il voit qu’il n’y a plus de place pour donner une prière et une demande, alors des larmes s’élèvent dans la voix de l’homme, et c’est à ce propos qu’il a été dit «Toutes les portes sont verrouillées sauf les portes des larmes». C’est-à-dire, quand est-ce que les portes des larmes ne sont pas verrouillées, précisément quand toutes les portes sont verrouillées, alors il y a de la place pour la porte des larmes et on voit ainsi qu’elles ne sont pas verrouillées. Tandis que lorsque les portes des prières sont ouvertes, alors cela ne relève pas des portes des larmes et des pleurs, c’est ce qui s’appelle précisément les portes des larmes sont verrouillées. Cependant, quand est-ce que les portes des larmes ne sont pas fermées? Précisément au moment où toutes les portes sont verrouillées, alors les portes des larmes sont ouvertes, du fait qu’il dispose encore du conseil de la prière et de la requête.
 
Et telle est la signification de «en cachette pleurera mon âme», c’est-à-dire lorsque l’homme parvient au principe de la dissimulation, alors mon âme pleurera, parce qu’il n’a pas d’autre conseil et c’est le sujet de «Tout ce que tu peux faire de toutes tes forces, faits le! » (Ecclésiaste IX, 10).

7 - Qu’est-ce que « l’habitude devient une seconde nature » dans le travail

July 22nd, 2008
Lorsque l’homme s’habitue à une certaine chose, celle-ci devient pour lui une seconde nature. C’est pourquoi, il n’y a rien dans la réalité que l’homme ne puisse pas ne pas ressentir ; c’est-à-dire que bien l’homme ne ressente pas la chose, quoi qu’il en soit à chaque fois grâce à l’habitude, l’homme en vient à la ressentir.
 
Il convient de savoir qu’il existe une différence de ressenti entre le Créateur et les créatures. Chez les créatures, il y a celui qui ressent et ce qui est ressenti, celui qui perçoit et ce qui est perçu; c’est-à-dire que nous disposons d’un ressenti partagé dans une certaine réalité. Alors qu’une réalité sans celui qui ressent n’est pour le Créateur, car «Aucune pensée ne peut Le saisir».
 
Tandis que l’homme, toute sa réalité ne provient que de son ressenti. De même, la véracité de la réalité n’est appréciée comme véridique que par rapport à celui qui ressent la réalité. Cela signifie, celui qui ressent et goûte, est à ses yeux  vérité.
Par exemple s’il ressent de l’amertume dans la vie, c’est-à-dire qu’il se sent dans une certaine situation dans laquelle il ressent qu’elle lui est nuisible et en souffre, cet homme dans le travail se nomme méchant, car il accable le Créateur, et qu’Il se nomme bon et bienfaisant, car Il ne fait que le bien. Cependant l’homme quant à lui ressent l’inverse, car la situation dans laquelle il se trouve est désagréable.
 
Il convient de comprendre ces propos d’après ce qu’ont dit les Sages «J’ai n’ai créé le monde que pour les mauvais absolus ou pour les Justes absolus», la signification est que soit l’homme fait l’expérience de quelque chose et en perçoit le bénéfice et alors il justifie ce qui lui arrive, et il dit que le Créateur ne procure que bontés au monde, soit il fait l’expérience de quelque chose d’amère, et il devient méchant car il accable le Créateur.
 
Il s’avère que tout se mesure selon les sentiments de l’homme, chose qui n’existe pas chez le Créateur, qui n’a pas de sentiment, comme il est écrit dans le «chant de l’union» : «comme Il sera à jamais, le besoin et le surplus ne seront pas en Toi.» c’est pourquoi tous les mondes et les changements ne sont que vis-à-vis du receveur, selon le ressenti de l’homme.

10 - Qu’est ce que «Fuis mon bien-aimé» dans le travail

July 22nd, 2008
Il convient de savoir que lorsque l’homme commence à emprunter le chemin et qu’il veut tout faire pour contenter les cieux, il connaît des états de chutes et d’ascensions. Parfois, l’homme connaît une chute si terrible, qu’il pense à fuir la Torah et les Mitsvot. Cela signifie que des pensées l’assaillent et qu’il n’a pas envie d’être sous l’autorité de la Sainteté.
 
Dans ce cas là, l’homme doit croire que c’est le contraire. C’est la Sainteté qui le fuit, car lorsque l’homme veut nuire à la Sainteté, celle-ci le devance et le fuit en premier. Si l’homme croit en cela, et qu’il se surpasse lors de la fuite, alors ce qui «fuis» ברח boreakh se transforme en bénédiction  ברך birekh comme il est écrit : «Bénis Seigneur et agrège l’œuvre de ses mains» (Deutéronome XXXIII)»
 

14 - Qu’est-ce que la grandeur du Créateur?

July 22nd, 2008
 
La signification de la magnificence du Créateur est qu’il faut Lui demander qu’il nous donne la force d’aller au-dessus de la raison. Ainsi il y a deux significations à la grandeur du Créateur.
 
  1. Ne pas assouvir la raison, qui est l’esprit, quand l’homme peut trouver des excuses à ses questions, au contraire il veut que le Créateur lui remplisse ses questions. Cela se nomme grandeur, parce que tout l’intellect vient d’en haut, et non de l’homme, c’est-à-dire que l’homme puisse répondre à ses questions. Toutes les excuses que l’homme peut se donner, il le fait avec son esprit extérieur, cela signifie que le désir de recevoir comprend qu’il est souhaitable de respecter la Torah et les Mitsvot. Alors que pour ce qui est d’aller au-delà de la raison, cela l’oblige à travailler contre l’intelligence du désir de recevoir.
 
  1. La grandeur du Créateur signifie que l’homme a besoin que le Créateur remplisse ses questions.
 
C’est pourquoi :
  1. L’homme doit aller au-delà de la raison, et alors il voit qu’il est vide, et il a besoin du Créateur.
  2. Seul le Créateur peut lui donner cette force, lui permettant d’aller au-delà de la raison. Cela signifie que ce que le Créateur donne, se nomme grandeur du Créateur.
 
 

13 - Au sujet de la grenade

July 22nd, 2008
 
Au sujet de la grenade, il est dit que c’est une allusion à ce qu’ont dit les Sages: «Même ceux qui sont vides en toi, sont remplis de Mitsvot comme une grenade» (Irouvin 19).
Il est dit, grenade (Rimon en hébreu) vient du mot grandeur (romemout), qui est le secret de ce qui est au dessus de la raison. Ainsi sera la signification de «ceux qui sont vides en toi, sont remplis de Mitsvot».
 
La mesure de la satisfaction dépend de la capacité d’aller au dessus de la raison qui s’appelle rommemout (grandeur). Le vide ne se trouve qu’à un endroit où se trouve de l’individualité (Dans le secret de "Tu suspends la terre dans le vide »)  
 
Il s’avère donc de savoir quelle sera la mesure de satisfaction d’un endroit vide ? La réponse est : en fonction de combien il s’élève (romem) au dessus de la raison. Cela signifie que le vide doit être comblé avec la Romemout, autrement dit au dessus de la raison et qu’il demande au Créateur qu’il lui donne cette force.
 
Pour cela il faut l’aide du Créateur. Cela signifie que l’homme est obligé de demander au Créateur qu’Il lui donne la force de croire au dessus de la raison. Il se trouve que c’est précisément alors, que l’homme a besoin de l’aide du Créateur, afin qu’Il l’aide. et ce en raison du fait que l’intellect extérieur lui fait comprendre le contraire.
 
Par conséquent, l’homme n’a pas d’autre conseil, que de demander au Créateur qu’Il l’aide. A ce propos, il est dit « L’instinct de l’homme le vainc chaque jour, et s’il n’y avait pas le Créateur pour l’aider, il ne pourrait pas» Il se trouve qu’alors, l’homme est dans la situation où il comprend que personne ne peut l’aider si ce n’est le Créateur. Ce qui est « Dieu fit » afin « qu’ils craignent sa Face.» Et la crainte est l’aspect de la foi, ce n’est qu’à ce moment que l’homme a besoin du salut du Créateur.

12 - L’essentiel du travail de l’homme

July 22nd, 2008
«L’essentiel du travail de l’homme devrait être d’arriver à ressentir du plaisir en réjouissant son Créateur».
 
Tout ce que l’homme fait dans son propre intérêt l’éloigne du Créateur, en raison de la différence de forme. Cependant, s’il agit dans l’intérêt du Créateur, aussi petit soit son acte, celui-ci est néanmoins considéré comme une Mitsva.
 
Par conséquent, l’essentiel des efforts de l’homme doit être d’atteindre la force pour ressentir le goût du don sans réserve, ce qui se fait en diminuant la force des plaisirs égoïstes ressentis, et alors, progressivement l’homme trouve goût à «donner sans réserve».
 

La table d’hôte

May 18th, 2008
Acte 1
 
Dans une demeure spacieuse bien éclairée, un homme d’allure agréable est occupé en cuisine. Il prépare le repas pour son invité qu’il attend de longue date. Jonglant d’une casserole à une autre, il se souvient des plats dont son invité est si friand. Son anticipation est joyeuse et manifeste. Avec les gestes d’un danseur, il place cinq plats sur la table, auprès de laquelle se trouvent deux chaises à coussin.
 
Toc, toc, l’invité entre. A sa vue, le visage de l’hôte s’éclaire, et celui-ci l’invite à passer à table. L’invité s’assied, tandis que l’hôte le couve affectueusement du regard. L’invité regarde les bons plats étalés devant lui, et les hume à distance. Il est clair que ce qu’il voit lui plaît, mais il exprime son admiration avec une modération pleine de tact, sans laisser paraître qu’il sait que ces mets lui sont destinés.
 
L’hôte: Prenez place; sachant combien ils vous plaisent, j’ai préparé ces plats tout spécialement pour vous. Nous savons tous deux à quel point je connais bien vos goûts et habitudes culinaires. Je sais que vous avez faim, je connais votre appétit, aussi ai-je tout préparé exactement comme vous aimez, en quantité idéale afin que vous n’en laissiez pas une miette.
 
Le narrateur: S’il restait un tant soit peu de nourriture après que l’invité soit repu, alors lui-même et l’hôte seraient tous deux déçus: l’hôte car il aurait donc présenté à son invité plus qu’il ne pouvait recevoir, et l’invité pour n’avoir pas pu entièrement satisfaire les espoirs de son hôte. L’invité serait également déçu d’être déjà rassasié, alors qu’il reste encore des délices mais plus de place dans son estomac. Cela signifierait que le désir d’en tirer du plaisir n’était pas assez grand.
 
L’invité, solennel: C’est vrai, vous avez préparé exactement ce que j’aurais aimé voir et manger à ma propre table. Même la quantité est idéale. Je ne saurais en demander plus pour davantage apprécier la vie. Si tout cela était à moi, je goûterais probablement au plaisir divin.
 
L’hôte: Eh bien mangez tout, et en vous régalant, régalez-moi.
 
L’invité entame son repas.
 
L’invité, la bouche pleine et se délectant visiblement, quoique légèrement gêné: Comment se fait-il que plus je mange, moins j’apprécie la nourriture? Le plaisir que j’en retire chasse la faim, et diminue au fur et à mesure. Plus je me rassasie, et moins j’apprécie mon repas. Et quand je l’ai fini, il ne me reste plus rien que le souvenir du plaisir, et non le plaisir lui-même. Il n’y avait du plaisir que lorsque j’avais faim. Une fois ma faim disparue, le plaisir a fui pareillement. J’ai reçu ce que j’espérais tant, et me voici sans plaisir ni joie. Je ne désire plus rien, et rien ne me met en joie.
 
L’hôte, un peu irrité: J’ai fait tout ce que je pouvais pour vous satisfaire. Qu’y puis-je si le plaisir acquis s’éloigne de la sensation de ravissement parce que le désir a disparu ? Quoi qu’il en soit, vous êtes maintenant pleinement rassasié de tout ce que je vous avais préparé.
 
L’invité, se défendant: En faisant honneur à tout ce que vous avez préparé pour moi, je ne peux même pas vous remercier, puisque je ne peux plus apprécier l’abondance que vous m’avez offerte. Mon sentiment principal est celui d’avoir reçu de vous sans rien vous avoir donné en contrepartie. Et par conséquent vous me rendez honteux, en me faisant remarquer inconsidérément que c’est vous qui donnez, et que je ne fais que prendre.
 
L’hôte: Je ne voulais pas vous montrer que c’était vous qui receviez et moi qui donnais. Mais le simple fait de recevoir quelque chose venant de l’extérieur vous a donné l’impression que vous receviez de ma part, en dépit de ma gentillesse naturelle qui ne souhaitait rien de plus que vous voir accepter ma nourriture. Je n’y puis rien changer. Par exemple, j’élève des poissons: peu leur importe qui les nourrit… Et Bob, mon chat, il se moque pas mal de savoir quelle main lui donne à manger. Mais mon chien Rex, lui, n’accepte pas sa nourriture de quiconque. Les gens sont ainsi faits et certains reçoivent sans se rendre compte qu’on leur donne, ils prennent, un point c’est tout. Il y en a même qui volent sans remords! Celui qui par contre a développé sa propre perception, perçoit qu’il y a quelqu’un qui donne, ce qui le rend conscient et sait que c’est lui qui prend. Ceci entraîne honte, remords et sensation d’agonie.
 
L’invité, quelque peu apaisé: Mais comment puis-je faire pour d’une part recevoir du plaisir, et de l’autre ne pas me considérer comme celui qui prend? Comment neutraliser ce sentiment intérieur: «Vous me donnez et moi je prends?» S’il s’agit d’échanger mutuellement et que cela me rende honteux, comment éviter cela? Ou peut-être pourriez-vous faire en sorte que je n’ai pas l’impression de recevoir! Mais cela n’est possible que si j’ignore votre existence (tels les poissons) ou bien si je vous ai perçu mais sans comprendre que vous me donniez (tel le chat) ou bien en tant qu’être humain au développement incomplet.
 
L’hôte, dont les yeux se plissent sous l’effet de la concentration, et attentif à ses paroles: Je crois entrevoir une solution, après tout. Peut-être pourriez-vous agir sur vous-même afin de supprimer cette sensation de recevoir?
 
L’invité, son regard s’éclairant: Ah, je comprends! Vous avez toujours voulu m’accueillir en tant qu’invité. Eh bien demain, je reviendrai, et cette fois-ci me comporterai de manière à ce que vous-même, vous vous sentiez non plus comme celui qui offre, mais comme celui qui reçoit. Bien sûr, je serai toujours dans la situation de celui qui reçoit, et mangerai tout ce que vous aurez préparé, mais je me percevrai comme celui qui donne.
 
 
Acte 2
 
Le lendemain, dans la même pièce, l’hôte a préparé un nouveau repas, avec exactement les mêmes mets que ceux de la veille. Il s’assoit à table et l’invité entre, affichant sur son visage une expression inhabituelle et quelque peu réservée.
 
L’hôte, avec un grand sourire, sans avoir remarqué le changement: Je vous attendais. Je suis si heureux de vous voir, je vous en prie asseyez-vous.
 
L’invité s’assoit et sent poliment la nourriture. Regardant le repas: Tout ça pour moi?
 
L’hôte: Mais bien sûr! Rien que pour vous! Je serai si heureux si vous vouliez bien accepter tout ceci.
 
L’invité: Je n’y tiens pas tant que ça.
 
L’hôte: Allons, ce n’est pas vrai! Vous y tenez et je le sais pertinemment! Pourquoi ne pas en profiter?
 
L’invité: Je ne peux pas accepter tout ceci de votre part. Cela me met mal à l’aise.
 
L’hôte: Comment ça, mal à l’aise? Je tiens tant à ce que vous en profitiez pleinement! Pour qui pensez-vous que j’ai cuisiné? Ca me ferait tant plaisir si vous mangiez tout cela.
 
L’invité: Vous avez peut-être raison, mais je ne veux pas accepter tous ces plats!
 
L’hôte: Mais en fait, vous ne recevez pas un repas, c’est vous qui me faites une faveur en vous asseyant à ma table et en appréciant ce que j’ai préparé. Après tout, je n’ai pas préparé tout cela pour vous, mais parce que j’aime que vous le receviez de ma part. Voilà pourquoi le fait que vous consentiez à manger ne serait pas de votre part recevoir, mais une faveur que vous me feriez. Vous recevrez tout cela pour moi! De votre côté, il ne s’agirait pas du tout de prendre, mais au contraire de m’accorder une grande joie. Il en résulte que ce n’est pas vous qui recevez mon repas, mais en fait c’est moi qui en retire un grand plaisir, grâce à vous. C’est vous qui me donnez, et non le contraire.
 
Le propriétaire des lieux avance de façon implorante le met parfumé devant son invité réticent. Celui-ci le repousse. De nouveau l’hôte le fait glisser vers son invité, et essuie un nouveau refus. Il soupire et tout son être manifeste le désir de voir l’invité accepter la nourriture.
 
L’invité se met dans la position de celui qui donne et ferait une faveur à l’hôte.
 
L’hôte: Je vous en supplie, faites-moi plaisir!
 
L’invité commence à manger, puis s’arrête pour réfléchir. Il recommence, puis s’interrompt à nouveau. A chaque pause, l’hôte l’encourage à continuer. Une certaine dose de persuasion est nécessaire pour que l’invité poursuive.
 
L’hôte présente de nouveaux mets à son invité, le suppliant à chaque fois de lui faire plaisir en les acceptant.
 
L’invité: Si je pouvais être certain que je mange parce que cela vous procure du plaisir et non parce que j’en ai envie, alors vous devenez celui qui reçoit et moi celui qui vous fait plaisir. Mais pour cela, je dois être certain de ne manger que dans votre intérêt, et non pas pour le mien.
 
L’hôte: Absolument, vous ne mangez que pour moi. Après tout, vous vous êtes attablé et n’avez rien goûté avant que je ne vous aie prouvé qu’il ne s’agissait pas uniquement de manger, mais c’est en fait une grande joie que vous me faites. C’est pour me faire plaisir que vous êtes venu.
 
L’invité: Mais si je devais accepter quelque chose pour laquelle je n’ai initialement pas de désir, quelque chose que vous m’offririez juste pour que je l’accepte, alors je n’apprécierais pas ce don, et vous ne connaîtriez pas le plaisir de me voir accepter facilement votre offre.
 
Et donc, vous ne pourrez éprouver de plaisir qu’à condition que j’apprécie votre offre.
 
L’hôte: Je sais exactement combien vous appréciez cette nourriture, combien vous pouvez manger de chaque plat, et c’est en fonction de cela que j’ai préparé ces cinq plats. Après tout, je connais votre désir pour tel ou tel plat, et non pas pour quoi que ce soit d’autre dans votre vie. Le fait de savoir à quel point vous appréciez ce plat fait naître en moi la sensation du plaisir que vous éprouvez. Que vous aimez mes plats fait naître en moi une sensation de plaisir. Ce plaisir obtenu par vous est bien fondé, je n’ai aucun doute là-dessus.
 
L’invité: Comment puis-je être certain d’apprécier uniquement parce que vous voulez que j’apprécie et que vous avez préparé tout cela pour moi? Comment être certain que je ne devrais pas refuser, et qu’en recevant de votre part, c’est en fait moi qui vous fait plaisir?
 
L’hôte: Très simple! Parce que vous avez totalement refusé mes plats, et que ce n’est qu’après vous être assuré que vous le faisiez pour me rendre service que vous avez fini par accepter. Après tout, à chaque bouchée, vous percevrez que vous la prendrez pour moi, vous ressentirez la joie que vous m’apportez.
 
L’invité: Si je pense, à chaque fois que je reçois que je le fais pour vous - car sinon je refuserais de prendre, et si je combine cette intention au don que vous me faites, alors toute honte disparaît et je deviens fier de vous faire plaisir.
 
L’hôte: Alors mangez tout! Vous le désirez, et ainsi vous ne saurez me faire plus plaisir!
 
L’invité, (mangeant avec plaisir et terminant chaque plat jusqu’au dernier, mais toujours insatisfait au bout du compte): Voilà, j’ai tout mangé et suis repu. Il ne reste plus rien à apprécier. Mon plaisir a disparu, car je n’ai plus faim. A présent, je ne peux rendre heureux ni vous ni moi. Que faire, désormais?
 
L’hôte: Je ne sais pas. Vous m’avez procuré un immense plaisir en voulant bien recevoir quelque chose venant de ma part. Que puis-je faire d’autre pour vous, de sorte que vous appréciez encore et encore? Comment pourrez-vous vouloir encore manger, si vous avez déjà tout mangé? Que faire pour avoir à nouveau de l’appétit?
 
L’invité: C’est juste, mon désir d’avoir du plaisir s’est transformé en un désir de vous donner, et si désormais je ne peux pas ressentir du plaisir, alors comment vous procurer du plaisir? Après tout, je ne peux pas m’ouvrir l’appétit pour un autre repas de cinq plats.
 
L’hôte: Je n’ai d’ailleurs rien préparé de plus que ce que vous ne désiriez. De mon côté, j’ai fait tout ce qu’il fallait. Votre problème est le suivant: «Comment ne pas cesser d’en vouloir davantage, lorsque que je reçois de plus en plus?»
 
L’invité: Mais si le plaisir ne comble pas la faim, ce n’est pas perçu comme du plaisir. La sensation de plaisir découle de la satisfaction du besoin. Si je n’avais pas eu faim, je n’aurais pas pu apprécier la nourriture, et ainsi vous donner. Comment avoir un désir permanent et, en recevant à nouveau du plaisir, vous maintenir constamment dans la joie?
 
L’hôte: Pour cela, il vous faut une source de désir différente, et un moyen de satisfaction différent. En utilisant votre appétit pour la nourriture et le plaisir qui en dérive, vous les avez tous deux épuisés.
 
L’invité: J’y suis! Le problème, c’est que je me suis empêché d’éprouver de la joie, jusqu’au moment où je suis arrivé à vous percevoir, le bienfaiteur. J’ai opposé un refus tel, que même entièrement déployé devant moi, je ne pouvais accepter le repas, à cause de la honte. Celle-ci était si forte que j’ai préféré demeurer affamé plutôt que de me sentir honteux d’en être le bénéficiaire.
 
L’hôte: Et une fois convaincu que vous ne receviez pas pour vous-même, vous avez commencé à le faire par égard pour moi. Grâce à cela, vous avez apprécié à la fois la nourriture et le plaisir que vous me faisiez. Voici pourquoi la nourriture devrait être conforme à votre désir. Après tout, si vous ne tirez pas plaisir du repas, quel plaisir pourrez-vous m’apporter?
 
L’invité: Mais, sachant que vous m’appréciez, recevoir dans votre intérêt ne suffit pas. Si mon plaisir provient de votre joie, alors ce n’est pas la nourriture qui est la source de mon plaisir, mais vous! Il faut que je ressente votre joie.
 
L’hôte: Je suis tout à fait d’accord.
 
L’invité: Oui, mais de quoi mon plaisir dépend-il? Il dépend de vous, vous à qui je fais plaisir. Ce qui signifie que mon plaisir dépend de l’intensité du désir de vous donner, c’est-à-dire de l’étendue par laquelle je perçois votre grandeur.
 
L’hôte: Alors que puis-je faire?
 
L’invité: Si je vous connaissais mieux, si je vous percevais plus intimement, et si vous étiez vraiment important, alors votre grandeur et votre toute-puissance m’auraient été révélées. Ainsi, non seulement j’aurais eu plaisir à vous procurer satisfaction, mais également j’aurais été pleinement conscient de la personne à qui j’ai fait plaisir. Et donc mon plaisir eût été proportionnel à la révélation de votre grandeur.
 
L’hôte: Cela dépend de moi ?
 
L’invité: Ecoutez, si je donne, il est important que je sache combien et à qui je donne. Si c’est à des êtres chers, comme mes enfants, alors le désir que j’ai de leur donner se mesure à l’étendue de l’amour que j’ai pour eux, car ainsi je me fais plaisir. Si par contre une personne dans la rue frappe à ma porte, je lui donnerai quelque chose par sympathie pour elle, parce que je perçois sa peine, ou parce que j’espère que si je venais moi-même à être dans la misère, quelqu’un m’aiderait aussi.
 
L’hôte: Ce principe sous-tend tout le concept du bien-être social. Les gens ont réalisé que sans assistance mutuelle, ils souffriraient tous, c’est-à-dire qu’à leur tour ils souffriraient, s’ils étaient dans le besoin. L’égoïsme force l’homme à donner, mais ce n’est pas un vrai don. C’est simplement pour lui une assurance de son futur.
 
L’invité: Je pense que ce type de don ne devrait même pas être pris en compte. Toute notre générosité n’est rien d’autre qu’une réception camouflée, la satisfaction de soi-même et de celle des êtres chers.
 
L’hôte: Mais alors, comment puis-je vous procurer un plaisir supérieur à celui trouvé dans le repas?
 
L’invité: Ca ne dépend pas de vous, mais de moi. Si la personne venant chez moi était non pas quelqu’un de normal, mais une personnalité très importante, j’en tirerais davantage de plaisir qu’avec une personne ordinaire. C’est donc que le plaisir ne dépend pas de la nourriture, mais de la personne qui l’a préparé pour vous!
 
L’hôte: Alors que puis-je faire pour gagner davantage votre respect?
 
L’invité: Parce que je reçois, non dans mon intérêt mais dans le vôtre - autrement dit parce que c’est moi qui vous donne, plus j’ai de respect pour vous et plus de plaisir j’en tirerai, étant bien conscient de la personne à qui je donne.
 
L’hôte: Alors que dois-je faire pour que vous m’estimiez davantage?
 
L’invité: Parlez-moi de vous, montrez-moi qui vous êtes! Alors je pourrais tirer du plaisir non seulement du repas, mais aussi du fait que je connaisse la personne qui me l’offre, de connaître la personne avec qui je suis en contact. La plus infime portion de nourriture reçue d’une grande personnalité équivaudra à une quantité de plaisir bien plus grande. Le plaisir croît en fonction de la considération que j’ai de votre personne.
 
L’hôte: Ce qui signifie que pour que ce plaisir grandisse, il convient que je m’ouvre davantage et que vous sachiez m’apprécier.
 
L’invité: Exactement! Voilà ce qui crée en moi un nouvel appétit. Le désir de vous donner grandit proportionnellement à votre grandeur, et non par volonté d’éviter cette sensation de honte qui m’interdit de satisfaire ma faim.
 
L’hôte: De cette façon, vous vous mettez à percevoir non pas la faim, mais ma grandeur, et le désir de me faire plaisir. Ainsi, vous commencez à répondre non pas à votre appétit (ce n’est pas cela qui vous a amené chez moi), mais à ma grandeur et au désir de me faire plaisir?
 
L’invité: Et qu’y a-t-il de mal à cela? Je peux tirer bien davantage de plaisir de la nourriture pour ce qu’elle représente en elle-même, en ajoutant à la faim un second désir, celui de vous donner.
 
L’hôte: Cela également je dois y pourvoir.
 
L’invité: Non, car le désir et sa satisfaction, je les crée en moi. Pour cela je n’ai besoin que d’une chose: vous connaître. Révélez-vous à moi et je créerai en moi un très fort désir de vous donner et tirerai plaisir du don, et non de la suppression d’un sentiment de honte.
 
L’hôte: Quel bénéfice en tirerez-vous, hormis celui d’un plaisir augmenté?
 
L’invité, (indiquant clairement que c’est là le point crucial): Il y a un autre avantage majeur: si je crée en moi un nouveau désir, distinct du caractère inhérent à la faim, je deviens maître de ce désir. Je peux toujours l’augmenter, le remplir de plaisir, et toujours vous donner en recevant du plaisir.
 
L’hôte: Le fait d’y répondre, tout comme avec la faim, ne le fera-t-il pas disparaître?
 
L’invité: Non, car je peux toujours créer en moi une plus grande image de votre personne. De nouvelles aspirations en vue de vous donner émergeront constamment, et en recevant de vous, je réaliserai ces désirs. Ce processus peut se poursuivre indéfiniment.
 
L’hôte: De quoi cela dépend-il?
 
L’invité: De la découverte constante de nouvelles vertus ainsi que de votre grandeur.
 
L’hôte: Ce qui signifie que, pour qu’un plaisir envers ses propres désirs demeure constant, de sorte que l’appétit ne cesse, même si l’on reçoit un plaisir égoïste, mais au contraire augmente grâce à cette réception, il convient de créer une nouvelle faim: le désir de ressentir, de percevoir celui qui donne.
 
L’invité: Oui, en plus de recevoir le plaisir (les mets), on devine la grandeur du donneur. La découverte de l’hôte et des mets devient la même. Le plaisir en soi fait prendre conscience de celui qui donne, que le donneur, la nourriture ainsi que les attributs du donneur ne font qu’un.
 
L’hôte: Il s’avère que depuis le début, ce que vous souhaitiez inconsciemment c’était la révélation de celui qui donne. En fait, pour vous, il ne s’agit de rien d’autre que de se satisfaire.
 
L’invité: Au départ, je ne comprenais même pas que je voulais cela. Tout ce que je voyais, c’était la nourriture, pensant que c’était cela que je désirais.
 
L’hôte: Je l’ai fait exprès! De sorte que vous développiez progressivement votre propre volonté que vous étiez censé créer de vous-même, et afin que vous l’assouvissiez de vous-même. Ce qui veut dire que vous avez pris simultanément le rôle de l’invité et de l’hôte.
 
L’invité: Pourquoi tout fonctionne-il donc ainsi?
 
L’hôte: Dans le but de vous amener à la plénitude. Afin que vous désiriez toute chose dans sa totalité et que vous atteigniez une satisfaction maximale. Afin que vous vous délectiez de chaque désir et que le plaisir ne soit en aucun cas limité.
 
L’invité: Mais pourquoi ne le savais-je pas dès le début? Après tout, tout ce que j’ai vu autour de moi étaient des objets de mon désir, sans même penser un instant que tout ce que je voulais réellement pendant tout ce temps, c’était vous.
 
L’hôte: Cela est conçu spécialement pour que, partant d’une situation dans laquelle vous ne me perceviez pas, de vous-même vous veniez à moi et créez ce désir intérieur.
 
L’invité, stupéfait: Mais si j’ai créé ce désir en moi, où êtes-vous dans cette histoire?
 
L’hôte: C’est moi qui, au départ, ai créé en vous un simple désir égoïste. Je le développe en vous entourant constamment de nouveaux objets de délice.
 
L’invité: Mais dans quel but?
 
L’hôte: Afin de vous convaincre qu’aucune poursuite de quelque plaisir que ce soit ne saurait vous satisfaire.
 
L’invité: Je peux le comprendre. Au moment même où j’obtiens ce que je veux, le plaisir perçu disparaît immédiatement, et de nouveau j’aspire à quelque chose d’autre, soit de plus grand soit de totalement différent. Et je me retrouve dans une quête permanente au plaisir, sans jamais pouvoir vraiment l’atteindre, parce qu’à l’instant où je mets la main dessus, il disparaît.
 
L’hôte: Voilà précisément la raison pour laquelle vous développez votre perception du Moi et prenez conscience de la futilité de ce type d’existence.
 
L’invité: Mais, au moment où vous m’exposerez l’image de ce qui se passe, je comprendrai le but de toute cette manœuvre!
 
L’hôte: Cette raison ne vous est révélée que lorsque vous êtes totalement convaincu du manque de sens de votre vie égoïste, et que vous prenez conscience de la nécessité de se conduire autrement. Il vous faut connaître votre racine ainsi que le sens de votre vie.
 
L’invité: Mais cela dure depuis des milliers d’années. Quand est-ce que cela cessera?
 
L’hôte: Rien n’est créé inutilement. Tout ce qui existe n’est là que dans le seul but d’amener l’individu à connaître une autre mode d’existence. Ce processus est lent, car chaque petit désir doit émerger et être reconnu comme indigne d’être appliqué dans sa forme initiale.
 
L’invité: Et de tels désirs sont nombreux?
 
L’hôte: Très nombreux! En proportion directe avec le plaisir que vous recevrez dans le futur. Mais le plaisir tiré d’un repas reçu ne change pas. Vous ne pouvez manger plus d’un repas par jour. Le volume de votre estomac est invariable. Par conséquent, la part que je vous offre et que vous recevez ne varie pas. Mais en dînant à ma table dans le but de me faire plaisir, cette démarche crée en vous une nouvelle volonté et un nouveau plaisir, distinct du plaisir lié à la nourriture. Ce plaisir se mesure en taille et en puissance, c’est-à-dire en quantité et en qualité, en fonction de la quantité de plaisir que vous avez obtenu en dînant à ma table pour me faire plaisir.
 
L’invité: Comment alors augmenter mon désir de recevoir du plaisir dans votre propre intérêt?
 
L’hôte: Cela dépend de l’appréciation et du respect que vous avez pour moi, de l’estime que vous avez pour moi.
 
L’invité: Alors comment augmenter l’estime que je vous porte?
 
L’hôte: Pour cela il vous suffit de me connaître davantage. De me voir dans chacune de mes actions. De m’observer et d’être convaincu de ma grandeur. Convaincu de ma toute-puissance, de ma compassion et de ma gentillesse.
 
L’invité: Eh bien alors dévoilez-vous!
 
L’hôte: Si votre requête émane d’un désir de me donner, alors je me révèlerai. Mais si votre désir provient d’un désir d’autosatisfaction à l’idée de me voir, non seulement je m’abstiendrai de me manifester, mais je m’isolerai de vous encore plus profondément.
 
L’invité: Pourquoi? Quelle que soit la manière dont je reçois de vous, est-ce que ça ne revient pas au même, pour vous? Après tout, vous voulez que j’ai du plaisir? Pourquoi vous cacher?
 
L’hôte: Si je me dévoile entièrement, vous percevrez tant de plaisir à l’idée de l’éternité de ma toute-puissance et de ma grandeur que vous serez incapable d’accepter ce plaisir dans mon propre intérêt. Cette pensée ne vous traversera même pas l’esprit, et vous vous sentirez accablé de honte par la suite. De plus, parce que le plaisir sera perpétuel, cela éliminera votre désir, comme nous l’avons précédemment montré, et vous laissera vide de tout désir.
 
L’invité, (réalisant enfin): C’est donc pour ça que vous vous dérobiez à moi, pour m’aider! Et moi qui pensais que c’était parce que vous ne vouliez pas que je vous connaisse.
 
L’hôte: Mon plus grand désir est que vous me voyiez et soyez à mes côtés. Mais qu’y puis-je si alors, vous n’arrivez pas à ressentir de plaisir… ne serait-ce pas la même chose que mourir?
 
L’invité: Mais si je ne suis pas conscient de votre personne, comment puis-je alors progresser? Tout dépend de combien vous vous révélez à moi.
 
L’hôte: Effectivement, seule la perception de ma présence crée en vous la capacité de grandir et de recevoir. Sans cette perception, vous ingurgitez tout et cessez immédiatement d’éprouver du plaisir. Voilà pourquoi, lorsque j’apparais devant vous, vous éprouvez de la honte, le sentiment de celui qui donne, un désir de recevoir les mêmes attributs que le donneur.
 
L’invité: Eh bien révélez-vous à moi au plus vite.
 
L’hôte: Je le ferais, dans la mesure ou vous en bénéficiez, car j’ai toujours voulu me révéler à vous. Après tout, si je me cache c’est volontairement, afin de créer pour vous les conditions d’une liberté de choix, afin que vous agissiez et choisissiez de penser malgré ma présence, sans la moindre pression de la part de l’hôte.
 
L’invité: Et comment donc vous révélez-vous à moi?
 
L’hôte: Je le fais lentement et progressivement. Chaque niveau de révélation s’appelle un Monde. Du niveau le plus caché à celui le plus dévoilé.
 
 
 
 

Le magicien

May 18th, 2008
 
«C’est si triste d’être seul … »
(Le magicien qui peut tout …. sauf rester seul…)
 
 Savez-vous pourquoi seules les vieilles personnes racontent des histoires? Parce que les contes sont la sagesse même de notre monde! Tout passe, et seuls les contes authentiques demeurent…
Les contes sont la sagesse, et pour raconter des contes, il faut savoir beaucoup de choses, et voir ce que d’aucun ne peut voir, mais pour ce faire, il faut avoir vécu de longues années.
C’est pourquoi seules les personnes âgées savent raconter les contes. Comme il est dit dans le grand livre antique des enchantements: «Le vieil homme est celui qui détient la sagesse».
Les enfants…, ils aiment écouter les contes parce qu’il y a en eux l’imagination et l’esprit qui les font penser à tout, et pas seulement à ce que d’aucun peut voir et, si après être devenu grand, l’enfant voit toujours ce que d’aucun ne peut voir, c’est qu’il sait que l’imagination, - c’est la vérité.
Et il reste enfant, un enfant plein de sagesse, - «Un ancien détenant la sagesse»-, comme il est dit dans le grand livre antique des enchantements, le «Livre du Zohar».
 
Il était une fois un magicien, grand, extraordinaire, beau et d’une très grande bonté… Mais il était seul, personne. Qui pourrait être à ses côtés, personne avec qui jouer, personne à qui parler, personne qui lui prêterait attention, avec qui pourrait-il partager tout ce qu’il possède.
Que faire ? … C’est si triste d’être seul !
Il se prit à penser: et si je créais une pierre, même une toute petite, mais une jolie pierre? Peut être que cela me suffirait, je la caresserais et je sentirais comme une présence à mes côtés, et nous serions bien.
C’est si triste d’être seul !
 
Avec sa baguette magique il fit «abracadabra !»
Et une pierre apparut à ses côtés, exactement comme il l’avait imaginée. Il caresse la pierre, il l’embrasse, mais elle ne répond pas, elle ne bouge pas, qu’elle reçoive un coup ou une caresse,
Elle est insensible! Comment être son ami?
 
Le magicien se mit alors à faire des pierres et encore des pierres, beaucoup d’autres pierres, toutes différentes, des rochers, des montagnes, des terres, le globe terrestre, le soleil, la lune. Il remplit de pierres tout l’univers, mais toutes n’étaient qu’une seule et même pierre, elles ne lui répondaient pas, et comme auparavant, il pensait:
C’est si triste d’être seul !
 
Puis le magicien pensa:
Et si au lieu d’une pierre, je créais une fleur, une jolie fleur? Je l’arroserais, je l’installerais dans un endroit aéré, au soleil, j’en prendrais soin, elle serait heureuse, et tous deux ensemble, nous serions bien,
C’est si triste d’être seul !
 
Avec sa baguette magique il fit «abracadabra !»
Et une fleur apparut à ses côtés, exactement comme il la voulait. Il se mit à danser de joie devant elle, mais la fleur, elle, ne dansait pas, elle ne tournoyait pas, elle était presque insensible à sa présence. Elle réagissait seulement à ce que lui donnait le magicien. Quand il l’arrosait, elle était pleine de vie, quand il ne l’arrosait pas, elle s’étiolait. Comment est-il possible de réagir aussi peu à un magicien d’une si grande bonté? Prêt à donner tout son cœur! … Et personne… Comment faire? …
 
C’est si triste d’être seul!
 
Le magicien se mit alors à faire des fleurs, des grandes, des petites, des jardins et des forêts, des buissons et des champs… Mais tous n’étaient qu’une seule et même fleur, elles ne lui répondaient pas, Et comme auparavant,
 
C’était bien triste d’être seul…
 
Le magicien pensa longuement puis il se dit: Et si je créais un animal? Mais quel animal? Le mieux serait un chien. Oui, un chien! Un petit chien, gai, affectueux. Je jouerais avec lui, nous irions nous promener, et mon chien courrait devant, derrière, autour de moi.
Quand je rentrerais à la maison, dans mon château, plutôt, quand je serais de retour dans notre maison, il serait déjà parti en courant à ma rencontre, nous serions bien ensemble.
 
C’est si triste d’être seul !
 
Avec sa baguette magique il fit «abracadabra!»
Et un chien apparut à ses côtés, exactement comme il le voulait. Il se mit à le choyer, il lui donnait à manger et à boire, il le caressait, lui faisait sa toilette, allait le promener, il faisait tout pour lui… Mais l’amour d’un chien…C’est juste sa présence, être aux pieds, suivre…  
Et le magicien s’aperçut avec regret que même le chien avec lequel il jouait si bien, n’était pas capable de lui rendre l’amour qu’il lui donnait. Il n’était tout simplement pas capable d’être son ami, pas capable d’apprécier ce qu’il faisait pour lui! C’était pourtant bien ce que souhaitait le magicien!
 
Il se mit alors à créer des poissons, des lézards, des oiseaux, et bien d’autres, mais ce n’était pas mieux: Aucun ne le comprenait, et comme auparavant, il pensait.
C’est si triste d’être seul !
 
 Le magicien pensa longuement, longuement puis comprit:
«Mon seul véritable ami ne pourra être que celui qui aura besoin de moi et me cherchera.
Ce doit être quelqu’un qui pourra vivre comme moi, quelqu’un qui saura tout faire comme moi, qui pourra aimer comme moi, comprendre comme moi, c’est seulement alors qu’il me comprendra!
 
Seulement, comment être comme moi? … mmm… Qui peut-être comme moi? Qui pourrait apprécier ce que je lui donne, qui pourrait me rendre la pareille, car même un magicien a besoin d’amour, qui pourrait être tel que nous serions bien ensemble?
 
C’est si triste d’être seul!
 
Mais pour que nous soyons bien ensemble, il doit auparavant savoir, ce que signifie être seul, sans moi, éprouver, comme moi… sans lui, que c’est si triste d’être seul !
A nouveau, le magicien fit «abracadabra !»
 
Et, loin, très loin de lui, apparut un endroit, et dans cet endroit, un homme…
 
Mais l’homme est si loin du magicien qu’il n’a pas le sentiment de l’existence du magicien qui l’a créé et a tout créé pour lui: Les pierres, les fleurs, les animaux, les oiseaux, les maisons et les montagnes, les champs et les forêts, la lune et le soleil, la pluie et le ciel, et encore beaucoup, beaucoup, beaucoup de choses… le monde entier…, même le football et les ordinateurs! Tout ce que possède l’homme… Et le magicien est encore seul…
 
Et c’est si triste d’être seul !
 
L’homme, lui, ne se doute même pas qu’il existe un magicien, qui l’a créé, qui l’aime, qu’il l’attend et qui l’appelle: «Eh, vraiment, tu ne me vois pas!? C’est moi, … moi qui t’ai tout donné, Viens! Nous serons bien tous les deux, c’est si triste d’être seul!…».
 
Mais comment l’homme qui se sent si bien comme cela, qui a le football et les ordinateurs, qui ne connaît pas le magicien, comment pourrait-il vouloir le trouver, le rencontrer, s’approcher de lui, être son ami, l’aimer, être tout près de lui, et lui dire à ce magicien, « Eh, magicien, !… Viens, nous serons bien tous les deux, C’est si triste d’être seul, sans toi !…».  
 
Car l’homme ne connaît que ses semblables et que ce qui est autour de lui, il sait qu’il faut être comme tous, faire tout ce que tous font, dire ce que tous disent, vouloir ce tous veulent. Ne pas énerver les grands, demander poliment, les maisons, les ordinateurs, le football pour les loisirs, et tout ce qu’il veut, il le possède, et à quoi bon savoir en fin de compte qu’il existe un magicien, qui est si triste sans lui …
 
Mais le magicien est d’une grande bonté, d’une grande sagesse, sans se montrer … il observe l’homme… … et tout à coup … un jour, … délicatement, doucement, tout doucement, il fait … «abracadabra !» avec sa baguette.
 
Et l’homme ne peut plus vivre comme avant, ni le football, ni les ordinateurs ne lui font plus plaisir, et il veut, il cherche quelque chose, il ne comprend pas encore que c’est le magicien qui est entré dans son cœur avec sa baguette magique en lui disant: «Allez ! … maintenant, viens, nous serons bien tous les deux, car toi aussi, tu es si triste d’être seul!».
 
Et le magicien, d’une grande bonté, d’une grande sagesse, l’aide à nouveau: Juste encore un «abracadabra».
Et l’homme sent qu’il existe quelque part un château enchanté, rempli de toutes sortes de bonnes choses miraculeuses, et que le magicien l’attend là-bas, et qu’ils seront bien tous les deux …
Mais, où est ce château? Qui lui montrera le chemin? Comment rencontrer le magicien? Comment pourra-t-il le trouver? Et toujours dans son cœur «tic !… tic!».
Il ne peut plus ni manger, ni dormir, partout, il voit des magiciens et des châteaux et il n’en peut plus d’être seul, ce serait si bien ensemble! …
 
Mais pour que l’homme devienne comme le magicien, d’une grande bonté, d’une grande sagesse, aimant, fidèle, il doit savoir faire tout ce que sait faire le magicien, en tout, il doit lui ressembler, seulement, pour cela, les «abracadabra!» ne conviennent plus - l’homme doit apprendre lui-même à les faire, mais comment ?
 
C’est pourquoi le magicien discrètement, tout doucement, délicatement…«abracadabra!  abracadabra!» conduit l’homme avec précaution vers le grand livre antique des enchantements, le «Livre du Zohar» qui a les réponses à tout, tout, sur le chemin, sur la façon de s’y prendre pour que finalement tout soit bien, alors pourquoi rester seul?
Et l’homme se dépêche vite, très vite de se mettre en chemin vers le château, pour rencontrer le magicien, pour rencontrer son ami, être à ses côtés, lui dire «hé! Nous serons bien ensemble, ça fait si mal d’être seul».
 
Mais autour du château – une haute muraille, et des gardes terrifiants tout autour, et plus l’homme s’élève le long de la muraille, plus les gardes le rejettent avec grossièreté, plus il tombe douloureusement, il est sans force, vidé, il crie vers le magicien: Où donc est ta bonté ? Pourquoi me fais-tu souffrir? Pourquoi m’as-tu appelé? Parce que tu avais mal d’être seul? Pourquoi as-tu fais en sorte que je souffre sans toi?
 
Et tout à coup, il ressent un «abracadabra !» - et à nouveau, il avance, il monte le long de la muraille. Il faut contourner les gardes, monter le long du mur, franchir le portail fermé du château, trouver le magicien. Tous les coups, tous les échecs lui donnent des forces, de la persévérance, de la sagesse. Soudain, du découragement naît le désir de lui ressembler il apprend à faire tous les miracles que fait le magicien, il apprend à créer ce que seul le magicien pouvait créer!
 
Des profondeurs des échecs croît son amour, il n’a plus qu’un seul désir: Etre avec le magicien, le voir, tout lui donner, sans retour. Car c’est seulement alors qu’il se sentira bien, ce n’est plus possible d’être seul !…
 
Et quand il n’en peut vraiment plus, Alors le grand portail s’ouvre, et le magicien s’avance à sa rencontre, en lui disant: «Eh bien, où étais-tu? Viens, comme nous allons être bien maintenant, car, tous les deux, nous savons, comme cela fait mal, comme c’est triste d’être seul».
Dès cet instant, ils demeureront ensemble à jamais, des amis fidèles, inséparables, aimants. Et il n’y a pas de sentiments plus élevé, plus profonds, et l’amour leur emplit tellement le cœur qu’aucun n’a le souvenir que c’est si triste d’être seul !…
 
Si quelqu’un ressent dans son cœur, un «tic… tic»  doux, très doux, (Ecoutez bien attentivement!), que l’essentiel dans la vie est la rencontre avec le magicien, l’attachement à lui, l’union avec lui, qui, seuls, prodigueront le bien-être, mais que, pour l’instant, tout est tristesse et souffrance…qu’il s’adresse au groupe des aides du magicien.