Kabbalah.info - Kabbalah Education and Research Institute

Baal HaSoulam - Articles

Tu m’enserres par derrière et par devant

« Tu m’enserres par derrière et par devant », c’est-à-dire la révélation et la dissimulation de la face du Créateur. C’est parce que, en effet, « Son royaume règne sur tout », et tout retournera à sa racine parce qu’il n’y a pas un endroit sans Lui. Mais la différence est au présent ou dans l’avenir, parce que celui qui est récompensé de relier les deux mondes découvre Son vêtement au présent, que tout ce qui est fait est un vêtement pour la révélation de la Shekhina [Divinité].

Ceci est le présent, ce qui signifie que maintenant, il sort aussi en tenue royale et montre de toute évidence que le cavalier n’est pas subordonné au cheval. Mais bien qu’il semble en apparence, que le cheval mène son cavalier, la vérité est que le cheval réagit à tout mouvement seulement par la sensation du harnais du cavalier et des rênes. C’est ce qu’on appelle « La construction de la stature de la Shékhina », et c’est aussi ce qu’on appelle « face à face ».

Mais celui qui n’a pas encore été récompensé de dédier tous ses mouvements uniquement au Créateur, et que le cheval n’égalise pas ses mouvements au harnais et aux rênes du cavalier, mais semble faire le contraire... et fait gouverner la servante sur la maîtresse, cela s’appelle « par derrière ». C’est-à-dire que, vous ne devez pas imaginer que vous vous éloignez de Kedousha [la sainteté], car « ce qui vous vient à l’esprit ne sera pas ».

Ainsi parle le Seigneur : « Si ce n’est pas d’une main puissante», etc., « Car le réprouvé ne sera pas réprouvé de Lui », et toute roue tourne pour venir à la Kedousha, à sa racine. Par conséquent, bien qu’il semble que le cheval guide le cavalier d’après son petit désir, la vérité est tout autre. C’est le cavalier qui conduit le cheval d’après sa volonté. Cependant, il ne le découvre pas au présent, mais dans l’avenir. De cette façon, il y a donc aussi un contact, mais il est dos à dos, c’est-à-dire qu’il ne s’effectue pas selon la volonté de celui qui s’habille ou la volonté de l’habilleur.

Mais ceux qui font Sa volonté, c’est-à-dire qui révèlent par eux-mêmes la tenue royale au présent, sont reliés face à face par la bonne volonté de celui qui s’habille et la bonne volonté de l’habilleur, car c’est précisément Son désir.

C’est la signification de « Parce que tu n’as pas servi le Seigneur ton Dieu avec joie.» Bon gré mal gré, tu Le serviras, mais la différence est que ce chemin est « en état de siège et de détresse », c’est-à-dire à contrecœur, et l’autre chemin est en raison de l’abondance de toutes choses, c’est-à-dire volontairement.

Il est également écrit dans le Midrash : « Le Créateur regarde les actions des justes et les actions des méchants, et il ne sait pas lequel des deux, le Créateur veut, leurs actions, etc. Quand il dit: « Dieu a vu que la lumière était bonne ; et Il sépara », cela signifie les actions des justes. 

Cela signifie que le Créateur examine, c’est-à-dire qu’il se connecte à toutes les actions et les conduites, et tout s’enchaîne et retourne à sa racine. La question à poser est « Quel chemin est préférable ? » À cet égard, le Midrash s’aide du verset « Et Dieu a vu que la lumière était bonne », ce qui signifie la révélation, qui est dans les actions des justes. C’est le sens de ce que nos sages ont dit: « Long et court, et court et long. »

Monde - dissimulation

C’est le sens de « Tu les as tous faits avec sagesse ; la terre est remplie de Tes biens.» Tout est gardé dans les trente-deux sentiers de la sagesse ; c’est pourquoi « la terre est remplie de Tes biens », et il n’y a aucun endroit sans Toi, car tout va à sa racine. Maintenant, cependant, il est caché, et est donc appelé Olam [monde], du mot Eélem [dissimulation].

Et la lumière qui disparaît et se revêt dans le monde est appelée « un point », considéré comme un Youd. Il est divisé en deux Hey : un monde de dissimulation et un monde de révélation. Et tout le travail de l’homme est de découvrir ce point et de l’étendre d’un monde à l’autre sous la forme du Vav, c’est-à-dire le Vav entre les deux Hey, pour révéler à tous l’abondance de lumière qui s’étend de la lumière environnante à celle qui est entourée, c’est-à-dire les deux Hey, comme dans Bina, Yessod, Malkhout.

Soumission, séparation, adoucissement

Trois discernements sont exigés d’un homme sur le chemin désiré : la soumission, la séparation, l’adoucissement, signifiant « illumination sans trace écrite », puisque la lumière de ce monde a été créée à partir des ténèbres, « Comme l’avantage de la lumière sur l’obscurité » et « A quoi sert une bougie l’après-midi ? Sa lumière ne brille pas le jour ». C’est le sens de la Klipa [peau/écorce] qui précède le fruit. Pour cette raison, elle est devenue le partenaire du Créateur dans l’œuvre de la création pour faire sortir la lumière des ténèbres, c’est-à-dire que l’homme se regarde pour savoir à quel point il est sombre et méprisable comparé à la Kedousha [sainteté] d’en haut, et combien ses vêtements sont sales. Telle est la lumière environnante

En ce qui concerne la question du Créateur, « craindre le nom honorable et terrible », il se renforce d’une grande force pour soumettre le mal en lui, afin que le mauvais serviteur et la mauvaise servante se rendent à la maîtresse, qui demeure avec eux au milieu de leur Touma [impureté], jusqu’à sentir dans son âme que le réveil de l’extérieur est fini et caduc. A ce moment, il sera récompensé de la « séparation », en distinguant la lumière des ténèbres, et ne remplacera pas le mal par le bien ni le bien par le mal. Et s’il le remplace, c’est-à-dire le réveil d’une inclination nécessaire, elle ne sera dédiée qu’au Créateur. C’est ce qu’on appelle « adoucissement », un grand désir du Créateur, comme pour le véritable amour.

Ce discernement vient après qu’il a séparé le bien du mal, l’exaltation du Créateur de sa propre bassesse. Il observera « Tu extirperas le mal qui est en toi », car il aura honte de ses actes. Alors il sera récompensé de l’adoucissement du reste de son penchant, qui ne peut pas être extirpé, et il l’élèvera à sa véritable racine.

Souviens-toi et garde ont été dits d’une seule parole

« Souviens-toi » et « Garde » ont été dits d’une seule parole. Ce que la bouche ne peut pas dire ni ce que l’oreille ne peut entendre, ni le cœur penser ou examiner, etc. Nous devons comprendre pourquoi cela a été dit ainsi et ce que cela signifie pour nous.

Il est écrit : «l’homme et l’animal, Seigneur, Tu sauveras. » Nos sages ont dit : « Ce sont des gens rusés qui font semblant d’être comme des animaux. » Cela signifie que tout le chemin de la création que le Créateur a créé, est deux opposés dans un même sujet, et toutes les connexions dans le monde ont été faites de cette manière, et c’est l’ensemble de l’œuvre de la création.

La force de la parole

Cependant, dans l’œuvre de la création, le Créateur n’a révélé qu’une partie de ce discernement, comme il est écrit : « Les cieux ont été faits par la parole du Seigneur », car il a pris le feu et l’eau et les a mélangés en un seul sujet. Et le Créateur a implanté la force de la parole dans l’homme, afin qu’il s’associe à Lui dans l’œuvre de la création, afin qu’il crée des mondes avec sa parole à partir de ce discernement, ce qui signifie deux opposés dans un même sujet, comme une autre nouveauté... dans le monde.

Telle est la voie du juste ; qui adhère au Créateur : De tous leurs énoncés, les mondes ont été créés selon la parole du Créateur, ainsi que la force active chez les humains, puisqu’elle avait déjà été implantée dans leur bouche, les vingt-deux lettres [de l’alphabet hébraïque] avec lesquelles Il avait créé le monde. Ce que je veux dire, c’est qu’elles contiennent cette Segoula [force/remède].

Et la raison pour laquelle aucune action ne se termine en ce monde, sauf si ce n’est par des paroles, c’est en raison des descentes de ce monde qui se matérialisent. Ainsi rien n’apparaît par la parole, mais seulement par les mains et les jambes. Cependant, en vérité, le Créateur a implanté suffisamment de force dans la parole pour révéler toutes les actions, puisque la force de l’Opérateur est dans l’entité activée, et nous aussi, nous exprimons avec notre bouche les mêmes vingt-deux lettres.

Pourtant, les Klipot couvrent et affaiblissent cette force, et le Créateur voulait purifier Israël des Klipot, alors Il leur donna la Torah et les Mitsvot [commandements] avec lesquels ils se rapprochent de Sa Kedousha [sainteté], et la Shekhina [divinité] sort de leur bouche en pureté. Alors, ils accomplissent des actes avec leurs paroles.

La bénédiction du juste

C’est le sens des bénédictions des justes, qui révèlent avec leurs paroles plus de choses qu’une personne ordinaire ne peut révéler avec ses mains et ses jambes. Quand une personne ordinaire veut faire du bien à son ami, elle lui donne beaucoup d’argent et l’enrichit. Pourtant, il ne sait pas si cela va durer très longtemps.

Mais celui qui est parfait, qui veut faire du bien à son ami, lui donne une bénédiction orale - quelques courtes paroles relative à la richesse - et l’enrichissement apparaît instantanément à son ami, etc.

Comment en est-on récompensé? Cela se produit par la Torah et les Mitsvot, ce qui signifie qu’en faisant Sa volonté, la forme d’une personne devient semblable à celle de son Créateur. En vérité, cependant, toute la question de la Torah et des Mitsvot qui se rapporte à une personne, est également du genre susmentionné, ce qui signifie deux opposés dans un même sujet. C’est l’essentiel du désir, puisque le Créateur a créé le monde avec la Torah, et la force de l’Opérateur est dans l’entité activée. C’est l’essence même de la connaissance, que nous ne connaissons pas : Lorsque ces deux opposés s’unissent en un seul Gouf [corps] dans l’esprit de l’homme, il est alors désiré par le Créateur et est « un homme entier ».

La fin d’une chose vaut mieux que son commencement

Essentiellement, le don de la Torah dans ce monde vil est une chose opposée, car les anges se sont trompés. C’est le sens de « La fin d’une chose vaut mieux que son commencement. » Interprétation : « La fin d’une chose » est la bassesse du degré, c’est-à-dire à la création du monde pour que tout le monde puisse le voir, il n’est pas nécessaire d’être examiné. C’est ce que les livres appellent les « premiers concepts ». C’est-à-dire que, si quelqu’un ne mange pas, il sera affamé ; s’il touche le feu, il se brûlera ; et s’il se jette à l’eau, il se noiera, etc. Ces choses sont également comprises par les animaux et les bêtes, puisque l’esprit animal leur dira également la même chose. C’est pourquoi on l’appelle « la fin d’une chose ».

« Le commencement d’une chose » est l’esprit de la Torah, qui n’est même pas atteint par les Parlants, ce qui signifie tous les gens sans éducation, sauf par les descendants de Jacob, les élus du Créateur. Dans le monde, le bien et le mal se mélangent. Pour distinguer le bien du mal, l’écrit nous dit que la meilleure voie est la « fin d’une chose », c’est-à-dire se comporter comme les humbles discutent, à travers ce qui est atteint par tout le peuple, mais y relie l’esprit de la Torah. Il en est ainsi parce que c’est le but des contraires dans le monde, et l’homme tout entier doit connecter et unir ceci dans son esprit dans une véritable union. Et c’est ce qu’on appelle le « bien », comme il est écrit : « La fin d’une chose est bonne », si elle est bien reliée à son début, ce qui signifie que l’esprit de la Torah et l’esprit animal ne font qu’un.

Deux opposés dans un même sujet

C’est le sens des paroles de nos sages : « l’Homme et l’animal Tu sauveras, Seigneur, ce sont des gens avec un esprit rusé, qui se font passer pour des animaux ». Nous avons expliqué plus haut que ces deux opposés s’unissent en eux pour faire un.

Prenez, par exemple, ce qui est écrit : « Sans farine, il n’y a pas de Torah ; sans Torah, il n’y a pas de farine ». Dans la première partie, c’est un esprit animal - un esprit atteint par tous. Dans la deuxième partie, c’est l’esprit de la Torah, car quel est le rapport entre avoir de la farine et la puissance de la Torah ? Mais d’après la Torah, nous comprenons que le Créateur n’enlève jamais Sa Providence du monde, ne serait-ce qu’un instant ; ainsi, Il fait le bien à ceux qui font Sa volonté et Il entend leur prière.

En conséquence, celui qui a été récompensé de travailler dur dans la Torah n’a certainement pas besoin de travailler comme celui sans éducation, puisqu’il demande à Celui qui l’a vraiment fait, et Il lui donnera, comme il est écrit : « Puisqu’ils sont pieux, leur Torah est préservée et leur travail est béni ». Le Tanna nous dit : « Sans farine », etc., c’est-à-dire ce qui est souhaitable, c’est de les relier ensemble, signifiant prétendre être comme un animal, de savoir que sans farine il n’y a pas de Torah et donc de faire de son mieux avec ce que son esprit animal lui dit de faire, pour avoir de la farine et de quoi nourrir son corps.

En effet, même si l’esprit de la Torah le permet, car « Il ne prend point plaisir dans la force du cheval ; Il ne veut pas les jambes de l’homme. Le Seigneur veut ceux qui Le craignent, ceux qui attendent Sa miséricorde. » Alors, pourquoi devrait-il toucher et dépouiller une carcasse sur le marché ? Pour ne pas avoir besoin des gens, il préfère s’engager dans la Torah - pour craindre le Créateur et attendre Sa miséricorde, car « Il ne veut pas les jambes de l’homme », etc.

Pourtant, le Tanna enseigne à s’appliquer de toutes ses forces pour la farine, car sans elle, il n’y a pas de Torah, et il est préférable de profaner un seul Shabbat pour observer beaucoup de Shabbats, etc..., tout en sachant que « Sans farine, il n’y a pas de Torah ». Cela signifie que le travail et l’effort n’apportent ni ne produisent la farine, mais seulement l’observance de la Torah et la crainte du ciel, car « Il ne veut pas les jambes de l’homme ». Ce sont deux opposés qui ne font qu’un, c’est-à-dire que, pour celui qui fait comme un animal et sait que c’est futile, alors que tout lui vient de la table du roi ; un tel homme est appelé « entier ».

C’est le sens du verset : « Heureux est l’homme qui a mis sa confiance en le Seigneur et qui ne s’est pas tourné vers les arrogants ni les menteurs ». Il unit les deux choses : Il fait confiance au Créateur, et s’applique de toutes ses forces d’avoir de quoi manger pour sa famille, toutefois, il sait que toutes ses actions et tous ses efforts ne sont que mensonge et arrogance, et l’essentiel est de mettre sa confiance en le Créateur.

Il est écrit : « Car le sceptre du méchant ne se posera pas sur le destin des justes.» Cela signifie que, bien que leurs actes soient similaires, l’écrit interprète : « Les justes ne tendent pas leurs mains à l’iniquité », car ils acceptent complètement le fardeau du royaume des cieux et savent que c’est Lui qui leur donne la force.

La raison à cela est de voir jusqu’où va la foi du juste en le Créateur. Bien que le Créateur connaisse les pensées, les actes doivent néanmoins être clairs pour le juste lui-même, car la nature de la matière est qu’elle ne permet pas au juste de croire en lui tant qu’il ne voit pas concrètement et réellement, et il a toujours peur d’engendrer un péché et de tomber de son degré durant l’acte.

La qualité de Jacob le Patriarche

Maintenant nous pouvons comprendre ce que nos sages ont interprété, que Jacob est retourné à ses petites jarres. C’est en effet étonnant qu’à un tel moment, quand il a vu qu’Ésaü venait le tuer et voler tout ce qu’il avait, il songeait encore à rester seul à cet endroit dangereux, pour sauver ses petites jarres. Et il ne croyait pas en sa vie, comme il est écrit : « Et Jacob avait très peur… et il sépara le peuple ... en deux camps ».

Cependant, cela explique bien ce qui précède, parce que la voie de l’homme et de l’animal était la qualité de Jacob le Patriarche, qui est devenu un Merkava [char/structure] pour cette qualité. Comme il est écrit dans les livres : Abraham le Patriarche devint un Merkava pour la qualité de l’amour, et Isaac le Patriarche pour la qualité de la peur.

Ces deux qualités sont opposées, car celui qui aime n’a pas peur et fait toujours confiance à l’être aimé, et « l’amour couvrira tous les crimes ». Inversement, celui qui craint n’a pas confiance, car s’il avait confiance, il n’aurait pas peur du tout. Mais Jacob le Patriarche, l’aîné des Patriarches, est devenu un Merkava pour la qualité de la miséricorde, c’est-à-dire ces deux opposés dans un même sujet -- l’amour et la crainte ensemble -- qui sont l’essentiel de cette qualité.

C’est le sens du verset : « Et Jacob avait très peur » etc., « et il sépara le peuple... en deux camps » pour qu’il lui reste quelque chose. De plus, il lui a envoyé des cadeaux, peut-être qu’il se réconcilierait avec lui.

Et vous voyez que sa conduite à cet égard était la même que celle d’une personne tout à fait ordinaire, car quelle est la différence entre une personne qui se soucie de ne pas mourir de faim et cherche jour et nuit toutes sortes de stratagèmes pour subvenir à ses besoins, et celle qui craint que son ennemi puisse lui voler ses biens et la tuer, et fait tout son possible pour l’éviter ?

C’était la question de Rachi : Pourquoi Jacob le Patriarche avait-il peur ? Après tout, Il lui a promis : « Et Je te garderai », etc. Il a expliqué qu’il craignait de provoquer un péché. Nous devrions préciser qu’il aurait dû dire, « de peur qu’il ait provoqué, et non de peur qu’il n’ait pas provoqué.» Cela le réconcilie, car en effet, Jacob le Patriarche avait la pleine mesure de l’amour, c’est-à-dire la confiance, et il n’avait aucun doute que le Créateur le protègerait et qu’il ne manquerait de rien. Pourtant, il s’est comporté comme n’importe qui et a prétendu craindre, comme l’esprit animal l’exige, de trouver une tactique simple contre cela, qu’il avait très peur des 400 hommes contre lui. Par cela, il semble avoir mis de côté sa confiance afin d’avoir vraiment peur. C’est ainsi qu’il s’est protégé comme le font ceux qui craignent l’ennemi : il sépara les camps, offrit des cadeaux, etc.

Et pourquoi a-t-il fait cela s’il n’avait vraiment pas peur, car il avait confiance en le Créateur ? C’est par crainte de provoquer le péché, puisque dans son humilité, le juste ne croit pas en lui-même, qu’il ne tombera pas de son degré pendant l’acte. Par conséquent, il a préparé tous les moyens habituels pour se protéger de l’ennemi. Et après tout cela, il a estimé en son for intérieur que tout ceci était arrogance et mensonge, et a mis sa confiance en le Créateur et a prié le Créateur.

Nous comprenons maintenant pourquoi il est resté pour les petites jarres, pour annoncer qu’avec la peur, il avait la mesure complète de l’amour, sans défaut, et il appréciait même les petites jarres, car il savait très bien qu’aucun étranger ou ennemi ne toucherait à ses biens.

La différence entre celui qui sert le Créateur et celui qui ne Le sert pas

Ceci fait la distinction entre celui qui sert le Créateur et celui qui ne Le sert pas. Celui qui a vraiment peur et ne fait pas confiance ; n’aurait même pas remarqué les grandes jarres à un moment où il craint qu’un ennemi vienne frapper les mères et leurs enfants et tout détruire. Mais un serviteur du Créateur, avec le travail et l’effort dus à sa peur, sait avec certitude et fait confiance à Sa miséricorde - que tout lui appartient et qu’aucun étranger ne contrôlera ses biens. Et même à un tel moment, il est capable de veiller sur les petites jarres, comme les justes, qui aiment leur richesse.

C’est pourquoi, dans le don de la Torah, la force nous a été donnée par « souviens-toi et garde ont été dits d’une seule parole. Ce que la bouche ne peut dire, ni l’oreille entendre ni le cœur penser ou réfléchir.» Cela signifie qu’il est écrit que « Souviens-toi » est l’amour et « Garde » est la crainte, qui sont deux opposés.

Ils nous ont été dits et donnés comme un seul, pour les unir. Bien qu’ils soient réellement opposés, et il est impossible pour la bouche, l’oreille et le cœur de comprendre qu’une telle chose puisse exister dans la réalité, mais c’est par la force de la Torah pour celui qui y adhère, qu’elle le récompense – ils sont connectés et unis dans son cœur, comme dans la qualité de Jacob le Patriarche.

La Klipa d’Ismaël et la Klipa d’Ésaü

C’est ce que Jacob dit à ses fils lors des années de famine : « Pourquoi avez-vous peur ?» Et Rachi interprète : « Pourquoi craignez-vous les enfants d’Ismaël et les enfants d’Ésaü comme si vous étiez rassasiés ?» C’est déconcertant : Les fils d’Ésaü habitaient à Séir, et les fils d’Ismaël dans le désert de Paran, et que leur est-il arrivé ? Il aurait dû se préoccuper davantage des Cananéens et des Hittites, ses voisins dans le pays.

Ceci répond à ce qui précède : Rachi a fait deux interprétations : 1) Pourquoi avoir l’air rassasié ? 2) Pourquoi ignorer la famine ?

Nous comprenons maintenant que c’est ce que Jacob leur avait dit : « Si vous mangez à satiété, vous craindrez les enfants d’Ismaël ; et si vous niez la faim, vous craindrez les enfants d’Ésaü.» Cela signifie qu’il est écrit qu’Ismaël est le résidu d’argent (amour) et Esaü est le résidu d’or (peur).

C’est ce que Jacob avait enseigné à ses fils : Si vous vous accrochez à la qualité de l’amour, et si vous avez confiance en le Créateur que Sa main ne sera pas courte même pendant les années de famine, vous devriez craindre la Klipa d’Ismaël. Et si vous ne vous accrochez qu’à la qualité de la peur et limitez votre alimentation, vous devriez craindre la Klipa d’Ésaü, qui s’alimente de cette qualité. Par conséquent, mieux vaut manger à satiété et unir une chose, en ce moment-là, à la qualité de la peur : Descendez et achetez-nous de la nourriture d’Egypte, car par cela vous serez sauvés des deux Klipot.

 

La prophétie du Baal HaSoulam

 

[Extrait d’une lettre manuscrite]

Et il arriva, au cours des années de guerre, à l’aube d’un massacre menaçant, que j’ai prié et beaucoup pleuré, toute la nuit. Et voici, au petit matin, il me semblait que tous les individus de la terre étaient rassemblés en un seul groupe sous mes yeux. Et un homme planait au milieu d’eux, son épée pointée au-dessus de leur tête, et les frappait à la tête. Les têtes s’élevaient, et leurs cadavres tombaient dans un très grand bassin puis devenaient une mer d’os.

Et une voix m’a appelé : « Je suis El Shadaï, qui gouverne le monde entier avec grande miséricorde. Tends ta main et saisis l’épée, car maintenant Je t’ai donné le pouvoir et la puissance.» Et l’esprit de Dieu s’est revêtu en moi, et je tenais l’épée, et cet homme disparut immédiatement. J’ai regardé attentivement dans sa direction, et il était parti, et l’épée était en ma possession, mon bien personnel.

Et le Seigneur me dit : « lève-toi et quitte ta terre natale pour un pays agréable, la terre des saints patriarches, où Je ferai de toi un grand sage puissant, et tous les sages du pays seront bénis par toi, car Je t’ai choisi pour être le juste et le sage de toute cette génération, pour guérir la souffrance humaine par un salut durable. Prends cette épée dans ta main et garde-la de tout ton cœur et de toute ton âme, car c’est un signe entre Moi et toi que toutes ces bonnes choses arriveront grâce à toi, car jusqu’à présent, Je n’avais aucun homme aussi fidèle que toi à qui remettre cette épée. C’est pourquoi les méchants ont fait ce qu’ils ont fait, mais dorénavant, tout saboteur qui verra Mon épée dans ta main disparaîtra promptement et sera extirpé de la terre.»

Et j’ai caché mon visage, car j’ai eu peur de regarder Celui qui me parlait. Et l’épée, sous mes yeux semblait être une simple épée de fer sous la forme d’un horrible destructeur ; voilà qu’elle s’est transformée entre mes mains en lettres scintillantes du nom sacré El Shadaï dont l’éclat est rempli de lumière, de satisfaction, de tranquillité et d’assurance pour le monde entier. Et je me suis dit : « Faites que je puisse donner à tous les habitants du monde une goutte de la pureté de cette épée, car alors ils sauront qu’il y a de la bonté du Seigneur sur la terre.»

J’ai levé les yeux, et voici, le Seigneur se tenait au-dessus de moi et me disait : « Je suis le Seigneur, Dieu de tes pères. Lèves les yeux du lieu sur lequel tu te tiens devant Moi et vois toute la réalité que J’ai créée ex nihilo, les supérieurs et les inférieurs ensemble, depuis le tout début de leur découverte de la réalité, tout au long de leur évolution continue jusqu’à la fin de leur tâche, comme il sied à l’œuvre de Mes mains d’être glorifiée ».

Alors j’ai vu et j’étais très content de la magnifique création et de tout ce qu’elle renferme, et de la joie et du plaisir dont se réjouissent tous les habitants de la terre. Et j’ai remercié le Seigneur.

Alors, j’ai dit au Seigneur : « Nous te servirons avec peur et crainte et nous serons à jamais reconnaissants en ton nom, parce que de Toi ne sort ni mal ni bien, mais une longue succession de plaisirs qui nous attend du début à la fin. Heureux sont ceux qui marchent dans Ton monde, à qui Tu as préparé le plaisir, la douceur et l’abondance. Il n’y a pas de sournoiserie ou d’obstacles dans toutes Tes actions, en haut et en bas ensemble.» Et je me suis rempli d’une sagesse merveilleuse, et par-dessus tout, la sagesse de sa Providence individuelle absolue. C’est ainsi que j’ai acquis plus de sagesse chaque jour, pendant de nombreux jours -- cent quatre-vingts jours.

En ces jours-là, mon cœur m’a dit de prier le Seigneur en disant : « Vois, j’ai acquis plus de sagesse que tous mes prédécesseurs, et il n’y a rien au monde que je ne sache pas. Pourtant, je ne comprends pas un mot des paroles des prophètes et des sages du Seigneur. De plus, je ne comprends pas la plupart des noms sacrés. Et j’ai réfléchi ; le Seigneur m’a promis une sagesse et une connaissance telles qu’elles deviendront un modèle pour les sages et les individus, mais je ne comprends toujours pas leurs paroles.»

Et avant d’appeler, le Seigneur vint à moi et dit : « Vois ta sagesse et tes atteintes sont bien supérieures à celles de tous les sages qui ont vécu sur terre jusqu’ici. Que M’as-tu demandé que Je ne t’aie donné ? Pourquoi te tourmenter pour comprendre les paroles de la prophétie, dont tu sais pertinemment qu’elles ont été dites à un degré inférieur à ton atteinte ? Voudrais-tu que Je te fasse descendre de ton degré pour que tu puisses comprendre leurs paroles, comme eux ?»

J’étais silencieux, je pavanais, et je n’ai rien répondu. Ensuite, j’ai demandé au Seigneur : « Jusqu’à présent, je n’ai rien entendu quant à l’existence de mon cadavre ; tous les bienfaits et les missions me sont parvenus uniquement du spirituel, et tout est à cette fin. Et si une maladie ou une blessure me trouble l’esprit et que je pèche devant Toi ? Me renverras-Tu de Toi, et je perdrai toute cette abondance, ou me puniras-Tu ?»

Et le Seigneur m’a juré en Son grand et terrible Nom et en Son trône éternel, qu’Il ne laissera jamais Sa miséricorde me quitter pour l’éternité. Que je pèche ou non, Sa miséricorde et Sa sainteté ne me quitteront jamais. Et j’ai écouté et j’étais très content. (Car tu as déjà atteint ton but, et J’ai pardonné tous tes crimes, et cette miséricorde.)

Tout au long de ces jours, j’ai écouté attentivement toutes les promesses et les missions pour lesquelles j’ai été choisi par le Seigneur, mais je n’ai trouvé en elles ni la satisfaction ni les mots pour parler aux habitants de ce monde et les conduire à la volonté de Dieu, comme Il me l’avait annoncé. Je ne pouvais pas me résoudre à marcher au sein du peuple --, qui est vide de tout et calomnie le Seigneur et Sa création--, alors que j’étais rassasié, reconnaissant, et marchait dans la joie, comme si je me moquais de ces malheureux.

Ces choses m’ont touché au plus profond de mon cœur, et j’ai décidé que quoi qu’il advienne, même si je descends de mon haut degré, je dois adresser une prière sincère au Seigneur pour qu’Il m’accorde l’atteinte et la connaissance de la prophétie et de la sagesse, et les paroles avec lesquelles aider le peuple malheureux, pour l’élever au même degré de sagesse et de plaisir que moi. Bien que j’aie su qu’il m’était interdit de m’attrister, je n’ai pas pu me retenir, et j’ai épanché mon cœur avec une prière très sincère.

Le lendemain matin, j’ai levé les yeux et j’ai vu Celui qui est au ciel se moquer de moi et de mes paroles. Il m’a dit : « Que vois-tu ? »

J’ai dit « Je vois deux personnes qui se battent, l’une sage, parfaite et forte, l’autre petite et stupide, comme un nouveau-né. Et la seconde, la faible, la petite et sans goût vainc la forte et la parfaite.» Et le Seigneur me dit : « Ce petit deviendra grand.»

Et le petit ouvrit la bouche et me dit quelques versets que je n’ai pas compris suffisamment, mais j’ai senti en eux tous les trésors de la sagesse et de la prophétie qui s’appliquent à tous les vrais prophètes, jusqu’à ce que je sache que le Seigneur m’avait répondu et qu’Il m’avait donné des chemins parmi tous les prophètes et sages du Seigneur.

Et le Seigneur me dit : «Lève-toi, et regarde vers l’orient.» J’ai levé les yeux et j’ai vu que ce petit garçon s’est tout de suite levé et qu’il s’est élevé et a égalé son niveau à celui du grand, alors qu’il manquait encore de saveur et d’intelligence, comme avant. Et j’étais très émerveillé.

Ensuite, le Seigneur me parla en vision, en me disant : « Allonge-toi sur le côté droit.» Et je me suis allongé par terre. Et Il me dit : « Que vois-tu ?» Et j’ai dit : « Je vois beaucoup de peuples et de nations, qui se lèvent et tombent, et leurs visages sont des humains déformés.» Et le Seigneur me dit : « Si tu peux donner forme à toutes ces nations et leur insuffler l’esprit [également souffle] de vie, alors Je te conduirai dans le pays que J’ai promis à tes pères, Je te le donnerai, et tous Mes buts seront réalisés par toi. »

 

Un commandement [Mitsva]

« S’il accomplit une Mitsva [commandement], heureux est-il, car il s’est jugé et le monde entier favorablement. »

Servir le Créateur et observer les Mitsvot [commandements] ne se font que Lishma [en Son Nom] - ce qui signifie apporter contentement à son Créateur. Pourtant, nos sages ont déjà dit de s’engager dans la Torah et les Mitsvot même Lo Lishma [pas en son Nom], puisque « de Lo Lishma il viendra à Lishma »... Je dis que la première et la seule Mitsva qui soit la plus sûre pour aspirer à atteindre Lishma est d’accepter ne pas travailler pour soi, sauf pour ce qui est nécessaire - simplement pour assurer sa propre existence. Le reste du temps, il travaillera pour le public : pour sauver les opprimés et tous les êtres dans le monde qui ont besoin du salut et de bonté.

Servir les individus d’après le commandement du Créateur

Il y a deux mérites à cette Mitsva : 1) Chacun comprendra qu’il travaille parce que ce travail est approuvé et consenti par tous les individus de la terre. 2) Cette Mitsva peut mieux le qualifier à observer la Torah et Mitsvot Lishma, puisque la préparation fait partie du but. Il en est ainsi parce qu’en s’habituant à servir les gens, il le fait pour les autres et dans leurs intérêts et non pour soi-même. Ainsi, il devient progressivement apte à observer les Mitsvot du Créateur d’après la condition désirée – dans l’intérêt du Créateur et non pour soi-même. Naturellement, l’intention devrait être d’observer les Mitsvot du Créateur.

La partie de la Torah entre l’homme et son prochain

Il y a deux parties dans la Torah : l’une concerne l’homme et le Créateur, et l’autre l’homme et son prochain. Et je vous appelle, dans tous les cas, à vous engager et à assumer ce qui est relatif à l’homme et son prochain, car par cela vous apprendrez aussi la partie concernant l’homme et le Créateur.

Parole, pensée et action

Le travail, quel qu’il soit, devrait inclure la pensée, la parole et l’action.

Nous avons déjà expliqué la partie « pratique » de la Mitsva : L’homme devrait accepter de consacrer tout son temps libre à être utile aux individus dans le monde. La question de la « pensée » est plus essentielle dans cette Mitsva que dans les Mitsvot entre l’homme et le Créateur car dans les Mitsvot entre l’homme et le Créateur, « l’acte » en lui-même témoigne que l’intention est en faveur de son Créateur, car il n’y a d’autre place pour une telle action à part Lui.

Pourtant, pour celles entre l’homme et son prochain, elles se justifient d’elles-mêmes, puisque la conscience humaine l’oblige à les faire. Cependant, si quelqu’un les exécute dans cette perspective, il ne fait rien. En d’autres termes, ces actions ne le rapprocheront pas du Créateur ni du vrai travail de Lishma.

Ainsi, chacun devrait penser qu’il les fait uniquement pour apporter du contentement à son Créateur et pour ressembler à Ses voies : « Comme Il est miséricordieux, moi aussi je suis miséricordieux » «  comme Il ne fait que le bien, moi aussi… etc. » Cette représentation en y ajoutant les bonnes actions, le rapprochera du Créateur, ainsi il égalisera sa forme avec la spiritualité et avec la Kedousha [sainteté], et il deviendra comme une empreinte, apte à recevoir la véritable abondance supérieure.

La « parole » fait référence à la prière de la bouche - pendant le travail et à des heures fixes - pour que le Créateur transforme son cœur de la réception au don, ainsi que contempler la Torah et les choses qui l’encouragent.

Contenter inconsciemment son Créateur

Il est inutile d’attendre le moment où il trouvera une solution qui lui permettra de commencer de servir le Créateur Lishma. Comme c’était par le passé, il en va de même aujourd’hui, et il en sera de même demain : Chaque serviteur du Créateur doit commencer à s’engager dans le travail Lo Lishma, et à partir de là, il arrivera à Lishma.

La manière d’atteindre ce degré n’est pas limitée par le temps, mais par ses individus, et par la mesure du contrôle que l’on a sur son cœur. Par conséquent, nombreux sont tombés et tomberont sur le champ du travail Lo Lishma, et mourront sans sagesse. Néanmoins, leur récompense est grande, puisque la pensée de l’homme ne peut pas apprécier le véritable mérite ni la valeur de contenter son Créateur. Même s’il ne le fait pas d’après cette condition, puisqu’il ne peut pas autrement, il procure quoi qu’il en soit satisfaction à son Créateur. C’est ce qu’on appelle « inconsciemment ».

La vérité prophétique d’après la mesure physique

Comme c’est une certitude absolue, l’abondance prophétique doit être reçue dans ces combinaisons de lettres entièrement adaptées à l’esprit des débutants, c’est-à-dire que leur utilité est révélée aux yeux de cette génération aveugle. Ce n’est qu’alors qu’il sera certain que la parole du Créateur sera acceptée par la génération sous la forme de Lo Lishma, car le Créateur ne les a pas préparés autrement.

C’est donc le signe d’un vrai prophète : Sa prophétie convient mieux au succès physique de ses contemporains, comme il est écrit : « Et quelle grande nation a des lois et des ordonnances aussi justes que toute cette Torah que je vous ai donnée aujourd’hui ? » Il en est ainsi parce que la proximité du succès physique confirmera leur véracité, qu’en fin de compte, c’est vraiment le seuil d’entrée.

La nécessité d’observer les 613 commandements

Les 613 Mitsvot, considérés comme les Noms sacrés, sont la Providence individuelle pour quiconque se rapproche de la réception de l’abondance divine. Il faut faire l’expérience de tous ces ordres sans aucune exception. C’est pourquoi, de tout leur cœur et de toute leur âme, ils implorent de les observer jusqu’à leurs branches terrestres, comme il est écrit : « En tout lieu où Je mentionnerai Mon nom, Je viendrai à toi et Je te bénirai ».

La sagesse de la vérité

Les prédécesseurs se sont choisis une voie individuelle, et moi, j’ai choisi une voie générale, car à mon avis, il est plus approprié à un sujet divin d’être vêtu de combinaisons de lettres éternelles qui ne changeront jamais. Je tiens à dire qu’avec le succès physique, elles ne changeront nulle part ni à aucun moment. Pour cette raison, mes paroles sont limitées.

C’est pour cette raison que j’ai été contraint d’exprimer la spiritualité d’une manière générale. Cependant, malgré tout, j’ai choisi d’expliquer tous les détails et les combinaisons spirituelles jusque dans les moindres détails, et qui n’ont aucune autre source ou origine que cette généralité, c’est-à-dire la pureté de la Kabbale. Et puisque je clarifie les détails spirituels sans être revêtu de combinaisons matérielles, cela sera bien plus utile au développement de l’atteinte. Cette sagesse est appelée « la sagesse de la vérité ».

La prophétie

Il ne peut y avoir d’erreurs ou de mensonges dans la prophétie, comment pourrait-il y avoir une erreur dans la lumière de la vérité venant du Créateur ? Mais c’est aussi sûr que la pluie et la neige tombant du ciel sur le sol et ne s’en vont pas tant que leur mission n’est pas accomplie avec succès. Pourtant, il y a une différence dans celui qui reçoit, c’est-à-dire le sol : La terre qui a été préparée, en enlevant les pierres et en labourant, peut mieux recevoir qu’une terre non préparée. Tout dépend de la préparation.

De plus, il y a certainement des différences dans les prophètes qui reçoivent. L’un n’est jamais au même degré que l’autre. Cette grandeur ou petitesse est mesurée par la préparation de ce prophète : L’un, dans une moindre mesure, en raison de l’absence d’une bonne préparation, omettra nécessairement une certaine inclination quand la lumière lui parviendra, est-il concevable de dire que la lumière de la prophétie n’accepte pas l’erreur ? Cependant, sa petitesse provoque une multiplication des combinaisons de lettres, qui est la multiplication des canaux et des récipients jusqu’à ce qu’il atteigne la prophétie.

Le succès prophétique est la vitesse

Bien que finalement toute la vérité de la prophétie apparaisse avec le succès désiré, un prophète d’un plus petit degré engendre néanmoins toujours un plus long chemin aux individus à qui il a été envoyé. Inversement, celui d’un grand degré, dont la préparation est plus parfaite, ne connaitra aucune déviation lorsqu’il recevra sa prophétie du Créateur. Par conséquent, il ne multipliera pas les récipients et les canaux, et donc sa prophétie sera claire, concise et facilement et rapidement acceptée par ceux à qui il a été envoyé.

Les petits peuvent réussir plus que les grands

En plus des paroles ci-dessus, il est possible que le plus petit des prophètes réussisse dans sa prophétie encore plus que le plus grand des prophètes - en ce qui concerne la vitesse mentionnée ci-dessus - puisqu’il s’appuie sur les révélations des prophètes précédents qui lui ont pavé le chemin. Évidemment, cela dépend aussi du développement de ceux qui écoutent sa prophétie, car des mots clairs et concis exigent une génération plus développée, afin qu’elle puisse le comprendre. Si ces deux choses s’ajoutent à celui [prophète] du petit degré, il peut réussir bien plus qu’un grand.

 

La prophétie à travers les générations

Bien que Moïse ait reçu la Torah et les lois pour toutes les générations, à tel point qu’un prophète n’a pas le droit de renouveler quoi que ce soit, sa prophétie ne fut néanmoins donnée que pour un temps. Le verset en témoigne : « Un prophète, un de tes proches, un de tes frères, comme Moi, le Seigneur, ton Dieu, se lèvera pour toi, et tu l’écouteras ». Si la prophétie de Moïse avait été suffisante pour l’éternité, pourquoi le Créateur ferait apparaitre d’autres prophètes comme lui ? De toute évidence, sa prophétie n’a été utile que pour un certain temps. Quand cette période est terminée, le Créateur envoie un autre prophète pour continuer et compléter Sa volonté.

Pourtant, le prophète n’a pas le droit de renouveler ni d’enlever quoi que ce soit, car cela signifierait qu’il y avait une omission chez le prophète précédent. Les paroles du Créateur sont toujours complètes, comme il est écrit : « Je suis le premier et Je suis le dernier. » Sa seule tâche est plutôt de continuer cette même prophétie aux générations qui ne sont plus dignes de recevoir de la première.

Et le dernier prophète est le Messie, qui les complète tous. Lui non plus n’a certainement pas le droit d’ajouter ou de retirer, mais son succès sera plus grand, puisque toute la génération sera apte à accepter ses paroles et à se parfaire grâce à lui. Il en est ainsi pour deux raisons : soit pour sa grandeur, soit à cause de ses contemporains, soit à cause des deux.

L’essence du succès prophétique

L’essence du succès prophétique est d’étendre la lumière supérieure aux habitants d’en bas. Celui qui la fait descendre le plus bas est celui qui réussit le mieux. La question de haut et d’en bas se mesure avec l’esprit et l’avantage physique, puisque la matérialité atteinte par la prophétie est le point qui donne aux gens une prise, et on sait que le principal point, celui qui est difficile dans le service du Créateur, est la première prise.

Une force générale et une force individuelle

Leur unicité est l’unité du Créateur et de Sa Shekhina [Divinité]. La force individuelle est l’interdiction de recevoir jusqu’au degré le plus bas. La force générale est l’augmentation du don jusqu’à « de tout son cœur et de toute son âme ».

 

Le sens de la fécondation et de la naissance

1) Règles

Le général et le particulier

 

L’examen par des personnes instruites de la création est défini dans le premier concept comme l’imitation de l’œuvre du Créateur. L’œuvre du Créateur est appelée « Providence » ou « nature de la création ».

 

Ils ne sont pas appelés « corps », mais plutôt « simple matière de chair et de sang sous sa forme minérale [inanimée]», complètement amorphe. Il en est ainsi parce que tout ce qui est appelé par le nom « forme » est considéré comme une force spirituelle et n’est pas un corps.

 

Cela nous donne une loi selon laquelle tous les corps sont égaux. Cependant, comme la Terre est un corps unique qui ne peut être divisé en plusieurs --- car nous n’y trouvons aucun changement de forme d’une partie à l’autre ---, le minéral ne peut encore être divisé en plusieurs éléments.

 

De plus, toute la force de prolifération dans le monde est une force spirituelle merveilleuse. Pour cette raison, tout ce qui est général est approprié et louable, car il vient de la force spirituelle, et tout ce qui est particulier est méprisable et bas. Cela désigne la différence entre une personne égoïste et une personne qui se consacre à sa nation.

 

Bien sûr, la valeur du collectif se définit par la taille de sa prolifération, car si nous avons décidé que la force de prolifération est une question spirituelle et importante, de ce fait, si la prolifération est plus grande, alors elle est plus importante.

 

Il s’ensuit que celui qui se consacre à sa nation est plus important que celui qui se consacre à sa ville, et celui qui se consacre au monde est plus important que celui qui se consacre à sa nation. C’est le premier concept.

La naissance dans la spiritualité

 

Par conséquent, comme il y a naissance d’un individu, après la construction des corps, il y a également la naissance du collectif. Cela se fait par le renouvellement de la force spirituelle, ce qui signifie que le développement intellectuel est la naissance du collectif, car, dans le spirituel, la disparité de forme divise les mondes les uns des autres. Cette naissance signifie arriver dans le monde de la correction.

 

 La sortie d’Égypte est appelée naissance

 

Si nous parlons de la multiplication de l’essence spirituelle, cela ressemble à ce qui se passe dans la matérialité avec la naissance du ventre de la mère --- qui est un monde sombre et avarié par toutes sortes de saletés et de désagréments ---, vers un monde illuminé de toute la perfection, le monde de la correction.

 

C’est ainsi que nous comprenons la signification de la préparation telle qu’elle est définie dans le royaume des prêtres, qui y sont venus par la prophétie de Moïse, et pour laquelle ils ont été récompensés d’être libérés de l’ange de la mort et de recevoir la Torah. Alors, ils ont eu besoin d’une nouvelle naissance à l’air du monde éclairé, appelé, dans le verset, « Une terre agréable, bonne et large ».

Mort-né

 

Ce nourrisson est mort-né parce qu’après la grossesse --- qui est un haut fourneau et l’esclavage en Égypte --- arrive l’accouchement. Mais ils n’étaient pas encore aptes à respirer le souffle de vie du monde éclairé, où on leur avait promis qu’ils viendraient, tant que le décompte n’avait pas commencé, ni la guerre contre Amalek ni les épreuves avec l’eau. Et ils sont arrivés dans le désert du Sinaï. Sinaï (comme le disaient nos sages) signifie Sina [haine], car ils se prononcent de la même façon, ce qui signifie la souffrance qui s’applique à toute maladie.

Naître d’un père et d’une mère

 

Alors, ils ont mérité de respirer le souffle de vie, et la prophétie « Vous serez pour Moi un royaume de prêtres et une nation sainte » se réalisa; d’abord un royaume de prêtres, en annulant leurs biens personnels, et ensuite une nation sainte, qui doit contenter son Créateur par « Tu aimeras ton prochain comme toi-même ».

 

Comme dans la vie courante, le nourrisson tombe entre des mains aimantes et loyales, qui sont son père et sa mère, qui se soucient de lui et garantissent sa subsistance et sa santé. De même, après que chacun ait été prêt à ce que 600 000 personnes se préoccupent de son existence, il respire ce souffle de vie, comme il est écrit : « Et Israël campait là, devant la montagne, » et Rachi l’a interprété comme « un seul homme dans un seul cœur ».

2) Dos [derrière] et face [devant]

 

Les yeux de l’homme sont devant lui. Cela implique qu’il ne peut regarder l’avenir que dans une optique de croissance, de bas en haut. Cependant, il ne peut pas regarder derrière lui, dans une optique d’une fécondation de haut en bas (comme il est écrit à propos de Loth : « Ne regarde pas derrière toi »).

 

Par conséquent, l’homme est privé de toute connaissance réelle parce qu’il n’a pas le commencement. Il est comme un livre dont la première moitié est manquante, donc son contenu est entièrement incompréhensible. Tout l’avantage de ceux qui l’atteignent, c’est qu’ils sont récompensés d’atteindre aussi la fécondation, c’est-à-dire le processus de haut en bas.

 

L’homme inclut tout, et cela se voit évidemment quand il regarde et examine quelque chose. Chacun sait qu’il ne regarde pas en dehors de son propre corps et de ses idées, mais il atteint néanmoins le monde entier, sait ce que les gens pensent, et il évalue comment leur plaire et s’adapte à leurs désirs.

 

Pour le savoir, il lui suffit de regarder en lui, et il comprend déjà les pensées de ses contemporains parce que tout le monde est pareil, et qu’une personne contient tout le monde en elle. La limite de cette connaissance est que nous ne connaissons pas notre propre fécondation ni ne nous souvenons de cette période pour pouvoir en parler un tant soit peu.

La cinquantième porte

 

C’est la signification du verset : « Tu verras Mon dos, mais Mon visage ne sera pas vu. » Moïse a atteint la fécondation, c’est-à-dire tous les discernements de haut en bas, dans leur intégralité. On l’appelle « le dos des mondes spirituels », et tout ce qui lui manquait, c’était de regarder « devant », c’est-à-dire de voir l’avenir jusqu’à la réparation finale. C’est ce qu’on appelle les « cinquante portes de Bina », car le niveau de Bina est de cent portes, et Bina est appelée Ima [mère] par les kabbalistes, car elle est la mère du monde entier. Celui qui est récompensé d’atteindre les cent portes en elle est récompensé de la révélation de la perfection.

 

Leurs cinquante portes de derrière sont la fécondation, c’est-à-dire le processus de haut en bas, et leurs cinquante portes de devant sont le chemin de développement nécessaire jusqu’à la réparation finale. Alors, « La terre entière sera remplie de la connaissance du Seigneur » et « On n’enseignera plus à son prochain ni à son frère en disant ‘Connaissez le Seigneur, car tous Me connaîtront, du plus petits aux plus grands. »

 

C’est le sens de la prière de Moïse : « Montre-moi s’il te plaît Ta gloire », qui signifie les cinquante portes de Bina de devant. Et le Créateur lui dit : « Tu verras Mon dos » ; cela te suffit de voir les cinquante de Mon dos, de haut en bas. « Mais Mon visage tu ne verras pas », car tu ne verras pas toutes les cinquante de devant, « car l’homme ne pourra pas Me voir et vivre », c’est-à-dire avant que le temps ne soit venu, quand les récipients auront évolué et se seront entièrement développés.

 

Avant cela, il doit mourir en voyant cela parce que les récipients ne pourront pas recevoir cette grande lumière et s’annuleront. C’est le sens de ce qui est écrit : « Cinquante portes de Bina ont été créées dans le monde, et toutes, sauf une, ont été données à Moïse. »

 

Mais dans la spiritualité, il n’y a pas de manque. Au contraire, c’est tout ou rien, comme dans « Un vœu légèrement rompu est un vœu complètement rompu. » Mais à la fin, quand la mesure des récipients augmentera et se développera suffisamment, ils mériteront d’atteindre la cinquantième porte. (Vous devez aussi savoir qu’il y a deux sortes d’atteinte : la prophétie et la sagesse. En ce qui concerne la sagesse, Moïse a atteint ce que tous les sages ont atteint. Mais en ce qui concerne la prophétie, il n’a pas pu atteindre. C’est à ce sujet que nos sages ont dit : « mieux vaut être sage que prophète », et ils ont dit aussi que Salomon avait atteint la cinquantième porte).

L’âme engendre le corps : fécondation et croissance

 

Il y a deux développements dans le blé semé :

  1. A partir du moment où il est placé dans le sol, il commence alors à se dépouiller de sa forme. Ceci est considéré comme la naissance, jusqu’à ce qu’il devienne rien, c’est-à-dire le support de la négation de la forme de ses géniteurs, et que le réel devienne potentiel. Jusque-là, la chose est considérée comme une fécondation, qui s’étend du processus de haut en bas.

  2. Quand il parvient au dernier point, la croissance commence. C’est le processus de bas en haut jusqu’à ce qu’il atteigne le niveau de son géniteur.

Le général et le particulier sont égaux

 

Le général et le particulier sont égaux comme deux gouttes d’eau. Il en est ainsi à la fois extérieurement, dans l’état de la planète en général, et intérieurement, car même dans le plus petit atome nous retrouvons le système solaire complet avec ses planètes qui l’entoure, comme dans l’univers. De même, l’homme est l’intériorité du monde, et vous retrouvez en lui toutes les images des mondes supérieurs: Atsilout, Briya, Yetsira et Assiya. C’est comme le disaient les kabbalistes : « Atsilout est Rosh [tête], Briya s’étend jusqu’au Khazé [poitrine], Yetsira s’étend de là jusqu’au Tabour [nombril], et Assiya du Tabour vers le bas. »

 

Il en est de même pour la fécondation de l’homme, il y a un développement de haut en bas, ce qui signifie une lente propagation de son parent, sa mère, jusqu’à ce qu’il s’en détache complètement quand il sort au monde, passant d’acteur à réalisateur, de l’autorité du parent à sa propre autorité.

 

C’est à ce moment que commence le processus de bas en haut, les jours d’allaitement, lorsqu’il est encore collé aux seins de la mère, jusqu’à ce que sa forme soit complétée, au dernier niveau de ses parents.

 

Cependant, Adam HaRishon [le premier homme] était une création du Créateur. Il n’est certainement pas né d’une femme, mais de la poussière de la terre, comme le reste des premières créations, qui a été formé de cette poussière, comme il est écrit : « Tout était de la poussière ». Et pourtant, cette poussière s’étend des mondes supérieurs qui la précèdent.

 

Il en est ainsi parce qu’en haut aussi, il y a la lumière et le récipient. La lumière est sous les formes de la réception, et le récipient est le désir de recevoir les formes qui leur conviennent. Ce récipient, qui est le désir de recevoir, n’est jamais constant, ni en termes d’importance, ni en termes d’une réalité indépendante qui se suffit à elle-même, mais seulement avec ce qu’elle reçoit. Elle n’a donc pas plus de valeur que ce qui est reçu.

 

Par exemple, un homme pauvre qui souhaite s’enrichir n’est pas plus important qu’un homme pauvre qui est content de son sort et qui ne veut pas être riche. Au contraire, il est pire que lui parce que le désir de recevoir devient un avec la matière reçue, et ils ne sont que les deux moitiés d’une chose. Lorsque chaque moitié est séparée, elle n’a aucune valeur en soi, avec qui vous pouvez discuter ou négocier.

3) Qu’est-ce qu’une âme ?

La loi du développement selon la sagesse de la Kabbale

 

Il est impossible d’examiner quoi que ce soit avant de le voir du début à la fin. Et puisque l’homme ne ressent que ce qui est en lui (tout comme les ophtalmologistes ont constaté que les couleurs ne sont pas identiques dans les deux yeux, mais qu’il y a plutôt un consensus ici), il faut donc d’abord se connaître soi-même de la tête au pied, au moins depuis la fécondation jusqu’à être un être humain. Et parce que ce n’est pas le cas, car l’homme ne commence à se connaître lui-même qu’en devenant un être humain à part entière, il est donc dépourvu de la capacité de s’autocritiquer.

Personne ne se connaît soi-même

 

La deuxième raison est que pour connaitre quelque chose, il faut d’abord observer ses aspects négatifs. Et comme l’homme ne peut pas voir ses propres défauts (et dans la même mesure, il emprunte ce qu’il voit chez les autres, et il se regarde dans un miroir qui n’illumine pas), puisque tout ce qu’il doit recevoir de mauvais nous vient sous la forme d’un plaisir, sinon il ne le recevrait pas.

 

De plus, il existe une loi où partout où il y a du plaisir, une personne ne le considère pas comme mauvais, sauf après de nombreuses expériences qui se développent en elle. Cependant, cela exige des jours et des années, ainsi que de la mémoire, des conclusions et des observations, dont tout le monde n’est pas capable. Pour cette raison, personne ne se connaît.

 

Mais les kabbalistes ont atteint et atteignent une chose en entier. C’est-à-dire qu’ils sont récompensés d’atteindre tous ces degrés dans la réalité que l’homme atteindra. Alors cela signifie qu’ils ont atteint une chose en totalité, et que cette chose complète est appelée une « âme ».

Cette âme est le patrimoine d’Adam HaRishon

 

J’ai déjà expliqué ci-dessus, au point 2, que les mondes sont atteints de deux façons : de haut en bas et de bas en haut. D’abord, on atteint de haut en bas, la descente de l’âme, et ensuite de bas en haut, à savoir l’atteinte elle-même.

 

Le premier développement est appelé Ibour [fécondation] car il équivaut à une goutte qui se détache progressivement du cerveau du père et féconde la mère jusqu’à ce qu’elle vienne au monde. Ceci est considéré comme le dernier degré de haut en bas, c’est-à-dire en tenant compte de l’origine du nourrisson. Après tout, jusque-là, il était encore en partie lié à son père et à sa mère, c’est-à-dire à la cause, et lorsqu’il vient au monde, il a sa propre autorité, et c’est l’ordre de haut en bas.

 

Et la raison de tout cela est que Sa pensée est unique. Par conséquent, tous les évènements sont égaux, et tout ressemble au particulier.

La fécondation et la croissance d’un corps en tant qu’âme

 

A partir de la naissance, quand on est au point le plus éloigné, commence le retour à l’atteinte, de bas en haut. C’est ce qu’on appelle la « loi du développement », qui suit exactement les mêmes voies et passages qui sont descendues de haut en bas.

 

Ceci est atteint par les kabbalistes, mais aux yeux des hommes, cela ressemble à des états ordinaires -- lents et graduels -- jusqu’à ce que le niveau culmine comme celui de son père et sa mère. A ce moment-là, cela veut dire que l’on a atteint tous les degrés de bas en haut, c’est-à-dire une chose complète.

4) De haut en bas et de bas en haut

La croissance témoigne de la fécondation

 

Et puisque les deux processus, de haut en bas et de bas en haut, sont aussi semblables que deux gouttes d’eau, on peut comprendre la progression de haut en bas en observant la progression de bas en haut, qui est la deuxième progression du développement, à savoir la croissance.

 

Ainsi, vous verrez qu’il y a quatre mondes ABYA, en commençant par Assiya, par exemple, quand vous examinez la progression de la croissance d’un fruit, de sa plantation jusqu’à sa maturité complète, vous y trouverez quatre états.

 

1) Avant que les signes de la maturité n’apparaissent en lui, qui sont toutes les lois des états dans le fruit. C’est le monde d’Assiya.

 

2) A partir du moment où vous pouvez le manger et être rassasié, bien qu’il soit encore sans saveur. C’est Yetsira.

 

3) A partir du moment où une saveur peut être détectée en lui. C’est Briya.

 

4) A partir du moment où sa pleine saveur et sa beauté apparaissent, et c’est Atsilout. Cet ordre est de bas en haut.

 

Toutes les personnes émanées et nées viennent de deux façons

 

Toute la question de haut en bas et de bas en haut qui a été expliquée en général dans les quatre mondes ABYA s’applique même au plus petit objet dans les mondes, c’est-à-dire dans chaque cause et conséquence. Une cause est le père, la racine, l’agent. Une conséquence signifie qu’elle agit et est faite par la cause. Pour cette raison, elle s’appelle le fils, ou la branche, ou une extension et une cause.

 

La signification de ces deux progressions est comprise dans le particulier comme dans le général. De haut en bas est le moyen de séparer la cause de ses conséquences jusqu’à ce qu’elle émerge et devienne une autorité à part entière. Et de bas en haut, c’est la loi du développement qui l’éveille pour croître de bas en haut jusqu’à ce qu’elle atteigne sa cause. En d’autres termes, elle devient complètement son égale.

 

Comme nous l’avons expliqué ci-dessus, le père corporel et sa descendance qui vient du cerveau du père jusqu’à la naissance est le temps de l’ascension de bas en haut. Vous devriez voir de même dans les quatre types : minéral, végétal, animal et Parlant.

 

Il en en de même dans l’émanation des éléments de la spiritualité comme dans tous les mondes. Il en est ainsi parce que d’un [Ehad] sort Yékhida [seul/unique], et tous les traits que Yékhida a reçus nécessitent tous les enchaînements ultérieurs, tant dans le général que dans le particulier.

5) L’imitation de la Création

Naissance d’une humanité heureuse

En regardant le sceau de l’œuvre de la création, on y trouve les mots : « Ce que Dieu a créé à faire. » Cela signifie que l’œuvre du Créateur, qui se trouve dans la création devant nous, nous est donnée pour que nous la fassions et que nous l’enrichissions. Sinon, le mot « faire » aurait été complètement redondant et dénué de sens, et il aurait dû dire : « Car c’est en cela qu’Il s’est reposé de toute Son œuvre que Dieu a créée. » Alors pourquoi le mot « faire » a-t-il été ajouté ici ? Mais ce verset doit nous enseigner que toute l’étendue de l’œuvre que le Créateur a laissée dans la création est exacte, ni plus ni moins, pour nous permettre d’accomplir par nous-mêmes son développement et son achèvement.

 

En vérité, tout notre développement dans la création n’est qu’une copie de celle-ci. Toutes les saveurs et la beauté des couleurs que nous corrigeons et renouvelons ne sont que la copie des couleurs savoureuses que l’on retrouve dans les fleurs. Et de même, d’où le menuisier sait-il faire une table à quatre pieds, sinon en imitant l’œuvre du Créateur, qui a fait des créations qui se tiennent sur quatre pattes ? D’où sait-il assembler deux morceaux de bois si ce n’est en imitant les organes du corps, qui sont unis ensemble, qui ont fait en sorte que l’homme est allé et a travaillé le bois en conséquence ?

 

Les individus observent et étudient la réalité qui s’offre à nous dans une raison et une beauté parfaites. Par la suite, lorsqu’ils la comprennent, ils la copient et en font un exemplaire. Par la suite, cet exemple devient la base d’un autre exemple, jusqu’à ce que l’homme ait créé un beau monde rempli d’inventions.

 

En regardant la création, les avions ont été construits avec des ailes semblables à celles des oiseaux. Une radio a été construite pour capter les ondes sonores comme les oreilles. Bref, toutes nos réussites nous sont présentées dans la création et dans la réalité telle qu’elle est, et tout ce dont nous avons besoin, c’est de l’imiter et de faire.

La réalité et l’existence de la réalité se contredisent

La réalité, c’est-à-dire la réalité en général, et toutes ses parties qui sont créées comme créations par rapport à ce qui appartient à leur existence, nous voyons qu’elle est bien agencée, avec toute beauté et tout le plaisir, sans aucune lacune. Vraiment, il s’agit d’un monde éclairé. Mais lorsque nous plaçons en face de cela l’existence de cette réalité, c’est-à-dire les manières par lesquelles toutes ces créations se nourrissent et subviennent à leurs besoins, elles sont désorientées, désordonnées, sans goût et très débridées. Cependant, nous avons déjà expliqué la réalité et l’existence de la réalité en général dans l’article « Le sens de l’unité » et nous en avons tiré des leçons.

Fin et naissance

De tout cela, sachez que le général est toujours égal au particulier, que le Créateur en Lui-même ne ressent pas la multiplicité, car Il est toujours une seule autorité, et déduisez-en l’avantage du collectif par rapport à l’individu.

 

Et comme l’existence et la naissance de l’individu --- que le Créateur a fait naturellement --- sont mises à l’épreuve depuis sa naissance et de son arrivée à un endroit que le Créateur lui a préparé, qui est appelé ce monde, on considère qu’Il s’est assuré qu’il tombe entre les mains de personnes aimantes et fidèles qui veilleront, le soigneront et répondront à tous ses besoins dans un dévouement et un amour complets.

 

Il en va de même pour tout le collectif. S’il veut naître et sortir au monde de sorte qu’il soit corrigé pour l’ensemble de la collectivité, il faut veiller à ce que cet enfant général tombe entre les mains de parents fidèles qui l’aimeront avec autant de dévouement qu’un père et une mère, c’est-à-dire par le commandement de l’amour du prochain. Cela ressemble à la préparation pour le don de la Torah.

 

Cependant, nous ne nous engagerons ici que dans l’espèce humaine, et nous verrons quelle part de douceur et de bien que l’œuvre du Créateur a mise en place concernant son existence, pour le garder jusqu’à ce qu’il soit digne d’être appelé, en tant qu’être humain actif. Et quand nous prenons l’ordre de notre propre existence, la part de ce qu’il y a de détestable et de terrible en elle --- où que l’on se tourne, on condamne, et le droit d’exister d’une personne se construit sur la destruction de son prochain.

6) Ce qu’il y a de corrigé et de nécessaire dans le travail de l’homme

Ce que Dieu a créé de faire

 

Sachez que le Créateur n’a besoin de l’œuvre de la création que dans la mesure où la force humaine ne peut y agir. Tout comme la digestion, le Créateur a tout créé de telle sorte que la digestion des aliments dans notre estomac se fasse sans effort de notre part.

 

Cependant, à partir du moment où l’homme a la force de travailler --- car c’est toute la saveur et le contentement du Créateur, qui voulait se réjouir de Son travail, c’est-à-dire façonner des créations qui peuvent ajouter, se réjouir et créer comme Lui, mais qui ne veut absolument pas préparer notre repas, qui est dans le four, sans que nous le sachions, car nous pouvons le faire par nous-même.

 

Cela ressemble à un enseignant et à un élève, où l’intention première de l’enseignant est de donner à l’élève la force d’être comme lui, et d’enseigner aux autres élèves, comme lui. Aussi, le Créateur est content quand Ses créations créent et innovent comme Lui. Pourtant, toute notre force d’innovation et de développement n’est pas une véritable nouveauté. C’est plutôt une sorte d’imitation. Et plus l’imitation correspond au travail de la nature, plus notre niveau de développement est mesuré.

 

De là, nous savons que nous avons la force de nous corriger nous-mêmes, l’existence de la réalité, comme le bel exemple que la nature nous donne de la réalité. La preuve en est que, si le Créateur n’avait pas également œuvré de Sa pleine Providence ainsi, car « la main du Seigneur est-elle courte ?», mais il est nécessaire qu’à cet endroit, qui est notre propre correction, nous soyons capables de nous corriger.

7) Le mouvement comme signe de vie

Minéral, végétal, animal, Parlant

 

En ce qui concerne la vie spirituelle, les gens sont divisés en deux : 1) minéral, végétal, animal ; 2) Parlant.

 

Le minéral, le végétal et l’animal sont considérés comme entièrement mort. Le Parlant est considéré comme en vie.

 

La vie est la force du mouvement. On sait que le début de la vie se fait par deux actions complètement opposées.

 

Quand le Parlant naît, il est aussi considéré comme mort, jusqu’à ce qu’on le réveille par des poussées, car ses récipients sont prêts à recevoir la vie et le mouvement alors qu’il est encore dans le ventre de sa mère. Lors de sa venue au monde, l’air du monde agit sur lui avec une froideur à laquelle il n’est pas habitué, ce qui provoque l’éveil de la contraction.

 

Et après la première contraction, il doit s’étendre une fois de plus jusqu’à son ancienne mesure. Ces deux choses --- la contraction et l’expansion --- sont la première étape qui lui donne vie.

 

Cependant, parfois, en raison de la faiblesse à la naissance, le fœtus s’affaiblit et la contraction ne s’éveille pas en lui, car la réception du froid de l’air du monde est trop faible pour agir sur sa contraction. C’est ainsi qu’il naît mort-né, c’est-à-dire qu’il n’a toujours pas de place ni de raison de vivre --- qui commence par la contraction --- pour s’y revêtir.

 

Sans contraction interne, il n’y a pas d’expansion. Il en est ainsi parce qu’il ne s’étend en aucun cas au-delà de sa limite, s’il en est ainsi, il n’y a pas de mouvement. Et le signe d’une créature qui est prête pour la lumière de la vie est qu’elle a au moins la force de se contracter pour une raison quelconque. À ce moment-là vient la lumière de la vie engendrant l’expansion, et le premier mouvement de la vie se produit. Pour cette raison, le mouvement ne cessera pas d’exister et deviendra vivant et mobile.

 

Ce premier mouvement est appelé « une âme », c’est-à-dire le souffle de vie qui souffle dans ses narines, comme il est écrit, « et a insufflé dans ses narines le souffle de vie ».

 

Cependant, le minéral, le végétal et l’animal ne possèdent pas cette force de faire une contraction interne, pour quelque raison que ce soit. Et parce qu’il en est ainsi, il est impossible que la lumière de la vie s’en revêtisse et en cause l’expansion.

 

Il a donné une loi inflexible selon laquelle sans contraction et expansion, le récipient ne pourra pas s’étendre au-delà de ses limites. Pour cette raison, la sentence du minéral, végétal et animal est la mort éternelle.

 

Mais le Parlant est vraiment prêt à la vie. Cependant, il naît mort, comme on l’a dit ci-dessus, puisqu’il a besoin d’une raison et d’une cause qui agissent sur lui et, qui feront au moins la première contraction. Cela lui arrive par l’air frais qui lui vient de la Torah et des bonnes actions.

La qualité de la contraction

 

La contraction doit se faire par la force de la créature elle-même. On distingue deux types de contraction : 1) une contraction due à une cause externe, tel que le froid; 2) une contraction provenant de la construction du récipient lui-même.

 

1) Comme vous le voyez en tapotant et en bougeant le nourrisson pour qu’il se réveille, bien que chaque pression et chaque légère frappe provoque une contraction dans le corps du nourrisson, l’expansion revient. Elle ne revient pas à cause de la lumière de la vie, mais à cause de la structure du récipient lui-même, qui doit toujours maintenir ses limites exactes et sa fonction. Pour cette raison, lorsqu’un élément fait pression sur lui, le récipient a la force de revenir à sa place, par la force qui cause sa limite positive.

 

2) Mais si la contraction se produit de l’intérieur du récipient lui-même, et non d’une cause extérieure, alors il ne peut pas du tout retourner à sa limite précédente, car la contraction qui a eu lieu en lui venait de sa propre structure. Il lui est donc impossible de revenir à sa frontière d’origine.

 

Le Créateur est l’exception, ce qui signifie qu’une nouvelle lumière personnelle doit s’en revêtir, la ramener à sa fonction, où cette lumière est ajoutée à la lumière précédente, pour y être en permanence. C’est-à-dire que chaque fois qu’elle se contracte, la lumière revient et augmente sa taille précédente. Cette lumière est appelée « vie ».

 

Deux contractions: partielle et générale. En face d’elles, deux expansions

 

Le sang est l’âme. Il en est ainsi parce que la couleur rouge a besoin que la couleur blanche se connecte à elle, et alors cela s’appelle « sang ». Avant qu’elle ne s’y connecte éternellement, ce n’est pas considéré comme du sang parce qu’à ce moment-là il y a « couché » et « levée » en lui. Il en est ainsi parce que sa nature est O-Dem [deux mots en hébreu qui signifient « ou sang »] et qu’on y peint des levées intermittentes, qu’on appelle seulement «la couleur O-Dem », des mots « Garde le silence devant le Seigneur ». Pour cette raison, la couleur en tombe à nouveau et il devient blanc, incolore, ce qui signifie être couché par intermittence.

 

Et quand les deux se connectent, ils deviennent les tendons du sang de la vie.

 

Quand les deux deviennent des tendons du sang de la vie, quand il y a en eux des opposés, l’un devient l’âme vivante, ce qui signifie que le O est coupé de l’Odem [rouge], laissant le Dam [sang] en permanence. Et pourtant, « couché » et « levée » qui y étaient avant, se connectent maintenant, dans ce sang.

 

On distingue donc deux sortes de sang : le rouge et le blanc. C’est-à-dire que le même rouge et le même blanc qui fonctionnaient un à la fois auparavant se sont maintenant unis et ont fait ce sang, qui est appelé une « âme vivante ». Sachez que c’est le sens de la contraction partielle et de l’expansion partielle, que l’on appelle Néfesh [âme] et Rouakh [esprit].

 

Cependant, cette lumière, qui s’est étendue --- partiellement de l’âme --- est une lumière supérieure générale et merveilleuse. Pour cette raison, elle remplit et complète tout type de contraction inscrite dans cette structure.

 

Nous savons qu’il y avait déjà du blanc dans ce corps, dans la partie inapte à recevoir la couleur Odem [rouge], puisque .... du rouge, ont été volés et sont tombés quand ils se sont réunis en vain, etc. Pour cette raison, après que la lumière ait complété la première expansion de la lumière de l’âme vivante mentionnée ci-dessus, elle revient remplir cette vieille contraction qui a été faite en elle initialement. Sachez que cela s’appelle « l’expansion générale », ou « tendons du cerveau », qui s’étend de la matière rouge, dont la forme a été complètement effacée.

 

C’est le sens de ce qui est écrit : « Et insufflé dans ses narines » [en hébreu, il est écrit : « nez »], deux narines. La première narine est de couleur rouge-blanche. La deuxième narine est du blanc qui s’est complètement effacé. « Et l’homme devint une âme vivante », d’abord de la narine rouge-blanche, qui est le sang et la première expansion, mais finalement c’était l’âme de la vie parce qu’elle s’est étendue dans la seconde narine, du blanc effacé, qui est une âme et considéré comme GAR.

 

Vous devez également savoir que la première expansion des tendons du sang se rapporte au cerveau corporel et inférieur, appelé moelle, qui est là. ...agissant à son insu puisque l’état intermédiaire, de la première narine à la deuxième narine, est le temps de la croissance de... et alors la lumière agit alors à insu de l’homme, car il n’a pas encore atteint son âme.

 

Et la deuxième expansion dans les tendons de la moelle conservée pour elle comme la deuxième opposition, qui s’appelle la « deuxième narine », est la relation du cerveau supérieur : ... aux trois Mokhin qui agissent consciemment en lui. C’est ce qu’on appelle...

Opposition entre la tête et le corps

Il a été expliqué que dans les tendons de la moelle, le rouge est à droite. C’est la couleur et l’entité qui est formé sur ce papier. Le blanc est la gauche complète, car la deuxième narine en est effacée, et même la couleur en disparaît, de sorte que le rouge est l’entité et le blanc est l’absence.

 

A l’opposé, il y a les tendons de sang, puisque le rouge est la gauche, c’est-à-dire le O qui s’est connecté à l’avance, et comme « rivière et peut-être ». Inversement, bien que le blanc soit couché, cette image est à droite et debout. Pour cette raison, c’est une âme éternelle, qui n’a plus besoin de couleur. Et la couleur rouge qui reste et qui est inscrite à l’envers est maintenant mise à gauche, à Guevoura. Il est appelé Dam [sang] sans le O [d’Odem = rouge], de sorte que le blanc est à droite, dont on n’a pas besoin, et la couleur rouge n’y apparaîtra pas, et le rouge est considéré comme à gauche, seule Guevoura, qui est appelée « sang ».

 

Ici, il faut comprendre que le Reshimo [réminiscence] du rouge susmentionné dans la première narine --- et leurs tendons, qui sont montés à gauche, après la deuxième narine, considérée comme âme --- s’est effacée et disparaît définitivement de cette structure. Pour cette raison, la tête, le cerveau, est blanc sans absolument aucun rouge.

Ibour [fécondation]

 

Pendant la grossesse, le fœtus n’est qu’un végétal. Tous ses mouvements ne sont pas considérés comme des mouvements de vie, puisque les mouvements sont effectués par sa mère, dont le fœtus fait partie.

 

Son environnement est appelé « ventre », et la mère est la limite de l’environnement qui lui est donné, et il mange ce que sa mère mange, etc. Et la naissance commence par la tête.

L’essence de la vie

 

Connaître ce qui est en vie, c’est l’essence de soi. Le mouvement est défini par la contraction (voir ci-dessus) car aucune création ne peut sortir de sa limite même d’un fil de cheveux.

 

Cela s’étend de la tête, car là, l’attribution de cette force se restreint à un peu moins que sa limite, en ce qui concerne la question.

 

Sachez que tant qu’une autre force la contracte en dessous de sa mesure, cela ne transforme pas le minéral [l’inanimé] en animal. Il doit plutôt se contracter lui-même. Mais comment cela est-il possible alors qu’il est encore inanimé ? Cela nécessite une prière pour être récompensé de la force supérieure.

 

C’est ainsi que nous pouvons comprendre ce qui est caché sous la lumière environnante, et la signification de « car l’homme ne pourra Me voir et vivre », car les vivants peuvent bouger, et tant qu’ils ne peuvent toujours pas se contracter, ils ne sont pas vivants, mais inanimés. C’est le sens de « La mort des justes est d’un baiser », ce qui signifie qu’ils perdent la force de contraction.

 

 

Lettre n°19

1927 Londres

 

Mon cher élève et âme sœur, et à tous les amis, que le Seigneur soit avec vous.

 

J’ai reçu toutes tes lettres, et puissent-elles plaire au Maître du monde. Toutefois, « Connais le Dieu de ton père et sers-Le ». Connaître, c’est être conscient, car une âme sans connaissance n’est pas bonne. Cela signifie que, si quelqu’un aspire et désire ardemment Le servir même s’il a une âme, ce n’est pas bien.

 

Bien qu’il ait une âme, il n’est pas prêt à Le connaître, et tant que « l’esprit » d’en haut n’est pas sur lui, il doit prêter attention et écouter les paroles des sages, et y croire entièrement.

 

Il est écrit: « La bonté et la grâce m’accompagneront tous les jours de ma vie ». Le Baal Shem Tov l’interprète comme « Le Seigneur est ton ombre », comme l’ombre qui suit les mouvements de l’homme, ses directions sont comme celles de l’homme, et ainsi en est-t-il pour tout homme par rapport au Créateur. Cela signifie que lorsque de l’amour s’éveillera pour le Créateur, il comprendra qu’un fort engouement s’est réveillé chez le Créateur à son égard, etc. Tel est le sens des paroles de rabbi Akiva : « Heureux es-tu Israël, devant qui tu te purifies, et qui te purifie. »

 

Ainsi, lorsqu’une personne commence à s’approcher, on lui donne une âme qui est comme un cercle. Cela signifie que le Créateur s’éveille à son égard. À tout moment, il existe une opportunité d’adhérer à quelqu’un avec un grand désir. C’est ce que le poète écrit : « Oui, la bonté et la grâce m’accompagneront tous les jours de ma vie », car le roi David est l’âme collective de tout Israël. Par conséquent, il aspirait toujours ardemment, désirait ardemment et voulait ardemment une véritable adhésion à Lui.

 

Cependant il faut savoir dans notre âme, que le Créateur nous poursuit autant qu’on poursuit le Créateur. Il ne faut jamais l’oublier, Dieu nous en préserve, même quand la nostalgie est plus grande. En se souvenant qu’il manque au Créateur et qu’Il poursuit l’homme pour adhérer à lui aussi intensément qu’Il le désire, les forces de l’homme augmentent pendant qu’il avance, avec un grande envie et nostalgie, dans un accouplement sans fin, la perfection complète de l’âme, jusqu’à être récompensé de la repentance par amour, ce qui signifie le retour du Vav au Hey, ce qui est l’union du Créateur à la Divinité.

 

Cependant, une âme sans compréhension ni connaissance de Son maître est en grand déclin après que la nostalgie eut augmenté dans une certaine mesure. Il en est ainsi parce qu’il lui semble que le Créateur ne l’aime plus, Dieu nous en préserve ! Malheur à cette honte et à cette disgrâce. Non seulement ne parvenons-nous pas à combler notre désir d’être rempli d’un amour éternel, mais nous sommes même comme « le détracteur qui se sépare du champion », Dieu nous en préserve, puisqu’il nous semble que c’est seulement nous qui voulons et désirons ardemment le Créateur. Nous ne croyons pas ce que disent nos sages, à savoir qu’exactement dans la même mesure, le Créateur Lui aussi nous désire et nous veut.

 

Que devons-nous faire pour aider ceux dont le cœur n’a pas accepté la foi en les sages? « De ma chair je verrai Dieu », Je vous ai déjà prouvé à plusieurs reprises que les comportements de ce monde sont des Otiot [lettres] que l’homme doit copier à leur vraie place dans la spiritualité, car la spiritualité n’a pas de lettres.

 

Cependant, à cause de la brisure des récipients, toutes les lettres se sont détachées en raison des conduites corporelles et des personnes. Quand l’homme se complète et parvient à la racine de son âme, il doit les recueillir de lui-même, une par une, et les ramener à leur racine, à la sainteté. C’est le sens de « se juger soi-même et le monde entier favorablement. »

 

La question de l’union du Créateur et de la Divinité que l’on provoque en atteignant la bonne mesure de désir ardent et d’aspiration, ressemble exactement à l’accouplement des inférieurs, qui s’appliquent à la naissance d’un corps matériel. Elle s’étend aussi nécessairement de cause à effet, c’est-à-dire par le durcissement, qui est une certaine mesure d’envie et de nostalgie, appelée dureté dans la langue matérielle. Ensuite, sa semence sera aussi bénie, car elle atteint comme une flèche Néfesh [âme], Shana [année] et Olam [monde]. C’est le sens de « comment la repentance existe-t-elle? » « Au même endroit, au même moment, et avec la même femme », puisque le Hey inférieur se compose de Néfesh, de Shana et d’Olam.

 

Néfesh est la mesure d’envie ardente et de nostalgie. Shana est le temps des préliminaires, car le rapport sexuel complet porte une mesure complète pour restaurer la gloire passée, c’est-à-dire comme lorsque tous deux adhéraient à leur racine avant d’être séparés dans le monde corporel. Cependant, on ne peut être prêt pour ce sublime accouplement, appelé l’union sexuelle complète, en une fois, mais plutôt « oui, la bonté et la grâce m’accompagneront ».

 

C’est pourquoi il y a des préliminaires qui sont le début du rapport sexuel, c’est le sens de « il est juste mais il se sent mal », car le Créateur ne veut pas de son adhésion, et il ne goûte donc pas à l’amour par nostalgie ni désir qui auraient besoin « de la même chose » et « du même lieu ». Ainsi, on se trouve dans un état de souffrance, qui est Néga [affliction] ; qui s’adoucira en Oneg [délice].

 

Néanmoins, « Le temps fera ce que l’esprit ne fait pas ». Le Créateur compte tous les préliminaires et les recueille dans une mesure complète, qui est la mesure de dureté pour le jour prévu. C’est ce que le poète veut dire par « Réveille-toi et sonne pour couper à tout cri ». Le « son », c’est l’orgasme, comme on dit: « coincé avec la femme de son frère », [son et coincé s’écrivent avec les même lettres en hébreu] qui est l’accouplement du Créateur avec la Divinité de haut en bas, avant que l’âme ne se revête de l’incarnation de ce monde.

 

Après cela, quand une personne se prépare à retourner à sa racine, elle ne fera pas un accouplement complet en une fois, mais réalisera des préliminaires, qui sont le degré de Néfesh, au moyen de cycles, pourchassant la Divinité de toutes ses forces, en frémissant et transpirant, jusqu’à ce qu’elle encercle cette extrémité toute la journée et toute la nuit, incessamment, comme cela est écrit dans les livres, c’est-à-dire par cycles.

 

Tant que son âme n’est pas parfaite aux degrés de Néfesh, l’homme s’approchera toujours plus près, et ainsi sa nostalgie et sa tristesse augmenteront. Il en est ainsi parce qu’une puissante passion insatisfaite laisse derrière elle une grande tristesse, selon l’ampleur de la passion.

 

C’est le sens de « sonnerie » [du Shofar, la corne de bélier]. Le poète nous enseigne et dit: « Éveillez », ce qui signifie que nous provoquons les préliminaires chez la Divinité. Le « son », c’est parce que nous provoquons une grande tristesse, comme nulle d’autre, ce qui est le sens de « il gémissait et gémissait », car « Que dit la Divinité quand l’homme regrette, etc. » Pourquoi fais-tu cela ? C’est pour « couper court à tout cri. »

 

Cela veut dire: « La justice du juste ne le sauvera pas le jour de son crime ». Pour celui qui connaît tous les mystères, la mesure du désir dans son cœur est connue pour se rapprocher du Créateur, et elle peut encore être interrompue ; Espérons que non ! Ainsi, le Créateur augmente Ses préliminaires, c’est-à-dire le début des relations sexuelles, car si l’homme écoute Sa voix, comme dans « le Seigneur est ton ombre », il ne tombe pas ni ne chute à cause de la souffrance croissante des préliminaires. Il en est ainsi parce qu’il voit et entend que la Divinité souffre aussi comme lui à cause d’une envie grandissante. Ainsi, les envies d’une personne s’intensifient de plus en plus à chaque fois, jusqu’à ce que son point dans le cœur atteigne un désir complet, un nœud solide qui ne casse pas.

 

Rabbi Shimon Bar-Yohaï a dit dans l’Idra: « je suis à mon bien-aimé et sur moi est Son désir. Tous les jours, où j’étais lié à ce monde, je l’étais par un nœud relié au Créateur, et de ce fait, maintenant Son désir est sur moi, etc. » Cela signifie « jusqu’à ce que celui qui connaît tous les mystères témoigne qu’il ne retournera plus à sa bêtise ». C’est ainsi qu’il est récompensé de ramener le Hey au Vav pour l’éternité, ce qui signifie l’union sexuelle complète et la restauration de la gloire passée, qui est le sens de la « grande sonnerie  ».

 

Tout cela par la puissance et la vertu des sonneries, car elles ont coupé court à tout cri, et il ne reviendra pas à la bêtise. Alors il est récompensé de la conscience complète dans un accouplement sans fin, appelé « la connaissance ». De plus, il comprend que toutes les fois où il a eu des difficultés, ce n’était que « pour connaître ». C’est le sens de « au même moment », signifiant « connu de celui qui connaît les mystères », que ces périodes ont créé ce pouvoir en lui, de rester dans sa justice pour toujours.

 

« Au même endroit », c’est la restauration de la gloire passée, comme elle l’était avant sa diminution, comme vous l’avez entendu de moi à plusieurs reprises ; que le Créateur ne fait rien de nouveau à la réparation finale, comme le pensent les imbéciles. Mais c’est plutôt « Et vous mangerez une récolte passée », c’est-à-dire jusqu’à ce qu’il dise : « Je veux. »

 

« Avec la même femme » car « la grâce est trompeuse et la beauté est vaine; mais une femme qui craint le Seigneur, sera louée ». Cela signifie que, pendant la préparation, la beauté et la grâce apparaissent comme l’essence de la perfection que l’on veut et désire ardemment. Cependant, au moment de la correction, quand « la terre sera remplie de la connaissance du Seigneur », alors « je verrai un monde à l’envers », car seules la peur et la nostalgie sont l’essence de la perfection désirée. On sent alors que, pendant le temps de la préparation, on se mentait. C’est le sens de « un juste pour qui tout va bien », signifiant l’union sexuelle complète pour celui qui est récompensé de la grande sonnerie. C’est le juste complet.

 

Faites lire ces paroles à tous les amis, et je vous bénirai en écrivant et en signant dans les livres des justes.

 

Yéhouda Leib

 

J’ai de nombreux soucis, et je ne peux pas vous faire savoir combien vous me manquez, mais je suis très certain que la rédemption est proche. Ne me privez pas de vos lettres, au moins une lettre par semaine. Croyez-moi, alors que vous serez en train de m’écrire, vous obtiendrez immédiatement votre réponse.

 

Je n’ai pas de nouvelles de notre ami... n’a-t-il pas besoin de Le craindre? Ça aussi, il aurait dû me le dire. Ne rien entendre de lui ni de sa famille me manque.

 

Que tout se passe pour le mieux, et, si Dieu le veut, nous aurons l’opportunité de parler plus amplement de bonnes choses.

 

Yéhouda

 

 

Lettre n°58

1932 Jérusalem

 

 

Au saint rabbin dont la lumière brillera éternellement....

 

... La question était: Qu’est-ce que suggère « Haman de la Torah, d’où ça? », d’après le verset « As-tu mangé de l’arbre dont je t’ai ordonné de ne pas manger? » Il a dit que la question était : « Où trouvons-nous dans la Torah que le Créateur a fait venir un messager pour ramener une personne vers le bien contre sa volonté, comme ce fut le cas avec Haman? », comme il est écrit: « Je placerai sur vous un roi comme Haman, et vous reviendrez vers le bien contre votre gré. »

 

C’est ce que nos sages ont montré dans le verset : « As-tu mangé de l’arbre dont je t’ai ordonné », etc., car alors le mauvais penchant – l’ange de la mort – a été créé, forçant l’homme à s’engager dans la Torah, comme il est écrit : « J’ai créé le mauvais penchant, j’ai créé pour lui la Torah comme une épice. » Si l’homme ne s’engage pas dans la Torah, le mauvais penchant le mettra à mort.

 

Il s’avère que la révélation du péché de l’arbre de la connaissance qui fait mourir –expliqué dans les mots, « de l’arbre », etc. – est le messager qui oblige une personne à revenir vers le bien contre son gré. C’est comme : « Je placerai sur vous un roi comme Haman, et vous reviendrez vers le bien contre votre gré. »

 

S’il n’avait pas été pris au piège dans le filet du serpent et s’il n’avait pas attendu le shabbat et mangé de l’arbre de vie avant de manger de l’arbre de la connaissance, il aurait été récompensé du Tikoun [correction] du mauvais penchant, qui est une épice pour la Torah. Il n’aurait pas eu besoin d’un messager contraignant comme Haman, comme dans : « J’ai créé le mauvais penchant, j’ai créé pour lui la Torah comme une épice. » Au contraire, le mauvais penchant serait devenu une épice pour la Torah, et maintenant qu’il a péché, il a besoin d’un messager astreignant.

 

J’y ai ajouté, selon une source plus élevée, qu’il y a dans la sainteté du shabbat, que le mauvais penchant devenant une épice pour la Torah est le repas du vendredi soir. C’est ce qui est sous-entendu dans les cantiques du ARI. « Entrer par les portes du champ de pommes », comme dans « Voici la porte du Seigneur », et comme il est expliqué dans le reste de ces cantiques.

 

Le jour du shabbat, au repas du saint Atik, il est possible de recevoir de l’endroit le plus élevé, car ici la Torah n’a besoin d’aucune épice, c’est-à-dire selon « La Torah et le Créateur sont un », en montant dans le monde d’Atsilout, où il est dit : « Tu ne prends pas plaisir au mal ». Il s’avère donc que si Adam HaRishon avait attendu le shabbat pour son Zivoug [accouplement], il aurait été récompensé du merveilleux degré ; « La Torah et le Créateur sont un », car à l’époque d’Adam HaRishon, les mondes étaient très élevés, comme le dit l’article de Rashbi, Kedoshim [saints].

 

En effet, même après le péché, il aurait pu s’élever jusqu’ à Atsilout, par l’ascension du shabbat, et non en descendre. C’est le sens de « De peur qu’il n’étende sa main et ne prenne de l’arbre de vie, qu’il mange et vive éternellement. » C’était sous la forme de « La Torah et le Créateur sont un ». Mais le Créateur l’a chassé de là, comme il est écrit: « Et Il a chassé Adam. » Nous devrions nous demander : « En quoi cela intéresse le Créateur s’il mange de l’arbre de vie et vive éternellement? »

 

La réponse est que toute la merveilleuse Kedousha [sainteté] de « la Torah et le Créateur sont un » qui a été révélée le jour du shabbat, n’est qu’un emprunt. Le shabbat est un éveil d’en haut, sans éveil d’en bas. Cependant la Torah n’est complétée que par un éveil d’en bas, en observant la Torah et les Mitsvot. Nous devrions donc nous demander pourquoi il a été récompensé de la complétude du Créateur si la Torah était encore incomplète ?

 

C’est ce que nos sages ont répondu au sujet de ce que le Créateur a dit : « Ils M’ont emprunté et Je collecte. » C’est-à-dire, « Je peux leur prêter l’intégralité de la Torah jusqu’à ce qu’elle soit complète, jusqu’à ce qu’elle soit suffisante pour que ‘ La Torah et le Créateur soient un’ parce que ‘Je collecte’ ». Cela signifie que, je n’ai pas du tout peur de « Prêter au méchant et qu’il ne paie pas », car Je peux placer sur vous un roi comme Haman, et vous reviendrez vers le bien contre votre gré et observerez la Torah par amour.

 

« Tout ce qui est destiné à être perçu est considéré collecté. » C’est pourquoi, Je vous prête le jour du shabbat, selon ce qui est écrit: « et un juste pardonne et donne. » C’est pourquoi le Créateur ne voulait pas qu’il « tende la main et prenne de l’arbre de vie », car alors Adam HaRishon n’aurait pas payé ni révélé la Torah comme un éveil d’en bas, et elle serait restée un prêt.

 

Cela l’aurait rendue sans fondement, parce qu’une Torah incomplète ne mérite pas d’être « La Torah et le Créateur sont un ». Cependant, le Créateur considère le prêt comme s’il avait déjà été remboursé, puisqu’Il peut le contraindre, et « tout ce qui est destiné à être perçu est considéré collecté ». C’est pourquoi, Il l’a vraiment forcé : « Et Il chassa Adam », pour rembourser le prêt.

 

En vérité, l’expulsion vient aussi d’avoir mangé de l’arbre de la connaissance, et c’est le sens de ce que nos sages ont dit à propos du verset : « La diffamation est terrible pour les gens. » Le péché de l’arbre de la connaissance est venu à lui par diffamation. Avec ce qui précède, nous comprenons que c’est pour le forcer à payer son emprunt.

 

Par ces mots, nous comprenons aussi ses saintes paroles quand il a suggéré qu’Haman vient de la Torah, puisque l’arbre de la connaissance est « Je placerai sur vous un roi comme Haman, etc. » Tout comme Haman a voulu détruire, tuer et anéantir tous les Juifs, toutes les femmes et tous les enfants en un seul jour, de même l’arbre de la connaissance, « le jour où tu en mangeras, tu mourras sûrement. »

 

Tout comme Il les a forcés à se repentir par amour par peur de la mort en raison du décret d’Haman, de même la révélation du péché de l’arbre de la connaissance, expliquée dans le verset : « As-tu mangé de l’arbre dont je t’ai ordonné... », etc.

 

Il forcera l’homme à se repentir par amour, comme « j’ai créé le mauvais penchant et j’ai créé la Torah comme une épice ». Il en est ainsi parce que s’il ne s’engage pas dans la Torah, il mourra rapidement à cause du serpent.

 

Que le Créateur nous aide à payer ce que nous avons emprunté, pour obtenir la rédemption complète.

 

 

Lettre n°57

 

 1932, Jérusalem

 

 

A l’étudiant célèbre et pieux... que sa bougie brûle.

 

J’ai reçu ta lettre, et au lieu d’être désolé de ce qui ne manque pas, tu devrais te préoccuper de ce qui manque. C’est la règle: Tout ce qui dépend du Créateur existe en grande abondance, mais les récipients de réception ne peuvent être impressionnés que par les inférieurs, puisque c’est leur effort dans la Kedousha et la pureté qu’Il veut et qu’Il attend. Il se soucie de cela, comment faire plus d’efforts. Celui qui ajoute à cela et s’inquiète inutilement ne fait que soustraire. Non seulement c’est inutile, mais c’est aussi néfaste.

 

En ce qui concerne la question de l’ami que tu poses, je n’ai pas d’objection pour le moment, et « Quiconque est prudent agit en connaissance de cause. » En ce qui concerne les autres questions auxquelles tu souhaites obtenir des réponses, j’en donnerai une pour toutes.

 

Il n’y a pas de situation plus heureuse au monde pour l’homme que lorsqu’il est désespéré de ses propres forces. Autrement dit, il a déjà fait des efforts et tout ce qu’il pouvait imaginer, mais n’a pas trouvé de remède. C’est alors qu’il mérite de prier de tout son cœur pour recevoir Son aide parce qu’il sait avec certitude que son propre travail ne l’aidera pas.

 

Tant qu’il sentira qu’il a une force de travail, sa prière ne sera pas parfaite parce que le mauvais penchant le devance et lui dit: « D’abord, tu dois faire ce que tu peux, et ensuite tu seras digne du Créateur. »

 

Il a été dit: « Le Seigneur est haut et Il verra celui qui est humble. » Après qu’une personne a travaillé dans toutes sortes de travaux, et se désespère, elle arrive à la véritable bassesse, sachant qu’elle est la plus basse de tous les êtres humains, et qu’il n’y a rien de bon dans son corps. À ce moment-là, sa prière est parfaite et elle est exaucée par Sa main généreuse.

 

Le verset dit à ce sujet : « Les enfants d’Israël gémissaient à cause du travail... et leur appel est monté. » C’est parce qu’à ce moment-là, tout Israël avait atteint le désespoir « à cause du travail. » C’est comme celui qui pompe dans un seau percé. Il pompe toute la journée mais n’a pas une goutte d’eau pour étancher sa soif. Il en était de même pour les enfants d’Israël en Égypte : tout ce qu’ils bâtissaient était aussitôt englouti dans le sol, comme nos sages l’ont dit.

 

De même, celui qui n’a pas été récompensé de Son amour, tout ce qu’il a fait dans son travail de purification de l’âme la veille se retrouve entièrement brûlé le lendemain. Et chaque jour et chaque instant, il doit recommencer comme s’il n’avait rien fait de sa journée.

 

Alors, « Les enfants d’Israël gémissaient à cause du travail », car ils ont vu qu’ils ne seraient jamais capables de produire quoi que ce soit par leur propre travail. C’est pourquoi leur gémissement et leur prière étaient entiers, comme ils devraient l’être, et c’est pourquoi « leur appel est monté », puisque le Créateur entend la prière, et n’attend qu’une prière entière.

 

Il s’avère de ce qui précède que tout, petit ou grand, n’est obtenu que par la prière. Tous nos efforts et notre travail que nous devons faire ne font que révéler la faiblesse de nos forces et notre bassesse - que nous ne sommes capables de rien par nous-mêmes - pour que nous puissions alors déverser devant Lui une prière entière.

 

Nous pourrions nous demander : « S’il en est ainsi, je décide à l’avance que je ne mérite rien, et pourquoi faire tout le travail et l’effort? » Cependant, c’est une loi naturelle « c’est en forgeant qu’on devient forgeron », et avant qu’une personne n’essaie de faire effectivement tout ce qu’elle peut, elle est totalement incapable d’arriver à la vraie bassesse, dans sa vraie mesure, comme nous l’avons mentionné ci-dessus.

 

C’est pourquoi nous devons travailler beaucoup dans la Kedousha [sainteté] et la pureté, comme il est écrit, « Tout ce que ta main trouve la force de faire, fais-le », et comprend ceci parce que c’est vrai et profond.

 

Je ne t’ai pas révélé cette vérité pour que tu baisses les bras ou que tu désespères, Dieu nous en préserve, de la miséricorde. Et même si tu ne vois rien, c’est parce même quand la mesure du travail est terminée, c’est le temps de la prière. Mais jusque-là, crois en nos sages: « Je n’ai pas fait d’effort et j’ai trouvé, n’y crois pas. »

 

Quand la mesure sera complète, ta prière sera entière, et le Créateur t’exaucera généreusement, comme nos sages nous l’ont dit: « J’ai fait des efforts et j’ai trouvé, crois-le », car l’homme est incapable de prier avant cela, et le Créateur entend une prière.

 

Yéhouda Leib



 

Lettre n° 17

1926

Cher…

 

... Avec tout ceci, je t’écris à propos du pilier du milieu dans le travail du Créateur, afin que ce soit toujours ton objectif entre la droite et la gauche. C’est parce qu’il y a celui qui marche, qui est pire que celui qui reste assis sans rien faire. C’est lui qui dévie de la route, car le chemin de la vérité est une ligne très mince sur laquelle l’homme marche jusqu’à ce qu’il arrive au palais du roi.

 

Celui qui commence à emprunter la ligne doit faire très attention à ne pas en dévier à droite ou à gauche, ne serait-ce que d’un millimètre, parce que si au début l’écart est minuscule, même s’il continue vraiment tout droit, en aucun cas, il n’arrivera au palais du roi, car il ne marche pas sur la vraie ligne, comme il se doit, et c’est un exemple véridique.

 

Je vais t’expliquer le sens du pilier du milieu, qui signifie « La Torah, le Créateur, et Israël sont un ». Le but de l’âme quand elle s’incarne dans un corps est de retourner à sa racine et d’adhérer à Lui alors qu’elle est encore vêtue du corps, comme il est écrit : « Aimez le Seigneur votre Dieu, marchez dans toutes Ses voies, observez Ses commandements, et adhérez à Lui ». Tu vois que le sujet finit avec « adhérez à Lui », c’est-à-dire comme avant s’être revêtue d’un corps.

 

Cependant, une grande préparation est nécessaire -- c’est-à-dire qu’il faut marcher sur toutes Ses voies. Et qui connaît les voies du Créateur? Cependant, c’est le sens de la « Torah, qui a 613 voies » : Celui qui les emprunte sera finalement purifié jusqu’à ce que son corps ne soit plus un mur d’acier entre lui et son Créateur, comme il est écrit : « Et j’enlèverai le cœur de pierre de votre chair », alors il adhérera à son Créateur vraiment comme il était avant le revêtement de l’âme dans le corps.

 

Il s’avère qu’il y a trois aspects : 1. Israël, est celui qui s’efforce de retourner à sa racine ; 2. Le Créateur, qui est la racine à laquelle il aspire ardemment ; 3. Les 613 voies de la Torah, par lesquelles il purifie son âme et son corps. C’est l’épice, comme il est écrit : « J’ai créé le mauvais penchant, j’ai créé pour lui la Torah comme une épice. »

 

Cependant, en vérité, ces trois-là ne sont qu’un. En fin de compte, tout serviteur du Créateur les atteint comme un, seul et unique. Ils semblent être divisés en trois parce que l’homme n’a pas terminé le travail du Créateur.

 

Je vais te l’expliquer : tu verras un peu, mais pas tout, sauf quand Il te délivrera. Nous savons que l’âme est une partie de Dieu en haut. Avant de venir dans un corps, elle était collée, comme une branche à la racine. Nous voyons au début de l’Arbre de Vie, qu’Il avait créé les mondes parce qu’Il voulait dévoiler Ses Noms : « Miséricordieux » et « Clément », etc. S’il n’y avait pas de créatures, de qui aurions-nous eu pitié, etc.? Ces paroles sont en effet très profondes.

 

Néanmoins, autant que ma plume le permette « Toute la Torah n’est que les noms du Créateur », comme ont dit les sages et que l’atteinte signifie que « tout ce que nous n’atteignons pas, nous ne le nommons pas. »

 

Il est écrit dans les livres que tous ces noms sont la récompense des âmes, obligées de venir dans un corps, car c’est précisément par le corps qu’elles peuvent atteindre les noms du Créateur. Son niveau est en fonction de son atteinte.

 

Il y a une règle fixe : La vie de toute chose spirituelle dépend de sa connaissance. Un animal terrestre se ressent parce qu’il est doté d’intelligence et de matière.

 

Il s’avère qu’une sensation spirituelle est une certaine connaissance, et son niveau spirituel est mesuré par l’importance de la connaissance, comme il est écrit : « un homme est loué selon son intelligence », mais l’animal sait, mais ne sent pas du tout. Réfléchissez bien à cela.

 

Comprends la récompense des âmes : Avant qu’une âme vienne dans le corps, elle n’est qu’un minuscule point, même si elle est attachée à la racine comme une branche à un arbre. Ce point est appelé la racine de l’âme et de son monde. Si elle n’était venue en ce monde dans un corps, elle n’aurait eu que son propre monde, c’est-à-dire sa propre part dans la racine.

 

Cependant, plus elle est récompensée de marcher sur tous les chemins du Créateur, qui sont les 613 voies de la Torah qui redeviennent vraiment les noms du Créateur, plus son niveau grandit, selon ces noms qu’elle a atteints. C’est le sens de « le Créateur donnera à chaque juste 310 mondes. »

 

Interprétation : L’âme se compose de deux justes : le Juste Supérieur, et le Juste inférieur, car le corps est divisé du Tabour (nombril) vers le haut et du Tabour vers le bas. Elle est ainsi récompensée de la Torah écrite et de la Torah orale, qui sont deux fois 310, soit 620 en gématrie. Ce sont le 613 Mitsvot [commandements] de la Torah et les sept Mitsvot de Rabanan (des grands rabbins).

 

Il est écrit dans l’Arbre de Vie que « les mondes n’ont été créés que pour révéler les noms du Créateur ». Ainsi, vous voyez que puisque l’âme est descendue pour se revêtir dans cette substance sale, elle ne pouvait plus revenir ni se rattacher à sa racine, à son propre monde, comme elle était à sa racine avant qu’elle ne vienne en ce monde. Au contraire, elle doit augmenter son niveau 620 fois plus que ce qu’elle était auparavant dans la racine. C’est le sens de toute la perfection, de toutes les NRNHY jusqu’à Yékhida, et donc Yékhida s’appelle Kéter, qui suggère le chiffre 620.

 

Ainsi, tu vois que la signification des 620 noms, soit les 613 Mitsvot de la Torah et les sept Mitsvot de Rabanan, sont en fait les cinq Béhinot [discernements/aspects] de l’âme, ce qui signifie NRNHY. C’est parce que les récipients de NRNHY viennent des 620 dites Mitsvot, et les lumières de NRNHY sont la lumière même de la Torah dans chaque Mitsva. Il s’avère que la Torah et l’âme ne font qu’un.

 

Cependant, le Créateur est la lumière d’Ein Sof, revêtue de la lumière de la Torah, qui est dans les 620 Mitsvot ci-dessus. Comprend bien cela, car c’est là le sens des mots des sages : « toute la Torah est les noms du Créateur », c’est-à-dire que le Créateur est le tout, et que les 620 noms sont des éléments et des parties. Ces éléments suivent les degrés et les étapes de l’âme qui n’acquiert pas sa lumière en une fois, mais progressivement, l’une après l’autre.

 

De tout ce qui précède, tu vois que l’âme est destinée à acquérir les 620 Noms sacrés, tout son niveau, soit 620 plus qu’avant sa venue. Son niveau apparaît dans les 620 Mitsvot où la lumière de la Torah est revêtue, et le Créateur dans la lumière générale de la Torah. Tu comprends donc que « la Torah, le Créateur et Israël » ne sont qu’un.

 

Lis attentivement ces mots, car ils n’exigent qu’une simple explication. C’est à propos de cela qu’ils ont dit : « Je n’expliquerai pas ce qui est littéral », et sois heureux si tu comprends ce qui est sous tes yeux.

 

Revenons à notre sujet, qu’avant la complétude du travail du Créateur, la Torah, le Créateur et Israël apparaissent comme trois discernements. Parfois, on veut compléter son âme et la ramener à sa racine, qui est considérée comme Israël. Parfois, on veut comprendre les voies du Créateur et les secrets de la Torah, « car celui qui ne connaît pas les commandements de Son maître, comment le servira-t-Il ? » C’est la Torah.

 

Parfois, on désire atteindre le Créateur, c’est-à-dire adhérer à Lui avec une parfaite connaissance. On aspire essentiellement qu’à cela mais on ne regrette pas de ne pas atteindre les secrets de la Torah ni de ramener son âme à sa racine, comme elle l’était avant de se revêtir dans un corps.

 

C’est pourquoi celui qui marche sur le vrai chemin de préparation au service du Créateur doit toujours se demander s’il aspire aux trois discernements ci-dessus de la même façon, car la fin de l’acte est égale à son commencement. Si on désire l’un d’entre eux plus que le second ou le troisième, alors on dévie du chemin de la vérité, et comprends-moi bien.

 

Ainsi, tu ferais mieux de t’accrocher au but de désirer ardemment le commandement du Maître car « Celui qui ne connaît pas les voies de Son maître et les commandements de son maître, qui sont les secrets de la Torah, comment le servira-t-il ? » Des trois, c’est lui qui garantit le mieux la ligne médiane.

 

C’est le sens de « Faites-moi une ouverture de repentance de la taille du chas d’une aiguille, et Je vous ouvrirai des portes pour que des charrettes et des wagons y entrent ». Cela signifie que la porte n’est pas pour entrer et sortir, mais pour insérer le fil pour coudre et travailler.

 

De même, ne désire que le commandement du Maitre, de travailler, et alors Je vous ouvrirai une porte telle une porte d’entrée d’une grande salle. C’est la signification du Nom explicite dans le verset « mais [écrit comme grande salle en hébreu] je suis vivant, et la gloire du Seigneur remplira toute la terre. »

 

 

Lettre n°10

1925, Varsovie (Pologne)

 

Aux étudiants du séminaire, que le Seigneur soit avec eux :

 

... Je regrette terriblement la dispersion des organes, que des circonstances extérieures ont empêchés de se joindre à vous. Que le Créateur leur donne la force pour qu’ils puissent se joindre à nous, et le Créateur sera avec eux.

 

Je comprends que vous ne vous engagez pas tellement dans l’union de l’esprit et du cœur comme je le voudrais. Cependant, faites ce que vous pouvez et le salut du Seigneur arrive en un clin d’œil. La chose la plus importante pour vous aujourd’hui est l’unité des amis. Exercez-vous en cela de plus en plus, car elle peut compenser tous les défauts.

 

Il est dit : « Un étudiant exilé, son Rav [professeur] est exilé avec lui ». Cela a déconcerté nos sages, car comment se peut-il que des accusations existent dans la Torah et le travail de l’étudiant au point de l’expulser du domaine du Créateur, surtout une fois qu’il s’est attaché à un vrai professeur ? Ils ont expliqué que lorsque l’étudiant descend, il lui semble que son professeur descende aussi avec lui. Et puisque c’est le cas, il en est vraiment ainsi, ce qui signifie qu’il ne peut apprécier son Rav que tel que son cœur le suppose. Par conséquent, tout ce qu’il a, c’est un Rav méprisé et inférieur, selon son appréciation. Ainsi, son Rav est exilé avec lui.

 

L’exil et l’esclavage en Égypte commencent par ces mots : « Et un nouveau roi se leva en Égypte, qui ne connaissait pas Joseph ». C’est-à-dire qu’une nouvelle domination est apparue dans l’esprit de tous et chacun, une nouvelle domination en eux, puisqu’ils sont tombés de leur degré précédent. Nous avons dit que « un étudiant exilé, son Rav [professeur] est exilé avec lui », au point, qu’ils ne connaissaient pas Joseph. En d’autres termes, ils l’ont atteint d’après ce qu’ils ont supposé dans leur cœur.

 

Par conséquent, ils ont dépeint l’image de Joseph tel qu’ils étaient eux-mêmes. C’est pourquoi, « ils ne connaissaient pas Joseph » et l’esclavage a commencé. Sinon, les justes les auraient certainement protégé et ils ne se seraient pas du tout dépeint l’exil et l’esclavage.

 

Leur asservissement à « Homère [mortier/matière] et Levenim »  [briques, ainsi que blanc] est expliqué : le mortier est l’infraction du Hamor [âne] par lequel on est condamné pour la pensée. Les briques [blanc] sont la repentance, lorsqu’ils ont été récompensés des clémences supérieures et qu’ils ont obtenu temporairement la lumière supérieure de la foi des patriarches, et ont été blanchis de leurs infractions. Mais pas pour toujours, et ils se sont réincarnés et sont venus à tous les travaux du champ, c’est-à-dire continuer le dur labeur qui s’applique à tout le reste des Mitsvot [commandements].

 

Nos sages ont dit : « Les intermédiaires, les deux sont jugés. » C’est pourquoi cette Klipa [écorce] est appelée Pharaon, avec les lettres Pé-Hey Reish-Ayin formant les mots Pé Ra [mauvaise bouche]. C’est-à-dire que Malkhout dans Mochin est appelée [bouche], ce qui signifie que c’est une sentence et un consentement à ne pas briser Sa parole, et tout ce qui sort de Sa bouche sera fait.

 

Lors de l’exil d’Egypte, la domination était celle de la « mauvaise bouche » susmentionnée, et ils sont retournés vers le mal. Ainsi, bien qu’ils aient été récompensés d’une illumination supérieure des neuf premières, elle ne pouvait pas être absorbée dans le Gouf [corps] à cause de la « mauvaise bouche », le contraire de « Pé de Kedousha [sainteté] ». C’est-à-dire que la nuque bloquait l’abondance qui descend de Rosh [tête] et tétait et aspirait toute l’abondance qui commençait à descendre pour Israël. C’est le sens « d’aucun esclave n’a pu s’échapper d’Egypte », parce que Pharaon a mis un grand sortilège aux portes d’Egypte, comme nos sages l’ont dit.

 

C’est ainsi que nous comprenons le verset : « Et Je sais que le roi d’Égypte ne vous laissera pas partir si ce n’est par une main puissante ». Par l’intermédiaire de Moïse, Son serviteur, le Créateur a annoncé qu’aucune main puissante ni forces dans le monde n’aiderait cette mauvaise Klipa, parce qu’elle ne se soumet qu’au Créateur. C’est la signification de « Moi et non un messager », et de « Et J’étendrai Ma main, et frapperai l’Egypte .... Et Je ferai trouver grâce à ce peuple aux yeux des Égyptiens... ».

 

Nous allons maintenant interpréter l’annonce de la rédemption et de la mission de Moïse. Il est écrit : « Moïse répondit et dit: ‘Mais ils ne me croiront pas’... car ils diront: ‘Le Seigneur ne t’est pas apparu’ ».

 

Interprétation : Parce que la bouche de Kedousha était en exil, comme dans « car j’ai la bouche lourde et la langue lourde ». C’est pourquoi Moïse, le fidèle berger, répond au Créateur: « Mais ils ne me croiront pas ». Même si j’attache Israël à moi et que je fais descendre quelque don à eux, la Klipa de Pharaon l’aspire et le leur vole. Et bien qu’ils soient attachés à moi, ils ne m’écouteront toujours pas. C’est-à-dire que, tant que la Klipa de Pharaon domine, et qu’une bouche et une parole sont en exil, s’ils avaient néanmoins cru en le fidèle berger comme il le fallait, les enfants d’Israël auraient pu écouter la voix de Moïse, qui est au-dessus de la bouche et de la parole. S’ils s’étaient fortifiés en cela, ils auraient certainement été sauvés de la Klipa de Pharaon.

 

C’est ce dont Moïse, le fidèle berger, s’est plaint au Créateur : « Ils diront: Le Seigneur ne t’est pas apparu », comme expliqué ci-dessus, « Et un nouveau roi s’est levé en Egypte, qui ne connaissait pas Joseph ».

 

Lors de leur descente dans la « matière » [également mortier], ils nieront aussi la grandeur de Moïse, le fidèle berger, alors comment Moïse aurait-il pu les racheter de cette maléfique et puissante Klipa ?

 

C’est pourquoi le Créateur a remis à Moïse trois signes à montrer aux enfants d’Israël, et lui a enseigné à arranger ces signes devant eux, l’un après l’autre. Le Créateur lui a également promis qu’Il l’aiderait du ciel, afin qu’il puisse les leur montrer, et après que les enfants d’Israël auront accepté ces signes de sa part, ils viendront écouter la voix de Moïse, et alors il pourra les sauver de cet amer exil.

 

Je vais maintenant expliquer les trois signes. Le premier signe est la transformation du sceptre en serpent, et du serpent en sceptre. Le deuxième signe est quand il ne sort pas sa main de sa poitrine, elle est aussi lépreuse [blanche] que la neige. Et quand il sort sa main de sa poitrine, elle redevient comme sa chair. Le troisième signe est qu’en jetant l’eau du Nil au sol, elle serait du sang.

 

Maintenant, je vais interpréter comment Il les a montrés à Israël. Dans la main du rédempteur se trouvait un « sceptre », qui est le fidèle berger. Il tient le sceptre pour « diriger » le blanc d’Israël vers leur père qui est aux cieux. « S’il le jette à terre », cela signifie que les enfants d’Israël prennent Son sceptre pour faire comme bon leur semble (Artsa [au sol/ à terre] est comme Ratson [désir]). « Et c’était un serpent » signifie que leur péché leur paraissait comme des animaux.

 

Avant qu’ils ne s’approchent de Son sceptre, leur péché était au niveau « minéral ». Après s’être dirigé vers Son sceptre, il est devenu un vrai serpent jusqu’à ce que « Et Moïse s’enfuit » (selon ce qu’Israël mesuraient en eux, comme dans « Qui ne connaissait pas Joseph »).

 

Par la suite, quand Moïse est venu les sauver de la morsure du serpent, il a saisi le serpent par la queue, et non par la tête, parce que lorsqu’un faux rédempteur vient sauver Israël, il saisit le serpent par la tête, pour la lui briser, comme le pratiquent tous ceux qui attrapent les serpents.

 

Cependant un vrai rédempteur l’attrape précisément par la queue (d’après le sens « du serpent incline sa tête et frappe avec sa queue », que je vous ai déjà interprété). « Et il avait un sceptre dans sa main », car alors il agit vraiment dans leur cœur pour les diriger vers l’échelle du mérite. Et une fois que les enfants d’Israël acceptent ce signe, le Créateur lui donne la permission et la procuration de leur montrer le second signe.

 

Je vous ai déjà interprété les paroles des sages : « Je le sacrifierai à Son désir », comment cela ? On le force jusqu’à ce qu’il dise : « Je le veux. » Il en est ainsi parce qu’en jugeant la pensée, la saleté du serpent sera corrigée par l’holocauste qui expie la pensée.

 

Et pourtant, faire un sacrifice devrait se faire avec amour et crainte, et celui qui a besoin d’un sacrifice peut faire des efforts par peur, mais pas par amour. Si tel est le cas, le sacrifice est également invalide car il manque l’amour. Nos sages expliquent « on le force », c’est-à-dire le Créateur comme dans « Mes fils m’ont vaincu », car le Zivoug de celui qui sert par crainte est appelé « une contrainte ». « Jusqu’à ce qu’il dise » signifie le Créateur. Enfin, le Créateur lui révèlera Son désir et lui dira « Je Le veux » c’est-à-dire ce travail [service], et il est évident qu’il n’y avait pas de contrainte, mais un vrai Zivoug par amour et amitié.

 

C’est le sens de « Elle ouvre sa bouche avec sagesse, et l’enseignement de la miséricorde est sur sa langue ». Par l’ouverture de la bouche, Hokhma supérieure apparaît parce qu’à ce moment, quand la Klipa de la « mauvaise bouche » se sépare de Kedousha, la « bouche de Kedousha » sort. C’est le sens d’ouvrir la bouche, et il n’y a plus de mauvaises choses pour briser Sa parole parce que « Celui qui connaît les mystères témoignera qu’il ne reviendra pas à sa stupidité ». Immédiatement, il est récompensé de Hokhma supérieure parce que l’apparition de la loi et du jugement viennent toujours ensemble. C’est le sens de « Elle ouvre sa bouche avec sagesse ».

 

Après être parvenu à la révélation de Hokhma, dont il n’a été récompensé que par ses efforts précédents dans ses Zivougim [accouplements], par contrainte, il s’avère que s’il n’y avait pas eu la langue de Noukva, en qui il y a le mérite [Segoula : mérite/remède] de l’effort, il n’aurait pas été récompensé de quoi que ce soit. D’une façon ou d’une autre, il s’avère qu’au départ, même les Zivougim forcés étaient vraiment des Zivougim d’amour et d’étreinte. C’est le sens de « et l’enseignement de la miséricorde est sur sa langue », précisément « sur sa langue », et non sur la langue d’autrui.

 

Revenons à notre sujet relatif au premier signe, Moïse le saisissant par la queue [le serpent], il s’est transformé en un sceptre dans sa main. C’est le sens de « la repentance par crainte », comme dans « Elle ouvre sa bouche avec sagesse », qu’à partir du moment où il est un sceptre - et que la Klipa est envoyée et ne revient pas -, commence la racine de la révélation de Hokhma supérieure.

 

La signification du second signe est la racine pour la repentance par amour. Quand il a mis sa main sur sa poitrine, dans une foi supérieure, l’enseignement de la miséricorde apparaît sur sa langue, et non sur celle d’un autre.

 

Lisez bien les mots parce qu’il doit effectivement retirer sa main de sa poitrine, car « poitrine » signifie « moi, et tu n’auras pas ». Retirer la main veut dire l’expansion de la connaissance [Daat]. Si, - quand il sort une main pour l’expansion des saveurs de la Torah et des secrets de la Torah - il se souvient bien de sa racine, pour ne pas changer sa saveur, et il sait pertinemment qu’il sort sa main de sa poitrine.

 

Il s’avère que la loi et le jugement sont liés l’un à l’autre comme deux amis qui ne se séparent pas. À ce moment-là, l’abondance s’écoule à lui comme il se doit.

 

Par cela vous comprendrez le sens de « Et il a mis sa main sur sa poitrine », qui est l’acceptation de la loi, « et l’a retirée », qu’il est venu étendre l’expansion de Daat [connaissance] sans se renforcer pour adhérer aussi à la racine, qui est la poitrine. Alors « Voici, sa main était aussi lépreuse [blanche] que la neige ». Cela est traduit par Jonathan Ben Ouziel comme « Ses mains étaient fermées », ce qui signifie que les portes de l’abondance s’étaient fermées, et qu’il n’y avait pas de correction, sauf en se renforçant une deuxième fois. « Et il remit sa main sur sa poitrine », acceptant la loi, et alors, « quand il l’enleva de sa poitrine, elle redevint comme sa chair ». C’est-à-dire que la loi s’accompagne et se relie au retrait de la main, et que la loi et le jugement sont liés. À ce moment-là, le flux de la vie et de l’abondance revient à sa place.

 

C’est le sens de « Et s’ils ne croient pas... la voix du premier signe », il n’enlèvera pas sa main de sa poitrine. « Et ils croiront la voix du dernier signe, car il verra qu’en retirant sa main de sa poitrine, elle a retrouvé la santé ».

 

Le troisième signe est un sujet profond. Le Nil est le dieu de l’Égypte, et Pharaon est le dieu du Nil, il a dit : « Mon Nil est à moi, et je l’ai fait ». Nous avons déjà dit que Pharaon a dérobé pour lui-même toute l’abondance qui est descendue de Rosh pour Israël.

 

Cependant, il a donné à Israël un extrait de l’abondance qu’il a volé, et l’extrait donné par Pharaon est appelé « Nil ». C’est lui qui abreuve tous les habitants d’Egypte. On l’appelle le « pain de la paresse », car il ne nécessite pas d’effort. C’est pourquoi on craignait que les enfants d’Israël ne soient endommagés après la rédemption de l’Égypte par le pain des puissants, comme c’est arrivé dans le désert lorsqu’ils ont dit : « Nous nous souvenons du poisson que nous mangions pour rien en Égypte ». C’est la correction, « Et l’eau... devient du sang sur la terre ferme », car tous verront qu’elle n’était plus potable pour Israël. C’est de là que découlent, le sang de la Pâque et le sang de la circoncision.

 

C’est aussi le sens de « Elle veille à la bonne marche de sa maison ». Cela signifie que l’eau du Nil s’est transformée en sang par terre, et alors, « et ne mange pas du pain de la paresse ». C’est un sujet très profond, à développer ailleurs.

 

Yehouda Leib



 

L’amour du Créateur et l’amour des humains

 « Aime ton prochain comme toi-même.» Rabbi Akiva dit que c’est une grande règle de la Torah. (Béréshit Raba, 24)

Le collectif et l’individuel

La déclaration ci-dessus, bien qu’elle soit l’une des plus célèbres et la plus citée, est encore incompréhensible pour tout un chacun dans toute sa portée. C’est parce que le mot règle [ou collectif/général] indique une somme de détails qui se rapporte à la règle ci-dessus, que chaque détail en contient une partie de telle sorte que la combinaison de tous les détails crée cette règle.

Et si nous disons « une grande règle de la Torah », cela signifie que tous les textes et les 612 Mitsvot [commandements] sont la somme des détails qui se rapportent au verset « Aime ton prochain comme toi-même ». Il est difficile de comprendre comment une telle déclaration peut être la totalité de tous les commandements de la Torah? Au mieux, elle peut être la règle (le tout) de la partie de la Torah et des textes qui se rapportent aux commandements entre l’homme et son semblable. Mais comment pouvez-vous y inclure la plus grande partie de la Torah, qui traite du travail entre l’homme et le Créateur dans le verset « tu aimeras ton prochain comme toi-même»?

Ne fais pas à autrui ce que tu n’aimerais pas qu’on te fasse

Si nous parvenons à concilier le texte ci-dessus, voici la déclaration de Hillel l’ancien à l’étranger qui est venu devant lui et lui a demandé de le convertir, comme il est dit dans la Guémara: « Convertissez-moi afin que vous puissiez m’enseigner toute la Torah pendant que je me tiens sur une jambe ». Il lui a dit: « Ne fais pas à autrui ce que tu n’aimerais pas qu’on te fasse.» C’est toute la Torah, « et le reste signifie étudie ! »

Nous constatons qu’il lui dit que la totalité de la Torah est une interprétation du verset : « tu aimeras ton prochain comme toi-même.»

Maintenant, selon les propos de Hillel, le maître de tous les Tanaïm de son temps, et dont la pratique [du judaïsme] suit son interprétation, il est parfaitement clair que le but premier de notre Torah est de nous amener à ce degré sublime où nous pouvons observer ce verset: « tu aimeras ton prochain comme toi-même », parce qu’il dit spécifiquement: « le reste signifie étudie !». Cela signifie qu’ils interprètent pour nous comment en arriver à cette règle.

Il est surprenant qu’une telle affirmation puisse être exacte pour la plupart des questions de la Torah, qui concernent l’homme et le Créateur, alors que tout débutant sait manifestement qu’il s’agit du cœur de la Torah et non de l’interprétation de « Tu aimeras ton prochain comme toi-même».

 

Tu aimeras ton prochain comme toi-même

Nous devrions étudier plus en profondeur et comprendre le sens du verset « tu aimeras ton prochain comme toi-même.» Le sens littéral est d’aimer votre ami de la même manière dont vous vous aimez. Cependant, nous constatons que le collectif n’arrive pas du tout à le suivre. S’il avait été écrit « aimez ton prochain autant qu’il t’aime », il y aurait également peu de gens qui pourraient totalement l’observer, mais cela serait acceptable.

Mais aimer son ami autant qu’il s’aime me semble impossible. Même s’il n’y avait qu’une seule personne au monde, en plus de moi, ce serait encore impossible, encore moins quand le monde est peuplé de gens. De plus, si l’homme aimait tout le monde autant qu’il s’aime, il manquerait de temps pour lui-même. Car il est évident qu’il doit satisfaire ses propres besoins pour ne manquer de rien et avec beaucoup énergie, car il s’aime.

Ce n’est pas le cas des besoins de la société, car l’homme n’a pas de grande motivation pour stimuler son désir de travailler pour elle. Même s’il avait un désir, peut-il quand même observer cette déclaration au pied de la lettre? En aurait-il la force ? Dans la négative, comment la Torah peut-elle nous obliger à faire quelque chose qui n’est pas réalisable?

Nous ne devrions pas considérer que cette déclaration soit exagérée, parce que nous sommes prévenus par l’adage : « Tu n’y ajouteras rien ni n’en retrancheras rien.» Tous les commentateurs ont accepté d’interpréter le texte littéralement. De plus, ils ont dit qu’il faut satisfaire les besoins de son ami même s’il est lui-même dans le besoin. Même dans ce cas, il a obligation de satisfaire les besoins de son ami et quant à lui, rester dans le besoin.

Les Tosfot (Kidoushin 20) interprètent que quiconque achète un esclave hébreu, s’achète un maître. Et les Tosfot interprètent au nom du Jérusalmi et des sages que si l’homme n’a qu’un seul oreiller, s’il est couché dessus, il ne respecte pas « car il est heureux avec toi ». Et s’il ne se couche pas dessus et ne le donne pas à son esclave, c’est de la méchanceté. Il s’avère qu’il doit le donner à son esclave, c’est-à-dire, à son maître.

Une Mitsva [commandement]

Cela soulève plusieurs questions: D’après ce qui précède, nous commettons tous des infractions contre la Torah. De plus, nous ne respectons même pas l’essence de la Torah, parce que nous observons les détails et non la règle. Il est écrit: « Quand vous observez la volonté du Créateur, les pauvres sont dans les autres et non en vous.» En effet, comment est-il possible qu’il y ait des pauvres quand chacun respecte la règle, le désir du Créateur, et aime ses prochains comme lui-même?

La question de l’esclave hébreu apportée par le Jérusalmi mérite une étude plus approfondie: le sens du texte est que l’on doit aimer son esclave comme soi-même, même un prosélyte qui n’est pas hébreu. Et il n’y a pas d’exception, parce que la règle pour le converti est la même règle que pour l’hébreu, parce que «Vous aurez une loi [Torah] et un jugement pour vous et le converti qui habite avec vous ». Le mot « converti » signifie aussi « prosélyte partiel », c’est-à-dire il n’accepte pas la Torah, mais se sépare de l’idolâtrie. Il est écrit à propos d’une telle personne: « Tu peux la donner au prosélyte qui est dans tes portes.»

Et c’est le sens de Une Mitsva dont parle le Tana lorsqu’il dit: « Exécuter une Mitsva, c’est se juger et le monde entier favorablement ». Il est très difficile de comprendre ce que le monde entier a à voir là-dedans? Et nous ne devrions pas nous justifier du fait qu’il est « à moitié coupable, et à moitié innocent » et que le monde entier est « moitié coupable et moitié innocent ».

Nous disons alors qu’il manque l’essentiel dans le livre. Qui plus est, le monde entier est rempli d’étrangers et de tyrans alors comment peut-il voir qu’ils sont « moitié coupables et moitié innocents ». Quand il s’agit de lui, il peut se voir « moitié coupable et moitié innocent », mais pas le monde entier, De plus, le texte aurait dû dire « Tout Israël », mais pourquoi dit-il « le monde entier » que le Tana a ajouté? Sommes-nous les garants des nations du monde? Est-ce qu’on les ajoute à nos bonnes actions?

Nous devons comprendre que nos sages n’ont parlé que de la partie pratique de la Torah, qui amène le monde et la Torah au but désiré. Par conséquent, quand ils disent Un commandement, ils font certainement référence à un commandement pratique. Et c’est bien ce que dit Hillel: « tu aimeras ton prochain comme toi-même.» C’est par ce seul commandement que l’on est récompensé du but réel, qui est l’adhésion au Créateur. Ainsi vous trouvez qu’avec ce commandement, l’homme est récompensé d’observer tout le but et le dessein.

Et maintenant il n’y a plus de difficulté pour ce qui est des commandements entre l’homme et le Créateur parce que leur application a pour but de purifier le corps, dont l’ultime objectif est d’aimer votre ami comme vous-même. La phase suivante et immédiate est l’adhésion [Dvékout].

Et en cela, il y a le général [collectif] et le particulier [l’individu]. Nous allons du particulier au général, parce que le général mène au but ultime. Ainsi, il n’est certainement pas important de savoir de quel côté commencer, du particulier ou du général, car l’essentiel est de commencer et de ne pas rester sur place, jusqu’à ce que nous atteignions notre but.

Et Adhérez à Lui

Il nous reste encore un sujet à examiner : Si tout le but de la Torah et de toute la création n’est que d’élever l’humanité si vile pour devenir digne de cette merveilleuse sublimité, « et pour adhérer à Lui », Il aurait dû nous créer avec cette sublimité, au lieu de nous faire travailler dur en faisant des efforts dans la création et dans la Torah et les commandements.

Nous pourrions expliquer cela par les mots de nos sages: « Celui qui mange ce qui ne lui appartient pas, a peur de Le regarder en face. » Cela signifie que quiconque se nourrit du travail d’autrui a peur (honte) de regarder sa propre forme, car sa forme est inhumaine…Parce qu’aucun manque ne sort de Sa perfection, Il nous a donc préparé ce travail, afin que nous puissions avoir du plaisir en travaillant de nos propres mains. C’est pourquoi Il a créé la création d’après cette bassesse.

Le travail dans la Torah et commandements nous élève de la bassesse de la création, et par lui, nous atteignons notre sublimité de nous-mêmes. Alors nous ne ressentons pas la joie et la bonté qui nous viennent de Sa main si généreuse, comme un cadeau, mais comme nous appartenant.

Cependant, nous devons encore comprendre la source de la bassesse que nous ressentons en recevant un cadeau. Nous allons le faire à l’aide de la loi bien connue des spécialistes en sciences naturelles stipulant que la nature et la loi de chaque branche sont comme sa racine. Tout ce qui s’applique à la racine, sa branche l’aimera, le convoitera et s’en servira. De même, toute chose qui n’est pas dans la racine, la branche s’en éloignera, ne pourra pas la tolérer et lui nuira.

Et parce que notre racine est le Créateur, et qu’Il ne reçoit pas mais donne, nous ressentons de la peine et bassesse à chaque fois que nous recevons d’autrui.

Maintenant nous avons clarifié le but d’adhérer à Lui. La sublimité de cette adhésion n’est que l’équivalence de la branche à sa racine, et toute la question de la bassesse n’est que l’éloignement de sa racine. En d’autres termes, chaque créature dont la voie est corrigée en vue de donner plus à autrui devient plus sublime et peut adhérer davantage à Lui. Cependant, chaque humain dont le chemin est la réception et l’amour de soi est encore plus avilie et plus éloignée du Créateur.

Pour remédier à cela, la Torah et les commandements nous ont été préparés. Au début, nous devons observer Lo Lishma [Pas en Son nom] c’est-à-dire sans recevoir de récompense. C’est le cas pendant la période du Katnout [petite enfance], pour nous éduquer. Quand une personne grandit, on lui apprend à s’engager dans la Torah et les commandements Lishma [en Son nom], ce qui signifie apporter contentement à son Créateur, et non par amour à des fins personnelles.

Maintenant, nous pouvons comprendre les paroles de nos sages: « Qu’importe au Créateur que l’animal soit abattu en lui tranchant la gorge ou en lui tranchant la nuque, car les Mitsvot [commandements] n’ont été donnés que pour purifier les créatures ».

Mais nous ne savons toujours pas ce qu’est cette purification. En ce qui concerne ce qui précède, on sait que « un ânon sauvage engendrera un homme ». Et nous sommes complètement immergés dans la saleté et dans la bassesse de la réception pour soi et dans l’amour-propre, sans aucune étincelle d’amour ou de don envers les autres. Dans cet état, il se situe au point le plus éloigné du but, de Sa racine.

Quand la personne grandit et est éduquée avec la Torah et les commandements, définis seulement dans l’intention d’apporter du contentement à son Créateur et pas du tout à des fins personnelles, elle arrive au degré du don sans réserve à son prochain par le remède naturel de l’étude de la Torah et des commandements en Son nom que le donneur de la Torah connaît, comme nos sages l’ont dit: « J’ai créé le mauvais penchant, j’ai créé pour lui la Torah comme une épice ».

De cette façon, l’être humain se développe dans les degrés de la sublimité ci-dessus jusqu’à ce que l’homme perde toute forme d’amour propre et de réception pour lui-même, tous ses attributs ne sont que pour donner sans réserve, ou de recevoir pour donner. Nos sages ont dit à ce sujet: « Les commandements n’ont été donnés que pour purifier les individus » et alors il adhère à Sa racine, comme on dit, « et adhérez à Lui.»

 

Les deux parties de la Torah : entre l’homme et le Créateur et entre l’homme et son semblable

Même si nous voyons qu’il y a deux parties à la Torah: la première – les commandements entre l’homme et le Créateur, et la seconde – les commandements entre l’homme et son semblable, ils sont une seule et même chose. Cela signifie que leur observation et le but recherché sont un, à savoir Lishma [en Son nom].

Peu importe que l’homme travaille pour son ami ou pour le Créateur. C’est parce que c’est gravé en lui depuis la naissance, que tout ce qui vient d’autrui apparaît vide et irréel.

C’est pourquoi quoi qu’il arrive, nous sommes obligés de commencer par Lo Lishma. Maïmonide a dit: « Nos sages ont dit : l’homme s’engagera toujours dans la Torah, et même Lo Lishma, parce que de Lo Lishma il arrivera à Lishma. Par conséquent, lorsqu’on enseigne aux petits, aux femmes et au petit peuple, on leur apprend à travailler par crainte et pour recevoir une récompense, jusqu’à ce qu’ils accumulent des connaissances et acquièrent de la sagesse. Puis on leur révèle ce secret progressivement et ils s’habituent à ce sujet avec aisance jusqu’à ce qu’ils L’atteignent et Le connaissent et Le servent avec amour.»

…Ainsi, lorsque l’homme se complète dans son travail dans l’amour et le don à son prochain au point ultime, il se complète aussi dans l’amour du Créateur et Lui procure contentement. Il n’y a pas de différence entre les deux, car tout ce qui est en dehors de son corps, c’est-à-dire pas dans son intérêt personnel, est jugé de la même manière - soit pour donner à son ami, soit pour procurer contentement à son Créateur.

C’est ce que Hillel HaNassi a supposé, qu’« aime ton prochain comme toi-même » est le but ultime de l’observation. C’est parce que c’est la forme la plus évidente pour l’homme.

Nous ne pouvons pas nous tromper sur les actes, car ils sont sous nos yeux. Nous savons que si nous faisons prévaloir les besoins de notre ami aux nôtres, c’est le don sans réserve. C’est pour cette raison qu’il ne définit pas le but comme « tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta force», parce qu’ils sont vraiment une seule et même chose. En effet, il doit aussi aimer son ami de tout son cœur, de toute son âme et de toute sa force, parce que c’est le sens des mots « comme toi-même ». Après tout, il est certain que l’on s’aime de tout son cœur, de toute son âme et de toute sa force, mais en ce qui concerne le Créateur, on peut se mentir; alors que pour ce qui est de son ami, c’est toujours sous ses yeux.

Pourquoi la Torah n’a-t-elle pas été donnée aux Patriarches?

Cela répond aux trois premières questions. Mais il reste encore la question de savoir comment l’observer, car c’est apparemment impossible. Vous devez savoir que c’est pourquoi la Torah n’a pas été donnée aux Patriarches, mais à leurs petits-enfants, qui étaient une nation complète, composée de 600 000 hommes âgés de 20 ans et plus. Il a été demandé à chacun d’entre eux s’il était prêt à prendre sur lui ce travail et ce sublime but.

Après que chacun ait dit: « Nous ferons et nous écouterons », la chose est devenue possible. C’est parce qu’il est certain que si 600 000 hommes n’ont pas d’autre intérêt dans la vie que de veiller à ce que leurs amis ne manquent jamais de rien, et si, de plus, ils le font avec un véritable amour de toutes leurs âme et de toutes leurs forces, il n’y a absolument aucun doute : aucun homme de la nation n’aura plus besoin de se soucier de son propre bien-être. C’est parce qu’il aura 600 000 hommes aimants et loyaux qui s’assureront que pas un seul de ses besoins ne soit laissé pour compte.

Nous répondons donc à la question de savoir pourquoi la Torah n’a pas été donnée aux patriarches. C’est parce que la Torah ne peut pas être observée par un petit groupe de personnes car il est impossible de commencer le travail en Son nom, comme susmentionné. Pour cette raison, la Torah ne leur a pas été donnée.

Tout Israël est solidaire de chacun de ses membres

A la lumière de ce qui précède, nous pouvons comprendre un dicton troublant de nos sages qui disaient: « Tout Israël est solidaire de chacun de ses membres ». Qui plus est, Rabbi Elazar, fils de Rabbi Shimon, ajoute: « Le monde est jugé par sa majorité.»

Il s’avère que nous sommes également responsables de toutes les nations du monde. A priori, l’esprit ne peut pas supporter une chose pareille. Comment peut-on être responsable des péchés d’un autre qu’il ne connaît pas? Alors que le verset interprète « Les pères ne seront pas mis à mort pour les enfants, et les enfants ne seront pas mis à mort pour les pères, et chacun sera mis à mort pour son propre péché ».

Maintenant, nous pouvons comprendre le sens des mots en toute simplicité. Il est manifestement impossible d’observer la Torah et les commandements si toute la nation ne participe pas.

Il s’avère que chacun est devenu responsable de son prochain malgré lui. Cela signifie que ceux qui commettent des infractions font rester dans leur saleté ceux qui observent la Torah. Ils ne peuvent pas se parfaire dans l’amour et le don à leur prochain sans leur aide. Ainsi, si certaines personnes de la nation pèchent, elles font donc souffrir le reste de la nation.

Il est écrit dans le Midrash: « Israël, si l’un d’eux pèche, tous le ressentent.» Rashbi l’explique avec l’histoire de plusieurs personnes étant sur un bateau, et soudain l’un d’eux commence à percer un trou dans la coque. Ses amis lui demandent « Pourquoi fais-tu un trou ? », et l’autre répond : « Qu’est-ce que ça peut vous faire ? Je perce sous moi » Alors l’un lui dit : « Imbécile que tu es, nous allons tous couler ! »

Comme nous l’avons expliqué plus haut, parce que les frondeurs sont immergés dans l’amour-propre, leurs actes créent un mur d’acier qui empêche ceux qui observent la Torah de commencer à observer la Torah et les commandements, comme il faut.

Maintenant, nous allons clarifier les paroles de Rabbi Elazar, après celles de Rabbi Shimon, qui dit: « Puisque le monde est jugé par la majorité, et que l’individu est jugé par la majorité, si quelqu’un exécute un commandement, heureux est-il car il se juge lui-même et le monde entier favorablement. S’il commet une infraction, malheur à lui car il se condamne lui-même et le monde entier défavorablement. Il est dit: « Mais un seul pécheur fera perdre beaucoup de bien.

Nous voyons que Rabbi Elazar, fils de Rabbi Shimon, va encore plus loin dans la question de l’Arvout [Solidarité], car il dit: « Le monde est jugé par sa majorité. D’après lui, cela ne suffit pas qu’une nation reçoive la Torah et les commandements. Cette opinion lui est venue soit en observant la réalité, car nous voyons que la fin n’est pas encore arrivée, soit il l’a reçue de ses maîtres.

Le texte le confirme aussi, car il nous promet qu’au moment de la rédemption que « la terre sera remplie de la connaissance du Seigneur », et aussi « toutes les nations afflueront vers Lui », et beaucoup d’autres versets. C’est la raison pour laquelle il a conditionné l’Arvout à la participation du monde entier. Il dit qu’un individu ne peut pas atteindre le but désiré en observant la Torah et les commandements, sauf avec l’aide de tous les peuples du monde.

Par conséquent, chaque commandement que l’homme accomplit touche le monde entier. C’est comme une personne qui pèse des petits pois sur une balance. Tout comme chaque petit-pois que l’on met sur la balance influence la décision finale désirée, de même chaque commandement que l’individu exécute avant que « la terre entière ne soit remplie de la connaissance », fait que le monde se développe pour parvenir à cette règle.

Ils ont dit : « un seul pécheur fera perdre beaucoup de bien.» Cela signifie que le péché de l’un fait baisser le poids de la balance, comme si cette personne reprenait le petit pois qu’elle avait mis sur le plateau de la balance. Il s’avère qu’elle fait régresser le monde.

Pourquoi la Torah a-t-elle été donnée à Israël?

Maintenant, nous pouvons mieux expliquer la question: Pourquoi la Torah a-t-elle été donnée à la nation d’Israël sans la participation de toutes les nations du monde? La vérité est que le dessein de la création s’applique à toute l’espèce humaine, personne n’en est exclu. Cependant, à cause de bassesse de la nature de la création et de son pouvoir sur les gens, il leur était impossible de comprendre, de décider ni d’accepter de s’élever au-dessus d’elle. Ils n’ont pas manifesté le désir de sortir de l’amour de soi et d’arriver à l’équivalence de forme, qui est l’adhésion à Ses attributs, comme nos sages l’ont dit: « Comme il est miséricordieux, alors soyez miséricordieux.»

Par la vertu des patriarches, Israël ont réussi, et pendant plus de 400 ans, ils se sont développés et se sont améliorés et se sont jugés favorablement. Chaque membre de la nation a accepté d’aimer son prochain.

Elle était la seule petite nation parmi soixante-dix grandes nations. En face d’Israël se trouvaient plus de cent étrangers contre eux. Lorsqu’ils ont pris sur eux d’aimer leur prochain, la Torah a été donnée spécifiquement à la nation d’Israël pour qu’elle s’améliore.

Cependant, la nation d’Israël n’a été établie que pour servir de « relais ». Cela signifie que, dans la mesure où Israël se purifient en observant la Torah, ils transmettent leur force au reste des nations. Et quand les autres nations se jugeront favorablement, alors le Messie apparaitra. Son rôle n’est pas seulement que les enfants d’Israël complètent le but ultime et adhèrent à Lui, mais aussi d’enseigner les voies du Créateur à toutes les nations, comme il est écrit : « Et toutes les nations afflueront vers Lui ».

 

Lettre n° 13

Lettre n° 13

1925, Varsovie (Pologne)

 

A mon cher.... que sa bougie brûle à jamais :

 

J’ai reçu tes paroles avec un cœur rempli de nostalgie, car tu te caches de moi. Tu pourrais quand même me parler par écrit.

 

Je suis surpris par ce que tu m’as écrit pour m’annoncer l’exil d’Egypte ; c’est de notoriété publique. « Ils poussaient des cris, et leur plainte est montée vers Dieu du sein du travail » alors « Et Dieu savait. » Si le Créateur n’avait pas été connu en exil, la rédemption aurait été impossible. Et connaitre l’exil est en soi la raison de la rédemption, alors pourquoi me l’annoncer au moment de la rédemption ?

 

La vérité montrera son chemin, celui qui regrette fait connaître ses regrets. Il ne peut pas se retenir ni se cacher. Cependant, je vous ressens tous ensemble, vous avez remplacé aujourd’hui par demain, et au lieu de « maintenant », vous dites « plus tard ». Il n’y a pas d’autre remède que de s’efforcer de comprendre cette erreur et cette déformation : celui qui est sauvé par le Créateur n’est sauvé que s’il a besoin du salut aujourd’hui. Celui qui peut attendre demain l’obtiendra entièrement après des années. Espérons que non !

 

Ceci vous est arrivé parce que vous avez négligé ma demande de faire des efforts dans l’amour des amis, comme je vous ai expliqué de toutes les manières possibles, que ce remède est suffisant pour compléter tous vos défauts. Et si vous ne pouvez pas monter au ciel, alors je vous ai donné des chemins sur terre. Alors pourquoi n’avez-vous rien ajouté à ce travail ?

 

En plus de la grande guérison qui s’y trouve, que je ne peux interpréter, vous devez savoir qu’il y a beaucoup d’étincelles de sainteté dans chacun des membres du groupe. Quand vous réunirez toutes les étincelles de sainteté en un seul lieu, comme une tribu de frères, avec amour et amitié, vous aurez certainement un niveau très important de sainteté pendant un certain temps, grâce à la lumière de la vie, et j’en ai déjà longuement parlé dans toutes mes lettres aux amis.

 

J’ai également demandé que chacun d’entre vous montre sa lettre à son ami, et tu devrais en faire de même. Interrogez-moi dès aujourd’hui pour comprendre et m’écouter, tout du moins pour ce que vous devez faire, car alors « Le Seigneur t’ouvrira Son bon trésor ».

 

Et à … dis-lui de faire un examen de conscience. Qu’est-ce qu’il perdrait à correspondre avec moi ? Pourquoi se cache-t-il de moi ? Je lui demande de s’efforcer de voir les qualités des amis et absolument pas leurs défauts (Dieu nous en préserve !), et de se lier dans le véritable amour, ensemble, jusqu’à ce que « l’amour couvrira tous les crimes ». Qu’il lise toutes les lettres que j’envoie aux amis, pour apprendre à « ne plus manger du pain de la paresse ».

 

Où sont... et... ? Je n’ai pas eu la moindre nouvelle jusqu’à présent. Dites-leur de s’accrocher à la veste de leurs amis et de lire leurs lettres autant qu’il le faut, et de ne pas oublier que la première question est : « As-tu espéré le salut ? »

 

S’ils attendent le salut, se peut-il qu’ils disent : « Est-ce que ce travail est suffisant pour faire la volonté du Créateur ? Et si je devais sauver la vie de l’un d’entre eux, des amis du groupe, j’aurais travaillé et fait certainement plus d’efforts que vous, et encore plus s’il s’agissait de la vie du Roi, pour ainsi dire ».

 

C’est pourquoi, multipliez les dots de et les cadeaux au Roi du monde, et vous serez récompensés de la fille du Roi, et le salut du Seigneur arrive en un clin d’œil.

 

Yéhouda

 

 

L’héritage de la terre

[D’une lettre manuscrite ]

Israël ne retourneront pas sur leur terre tant qu’ils ne formeront pas tous une seule gerbe de blé.

 

Nos sages ont dit : « Israël ne seront pas rachetés tant qu’ils ne seront pas tous une seule gerbe de blé ».

 

2) Nous devons comprendre comment l’unité d’Israël est liée à la rédemption.

 

3) Nous devons d’abord considérer la question de « Comment saurai-je », etc., « car ta postérité sera étrangère », etc., « et ensuite ils en sortiront avec de grand bien ». La réponse à la question d’Abraham est difficile à comprendre.

 

4) Nous devons comprendre toute la question de cette création, dans laquelle l’homme souffre tant, et à quoi cela sert-il ? N’aurait-Il pas pu réjouir Ses créations sans tout cela ?

 

5) Il est écrit dans les livres que les âmes ne peuvent recevoir la bonne récompense pour laquelle Il a créé le monde et les âmes si elles n’ont pas un récipient prêt à recevoir. Et la seule façon d’obtenir ce récipient est de travailler et de peiner à observer les commandements à travers la pression et les guerres que nous livrons contre le mauvais penchant et les nombreux troubles et empêchements. Cette souffrance et le travail dans la Torah et les commandements fournissent un récipient à l’âme afin qu’elle soit prête à recevoir tout le plaisir et la bonté pour lesquels Il a créé tous les êtres humains.

 

6) Nous pouvons maintenant comprendre les paroles de Ben Hé Hé dans la Mishna, (Traité des Pères) qui a dit : « Le salaire est proportionnel à la peine », ce qui signifie que la récompense est mesurée par la quantité de douleur. Ceci est déroutant, car comment la douleur est-elle liée à la récompense ?

 

7) Maintenant nous pouvons mieux comprendre que toute la douleur et le travail qui ont été préparés dans le monde sont pour fournir le récipient pour recevoir la bonne récompense pour le travail dans la Torah et les commandements. Ainsi, naturellement, plus la souffrance est grande dans la Torah et les commandements, plus grand sera le récipient pour recevoir une plus grande récompense.

 

8) Nous pouvons maintenant comprendre la réponse du Créateur à la question d’Abraham : « Comment saurai-je », etc. La question d’Abraham venait du fait qu’il voyait par l’esprit saint la grande quantité de bonne récompense qu’Israël recevront grâce à l’héritage de la terre, puisque l’observation des commandements dépend entièrement de la terre. C’est pourquoi le patriarche Abraham a demandé : « Comment saurai-je que j’hériterai ?» C’est-à-dire « Comment saurai-je que les enfants d’Israël pourront être récompensés d’une si grande récompense, d’une si grande abondance ? D’où prendraient-ils de si grands récipients pour mériter une réception aussi merveilleuse ?»

 

Le Créateur lui a donc répondu : « Ta postérité sera un étranger… et elle sera asservie et opprimée durant quatre cents ans », etc. car alors ils auront un grand travail dans la Torah et les commandements. C’est alors qu’il comprit que c’est de cette manière qu’ils obtiendraient certainement de grands récipients de réception, et la réponse lui suffit amplement.

 

9) Il découle de nos paroles que l’héritage de la terre exige une grande préparation, puisque toute la vertu de la Torah et des commandements en dépend entièrement, car c’est par elle qu’ils sont récompensés de toute l’abondance et de la bonté que le Créateur a prévues pour toutes les âmes d’Israël avant de les avoir créées. C’est aussi la raison pour laquelle Abraham le patriarche s’étonna et n’avait pas compris d’où ils prendraient de si grands récipients pour être récompensés de la sainteté de la terre. Enfin, le Créateur lui dit que le travail dans la Torah et les commandements, pendant l’exil égyptien, leur prépareraient ces grands récipients et qu’ils mériteraient la Terre Sainte.

 

10) Ceci nous rend perplexe : c’est une chose en ce qui concerne ceux qui s’engagent dans la Torah, mais qu’en est-il de ceux qui s’engagent dans les plaisirs futiles, qui ne sont pas du tout prêts à s’engager dans la Torah ? Comment seront-ils récompensés de tels récipients ?

 

11) La réponse est que c’est la raison pour laquelle ils ont dit dans le Midrash qu’Israël ne seront pas rachetés tant qu’ils ne seront pas tous une seule gerbe de blé. Il en est ainsi parce que tout Israël est en fait un seul corps, et chaque organe a son rôle unique. Par exemple, la tête réfléchit avec l’esprit et la raison, les mains travaillent et nourrissent la tête, tandis que la tête elle-même n’a pas à travailler. Elle n’en a pas besoin parce que les mains suffisent amplement. De même, les mains n’ont pas besoin de réfléchir à la façon de travailler, car la tête est toute désignée pour cela.

 

12) Si Israël devient une seule gerbe, comme un seul corps, où les travailleurs - qui sont les mains du corps - fournissent la tête, alors le travail et la douleur de ceux qui s’engagent dans la Torah et le labeur compensera les travailleurs... et ceci clarifie le Midrash [Israël ne seront pas rachetés tant qu’ils ne seront pas tous une seule gerbe de blé], et « un rédempteur viendra à Sion ».




 

La dissimulation et la découverte du Créateur -2

Description de la dissimulation de la face

1. Il éprouve des souffrances, comme par exemple un manque d’argent, de santé, se sent honteux et il ne réussit pas à terminer ce qu’il entreprend ou il est insatisfait.

2. Il prie et ne reçoit pas de réponse, lorsqu’il entreprend de bonnes actions, par exemple, il s’empêche d’arnaquer son ami, il recule donc, et lorsqu’il commet de mauvaises actions, il réussit au mieux. L’argent qu’il gagne, il ne l’obtient pas honnêtement mais en trichant ou profanant Shabbat.

3. Tous ses proches qui empruntent le droit chemin sont pauvres, malades, et méprisés. Toutes ses mauvaises connaissances qui se moquent de lui jour après jour sont celles qui réussissent et s’enrichissent, sont en bonne santé et vivent sereinement.

4. Tous ses connaissances justes respectant la Torah et les Commandements lui ressemblent, elles sont cruelles et des égoïstes en tout genre ou stupides, incultes, de grands hypocrites et il ne supporte pas leur présence, même pas au paradis, à un tel point, qu’il ne peut pas être en leur compagnie ne serait-ce qu’un instant.

Description de la découverte de la face

1. L’homme ressent le bien, une plénitude. Il gagne facilement et bien sa vie, ne connaît pas la pression ni la maladie, il sera respecté où qu’il aille et connaîtra un succès dans tout ce qu’il entreprend, et tous ses projets réussiront.

2. Il prie et reçoit immédiatement une réponse. S’il améliore ses actions son succès grandit et inversement.

3. Tous ses proches qui empruntent un droit chemin sont en bonne santé, gagnent bien leur vie, sont les plus respectés, et vivent tranquillement et sereinement. Ses proches qui n’empruntent le droit chemin, sont sans revenu, sont assaillis par les soucis et peurs, sont malades et sont méprisés par la société.

Tous les justes qu’il connait, il les voit comme étant des personnes perspicaces, polies, honnêtes et il est très agréable d’être en leur compagnie.

 

 

Exil et rédemption

L’harmonie entre la religion et la loi du développement ou le destin aveugle

« Parmi ces nations, tu n’auras aucun repos, pas un point d’appui pour ta plante de pied. » (Deutéronome 28, 65)

« Ce que vous vient à l’esprit n’aura pas lieu, quand vous dites : Devenons comme les nations, comme les familles des pays. » (Ézéchiel 20, 32)

Le Créateur nous montre de toute évidence qu’Israël ne peut pas exister en exil et ne trouvera pas de repos, comme les autres peuples qui se sont mêlés à des nations et y ont trouvé le repos et se sont assimilées à tel point qu’il ne reste d’eux aucune trace.

Il n’en est pas de même pour la maison d’Israël qui ne trouvera pas de repos parmi les nations tant qu’elle ne réalisera pas le verset : « Tu chercheras de là-bas le Seigneur, ton Dieu, et tu le trouveras, parce que tu Le demanderas de tout ton cœur et de toute ton âme. »

Nous pouvons clarifier cette question par la Providence et ce qui est décrété à notre propos, que « la Torah est vraie et toutes ses paroles sont vraies, et malheur à nous tant que nous doutons de sa véracité », et nous disons que tous les reproches que nous avons, ne sont que le hasard et le destin aveugle. Pour cela, il n’y a qu’un seul remède : de prendre sur nous les malheurs et voir qu’ils ne sont pas une coïncidence, mais la solide Providence prévue par la Torah.

Il faut clarifier cette question par la loi de l’évolution elle-même qui se trouve dans la nature de la Guidance inébranlable que nous avons atteinte par la Torah — la voie de la Torah dans la Providence (voir « deux voies ») nous ayant faire vivre une évolution beaucoup plus rapide que les autres nations. Parce que les membres de la nation se sont développés, ils devaient tout le temps avancer et être extrêmement méticuleux avec tous les commandements de la Torah, comme ils ne l’ont pas fait, puisqu’ils ont voulu impliquer leur égoïsme étroit, ce qui signifie Lo Lishma ; ceci a conduit à la destruction du Premier Temple, car ils voulaient placer les vertus de la richesse et de la puissance au-dessus de la justice, comme les autres nations.

Mais puisque la Torah interdit cela, ils ont nié la Torah et la prophétie et ont adopté les mœurs des pays voisins afin qu’ils puissent profiter de la vie autant que l’égoïsme l’exigeait. Puisqu’ils ont agi ainsi, les forces de la nation se sont désintégrées : certains ont suivi les rois et les dirigeants égoïstes, et certains ont suivi les prophètes. Cette séparation a continué jusqu’à la destruction.

Au Second Temple, ce phénomène était encore plus apparent, lorsque le début de la séparation a été accentué publiquement par les disciples non vertueux, dirigés par Sadok et Boethos. Leur mutinerie contre nos sages était essentiellement relative à l’obligation de Lishma, comme nos sages ont dit : « Les sages, soyez prudents avec vos paroles. » Comme ils ne voulaient pas se séparer de l’égoïsme, ils ont créé des communautés de la pire espèce et ont formé une grande secte appelée « Sadducéens », qui comprenait des riches et des officiers poursuivant leurs désirs égoïstes, et allant à l’encontre de la voie de la Torah. Ils ont combattu les Pharisiens et ce sont eux qui ont apporté la domination du royaume de Rome sur Israël. Ce sont eux qui n’ont pas voulu faire la paix avec les irréductibles, comme nos sages le conseillaient selon la Torah, jusqu’à ce que le Temple soit détruit et la gloire d’Israël exilée.

La différence entre un idéal laïc et un idéal religieux

Un idéal laïc provient de l’humanité et ne peut donc pas s’élever au-dessus de l’humanité. Mais une idée religieuse, qui provient du Créateur, peut s’élever au-dessus de toute l’humanité. C’est parce que la base d’un idéal laïc est l’égalité et le prix de la glorification de l’homme et son action est de se vanter aux yeux des gens. Même s’il est parfois humilié aux yeux de ses contemporains, l’homme s’appuie toujours sur les autres générations, et de toute façon c’est une chose précieuse pour lui, comme un joyau qui fait vivre son propriétaire, même si personne ne le sait ni ne le chérit.

Une idée religieuse, par contre, est basée sur la gloire aux yeux de Dieu ; c’est pourquoi celui qui suit un idéal religieux peut s’élever au-dessus de l’humanité.

Il en est de même de notre exil parmi les nations. Tant que nous avons suivi le chemin de la Torah, nous étions protégés, car toutes les nations savaient que nous étions un peuple hautement développé et elles recherchaient notre coopération. Mais voilà qu’elles nous ont exploités, chacune selon son désir égoïste. Pourtant, nous avions assez de puissance parmi les nations, car après chaque exploitation, il nous restait encore une belle portion, plus importante que celle des habitants du pays.

Mais puisque les gens se sont rebellés contre la Torah dans leur aspiration à exécuter leurs stratagèmes égoïstes, ils ont perdu le but de la vie, qui consiste à se mettre au service du Créateur. Ils ont échangé le but sublime pour des objectifs égoïstes relevant des plaisirs de la vie.

Ainsi, celui qui fait fortune a atteint son but avec gloire et beauté. Tandis que l’homme religieux distribuait son surplus financier à la charité, aux bonnes actions, à l’établissement de séminaires et à d’autres besoins collectifs, ces égoïstes répandaient leurs excédents sur les joies de la vie — la nourriture et la boisson, les vêtements et les bijoux — et se comparaient aux dignitaires de leurs nations respectives.

Tout ce que je veux montrer par ces mots, c’est que la Torah et la loi du développement naturel vont de pair dans une merveilleuse unité, et même selon un destin aveugle. Ainsi tous les maux de l’exil, dont nous avons beaucoup à dire depuis qu’il a commencé, tous nous sont parvenus parce que nous nous étions détournés de la Torah. Si nous avions suivi les commandements de la Torah, aucun mal ne nous serait arrivé.

La concordance et l’unité entre la Torah et le destin aveugle, et le développement du bilan humain

Par conséquent, je propose à la maison d’Israël de dire à nos problèmes : « Assez ! » Et à tout le moins de faire le point, un bilan humain relatif à ces aventures qui nous ont été infligées maintes et maintes fois, y compris dans notre pays où nous souhaitons établir une nouvelle politique, car nous n’avons aucun espoir de nous accrocher à la terre en tant que nation, tant que nous n’acceptons pas notre Torah sans excuse, jusqu’à l’ultime condition du travail Lishma et non pour nous-mêmes avec quelque résidu d’égoïsme, comme je l’ai démontré dans l’article « le Don de la Torah ».

Si nous ne nous organisons pas ainsi, alors il y aura des classes parmi nous, qui sans aucun doute nous pousserons à droite et à gauche comme toutes les nations, et bien plus encore. La nature des êtres évolués fait qu’elle ne peut pas être maitrisée, toute opinion importante venant d’une personne intelligente ne pliera pas devant quoi que ce soit et ne connaîtra pas de compromis. C’est pourquoi nos sages ont dit : « Israël est la plus dure des nations », comme celui dont l’esprit est vaste est aussi le plus obstiné.

C’est une loi psychologique. Et si vous ne me comprenez pas, allez et apprenez cette leçon parmi les membres actuels de la nation : nous venons seulement de commencer à la construire et nous avons déjà eu le temps de découvrir notre rigueur et notre fermeté d’esprit — et ce que l’un construit, l’autre le détruit.

... Nous savons tous cela, mais il n’y a qu’une seule innovation dans mes propos : ils croient qu’à la fin l’autre côté va comprendre le danger et inclinera la tête et acceptera leur opinion. Mais je sais que même si nous les mettions dans le même sac, personne ne céderait à l’autre un seul centimètre, et aucun danger ne dérangerait quiconque de réaliser son ambition.

En un mot, tant que nous n’élèverons pas notre objectif au-dessus de la vie matérielle, nous n’aurons aucune renaissance matérielle, car le spirituel et le matériel en nous ne peuvent résider dans le même sac, car nous sommes les enfants de l’Idée. Et même si nous sommes plongés dans quarante-neuf portes de matérialisme, nous ne renoncerons jamais à l’Idée. Par conséquent, c’est du but sacré de Son Nom dont nous avons besoin.

 

 

Talmud Esser Sefirot, 1ère partie, Histaklout Pnimit

Tout d’abord, il faut savoir que lorsqu’il est question d’affaires spirituelles, qui sont au-delà du temps, de l’espace et du mouvement, sans parler de notre relation à la Divinité, nous n’avons pas de mots pour les méditer ni les exprimer, car tout notre vocabulaire provient des sensations de nos sens imaginaires. Comment donc peuvent-ils nous aider là où le sens et l’imagination ne contrôlent pas ?

Si vous prenez, par exemple, le plus subtil des mots, « lumières », il est aussi imaginaire, emprunté à la lumière du soleil, ou à la lumière ressentie de la satisfaction. Comment donc est-ce possible d’exprimer avec eux les affaires divines, puisqu’ils ne pourraient certainement apporter au lecteur aucune vérité ?

C’est encore plus vrai quand ces mots, écrits dans des livres, doivent être utilisés pour des négociations en matière de sagesse, comme il est de coutume dans l’étude de toute sagesse. Si on échoue, ne serait-ce qu’avec un seul mot inadéquat, le lecteur sera tout de suite désorienté et ne s’y retrouvera plus.

Pour cette raison, les sages de la Kabbale ont choisi un langage particulier, que l’on peut appeler « le langage des branches », car il n’y a aucune essence et aucune conduite dans ce monde qui ne provienne de sa racine dans le monde supérieur. En fait, le début de toute entité dans ce monde commence dans le monde supérieur, puis descend en ce monde.

Ainsi, les sages ont trouvé un langage adéquat, sans trop de peine, grâce auquel se transmettre leurs atteintes, oralement ou par écrit, de génération en génération. Ils ont pris les noms des branches en ce monde, où chaque nom est explicite, comme pointant sa racine supérieure dans le système des mondes supérieurs.

Ceci devrait apaiser votre esprit quant aux expressions étonnantes que l’on trouve fréquemment dans les livres de Kabbale, qui sont parfois étrangères à l’entendement humain. Après avoir choisi ce langage pour s’exprimer, c’est-à-dire le langage des branches, ils ne peuvent plus écarter une branche à cause de son degré inférieur et ne pas l’utiliser pour exprimer le concept désiré, et ce tant qu’il n’y aura pas en notre monde une autre branche pour la remplacer.

Tout comme deux cheveux ne poussent à partir d’une même racine, il n’y a pas deux branches qui proviennent de la même racine. Il est donc impossible d’éliminer un élément de la sagesse qui doit s’exprimer par cette expression inférieure. Qui plus est, une telle perte engendrerait un dommage et la confusion dans tout le spectre de la sagesse, car il n’y a pas d’autre sagesse dans le monde où les sujets soient aussi interconnectés selon le principe de cause à effet, comme la sagesse de la Kabbale, où les sujets sont connectés et reliés les uns aux autres du début à la fin, comme une seule longue chaîne.

Ainsi, il n’y a pas de libre choix ici pour ce qui est d’échanger ou de remplacer les mauvais termes par de meilleurs. Il faut toujours employer la branche exacte qui pointe vers sa racine supérieure et la préciser jusqu’à trouver la définition exacte pour les lecteurs méticuleux.

En effet, ceux dont les yeux ne se sont pas ouverts sur les visions du Ciel et n’ont pas encore acquis la compétence dans les relations des branches de ce monde avec leurs racines dans les mondes supérieurs, sont comme un aveugle qui tâte le mur. Ils ne comprennent aucun mot dans son sens véritable, car chaque mot est le nom d’une branche par rapport à sa racine, sauf s’ils reçoivent l’interprétation de la bouche d’un sage authentique qui offre de le leur expliquer dans le langage parlé, ce qui est forcément comme une traduction d’une langue à une autre, c’est-à-dire du langage des branches au langage parlé. Ce n’est qu’alors qu’il pourra d’expliquer les termes spirituels tels qu’ils sont.

C’est pourquoi j’ai œuvré dans ce commentaire, pour expliquer les dix Sefirot comme le sage, le Ari, nous les a enseignées, dans leur pureté spirituelle, dépourvues de tout terme tangible, pour qu’un novice puisse approcher la sagesse sans échouer en matérialisant et en se trompant. La compréhension de ces dix Sefirot permettra aussi d’observer et de savoir comment mieux comprendre les sujets de cette sagesse.

Chapitre 1

« Sachez qu’avant que les Néétsalim [êtres émanés] n’aient émané et que les créatures ne soient créées, une simple lumière supérieure remplissait toute la réalité, etc. » (L’Arbre de Vie). Ces mots nécessitent une explication : comment pouvait-il y avoir une réalité que la lumière simple remplissait entièrement avant l’émanation des mondes [Olamot]? Il en va de même avec la question du désir qui se restreint pour que la perfection de Ses actions apparaisse, il semblerait que d’après le livre, qu’il y avait déjà là un certain manque.

La question du point médian qui est en Lui, où le Tsimtsoum [restriction] se fait, est aussi très troublante, car nous avons déjà dit qu’il n’y avait là ni début [Rosh] ni fin (Sof), alors comment pourrait-il y avoir un milieu ? En effet, ces paroles sont plus profondes que la mer et je dois, par conséquent, les interpréter longuement.

Il n’y a rien dans toute la réalité qui ne soit inclus dans l’infini [Ein Sof]. Tout ce que nous atteignons — de façon inversée — se trouve en lui selon le principe de « Un, Seul et Unique »

1) Sachez qu’il n’y a aucune essence en ce monde, qui soit perçue par nos sens ou notre esprit, qui n’est pas inclus dans le Créateur. Tout nous vient de Lui. Est-ce que quelqu’un pourrait donner ce qu’Il n’a pas ?

Il faut comprendre que pour nous de tels concepts sont séparés ou opposés. Par exemple, la notion de sagesse est perçue différemment de la notion de douceur ; la sagesse et la douceur sont deux notions distinctes. De même, la notion de celui qui agit est différente de la notion d’action : l’opération et l’action sont deux notions distinctes. C’est encore plus clair quand il s’agit de termes opposés comme doux et amer, et ainsi de suite, qui sont considérés séparément.

Néanmoins, chez le Créateur, sagesse, plaisir, doux, amer, piquant, action, acteur et autres formes, différentes et opposées, tout cela est inclus comme Un dans Sa simple lumière, sans aucune distinction ou différence, selon le principe de « Un, Seul, et Unique ».

« Un » veut dire qu’il est en équivalence. « Seul », c’est ce qui s’étend de Lui, et toutes ces multitudes formes sont chez Lui sous une seule forme, comme Atsmouto [Son essence]. « Unique » montre que bien qu’Il fait de nombreuses actions, cependant, c’est une seule force qui fait agir tout cela, et que tout s’unit et retourne à une seule forme. Cette seule forme avale toutes les formes qui sont apparentes dans Ses actions. C’est un sujet très subtil et tous ne peuvent le comprendre.

Nahmanide nous a expliqué l’unité du Créateur selon le principe de « Un, Unique et Unifié ». Il explique la différence entre Un, Seul, et Unique.

Quand Il s’unit pour agir d’une seule force, cela est appelé Unique.

Quand Il se divise pour agir, chaque partie de Lui est appelée Seul.

Et quand Il est en une seule équivalence, Il s’appelle Un.

« Il s’unit pour agir d’une seule force » veut dire qu’Il agit pour faire du bien, ce à quoi nous nous attendons de Son unicité, et ses actions ne changent pas. Quand Il se divise pour agir, c’est-à-dire que Ses actions sont différentes les unes des autres, et Il semble qu’il agit pour faire le bien et pour faire le mal. Alors Il est appelé Seul, car toutes ces différentes actions ont un seul résultat — faire le bien. Il est Seul dans chaque action, Il ne change pas, bien que Ses actions soient différentes.

Quand Il est en une seule équivalence, Il est appelé Un. Un indique Son essence où toutes les formes inversées se trouvent en équivalence, comme l’a écrit Maïmonide : « En Lui, celui qui sait, ce qui est su, et le savoir sont Un, car Ses pensées sont beaucoup plus élevées que nos pensées et Ses chemins sont plus élevés que les nôtres. »

Il y a deux façons de donner : avant de recevoir et après avoir reçu

2) Apprenez de ceux qui mangent la manne. La manne est appelée « le pain du ciel », car elle ne s’est pas matérialisée par son revêtement en ce monde. Les sages ont dit que chacun y trouvait le goût qu’il désirait, il est donc évident qu’il y avait en elle ces formes opposées ; c’est-à-dire que pour l’un son goût était doux, pour l’autre il était piquant et amer, donc la manne était obligatoirement composée de deux goûts opposés ensemble, car on ne peut donner ce qu’on n’a pas. Comment est-ce alors possible d’avoir deux opposés dans une même chose ?

Il est certainement simple et dénué des deux goûts, et il est seulement inclus en eux, pour que celui qui reçoit au niveau matériel puisse y distinguer le goût qu’il veut. Vous pouvez ainsi comprendre toute chose spirituelle, qui est elle-même unique et simple, bien qu’elle renferme toutes les multiples formes du monde. Quand elle est reçue au niveau matériel et limité, celui qui la reçoit lui donne une forme parmi toutes les formes qui sont unies dans cette essence spirituelle.

Il faut donc toujours voir deux aspects dans le don du Créateur :

Le premier est la forme de l’essence de l’abondance spirituelle avant d’être reçue, quand elle est encore une lumière simple et générale.

Le deuxième est après la réception de l’abondance, lorsqu’elle prend une forme séparée et partielle selon la qualité de celui qui la reçoit.

 

Comment comprendre que l’âme est une partie du Divin ?

3) Ainsi, nous pouvons comprendre ce qu’on dit les kabbalistes sur l’essence de l’âme : l’âme est vraiment une partie divine d’en Haut et il n’y a aucun changement en elle par rapport au « tout », sauf que l’âme n’est qu’une partie et non le « tout ». Cela ressemble à une pierre qui est taillée dans une montagne, où l’essence de la pierre et de la montagne est égale : il n’y a aucune différence entre la pierre et la montagne, si ce n’est que la pierre est une partie de la montagne et la montagne est le « tout ».

Apparemment, il s’agit d’une chose très surprenante : il est encore plus difficile de comprendre comment on peut parler d’une différence et d’une partie du Divin, et comparer cela à une pierre taillée dans une montagne. La pierre est taillée dans la montagne à l’aide d’un burin et d’un marteau, mais comment et qu’est-ce qui dans la Divinité pourrait les séparer ?

La spiritualité est séparée par la disparité de forme comme la matérialité peut l’être par une hache.

4) Avant d’en venir à clarifier cette question, nous allons expliquer l’essence des différences qui existent dans la spiritualité. Sachez que les éléments spirituels ne se séparent que par la disparité de forme. Autrement dit, si une entité spirituelle acquiert deux formes, alors elle n’est plus une, mais deux.

Laissez-moi expliquer cela à propos des âmes des hommes, qui sont également spirituelles. Selon la loi spirituelle, dont la forme est simple, il y a autant d’âmes qu’il y a de corps, que les âmes illuminent. Cependant, elles sont séparées les unes des autres par la disparité de forme qui existe entre elles, comme nos sages ont dit : « Tout comme leurs visages ne sont pas les mêmes, leurs opinions ne se ressemblent pas. » Il est possible pour un corps de discerner la forme des âmes et de dire qu’une âme est bonne et une autre mauvaise, et il en va de même pour toutes les formes séparées.

Ainsi, on peut voir que tout comme une chose matérielle se divise, est coupée et est séparée avec une hache, et que le mouvement accroît la distance entre les parties, le spirituel aussi se divise, est coupé et est séparé à cause de la disparité de forme entre les parties. Selon la mesure de la disparité, on peut évaluer la distance entre les parties.

Comment peut-il y avoir une disparité de forme dans la Création par rapport à l’Infini [Ein Sof] ?

5) Ces choses sont claires en ce monde ci, en ce qui concerne l’âme des gens. Mais l’âme, qui est une partie de Dieu en haut, la façon dont elle est séparée du Divin — au point où nous pouvons l’appeler « une partie divine » — n’est pas encore claire. On ne peut pas parler de disparité de forme, car nous avons déjà dit que la Divinité est une lumière simple qui inclut des multitudes des formes et leurs opposées dans le monde, dans sa simple unité selon le principe de « Un, Seul et Unique ». Ainsi, comment peut-on imaginer une disparité de forme dans l’âme, qu’elle soit différente du Divin et séparée de Lui, pour y acquérir une partie de Lui ?

En fait, cette question s’applique principalement à la lumière infinie [Ein Sof] avant la restriction [Tsimtsoum], car telle est la réalité devant nous ; tous les mondes, supérieurs et inférieurs, sont perçus selon deux discernements :

Le premier est la forme de toute cette réalité avant la restriction, où tout était illimité et sans fin. Ce discernement est appelé la lumière d’Ein Sof.

Le deuxième est la forme de toute cette réalité à partir de la restriction vers le bas, où tout est limité et mesuré. Ce discernement est appelé les quatre mondes Atsilout, Briya, Yetsira et Assiya.

On sait qu’aucune pensée ne peut percevoir Son essence, il n’y a en Lui ni nom ni appellation — et ce que l’on ne peut atteindre, comment pourrait-on le nommer ? Car le nom indique ce qui est atteint par ce nom. Il est donc évident que pour Son essence il n’y a aucun nom ou appellation. Tous les noms et appellations ne sont que pour Sa lumière qui s’étend de Lui. L’expansion de Sa lumière avant la restriction, qui remplissait toute la réalité sans limite ni fin, est appelée Ein Sof. Et selon cela, il faut comprendre pourquoi la lumière d’Ein Sof est définie en soi ; elle sort de Son essence et nous pouvons donc la définir par un nom, comme nous l’avons dit à propos de l’âme.

Clarification des paroles: le travail et l’effort ont été préparés pour la récompense des âmes, car celui qui mange ce qui n’est pas à lui a peur de le regarder en face

6) Pour comprendre quelque peu cet endroit sublime, nous devons approfondir l’axe de toute la réalité devant nous et son but général. Existe-t-il un Opérateur sans objectif ? Et quel est-il, quelle est la raison pour laquelle le Créateur a inventé toute cette réalité devant nous, dans tous les mondes, supérieurs et inférieurs ?

En effet, les sages nous ont déjà montré à maintes reprises que tous les mondes n’ont été créés que pour Israël, qui observe la Torah et des Mitsvot. Cependant il nous faut comprendre la question des sages à ce propos : Si l’intention de la création des mondes est de faire plaisir à Ses créatures, alors pourquoi a-t-Il créé un monde matériel sale et rempli de souffrances? Sans cela, Il aurait pu donner aux âmes autant de plaisir qu’Il le voulait. Et pourquoi a-t-Il conduit l’âme à un corps à la fois sale et aussi souillé ?

Ils ont répondu que « celui qui mange ce qui n’est pas à lui a peur de le regarder en face », c’est-à-dire que dans tout cadeau gratuit, il y a l’inconvénient de la honte ; et pour épargner à l’âme ce désagrément, Il a donc créé ce monde où il y a la réalité du travail — et ils pourront profiter plus tard de leur travail. Ainsi, ils reçoivent un salaire pour leurs efforts et ils évitent le sentiment de honte.

Quel est le rapport entre les soixante-dix ans de travail et le plaisir éternel, puisqu’il n’y a pas de cadeau plus gratuit que celui-là ?

7) Ces paroles des sages sont très déconcertantes de bout en bout. La première difficulté est que l’essentiel de notre tendance et de notre prière est de nous épargner un cadeau reçu gratuitement. Les sages disent que le trésor d’un cadeau reçu gratuitement est préparé seulement pour les plus grandes âmes de ce monde. Cette réponse des sages est très difficile ; ils disent que dans ce cadeau gratuit, il y a un grand inconvénient — c’est-à-dire la honte que ressent celui qui reçoit un cadeau gratuit —, et pour compléter cela, le Créateur a préparé ce monde où il y a une réalité du travail et des efforts, pour que dans le monde à venir il reçoive une récompense pour les efforts et le travail accomplis.

Cette réponse est très étonnante. Elle ressemble à une personne qui dit à une autre : « travaille avec moi un court instant et je te donnerai en contrepartie tous les plaisirs et trésors du monde, pour toute ta vie. » On ne peut recevoir de plus grand cadeau gratuitement ; la récompense n’a aucune commune mesure avec le travail, car on travaille dans ce monde transitoire qui n’a aucune valeur par rapport à la récompense et au plaisir du monde éternel. Quelle valeur peut avoir ce monde face au monde éternel ?

Et ne parlons même pas de la qualité de l’effort, laquelle n’a aucune valeur par rapport à la qualité de la récompense, comme les sages ont dit que « le Créateur donnera à chaque juste 310 mondes ». On ne peut pas dire que le Créateur donne une partie de la récompense pour le travail et le reste comme un cadeau offert gratuitement. Car à la fin, quelle utilité y aurait-il ici, s’il y a toujours le désagrément de la honte pour le reste du cadeau ? Il ne faut donc pas prendre leurs mots au pied de la lettre, car il existe là une intention profonde.

Toute la réalité émane et a été créée à partir d’une seule Pensée, qui est à la fois l’Opérateur, l’Opération, la réalité de la récompense attendue, et l’Essence même du travail

8) Il faut comprendre que dans la pensée du Créateur, dans la création des mondes et de la réalité devant nous, les actions n’ont pas été exécutées par de nombreuses pensées, comme c’est le cas pour nous. Car Il est Un, Seul et Unique. Et comme Il est Simple, les lumières qui s’étendent de Lui sont simples et uniques, sans aucune multiplicité de formes, comme il est écrit : « Mes pensées ne sont pas vos pensées, ni vos chemins Mon chemin. »

Vous devez donc comprendre et savoir que tous les noms et appellations, ainsi que tous les mondes, supérieurs et inférieurs, sont tous une seule lumière simple, seule et unique. Chez le Créateur, la lumière qui s’étend, la Pensée, l’action et l’Opérateur, et toute chose à laquelle le cœur peut penser et analyser, sont chez Lui une seule et même chose.

Vous pouvez donc juger et comprendre que toute cette réalité, supérieure et inférieure, jusqu’à sa complétude à la réparation finale, émane et a été créée par une seule Pensée. Cette seule Pensée réalise toutes les opérations, elle est l’essence de toutes les opérations, le But ultime et l’Essence du travail. Elle est par elle-même toute la perfection et la récompense espérée, comme le Nahmanide l’a écrit : « Un, Seul et Unique ».

La restriction [Tsimtsoum] explique comment une opération imparfaite sort d’un Opérateur parfait.

9) ARI nous explique longuement que la première restriction [Tsimtsoum Aleph] est le sujet le plus important, car il est évident que les corruptions et tous les manques, s’étendent et viennent aussi du Créateur, comme il est écrit : « Il forme la lumière et crée l’obscurité ». Ainsi, ces corruptions et cette obscurité sont vraiment opposées au Créateur. Comment est-ce donc possible que l’une sorte de l’autre, et comment viennent-elles ensemble avec la lumière et le plaisir de la Pensée de la Création ?

Nous ne pouvons pas dire que ce sont deux pensées spéciales. Alors comment est-ce possible que tout s’étende du Créateur et arrive jusqu’à ce monde rempli d’ordures, de souffrances et de grande saleté ? Et comment est-ce possible qu’elles existent ensemble dans une seule pensée ?

Chapitre 2

Explication de la Pensée de la Création

10) Maintenant, nous allons expliquer la forme de la Pensée de la Création. Il est certain que toute la fin de l’action commence par une pensée préliminaire. Même pour un homme en ce monde, qui pense beaucoup, la fin de l’action commence aussi par sa pensée. Par exemple, s’il construit sa maison, nous comprenons que sa première pensée est relative à la forme de la maison qu’il veut habiter. Donc, l’homme pense et agit beaucoup, jusqu’à ce qu’il parvienne à cette forme escomptée, et cette forme apparaîtra lorsque l’action sera terminée.

Vous voyez donc que toute action commence par une pensée préliminaire. La fin de l’action, qui est l’axe et le but pour lesquels tout cela a été créé, est de faire plaisir à Ses créatures. On sait que lorsque la Pensée du Créateur se termine et agit instantanément, car Il n’est pas homme ayant besoin de faire, mais Sa seule pensée réalise instantanément et immédiatement toute l’action. Il est donc clair que lorsque le Créateur pense à la création pour faire plaisir à Ses créatures, cette lumière se propage de Lui instantanément dans toutes ses variantes, niveaux et toute la mesure des plaisirs auxquels Il a pensé, que tout est inclus dans cette pensée, qu’on l’appelle la Pensée de la Création. Sachez que l’on appelle cette Pensée de la Création la lumière d’Ein Sof car pour ce qui est de Son essence, nous n’avons aucun nom pour Le définir.

Le désir de donner chez l’Émanateur engendre nécessairement le désir de recevoir chez l’être émané, qui est le récipient dans lequel l’être émané reçoit Son abondance

11) C’est ce que dit le Rav : qu’au début la lumière de l’Infini remplissait toute la réalité. Cela signifie que le Créateur a pensé faire plaisir aux créatures, et comme la lumière se propageait et sortait soi-disant de Lui, le désir de recevoir ce plaisir a été immédiatement implanté dans cette lumière. Notez aussi que ce désir est toute la mesure de l’ampleur de la lumière qui se propage, c’est-à-dire que la mesure de Sa lumière et de Son abondance équivaut à la mesure selon laquelle Il veut faire plaisir, ni plus ni moins.

L’essence de ce plaisir de recevoir qui est implanté dans cette lumière par la force de Sa pensée est appelée le lieu [place/endroit]. Quand on dit, par exemple, qu’une personne a de la place pour manger un kilogramme de pain lors d’un repas et qu’une autre personne ne peut pas manger plus d’une 500 grammes, de quelle place parle-t-on ? On ne parle pas de la taille des intestins, mais de l’amplitude du désir et de l’envie de manger. Vous voyez que la mesure de la place pour recevoir le pain dépend de l’ampleur du désir et de l’envie de manger. C’est encore plus vrai dans la spiritualité, où le désir de recevoir l’abondance est le lieu de l’abondance, et que l’abondance est mesurée selon l’ampleur du désir. Il est impossible d’approfondir ici.

Le désir de recevoir inclus dans la Pensée de la Création est sorti de Son essence sous le nom d’Ein Sof

12) Vous pouvez donc comprendre que la lumière d’Ein Sof (Infini) est sortie de Son essence, pour laquelle nous n’avons aucun nom, car elle est définie par le nom de lumière d’Ein Sof. Il en est ainsi du fait de ce discernement, que cette lumière inclut le désir de recevoir de Son essence, qui est une nouvelle forme qui n’est pas du tout incluse dans Son essence, car de qui pourrait-Il recevoir ? Cette forme est également toute la mesure de cette lumière.

Avant la restriction, la disparité de forme du désir de recevoir n’était pas discernable

13) Cependant, dans sa toute-puissance, cette nouvelle forme n’aurait pas été considérée comme un changement de Sa lumière, comme il est écrit « qu’avant que le monde n’ait été créé, Lui et Son Nom sont Un ». « Lui » renvoie à la lumière qui se trouve dans Ein Sof, et « Son nom » se réfère au lieu, Malkhout de Ein Sof qui est le désir de recevoir de Son essence, inclus dans la lumière d’Ein Sof.

Il nous dit : « Lui et Son nom sont Un », c’est-à-dire que dans Son Nom, Malkhout de Ein Sof — qui est le désir, c’est-à-dire le désir de recevoir implanté dans toute la réalité qui a été incluse dans la Pensée de la Création avant la restriction —, on ne discerne aucune disparité de forme ni différence avec la lumière en lui. La lumière et le lieu sont réellement Un. S’il y avait eu un changement ou un déficit dans le lieu, par rapport à la lumière de Ein Sof, il y aurait alors eu deux discernements.

Tsimtsoum [la restriction] signifie que Malkhout de Ein Sof réduit le désir de recevoir en elle. La lumière disparaît donc, car il n’y a pas de lumière sans récipient

14) Ceci est la restriction : le désir de recevoir inclus dans la lumière de Ein Sof, appelé Malkhout de Ein Sof, qui est la Pensée de la Création qui se trouve dans Ein Sof et qui inclut toute la réalité, s’est paré pour s’élever et parvenir à l’équivalence de forme avec Son Essence. C’est pour cette raison qu’elle réduit son désir de recevoir Son abondance dans Béhina Dalet [la quatrième phase] du désir, avec l’intention que par cela tous les mondes émaneront et seront créés jusqu’à ce monde ci. De cette façon, la forme du désir de recevoir sera corrigée et reprendra la forme du don, ce qui l’amènera à l’équivalence de forme avec l’Émanateur. Voici qu’après avoir réduit son désir de recevoir, la lumière s’en va, car nous savons que la lumière dépend du désir, et le désir est l’endroit de la lumière, car il n’y a pas de contrainte dans la spiritualité.

Chapitre 3

Explication de l’origine de l’âme

15) Maintenant, nous pouvons expliquer d’où viennent les âmes, dont nous avons dit qu’elle était une partie divine d’en haut. On a posé la question suivante : comment la forme de l’âme diffère-t-elle de Sa lumière simple, de sorte qu’elle soit séparée, du Tout ? Maintenant, il est clair que c’est parce qu’il y a eu une grande disparité de forme. Bien que le Créateur inclue en Lui toutes les formes que l’on puisse imaginer, après ce qui vient d’être dit, qu’il y a une forme qui n’est pas incluse dans le Créateur, c’est-à-dire le désir de recevoir, car de qui pourrait-Il recevoir ?

Cependant les âmes, qui ont été créées parce que le Créateur voulait leur donner du plaisir — ce qui est la Pensée de la Création —, ont nécessairement cette loi de vouloir recevoir et aspirer à recevoir Son abondance implantée en elles.

C’est en cela qu’elles diffèrent de Lui, car elles ont changé de forme par rapport à Lui. En effet, nous avons déjà expliqué que l’essence matérielle se divise et diffère par la force du mouvement et de la distance, tandis que l’essence spirituelle se divise et diffère par la disparité de forme. D’après la mesure de la disparité de forme, on peut mesurer la distance. Si la disparité de forme atteint le comble de l’opposition, il se fait une coupure et une séparation totale, à tel point qu’elles ne peuvent plus se nourrir, car elles sont alors considérées comme étrangères.

Chapitre 4

Après la restriction et que l’écran aient été placés sur le désir de recevoir, il cesse d’être un récipient de réception, il sort du système sacré, la Lumière réfléchie sert de récipient de réception à sa place, et le récipient du désir de recevoir est remis au système d’impureté

16) Après que la restriction et l’écran aient été placés sur ce récipient appelé le désir de recevoir, il s’annule et sort du système sacré, et à sa place la lumière réfléchie devient le récipient de réception. Sachez que c’est là toute la différence entre ABYA de Kédousha [sainteté] et ABYA de Touma [impureté], car les récipients de réception de ABYA de Kédousha viennent de la lumière réfléchie, corrigée et en équivalence de forme avec Ein Sof, tandis qu’ABYA de Touma utilise le désir de recevoir restreint, qui est une forme opposée à Ein Sof ; c’est pour cela qu’il est coupé et séparé de la Vie des vies, qui est Ein Sof.

L’homme se nourrit des restes des écorces, c’est pourquoi il utilise comme elles le désir de recevoir

17) Maintenant, nous pouvons comprendre la racine des corruptions qui est instantanément incluse dans la Pensée de la Création, qui est de faire plaisir aux créatures. Après avoir descendu les cinq mondes que sont Adam Kadmon [l’homme primordial] et ABYA, les Klipot se dévoilent dans les quatre mondes ABYA d’impureté, ce qui est le sens de « le Seigneur les a faits l’un opposé à l’autre ».

On trouve alors en face de nous ce corps impur matériel, de qui il est dit « le penchant du cœur de l’homme est mauvais dès sa jeunesse », car tout ce qu’il tète depuis sa jeunesse sont les restes des Klipot. Car les Klipot et l’impureté sont la forme du « seul désir de recevoir » qu’il y a en elles, et elles n’ont rien du désir de donner.

Elles sont donc opposées au Créateur, qui n’a aucun désir de recevoir, et son seul désir est uniquement de donner et de faire plaisir. C’est pour cela que les Klipot sont appelées « morts », car elles sont à l’inverse de la Vie des vies ; elles sont coupées du Créateur et n’ont rien de Son abondance.

C’est pour cela que le corps qui s’alimente de ces Klipot est aussi détaché de la vie et est rempli de saleté, tout cela à cause du « désir de seulement recevoir » et non « de donner » qui est implanté en lui, car son désir est tout le temps disposé à dévorer le monde entier.

C’est pourquoi les méchants sont appelés morts durant leur vie, car par cette disparité de forme qui existe depuis leur racine où il n’y a aucun don, ils se coupent du Créateur et ils sont vraiment morts. Et bien qu’on ait l’impression que les méchants aient aussi le don, quand ils donnent la charité, etc., en fait, il est écrit dans Le Zohar que toute miséricorde qu’ils font, ils la font pour eux-mêmes et pour leur honneur.

Cependant, les justes qui s’engagent dans la Torah et les Mitsvot non pour recevoir une récompense, mais uniquement pour faire plaisir au Créateur, purifient en cela leur corps et transforment leurs récipients de réception en don. En cela ils adhèrent au Créateur, car ils ont l’équivalence de forme avec le Créateur sans aucune disparité de forme. C’est ce qu’on dit nos sages à propos du verset : « Dis à Sion : “Tu es Mon peuple” », vous êtes avec Moi en partenariat, c’est-à-dire que les justes sont associés au Créateur, car c’est Lui qui a commencé la Création et les justes la terminent, car ils transforment les récipients de réception en récipients de don.

Toute la réalité est incluse dans Ein Sof et s’étend de l’existence à partir de ce qui existe. Seul le désir de recevoir est nouveau et s’étend ex nihilo

18) Sachez qu’en ce qui concerne la nouveauté que le Créateur a introduite dans la Création, qu’Il l’a fait sortir ex nihilo, cette nouveauté s’applique uniquement à la forme du désir de plaisir qui est implanté dans chaque créature. Rien d’autre n’est nouveau dans la Création, comme il est écrit : « Il forme la lumière et crée l’obscurité. Nahmanide explique que le mot Boré [« Créateur » ou « crée »] indique un nouveauté, quelque chose qui n’existait pas avant.

Nous voyons qu’il n’a pas dit « et crée la lumière » parce qu’il n’y a rien de nouveau, dans le sens d’inventer quelque chose ex nihilo, car la Lumière et tout ce qu’elle contient, c’est-à-dire toutes les sensations et les connaissances agréables dans le monde, tout cela provient de ce qui existe déjà, c’est-à-dire que tout cela est déjà inclus dans le Créateur, et il n’y a donc pas de nouveauté. C’est pourquoi il est écrit « forme la lumière » pour nous dire qu’il n’y a pas de nouveauté ni création.

Cependant, pour l’obscurité, qui inclut toutes les sensations et les connaissances désagréables, il est dit « et crée l’obscurité » car Il les a inventées vraiment ex nihilo, c’est-à-dire qu’elles n’existent pas du tout dans Sa réalité, mais ont été inventées maintenant.

La racine de tout est la forme du « désir de plaisir » incluse dans Ses lumières qui se propagent de Lui. Au début, elle est plus sombre que la Lumière supérieure, et s’appelle donc l’obscurité par rapport à la lumière.

Mais finalement, les Klipot [écorces], la Sitra Akhra [l’autre côté] et les méchants descendent en raison de cela et sont tout à fait coupés de la Racine de la Vie. Comme il est écrit : « ses pieds descendent à la mort ». Ses pieds, signifie la fin. Donc, des pieds de Malkhout, qui est le désir de plaisir qui se trouve dans la propagation de Sa lumière, sort à la fin la mort de la Sitra Akhra et de ceux qui s’en nourrissent et la suivent.

Nous sommes des branches qui s’étendent de Ein Sof ; par conséquent, les choses qui se trouvent dans notre racine nous font plaisir et les choses qui ne se trouvent pas dans notre racine nous sont pénibles et douloureuses

19) On peut se demander : cette disparité de forme du désir de recevoir se trouve forcément dans les créatures, car comment pourraient-elles sinon provenir du Créateur, passer du Créateur à la créature ? Cela n’est possible que grâce à la disparité de forme susmentionnée.

De plus, cette forme de désir de plaisir est la partie principale de la Création, l’axe de la Pensée de la Création, c’est aussi la mesure de la quantité de bien et de plaisir, et c’est pour cela qu’elle est appelée « un endroit ». Aussi, comment peut-on dire d’elle qu’elle s’appelle l’obscurité qui s’étend jusqu’à la mort et qui sépare et détache de la Vie des vies les inférieurs qui reçoivent ? Il faut aussi comprendre cette grande anxiété de la part de ceux qui reçoivent, en raison de la disparité de forme avec le Créateur, et pourquoi il y a une si grande colère.

Pour expliquer ce sujet, il faut commencer par expliquer l’origine des plaisirs et des souffrances que l’on ressent dans ce monde. Vous savez bien que chaque branche a la même nature que sa racine. Donc, tout ce qui s’applique à la racine, la branche s’en contente, l’aime et le convoite ; et tout ce qui ne s’applique pas à sa racine, la branche s’en éloigne, ne le tolère pas et le déteste.

Cette loi s’applique à chaque racine avec sa branche, sans exception, et comme le Créateur est la racine de toutes Ses créatures, tout ce qui est inclus en Lui et nous vient directement de Lui nous fait plaisir et nous plaît, car notre nature est proche de notre racine. De même, tout ce qui ne se trouve pas dans le Créateur et ne s’étend pas directement de Lui, mais est contraire à la Création elle-même, cela aussi sera contre notre nature et sera difficile à tolérer.

Par exemple, nous aimons le repos et nous détestons beaucoup tout mouvement, à tel point que nous ne faisons aucun mouvement si ce n’est pour atteindre le repos. La raison en est que dans notre racine il n’y a pas de mouvement, seulement le repos. Car le mouvement n’y existe pas. C’est pourquoi il est contre notre nature et nous le détestons. De la même façon, nous aimons la sagesse, la vaillance, la richesse et tous les bons attributs, car ils se trouvent dans le Créateur, qui est notre racine. Nous détestons l’inverse, comme la bêtise, la faiblesse, la pauvreté, l’humiliation et ainsi de suite, car cela ne se trouve pas du tout dans notre racine ; cela nous est donc extrêmement détestable et méprisable et donc insupportable.

Il faut pourtant examiner comment il y a une quelconque extension qui ne provienne pas directement de Lui, mais est opposée à la Création. Cela ressemble à un riche qui invite un pauvre et lui donne chaque jour de la nourriture, de l’argent et de l’or, et chaque jour il lui donne davantage. Le pauvre goûte dans ces grands cadeaux deux goûts différents à la fois : d’un côté, il ressent un énorme plaisir provenant de tous ces cadeaux, et de l’autre, il lui est difficile de les supporter ; il a honte quand il les reçoit, et il est embarrassé de toute cette abondance qu’il reçoit à chaque fois. Il est évident que le plaisir qu’il reçoit des cadeaux provient directement du riche qui les lui donne, mais la difficulté qu’il ressent en recevant le cadeau ne provient pas directement du riche qui lui donne, mais de sa propre essence en tant que celui qui reçoit, car la honte s’éveille à cause de la réception et des cadeaux reçus gratuitement, bien qu’en vérité cela provienne aussi du riche, mais indirectement.

Parce que le désir de recevoir n’est pas dans notre racine, nous ressentons de la honte et de l’impatience. Il est écrit que pour corriger cela, Il nous a « préparés » en ce monde le labeur dans la Torah et les Mitsvot [commandements] pour transformer le désir de recevoir en désir de donner

20) Il s’avère que toutes les formes qui nous viennent indirectement du Créateur sont contraires à notre nature et difficiles à tolérer. Ainsi, vous pouvez comprendre que la nouvelle forme qui apparaît chez celui qui reçoit, c’est-à-dire le « désir de plaisir », n’est en aucun cas un défaut dans la valeur du Créateur, mais au contraire, il s’agit de l’axe principal de Sa création ; sans cela, il n’y aurait pas eu de Création du tout. Cependant celui qui reçoit, qui porte cette forme, ressent la difficulté de la tolérer lui-même, parce que cette forme n’existe pas dans sa racine.

Ainsi, on peut comprendre la réponse des sages — que ce monde est créé parce que « celui qui mange ce qui n’est pas à lui à peur de le regarder en face. » Ils parlaient de la disparité de forme du « désir de plaisir » qui se trouve nécessairement dans les âmes, parce que « celui qui mange ce qui n’est pas à lui a peur de le regarder en face ». Autrement dit, celui qui reçoit un cadeau a honte lors de la réception, à cause de la disparité de forme avec la racine qui ne contient pas cette forme de réception.

Donc, afin de corriger cela, Il créa ce monde où l’âme se revêt dans le corps, et grâce à l’engagement dans la Torah et les Mitsvot [commandements] dans le but de faire plaisir au Créateur, les récipients de réceptions de l’âme se transforment en récipients de don. Cela signifie que pour elle-même, elle n’aspire pas à l’abondance, mais elle la reçoit dans le but de faire plaisir au Créateur, qui veut que les âmes se réjouissent de Son abondance. Du fait qu’elle soit lavée de tout désir de recevoir pour elle-même, l’âme n’a plus peur de le regarder en face, et ainsi se révèle la perfection de la créature. La nécessité et le besoin du long enchaînement jusqu’à ce monde, avec ce grand travail de transformation de la forme de réception en forme de don ne peut se faire que dans ce monde ci.

La destruction des méchants est double et les justes hériteront du double

21) Viens et vois que les méchants, leur destruction est double, car ils tiennent la corde par les deux bouts. Ce monde a été créé avec un manque et un vide de toute l’abondance, et pour acquérir des biens, un mouvement est nécessaire. Et nous savons que la multiplicité des mouvements est pénible pour l’homme, car cela ne s’étend pas directement de l’essence du Créateur. Cependant, demeurer sans bien et ni bonté est également impossible, car cela aussi est opposé à la racine, cette dernière étant remplie de bien.

C’est pour cela que l’on choisit de souffrir en faisant des mouvements, afin d’acquérir toutes ces acquisitions. Mais puisque toutes celles-ci ne sont que pour lui-même, et que celui qui a cent en veut deux cent, « l’homme meurt sans avoir atteint la moitié de ses désirs ». On souffre donc des deux côtés : de la peine causée par les nombreux mouvements effectués et de la peine du manque d’acquisitions, car il nous en manque la moitié.

Les justes dans leur pays hériteront du double : une fois qu’ils auront transformé leur désir de recevoir en désir de donner et qu’ils recevront ce qu’ils reçoivent dans le but de donner, alors ils hériteront du double. Car non seulement ils atteindront tout le plaisir et différents biens, ils atteindront en plus l’équivalence de forme avec leur Créateur. Ainsi, ils se trouveront dans la vraie Dvékout [adhésion] et aussi au repos, car l’abondance leur viendra d’elle-même, sans effort ni mouvement.

Chapitre 5

La Pensée de la Création force chaque chose dans la réalité à sortir l’une de l’autre, jusqu’à la réparation finale

22) Maintenant, nous pouvons comprendre la puissance de la particularité du Créateur, que Ses pensées ne sont pas les nôtres, etc. La multiplicité de formes et de concepts que nous percevons dans toute cette réalité qui est devant nous, tout cela s’unit chez le Créateur en une seule et même pensée : la Pensée de la Création, qui est de faire plaisir à Ses créatures. Cette pensée unique entoure toute la réalité en unité absolue jusqu’à la réparation finale, car elle est là tout le But de la Création.

Elle est l’Opératrice, c’est-à-dire la force qui agit, car ce qui n’est que pensée chez le Créateur est une loi obligatoire chez les créatures, et du fait qu’Il a pensé à nous faire plaisir, il s’est obligatoirement passé en nous : être les receveurs de Sa bonne abondance.

Ceci est l’action, c’est-à-dire qu’après que cette loi du désir de recevoir du plaisir a été implantée en nous, nous sommes maintenant définis comme une « action », où, à cause de cette disparité de forme, nous sommes sortis du Créateur en créatures, et d’Opérateur nous sommes devenus l’action.

Tel est l’effort et le travail, car à cause de cette force qui agit en nous, l’envie de recevoir s’accroît en nous suivant la descente des mondes jusqu’au corps séparé dans ce monde, dont la forme est opposé à la Vie des vies, et qui n’est pas capable de donner à l’extérieur de lui-même, ce désir amenant la mort aux corps et toutes sortes de souffrances et d’efforts à l’âme. C’est cela de servir le Créateur par la Torah et les Mitsvot [commandements], car à travers l’illumination de la ligne à l’endroit restreint s’étendent les noms sacrés, la Torah et les Mitsvot.

Grâce au labeur dans la Torah et les Mitsvot avec l’intention de faire plaisir au Créateur, les récipients de réception se transforment petit à petit en récipients de don, et c’est toute la récompense que nous espérons. Car tant que nos récipients de réception ne sont pas corrigés, il nous est impossible d’ouvrir notre bouche pour recevoir Son abondance, en raison de la peur de la disparité de forme, car « celui qui mange ce qui n’est pas à lui a honte de le regarder en face. » C’est la raison de la première restriction, mais lorsque nous corrigeons nos récipients de réception pour qu’ils soient afin de donner, nous les rendons équivalents au Créateur et nous méritons de recevoir Son abondance sans fin.

Vous pouvez voir que toutes ces formes opposées dans toute cette Création devant nous, c’est-à-dire les formes de l’acteur et l’objet de l’action, les formes des corruptions et des corrections, les formes du travail et de sa récompense, etc., tout cela est inclus dans la seule pensée du Créateur, en toute simplicité, c’est-à-dire de faire plaisir à Ses créatures, ni plus ni moins.

De même, cette Pensée inclut toute la multiplicité des concepts, à la fois les concepts de notre Torah et ceux des enseignements séculiers, ainsi que toutes les créatures, les mondes et les différentes formes de conduite en chacun, tous sortent et proviennent de cette seule pensée.

Malkhout de Ein Sof (infini) signifie que Malkhout n’est pas la fin

23) Comment peut-on donner le nom de Malkhout à Ein Sof, s’il y a aussi ici les neuf premières Sefirot, etc. Il s’avère que ce qui est appelé Malkhout de Ein Sof, c’est le désir de recevoir inclus dans la Lumière d’Ein Sof. Sauf que là, Malkhout n’a pas placé de limite ou de fin sur la Lumière d’Ein Sof, car elle n’a pas encore découvert la disparité de forme dans le désir de recevoir. C’est pourquoi cela s’appelle Ein Sof, c’est-à-dire que Malkhout n’y met pas fin, tandis qu’après la restriction et en bas, dans chaque Sefira ou Partsouf, une fin est faite par la force de Malkhout.

 

Chapitre 6

Il est impossible que le désir de recevoir se dévoile dans une essence, si ce n’est dans les quatre Béhinot qui sont les quatre lettres HaVaYaH [Seigneur]

24) Comprenons bien la question de la fin qui se réfère à Malkhout. Expliquons d’abord ce qu’ont défini les kabbalistes : il n’y a ni grande ni petite lumière dans les mondes supérieurs ou inférieurs qui ne soit arrangée selon l’ordre du nom à quatre lettres, HaVaYaH.

Cela est conforme à la règle qu’il n’y a pas une lumière dans les mondes qui ne soit revêtue dans un récipient. J’ai déjà expliqué la différence entre Atsmouto [Son essence] et la lumière qui se propage de Lui. Elle n’est due qu’au désir de plaisir inclus dans Sa lumière qui se diffuse, qui est en disparité de forme par rapport à Son essence qui n’a certainement pas ce désir. Cette lumière qui se propage est définie comme Né’étzal [émanée], car à cause de cette disparité de forme, la lumière sort de l’Émanateur et devient émanée. On explique aussi que le désir de plaisir inclus dans Sa lumière est aussi la mesure de la grandeur de cette lumière ; et c’est appelé « l’endroit » de la lumière c’est-à-dire qui reçoit l’abondance du Créateur selon la mesure de son désir et son envie de recevoir, ni plus ni moins.

On explique aussi que ce sujet du désir de recevoir est la nouveauté de la création des mondes, une forme qui est sortie ex nihilo, car c’est la seule forme qui ne soit pas incluse dans Son essence et qui n’a été inventée que maintenant par le Créateur pour la Création. C’est le sens de « et Il crée l’obscurité », car cette forme est la racine de l’obscurité en raison de sa disparité de forme. C’est pourquoi elle est plus sombre que la Lumière qui se propage en elle et autour d’elle.

Ainsi, vous pouvez comprendre que chaque lumière qui se diffuse du Créateur a instantanément deux Béhinot :

La première est l’essence de la lumière qui se propage avant qu’apparaisse en elle la forme du désir de plaisir.

La deuxième est après qu’apparaisse en elle la forme du désir de plaisir, alors elle s’épaissit et s’obscurcit légèrement en raison de l’acquisition de cette disparité de forme.

Béhina Aleph [la première phase] est la lumière, et Béhina Bet [la deuxième phase] est le récipient. Donc, dans chaque lumière qui se propage, il y a quatre Béhinot qui enthousiasment le récipient, car la forme du désir de recevoir, appelé récipient par rapport à la lumière qui se propage, ne se complète pas d’un seul coup, mais par voie de cause à effet. Il y a deux Béhinot dans Celui qui agit et deux Béhinot dans celui qui subit l’action ; elles s’appellent « potentiel » et « exécution » dans Celui qui agit, et « potentiel » et « exécution » dans celui qui subit l’action. Ce sont les quatre Béhinot.

Le désir de recevoir n’est déterminé dans l’être émané que par un éveil pour recevoir de ses propres forces

25) Puisque le récipient est la racine de l’obscurité, qui est opposé à la lumière, il doit s’enthousiasmer tout doucement d’un degré à l’autre, par voie de cause à effet, comme il est écrit « les eaux ont conçu et ont engendré l’obscurité » (Midrash Raba, Exode chapitre 22). Car l’obscurité est le résultat de la lumière et est activée d’après le modèle de la grossesse et de la naissance, c’est-à-dire « potentiel » et « exécution ». C’est-à-dire que le désir de recevoir est inclus nécessairement et instantanément dans toute lumière qui se propage, mais ce n’est pas une disparité de forme tant que ce désir n’est pas solidement fixé dans la lumière.

Donc, cela ne suffit pas d’avoir le désir de recevoir inclus dans la lumière qui vient de l’Émanateur, mais l’être émané lui-même doit dans les faits découvrir en lui le désir de recevoir, c’est-à-dire qu’il doit étendre l’abondance avec son désir plus que la mesure de la lumière qui se propage de l’Émanateur. Après que l’être émané ait augmenté ce désir de ses propres forces, l’envie et le désir de recevoir sont déterminés en lui et la lumière peut alors se revêtir en permanence dans ce récipient.

Il est vrai que la lumière de l’infini se propage soi-disant aussi aux quatre Béhinot jusqu’à la mesure de la grandeur du désir de l’être émané lui-même, qui est Béhina Dalet [la quatrième phase]. Car il est évident qu’il ne sortirait pas de Son essence pour avoir un nom en propre, c’est-à-dire Ein Sof. Cependant, dans Sa toute-puissance, la forme ne change pas du tout, à cause du désir de recevoir, et il n’y a aucune différence entre la lumière et l’endroit de la lumière, qui est le désir de plaisir ; ils sont un.

Il est écrit qu’avant que le monde ne soit créé, « Il était Un et Son nom Un ». Il est vraiment difficile de comprendre ce doublon— Lui et Son nom —, car avant que le monde n’ait été créé, comment pouvait-on parler de Son nom ? On aurait dû dire : « avant que le monde n’ait été créé, Il était un ».

Mais il s’agit de la lumière de l’Infini avant la restriction. Bien que l’on parle de l’endroit et du désir de recevoir l’abondance de Son essence, il n’y a aucune différence ni distinction entre la Lumière et l’endroit.

Il est un — c’est la Lumière d’Ein Sof et Son Nom est Un —, c’est le désir de plaisir inclus là, sans aucun changement. Vous pouvez comprendre ce qu’ont suggéré les sages, que le Nom en gématrie est égal à Ratson [le désir], c’est-à-dire le désir de plaisir.

Tous les mondes qui se trouvent dans la Pensée de la Création sont appelés la Lumière d’Ein Sof, et la totalité de ceux qui y reçoivent sont appelés Malkhout de Ein Sof

26) Nous avons déjà expliqué que « la fin d’une action est dans la pensée initiale » est la Pensée de la Création qui s’est étendue de Son essence pour faire plaisir à Ses créatures. Il s’avère que chez le Créateur, la pensée et la lumière sont la même chose. Ainsi, il est clair que la lumière d’Ein Sof qui se propage de Son essence inclut toute la réalité qui se trouve devant nous, jusqu’à la future réparation finale, qui est la fin de l’action, car chez le Créateur, toutes les créatures sont déjà parfaitement achevées et éprouvent tout le plaisir qu’Il voulait leur donner. Cette réalité parfaite est appelée la Lumière d’Ein Sof, et ce qui la contient est appelé Malkhout de Ein Sof.

Chapitre 7

Bien que seule Béhina Dalet [la quatrième phase] se soit restreinte, la lumière s’en va aussi des trois premières Béhinot

27) Il a déjà été clarifié que le point médian qui inclut la Pensée de la Création, c’est-à-dire le désir de plaisir qui s’y trouve, s’est paré pour être en équivalence de forme avec le Créateur. Bien que du point de vue du Créateur il n’y ait aucune disparité de forme dans Sa toute-puissance, le point du désir a ressenti cela comme une extension indirecte de Son essence, comme dans l’histoire de l’homme riche. C’est pourquoi elle diminua son désir de la dernière Béhina, qui est le but de la grandeur du désir de plaisir, afin d’ajouter à la Dvékout [adhésion] par une extension directe à partir de Son essence.

Ensuite, la lumière s’est vidée de l’endroit, c’est-à-dire de tous les quatre degrés présent sur place. Et bien qu’elle n’ait diminué son désir que de Béhina Dalet, c’est la nature du spirituel d’être indivisible.

Puis Il étendit à nouveau une ligne de lumière des trois premiers discernements et Béhina Dalet est restée un espace vide

28) Ensuite, la lumière d’Ein Sof s’étendit une fois de plus vers le lieu qui s’est vidé, mais ne remplit pas l’endroit de toutes ses quatre Béhinot, mais seulement de trois Béhinot, comme était le désir du point de Tsimtsoum [restriction]. Ainsi, le point médian qui s’est restreint est resté vide et creux, car la lumière éclairait seulement jusqu’à Béhina Dalet, mais pas entièrement, et la lumière d’Ein Sof s’arrêta là.

Le principe de l’inclusion des Béhinot l’une dans l’autre, qui a lieu dans les mondes supérieurs, sera analysé plus loin. En cela, vous comprenez que ces quatre Béhinot sont incluses l’une dans l’autre de telle façon que dans Béhina Dalet elle-même il y a toutes les quatre Béhinot. Il s’avère que la lumière d’Ein Sof atteint les trois premières Béhinot de Béhina Dalet, et seulement la dernière Béhina de Béhina Dalet reste vide et sans lumière.

Chapitre 8

Hokhma est appelée « Lumière », et Hassadim, « Eau ». Bina est appelée « eaux supérieures », et Malkhout, « eaux inférieures »

29) Maintenant, nous allons expliquer la signification des quatre Béhinot de cause à effet, lesquelles sont nécessaires pour compléter le désir de recevoir. Il y a deux Béhinot de lumière dans Atsilout. La première Béhina est appelée « Lumière », à savoir Hokhma, et la deuxième Béhina est appelée « Eau », ce qui correspond à Hassadim.

La première Béhina s’étend de haut en bas, sans aucune aide de la part de l’inférieur. La deuxième Béhina s’étend avec l’aide de l’inférieur, d’où le nom « eau », car il est dans la nature de la lumière d’être en haut, comme la nature de l’eau est d’être en bas.

Il y a aussi deux Béhinot dans l’eau: les eaux supérieures, par Béhina Bet, dans les quatre Béhinot ; et les eaux inférieures, par Béhina Dalet, dans les quatre Béhinot.

Explication de l’expansion de la lumière d’Ein Sof en quatre Béhinot afin de dévoiler le Kli [récipient], qui est le désir de recevoir

30) Pour cette raison, dans toute expansion de la lumière d’Ein Sof il y a dix Sefirot. C’est parce qu’Ein Sof, qui est la Racine et l’Émanateur, s’appelle Kéter. La lumière de l’expansion elle-même s’appelle Hokhma, et c’est toute la mesure de l’expansion de la lumière d’en haut, de Ein Sof.

Nous savons déjà que le désir de recevoir est incorporé dans chaque expansion de la lumière d’en haut. Cependant, la forme du désir n’est pas vraiment apparente tant que le désir ne se réveille chez l’émané, pour étendre plus de lumière que la mesure de son expansion.

Ainsi, parce que le désir de recevoir est immédiatement inclus à l’état de potentiel dans la lumière de l’expansion, la lumière est donc obligée de faire que potentiel soit réel. En conséquence, la lumière s’éveille pour étendre l’abondance supplémentaire, dans une mesure qui surpasse son expansion à partir d’Ein Sof. Ainsi, le désir de recevoir apparaît réellement dans cette lumière et acquiert la nouvelle forme dans la disparité de forme, par cela il devient plus sombre que la lumière, s’étant épaissit en raison de la nouvelle forme, puisqu’il s’est densifié par la nouvelle forme.

De plus, cette partie, qui s’est densifiée, s’appelle Bina. En vérité, Bina est une partie de Hokhma, c’est-à-dire la lumière même de l’expansion d’Ein Sof. Mais parce qu’elle a accru son désir et attiré plus d’abondance que la mesure d’expansion d’Ein Sof en elle, elle a ainsi acquis une disparité de forme et s’est légèrement densifiée par rapport à la lumière. Ainsi, son propre nom vient de là, qui est « Sefira Bina ».

L’essence de l’abondance supplémentaire qu’elle a étendue d’Ein Sof par le renforcement de son désir s’appelle la lumière de Hassadim, ou « eaux supérieures ». C’est parce que cette lumière ne s’étend pas directement d’Ein Sof, comme la lumière de Hokhma, mais avec l’aide de l’émané, qui a intensifié le désir. Par conséquent, elle mérite son propre nom, à savoir la lumière de Hassadim, ou « Eau ».

Maintenant, vous pouvez constater que la Sefira Bina se compose de trois types de lumière :

La lumière de l’essence de Bina, qui est une partie de la lumière de Hokhma.

L’épaississement et la disparité de forme en elle, acquise par le renforcement du désir.

La lumière Hassadim qui est venue à elle par sa propre extension depuis Ein Sof.

Cependant, cela ne complète toujours pas entièrement le récipient de réception, puisque Bina est essentiellement Hokhma, qui est en effet très élevée, une expansion directe de la lumière d’Ein Sof. En conséquence, seule la racine pour les récipients de réception et l’opérateur pour l’action du Kli sont apparus dans Bina.

Par la suite, cette même lumière de Hassadim qu’elle a étendue par son intensification s’est à nouveau diffusée d’elle, et une petite illumination de Hokhma a été ajoutée. Cette expansion de la lumière de Hassadim est appelée Zeir Anpin [ZA], ou HGT.

Cette lumière de cette expansion a également augmenté son désir d’étendre une nouvelle abondance, plus que la mesure d’illumination de Hokhma dans son expansion à partir de Bina. Cette expansion est également considérée comme deux Béhinot, puisque la lumière de l’expansion elle-même s’appelle ZA ou VAK, tandis que l’intensification en elle est appelée Malkhout.

Telles sont les dix Sefirot : Kéter est Ein Sof ; Hokhma est la lumière de l’expansion d’Ein Sof ; Bina est la lumière de Hokhma qui s’est intensifiée afin d’accroître l’abondance et par laquelle elle s’est épaissie : ZA, qui se compose de HGT NHY, est la lumière de Hassadim avec l’illumination de Hokhma, laquelle se diffuse de Bina ; et Malkhout est le deuxième renforcement pour ajouter davantage une illumination de Hokhma qu’il y en a dans ZA.

Les quatre Béhinot dans le désir sont les quatre lettres HaVaYaH, lesquelles sont KHB TM

31) C’est la signification des quatre lettres dans le tétragramme [HaVaYaH]:

La pointe du Youd est Ein Sof, ce qui signifie la force opératrice comprise dans la Pensée de Création, qui est de faire plaisir à Ses créatures, à savoir le Kli de Kéter.

Youd est Hokhma, c’est-à-dire Béhina Aleph, qui est l’état réel du potentiel contenu dans la lumière de l’expansion d’Ein Sof.

Le premier Hey est Bina, Béhina Bet, qui est l’exécution du potentiel, c’est-à-dire la lumière qui s’est épaissie de Hokhma.

Vav est Zeir Anpin ou HGT NHY, c’est-à-dire l’expansion de la lumière de Hassadim qui est sortie grâce à Bina. C’est Béhina Guimel, la force qui fait apparaitre l’action.

Le Hey inférieur de HaVaYaH est Malkhout, c’est-à-dire Béhina Dalet. C’est la manifestation de l’acte complet dans le Kli de réception qui s’est renforcé pour étendre plus d’abondance que la mesure de son expansion depuis Bina.

Ceci détermine la forme du désir de recevoir, et la lumière qui revêt son Kli, qui est le désir de recevoir qui est seulement complet à la quatrième Béhina, et pas avant.

Maintenant, vous pouvez facilement comprendre qu’il n’y a aucune lumière dans les mondes supérieurs et inférieurs qui ne soit arrangée suivant le tétragramme, c’est-à-dire les quatre Béhinot. Sans lui, le désir de recevoir qui devrait être dans chaque lumière n’est pas déterminé, car ce désir est l’endroit et la mesure de cette lumière.

Les lettres Youd et Vav de HaVaYaH sont fines, car elles sont un simple potentiel

32) Ceci pourrait nous étonner, puisque Youd implique Hokhma et que Hey implique Bina, et toute l’essence de la lumière qui existe dans les dix Sefirot existe dans la Sefira Hokhma, alors que Bina, Zeir Anpin et Malkhout sont simplement des vêtements, par rapport à Hokhma. Ainsi, Hokhma aurait dû prendre la plus grande lettre du tétragramme.

Le fait est que les lettres du tétragramme ne concernent pas ni ne suggèrent la quantité de lumière dans les dix Sefirot. Elles indiquent plutôt des mesures d’impact sur le Kli. Le blanc sur le rouleau du livre de la Torah suggère la lumière, et le noir, c’est-à-dire les lettres dans le livre de la Torah, suggèrent la qualité des Kélim [récipients].

Ainsi, parce que Kéter n’est que la racine de la racine du Kli, elle suggère seulement la pointe du Youd. Hokhma, qui n’est qu’une force avant d’apparaitre réellement, suggère la plus petite des lettres, à savoir Youd.

Bina, où la force s’exécute, suggère la lettre la plus large, Aleph. ZA n’est que la force qui exécute l’action ; par conséquent, il est suggéré dans une lettre longue et fine, Vav. La minceur de sa ligne indique que l’essence du Kli y est encore dissimulée à l’état de potentiel, et la longueur de sa ligne indique qu’à la fin de son expansion, le Kli complet et parfait apparaît en lui.

Hokhma n’est pas parvenue à faire apparaitre tout le Kli [récipient] dans son expansion, car Bina n’est pas encore véritablement un Kli, mais en est l’opérateur. Par conséquent, la jambe du Youd est courte, pour montrer qu’elle est encore courte et que tout le récipient à travers son expansion et la force qui y est dissimulée n’est pas apparent.

Malkhout est également sous-entendue par la lettre Hey, comme le Sefira de Bina, qui est une lettre plus large, et qui apparaît sous sa forme complète. Vous ne devriez pas être étonné de ce que Bina et Malkhout ont les mêmes lettres, puisque dans le monde de la correction elles sont vraiment semblables et se prêtent leurs récipients respectifs, comme il est écrit « Elles marchèrent ensemble ».

Chapitre 9

Le mouvement spirituel signifie le renouvellement de la disparité de forme

33) Il nous reste à voir la signification du temps et du mouvement que nous rencontrons presque à chaque mot dans cette sagesse. En effet, sachez que le mouvement spirituel n’est pas comme un mouvement réel d’un endroit à un autre. Il se réfère plutôt à un renouvellement de forme.

Nous appelons chaque renouvellement de forme par le nom de « mouvement ». C’est parce que ce renouvellement, c’est-à-dire cette disparité de forme qui s’est renouvelée dans le spirituel, contrairement à sa forme générale précédente dans ce spirituel, est considérée comme s’étant divisée et éloignée de ce spirituel, comme étant sortie avec son propre nom et sa propre autorité. En cela, elle ressemble complètement à une essence corporelle dont une certaine partie s’est séparée et va d’un endroit à un autre. Par conséquent, le renouvellement de forme s’appelle un « mouvement ».

Le temps spirituel signifie un certain nombre de nouvelles disparités de forme dérivant l’un de l’autre. Avant et après signifie cause et conséquence

34) En ce qui concerne la définition spirituelle du temps, comprenez que, pour nous, l’essentielle de la définition spirituelle du temps n’est qu’une sensation de mouvements. Notre imagination visualise et conçoit un certain nombre de mouvements, qu’elle distingue un à un et les traduit comme une certaine quantité de « temps ».

Ainsi, si quelqu’un se retrouvait à l’état de repos complet au sein de son environnement, il ne serait même pas conscient du concept de temps. Ainsi en va-t-il de la spiritualité : un certain nombre de renouvellements de forme est considéré comme des mouvements spirituels. Ceux-ci se mêlent les uns aux autres par voie de cause à effet, et s’appellent « temps » dans la spiritualité. La question « d’avant » et « d’après » se réfère toujours à la « cause et la conséquence ».

Chapitre 10

L’entière substance qui est attribuée à l’émané est le désir de recevoir. Tout ajout en lui est attribué à l’Émanateur

35) Sachez que le désir de recevoir dans l’émané, qui est son Kli, est également toute la substance générale qui est attribuée à l’émané, de sorte que tout ce qui existe à côté est attribué à l’Émanateur.

Le désir de recevoir est la première forme de chaque essence. Nous définissons la première forme comme « substance », car nous n’en atteignons pas l’essence

36) Bien que nous percevions le désir de recevoir comme un incident et une forme dans l’essence, comment se fait-il que nous le percevions comme la substance de l’essence ? En fait, c’est la même chose avec les essences qui sont près de nous. Nous nommons la première forme dans l’essence « la première substance dans l’essence », puisque nous n’avons rien atteint ni perçu dans quelque substance que ce soit, car nos cinq sens en sont complètement incapables. La vue, l’ouïe, l’odorat, le goût et le toucher n’offrent à notre esprit d’analyse que des formes abstraites « d’incidents » de l’essence, issus de la collaboration avec nos sens.

Par exemple, même si nous prenons les atomes les plus petits et les plus microscopiques à leur fondation, et séparés au moyen d’un processus chimique, ils ne sont, à leur tour, que de simples formes abstraites apparaissant comme telles à nos yeux. Plus précisément, nous les distinguons et les examinons par les voies du désir de recevoir, et à recevoir, que nous trouvons en elles.

Après ces démarches, nous pouvons distinguer et séparer ces différents atomes de la toute première matière de cette essence. Toutefois, même là, ils ne seraient pas plus que des forces dans l’essence, et non une substance.

Ainsi, vous constatez que même dans la matérialité, nous n’avons aucune autre manière de comprendre la première matière, si ce n’est qu’en supposant que la première forme est la première matière, laquelle porte en elle tous les autres incidents et formes qui suivront. Et à plus forte raison dans les mondes supérieurs, là où le tangible et l’imaginaire ne s’appliquent pas.

 

Introduction au Talmud des dix Sefirot

1) Au commencement de mon discours, j’ai grand besoin de briser le mur de fer qui, depuis la destruction du Temple jusqu’à cette génération, nous a séparé de la sagesse de la Kabbale. Il repose lourdement sur nous et suscite une peur d’être oubliée d’Israël.

Cependant, quand je commence à parler au cœur de quiconque de cette étude, sa première question est « Pourquoi devrais-je savoir combien d’anges il y a dans le ciel et quels sont leurs noms? Est-ce que je ne peux pas observer l’ensemble de la Torah dans tous ses détails et ses complexités sans ces connaissances? »

Sa deuxième question sera « Les sages ont déjà déterminé que l’on doit d’abord remplir son ventre avec la Guémara et le Talmud. Alors comment quelqu’un peut-il se leurrer en pensant qu’il a fini toute la Torah révélée et qu’il ne lui manque que la sagesse cachée? »

La troisième « Comme il y a déjà eu des cas de déviation du chemin de la Torah à cause d’un engagement dans la Kabbale, il a peur de mal tourner à cause de cet engagement. Pourquoi aurais-je besoin de ce désagrément? Qui serait assez bête pour se mettre en danger pour rien? »

La quatrième « Même ceux qui favorisent cette étude ne la permettent seulement qu’à de saintes personnes, serviteurs du Créateur. Est-il donné à tous ceux qui veulent saisir le Seigneur de venir et de se servir? »

La cinquième et la plus importante « Nous avons une habitude, qui veut que lorsque nous doutons, nous suivions: « Fais comme les autres » et je vois que tous ceux qui étudient la Torah dans ma génération sont unanimes et s’abstiennent d’étudier ce qui est caché. De plus, à ceux qui le leur demandent, ne conseillent-ils pas de manière indubitable d’étudier une page de Guémara à la place de cet engagement? »

2) En effet, si on prenait à cœur de ne répondre qu’à une seule question très connue, je suis sûr que toutes ces questions et ces doutes disparaîtraient, comme s’ils n’avaient jamais existé. Ainsi la question pressante que tous les hommes se posent est : Quel est le sens de notre vie? En d’autres termes, ces nombreuses années de notre vie qui nous coûtent si chères, à savoir, les nombreuses douleurs et les nombreux tourments que nous souffrons à cause d’elle, et allons jusqu’au bout et demandons, qui en profite? Pour être encore plus précis, à qui est-ce que je fais plaisir?

Il est vrai que les historiens sont déjà las de la considérer, sans parler de notre génération, où personne ne veut même la soulever. En dépit de tout, la question même garde toute sa force et son amertume. Parfois elle nous rencontre, sans avoir été invitée, elle assaille notre esprit et nous rabaisse jusqu’à la poussière, avant que nous ne parvenions à retrouver le stratagème connu, c’est-à-dire, se laisser entraîner dans les courants de la vie, comme autrefois.

3) En effet, c’est pour résoudre cette énigme impénétrable que le verset dit: « Goûtez et voyez que le Seigneur est bon ». Ceux qui respectent la Torah et les Mitsvot suivant les lois sont ceux qui goûtent la saveur de la vie et ce sont eux qui voient et témoignent que le Seigneur est bon, comme nos sages disent, qu’Il a créé les mondes pour faire du bien à Ses créatures, puisque la voie de Celui qui est bon est de prodiguer le bien.

Mais il est évident que celui qui n’a pas encore goûté à la saveur de la vie en observant la Torah et les Mitsvot ne peut pas comprendre ni ressentir que le Seigneur est bon comme nos sages le disent, car toute l’intention du Créateur, en le créant, n’était que de lui faire du bien. Donc, il n’a pas d’autre conseil que d’aller pratiquer la Torah et les Mitsvot suivant les lois.

Il est écrit dans la Torah (Deutéronome 30:15): « Vois, J’ai mis devant toi aujourd’hui la vie et le bien et la mort et le mal ». Ceci veut dire qu’avant le don de la Torah, nous n’avions que la mort et le mal devant nous, comme nos sages disent, que « les méchants dans leur vie sont appelés morts », car leur mort est meilleure que leur vie, puisque les douleurs et les souffrances qu’ils endurent pour obtenir leur subsistance sont bien plus grandes que le peu de plaisir qu’ils ressentent dans cette vie.

Cependant, maintenant nous avons été récompensés de la Torah et des Mitsvot et en les observant nous sommes récompensés de la vie véritable, joyeuse et qui réjouit son propriétaire, comme il est écrit : « Goûtez et voyez que le Seigneur est bon ». Le texte dit à ce sujet : « Vois, J’ai mis devant vous aujourd’hui, la vie et le bien », ce qu’en réalité, vous n’aviez pas du tout avant le don de la Torah.

Le texte finit par (Deutéronome 30 :19): « Alors choisis la vie, afin de vivre, toi et ta descendance » et il y a apparemment une répétition « choisis la vie, afin de vivre ». Mais ceci fait référence à la vie où l’on observe la Torah et les Mitsvot, car alors on vit dans la vérité, alors qu’une vie sans Torah ni commandements est plus dure que la mort. C’est la signification des mots de nos sages: « les méchants dans leur vie sont appelés morts ».

Le texte a dit: « afin de vivre, toi et ta descendance ». Cela veut dire, non seulement qu’une vie sans Torah est sans joie aucune pour son propriétaire, mais aussi, que celui-ci ne peut pas non plus faire plaisir aux autres, c’est-à-dire qu’il ne trouve même pas de satisfaction dans les fils qu’il engendre, puisque la vie de ceux-ci aussi, est plus dure que la mort. Quel cadeau leur fait-il?

En fait, celui qui vit selon la Torah et les Mitsvot non seulement est récompensé de sa propre vie, mais il est heureux aussi de donner naissance à des fils et de leur léguer cette bonne vie. Ceci est la signification de « afin de vivre, toi et ta descendance », car il a un plaisir supplémentaire dans la vie de ses fils, dont il est la cause.

4) Par cela, vous comprendrez les mots de nos sages à propos du verset « Et tu choisiras la vie ». Il exprime: « Je vous indique de choisir la part de la vie, comme une personne dit à son fils: choisis pour toi-même une bonne part de mes biens. Il le place sur le bon lot et lui dit : choisis cela pour toi-même ». Il est écrit à ce propos « Le Seigneur est mon destin et ma chance, Tu assures mon sort. Tu as placé ma main sur le bon destin et Tu as dit: Prends cela pour toi ».

Ces mots sont en apparence déconcertants, car le verset dit : « et tu choisiras la vie », ce qui veut dire que l’homme choisit de lui-même. Cependant, ils disent « Il le place sur le bon lot ». N’y a-t-il donc plus de choix ici? Et de plus, ils disent que c’est le Créateur qui place la main de l’homme sur le bon destin. C’est très surprenant, car, si tel est le cas, où est alors le choix de l’homme?

Dans l’explication vous comprendrez la signification des leurs paroles. Car il est vrai et très exact que le Créateur Lui-même place la main de l’homme sur le bon destin, à savoir, en lui donnant une vie de satisfaction et de plaisir dans sa vie matérielle remplie de tourments et de douleurs et qui est vide de tout sens. L’homme forcément s’en détache et s’en échappe quand il lui semble même, qu’à travers les fentes, un endroit paisible apparaît à peine où s’évader de cette vie qui est plus dure que la mort. Car n’y a-t-il pas de plus grande patience du Créateur avec l’homme que celle-là?

Le choix de l’homme est seulement de se renforcer, parce qu’il y a certainement un grand effort et travail avant de purifier son corps et de pouvoir observer correctement la Torah et les Mitsvot, c’est-à-dire, non pour son propre plaisir mais pour contenter son Créateur, ce qui est appelé Lishma « en Son nom », car ce n’est que de cette façon, que l’homme est récompensé d’une vie de bonheur et de plaisir accompagnant l’observation de la Torah.

Avant d’arriver à cette purification, il a certainement le choix de se renforcer dans la bonne voie, par toutes sortes de moyens et de stratagèmes et il fera tout ce que sa main trouvera la force de faire, jusqu’à achever le travail de purification sans tomber à mi-chemin, sous le poids du fardeau.

5) On comprend alors les mots de nos sages dans le Traité des Pères (6:4): « Ainsi est la voie de la Torah: tu mangeras du pain avec du sel, boiras un peu d’eau, dormiras par terre, vivras une vie pénible et travailleras dur dans la Torah. Si tu agis ainsi, heureux es-tu, heureux dans ce monde et heureux dans le monde à venir ».

Il faut se demander : En quoi la sagesse de la Torah est-elle différente des autres enseignements dans le monde qui n’ont pas besoin d’ascétisme ni d’une vie pénible, mais pour lesquels le travail est suffisant pour en être récompensé? Bien que nous travaillions intensivement dans la Torah, cela n’est pas encore suffisant pour être récompensés de la sagesse de la Torah, sauf par l’ascétisme du pain avec du sel et une vie pénible etc.

La dernière phrase est encore plus surprenante car ils disent « Si tu agis ainsi, heureux es-tu, heureux dans ce monde et heureux dans le monde à venir ». Il en est ainsi, parce qu’il est possible d’être heureux dans le monde à venir. Cependant, dans ce monde, quand je me mortifie en mangeant et buvant et dormant et en vivant une vie très pénible, ils ont dit de cette vie « heureux es-tu dans ce monde»? Est-ce là, la signification d’une vie heureuse dans ce monde?

6) En fait, il vient d’être expliqué que l’engagement dans la Torah et des Commandements, selon les lois et leurs conditions strictes, est de faire plaisir à son Créateur et non pas pour une satisfaction personnelle. Il n’est possible d’y arriver que par un grand labeur et beaucoup d’efforts pour purifier le corps.

Le premier stratagème est de s’habituer à ne rien recevoir pour son propre plaisir, même les choses permises et nécessaires à l’existence de son corps, telles que manger, boire, dormir et autres nécessités. Ainsi, il se détache complètement de tout plaisir qui se présente à lui, même du nécessaire vital, en cessant de se le procurer, jusqu’à vivre littéralement une vie pénible.

Alors, après s’y être habitué et que son corps ne désire plus recevoir aucun plaisir pour lui-même, il lui est alors possible de s’engager aussi dans la Torah et d’exécuter les Mitsvot, c’est-à-dire contenter son Créateur et non pas pour un quelconque plaisir personnel.

Quand il en est récompensé, il est alors récompensé de goûter la vie heureuse, remplie de tout le bien et le plaisir, qui apparaissent par l’engagement dans la Torah et des Commandements Lishma, [en Son nom], sans aucun défaut dû à la peine. C’est comme Rabbi Meir dit (Traité des Pères 6:1) « Celui qui s’engage dans la Torah Lishma, est récompensé de nombreuses choses. Qui plus est, le monde entier le favorise … et les secrets de la Torah lui sont révélés et il devient comme une source abondante ».

C’est à son sujet que le verset dit: « Goûtez et voyez que le Seigneur est bon ». Celui qui goûte la saveur de l’engagement dans la Torah et des Mitsvot Lishma, est récompensé de voir par lui-même l’intention de la Création, qui est uniquement de faire le bien à Ses créatures, puisque c’est la voie de Celui qui est bon de faire le bien. Il est joyeux et content des nombreuses années de vie que le Créateur lui a attribuées et le monde entier le soutient.

7) Maintenant vous comprendrez les deux côtés de l’engagement dans la Torah et les Mitsvot. D’un côté, c’est la voie de la Torah, c’est-à-dire une préparation considérable par laquelle l’homme doit préparer la purification de son corps, avant d’être récompensé d’observer la Torah et les Mitsvot.

Il pratique alors forcément la Torah et les Mitsvot Lo Lishma [pas en Son nom], mais en y mêlant son propre plaisir car il n’a pas encore eu le temps de nettoyer ni de purifier son corps du désir de recevoir les plaisirs des vanités de ce monde. C’est à ce moment qu’il doit vivre une vie pénible et travailler dur dans la Torah, comme il est écrit dans la Mishna.

Certes, lorsqu’il a accompli la voie de la Torah, qu’il a déjà purifié son corps et qu’il est maintenant prêt à observer la Torah et les Mitsvot Lishma, pour satisfaire son Créateur, il arrive alors de l’autre côté, qui est la vie de plaisir et de grande sérénité qui était l’intention de la Création de « faire le bien à Ses créatures », c’est-à-dire une vie la plus heureuse dans ce monde et dans le monde à venir.

8) Ceci explique bien la grande différence entre la sagesse de la Torah et les autres enseignements du monde: acquérir les autres enseignements dans le monde n’améliore pas du tout à la vie dans ce monde, parce qu’ils ne donnent même pas la moindre gratification pour les tourments et les souffrances que l’individu subit durant sa vie. Il n’est donc pas obligé de corriger son corps; le travail qu’il donne en
contrepartie est tout à fait suffisant, comme c’est le cas avec toutes les autres possessions matérielles acquises en contrepartie du labeur et du travail.

Cependant, le seul but de l’engagement dans la Torah et les Mitsvot est de rendre l’individu capable de recevoir toute cette bonté qui est dans l’intention de la Création, « de faire le bien à Ses créatures ». Il doit donc certainement purifier son corps pour mériter et bénéficier de cette bonté divine.

9) Ceci clarifie bien, aussi, les paroles de la Mishna, « Si tu agis ainsi, heureux tu seras dans ce monde ». Cette précision est donnée intentionnellement pour indiquer qu’une vie heureuse dans ce monde n’est préparée que pour ceux qui ont accompli la voie de la Torah. Donc, la question de la mortification en mangeant, buvant, dormant et en ayant une vie pénible, mentionnée ici, ne dure que quand il est sur la voie de la Torah. C’est pourquoi ils précisent et disent: « Ainsi est la voie de la Torah ».

Quand l’individu a terminé cette voie de Lo Lishma dans une vie pénible et dans la mortification, la Mishna termine en disant: « heureux es-tu dans ce monde », parce que tu acquerras le même bonheur et la même bonté qui sont dans l’intention de la Création et le monde entier te favorisera à savoir même ce monde ci et encore plus, le monde à venir.

10) Le Zohar (Genèse 72) écrit à propos du verset « Et Dieu dit: Que la lumière soit et la lumière fut. La lumière était dans ce monde et la lumière était dans le monde à venir ». Ce qui veut dire que l’œuvre de la création a été créée dans son entière forme et stature, c’est-à-dire dans leur perfection et gloire absolues. En conséquence, la Lumière qui a été créée le premier jour, est apparue dans toute sa perfection et contenait également la vie de ce monde dans une douceur et une délicatesse totales, comme exprimées dans les mots « la lumière fut ».

Cependant, pour préparer un espace où choisir et travailler, Il se dressa et la dissimula pour les justes à la fin des temps, comme nos sages le disent. Ainsi ils dirent dans leur langue pure « la Lumière était dans ce monde » Cependant, ce n’est pas resté ainsi mais « la Lumière était dans le monde à venir ».

En d’autres termes, ceux qui observent la Torah et les Commandements Lishma n’en seront récompensés qu’à la fin des temps, c’est-à-dire dans l’avenir après la purification de leur corps par la voie de la Torah car ils sont alors également dignes de cette formidable Lumière dans ce monde, comme nos sages disent « Tu verras ton monde dans ta vie ».

11) Cependant, nous trouvons et voyons dans les mots des sages du Talmud, qu’ils nous ont facilités davantage la voie de la Torah que les sages de la Mishna, en disant « L’homme pratiquera toujours la Torah et les Commandements, même Lo Lishma et de Lo Lishma il arrivera à Lishma, car la Lumière en elle le ramène vers le bien ».

Ainsi ils nous ont inventé un nouveau moyen pour remplacer l’ascétisme, présenté dans la Mishna (Traité des Pères) et qui est la « Lumière dans la Torah ». Elle a suffisamment de puissance pour le ramener vers le bien et le mener à pratiquer la Torah et les Commandements Lishma.

Ils n’ont pas mentionné ici la mortification, mais uniquement l’engagement dans la Torah et les Commandements seuls, cette Lumière lui suffit et le ramène vers le bien, pour qu’il puisse s’engager dans la Torah et les Commandements, pour procurer contentement à son Créateur et en aucun cas pour son plaisir personnel. Ceci est appelé Lishma.

12) Mais nous devons apparemment y réfléchir. Après tout, n’avons-nous pas trouvé que l’engagement dans la Torah de quelques étudiants n’a pas aidé à venir à Lishma à travers la Lumière qui est en elle? En effet, observer la Torah et les Mitsvot Lo Lishma veut dire qu’il croit en le Créateur et en la Torah et en la récompense et punition. Il s’engage dans la Torah parce que le Créateur en a ordonné la pratique, mais il associe son propre plaisir avec la satisfaction de son Créateur.

Si après tout son labeur dans la pratique de la Torah et des Mitsvot, il savait qu’il ne lui reviendrait aucun plaisir, ni gratification personnelle de ce grand labeur et effort, il regretterait d’avoir accompli tous ces efforts, car dès le début il se serait torturé, en pensant qu’il se réjouirait lui aussi de ce travail. Ceci est appelé Lo Lishma.

Néanmoins, nos sages ont aussi permis le début de l’engagement dans la Torah et les Mitsvot Lo Lishma, parce que de Lo Lishma il arrivera à Lishma. En effet, il n’y a pas de doute que si cet étudiant n’a pas acquis la foi en le Créateur et en Sa Torah, mais demeure dans le doute, ce n’est pas à son sujet que nos sages ont dit « de Lo Lishma il viendra à Lishma » et ce n’est pas de lui qu’ils ont dit « qu’en s’y engageant la Lumière qui est en elle le ramène vers le bien ».

La Lumière de la Torah n’illumine que ceux qui ont la foi. De plus, la mesure de cette Lumière est à la mesure de la force de sa foi. C’est l’opposé pour ceux qui n’ont pas la foi, car ils reçoivent les ténèbres de la Torah et leurs yeux s’obscurcissent.

13) Les sages ont composé une belle allégorie à propos de ce verset « Malheur à vous qui désirez le jour du Seigneur! Pourquoi voulez-vous le jour du Seigneur? Il est ténèbres et non lumière » (Amos 5:18). C’est l’histoire d’un coq et d’une chauve-souris qui attendaient la lumière. Le coq dit à la chauve-souris « J’attends la lumière parce que la lumière est mienne, mais toi, pourquoi as-tu besoin de la lumière? » (Sanhédrin 98).

On comprend bien, que ces mêmes étudiants qui n’ont pas été récompensé de venir de Lo Lishma à Lishma, à cause de leur manque de foi, n’ont reçu aucune lumière de la Torah et donc ils marchent dans les ténèbres et mourront sans sagesse.

Mais ceux qui ont été récompensés d’une foi complète, il leur est garanti, dans les mots de nos sages, qu’en s’engageant dans la Torah même Lo Lishma, la lumière qui est en elle les ramènera vers le bien et ils seront récompensés de la Torah Lishma qui apporte une vie heureuse et bonne dans ce monde et dans le monde à venir, même sans souffrance préalable ni vie pénible. C’est d’eux que le verset dit « Alors tu te délecteras dans le Seigneur et Je te ferai chevaucher sur les hauts lieux de la terre ».

14) Concernant le propos évoqué ci-dessus, j’ai autrefois interprété le dicton de nos sages: « Celui dont la Torah est son art ». La mesure de sa foi est apparente dans sa pratique de la Torah parce que les lettres du mot Oumanouto [son art] sont les mêmes en hébreu que les lettres du mot Emounato [Sa foi].

C’est comme une personne qui a confiance en son ami et lui prête de l’argent. Elle peut lui faire confiance pour un Euro, mais si il lui demande deux Euros elle refusera de lui prêter et elle peut lui faire confiance jusqu’à cent Euros, mais pas plus. Elle peut aussi lui faire confiance pour la moitié de ses biens, mais pas tous ses biens. Enfin, elle peut aussi lui faire confiance pour la totalité de ses biens, sans le moindre soupçon de peur. Cette dernière foi est considérée comme une foi complète, mais dans les cas précédents, elle est considérée comme une foi incomplète. C’est plutôt une foi partielle, soit plus soit moins.

Ainsi, l’un alloue seulement une heure par jour pour pratiquer la Torah et travailler à la mesure de sa foi en le Créateur. L’autre alloue deux heures, en fonction de sa foi en le Créateur. Le troisième ne néglige même pas un seul instant de son temps libre, sans s’engager dans la Torah et le travail. Ainsi, seule la foi du dernier est complète puisqu’il fait confiance au Créateur pour tous ses biens. Mais les précédents, n’ont pas encore une foi tout à fait complète.

15) Ainsi, il a été très bien clarifié que l’homme ne doit pas s’attendre à ce que la Torah et les Commandements Lo Lishma l’amènent à Lishma, sauf quand il sait dans son âme qu’il a été récompensé de la foi en le Créateur et en Sa Torah. C’est alors que la Lumière qui est en elle le ramène vers le bien et il sera récompensé du jour du Créateur qui est entièrement Lumière. La sainteté de la foi purifie les yeux de l’homme pour se réjouir de Sa Lumière, jusqu’à ce que la Lumière de la Torah le ramène vers le bien.

Cependant, ceux qui sont sans foi ressemblent à des chauves-souris qui ne peuvent pas regarder la lumière du jour, parce que la lumière du jour s’est transformée en une obscurité plus terrible que les ténèbres de la nuit, car elles ne se nourrissent que dans l’obscurité de la nuit.

De même, les yeux de ceux qui n’ont pas la foi sont aveuglés par Sa Lumière et ainsi la Lumière devient pour eux obscurité et la potion de vie devient pour eux une potion de mort. C’est à leur sujet que le texte dit : « Malheur à vous qui désirez le jour du Seigneur! Pourquoi voulez-vous le jour du Seigneur? Il est ténèbres et non lumière ». Il faut donc, d’abord, faire que la foi soit complète.

16) Ceci répond à une question dans les Tossafot (Taanit p7) « Pour celui qui s’engage dans la Torah Lishma, Sa Torah devient pour lui une potion de vie. Pour celui qui s’engage dans la Torah Lo Lishma, Sa Torah devient une potion de mort ». Ils demandent « L’homme s’engagera toujours dans la Torah et les Commandements Lo Lishma, car de Lo Lishma il viendra à Lishma ».

Selon ce qui a été expliqué, il faut diviser cela simplement: celui qui s’engage dans la Torah au nom du Commandement d’étudier la Torah et qui croit en la récompense et punition, bien qu’il associe son plaisir et son utilité personnelle avec l’intention de contenter son Créateur, la Lumière qui est en elle le ramènera vers le bien et il viendra à Lishma.

Celui qui étudie la Torah, non parce que c’est un Commandement d’étudier la Torah, puisqu’il ne croit pas en la récompense et punition au point de travailler dur pour elle, mais ne fait des efforts que pour son propre plaisir, elle devient donc une potion de mort pour lui, car la Lumière qui est en elle sera pour lui obscurité.

17) C’est pourquoi l’élève se doit, avant son étude, de renforcer sa foi en Dieu et en Sa Providence de la récompense et la punition, comme l’ont dit nos sages « sache… qui est ton employeur qui te payera le salaire pour ton travail ». L’élève orientera son effort vers les Mitsvot [commandements] de la Torah et ainsi il sera récompensé de se réjouir de Sa Lumière. Par la Sgoula [remède/mérite] de Sa Lumière, il renforcera et augmentera aussi sa foi, comme il est écrit « ce sera le remède à ta chair et la potion pour tes os » (Proverbes 3: 8).

Ainsi, il est certain que son cœur sera prêt, car de Lo Lishma il viendra à Lishma. De cette façon, même celui qui sait qu’il n’a pas encore été récompensé de la foi, aura l’espoir d’y arriver aussi en étudiant la Torah. Par cela, il n’y a pas de plus grande Mitsva, que celle de mettre tout son cœur et tout son esprit pour être récompensé de la foi en le Créateur, comme le disent nos sages « Habacuc arriva et insista: le juste vivra dans sa foi » (Makot 24).

Non seulement cela, mais il n’a pas d’autre conseil, comme il est écrit (dans Massekhet Baba Batra) « Raba dit: Job demanda à ce que le monde entier soit exempt du jugement. Il Lui dit: Maitre du monde, Tu as créé les justes, Tu as créé les méchants, qui Te retient ? ». Rachi explique « Tu as créé des justes par le bon penchant, Tu as créé des méchants par le mauvais penchant, personne n’échappe à Tes mains, car qui T’en empêcherait. Les pécheurs y sont obligés. Que lui ont répondu ses amis (Job 15 :4) : même toi tu transgresses la crainte et tu apaises ta dévotion devant Dieu. Le Créateur a créé le mauvais penchant et a créé l’épice de la Torah ».

Et Rachi interprète « Il lui a créé la Torah, qui est l’épice et qui annule les pensées de transgression » comme il est écrit (dans Kidoushin page 30) « si ce scélérat t’a blessé, emmène-le au séminaire. S’il est pierre, il se rompra, leur voie n’est pas forcée, car ils peuvent se sauver ».

18) Il est clair qu’ils ne peuvent pas échapper au jugement, s’ils ont dit qu’ils ont reçu cette épice et qu’ils ont encore des pensées de transgression, c’est-à-dire qu’ils vivent encore dans le doute et leur mauvais penchant ne s’est pas encore dissous. Car le Créateur, qui a créé et a donné au mauvais penchant sa validité, savait évidemment créer aussi son remède et l’épice, qui infailliblement épuisent la force du mauvais penchant et l’anéantissent complètement.

Si quelqu’un s’est engagé dans la Torah et n’a pas réussi à se défaire de son mauvais penchant, ce n’est que parce qu’il a négligé d’y mettre tout le labeur et les efforts exigés pour étudier la Torah, comme il est écrit « Je n’ai pas fait d’effort et j’ai trouvé, n’y crois pas » mais il se peut qu’il ait donné « la quantité » d’efforts exigée, mais a négligé « la qualité ».

C’est-à-dire qu’ils n’ont pas mis leur esprit ni leur cœur, tout en s’engageant dans la Torah, pour être récompensé d’attirer la Lumière de la Torah, qui apporte la foi dans le cœur de l’homme, mais s’y sont engagés sans être attentifs au point principal exigé dans la Torah, qui est sa Lumière qui amène à la foi. Bien qu’ils en aient eu l’intention au début, ils en ont dévié pendant l’étude.

Quoi qu’il en soit, il ne peut pas s’exempter du jugement en plaidant la contrainte, suite à l’impératif de nos sages « J’ai créé le mauvais penchant, Je lui ai créé l’épice de la Torah », car s’il existait une exception, la question de Job serait encore valide.

19) Par toutes ces clarifications, j’ai ôté une grande revendication quant à ce qui étonne dans les écrits de Rabbi Haim Vital, dans son introduction à Shaar HaHakdamot du Ari et dans l’introduction au livre L’arbre de vie et je cite :

« En effet, un homme ne devrait pas dire : je vais m’engager dans la sagesse de la Kabbale avant de m’engager dans la Torah et la Mishna et le Talmud », car nos sages ont déjà dit: « un homme n’entrera pas dans le Pardes, si son ventre n’est pas plein de viande et de vin ». Cela ressemble à une âme sans corps, qui n’a ni récompense, ni action, ni compte, jusqu’à ce qu’elle se relie au corps, quand il est complet, corrigé dans les Mitsvot de la Torah, les 613 Mitsvot.

De même, à l’inverse, quand il s’engage dans la sagesse de la Mishna et du Talmud de Babylone, sans consacrer une part aux secrets de la Torah et à ses mystères, c’est comme un corps assis dans l’obscurité sans une âme humaine, la chandelle de Dieu, qui l’éclaire à l’intérieur. De sorte que le corps est sec et n’attire pas une source de vie.

Donc, l’élève intelligent qui s’engage dans la Torah Lishma, doit d’abord étudier la sagesse de la Bible, de la Mishna et du Talmud, autant que son esprit puisse l’endurer et ensuite il se mettra à connaître son Créateur par la sagesse de la vérité. Tel que le roi David a ordonné à son fils Salomon « Connais le Dieu de ton père et sers-Le ». Si l’homme trouve l’étude du Talmud difficile et pesante, après s’y être donné une chance, il ferait mieux d’y renoncer et de s’engager dans la sagesse de la vérité.

Il est écrit que l’élève qui n’a pas vu de bon signe de son étude en cinq ans, n’en verra plus (Houlin page 24). Cependant, tout homme qui étudie facilement, doit étudier une heure ou deux par jour la Halakha, expliquer et interpréter les questions qui se posent dans les lois littérales ».

20) Et voilà qu’apparemment ses paroles étonnent beaucoup, car il dit, qu’il aille s’engager dans la sagesse de la vérité, avant d’avoir réussi dans l’étude du révélé, ce qui est en contradiction avec ses propres paroles précédentes, que la sagesse de la Kabbale sans la Torah révélée, est comme une âme sans corps et n’a ni action, ni compte, ni récompense. La preuve est que l’élève qui n’a pas vu de bon signe, est encore plus étonnante, car nos sages n’ont-ils pas dit de renoncer à l’étude de la Torah que pour cette raison? Mais évidemment, c’est pour l’avertir de vérifier sa conduite et d’essayer chez un autre Rav, ou dans une autre partie de la Torah. Mais il ne doit en aucun cas renoncer à la Torah, pas même à la Torah révélée.

21) Une autre difficulté dans les paroles du Rabbi Haim Vital et celles de la Guémara dont il ressort que l’homme a besoin d’une certaine préparation et d’une excellence spéciale pour être récompensé de la sagesse de la Torah. Mais nos sages ont dit (dans Midrash Raba portion « et c’est la bénédiction »): « Le Saint béni soit-Il dit à Israël: votre vie, toute la sagesse et toute la Torah sont des choses faciles. Tous ceux qui Me craignent et observent les paroles de la Torah, toute la sagesse et toute la Torah sont dans leur cœur ». Donc, il n’y a aucun besoin d’une excellence préalable et c’est seulement par la vertu de la crainte du Créateur et l’observation des Mitsvot, que l’on est récompensé de toute la sagesse de la Torah.

22) Ainsi, en faisant attention à ses paroles, elles sont claires comme un ciel sans nuage. Le texte « il ferait mieux d’y renoncer, après s’être donné une chance dans la sagesse révélée », ne se réfère pas à la chance d’être perspicace et érudit, mais comme nous l’avons expliqué plus haut dans « J’ai créé le mauvais penchant, J’ai créé l’épice de la Torah », c’est-à-dire qu’il a mis son labeur et ses efforts dans la Torah révélée, mais le mauvais penchant se trouve encore là, valide et ne se dissout pas du tout, car il n’est pas encore sauvé de pensées de transgression, comme l’a écrit Rachi, plus haut dans l’explication de « Je lui ai créé l’épice de la Torah ».

C’est pourquoi il lui conseille d’y renoncer et de s’engager dans la sagesse de la vérité, car il est plus facile d’attirer la Lumière de la Torah en étudiant et en faisant des efforts dans la sagesse de la vérité, qu’avec l’effort dans la Torah révélée. La raison est simple, car la sagesse de la Torah révélée est revêtue de vêtements extérieurs et matériels, comme le vol, la nuisance etc., ce qui rend difficile à tout homme d’orienter son esprit et son cœur pendant l’étude vers le Créateur, pour attirer la Lumière de la Torah.

De plus, cet homme, qui a déjà de lourdes difficultés à étudier le Talmud, comment pourrait-il encore se rappeler du Créateur pendant l’étude, alors qu’elle traite de sujets matériels, qui ne peuvent être en lui en même temps que l’intention pour le Créateur?

C’est pourquoi il lui conseille de s’engager dans la sagesse de la Kabbale, qui est une sagesse vêtue entièrement des noms du Créateur et alors évidemment il pourra, sans peine, orienter son esprit et son cœur vers le Créateur durant l’étude, même si elle est des plus difficiles, car traiter de sujets de sagesse et du Créateur, est la même chose, et c’est très facile.

23) C’est pourquoi, il apporte une belle preuve des écrits de la Guémara « de là, l’élève qui n’a pas vu de bon signe de son étude en cinq ans, n’en verra plus », car pourquoi n’a-t-il pas vu de bon signe de son étude? Ce n’est certainement qu’à cause du manque d’intention de son cœur et non pas parce qu’il n’a pas de disposition pour la Torah, car la sagesse de la Torah n’a besoin d’aucun talent.

Mais d’après le verset ci-dessus, « Le Saint béni soit-Il dit à Israël: votre vie, toute la sagesse et toute la Torah sont des choses faciles. Tous ceux qui Me craignent et observent les paroles de la Torah, toute la sagesse et toute la Torah sont dans leurs cœurs ».

Certes, cela lui demande du temps pour s’habituer à la Lumière de la Torah et aux Mitsvot et je ne sais pas combien. L’homme peut attendre ainsi soixante-dix ans de sa vie. C’est pourquoi la Braita (Houlin 24) nous prévient qu’il ne faut pas attendre plus de cinq ans. Rabbi Yossi dit que trois ans sont plus que suffisants pour être récompensé de la sagesse de la Torah. S’il n’a pas vu de bon signe durant cette période, qu’il ne se berce pas de faux espoirs et ne soit pas frustré ni déçu, mais qu’il sache qu’il ne verra jamais un bon signe.

C’est pourquoi il doit immédiatement se trouver un beau stratagème, par lequel il réussira à atteindre Lishma et être récompensé de la sagesse de la Torah. La Braita n’a pas spécifié quel stratagème, mais met en garde de ne pas rester dans la même situation, à attendre. C’est ce que dit le Rav, que le stratagème le plus fructueux et le plus sûr pour lui, est de s’engager dans la sagesse de la Kabbale. Il renoncera complètement à la sagesse de la Torah révélée, vu qu’il s’y est déjà donné une chance et n’y a pas réussi et il dédiera tout son temps à la sagesse de la Kabbale, par laquelle sa réussite sera certaine.

24) C’est très simple, car il n’y a là rien de l’enseignement de la Torah révélée qu’il faille savoir pratiquement, car « l’ignorant n’est pas pieux, un enseignement erroné conduit à la malveillance et un pécheur fera perdre beaucoup de bien ». De sorte qu’il soit obligé de les répéter jusqu’à ne plus y échouer en pratique.

Mais tout ce dont on parle ici n’est que d’étudier la sagesse de la Torah révélée, de voir et d’expliquer les questions qui se posent dans les lois littérales, comme en déduit Rabbi Haim Vital lui-même, c’est-à-dire la partie de l’étude de la Torah qui n’est pas du tout pratiquée par des actions, ni par des lois.

On peut donc en faciliter l’étude par les écrits abrégés au lieu de la source. Cela aussi exige une grande attention, car celui qui connaît la loi par sa source, ne ressemble pas à celui qui la connaît par la lecture d’un résumé. Pour ne pas s’y tromper, Rabbi Haim Vital déclare dès le début de ses paroles, que l’âme ne se lie au corps que quand celui-ci est complet et corrigé par les Mitsvot de la Torah, des 613 Mitsvot.

25) Vous verrez à présent, que toutes les questions que nous avons posées au début de l’introduction ne sont que des futilités. Ce sont ces filets mêmes que le mauvais penchant déploie pour piéger les âmes naïves et les tourmenter dans ce monde sans pitié.

Voyons la première question, où ils prétendent pouvoir pratiquer la Torah entière sans avoir aucune connaissance de la sagesse de la Kabbale. Je leur dis, en effet, si vous pouvez étudier la Torah et pratiquer ses Mitsvot, suivant les lois, Lishma, c’est-à-dire, uniquement, pour contenter le Créateur, alors vous n’avez vraiment pas besoin de l’étude de la Kabbale, car alors on dira de vous « L’âme de l’homme nous enseignera », car alors tous les secrets de la Torah vous sont révélés, comme une source abondante, comme le dit Rabbi Meir, dans la Mishna (Avot), sans avoir besoin d’aide des livres.

Mais si vous étudiez encore Lo Lishma et que vous espérez être récompensé de Lishma, je dois donc vous demander, combien de temps étudiez-vous ainsi? Si vous vous trouvez encore dans les cinq ans, d’après Tana Kama, ou bien les trois ans, d’après Rabbi Yossi, vous avez alors encore le temps d’attendre et d’espérer.

Mais si, dans l’engagement de la Torah Lo Lishma, vous avez dépassé les trois ans, d’après Rabbi Yossi et les cinq ans, d’après Tana Kama, la Braita vous avertit que vous ne verrez pas de bon signe sur la voie prise!

Pourquoi donc bercer votre âme de faux espoirs, alors que vous possédez un conseil aussi proche et sûr que l’étude de la sagesse de la Kabbale, comme j’en ai prouvé le sens plus haut, vu que l’étude des sujets de la sagesse ne font qu’un avec le Créateur ?

26) La seconde question touche à ce qui est écrit, qu’il faut d’abord remplir son ventre avec la Mishna et la Guémara. Certes, tout le monde est d’accord avec cela. Mais il est évident que tout cela est vrai si vous avez déjà été récompensé de l’étude Lishma, ou même Lo Lishma, si vous êtes encore dans les trois ans ou les cinq ans. Mais après cela, la Braita vous avertit que vous ne verrez jamais de bon signe. Vous devez donc tenter votre chance dans l’étude de la Kabbale.

27) Nous devons aussi savoir que la sagesse de la vérité comprend deux parties:

La première partie est nommée « les secrets de la Torah », qu’il est interdit de révéler, excepté à travers des indices, de la bouche d’un sage kabbaliste, à quelqu’un qui en comprend le sens. Et les Maassé HaMerkava et Maassé Béréshit appartiennent à cette partie. Les sages du Zohar nomment cette partie « les trois premières Sefirot », « Kéter, Hokhma, Bina ». Elle est également nommée « Roch HaPartsouf » [la tête du Partsouf].

La deuxième partie est nommée « les goûts de la Torah » [Taamim], qu’il est permis de dévoiler et c’est aussi une grande Mitsva de les révéler. Elle est appelée dans le Zohar « les sept Sefirot inférieures du Partsouf ». Elle est aussi appelée Gouf HaPartsouf » [le corps du Partsouf].

Car dans chaque Partsouf de sainteté, il y a dix Sefirot, nommées : Kéter, Hokhma, Bina, Hessed, Guevoura, Tifféret, Netsakh, Hod, Yessod, Malkhout. Les trois premières Sefirot sont appelées « Roch HaPartsouf ». Les sept Sefirot inférieures sont nommées « Gouf HaPartsouf ». L’âme de l’homme inférieur contient également les dix Sefirot sous leurs noms ci-dessus et de même dans chaque discernement, les supérieurs comme les inférieurs.

La raison pour laquelle les sept Sefirot inférieures, qui sont le corps du Partsouf, sont nommées Taamim de la Torah « les goûts de la Torah », est le sens de : « un palais qui mange goûte », car les lumières qui se révèlent sous les trois premières, qui sont le sens de Roch, s’appellent « les goûts » et Malkhout de Roch est nommée « Palais » (Heikh). C’est pourquoi ils sont appelés « les goûts de la Torah », c’est-à-dire qui apparaissent dans le palais de la bouche, qui est la source de tous les goûts, qui est Malkhout de Roch. Et de là et en bas, il n’est pas interdit de révéler. Au contraire, il n’y a pas de plus grande récompense pour celui qui les dévoile.

Et donc ces trois premières et ces sept inférieures sont expliquées, ou bien dans leur entièreté, ou bien dans les plus petits détails possibles, de sorte que même les trois premières de Malkhout de la fin du monde Assiya appartiennent à la partie « des secrets de la Torah » dont la révélation est interdite et les sept Sefirot inférieures de Kéter de Roch Atsilout, appartiennent aux « goûts de la Torah », qu’il est permis de révéler. Toutes ces choses sont écrites dans les livres de Kabbale.

28) Vous trouverez la source de tous ces écrits dans Massekhet Pessakhim (page 119), comme il est écrit (Isaïe 23) « et son négoce et son salaire seront consacrés à Dieu, il ne sera ni prisé ni conservé, car son salaire sera pour ceux qui demeurent devant Dieu pour se nourrir à satiété et se vêtir majestueusement ». Que veut dire « se vêtir majestueusement »? C’est ce qui couvre les choses qu’Atik Yomin couvrait. Et que sont-elles? Les secrets de la Torah. Il y en a qui disent, ce qui révèle les choses couvertes par Atik Yomin. Que sont-elles? Les goûts de la Torah ».

L’interprétation du Rashbam : Atik Yomin est le Saint béni soit-Il, comme il est écrit « Atik Yomin est assis ». Les secrets de la Torah sont Maassé Merkava et Maassé Béréshit. La signification du « Nom » est comme il est écrit « C’est Mon Nom à jamais ». « Le vêtement » veut dire qu’il ne les transmet pas à n’importe qui, mais seulement à celui dont le cœur est anxieux.

« Ce qui découvre les choses que Atik Yomin recouvre » - qui veut dire recouvre les secrets de la Torah, qui étaient couverts au début et que Atik Yomin a dévoilé et a permis de révéler. Celui qui les révèle est récompensé de ce qui est dit dans ce verset.

29) Voici explicitement la grande différence entre les secrets de la Torah, dont celui qui les atteint en reçoit toute cette grande récompense pour les avoir couverts, sans les dévoiler et leur contraire, les Taamim de la Torah, dont celui qui les atteint en reçoit toute cette grande récompense pour les avoir révélés aux autres. On ne contredit pas le premier avis, mais seulement l’examen des différentes significations entre elles.

Le Lishna Kama déclare que c’est la fin, comme il est dit : « se vêtir majestueusement ». Ainsi interprète-t-on l’atteinte de la grande récompense pour avoir couvert les secrets de la Torah. D’autres déclarent que c’est le début comme il est dit « Manger à satiété » qui veut dire Taamim de la Torah, comme il est écrit « le palais qui mange goûtera », car les lumières des Taamim sont nommées nourriture.

C’est ainsi qu’on explique l’atteinte de la grande récompense, pour celui dont il est dit qu’il dévoile les Taamim de la Torah. (Il n’y a pas de différence entre eux, l’un parle des secrets de la Torah et l’autre des Taamim de la Torah). Mais les deux pensent qu’il faut couvrir les secrets de la Torah et révéler les goûts de la Torah.

30) Et voici donc une réponse claire aux quatrième et cinquième questions du début de l’introduction. Les paroles des sages et des livres saints expliquent aussi qu’il ne faut les transmettre qu’à celui dont le cœur est anxieux, en l’occurrence cette partie nommée « secrets de la Torah », qui sont les trois premières Sefirot et Roch, qu’on ne transmet qu’aux humbles sous certaines conditions, car tu n’en trouveras même pas une seule mention dans tous les livres de Kabbale écrits et imprimés, car ce sont les choses qu’Atik Yomin a recouvertes cité dans la Guémara.

De plus, pouvez-vous dire que l’on puisse penser et même concevoir, que tous ces saints et ces justes renommés, qui sont les plus grands et les meilleurs de la nation, comme le Sefer Yetsira (livre de la Création), le livre du Zohar et la Braita de Rabbi Ismaël, Rabbi Hai Gaon, et Rabbi Hamai Gaon, Rabbi Eléazar de Garmiza et le reste des Richonim (les premiers) jusqu’au Nahamanide et Baal HaTourim et Baal Shoulchan Aroukh jusqu’au Gaon de Vilna et le Gaon de Ladi et les autres justes, que ce sont d’eux qu’est sortie toute la Torah révélée et que nous vivons de leur mots, pour savoir ce qu’il faut faire pour plaire aux yeux du Créateur. Ils ont tous écrit et imprimé des livres sur la sagesse de la Kabbale et il n’y a pas de plus grande révélation que d’écrire un livre et l’écrivain ne sait pas qui le lira et il se peut que des méchants le lisent et il n’y a donc plus de grande révélation des secrets de la Torah que cela.

Ne vous imaginez pas que ces saints et purs aient pu transgresser d’un iota ce qui est écrit et expliqué dans la Mishna et la Guémara, qu’il est interdit de les révéler, comme écrit dans Massekhet Haguiga dans Ein Dorshin.

Mais forcément, tous ces livres écrits et imprimés, sont les Taamim de la Torah, qu’Atik Yomin avait recouvert au début et qu’il a révélé plus tard dans le sens du « palais qui mange goûtera » et que non seulement, il n’est pas interdit de dévoiler ces secrets, mais au contraire, c’est une grande Mitsva de les révéler (ci-dessus Pessakhim 119). La récompense de celui qui sait les découvrir et les révèle, est très grande, car du dévoilement de ces lumières à un grand nombre et expressément à un grand nombre, dépend la venue du Messie, bientôt de nos jours Amen.

31) Pour une fois, il faut expliquer pourquoi la venue du Messie dépend de la diffusion de l’enseignement de la Kabbale aux masses, qui a été tellement publiée dans le Zohar et les livres de Kabbale. Les foules considèrent cela vain et c’est insupportable.

L’explication de ce sujet est commentée dans les Tikounim [corrections] du Zohar (Tikoun 30 « Netiv Tanina »). Traduction abrégée : « Quand la Sainte Shékhina [Divinité] est descendue en exil, cet esprit s’est répandu sur ceux qui étudient la Torah, car la Sainte Shékhina se trouve parmi eux. Ils sont tous comme des animaux ruminants du foin. Quelque faveur qu’ils fassent, c’est dans leur propre intérêt. De même pour tous ceux qui étudient la Torah, quelque faveur qu’ils fassent, c’est dans leur propre intérêt. A ce moment-là, l’esprit les quitte et ne reviendra plus jamais. C’est l’esprit du Messie.

Malheur à celui qui fait partir l’esprit du Messie et fasse qu’il ne revienne plus jamais. Ils rendent la Torah aride et ne veulent pas faire d’efforts dans la sagesse de la Kabbale. Ces personnes font que la source de la sagesse s’en va, qui est le Youd du nom HaVaYaH. L’esprit du Messie part, le saint esprit, l’esprit de la sagesse et de la compréhension, l’esprit du conseil et de la puissance, l’esprit de la connaissance et de la crainte de Dieu. « Et Dieu dit: que la Lumière soit », c’est la Lumière de l’amour, l’amour de la Grâce, comme il est écrit : je t’ai aimé d’un amour éternel.
A ce sujet il est dit « si vous éveillez et attisez l’amour jusqu’à ce qu’il satisfasse… » C’est l’amour qui ne reçoit pas de récompense. Car si la crainte et l’amour sont pour recevoir une récompense, c’est une servante…une servante qui hérite de sa maîtresse».

32) Nous commencerons à expliquer les Tikounim du Zohar de la tête aux pieds, car il dit que la crainte et l’amour, que l’homme a dans la pratique de la Torah et des Mitsvot afin d’avoir une récompense, c’est-à-dire espérer en récolter un bienfait dû à la Torah et au travail, sont considérés comme la servante, de laquelle il est écrit « la servante qui hérite de sa maîtresse ».

C’est apparemment dur, car il est écrit : « L’homme pratiquera toujours la Torah et les Mitsvot Lo Lishma ». Pourquoi la terre s’est-elle mise en colère? Il faut aussi comprendre le rapport entre la pratique Lo Lishma et la servante, spécifiquement, ainsi que l’expression « qui hérite de sa maîtresse », de quel héritage parle-t-on ici?

33) Vous comprendrez cette question par tout ce qui est expliqué plus-haut dans cette introduction. Ils n’ont permis de pratiquer Lo Lishma que parce que, de Lo Lishma on arrive à Lishma, car sa Lumière ramène vers le bien et inversement, la pratique de Lo Lishma est considérée comme la servante qui aide et fait les basses corvées pour sa maîtresse, qui est la Sainte Shékhina, car à la fin, il arrivera à Lishma et sera récompensé de l’inspiration de la Shékhina. Alors la servante, considérée comme l’engagement dans Lo Lishma, sera aussi considérée comme la servante de la Sainteté, car c’est elle qui aide à préparer la Sainteté, mais est appelée le monde de Assiya de Kedousha.

Cependant, si sa foi n’est pas complète et ne s’engage dans la Torah et le travail seulement parce que le Créateur lui en a ordonné l’étude, il a déjà été expliqué plus haut que dans cette Torah et ce travail, Sa Lumière n’apparaîtra pas du tout car ses yeux sont défectueux et comme avec la chauve-souris, la lumière devient obscurité.

Cette façon d’étudier l’a fait sortir de l’autorité de la servante de la Sainteté, car il ne sera pas récompensé d’arriver à Lishma, mais il sera sous l’autorité de la servante des Klipot, qui hérite de cette Torah et de ce travail et se les approprie. C’est pourquoi la terre s’est mise en colère, c’est-à-dire la Sainte Shékhina qui est nommée la Terre, car cette même Torah et ce même travail, qui devaient lui revenir et être la propriété de la Sainte Shékhina, la mauvaise servante se l’est appropriée et les a réduits à la possession des Klipot. La servante se retrouve donc à hériter de sa maîtresse.

34) Les Tikounim du Zohar ont expliqué le sens du serment, « si vous éveillez et attisez l’amour jusqu’à ce qu’il satisfasse ». L’insistance est sur le point qu’Israël attirera la lumière de Hessed supérieur, qui est nommée « l’amour de la Grâce », car c’est ce qui est « désirable » et qui est attiré expressément par la pratique de la Torah et des Mitsvot, sans en recevoir de récompense. Le sens en est que, c’est par cette Lumière de Hessed que la Lumière de Hokhma supérieure s’étend sur Israël et se dévoile et se revêt de cette Lumière de Hessed qu’Israël a attiré.

Cette lumière de Hokhma est le sens du verset « Et l’esprit du Seigneur repose sur lui, l’esprit de la sagesse et de la compréhension, l’esprit du conseil et de la puissance, l’esprit de la connaissance et de la crainte de Dieu » (Isaïe 11), qui se rapporte au Roi Messie « Il portera un drapeau pour les peuples et rassemblera ceux qui sont loin d’Israël et regroupera ceux de Juda qui sont dispersés aux quatre coins du monde », car après qu’Israël aura attiré la lumière de Hokhma à travers la lumière de Hessed, le Messie se dévoilera et regroupera ceux qui sont loin d’Israël.

Tout cela dépend de l’engagement dans la Torah et du travail dans Lishma, qui est capable d’attirer la grande lumière de Hessed, dans qui se revêt et est attirée la lumière de Hokhma. Et c’est le sens du serment « si vous éveillez et attisez », car la rédemption complète et le rassemblement des exilés sont impossibles sans cela, vu que c’est ainsi que les voies saintes sont ordonnées.

35) Il est aussi expliqué : « et l’esprit de Dieu planait sur les eaux ». Quel est « l’esprit de Dieu»? Pendant l’exil, quand Israël s’engagent encore dans la Torah et les Mitsvot Lo Lishma, et s’il en est vraiment ainsi, que de Lo Lishma ils arrivent à Lishma, alors la Shékhina est parmi eux, bien qu’ils soient en exil car ils ne sont pas encore dans Lishma.

Il est écrit que la Shékhina est cachée, mais à la fin ils seront récompensés de découvrir la Shékhina et alors l’esprit du Roi Messie planera sur ceux qui s’y engagent et les éveillera pour arriver à Lishma, car « Sa Lumière les ramène vers le bien ». C’est elle qui aide et prépare à l’inspiration de la Shékhina, qui est sa maîtresse.

Au contraire, si leur engagement dans Lo Lishma ne les amènent pas à Lishma, la Shékhina est alors désolée et déclare qu’elle ne se trouve pas chez ceux qui s’engagent dans la Torah, ce même esprit qui élève l’homme, car ils se contentent de l’esprit animal qui abaisse et tout leur engagement dans la Torah et les Mitsvot n’est que dans leur propre intérêt et satisfaction personnelle. L’engagement dans la Torah n’est pas capable de les amener à Lishma, car l’esprit du Messie ne plane pas sur eux, mais s’en éloigne et ne reviendra plus à eux, car la servante impure s’approprie leur Torah et hérite de la maîtresse, parce qu’ils ne sont pas sur la voie pour aller de Lo Lishma à Lishma.

Bien qu’ils ne réussissent pas dans l’engagement de la Torah révélée, car elle ne contient pas de Lumière et est aride à cause de leur petitesse d’esprit, ils peuvent quand même réussir dans l’étude de la Kabbale, car sa Lumière est vêtue des vêtements du Créateur, c’est-à-dire des Noms sacrés et des Sefirot, qui les amèneraient bien facilement de Lo Lishma à Lishma, et alors l’esprit de Dieu planera sur eux, car « Sa Lumière les ramène vers le bien ».

Mais ils ne veulent en aucun cas étudier la Kabbale. C’est pourquoi il est écrit qu’ils causent la misère, le saccage, la destruction, le massacre et la destruction dans le monde, car l’esprit du Messie est parti, le saint esprit, l’esprit de la sagesse et de la compréhension.

36) Les Tikounim du Zohar expliquent qu’il y a un serment : la Lumière de Hessed et l’amour dans le monde n’apparaîtront pas tant que les actions d’Israël, dans la Torah et les Mitsvot, ne seront pas avec l’intention de ne pas en recevoir de récompense, mais uniquement pour plaire au Créateur, ce qui est le sens du serment « Je vous en conjure, filles de Jérusalem ».

De sorte que toute la durée de l’exil et les souffrances que nous subissons dépendent de nous et attendent que nous soyons récompensés de nous engager dans la Torah et les Mitsvot Lishma. Dès que nous en serons récompensés, cette lumière de l’amour et de Hessed s’éveillera immédiatement, comme il est écrit « et l’esprit de la sagesse et de la compréhension reposera sur lui ». Alors nous serons récompensés de la rédemption complète.

Il a aussi été expliqué qu’il n’est pas possible que tout Israël atteigne cette grande pureté, sauf par l’étude de la Kabbale, qui est la voie la plus facile et elle suffit aussi aux plus simples d’esprit. Ce qui n’est pas le cas dans la pratique seule de la Torah révélée, par laquelle on ne peut pas y arriver, sauf quelques élus et avec beaucoup d’efforts, mais pas par la majorité du peuple (pour les raisons expliquées au point 22). Ainsi, l’insignifiance des quatrième et cinquième questions du début de l’introduction a été bien démontrée.

37) La troisième question qui est la crainte de mal tourner, il n’y a aucune crainte ici, car le fait de dévier de la voie du Créateur, qui est arrivé dans le passé, s’est passé pour deux raisons : ou bien ils ont transgressé les paroles de nos sages au sujet de ce qui est interdit de dévoiler, ou bien ils ont saisis les paroles de la Kabbale dans leur signification extérieure, c’est-à-dire comme des directives matérielles et ont transgressé « Tu ne te feras point de sculpture, ni d’image ».

C’est pourquoi, il y avait une muraille fortifiée autour de cette sagesse jusqu’à ce jour et nombreux ont essayé de commencer à étudier et n’ont pas pu continuer à cause d’un manque de compréhension et en raison des expressions matérielles. C’est pourquoi j’ai pris la peine, dans le commentaire de Panim Meirot et Panim Masbirot, d’expliquer l’important livre L’arbre du vie du Ari, en rendant abstraite les formes matérielles et en les plaçant sous les lois de la spiritualité, au-delà de l’espace et du temps, de sorte que chaque débutant puisse comprendre le sens et le motif des choses, dans un esprit clair et d’une grande simplicité, comme quiconque comprend la Guémara grâce aux commentaires de Rachi.

38) Continuons à élargir l’obligation de l’étude de la Torah et des Mitsvot Lishma. Il faut comprendre ce terme « Torah Lishma ». Pourquoi ce travail complet et désiré est-il défini par ce terme « Lishma » et le travail non désiré par le terme « Lo Lishma »? Dans le sens élémentaire, où celui qui s’engage dans la Torah et les Mitsvot doit orienter son cœur pour plaire à Dieu et non à lui-même, n’aurait-il pas fallu le définir par le terme « Torah Lishmo » et « Torah Lo Lishmo » qui veut dire pour le Créateur ? Et pourquoi le définir par « Lishma » et « Lo Lishma », qui veut dire pour la Torah?

Il doit certainement y avoir un autre sens à que ce qui est dit, car l’expression prouve que la Torah Lishmo (pour Lui), c’est-à-dire pour satisfaire son Créateur, ne suffit pas encore et il faut s’engager Lishma, qui veut dire pour la Torah. Cela nécessite une explication.

39) Nous savons que la Torah porte le nom de « Torah de la vie », comme il est dit « Car c’est la vie pour ceux qui la trouvent » (Proverbes 4 :22), « Ce n’est pas une chose vaine pour vous, c’est votre vie » (Deutéronome 32:47). Vu qu’il en est ainsi, la signification de Torah Lishma est donc, que l’engagement dans la Torah et des Mitsvot donne vie et longévité et alors la Torah porte bien son nom.

Pour celui qui n’oriente pas son cœur ni son esprit vers ce qui a été dit, l’engagement dans la Torah et des Mitsvot lui apporte le contraire de la vie et de la longévité, à savoir tout à fait « Lo Lishma », car son nom est « Torah de la vie » et comprenez cela. Ces paroles sont expliquées par nos sages (Taanit 7 p1) « Celui qui s’engage dans la Torah Lo Lishma, sa Torah devient pour lui un élixir de mort. Celui qui s’engage dans la Torah Lishma, sa Torah devient pour lui un élixir de vie ».

Mais leurs paroles doivent être éclairées pour comprendre comment et en quoi la Sainte Torah devient pour lui un élixir de mort. Cela est très déconcertant.

40) Comprenons d’abord les paroles de nos sages (Méguila 6), qui disent « j’ai fait des efforts et j’ai trouvé, crois-le. Je n’ai pas fait d’efforts et j’ai trouvé, ne le crois pas ». Il faut examiner l’expression « j’ai fait des efforts et j’ai trouvé », qui parait contradictoire, car « l’effort » veut dire un travail et un labeur qui sont le prix de toute possession désirée et on fait beaucoup d’efforts pour une possession importante et on fait moins d’efforts pour une moindre possession.

Son opposé est de « trouver », c’est une chose qui arrive à l’homme sans qu’il y pense, sans qu’il soit préparé à un labeur, à un travail ou à un prix. S’il en est ainsi, comment peut-on dire « j’ai fait des efforts et j’ai trouvé »? S’il y a là un effort, il aurait fallu dire « j’ai fait des efforts et j’ai acheté » ou bien « j’ai fait des efforts et j’ai gagné » etc. et non « j’ai fait des efforts et j’ai trouvé ».

 41) Le Zohar pose la question au sujet de « Mes adeptes Me trouveront », où trouve-t-on le Créateur? Et ils dirent que l’on ne trouve le Créateur que dans la Torah. C’est ce qu’ils disent du verset « Tu es un Dieu qui se cache », car le Créateur se cache dans la Torah. Il convient de comprendre correctement les paroles de nos sages car, apparemment, le Créateur ne se cache que d’éléments et de voies matériels et de toutes les futilités de ce monde qui sont extérieurs à la Torah. Alors comment peut-on dire le contraire, qu’Il ne se cache que dans la Torah?

Il y a aussi la signification générale, que le Créateur se cache pour qu’on Le cherche. Pourquoi a-t-Il besoin de se cacher? Aussi « tous ceux qui Le cherchent Le trouveront », que l’on comprend du verset « tous Mes adeptes me trouveront », il faut bien comprendre cette recherche et cette découverte, que sont-elles et quel est leur but?

42) Il faut néanmoins savoir qu’il n’y a qu’une seule raison à notre grand éloignement du Créateur et à notre possible transgression de Sa volonté et cette seule raison est devenue la source de tous nos maux et souffrances, de toutes les malveillances et erreurs qui nous font échouer et sur qui nous nous heurtons.

De plus, on comprend qu’en supprimant cette raison, on se défait immédiatement de toute peine et de toute douleur et on est récompensé immédiatement d’une grande adhésion à Lui, dans le cœur, âme et force. Je vous dirai que cette raison première n’est autre que « notre peu de compréhension de Sa Providence sur Ses créatures », nous ne comprenons pas le Créateur correctement.

43) Supposons, par exemple, que Sa Providence soit révélée à Ses créatures, de sorte que quiconque mangerait une chose interdite étoufferait sur place et quiconque ferait une Mitsva y trouverait un plaisir merveilleux ressemblant aux meilleurs plaisirs de ce monde matériel. Qui donc serait assez sot pour penser goûter une chose interdite, en sachant qu’il y perdrait sa vie immédiatement, de même qu’il ne penserait pas à se jeter dans le feu?

De même, qui serait assez sot pour abandonner une Mitsva, sans la pratiquer promptement et au plus vite, de même qu’il ne pourrait abandonner ou retarder un grand plaisir matériel se présentant à lui, sans le recevoir sur le champ et le plus vite possible. Il est évident que si la Providence était manifeste, tout le monde serait des justes complets.

44) A vos yeux donc, rien ne nous manque dans notre monde sauf la Providence manifeste. Si la Providence manifeste existait, tout le monde serait des justes complets. Ils adhéreraient aussi au Créateur d’un amour absolu. Ce serait assurément un grand honneur pour chacun de se lier d’amitié et d’aimer le Créateur de tout cœur et de toute leur âme et d’adhérer toujours à Lui sans perdre un seul instant.

Mais vu que ce n’est pas le cas et que la Mitsva n’est pas récompensée en ce monde, de même, ceux qui transgressent Sa volonté ne seront pas punis à nos yeux et le Créateur est patient avec eux. Qui plus est, parfois c’est l’inverse, comme dans le verset (Psaumes 73-12) « Ainsi sont les méchants, toujours sereins, ils accroissent leurs puissances ». Donc, ce n’est pas tous ceux qui veulent atteindre le Créateur qui l’atteindront, car nous trébuchons à chaque pas, comme l’ont écrit nos sages (VaYikra Rabba 82) au sujet du verset « J’ai trouvé un homme sur mille, et mille entrent en classe et un seul en sort pour enseigner ».

Donc, comprendre Sa Providence est la raison de tout le bien et son incompréhension est la raison de tout le mal. Il s’avère qu’elle est donc l’axe autour duquel tout le monde tourne, pour le meilleur ou pour le pire.

45) En observant bien l’atteinte de la Providence que les hommes ressentent, nous en trouvons quatre. Chacune reçoit la Providence divine spécifiquement. De sorte qu’il y a quatre discernements dans l’atteinte de la Providence.

En vérité, il n’y en a que deux : la dissimulation de la face et la révélation de la face. Mais il y a quatre divisions, qui sont : Deux discernements de la Providence dans la dissimulation de la face qui sont la simple dissimulation et la dissimulation dans la dissimulation. Deux discernements de la Providence dans la révélation de la face qui sont la Providence de la récompense et de la punition et la Providence éternelle.

46) Il est écrit (Deutéronome 31 : 17) : « Et Ma colère s’enflammera contre lui en ce jour-là; et Je les abandonnerai et Je leur cacherai Ma face; et il sera dévoré et de nombreux maux et détresses l’atteindront; et il dira en ce jour-là: N’est-ce pas parce que mon Dieu n’est pas en moi que ces maux m’ont atteint? Et Moi, Je cacherai et dissimulerai Ma face, en ce jour-là, à cause de tout le mal qu’il a fait; parce qu’il se sera tourné vers d’autres dieux ».

En examinant le verset vous trouverez qu’au début il est écrit : « Et Ma colère s’enflammera... et Je leur cacherai Ma face », c’est-à-dire une seule dissimulation. Ensuite il est écrit : « et de nombreux maux et détresses l’atteindront…Et Moi, Je cacherai et dissimulerai Ma face », c’est-à-dire une double dissimulation. Nous devons comprendre quelle est cette double dissimulation.

47) Pour commencer, comprenons quel est le sens de la Face du Créateur, dont le verset en dit « Et Je leur cacherai Ma face »? Tu comprendras cela comme un homme qui, en voyant le visage de son ami, le reconnaît tout de suite. Mais quand il le voit de dos, il n’est plus sûr de le reconnaître et il se peut qu’il doute « Peut-être est-ce un autre et non son ami? »

C’est le cas présent, car tout le monde sait et ressent que le Créateur est Bon et Il fait le Bien et c’est pourquoi quand le Créateur fait le bien aux créatures qu’Il a créées, comme un cadeau de Sa main généreuse, nous considérons que Sa Face est révélée aux créatures, et alors toutes savent et Le reconnaissent, vu qu’il se conduit selon Son Nom, comme cela a été expliqué plus haut au sujet de la Providence manifeste.

48) Mais quand Il se conduit avec Ses créatures contrairement à ce qui a été dit, c’est-à-dire quand elles éprouvent des souffrances et des maux dans Son monde, nous considérons ceci comme le dos du Créateur car Sa face, qui est la mesure du Bien parfait, leur est entièrement cachée, et cette conduite ne convient pas à Son Nom. Et cela ressemble à celui qui voit son ami de dos et qui pourrait douter et penser « c’est peut-être un autre ? »

Et le verset « Ma colère s'enflammera... Je leur cacherai ma face», est qu’au moment de la colère, les créatures éprouvent des souffrances et des maux, et il se trouve que le Créateur cache Sa face, qui est la mesure du Bien parfait, et seul Son dos est apparent. Et c’est alors qu’il faut se renforcer fortement dans Sa foi, pour prendre garde de ne pas tomber dans des pensées de transgression, car c’est difficile de Le reconnaître de dos. Cela s’appelle la « simple dissimulation ».

49) Cependant, les souffrances et les maux, augmentant dans une très grande mesure, causent une double dissimulation, qui s’appelle dans les livres « la dissimulation dans la dissimulation ». Cela signifie que même Son dos n’est pas vu, c’est-à-dire, qu’ils ne croient pas que le Créateur soit irrité contre eux et les punit, mais ils attribuent cela au hasard et à la nature, et donc ils renient Sa Providence dans la récompense et punition. C’est le sens du verset « Je cacherai et dissimulerai Ma Face, car il se sera tourné vers d’autres dieux », c’est-à-dire, qu’ils profanent et se tournent vers l’idolâtrie. 

50) Mais dans le cas précédent, où le verset parle seulement de la dissimulation unique, il se termine par : « et il dira en ce jour-là: N'est-ce pas parce que mon Dieu n’est pas en moi que ces maux m’ont atteint?». Ce qui veut dire qu’ils croient encore en la Providence dans la récompense et punition, et qu’ils disent que les calamités et les souffrances leur viennent car ils n’adhèrent pas au Créateur, comme il est écrit « N'est-ce pas parce que mon Dieu n’est pas en moi que ces maux m’ont atteint», et c’est considéré qu’ils voient encore le Créateur mais seulement Son dos. Cela s’appelle la « simple dissimulation », c’est-à-dire la dissimulation de la Face seulement.

51) Nous avons expliqué, ici, les deux discernements de la perception de la Providence cachée ressentie par les créatures, la simple dissimulation, et la dissimulation dans la dissimulation.

La simple dissimulation, veut dire la dissimulation de la face seulement, le dos leur étant dévoilé. C’est-à-dire qu’ils reconnaissent que le Créateur leur a causé les souffrances comme punition. Et bien qu’il leur soit dur de connaître le Créateur, toujours de dos, car c’est ce qui les amène à la transgression, ils sont quand même appelés « méchants incomplets ». C’est-à-dire que ces transgressions ressemblent à des erreurs, car ils y sont arrivés à cause de nombreuses souffrances, mais en général, ils croient en la récompense et la punition.

52) La dissimulation dans la dissimulation veut dire que, même le dos du Créateur leur est caché, car ils ne croient pas en la récompense et la punition. Leurs transgressions sont considérées comme des malveillances. Ils sont appelés « méchants complets », car ils sont insoumis et déclarent que Sa Providence ne veillent pas sur ses créatures, et ils se tournent vers l’idolâtrie, comme il est écrit : « parce qu’il se sera tourné vers d’autres dieux ».

53) Il faut savoir, que tout le travail qui s’applique dans la pratique de la Torah et des Mitsvot, par le choix, se base principalement sur les deux discernements mentionnés de la Providence cachée. Et au sujet de cette période Ben Hé Hé dit « le salaire sera proportionnel à la peine » (Avot 5 :26). Etant donné que Sa Providence n’est pas révélée, et que nous ne pouvons Le voir que dans la dissimulation de Sa face, c’est-à-dire de dos seulement, de même qu’un homme voit son ami de dos et peut douter et penser que c’est un autre. De même, le choix de respecter Sa volonté ou de la transgresser se trouve toujours entre les mains de l’homme.

Les calamités et les douleurs qu’il éprouve le mènent à douter de l’existence de Sa Providence sur Ses créatures sous le premier aspect, qui sont les erreurs, ou sous le second aspect qui sont les malveillances. Et quoi qu’il en soit, il se trouve dans une grande détresse, et fait beaucoup d’efforts. Et de cette période, il est écrit : « ce que tu as la force de faire, fais-le » (Ecclésiaste 9), car il ne sera pas récompensé de découvrir Sa face, ce qui veut dire la complète mesure de Sa bonté, avant d’avoir fait tous les efforts possibles de toutes ses forces. (Le salaire sera proportionnel à la peine).

54) En effet, quand le Créateur voit que l’homme a terminé la mesure de ses efforts, et a achevé tout ce qu’il avait la force de faire, de son propre choix et par le renforcement de sa foi en Dieu, alors le Créateur l’aide et il est récompensé d’atteindre la Providence révélée, à savoir la révélation de la face. Il est alors récompensé de la repentance complète, ce qui veut dire qu’il adhère de nouveau à Lui, de tout son cœur et âme et force, comme s’il était attiré de lui-même vers l’atteinte de la Providence révélée.

55) L’atteinte et le repentir mentionnés, viennent à l’homme en deux degrés, dont le premier est l’atteinte de la Providence de l’absolue récompense et punition. En plus de l’atteinte claire de la récompense pour chaque Mitsva dans le monde à venir, il est aussi récompensé d’un plaisir merveilleux au moment même de la Mitsva dans ce monde. De même, en plus de la punition amère pour chaque transgression après sa mort, il mérite aussi de goûter l’amertume de chaque transgression alors qu’il est encore en vie. Il est évident, que celui qui atteint cette Providence révélée est certain de ne plus pécher, de même qu’un homme ne s’amputerait pas un organe, ce qui lui causerait de terribles souffrances. Il est également sûr de lui de ne pas manquer la pratique d’aucune Mitsva, au moment même où elle se présente, de même qu’il serait certain de ne manquer aucun plaisir de ce monde, ou grand bénéfice qui se présenterait à lui.

56) Vous comprendrez ce que nos sages ont écrit : « A quoi ressemble le repentir ? Quand Celui qui connaît les mystères témoignera qu’il ne retournera plus à sa bêtise. » Ce qui est apparemment étonnant, car qui montera au ciel pour entendre le témoignage du Créateur? Et aussi, devant qui le Créateur doit-il témoigner ? Ne suffit-il pas que le Créateur lui-même sache que l’homme s’est repenti de tout son cœur et ne péchera plus ?

L’explication est des plus simples. En effet, l’homme n’est jamais absolument sûr de ne plus pécher avant d’être récompensé d’atteindre la Providence de la récompense et punition, qui a été expliquée, à savoir la révélation de la face. Cette révélation de la face, de la part du salut du Créateur s’appelle « témoignage », car Son salut en lui-même, par cette atteinte de la récompense et punition, lui assure qu’il ne péchera plus.

Pour lui ceci est considéré comme le témoignage du Créateur. Il est écrit « A quoi ressemble le repentir ? » c’est-à-dire quand l’homme sera-t-il sûr qu’il a été récompensé de la complète repentance? Pour cela un signe clair lui a été donné, à savoir, quand celui qui connait les mystères témoignera pour lui qu’il ne retournera plus à sa bêtise. C’est-à-dire qu’il aura été récompensé de la révélation de la face, car alors Son salut témoigne pour lui qu’il ne retournera plus à sa bêtise.

57) Et cette repentance s’appelle « la repentance par crainte », car bien qu’il se soit repenti devant Lui, de tout son cœur et de toute son âme, et que Celui qui connaît les mystères ait témoigné qu’il ne retournera plus à sa bêtise, cette assurance de ne plus pécher ne provient que de son atteinte et de sa perception de la punition et des terribles souffrances, découlant des transgressions, et il est donc sûr de lui de ne pas pécher, dans le sens qu’il est sûr de ne plus s’infliger de terribles souffrances.

Cependant, finalement, cette repentance et cette assurance ne proviennent que de la crainte des punitions découlant des transgressions. Sa repentance ne provient donc que de la crainte de la punition, et s’appelle donc « la repentance par crainte ».

58) Par cela nous comprenons les paroles de nos sages, que « celui qui se repent par crainte voit que ces malveillances deviennent des erreurs ». Il faut comprendre comment cela se produit-il ? Et par ce qui a été dit plus haut, vous comprendrez bien, car cela a été expliqué plus haut (point 52), que les malveillances de l’homme proviennent de la Providence de la double dissimulation, qui est la dissimulation dans la dissimulation, ce qui veut dire qu’il ne croit pas en la Providence de la récompense et punition.

La simple dissimulation veut dire qu’il croit en la Providence de la récompense et punition. Néanmoins, à cause de nombreuses souffrances, il pense parfois commettre une infraction. Il en est ainsi, parce que même s’il croit que les souffrances sont la punition, il est comme celui qui voit son ami de dos, et pourrait douter et penser que c’est peut-être un autre, c’est pourquoi ces péchés-là ne sont que des erreurs, car il croit en la Providence de la récompense et punition.

59) C’est pourquoi, après avoir été récompensé de la repentance par crainte, qui veut dire l’atteinte claire de la Providence de la récompense et punition, jusqu’à être sûr de ne plus pécher, la dissimulation dans la dissimulation est complètement corrigée. A présent, il voit manifestement que la Providence de la récompense et punition existe. Il lui est évident que toutes les souffrances qu’il avait toujours ressenties, étaient la punition de Sa Providence pour les péchés qu’il avait commis. Il découvre par la suite, qu’il avait commis une erreur amère, et c’est pourquoi toutes ces malveillances sont déracinées de leur racine.

Cependant, pas entièrement, mais elles deviennent des erreurs, c’est-à-dire elles ressemblent aux transgressions qu’il avait commises dans la simple dissimulation, où il avait échoué à cause de sa confusion due aux nombreuses souffrances, qui désorientent l’homme. Elles sont regardées comme des erreurs.

60) Pourtant, par cette repentance, il n’a absolument pas corrigé la première dissimulation de la face, celle qu’il avait auparavant, qui ne sera corrigée qu’à partir du moment où il aura été récompensé de la révélation de la face. Mais avant d’avoir été récompensé de la repentance, la dissimulation de la face et toutes les erreurs restent telles quelles, sans aucune correction, ni changement. Par le passé, il croyait aussi que les ennuis et les souffrances étaient une punition, comme il est écrit « et il dira en ce jour-là: n’est-ce pas parce que mon Dieu n'est pas en moi que ces maux m’ont atteint? »

61) C’est pourquoi il ne s’appelle pas encore un juste complet. Celui qui été récompensé de la révélation de la face, ce qui signifie la mesure de Sa bonté parfaite, comme il sied à Son Nom, porte le nom de juste (point 55), car il justifie Sa Providence telle qu’elle est en vérité, à savoir, qu’Il agit envers Ses créatures avec une bonté absolue et une perfection absolue, de sorte qu’Il fait le bien aux méchants et aux gentils.

Etant donné qu’il a été récompensé de la révélation de la face, par la suite il lui convient de porter le nom de « juste ». Néanmoins, vu qu’il n’a corrigé que la dissimulation dans la dissimulation, et qu’il n’a pas encore corrigé la première dissimulation, et ce n’est qu’à partir de maintenant, à ce moment-là, avant d’être récompensé de la repentance, qu’il ne peut pas encore être appelé « juste ». Il en est ainsi car la dissimulation de la face reste telle qu’elle était. Pour cette raison, il est appelé « juste incomplet », signifiant qu’il doit encore corriger son passé.

62) Il est également appelé « moyen », car après avoir été récompensé de la repentance par crainte, il devient apte par la pratique complète de la Torah et des bonnes actions, à être aussi récompensé de la repentance par amour, ce qui lui vaudra alors d’être un « juste complet ». En effet, à présent, il est l’intermédiaire, entre la crainte et l’amour, et de là appelé « moyen/intermédiaire ». Ce qui n’était pas le cas avant, quand il n’était absolument pas apte à se préparer même à la repentance par amour.

63) Ceci a bien expliqué le premier degré d’atteinte de la révélation de la face, c’est-à-dire, l’atteinte et la perception de la Providence de la récompense et punition, par le témoignage de Celui qui connait les mystères qu’il ne retournera plus à sa bêtise, s’appelle « la repentance par crainte », et où toutes ses malveillances deviennent des erreurs. Il est appelé « juste incomplet », et aussi « moyen/intermédiaire ».

64) Nous allons maintenant expliquer le second degré d’atteinte de la révélation de la face, qui est l’atteinte de la Providence complète, véritable, éternelle. Cela signifie que le Créateur veille sur Ses créatures sous la forme du bien qui fait le bien aux méchants et aux gentils. A présent il s’appelle un « juste complet » et « la repentance par amour » quand il a été récompensé de changer ses malveillances en mérites.

Ceci explique les quatre discernements de perception de la Providence qui s’appliquent aux créatures. Les trois premiers discernements, la double dissimulation, la simple dissimulation et l’atteinte de la Providence de la récompense et punition, ne sont que des préparations, par lesquelles l’homme atteindra le quatrième discernement, qui est l’atteinte de la Providence véritable, éternelle.

65) Cependant, il faut comprendre pourquoi le troisième discernement, qui est l’atteinte de la Providence de la récompense et punition n’est pas suffisante. Nous avons dit qu’il a déjà été récompensé de Celui qui connaît les mystères témoigne pour lui qu’il ne retournera plus à sa bêtise. Pourquoi est-il encore appelé « moyen » ou « juste incomplet », ces noms prouvent que son travail n’est pas encore désirable aux yeux du Créateur, et qu’il y a encore un manque et un défaut dans sa Torah et dans son travail ?

66) Commençons par examiner la question que les commentateurs ont posée au sujet de la Mitsva de l’amour du Créateur. Comment la Torah nous a-t-elle obligés à faire une Mitsva, que nous sommes incapables de respecter ? L’homme peut s’obliger et s’asservir à tout faire, mais pour ce qui est de l’amour, aucune servitude ni contrainte au monde ne l’aidera.

La raison est qu’en faisant toutes les 612 Mitsvot selon les lois, l’amour de Dieu s’étend à lui de lui-même. C’est pourquoi elles sont faisables, car il peut s’asservir et se forcer à faire les 612 Mitsvot selon les lois, et alors il atteindra l’amour du Créateur.

67) Cependant, ces paroles doivent encore être largement expliquées. Car finalement, l’amour de Dieu ne devait pas nous venir en tant que Mitsva, puisque nous n’avons aucune action ni astreinte qui soit entre nos mains et cet amour nous vient de lui-même après avoir complété les 612 Mitsvot. Par conséquent, le commandement des 612 Mitsvot nous suffisent amplement. Et pourquoi la Mitsva de l’amour a-t-elle été écrite ?

68) Pour comprendre cela, il nous faut d’abord comprendre véritablement l’essence de l’amour même du Créateur. Il faut savoir que toutes les tendances et les qualités implantées dans l’homme, pour être utilisées envers ses amis, sont toutes des tendances et des qualités naturelles et sont toutes sont nécessaires pour le Son travail. Dès le début, elles ont été créées et implantées dans l’homme uniquement pour leur rôle final mentionné, qui est le but et l’achèvement de tout homme, comme il est écrit « Et Il ne repoussera pas de Lui le banni », car alors les hommes en ont besoin pour se parfaire dans les voies de réception de l’abondance et accomplir la volonté du Créateur.

Il est écrit « Tous ceux qui appellent en Mon Nom, et que J’ai créé en Mon honneur » (Isaïe 43 :7), et aussi « Le Seigneur a tout fait pour Son propre but » (Proverbes 16 :4). Mais, entre-temps, un monde entier a été préparé pour l’homme pour que toutes ses tendances et ses qualités naturelles se développent et se complètent, en les appliquant aux gens, de sorte qu’elles soient dignes de leur but.

Il est écrit : « L’homme doit dire, le monde a été créé pour moi ». Car toutes les créatures du monde sont nécessaires à l’individu, car ce sont elles qui développent et disposent les tendances et les qualités de chaque individu, jusqu’à ce qu’il devienne un instrument apte pour Son travail.

69) Puisqu’il en est ainsi, il nous faut donc comprendre l’essence de l’amour du Créateur, d’après les qualités de l’amour dans la conduite de l’homme envers son ami, car forcément, l’amour du Créateur est aussi influencé par ces qualités, qui, dès le début, n’ont été implantées dans l’homme qu’en Son Nom. En observant les qualités de l’amour entre l’homme et son prochain, on y trouvera quatre mesures d’amour, l’une au-dessus de l’autre, deux qui font quatre.

70) La première est « l’amour conditionnel ». Ce qui veut dire, qu’à force de bonté et de plaisir et l’utilité qu’il a reçu de son ami, son âme s’y est attachée d’un amour merveilleux.

En cela, il y a deux mesures : la première mesure est avant de se rencontrer et de tomber amoureux, ils se faisaient du mal, mais ils ne veulent pas s’en souvenir, car « l’amour couvre tous les crimes ». La seconde mesure est qu’ils se sont toujours fait du bien et se sont entraidés, et il n’y a pas le moindre souvenir de nuisance ni de mal, entre eux.

72) La seconde mesure est « l’amour inconditionnel ». Ce signifie qu’il connaît la qualité de son ami, qui est excellente et dépasse de très loin toute supposition et imagination, et c’est en cela que son âme est attachée à lui dans un grand amour à l’infini. Et ici aussi, il y a deux mesures : la première mesure est avant qu’il ne connaisse toutes les habitudes et les actions de son ami avec autrui, et cet amour est considéré comme « l’amour qui n’est pas absolu ».

C’est parce que son ami se comporte ainsi avec autrui, ce qui superficiellement fait penser qu’il leur nuit par négligence. De sorte que, si celui qui l’aime les voyait, toute la qualité de son ami serait entachée, et l’amour se détériorerait entre eux. Mais il n’a pas encore vu agir ainsi. Et c’est pourquoi leur amour est encore, fort, complet et vraiment grand.

73) La seconde mesure de l’amour inconditionnel est la quatrième mesure de l’amour en général, et provient aussi de la connaissance du mérite de son ami. Mais à présent, il connaît aussi toutes ses actions et son comportement avec tout homme, aucun ne manque. Et en examinant il trouve que, non seulement ils ne contiennent aucune trace d’imperfection, mais que sa bonté dépasse toute supposition et imagination. A présent c’est « l’amour éternel et absolu ».

74) Ces quatre mesures d’amour qui existent entre les hommes, existent aussi entre l’homme et le Créateur. En outre, dans l’amour du Créateur, elles deviennent des degrés allant de cause à effet.

On ne peut en acquérir aucune avant d’avoir obtenu la première mesure de l’amour conditionnel. Et après l’avoir acquise à la perfection, cette première mesure fait qu’il est récompensé de la seconde mesure. Et après avoir acquis pleinement cette seconde mesure, elle lui permet d’acquérir la troisième mesure. Finalement, de la troisième mesure à la quatrième mesure, l’amour éternel.

75) Ainsi, la question se pose : comment l’homme pourra acquérir le premier degré de l’amour du Créateur, la première mesure de l’amour conditionnel, qui est l’amour qui provient de l’immense bonté qu’il a reçue du bien-aimé, alors qu’il n’y a pas de récompense pour la Mitsva dans ce monde ?

De plus, il a été expliqué, que chaque homme est obligé de passer par les deux premiers aspects de la Providence par la dissimulation de la face, ce qui veut dire que la Face du Créateur, à savoir la mesure de Sa bonté - la voie du bien est de faire le bien- est cachée durant cette même période (point 47). C’est pourquoi il reçoit alors douleurs et souffrances.

Il a été expliqué en effet que toute la pratique de la Torah et du travail par le choix existe principalement en cette période de dissimulation de la face. S’il en est ainsi, comment pourrait-il acquérir la seconde mesure d’amour conditionnelle, signifiant que jusqu’à présent, le bien aimé ne lui a fait que de nombreuses et merveilleuses bontés, et ne lui a jamais fait de mal ? Et à plus forte raison, pour acquérir la troisième ou quatrième mesure ?

76) Nous avons en effet plongé dans des eaux formidables. Il nous faut cependant en retirer un joyau précieux. Nous expliquerons pour cela, un article de nos sages (Brakhot 17) « Tu verras ton monde dans ta vie, et après toi, la vie du monde à venir ». Et il faut comprendre, pourquoi n’ont-ils pas dit « tu recevras ton monde dans ta vie », mais seulement « tu verras ». Et s’ils venaient bénir, ils auraient dû bénir parfaitement, c’est-à-dire qu’il atteigne et reçoive son monde dans sa vie ? Il faut également comprendre, pourquoi l’homme devrait-il voir son monde à venir dans sa vie, la moindre des choses ne serait-elle pas que sa fin soit la vie du monde à venir ? De plus, pourquoi cette bénédiction est-elle la première ?

77) Il faut tout d’abord comprendre quelle est cette vision de son monde à venir dans sa vie ? Il est évident qu’avec des yeux physiques on ne voit rien de spirituel. Il n’est pas non plus dans les coutumes du Créateur de changer les ordres de la Création. Dès le début, le Créateur n’a organisé l’ordre de la Création que parce qu’il est le plus fructueux pour son dessein désiré, qui est que l’homme soit récompensé d’adhérer au Créateur, comme il est écrit, « le Seigneur a agi dans Son propre but ». Il faut donc comprendre, comment l’homme se figurera-t-il la vision de son monde dans sa vie ?

78) Je vous dirai que cette vision vient à l’homme par l’ouverture de ses yeux dans la Torah, comme il est écrit « Dessille mes yeux et je contemplerai les merveilles de Ta Torah ». Et c’est ce qu’on fait jurer à l’âme avant qu’elle n’arrive dans le corps (Nida p 30), que « même si tout le monde te dit que tu es un juste, sois un méchant à tes yeux ». Ce qui veut dire, à vos yeux expressément.

Cela signifie que tant que vous n’avez pas été récompensé de l’ouverture « des yeux » dans la Torah, considérez-vous méchant. Ne vous dupez pas de votre réputation de juste dans le monde. Vous comprendrez aussi pourquoi ils ont mis en premier la bénédiction « tu verras ton monde dans ta vie », c’est parce qu’avant cela, il ne peut même pas être récompensé du nom de « juste incomplet »

79) Il faut comprendre en effet, que s’il sait vraiment qu’il a accompli toute la Torah et que tout le monde est d’accord avec lui, pourquoi cela ne lui suffit pas ? Au contraire, il doit jurer de continuer à se considérer comme un méchant. Et est-ce parce qu’il lui manque ce merveilleux degré d’ouvrir les yeux dans la Torah, de voir son monde dans sa vie, que vous le comparez à un méchant ?

80) Certes, les quatre voies par lesquelles les hommes atteignent Sa Providence ont déjà été expliquées. Deux d’entre elles sont dans la dissimulation de la Face et deux sont dans la révélation de la Face.

Le sens de « la dissimulation de la Face » aux créatures a été expliqué. Elle est intentionnelle, pour donner aux hommes l’espace de faire des efforts et de s’engager dans Son travail dans la Torah et les Mitsvot par « choix ». C’est parce que le Créateur a plus de satisfaction de leur travail dans Sa Torah et Ses Mitsvot, que de satisfaction de Ses anges en haut qui n’ont pas de choix mais sont contraints par leur mission.

81) Malgré les louanges faites pour la phase de la dissimulation de la Face, elle n’est pas considérée parfaite car c’est uniquement une phase de « transition ». C’est l’endroit d’où l’on est récompensé de toute la perfection espérée. Cela signifie que toute récompense pour une Mitsva, préparée pour l’homme, n’est obtenue que par son labeur dans la Torah et les bonnes actions durant la période de dissimulation de la Face, ce qui veut dire quand il travaille par « choix ».

Il en est ainsi parce qu’il ressent de la peine en renforçant Sa foi pour accomplir Sa volonté. Et toute la récompense de l’homme n’est mesurée que par la peine qu’il endure dans l’observation de la Torah et des Mitsvot comme il est écrit « le salaire sera proportionnel à la peine ».

82) C’est pourquoi chaque homme doit passer cette « transition » pendant la période de dissimulation de la Face. Quand il la complète, il est récompensé alors d’atteindre la Providence révélée, soit la révélation de la Face. Avant d’être récompensé de la révélation de la Face, et bien qu’il voie le dos, il ne peut pas s’empêcher de commettre une infraction.

Non seulement il ne peut accomplir les 613 Mitsvot, car l’amour ne vient ni par contrainte ni par force, mais il ne peut même pas non plus accomplir les 612 Mitsvot, parce que même sa crainte n’est pas stable comme il se doit.

C’est le sens de « Torah » étant 611 en Guématria (toute Guématria signifie le dos), car il ne peut même pas accomplir les 612 Mitsvot correctement. C’est le sens de « Il ne contestera pas ». Mais à la fin, il sera récompensé de la révélation de la Face.

83) Le premier degré de la révélation de la Face est l’atteinte de la Providence de la récompense et punition dans une clarté absolue. Elle ne vient à l’homme que par Son salut, quand il est récompensé de l’ouverture des yeux dans la Torah par une prodigieuse atteinte, « et devient comme une source abondante » (Avot 6). Pour chaque Mitsva de la Torah, qu’il a déjà respectée de son propre choix, il est récompensé de voir la récompense de la Mitsva qui lui est destinée dans le monde à venir. De même, la grande perte qu’entraîne une transgression.

84) Bien qu’il n’ait pas encore la récompense en main, car la récompense de la Mitsva n’est pas dans ce monde, cette atteinte claire lui suffit par la suite, pour ressentir le grand plaisir de faire une Mitsva « car tout ce qui est sur le point d’être collecté est considéré collecté ».

Par exemple, un commerçant qui a fait une affaire et a gagné beaucoup d’argent, même si le profit ne viendra qu’après une longue période, s’il est certain, sans le moindre doute, qu’il fera du profit en son temps, il est heureux comme s’il l’avait reçu immédiatement.

85) Naturellement, une telle Providence révélée témoigne pour lui que par la suite, il adhérera à la Torah et aux Mitsvot de tout son cœur, âme, et force. Il abandonnera et fuira les transgressions, comme il fuirait le feu. Et bien qu’il ne soit pas encore un juste complet, car il n’a pas encore été récompensé de la repentance par amour, sa grande adhésion à la Torah et aux bonnes actions l’aide peu à peu à être récompensé de la repentance par amour, soit le deuxième degré de « la révélation de la Face ». Il peut alors observer toutes les 613 Mitsvot à la perfection, et devient un juste complet.

86) Maintenant nous comprenons très bien notre question relative au serment, qu’on fait jurer à l’âme avant son arrivée dans ce monde « même si tout le monde te dit que tu es un juste, sois à tes yeux un méchant ». Nous avons demandé, « puisque tout le monde est d’accord avec lui qu’il est un juste, pourquoi est-il obligé de se considérer comme méchant, n’aurait-il pas confiance en le monde entier ?

Nous devons également ajouter à propos de la phrase « et même si le monde entier dit ». Quel est ici l’intérêt du témoignage de tout le monde ? L’homme ne se connait-il pas mieux que tout le monde? Il aurait dû lui jurer, « que même si tu sais toi-même que tu es juste ».

Plus difficile encore est le commentaire de la Guémara (Brakhot 61), que l’homme doit savoir en son âme, s’il est un juste complet ou non. Il y a donc une obligation et une possibilité d’être véritablement un juste complet. Qui plus est, il est obligé de rechercher et de connaitre cette vérité. Et s’il en est ainsi, comment fait-on jurer à l’âme d’être, à ses yeux, toujours méchante, et de ne jamais connaître la vérité, quand nos sages ont obligé l’inverse ?

87) Les paroles sont cependant très exactes, car tant que l’homme lui-même n’a pas été récompensé de l’ouverture des yeux dans la Torah par une atteinte merveilleuse, qui lui suffira pour atteindre clairement l’atteinte de la récompense et de la punition, il ne pourra évidemment pas se leurrer, ni se considérer juste, car il ressentira forcément, qu’il lui manque les deux Mitsvot les plus globales de la Torah, qui sont « l’amour et la crainte ».

Même s’il atteint la crainte complète, comme dans « Celui qui connaît les mystères témoigne pour lui qu’il ne retournera plus à ses bêtises », en raison de sa forte crainte de la punition, et de la perte que cause la transgression, l’homme ne peut pas se l’imaginer avant d’avoir été récompensé de l’atteinte complète, claire et absolue de la Providence de la récompense et de la punition.

Cela fait référence à l’atteinte du premier degré de la révélation de la Face qui vient à l’homme par l’ouverture des yeux dans la Torah. Sans parler de l’amour, qui est tout à fait au-dessus de sa capacité, car il dépend de la compréhension du cœur, et aucun effort ni contrainte ne l’aidera ici.

88) Par conséquent, le serment affirme « et même si le monde entier te dit que tu es un juste ». Il en est ainsi par que ces deux Mitsvot « amour et crainte » ne sont données qu’à l’homme, et il n’y a personne au monde, à part lui, qui puisse les discerner et les connaître.

C’est pourquoi, en le voyant complet dans les 611 Mitsvot, ils disent immédiatement qu’il a probablement aussi les Mitsvot d’amour et de crainte. Et comme la nature humaine l’oblige à croire le monde, il risquerait fort de tomber dans une erreur amère.

C’est la raison pour laquelle on fait jurer à l’âme, avant même son arrivée dans ce monde, et espérons que cela nous aide. Néanmoins, c’est à l’homme évidemment qu’il appartient de rechercher et de savoir dans son âme s’il est un juste complet.

89) Nous comprenons aussi notre question « Comment le premier degré de l’amour peut-il être atteint alors qu’il n’y a pas de récompense pour une Mitsva dans ce monde ? (dans cette vie)». Maintenant il est clair que l’homme n’a pas besoin en fait de recevoir une récompense pour une Mitsva dans sa vie d’où leur précision « Tu verras ton monde durant ta vie et après toi, la vie dans le monde à venir », indiquant que la récompense pour une Mitsva n’est pas dans ce monde, mais dans le monde à venir.

Pourtant, pour voir, savoir, et ressentir la future récompense de la Mitsva dans le monde à venir, l’homme doit le savoir de la façon la plus certaine durant sa vie, par la merveilleuse atteinte dans la Torah. Il en est ainsi parce qu’alors l’homme atteint l’amour conditionnel, qui est le premier degré de la sortie de la dissimulation de la face, et son entrée dans la révélation de la face, qu’il doit avoir afin d’observer la Torah et les Mitsvot correctement, de façon que « Celui qui connaît tous les mystères témoignera qu’il ne retournera plus à ses bêtises ». 

90) A présent, en travaillant pour observer la Torah et les Mitsvot sous la forme de l’amour conditionnel, qui vient à lui par la connaissance de la récompense future dans le monde à venir, comme dans « tout ce qui est sur le point d’être collecté est comme collecté », l’homme atteint alors le second degré de la révélation de la face – Sa providence sur le monde par Son éternité et Sa véracité, c’est-à-dire qu’Il est bon et fait le bien aux gentils et aux méchants.

Dans cet état l’homme atteint l’amour inconditionnel et ses malveillances deviennent des mérites. De là, il est appelé « juste complet », puisqu’il peut garder la Torah et les Mitsvot avec amour et crainte. Et il est appelé « complet » parce qu’il a les 613 Mitsvot en totalité.

91) Cela répond à notre question : « Celui qui atteint la troisième mesure de Providence, c’est-à-dire la Providence de la récompense et punition, quand « Celui qui connait tous les mystères témoigne qu’il ne retournera plus à ses bêtises », est néanmoins encore considéré comme « juste incomplet ». Maintenant nous comprenons entièrement qu’il lui manque toujours une Mitsva, la Mitsva de l’amour. Bien sûr, l’homme est incomplet, puisqu’il doit nécessairement compléter les 613 Mitsvot, ce qui est nécessairement la première étape au seuil de la perfection.

92) Avec tout ce qui a été dit plus haut, nous comprenons ce que nous avons demandé « Comment est-ce que la Torah nous oblige à la Mitsva de l’amour quand pour cette Mitsva il n’est pas en notre pouvoir de nous y engager ni même de la toucher » ? Maintenant vous voyez et comprenez que c’est à ce propos que nos sages nous ont averti « J’ai travaillé et je n’ai pas trouvé, n’y crois pas » et aussi « L’homme s’engage toujours dans la Torah et les Mitsvot Lo Lishma car de Lo Lishma il vient à Lishma » (Pessakhim 50). Le verset « ceux qui Me cherchent Me trouveront » (Proverbes 8), en témoigne aussi.

93) Voici les paroles de nos sages (Méguilla p. 6) : « Rabbi Yitzhak disait ‘Si un homme te dit ‘j’ai travaillé et je n’ai pas trouvé’, n’y crois pas ; ‘je n’ai pas travaillé et j’ai trouvé’ n’y crois pas ; ‘j’ai travaillé et j’ai trouvé’, crois-le’ ».

Et nous demandons à propos de « J’ai travaillé et j’ai trouvé », que ces mots semblent contradictoires, puisque le travail se rapporte aux possessions, et une trouvaille est quelque chose qui lui vient sans aucun effort et sans y penser. Il aurait dû dire, « J’ai travaillé et j’ai acheté ».

Cependant, vous devriez savoir que ce terme « trouvé » mentionné ici, se rapporte au verset « ceux qui Me cherchent Me trouveront ». Cela se réfère à trouver la face du Créateur, comme il est écrit dans le Zohar, qu’Il n’est trouvé que dans la Torah. Cela signifie que l’homme, par son travail dans la Torah, est récompensé de trouver la face du Créateur. De ce fait, nos sages ont été précis dans leurs mots et ont dit « J’ai travaillé et j’ai trouvé, crois-le », parce que le travail est dans la Torah et la trouvaille est dans la révélation de la face de Sa providence.

Ils se sont délibérément abstenus de dire « J’ai trouvé et gagné, crois », ou « J’ai trouvé et acheté », parce qu’alors cela aurait pu induire en erreur, puisque gagner et posséder se seraient référés uniquement à la possession de la Torah. De ce fait, ils ont précisé en utilisant le mot « trouvé », indiquant qu’il se réfère à une chose de plus que l’acquisition de la Torah, c’est-à-dire la révélation de la face de Sa providence.

94) Cela explique le verset « Je n’ai pas travaillé et j’ai trouvé, ne le crois pas ». Cela semble déconcertant car qui penserait qu’il soit possible d’atteindre la Torah sans avoir travaillé pour elle ? Mais puisque les mots sont en rapport avec le verset « Ceux qui Me chercheront Me trouveront » (Proverbes 8 :17), cela veut dire que quiconque, petit ou grand, qui Le cherche, Le trouve immédiatement. C’est ce que le mot « cherche » suggère.

L’homme pourrait penser que cela ne requière pas tant de travail, et que même la moindre des personne, ne voulant faire aucun effort pour cela, Le trouverait aussi. Nos sages nous avertissent à ce propos de ne pas croire une telle explication, mais que le travail est obligatoire ici, et « Je n’ai pas travaillé et j’ai trouvé, n’y crois pas ».

95) Maintenant vous voyez pourquoi la Torah est appelée « Vie » comme il est écrit « Vois, J’ai mis devant toi aujourd’hui la vie et le bien » (Deutéronome 30 :15) et aussi « et tu choisiras la vie » et « Car elle est la vie pour ceux qui la trouvent » (Proverbes 4 : 22). Cela vient du verset « Dans la lumière du visage du roi est la vie » (Proverbes 16 :15), puisque le Créateur est la source de toute vie et de tout le bien.

De ce fait, la vie s’étend dans les branches mêmes qui adhèrent à leur source. Cela se réfère à ceux qui ont travaillé et trouvé la lumière de Sa face dans la Torah, à ceux qui ont été récompensé de l’ouverture de leurs yeux dans la Torah par une merveilleuse atteinte, jusqu’à être récompensé de la révélation de la face, qui signifie l’atteinte de la véritable Providence qui s’accorde à Son nom, « Le Bien », car la voie du Bien est de faire le bien.

96) Ces privilégiés ne peuvent plus s’arrêter de respecter la Mitsva correctement, comme un homme ne peut s’empêcher de saisir un merveilleux plaisir qui se présente à lui. De ce fait, ils fuient la transgression comme on s’enfuit devant le feu.

Il est dit d’eux « Et vous, qui adhérez au Seigneur votre Dieu vous vivez tous aujourd’hui », car Son amour, leur vient en abondance dans un amour naturel, par des canaux naturels préparés pour l’homme par la nature de la création. Il en est ainsi parce que maintenant la branche adhère à sa racine comme il se doit, et la vie lui est donnée en abondance depuis Sa source et sans arrêt. C’est pourquoi la Torah est appelée « Vie ».

97) Nos sages nous ont donc avertis à beaucoup d’endroits de la condition obligatoire dans l’engagement dans la Torah, qui est spécifiquement Lishma. L’homme sera récompensé de la vie grâce à elle, car elle est la Torah de la vie, et c’est pourquoi elle nous a été donnée comme il est écrit : « et tu choisiras la vie ».

De ce fait, durant la pratique de la Torah, chaque personne doit y travailler et y mettre son esprit et son cœur pour y trouver la lumière « de la face du roi vivant ». Cela veut dire l’atteinte de la Providence révélée appelée « lumière de la face ».

Tout homme est en digne comme il est écrit « ceux qui Me cherchent Me trouveront ». Et comme il est écrit « J’ai travaillé et je n’ai pas trouvé, ne le crois pas ».

Ainsi, rien ne lui manque, à part de faire l’effort. Il est écrit « Quiconque pratique la Torah Lishma sa Torah lui devient une potion de vie» (Taanit 7a). Cela signifie que l’homme doit seulement mettre son cœur et son esprit à atteindre la vie, c’est cela le sens de Lishma.

98) Vous verrez à présent que la question des interprètes de la Mitsva de l’amour, disant que cette Mitsva n’est pas entre nos mains, puisque l’amour ne vient ni par contrainte ni par servitude, n’est plus pertinente, parce qu’elle est entièrement entre nos mains. Chaque personne peut travailler dans la Torah jusqu’à y trouver l’atteinte de Sa Providence révélée, comme il est écrit « J’ai travaillé et j’ai trouvé, crois-le ».

Quand l’homme atteint la Providence révélée, l’amour se répand en lui de lui-même par les canaux naturels. Celui qui ne croit pas qu’il puisse en être récompensé par ses efforts, pour quelque raison que ce soit, ne croit forcément pas en les paroles de nos sages. Il s’imagine à la place, que le travail n’est pas suffisant pour chaque personne, ce qui est l’opposé du verset « J’ai travaillé et je n’ai pas trouvé, n’y crois pas » et également contraire au verset « ceux qui Me cherchent Me trouveront » ; spécifiquement ceux qui « Me cherchent », quels qu’ils soient, petit ou grand. Cependant, il doit certainement faire des efforts.

99) De ce qui précède, vous comprendrez le sens de « Quiconque pratique la Torah LoLishma sa Torah devient une potion de mort » (Taanit 7a), et le verset « Vraiment Tu es un Dieu qui se cache », signifie que le Créateur Lui-même se cache dans la Torah.

Nous avons demandé « Il semblerait raisonnable que le Créateur soit caché dans les vanités de ce monde, qui sont en-dehors de la Torah, et non pas dans la Torah elle-même. Le lieu de la révélation se trouverait-il en elle uniquement ? » Et allons plus loin, cette dissimulation où le Créateur se cache, pour être cherché et trouvé, à quoi bon ?

100) D’après l’explication susmentionnée, vous comprendrez bien que cette dissimulation, où le Créateur se cache afin d’être recherché, est la dissimulation de la face par laquelle il mène Ses créatures de deux manières : la simple dissimulation, et la dissimulation dans la dissimulation.

Le Zohar nous dit que nous ne devrions même pas penser que le Créateur souhaite rester dans la Providence de la face dissimulée envers Ses créatures, mais cela ressemble plutôt à un homme qui se cache délibérément afin que son ami le cherche et le trouve.

De même, quand le Créateur se comporte selon la dissimulation de la face vis-à-vis de Ses créatures, ce n’est que parce qu’Il veut que les créatures recherchent la révélation de Sa face et Le trouvent. En d’autres mots, les créatures n’auraient pas d’autre façon d’être récompenser de la Lumière de la face du Roi vivant, s’Il ne se comportait pas tout d’abord avec elles selon la dissimulation de la face. Ainsi, toute la dissimulation n’est qu’une simple préparation à la révélation de la face.

101) Il est écrit que le Créateur se cache dans la Torah. En effet, les souffrances et les douleurs que l’homme éprouve durant la dissimulation de la face, sont différentes pour celui qui a commis des infractions et a peu pratiqué la Torah et les Mitsvot, et pour celui qui s’est engagé largement dans la Torah et les bonnes actions. Il en est ainsi parce que le premier est bien capable de juger son Créateur favorablement, en pensant que les souffrances endurées viennent des infractions et de son peu de pratique de la Torah.

Pour l’autre cependant, il est très dur de juger son Créateur favorablement, parce qu’à son avis il ne mérite pas de punitions aussi dures et de plus, il voit que ses amis, qui sont pires que lui, ne souffrent pas autant, comme il est écrit : « les méchants, toujours heureux, s’enrichissent » et aussi « en vain j’ai purifié mon cœur ».

Ainsi vous verrez que tant que l’homme n’a pas été récompensé de la Providence de la révélation de la face, l’abondance de la Torah et des Mitsvot alourdit encore plus la dissimulation de la face. C’est le sens de « le Créateur se cache dans la Torah ».

En effet, toute cette lourdeur qu’il ressent par la Torah sont des appels avec lesquels la Torah elle-même l’appelle, l’éveillant à se presser et à faire les efforts requis, pour être récompensé immédiatement de la révélation de la face, tel qu’Il le veut.

102) C’est pourquoi quiconque étudie la Torah Lo Lishma, sa Torah devient pour lui, une potion de mort. Non seulement il ne sort pas de la dissimulation de la face vers la révélation de la face, puisqu’il n’a pas l’intention de travailler ni de l’atteindre, mais en plus, la Torah qu’il accumule lui ajoute d’avantage la dissimulation de la face. Finalement, il tombe dans la dissimulation de la dissimulation qui est considérée comme la mort, car il est complètement détaché de sa racine. Ainsi sa Torah devient pour lui, une potion de mort.

103) Ceci clarifie les deux noms portés par la Torah : « révélée » et « dissimulée ». Nous devons comprendre pourquoi nous avons besoin la Torah dissimulée et pourquoi la Torah entière n’est pas révélée.

En effet, il y a une intension profonde. La Torah « dissimulée » suggère que le Créateur « se cache dans la Torah » d’où son nom « la Torah du caché ». Inversement, elle est appelée « révélée » parce que le Créateur est révélé par la Torah.

Par conséquent les kabbalistes ont dit, et nous trouvons aussi cela dans le livre de prières du Gaon de Vilna, que l’ordre d’atteinte de la Torah commence avec le dissimulé et se termine par le révélé. Cela signifie que par un travail approprié, où l’homme peine dès le début dans la Torah du caché, il est ainsi récompensé de la Torah révélée, celle qui est littérale. Ainsi, l’homme commence avec le dissimulé, appelé Sod (secret) et quand il est récompensé, il aboutit au littéral.

104) Il a été bien clarifié comment il est possible d’atteindre le premier degré de l’amour, qui est l’amour conditionnel. Nous avons appris que, bien qu’il n’y ait pas de récompense pour une Mitsva dans ce monde, l’atteinte de la récompense pour la Mitsva existe néanmoins dans la vie terrestre. Elle vient à l’homme par l’ouverture des yeux dans la Torah. Et cette claire atteinte ressemble entièrement à recevoir une récompense immédiate pour une Mitsva.

De ce fait, l’homme ressent le bénéfice merveilleux contenu dans la pensée de la Création, qui est de délecter Ses créatures de Sa main pleine, bienfaisante et généreuse. Grâce à l’abondance de faveurs que la personne atteint, un amour merveilleux apparaît entre elle et le Créateur. Il se déverse sans cesse sur la personne à travers les mêmes chemins et canaux par lesquels l’amour naturel apparaît.

105) Cependant, tout cela n’arrive à l’homme qu’à partir du moment de son atteinte. Pourtant, il ne veut pas se souvenir de tous les tourments dus à la Providence en dissimulation de la face, dont il a souffert avant qu’il n’atteigne la révélation de la face, puisque « l’amour couvre tous les crimes ». Ils sont néanmoins considérés comme un grand défaut, même pour l’amour entre les gens, et il va sans dire envers la véracité de Sa providence, puisqu’Il est bon et fait le bien aux méchants et aux gentils.

Par conséquent, nous devons comprendre comment l’homme peut-il être récompensé de Son amour d’une telle façon, qu’il ressentira et saura que le Créateur lui a toujours fait un bien merveilleux, dès sa naissance, et qu’Il ne lui a jamais causé le moindre mal, ni ne lui en fera jamais ; c’est cela le deuxième aspect de l’amour.

106) Pour comprendre cela, nous avons besoin des paroles de nos sages. Ils disent : « celui qui se repent par amour, ses malveillances deviennent des mérites ». Cela signifie que non seulement le Créateur lui pardonne ses malveillances, mais aussi que chaque malveillance et infraction que l’homme a commise, est transformée en Mitsva par le Créateur.

107) De ce fait, après que l’homme ait atteint l’illumination de la face dans une telle mesure, que chaque infraction qu’il a commise, même délibérément, soit transformée en Mitsva, il se réjouit de toutes les souffrances et afflictions amères, et des nombreux tourments dont il a souffert depuis toujours, dès le moment où il a été placé dans les deux discernements de la dissimulation de la face. Ce sont eux qui l’ont amené à toutes ces malveillances, qui sont devenues maintenant des Mitsvot, par l’illumination de Sa face, qui réalise des merveilles.

Et tout ennui ou problème qui lui a fait perdre ses esprits, et l’a fait échouer en faisant des erreurs, comme dans la première dissimulation, ou bien par malveillance comme dans la double dissimulation, est maintenant devenu une cause et une préparation pour l’observance d’une Mitsva et la réception d’une grande récompense merveilleuse et éternelle. Par conséquent tout ennui s’est transformé en une grande joie et tout mal en un bien merveilleux.

108) Cela ressemble à la légende du Juif qui était l’intendant de la maison d’un certain propriétaire. Le propriétaire l’aimait tendrement. Un jour, le propriétaire partit en voyage et laissa son affaire à son substitut, qui haïssait Israël.

Que fit-il ? Il prit le Juif et le fouetta cinq fois devant tout le monde pour l’humilier grandement. Au retour du propriétaire, le Juif alla le trouver et lui raconta ce qu’il lui était arrivé. Ce dernier se mit en colère, et appela le substitut et lui ordonna de donner immédiatement au Juif mille pièces d’or pour chaque coup donné.

Le Juif prit l’argent et rentra chez lui. Sa femme le trouva en pleurs. Elle lui demanda anxieuse, ce qu’il lui était arrivé avec le propriétaire. Il lui raconta. Elle lui dit alors pourquoi tu pleures ? Il lui dit : « Je pleure parce qu’il ne m’a fouetté que cinq fois. J’aurais souhaité qu’il me batte au moins dix fois, car maintenant j’aurai dix milles pièces d’or. »

109) Maintenant vous voyez que l’homme, après avoir été pardonné pour ses iniquités, ses malveillances deviennent des mérites, il est alors récompensé du discernement du deuxième degré d’amour du Créateur, où Celui Qui est aimé n’a jamais causé aucun mal, ni même une ombre de mal, à celui qui L’aime, mais Il lui a fait, plutôt, un bien merveilleux et abondant, depuis toujours et à jamais, de façon à ce que la repentance par amour et la transformation des malveillances en mérites arrivent ensemble.

110) Jusqu’ici, nous n’avons examiné que les deux degrés de l’amour conditionnel. Cependant, nous devons encore comprendre comment l’homme est récompensé d’arriver aux deux discernements de l’amour inconditionnel pour son Créateur.

Pour cela nous devons comprendre complètement ce qui est écrit (Kidoushin page 40) : « L’homme doit toujours se considérer à moitié coupable et à moitié innocent. S’il réalise une Mitsva, heureux soit-il, car il a fait pencher la balance du côté du mérite. S’il commet une infraction, malheur à lui, car il fait pencher la balance du côté de la faute.

Rabbi Eléazar, fils de Rabbi Shimon, dit « puisque le monde est jugé selon sa majorité et l’individu est jugé par la majorité, s’il réalise une Mitsva, heureux soit-il, car il fait pencher la balance du côté du mérite pour lui et le monde entier. S’il commet une infraction, malheur à lui, car il s’est condamné, lui et le monde entier, à la faute, car à cause de ce seul péché qu’il a commis, lui et le monde ont perdu beaucoup de bien ».

111) Ces mots semblent déconcertants du début à la fin. Il dit que celui qui réalise une Mitsva, fait pencher immédiatement la balance du côté du mérite, car il est jugé par la majorité. Pourtant cela se réfère à ceux qui sont à moitié coupables et à moitié innocents. Et Rabbi Eléazar, fils de Rabbi Shimon, ne parle pas de cela du tout. Ainsi le principal manque dans le livre.

Rachi a interprété ses paroles comme se référant aux mots: « L’homme devrait toujours se considérer comme à moitié coupable et à moitié innocent ». Rabbi Eléazar, fils de Rabbi Shimon, ajoute que l’homme devrait toujours considérer le monde comme s’il était à moitié coupable et à moitié innocent. Pourtant le principal manque toujours et pourquoi a-t-il changé ses paroles si le sens en est le même ?

112) Ceci est encore plus difficile pour ce qui est du sujet lui-même, c’est-à-dire pour que l’homme se voit lui-même comme à moitié coupable. C’est étonnant, car si l’homme connaît ses nombreux méfaits, se mentirait-il en disant qu’il est à moitié ceci et à moitié cela ?

La Torah déclare « Eloigne-toi des mensonges ! » De plus, il est écrit « un pécheur perd beaucoup de bien ». Il en est ainsi parce qu’une infraction condamne une personne et le monde entier à la faute. C’est donc bien par une réalité évidente, et non par une imagination trompeuse, que l’homme devrait se représenter lui-même et le monde.

113) Il y a une autre source de confusion : se peut-il qu’il y ait peu de personnes dans chaque génération qui réalisent une Mitsva ? Ainsi comment le monde est-il jugé d’après le mérite ? Est-ce que cela veut dire que la situation ne change pas, et qu’il n’y a rien de nouveau sous le soleil ? En effet, une grande profondeur est requise ici, car les mots ne doivent pas être compris superficiellement.

Cependant, il ne s’agit pas d’un homme qui sait que ses iniquités sont nombreuses, pour lui apprendre à mentir, qu’il est à moitié ceci ou à moitié cela, ni pour insinuer qu’il ne lui manque qu’une seule Mitsva. Cela n’est absolument pas la voie des sages.

Mais cela fait référence à un homme qui ressent et qui s’imagine être totalement un juste complet, et qui pense être dans la perfection absolue. Il en est ainsi parce qu’il a déjà été récompensé du premier degré de l’amour par l’ouverture des yeux dans la Torah, et que « Celui qui connaît tous les mystères témoigne déjà qu’il ne retournera plus à sa bêtise ».

Les écrits lui montrent le chemin et prouvent qu’il n’est pas encore un juste, mais entre les deux – à moitié coupable et à moitié innocent. Il en est ainsi parce qu’il lui manque encore l’une des 613 Mitsvot dans la Torah, la Mitsva de l’amour.

Tout le témoignage de Celui qui connait les mystères qu’il ne pêchera plus, existe uniquement à cause de la clarté de l’atteinte de l’homme, de la grande perte en transgressant. Ceci est considéré comme la crainte de la punition et par conséquent appelé « la repentance par crainte ».

114) Nous avons aussi appris que ce degré de la repentance par crainte ne corrige un homme qu’à partir du moment de la repentance. En effet, toute la peine et souffrances vécues, avant la récompense de la révélation de la face, restent telles quelles, non corrigées. De même, les infractions que l’homme a commises ne sont pas entièrement corrigées mais subsistent en tant qu’erreurs.

115) C’est pourquoi il est dit d’un homme, à qui il manque encore une Mitsva, se considérera comme à moitié coupable et à moitié innocent. C’est-à-dire qu’il devra s’imaginer que la période où il a été récompensé de la repentance était au milieu de ses années. De ce fait, il est toujours « à moitié coupable », pour la moitié des années qu’il a vécues avant de se repentir. A ce moment, l’homme est certainement coupable puisque la repentance par crainte ne les corrige pas.

Il s’avère qu’il est également à moitié innocent, pour la moitié de ses années, depuis qu’il a été récompensé de la repentance. A ce moment, il est certainement innocent car il est sûr qu’il ne péchera plus. Ainsi, dans la première moitié de ses années il est coupable et dans la dernière moitié de ses années, il est innocent.

116) Il lui est dit de penser de lui-même, que s’il a réalisé une Mitsva, cette même Mitsva qu’il lui manque des 613, heureux sera-t-il car il s’est jugé du côté du mérite. Il en est ainsi parce que celui qui a été récompensé de la Mitsva de l’amour, par la repentance par amour, grâce à elle, est récompensé de changer ses malveillances en mérites.

Ainsi, chaque peine et chaque chagrin ressentis depuis toujours, avant d’être récompensé de la repentance, sont transformés en de merveilleux et infinis plaisirs pour lui, au point qu’il regrette de ne pas avoir souffert deux fois plus, comme dans l’histoire du propriétaire et du Juif qu’il aimait. Ceci est appelé « faire pencher la balance du côté du mérite », puisque toutes les émotions de l’homme, les erreurs et les malveillances se sont transformées en « mérites ». Ainsi, faire pencher « la balance du côté du mérite » signifie que le plateau [de la balance] qui était rempli de fautes est devenu un plateau rempli de mérites. Cette inversion est appelée par les sages « juger ».

117) Il nous avertit plus loin et dit, que tant que l’homme est au milieu et n’a pas encore été récompensé de cette « seule Mitsva » qu’il lui manque des 613, il ne devrait pas croire en lui jusqu’au jour de sa mort. Il ne devrait pas non plus compter sur le témoignage de Celui qui connaît tous les mystères, qu’il ne retournera plus à sa bêtise, car il pourrait commettre une infraction. De ce fait, l’homme devrait toujours penser de lui-même que s’il a commis une infraction, malheur à lui, car il s’est condamné à la faute.

Il en est ainsi parce qu’alors, il perdra immédiatement toute sa merveilleuse atteinte dans la Torah, et toute la révélation de la face dont il a été récompensé, et il retournera à la dissimulation de la face. Ainsi il se condamnera à la faute car il perdra tous les mérites et le bien, même ceux de la dernière moitié de ses années. Et comme preuve, il cite le verset « un pécheur perd beaucoup de bien ».

 118) Maintenant vous comprenez l’ajout de Rabbi Eléazar, fils de Rabbi Shimon, et pourquoi il ne cite pas la phrase « à moitié coupable et à moitié innocent ». Il en est ainsi parce qu’il s’agit des deuxième et troisième discernements de l’amour, alors que Rabbi Eléazar fils de Shimon parle du quatrième discernement de l’amour, l’amour éternel – la révélation de la face, telle qu’elle est en vérité, bonne et bienfaisante aux mauvais et aux gentils.

119) Nous avons appris qu’il est impossible d’atteindre le quatrième discernement, sauf quand l’homme est compétent et connaît tous les agissements de l’aimé et son comportement envers tous les autres, jusqu’à ce qu’aucun ne lui manque. C’est aussi pourquoi le grand privilège dont l’homme est récompensé, en faisant pencher la balance du côté du mérite, n’est toujours pas suffisant pour qu’il soit récompensé de l’amour complet, c’est-à-dire le quatrième discernement. Il en est ainsi parce que maintenant il n’atteint pas Sa qualité du bien qui fait le bien aux méchants et aux gentils, mais que Sa Providence sur lui.

Cependant, il ne connaît toujours pas Sa Providence, dans cette sublime et merveilleuse façon, vis-à-vis du reste des gens dans le monde. Ainsi, nous avons appris ci-dessus, que tant que l’homme ne connaît pas les agissements de l’aimé avec autrui, jusqu’à ce qu’aucun ne manque, l’amour n’est toujours pas éternel. De ce fait, l’homme est obligé de faire aussi pencher la balance du monde entier vers le mérite. Ce n’est qu’alors que l’amour éternel lui apparaît.

120) C’est ce que Rabbi Eléazar, fils de Rabbi Shimon, dit « Puisque le monde est jugé par sa majorité et l’individu est jugé par sa majorité », et puisqu’il considère le monde entier, il ne peut pas dire, comme il est écrit, qu’il les considère à moitié coupable et à moitié innocent. Une personne n’atteint ce degré, que quand elle est récompensée de la révélation de la face et de la repentance par crainte. Pourtant, comment peut-il dire cela du monde entier, alors qu’il n’a pas encore été récompensé de cette repentance? Ainsi, l’homme doit seulement dire que le monde est jugé par la majorité et l’individu est jugé par la majorité.

L’explication est qu’on pourrait penser que l’homme n’est récompensé d’être un juste complet, que s’il n’a commis aucune infraction et qu’il n’a jamais péché, et que ceux qui ont échoué en commettant des péchés et des malveillances ne méritent plus de devenir des justes complets. C’est pourquoi, Rabbi Eléazar, fils de Rabbi Shimon, nous apprend qu’il n’en est pas ainsi, mais que le monde est plutôt jugé selon sa majorité, de même que l’individu.

Cela veut dire qu’après ne plus être considéré comme moyen, ce qui veut dire après s’être repenti par crainte, et avoir été récompensé immédiatement des 613 Mitsvot et d’être appelé « moyen », c’est-à-dire durant la moitié de ses années il est coupable et durant l’autre moitié il est innocent, ce n’est qu’après, si l’homme ajoute une seule Mitsva, la Mitsva de l’amour, qu’il est considéré essentiellement innocent et fait pencher la balance vers le mérite. Ainsi, la balance des infractions devient aussi celle des mérites.

Il s’avère que même si l’homme a une balance pleine d’iniquités et de malveillances, elles se transforment toutes en mérites. Alors, l’homme ressemble à celui qui n’a jamais péché et est considéré « un juste complet ». C’est le sens du verset que le monde et l’individu sont jugés par la majorité. Ainsi, les transgressions commises par l’homme avant la repentance ne sont pas prises en compte, car elles sont devenues des mérites. En fait, même « les méchants complets » sont considérés « justes complets » après avoir été récompensés de la repentance par amour.

121) Par conséquent, il dit que si un individu réalise « une seule Mitsva », c’est-à-dire après s’être repenti par crainte, car alors il ne lui manque plus « qu’une seule Mitsva », « il est heureux car il a fait pencher la balance pour lui-même et pour le monde entier vers le mérite ». Ainsi, non seulement il est récompensé de s’être repenti par amour, en faisant pencher la balance vers le mérite, comme le verset le dit, mais il est aussi récompensé de faire également pencher la balance du monde entier vers le mérite.

Cela signifie qu’il est récompensé de s’élever vers de merveilleuses atteintes dans la Torah, jusqu’à découvrir comment tous les peuples du monde seront finalement récompensés de la repentance par amour. Ensuite, eux aussi découvriront et verront cette merveilleuse providence, comme il l’a atteinte lui-même. Et eux aussi feront tous pencher la balance vers le mérite. A ce moment, « les péchés cesseront sur la terre et les méchants ne seront plus ».

Et bien que les peuples du monde n’aient même pas encore été récompensés de la repentance par crainte, toujours est-il qu’après qu’un individu ait fait pencher la balance vers le mérite, destiné à lui revenir par une atteinte claire et absolue. Cela ressemble à « Vous verrez votre monde dans votre vie », qui est dit à propos de celui qui se repent par crainte. Nous avons dit que l’homme est impressionné et ravi par cela, comme s’il l’avait atteint instantanément, puisque « tout ce qui doit être collecté est considéré comme collecté ».

Cela concerne aussi ici l’individu qui atteint la repentance du monde entier précisément comme s’il avait été récompensé et en était venu à la repentance par amour. Chacun d’entre eux a fait pencher la balance de leur culpabilité vers les mérites, au point de connaître suffisamment toutes les actions du Créateur avec chaque individu dans le monde.

C’est pourquoi Rabbi Eléazar, fils de Rabbi Shimon dit « Heureux est-il car il a fait pencher la balance pour lui-même et pour le monde entier vers le mérite ». A partir de là, l’homme connaît entièrement les voies de Sa providence, avec chaque création, du fait de la révélation de Son véritable visage, c’est-à-dire le Bien qui fait le bien aux méchants et aux gentils. Et puisqu’il sait cela, il a été par conséquent récompensé du quatrième discernement de l’amour, soit « l’amour éternel ».

Rabbi Eléazar, fils de Rabbi Shimon, avertit comme dans le verset, que même après que l’homme ait fait pencher la balance du monde entier vers le mérite, il ne devrait toujours pas croire en lui-même jusqu’au jour de sa mort. S’il chute avec une seule infraction, il perdra immédiatement toutes ses merveilleuses atteintes et faveurs, comme il est écrit « un pécheur perd beaucoup de bien ».

Cela explique la différence à propos de laquelle Rabbi Eléazar, fils de Rabbi Shimon, écrit. L’écrit parle uniquement du deuxième et du troisième discernement de l’amour, et de ce fait elles ne mentionnent pas le jugement du monde entier.

En effet, Rabbi Eléazar, fils de Rabbi Shimon, parle du quatrième discernement de l’amour, qui ne peut être représenté que par l’atteinte de juger le monde entier sur l’échelle du mérite. Cependant, il nous reste encore à comprendre comment atteindre cette merveille qui est de juger le monde entier sur l’échelle du mérite.

122) Nous devons comprendre ce qui est écrit (Taanit 11, p 1), « Quand le public se désole, l’homme ne devrait pas dire ‘Je rentre chez moi pour manger et boire et mon âme sera en paix’. S’il agit ainsi, l’écrit dit de lui : Voici la joie et le plaisir, tuer un bœuf et égorger un mouton, manger de la viande et boire du vin – buvons et mangeons car demain nous mourrons ! ».

Qu’est-il écrit à ce sujet? « Et le Seigneur des armées se révèle dans mes oreilles : certainement ton iniquité ne sera pas expiée jusqu’à ta mort. Jusque-là l’attribut des moyens. Mais il est écrit de l’attribut des méchants, ‘Viens, j’apporterai du vin et nous nous enivrerons ; et demain sera comme aujourd’hui ».

Qu’est-il écrit de cela ? « Le juste périt et personne n’y prête attention, car le juste est pris à cause du mal ». A la place, l’homme se désole avec le public, il en est récompensé du réconfort du public ».

123) Ces mots semblent complètement hors sujet, car il souhaite donner la preuve du verset, que l’homme devrait s’affliger avec le public. De ce fait, pourquoi devrions-nous différencier et séparer l’attribut des moyens de l’attribut des méchants ? De plus, qu’elle est la précision qui est faite pour « l’attribut des moyens » et « l’attribut des méchants » ? Et pourquoi ne dit-il pas « intermédiaires » et « méchants » ? Pourquoi ai-je besoin des attributs ? De plus, où est-il suggéré que l’écrit parle d’une iniquité où l’homme ne souffre pas avec le public ? Qui plus est, nous ne voyons pas aucune punition dans l’attribut des méchants, mais seulement dans ce qu’il est écrit « Le juste périt et personne n’y prête attention ». Si les méchants ont péché, qu’a fait le juste pour qu’il soit puni, et qu’importe aux méchants si le juste périt ?

124) Pourtant sachez que ces attributs, « moyens/intermédiaire », « méchants » et « juste » ne sont pas dans des personnes spéciales, mais plutôt tous les trois existent dans chacun d’entre nous. Ces trois attributs sont discernables dans chaque personne. Pendant la période de dissimulation de la Face chez l’homme, c’est-à-dire avant même qu’il ne soit récompensé de la repentance par crainte, il est considéré comme étant dans l’attribut des méchants.

Ensuite, s’il est récompensé de la repentance par crainte, il est considéré comme moyen. Et ensuite, s’il est aussi récompensé de la repentance par amour, dans son quatrième discernement, c’est-à-dire l’amour éternel, il est considéré « juste complet ». C’est pourquoi, ils n’ont pas dit moyens et justes tout simplement, mais l’attribut des moyens et l’attribut des méchants.

125) Nous devons aussi nous rappeler qu’il est impossible d’être récompensé du quatrième discernement de l’amour, sans d’abord avoir été récompensé de la révélation de la face, qui sera révélée au monde entier. Cela donne à l’homme la force de faire pencher la balance du monde vers le mérite comme Rabbi Eléazar, fils de Rabbi Shimon, le dit. Nous avons déjà vu que la question de la révélation de la face transformera toute peine et tristesse survenues durant la dissimulation de la face, en plaisirs merveilleux, au point que l’homme regrettera d’avoir si peu souffert.

De ce fait, nous devons poser la question : quand l’homme fait pencher sa balance vers le mérite, il se souvient certainement de toutes les peines et les douleurs subies durant la dissimulation de la face. C’est pourquoi il est possible qu’elles se transforment toutes en plaisirs merveilleux pour lui, comme nous l’avons dit plus haut. Mais quand il fait pencher la balance du monde entier vers le mérite, comment connaît-il la mesure de toutes les peines et les douleurs dont souffrent toutes les créatures du monde, afin de pouvoir le comprendre et comment elles font pencher la balance vers le mérite, comme nous l’avons expliqué quand l’homme se juge lui-même?

Pour éviter que l’échelle du mérite du monde entier ne manque, quand l’homme sera qualifié pour faire pencher leur balance vers le mérite, l’homme n’a d’autre stratagème que de toujours souffrir avec les peines du public, comme il souffre des siennes. Car alors, l’échelle de la culpabilité du monde entier sera prête en lui, comme sa propre échelle de culpabilité. Ainsi, s’il est récompensé de se juger sur la balance du mérite, il pourra également juger le monde entier sur l’échelle du mérite, et sera récompensé d’être un juste complet.

126) Ainsi si l’homme ne souffre pas avec le public, même s’il est alors récompensé de la repentance par crainte, c’est-à-dire l’attribut du moyen, l’écrit dit de lui « Voici la joie et le plaisir ». Cela veut dire que celui qui a été récompensé de la bénédiction « tu verras ton monde dans ta vie », et voit toute sa récompense pour sa Mitsva préparée pour le monde à venir, est certainement « rempli de joie et de plaisir ». Et il se dit « tuer le bœuf et égorger le mouton, manger de la viande et boire du vin – Mangeons et buvons, car demain nous mourrons ! »

En d’autres mots, il est rempli d’une grande joie à cause de la récompense qui lui est assurée dans le monde à venir. C’est pourquoi il dit si joyeusement « car demain nous mourrons », et je récolterai la vie du monde à venir et je paierai après ma mort.

Cependant il est écrit à ce sujet : « Et le Seigneur des armées se révéla dans mes oreilles : cette iniquité ne sera pas expiée jusqu’à ta mort ». Cela veut dire que le texte lui montre les malveillances qu’il a commises. Il s’avère que les malveillances de celui qui se repent par crainte deviennent de simples erreurs. De ce fait, puisqu’il n’a pas souffert avec le public et ne peut pas être récompensé de la repentance par amour, moment auquel ses malveillances se transformeront en vertus, il est donc nécessaire que les malveillances qu’il a commises ne soient pas expiées dans sa vie.

Ainsi comment peut-il se réjouir de sa vie dans le monde à venir ? C’est pourquoi il est écrit : « cette iniquité ne sera pas expiée par toi », c’est-à-dire les erreurs, « jusqu’à ta mort », c’est-à-dire avant qu’il ne meure, et ainsi il a empêché d’expier.

127) Il est aussi écrit « l’attribut du moyen », c’est-à-dire que ce texte parle du moment où l’homme s’est repenti par crainte. A ce moment, l’homme est appelé « moyen ». Pourtant, qu’est-il écrit à propos de « l’attribut des méchants » ? En d’autres mots, qu’advient-il de la période où il était dans la dissimulation de la face, qui était alors appelée « l’attribut des méchants » ? Nous avons appris que la repentance par crainte ne corrige pas le passé de l’homme, avant qu’il ne se soit repenti. 

De ce fait, le texte apporte un autre verset : « Viens, j’apporterai du vin et nous nous enivrerons ; et demain sera comme aujourd’hui ». Cela veut dire que ces jours et ces années passés depuis le temps de la dissimulation de la face, qu’il n’a pas encore corrigés, appelés « l’attribut des méchants », ils ne veulent pas qu’il meurt, puisqu’ils n’ont aucune part après la mort dans le monde à venir, étant l’attribut des méchants.

Par conséquent, dès que l’attribut du moyen en lui est joyeux et se réjouit, « car demain nous mourrons », et il sera récompensé de la vie dans le monde à venir, en même temps, l’attribut des méchants en lui ne dit pas la même chose. Il dit plutôt « et demain sera comme aujourd’hui », c’est-à-dire qu’il souhaite vivre heureux dans ce monde pour toujours, car il n’a toujours pas de part dans le monde à venir, puisqu’il ne l’a pas corrigé, et qu’il n’est corrigé que par la repentance par amour.

128) Il est écrit « Le juste perd », c’est-à-dire l’attribut du juste complet, qu’un homme devrait mériter, est perdu pour lui. « Et personne ne prête attention au juste qui est éliminé à cause du mal ». En d’autres mots, le moyen n’a pas souffert avec le public, il ne peut donc pas atteindre la repentance par amour, qui transforme les malveillances en vertus et les maux en plaisirs merveilleux. A la place, toutes les erreurs et le mal dont l’homme a souffert avant d’avoir été récompensé de la repentance par crainte, subsistent encore dans l’attribut des méchants, qui ressentent des désastres de Sa Providence. Et à cause de ces désastres qu’ils ressentent encore, ils ne peuvent pas être récompensés ni être des justes complets.

Les écrits disent « et personne ne prête attention » c’est-à-dire que cet homme ne prend pas à cœur « à cause du mal ». En d’autres mots, à cause des « désastres » que l’homme ressent encore de son passé dans Sa providence, « le juste périt » c’est-à-dire qu’il perd l’attribut du juste. Et il mourra et quittera le monde comme un simple moyen. Tout cela concerne celui qui ne souffre pas avec le public et qui n’est pas récompensé ni ne voit le réconfort du public, car il ne sera pas capable de le juger favorablement ni de voir son réconfort. De ce fait, il ne sera jamais récompensé de l’attribut du juste.

129) De tout ce qui a été dit plus haut, nous avons mérité de savoir qu’il n’y a pas d’être né d’une femme qui n’expérimentera pas les trois attributs susmentionnés: l’attribut des méchants, l’attribut des moyens, l’attribut des justes.

Ils sont appelés Midot (attributs) puisqu’ils proviennent de Midot (mesures) de leur atteinte de Sa providence. Et comme nos sages l’ont dit : « l’homme est mesuré selon la mesure avec laquelle il mesure » (Soutah 8).Car ceux qui atteignent Sa Providence dans la dissimulation de la face sont considérés méchants, soit méchants incomplets d’après la simple dissimulation ou méchants complets dans la double dissimulation.

Et parce qu’ils pensent et ressentent que le monde est conduit par une mauvaise Providence, c’est comme s’ils se condamnaient eux-mêmes, puisqu’ils reçoivent des tourments et des peines de Sa providence et ils se sentent mal toute la journée. Et ils condamnent encore plus en pensant qu’une mauvaise providence veille sur tous les peuples du monde, comme sur eux.

De ce fait, ceux qui atteignent la Providence selon la perspective de la dissimulation de la face sont appelés « méchants », puisque ce nom apparaît en eux de la profondeur de leur sensation. Or cela dépend de la compréhension du cœur. La parole ou la pensée qui justifie Sa providence ne compte pas du tout, quand elle s’oppose à la sensation de tous les organes et des sens qui ne savent pas se forcer à mentir comme elle peut le faire.

De ce fait, ceux qui sont dans cette mesure d’atteinte de Sa providence sont considérés comme s’étant condamnés eux-mêmes et ayant condamné le monde entier à la faute, comme il est écrit à propos des paroles de Rabbi Eléazar, fils de Rabbi Shimon. Il en est ainsi parce qu’ils imaginent qu’une mauvaise providence veille sur les peuples du monde, comme sur eux, comme cela sied à Son nom, « le Bien qui fait le bien aux méchants et aux gentils ».

130) Ceux qui ont été récompensés de la sensation de Sa providence, dans la forme du premier degré de la révélation de la face, appelée « repentance par crainte », sont appelés moyens. Il en est ainsi parce que leurs émotions sont partagées en deux parties, appelées les « deux plateaux de la balance ». Maintenant qu’ils ont été récompensés de la révélation de la face, selon « tu verras ton monde durant ta vie », ils ont déjà tout du moins atteint dès à présent, Sa bonne providence comme il sied à Son nom de « Bon ». Ils sont, de ce fait, sur l’échelle du mérite.

Cependant, toute la peine et les tourments amers qui ont bien été gravés dans leurs sentiments durant toutes les journées et les années où ils ont reçu la Providence de la face cachée, c’est-à-dire, dans le passé, avant d’être récompensé de ladite repentance, voici qu’ils subsistent tous et sont appelés « la balance de la faute ».

Puisqu’ils ont ces deux plateaux, se tenant l’un en face de l’autre, de façon qu’avant leur repentance se dresse la balance de la faute, et après leur repentance c’est la balance du mérite qui leur est assuré. Le « moment » de la repentance se tient « entre » la faute et le mérite, et de ce fait ils sont appelés « moyens ».

131) Ceux qui sont récompensés de la révélation de la face du second degré, appelée « repentance par amour », quand les malveillances deviennent des mérites, et font pencher le plateau des fautes, vers le plateau du mérite. Cela signifie que toute la peine et les afflictions gravées dans leurs os, durant la providence de la dissimulation de la face, se sont maintenant rendues et sont devenues la balance du mérite ». Il en est ainsi parce que chaque peine et affliction s’est transformée en un plaisir magnifique et sans fin. Ils sont appelés maintenant « justes », car ils justifient Sa providence.

132) Nous devons savoir que l’attribut des moyens, ci-dessus, s’applique même quand l’homme est sous la providence de la dissimulation de la face, car par de grands efforts dans la foi en la récompense et la punition, une grande lumière de confiance dans le Créateur leur apparaît. Ils sont alors récompensés du degré de la révélation de Sa face, dans la mesure des moyens. Mais l’inconvénient est qu’ils ne peuvent pas rester de façon permanente à leurs degrés, puisque qu’y rester en permanence n’est possible que par la repentance par crainte.

133) Nous devons aussi savoir que ce que nous avons dit, qu’il n’y a de choix que lorsqu’il y a dissimulation de la face, et ne veut pas dire qu’après qu’une personne ait été récompensée de la providence de la révélation de la face, il n’y ait plus de travail ou d’effort à faire dans l’engagement dans la Torah et les Mitsvot. Bien au contraire, l’essentiel du travail dans la Torah et les Mitsvot, comme il se doit, commence après que l’homme ait été récompensé de la repentance par amour. Ce n’est qu’alors qu’il est capable de s’engager dans la Torah et les Mitsvot avec amour et crainte, comme il nous est ordonné, « Et le monde n’a été créé que pour le juste complet » (Brakhot 61).

La chose ressemble à un roi qui souhaitait choisir pour lui-même ses plus loyaux sujets de son pays, et les amener à son palais pour qu’ils y travaillent. Qu’a-t-il fait ? Il a publié un décret qui stipulait que quiconque le souhaitait, jeune ou vieux, pouvait venir au palais pour s’engager dans des travaux à l’intérieur du palais. Cependant, il assigna beaucoup de ses serviteurs pour garder l’entrée du palais et toutes les routes y menant, et leur ordonna d’induire en erreur, avec ruse, tous ceux qui s’approcheraient du palais et de les détourner du chemin qui mène au palais.

Naturellement, tous les gens du pays commencèrent à affluer vers le palais du roi, et, en effet, furent repoussés avec ruse par les gardes diligents. Beaucoup d’entre eux réussirent à passer les gardes et à se rapprocher de l’entrée du palais, mais les gardes à l’entrée étaient des plus diligents, et si quelqu’un s’approchait de la porte, ils le déviaient et le repoussaient avec grande astuce, jusqu’à ce qu’il s’en aille comme il était venu. Et ainsi ils retournaient, et venaient et repartaient, et regagnaient de la force et revenaient et repartaient, ainsi de suite jour après jour, d’année en année, jusqu’à ce qu’à se lasser de réessayer. Et, uniquement, les héros parmi eux, ceux qui ont été patients et qui ont vaincu ces gardes, et qui ont ouvert la porte, ont été récompensés d’être accueilli immédiatement par le Roi, qui assigna à chacun d’eux le rôle lui convenant. Bien sûr, à partir de ce moment, ils n’ont plus eu à faire avec ces gardes, qui les avaient détournés et repoussés, et leur avaient rendu la vie amère pendant plusieurs jours et années, à aller et venir vers l’entrée. Ils ont ainsi été récompensés de travail et de servir devant la splendeur de la lumière de la face du Roi dans Son palais.

Tel est le travail des justes complets. Le choix appliqué durant la dissimulation de la face, ne s’applique certainement plus dès qu’ils ont ouvert la porte pour atteindre la providence révélée. Ils commencent, en effet, principalement, Son travail dans le discernement de la révélation de la face. A ce moment, ils commencent à gravir les nombreux degrés de l’échelle établie sur terre, et dont le sommet atteint le ciel, comme il est écrit « Les justes iront de force en force ». C’est comme nos sages ont dit « Chaque juste est brûlé par le dais de son ami ». Ces travaux les préparent à la volonté du Créateur, pour que Sa pensée de la Création se réalise en eux, qui est de « réjouir Ses créatures » selon Sa bonne et généreuse main.

134) Il faut connaître cette loi supérieure, qu’il n’y a de révélation qu’à l’endroit où il y avait une dissimulation. C’est comme dans ce monde où l’absence précède l’existence, comme le blé pousse uniquement là où il a été semé et a pourri. De même des choses élevées, où la dissimulation et la révélation ont la même relation que la mèche et la lumière qui s’y attrape. C’est parce que chaque dissimulation, une fois corrigée, est la raison de la révélation de la lumière relative à ce type de dissimulation, et la lumière qui apparaît y adhère comme la lumière à la mèche. Rappelez-vous de cela en chemin.

135) Maintenant vous pouvez comprendre ce que nous sages ont écrit, que la Torah entière porte les noms du Créateur. C’est en quelque sorte déroutant, vu que nous y trouvons beaucoup de grossièretés, comme les noms des méchants – Pharaon, Balaam etc., interdiction, impureté, malédictions impitoyables dans les deux admonestations et ainsi de suite. Ainsi, comment pouvons-nous comprendre que tous ces noms soient ceux du Créateur ?

136) Pour comprendre cela, nous devons savoir que Ses voies ne sont pas les nôtres. Par nos voies nous arrivons de l’imperfection à la perfection, et par Sa voie, toutes les révélations nous viennent de la perfection à l’imperfection. Car au début, la perfection complète émane et émerge de Lui, et cette perfection descend de Sa face, et s’enchaine de restriction en restriction à travers plusieurs étapes, jusqu’à la dernière phase, la plus réduite, convenant à notre monde matériel. Et cela nous apparait ici dans ce monde.

137) Et de ce qui a été dit, vous saurez que la Torah, dont la hauteur de sa grâce est infinie, n’a pas émané et émergé immédiatement de Lui, telle que nous la trouvons sous nos yeux ici dans ce monde, car nous savons bien que « la Torah et le Saint Béni soit-il ne font qu’Un ». Cela n’apparait pas dans la Torah de ce monde, et plus encore, à celui qui l’étudie Lo Lishma, Sa Torah devient une potion de mort.

Cependant, comme ci-dessus, quand elle émana de Lui, elle émana et émergea dans une perfection absolue, ce qui veut dire, selon « la Torah et le Créateur ne sont qu’Un ». C’est ce qui est nommé Torah de Atsilout dans l’introduction aux corrections du Zohar (p 3) « Lui, Sa vie et Lui-même sont Un ». Ensuite, elle descendit de Sa face, et se réduisit à travers les échelons par de nombreuses restrictions, jusqu’à être donnée du Sinaï, étant écrite telle qu’elle est sous nos yeux ici dans ce monde, revêtue de l’habillement grossier du monde matériel.

138) Cependant vous saurez que, bien que la distance entre l’habillement de la Torah dans ce monde, et l’habillement dans le monde d’Atsilout soit infinie, malgré tout, la Torah elle-même, c’est-à-dire, la lumière qui se trouve dans l’habillement, ne change pas du tout entre la Torah d’Atsilout et celle de ce monde, comme il est dit « Moi le Seigneur, Je ne change pas » (Malachie 3-6)

De plus, cet habillement grossier de notre Torah de Assya, ne rabaisse en aucune manière la valeur de la lumière qui s’en revêt. Bien au contraire, son importance a de loin plus de valeur du point de vue de son Gmar Tikoun, que tout son habillement pur des mondes supérieurs.

Il en est ainsi car la dissimulation est la cause de la révélation. La dissimulation, après avoir été corrigée au moment de la révélation, devient la révélation, comme la mèche et la flamme qui y adhère. Plus la dissimulation est grande, plus la lumière qui y apparaîtra et s’y maintiendra sera grande pendant sa correction. Donc tous ces habillements grossiers, dont la Torah s’est revêtue dans ce monde, ne dévaluent en aucune manière la Lumière qui s’y revêt, mais bien au contraire.

139) C’est en cela que Moïse vainquit les anges, par son argument « Il n’y a pas de jalousie entre vous, le mauvais penchant est entre vous » (Shabbat 89). Ce qui veut dire, comme expliqué, que la dissimulation la plus grande révèle la plus grande Lumière. Et il leur a montré que par l’habillement pur dont la Torah se revêt en eux dans le monde des anges, ils ne peuvent pas découvrir les lumières les plus grandes, comme cela est possible dans l’habillement de ce monde.

140) Il est déjà clair, qu’il n’y a aucun changement dans la Torah de Atsilout, où « la Torah et le Créateur sont Un », jusqu’à la Torah de ce monde. Tout le discernement n’est que dans l’habillement. Car les habillements de ce monde dissimulent le Créateur et Le cachent.

Et sachez que selon Son revêtement dans la Torah, il porte le nom « enseignant », pour vous informer que même pendant la dissimulation de la face, et même dans la double dissimulation, le Créateur réside et se revêt dans la Torah. Car Il est « l’enseignant » et elle est la « Torah » [enseigment]. Mais, à nos yeux, les habits grossier de la Torah sont comme des ailes, qui couvrent et cachent l’Enseignant qui en est revêtu et qui S’y cache.

Certes, quand l’homme est récompensé de la révélation de la face par la repentance par amour du quatrième discernement, il est dit de lui « Et ton enseignant ne se cachera plus, et tes yeux verront ton enseignant » (Isaïe 30-20), car à partir de là, les habits de la « Torah » ne dissimulent et ne cachent plus l’enseignant ». Et il découvre éternellement que « la Torah et le Créateur sont Un ».

141) Par cela vous comprendrez ce qui est écrit : « Abandonnez-Moi, et gardez Ma Torah ». Ce qui veut dire : « Je souhaite qu’ils Me laissent et qu’ils gardent Ma Torah, la lumière en elle les ramènera au bien » (Talmud de Jérusalem, Haguiga page 6b). Ce qui est en quelque sorte bizarre. En effet leur intention était de jeûner et de se tourmenter pour trouver la révélation de Sa face, comme dans le verset « Ils aiment la proximité de Dieu » (Isaïe 58-2).

 Et le texte leur dit, au nom du Créateur: « Je souhaite que vous m’abandonniez, car tout votre travail est en vain, et ne sert à rien, car Je ne me trouve nulle part, excepté dans la Torah. C’est pourquoi, gardez la Torah et cherchez-y Moi, et la lumière en elle vous ramènera au bien, et vous Me trouverez », comme il est expliqué dans le verset « Et ceux qui Me cherchent me trouveront ».

142) Nous pouvons à présent expliquer un peu l’essence de la sagesse de la Kabbale, pour avoir une notion fidèle et suffisante de la qualité de cette sagesse, pour ne pas nous tromper à cause de fausses idées que la majorité des foules s’imagine.

Vous devez savoir que la Torah est divisée en quatre aspects, qui incluent toute la réalité. Car trois aspects sont distingués dans toute la réalité de ce monde, et sont nommés : le monde, l’année, l’âme. Et le quatrième aspect est la voie d’existence de ces trois parties de la réalité, à savoir, leur alimentation, leur conduite, et toutes leurs circonstances.

143) L’extériorité de la réalité, comme le ciel et le firmament, la terre et les mers, etc., qui sont inscrits dans la Torah, tous ceux-là sont nommés « monde ».

L’intériorité de la réalité, à savoir, l’homme et la bête, et l’animal et les sortes d’oiseaux, etc., mentionnés dans la Torah, et qui se trouvent dans les endroits ci-dessus appelés « extériorité », sont intitulés « âme ».

L’évolution de la réalité à travers les générations est nommée cause et effet. Par exemple, la succession des chefs des générations, depuis Adam HaRishon jusqu’à Josué et Caleb qui sont entrés dans le pays, qui est cités dans la Torah, et où le père est discerné comme la « cause » de son fils qui a été «causé » par lui. Cet aspect de l’évolution des détails de la réalité de cause à effet mentionné, est nommé « année ».

Et toutes les voies de subsistance de toute la réalité, extérieures et intérieures ci-dessus, dans toutes leurs conduites et circonstances, rapportées dans la Torah, sont appelées « l’existence de la réalité ».

144) Sachez que les quatre mondes, appelés dans la sagesse de la Kabbale Atsilout, Briya, Yetsira, Assya, quand ils se sont enchainés et sortis, sont issus l’un de l’autre comme le sceau et l’empreinte. C’est-à-dire, comme tout ce qui est inscrit dans le sceau est forcément découvert et sort dans son empreinte, ni plus ni moins. C’est ainsi que les mondes ont évolué. De sorte que les quatre discernements qui sont monde-année-âme et leurs existences dans le monde d’Atsilout, en ont tous émergé et en ont été empreints, et leur modèle est également apparu dans le monde de Briya. Et ainsi du monde de Briya au monde de Yetsira, jusqu’au monde d’Assya.

De sorte que tous les trois discernements qui sont dans la réalité qui est devant nous, appelés monde-année-âme et toutes leurs voies d’existence présentées à nos yeux, ici, dans ce monde, se sont étendus et sont apparus ici du monde de Yetsira. Et dans Yetsira de celui au-dessus de lui.

De sorte que l’origine de tous ces nombreux détails, sous nos yeux, se trouve dans le monde d’Atsilout. Et plus encore, même ces nouveautés qui se renouvellent de nos jours dans ce monde, chaque innovation doit être forcément découverte d’abord en-haut dans le monde d’Atsilout. Et de là, elle s’enchaine et apparaît dans ce monde.

Nos sages ont écrit « Il n’y a aucune herbe en bas, qui n’ait pas sur elle un destin et un gardien en haut, qui la frappe et lui dise de pousser » (Bereshit Raba 81). Il est écrit « Il n’y a personne qui lève le doigt en bas, avant que ce ne soit proclamé en haut » (Khoulin p 7).

145) Sachez que l’habit de la Torah dans les trois discernements de la réalité monde-année-âme, et leurs existences matérielles dans ce monde, engendre l’interdiction et l’impureté et la proscription, qui se trouvent dans la Torah révélée, comme expliqué ci-dessus, dont le Créateur se revêt, dans « la Torah et le Créateur sont Un », mais en dissimulation et en grande cachette, car ces habits matériels sont les ailes qui Le couvrent et Le cachent.

En effet, l’habit de la Torah dans les formes pures monde-année-âme et leur existence dans les trois mondes supérieurs, appelés Atsilout, Briya, Yetsira, s’appelle généralement « la sagesse de la Kabbale ».

146) De sorte que la sagesse de la Kabbale et la Torah révélée sont identiques. Mais quand l’homme reçoit la providence de la dissimulation de la face, et que le Créateur se cache dans la Torah, cela est considéré comme l’étude de la Torah révélée. Ce qui veut dire, qu’il ne peut recevoir aucune illumination de la Torah de Yetsira, et il est même inutile de dire au-dessus de Yetsira.

Quand l’homme est récompensé de la révélation de la face, il commence alors à s’engager dans la sagesse de la Kabbale. C’est parce que les habits de la Torah révélée eux-mêmes se sont purifiés et sa Torah est devenue la Torah de Yetsira, qui est appelée « sagesse de la Kabbale ». Et même celui qui est récompensé de la Torah d’Atsilout, cela ne veut pas dire que les lettres de la Torah ont changé, mais plutôt que ces habits mêmes de la Torah révélée se sont purifiés en lui et sont devenus des habits très purs, car ils sont devenus comme il est écrit « Et ton enseignant ne se cachera plus, et tes yeux verront ton enseignant», car alors ils sont devenus comme « Lui, Sa vie et Lui-même sont Un ».

147) Et pour un peu rapprocher cela de l’esprit, je vous en donnerai un exemple. Quand l’homme était dans la dissimulation de la face, les lettres et les habits de la Torah cachaient forcément le Créateur, et donc il échouait dans les malveillances et les erreurs qu’il a commises. Et il était alors sous la verge de la punition, les habits grossiers dans la Torah, qui sont l’impureté, l’interdiction et la proscription etc.

Cependant, quand il est récompensé de la providence révélée, et de la repentance par amour, où les malveillances deviennent des mérites, toutes les malveillances et les erreurs, dans lesquelles il a échoué étant sous la dissimulation de la face, se sont dévêtues à présent de leurs habits grossiers et très amers, et se sont revêtues d’habits de lumière et de Mitsva et de mérites. Car ces mêmes habits grossiers se sont transformés en mérites, qui sont maintenant des habits s’étendant du monde d’Atsilout ou Briya, qui n’enveloppent pas ni ne recouvrent « l’Enseignant », mais au contraire « et tes yeux verront ton Enseignant ».

Il n’y a donc aucun changement entre la Torah d’Atsilout et la Torah de ce monde, à savoir entre la sagesse de la Kabbale et la Torah révélée, mais la seule différence est entre les personnes qui s’engagent dans la Torah. Les deux s’engagent dans la Torah selon la même loi et le même langage, et malgré tout, pour l’une cette Torah sera la sagesse de la Kabbale et la Torah d’Atsilout, et pour l’autre la Torah sera celle d’Assya, la révélée.

148) Par cela vous comprendrez la justesse des mots du Gaon de Vilna dans le livre de prière dans la bénédiction de la Torah, où il a écrit, que l’on commence la Torah par Sod [secret], à savoir la Torah révélée d’Assya, qui est dissimulée, où Il se cache complètement. Et ensuite par Remez [indice], ce qui veut dire qu’il découvre beaucoup plus de la Torah de Yetsira. Jusqu’à être récompensé de Pshat (sens littéral), qui est la Torah d’Atsilout, appelée ainsi car elle s’est dévêtue de tous les habits qui cachent le Créateur.

149) Et après être arrivé ici, nous pouvons donner quelques notions et discernements des quatre mondes connus dans la sagesse de la Kabbale, sous les noms de Atsilout, Briya, Yetsira, Assya de sainteté, et des quatre mondes ABYA des écorces, présentés l’un opposé à l’autre, opposé à ABYA de la sainteté.

Vous comprendrez cela dans les quatre discernements de l’atteinte de Sa providence, et dans les quatre degrés de l’amour. Nous expliquerons d’abord les quatre mondes ABYA de sainteté [Kedousha]. Nous commencerons par le bas, du monde d’Assya.

150) Les deux premiers discernements de la providence de la dissimulation de la face, ont été expliqués plus haut. Sachez que les deux sont considérés comme le monde d’Assya. C’est pourquoi il est écrit dans le livre « L’arbre de vie », que le monde d’Assya est principalement mauvais, et même le peu de bien qui s’y trouve, est mêlé à la méchanceté et est méconnaissable.

De la première dissimulation découle surtout la méchanceté, à savoir les tourments et les douleurs que ressentent ceux qui reçoivent cette providence. De la double dissimulation, le bien est également mêlé au mal, et le bien est complètement méconnaissable.

Et le premier discernement de la révélation de la face est le monde de Yetsira, et il est écrit à ce sujet dans le livre « L’arbre de Vie » (porte 48 ch.3), que le monde de Yetsira est à moitié bon et à moitié mauvais. Ce qui veut dire, que celui qui atteint le premier discernement de la révélation de la face, étant le premier aspect de l’amour conditionnel, considéré seulement la « repentance par crainte », est appelé « moyen », et est à moitié coupable et à moitié innocent.

Le second discernement de l’amour est aussi conditionnel, mais où il n’y a aucune réminiscence entre eux d’aucun grief ni de mal, et le troisième discernement de l’amour est le premier discernement de l’amour inconditionnel, sont tous les deux considérés comme « du monde de Briya ».

Il est donc écrit à ce sujet dans le livre « L’arbre de vie », que le monde de Briya est en grande partie bon et un peu mauvais, et le peu de mal est indiscernable. A savoir, que le « moyen » est récompensé d’une seule Mitsva, il se juge sur la balance du mérite, et il est donc considéré comme « essentiellement bon » signifiant le deuxième discernement de l’amour.

Le peu de mal qui est indiscernable dans Briya, s’étend du troisième discernement de l’amour, lequel est inconditionnel. Et il s’est déjà jugé favorablement, mais il n’a pas encore jugé le monde entier, et c’est en cela que se trouve le peu de mal, car cet amour n’est pas encore considéré éternel. Cependant ce peu est indiscernable, car il n’a pas encore ressenti de méchanceté ni de grief même envers les autres.

 Le quatrième discernement de l’amour, qui signifie l’amour inconditionnel, est lui aussi éternel, c’est celui du monde d’Atsilout. Il est écrit dans le livre « L’arbre de vie », qu’il n’y a pas du tout de mal dans le monde d’Atsilout. Et là, « le mal ne séjournera pas en toi ».

Après avoir également jugé favorablement le monde entier, l’amour est éternel et absolu, et aucun revêtement ni dissimulation n’existera plus jamais. Car c’est là l’endroit de la révélation complète de la face, comme dans le verset « Et ton Enseignant ne se cachera plus, et tes yeux verront ton Enseignant ». Il en est ainsi, car il connait déjà toutes les actions du Créateur envers toutes les créatures du point de vue de la providence véritable, découverte dans Son nom de Bien qui fait le bien pour les méchants et pour les gentils.

151) Vous comprendrez par cela aussi le discernement des quatre mondes d’ABYA de Klipa (écorce), opposés à ABYA de Kedousha, dans le verset « Dieu fit l’un opposé à l’autre ». Car le char des Klipot d’Assya vient de la dissimulation de la face dans ses deux degrés, car ce char domine pour que l’homme juge tout défavorablement.

Le monde de Yetsira de Klipa attrape dans ses mains la balance des fautes, qui n’est pas corrigée dans le monde de Yetsira de Kedousha. C’est ainsi qu’ils dominent les moyens, qui reçoivent du monde de Yetsira comme dans le verset « Dieu fit l’un opposé à l’autre ».

Le monde de Briya de Klipa, a entre ses mains la même force pour annuler l’amour conditionnel, ce qui veut dire annuler uniquement ce dont l’amour dépend. C’est-à-dire l’imperfection de l’amour du second discernement.

Le monde d’Atsilout de Klipa, attrape dans ses mains ce peu de mal qui est imperceptible dans Briya par le troisième discernement de l’amour. Car bien qu’il soit l’amour véritable par la force du Bien qui fait le bien pour les méchants et pour les gentils, qui est considéré comme Atsilout de Kedousha, et vu qu’il n’a pas été récompensé de juger favorablement le monde entier, les Klipot ont toute la force de faire échouer l’amour par la Providence sur les autres.

152) Il est écrit dans « L’arbre de vie » que le monde d’Atsilout de Klipot se tient en face du monde de Briya, et non en face du monde d’Atsilout, car du monde d’Atsilout de Kedousha, ne provient que le quatrième discernement de l’amour, et donc les Klipot n’ont aucun contrôle, vu qu’il a déjà jugé le monde entier favorablement, et qu’il connaît aussi toutes les actions du Créateur, dans sa Providence sur toutes les créatures, par la Providence de Son nom, de Bien et qui fait le bien pour les méchants et les gentils.

Mais dans le monde de Briya, d’où provient le troisième discernement, il n’a pas encore jugé le monde entier, et c’est pourquoi les Klipot s’y accrochent encore. Mais ces Klipot sont considérées comme Atsilout de Klipa, car elles sont en face du troisième discernement, qui est l’amour inconditionnel. Et cet amour est d’Atsilout.

153) Les quatre mondes ABYA de Kedousha et les Klipot ont donc été bien expliqués, les Klipot étant l’opposé de chacun des mondes. Ils sont considérés comme le manque qu’il y a dans leur monde correspondant, dans la Kedousha, et ils sont appelés les quatre mondes ABYA des Klipot.

 154) Ces mots suffisent à chaque lecteur, pour ressentir quelque peu dans son esprit l’essence de la sagesse de la Kabbale. Et il convient que vous sachiez, que la plupart des auteurs de livres de Kabbale n’ont écrit leurs livres que pour des lecteurs qui ont déjà été récompensés de la révélation de la face, et de toutes les atteintes supérieures. Et ne posons pas la question, s’ils ont déjà été récompensés de l’atteinte, ils savent donc tout par leur propre atteinte, pourquoi devraient-ils donc encore étudier dans les livres de sagesse de la Kabbale des autres ?

Cependant cette question n’est pas intelligente, car cela ressemble à celui qui étudie la Torah révélée, et qui ne sait absolument rien des affaires de ce monde du point de vue monde-année-âme de ce monde, et ne sait rien de la conduite des gens et de leur comportement envers eux-mêmes et envers les autres. Et il ne sait rien des bêtes, des animaux et des oiseaux de ce monde.

Et vous viendriez-t-il à l’esprit, qu’une telle personne puisse comprendre correctement quelque texte dans la Torah ? Elle inverserait le sens des textes de la Torah de mauvais à bon, et de bon à mauvais, et ne s’y retrouverait pas.

De même notre cas : bien que l’homme ait été récompensé de l’atteinte, et même de l’atteinte de la Torah d’Atsilout, néanmoins, il ne percevrait pas ce qui touche à sa propre âme. Et il faut quand même encore connaitre les trois discernements monde-année-âme dans toutes leurs circonstances et conduites par une connaissance absolue, pour pouvoir comprendre les cas de la Torah relatifs à ce même monde.

Ces cas sont expliqués dans le livre du Zohar et les véritables livres de Kabbale dans tous leurs détails et précisions, ainsi tout sage et érudit doit examiner jour et nuit.

155) D’après cela il faut poser la question: s’il en est ainsi, pourquoi les kabbalistes ont-ils obligé chaque personne à étudier la sagesse de la Kabbale? En effet il y a en elle quelque chose d’élevé, qu’il est approprié de publier: il y a une Sgoula (remède) merveilleuse et infinie pour ceux qui s’engagent dans la sagesse de la Kabbale, et bien qu’ils ne comprennent pas ce qu’ils étudient, leur envie et leur fort désir de comprendre ce qu’ils étudient éveillent sur eux les lumières qui entourent leurs âmes.

Ce qui signifie que chaque personne d’Israël est assurée d’atteindre finalement toutes les merveilleuses atteintes que le Créateur a conçues dans la pensée de la création afin de réjouir chaque créature. Et celui qui n’en en pas été récompensé dans cette vie, le sera dans la prochaine, et ainsi de suite, jusqu’à être récompensé de compléter Sa pensée qu’Il a conçue pour lui.

Et tant que l’homme n’a pas atteint la perfection, toutes ces mêmes lumières, qui lui sont destinées, sont considérées comme des Lumières Environnantes (Orot Mekifim). Ce qui signifie qu’elles sont prêtes pour lui, mais elles attendent que l’homme purifie son Kli (récipient) de réception, et c’est alors que ces lumières se revêtiront dans ces récipients adéquats.

C’est pourquoi, même quand l’homme n’a pas les Kélim, mais qu’il s’engage dans cette sagesse, et mentionne les noms des lumières et des Kélim, qui sont relatives à son âme, elles l’illuminent immédiatement, dans une certaine mesure. Elles l’illuminent sans le revêtement de l’intériorité de son âme, vu que les Kélim appropriés pour leur réception manquent. Cependant l’illumination qu’il reçoit chaque fois qu’il étudie, attire sur lui la Grâce des Cieux, et lui accorde une abondance de sainteté et de pureté, qui rapprochent beaucoup l’homme de l’atteinte de sa perfection.

156) Mais il y a une condition sévère à l’engagement dans cette sagesse, qui est de ne pas la réaliser à des fins imaginaires ni matérielles, qui transgressent le commandement « Tu ne feras pas d’idole ni de représentation quelconque ». Car cela, au contraire, leur nuira plutôt que de leur servir. C’est pourquoi nos sages ont averti de n’étudier la sagesse qu’après l’âge de quarante ans, ou bien de la bouche d’un Rav, etc., autres précautions. Et tout cela pour la raison ci-dessus.

Et c’est pour sauver les lecteurs de toute matérialisation, que j’ai composé le livre « Talmud des dix Sefirot » du Ari, où je rassemble les livres du Ari, tous les articles principaux touchant à l’explication des dix Sefirot, en simplicité et dans un langage aussi facile que possible. J’en ai ordonné le tableau de questions et le tableau de réponses, pour tous les mots et tous les sujets. « Et que la volonté de Dieu réussisse entre ses mains ».

 

 

Explication de l’article, préface à la sagesse de la Kabbale

Les quatre phases de la lumière directe

L’apprentissage commence avec un discernement appelé « la connexion entre le Créateur et les créatures », puisque nous ne parlons pas du Créateur Lui-même et que nous ne pouvons pas L’atteindre Lui-même. Au lieu de cela « Par Tes actions nous Te connaissons », c’est-à-dire l’atteinte est uniquement par les actions se déployant de Lui.

Cette connexion est aussi appelée « le but de la création ». Nos sages ont perçu que Ses souhait et but étaient de faire du bien à Ses créations. De ce fait, l’ordre d’évolution commence avec ce discernement jusqu’à ce qu’il atteigne les âmes dont la racine est l’âme d’Adam HaRishon, qui provient de l’intériorité des mondes de BYA.

D’une manière allégorique, quand le Créateur souhaita faire du bien à Ses créatures, Il voulut leur donner 100 kg de plaisir. De ce fait, Il a dû créer des créations telles qu’elles voudraient recevoir ce plaisir. Nous avons appris que le désir de recevoir délices et plaisirs est l’essence même de la créature et la raison pour laquelle la création est appelée « existence depuis l’absence ». Et Il la créa afin que Sa pensée de réjouir Ses créations soit réalisée.

Et pour que le désir de recevoir naisse, il y a dû y avoir un ordre de quatre discernements, puisque l’homme se réjouit de quelque chose uniquement selon son désir pour cette chose. C’est la raison pour laquelle nous appelons le Kli (récipient) par le nom, « volonté de recevoir », « désir ardent ». Ainsi la mesure du besoin détermine la mesure du désir pour satisfaire le besoin.

Il y a deux conditions pour la fabrication du désir ardent :

  1. L’homme devrait savoir quoi désirer ardemment. Il ne peut pas désirer quelque chose qu’il n’a jamais vue ou dont il n’a rien entendue.
  2. Il n’aura pas la chose désirée puisque si son souhait a déjà été réalisé il perd le désir ardent.

Pour réaliser ces deux conditions, quatre phases/discernements ont émergé dans le désir de recevoir, qui sont en fait cinq avec leur racine. Le cinquième discernement est appelé un Kli approprié pour recevoir délices et plaisirs.

Les discernements suivent l’ordre suivant :

  • 1) Kéter : Son désir de réjouir Ses créations
  • 2) Hokhma : Son désir de donner du plaisir à Ses créations a créé un manque – existence depuis l’absence – avec cela, la lumière. Ainsi l’abondance et le désir de recevoir l’abondance sont arrivés ensemble. Il en est ainsi parce que le désir ne sait pas encore quoi vouloir ; de ce fait il est né avec ce qui le comble. Mais s’il a ce qui le comble, son remplissage, il perd le désir pour le remplissage, comme la deuxième condition le requière. Ce discernement est appelé BéhinaAleph (premier discernement) de Aviout (du désir).
  • 3) Bina : puisque la lumière vient du Donneur, la force de don sans réserve est incluse en elle. De ce fait, à sa fin, Hokhma souhaite égaliser sa forme, c’est-à-dire ne pas être un receveur mais un donneur. Il y a une règle en spiritualité : « Toute genèse d’une forme est considéré comme un nouveau discernement. » De ce fait, ce discernement reçoit son propre nom – Bina, et ceci est BéhinaBet (deuxième discernement de Aviout). Nous avons aussi appris que la lumière qui se répand alors que l’inférieur souhaite égaliser sa forme est OhrHassadim (lumière de Miséricorde) et c’est la lumière qui brille dans Bina.

Question : si Bina désire ardemment donner sans réserve, pourquoi est-elle considérée comme Aviout Bet (deuxième degré d’Aviout) ? Au contraire il semble qu’elle aurait dû être plus pure que la Béhina Aleph de Aviout (premier degré d’Aviout).

Réponse : je vais l’expliquer avec une allégorie. Une personne donne à son ami un présent et l’ami le reçoit. Après il considère et décide que ce n’est pas dans son intérêt de recevoir et retourne le cadeau. Au début il était sous l’influence et la domination du donneur ; de ce fait, il a reçu. Mais une fois qu’il a reçu, il a ressenti qu’il était le receveur et cette sensation lui a causé de retourner le cadeau.

Leçon : dans Béhina Aleph, il a reçu à cause de la domination du donneur mais il ne s’est pas ressenti comme un receveur. Et quand il a vu et ressenti qu’il était le receveur, il a arrêté de recevoir et ceci est Béhina Bet. En d’autre mot, dans cet état il a ressenti qu’il était le receveur et de ce fait il a voulu donner sans réserve au donneur. C’est pourquoi Béhina Bet est appelée Bina, car elle Hitbonéna (observa) elle-même étant receveur et de ce fait voulut donner sans réserve. C’est aussi pourquoi nous apprenons que le début de l’apprentissage est depuis Bina vers le bas.

  • 4) ZA : à sa fin Bina reçut un genre de motivation qui provient du but de la Création, qu’elle doit recevoir parce que le but de la Création n’était pas pour que les créatures s’engagent dans le don sans réserve. D’un autre côté, elle voulait aussi l’équivalence de forme, le don sans réserve. Par conséquent elle a fait un compromis : elle recevra Hassadim (miséricorde) et l’illumination de Ohr Hokhma (lumière de la sagesse).

Ceci est appelé Béhina Guimel de Aviout, puisqu’elle déploie déjà Hokhma, mais il y a toujours Hassadim en elle. C’est la raison du nom Zeir Anpin (petit visage). Hokhma est appelé Panim (visage) comme dans « La sagesse de l’homme fait briller son visage », mais elle reçoit cette Ohr Hokhma dans un Zeir, c’est-à-dire selon une très petite mesure. Mais ce discernement n’est toujours pas considéré comme un Kli (récipient), puisqu’il peut toujours donner et recevoir uniquement une illumination de Ohr Hokhma c’est un signe que son désir ardent de recevoir est incomplet, puisqu’il a toujours la force de s’engager aussi dans le don sans réserve.

  • 5) Malkhout : à la fin Béhina Guimel est incitée d’en haut à recevoir abondamment à cause de Son désir de faire du bien à Ses créations. Après tout, le but de la création n’était pas que l’inférieur reçoive dans Zeir Anpin. De ce fait, cet éveil cause à Malkhout d’avoir un désir et une envie de recevoir Ohr Hokhma comme elle brillait dans Béhina Aleph, quand elle avait toute Ohr Hokhma.

Mais la différence entre Béhina Aleph et Béhina Dalet est que dans Béhina Aleph il ne peut pas être dit qu’elle se réjouisse de Ohr Hokhma puisqu’elle ne possède toujours pas le désir ardent et le manque, puisque le Kli et l’abondance sont venus ensemble. Mais Béhina Dalet désire ardemment Ohr Hokhma quand elle ne l’a pas ; par conséquent quand elle reçoit, elle ressent le délice et le plaisir qui vient réaliser son souhait.

Uniquement cette Béhina Dalet est appelée un Kli, puisqu’il souhaite uniquement recevoir. Toutes les Béhinot (pluriel de Béhina) avant cela sont considérées « Lumière sans Kli ». Et quand cette Béhina Dalet reçoit la lumière, c’est un état appelé « le monde de Ein Sof », et aussi « remplissant toute la réalité.

Question : Si nous nous occupons de la spiritualité, où il n’y a ni temps ni lieu, qu’est-ce que « remplissant toute la réalité » veut dire ?

Réponse : retournons à notre allégorie du début de notre explication, l’allégorie qui Le décrit comme voulant donner à Ses créatures 100 kg de plaisir et de ce fait a dû créé 100 kg de manque et un désir de recevoir dans les créatures, correspondant au plaisir. Quand les 100 kg de désir reçoivent les 100 kg de satisfaction, ceci est appelé « remplissant toute la réalité », c’est-à-dire qu’aucun manque n’est laissé insatisfait.

Et maintenant nous allons expliquer le sens du nom Malkhout de Ein Sof : cette Malkhout, qui désire recevoir l’abondance pour remplir ses manques, est appelée « recevoir afin de recevoir ». Cela veut dire qu’elle reçoit afin de satisfaire son manque. A un état plus avancé, elle y met fin et y met un Tzimtzoum (restriction) sur l’utilisation de ce Kli. Mais dans l’état initial, avec lequel nous sommes occupés, elle n’a toujours pas fait ce Sof (fin) et Sioum (conclusion) ; de ce fait cet état est toujours appelé Ein Sof (sans fin).

Nous avons appris que, à sa fin, après avoir reçu l’abondance, un désir de donner sans réserve s’éveille dans Hokhma, correspondant au souhait de l’Emanateur de donner sans réserve. Aussi, une fois que Malkhout a reçu la lumière, cela évoque en elle un désir de donner puisque cette lumière possède la pouvoir du don sans réserve. Bina souhaitait donner mais échoua car à la manière de Bina il manque le but de la création. Même sa réception de lumière qui suit dans ZA  n’était pas suffisante, puisque le désir du Créateur de faire du bien à Ses créations était pour l’abondance et pas pour ZA. De ce fait, comment Malkhout peut-elle accomplir l’équivalence de forme et obtenir aussi le but de la création ?

Il est dit à propos de cela qu’elle a inventé quelque chose de nouveau : Malkhout devait tout recevoir, mais pas comme Ein Sof où tout était avec l’intention de recevoir, elle devait le faire avec l’intention de donner. Ainsi, d’un côté elle devait réaliser le but de la création de faire plaisir à Ses créations puisqu’elle recevrait, et d’un autre côté son but serait de donner, ce qui est l’équivalence de forme.

Tzimtzoum Aleph

La décision de Malkhout de ne pas recevoir avec l’intention de recevoir est considérée comme le fait qu’elle repousse la lumière. Cet état est appelé Tzimtzoum (restriction). Il y a une règle en spiritualité que toute apparition d’une nouvelle forme est considérée comme un nouveau discernement. Par conséquent, nous devrions discerner deux états :

  1. Quand Béhina Dalet a reçu toute la lumière avec un Kli appelé « désir ardent ». Ceci est appelé « remplissant toute la réalité ». C’est aussi appelé « le monde de Ein Sof ».
  2. Après avoir voulu l’équivalence de forme, cet état est considéré comme un monde différent, appelé « le monde du Tzimtzoum », d’où la lumière est partie.

De ce fait, comme nous avons discerné que Hokhma reçoit et Bina réfléchit la lumière, Malkhout reste comme elle était, dans l’état du monde de Ein Sof, recevant toute la lumière. Et maintenant nous discernons une nouvelle Malkhout, qui réfléchit la lumière.

Nous devrions savoir que dans le premier état, appelé Ein Sof, c’était « Lui et Son nom sont un », c’est-à-dire que la lumière et le Kli étaient un discernement. Seulement après le Tzimtzoum y-a-t-il eu la distinction des quatre phases ou des dix Séphirot puisque la lumière les a quittées.

Question : avec ce Tzimtzoum, la lumière a quitté toutes les dix Séphirot. Ceci est déroutant, puisque le Tzimtzoum était sur la réception avec l’intention de recevoir, qui est Béhina Dalet et pas sur les autres Béhinot !

Réponse : Les trois premières Béhinot ne sont pas considérées comme des Kélim, elles entrainent un ordre de développement, à la fin duquel le Kli, appelé recevoir avec l’intention de recevoir, est né et se sépare du Donneur. Mais les trois premières Béhinot ne sont toujours pas séparées du Donneur.

Après la naissance de Malkhout, elle a obtenu ses causes. De ce fait, il ne peut pas être dit qu’après le Tzimtzoum, les lumières soient restées dans les neuf supérieures puisqu’elles ne sont pas des Kélim. Le seul Kli est Malkhout, et si elle ne veut pas recevoir, toutes les lumières partent et elle ne reçoit rien.

Le Ari dit aussi « le Tzimtzoum était égal » sans aucune distinction de degrés.

Question : s’il en est ainsi, pourquoi disons-nous que les quatre Béhinot sont devenues distinctes après le Tzimtzoum ?

Réponse : la distinction a été faite selon cause et conséquence, mais il n’y avait pas de distinction d’en-haut et d’en bas.

Question : qu’est-ce que en-haut et en bas veulent dire en spiritualité ?

Réponse : importance – tandis que cause et conséquence n’implique pas l’importance. Par exemple le Gaon de Vilna était une conséquence de son père mais qui était le plus important, la cause ou la conséquence ?

Nous avons besoin de comprendre pourquoi il n’y avait aucune distinction d’en-haut ou d’en bas. Malkhout a reçu la lumière qui « remplit toute la réalité » et ceci n’est pas considéré comme un manque ou une infériorité selon l’importance. De ce fait, elle aurait pu rester dans cet état si elle n’avait pas choisi de faire le Tzimtzoum.

C’est ce que le Ari souhaitait suggérer quand il disait que le Tzimtzoum était égal, que Malkhout n’était pas d’une moindre importance, mais que le Tzimtzoum a été fait suite à son propre choix. Mais après, quand Malkhout ne reçoit plus à cause de l’interdiction, elle devient inférieure selon l’importance. Ensuite, ce qui est le plus éloigné de Malkhout devient d’une plus haute importance et ce qui est le plus proche de Malkhout devient d’une moindre importance.

Les dix Séphirot de Igoulim et la ligne de Ein Sof qui les remplit

Après le Tzimtzoum les Kélim sont restés vides et en eux se trouvaient les Reshimot (mémoires) de la lumière qu’ils ont eue. Ils sont appelés « les dix Séphirot de Igoulim dans le monde du Tzimtzoum ». Ils sont appelés Igoulim pour suggérer que la question d’en-haut et d’en bas ne s’applique pas à eux comme c’est le cas dans un cercle corporel.

Et puisque Malkhout est l’opérateur, puisqu’elle est le véritable Kli, Malkhout de Igoulim a renvoyé et a déployé la lumière pour la recevoir avec l’intention de donner. Et ici nous apprenons une nouvelle règle : « Un désir dans le Supérieur devient une loi obligatoire dans l’inférieur ». De ce fait maintenant il lui est interdit de recevoir.

J’ai une fois raconté une allégorie à propos de cela : la veille d’un nouveau mois est le moment pour dire la petite prière de Yom Kippour et pour éveiller la repentance. Parfois, une personne débat pour savoir s’il faut jeûner ce jour-là. Ce n’est pas obligatoire de jeûner et il n’y a pas d’interdit sur la nourriture. De ce fait, le choix est entre ses mains.

Si, à la fin, une personne décide de jeûner et plus tard le regrette et souhaite manger, la règle est que maintenant la nourriture est maintenant interdite, ainsi « il ne devra pas briser sa parole » à propos du serment. Ainsi, nous voyons qu’initialement il n’y avait pas de prohibition sur la nourriture, mais après qu’il a choisi d’éviter de manger, la nourriture est devenue interdite.

Leçon : au début, Malkhout ne voulait pas recevoir, c’était son choix. Mais maintenant qu’elle étend de nouveau la lumière, il est interdit de recevoir la lumière. Et s’il y a un interdit, il y a l’importance d’en-haut et d’en bas. De ce fait, cette extension est appelée « une ligne qui s’étend depuis Ein Sof de haut en bas.

Nous avons aussi appris que même si les Igoulim déploient la lumière, ils la reçoivent uniquement de la ligne. Nous devons comprendre pourquoi il en est ainsi : chaque nouvelle forme en spiritualité est un nouveau discernement. De ce fait il y a deux type de Kélim :

  1. Kélim où il n’y a pas d’interdit sur la réception
  2. Kélim qui se déploient maintenant, avec l’extension de la lumière et dont Malkhout est appelée Malkhout de Yosher (droit, ligne), sur laquelle il y a un interdit sur la réception à cause d’une règle : un désir dans le Supérieur devient une loi obligatoire dans l’inférieur.

Nous avons aussi appris que les Igoulim doivent recevoir la lumière de ce qu’ils ont attiré à nouveau. Cette lumière est appelée « une ligne ». Elle contient en haut et en bas en importance et il n’y a pas d’autre lumière. C’est le sens des Igoulim n’ayant de lumière que de la ligne.

Pourtant il y a une grande différence entre Malkhout de Igoulim et Malkhout de la ligne. Malkhout de Igoulim a eu la lumière selon la forme de « remplissant toute la réalité » alors que Malkhout de Yosher n’a jamais eu de lumière, ni n’aura jamais de lumière dans son Kli appelé « recevoir afin de recevoir ».

La ligne et le Zivoug de Hakaa

Jusque-là nous avons parlé de trois états :

  1. La volonté de recevoir qui a été créée dans le monde de Ein Sof et qui a reçu toute la lumière.
  2. Dans le monde du Tzimtzoum il est devenu apparent que la volonté de recevoir doit être corrigée dans un but de décoration.
  3. Dans la ligne, il est apparent que le Kli doit être corrigé à cause du manque, sinon la lumière ne s’y déploie pas.

Et maintenant nous allons parler de la ligne. Nous avons déjà appris que la ligne a en importance l’en haut et l’en bas, puisque Malkhout de la ligne n’est pas autorisée à recevoir parce qu’elle est considérée comme réception afin de recevoir. La règle est que dans tous les degrés, le nom de Malkhout n’a pas été changé, qui est « recevoir afin de recevoir ». Et sa lumière est Ohr Hozer, c’est-à-dire qu’elle souhaite donner sans réserve au Supérieur.

Et quand la lumière se déploie vers Malkhout elle a fait un Zivoug de Hakaa, un Massakh, ce qui implique mettre fin à la lumière et faire des calculs. Par exemple, elle supposait qu’elle ne pouvait recevoir seulement vingt pour cent avec l’intention de donner. Ainsi elle a décidé de n’habiller que cette quantité de lumière.

Cependant, elle a senti qu’il y avait trop de plaisir dans les quatre-vingt pour cent de lumière qui restaient et si elle les recevait se serait avec l’intention de recevoir. De ce fait, elle a décidé de ne pas recevoir cette partie de la lumière. Alors quelle est la différence entre un Tzimtzoum et un Massakh ?

  • Un Tzimtzoum se passe par choix comme nous savons que Malkhout avait toute la lumière et décida de ne pas la recevoir.
  • Un Massakh est la domination du Supérieur sur lui. Ainsi même si l’inférieur souhaitait recevoir, le Supérieur ne le laisserait pas.

La signification du terme Zivoug de Hakaa (accouplement frappant) est comme suit : selon la corporalité il arrive parfois que lorsque des personnes sont en désaccord elles se frappent. En spiritualité quand deux choses se contredisent il est considéré qu’elles se frappent l’une l’autre.

Et sur quoi porte le différend ? Le Supérieur qui souhaite faire plaisir à Ses créations, évoque chez les inférieurs un désir de recevoir toute la lumière. Mais les inférieurs souhaitent le contraire, égaliser sa forme et ainsi ne veulent pas recevoir du tout. C’est la frappe qui a lieu entre le Supérieur et l’inférieur.

A la fin, ils en viennent à une égalité et créent une union et un Zivoug entre eux. En d’autres mots, l’inférieur reçoit la lumière comme le Supérieur le veut mais uniquement autant qu’il peut recevoir afin de donner, comme l’inférieur le souhaite. Ainsi il y a deux choses ici : 1) l’équivalence de forme, 2) la réception de la lumière.

Cependant le Zivoug est possible uniquement si un coup le précède puisque sans le coup et le désir de l’inférieur de recevoir la lumière, cela ne pourrait pas être une opposition et une séparation du Créateur. Ce procédé, le Zivoug de Hakaa, est appelé Rosh (tête). Rosh signifie racine, un potentiel qui a besoin d’un processus de réalisation. Rosh existe à cause de l’existence du Sof, l’interdiction de la réception. De ce fait Malkhout est poussée à calculer, et c’est appelé Rosh, précédant la véritable réception.

En conséquence, nous pouvons comprendre les paroles du Ari au début du Talmud des dix Séphirot : « Vois, avant que les émanés soient émanés et que les créatures soient créées, etc., et il n’y avait pas de parties telles la tête et la fin, » etc. Il en est ainsi parce que dans Ein Sof il n’y avait toujours pas d’interdiction sur la réception ; de ce fait il la reçoit immédiatement. Mais puisque maintenant il y une fin, nous devrions distinguer entre Rosh, qui est un potentiel et le Gouf (corps), qui est la réalisation.

Et après il reçoit véritablement c’est-à-dire les vingt pour cent qu’il reçoit afin de donner sans réserve sont appelés Tokh (intérieur) du degré et le lieu de l’expansion de la lumière est appelé de Peh (bouche) au Tabour (nombril). Et Malkhout de Tokh se tient au Tabour disant « Ce que je reçois à partir d’ici, c’est-à-dire les quatre-vingt pour cent, seront avec l’intention de recevoir. De ce fait, je ne veux pas recevoir ainsi je ne serai pas séparée ». Ainsi les lumières partent et ce discernement est appelé le Sof du degré.

Le Bitoush dans le Partsouf entre l’intériorité et l’environnant

Tout ce qui a été discuté ici concernant RTS (Rosh, Tokh, Sof) concerne le premier Partsouf appelé Galgalta, qui utilise l’Aviout de Béhina Dalet. Et nous avons appris que Galgalta a reçu le maximum qu’il pouvait avec l’intention de donner. Il ne pouvait pas recevoir plus. Pourtant nous avons appris que dans la pensée de la création, le Kli a tout reçu. Il en est ainsi parce que le Kli de réception afin de recevoir a été créé par le Créateur, tandis que dans le Kli que l’inférieur fait, appelé « avec l’intention de donner », a une limite à la quantité qu’il peut recevoir. Il suit qu’il n’y a pas de Kli qui puisse recevoir les quatre-vingt pour cent qui restent à l’extérieur du Partsouf.

Alors qu’est-ce qu’il advient d’eux ? Pour corriger cela, un Bitoush intérieur et extérieur a été créé. Voici les mots du Ari concernant cette question (Talmud Esser Séphirot, 4e partie, chapitre 1, point 4) : « Quand les lumières intérieures  se connectent aux lumières environnantes, elles se connectent à l’intérieur de Péh. De ce fait, quand elles émergent ensemble en-dehors de Péh, liées ensemble, elles se frappent et se battent l’une l’autre et leurs coups engendrent les Kélim ». Ainsi c’est par les coups que les Kélim sont faits.

Et nous devons comprendre pourquoi 1) Ohr Pnimi (lumière intérieure) et Ohr Makif (lumière environnante) se frappent l’une l’autre et 2) pourquoi ces frappes créent les Kélim.

Réponse : nous avons déjà dit qu’en spiritualité une frappe est faite quand deux choses sont en opposition l’une vis-à-vis de l’autre. Mais nous avons besoin de comprendre pourquoi cette frappe arrive « quand elles émergent ensemble à l’extérieur de Péh ».

Au niveau de Rosh du degré, 100% de la lumière se répand sans distinction entre intérieur et environnant. Il en est ainsi parce que Son désir de faire du bien à Ses création est complet. Mais l’inférieur, qui est limité, calcule et décide, par exemple, qu’il ne peut recevoir que vingt pour cent avec l’intention de donner. Cela se passe dans Rosh, en potentiel. « Quand elles émergent ensemble en-dehors de Péh » : l’émergence en spiritualité est appelé « révélation », quand ce qui était en potentiel est effectivement révélé. A ce moment, une partie est reçue et une partie est rejetée devenant Ohr Makif.

Cette Ohr Makif arrive apparemment au Massakh et fait valoir son point de vue « Ta conduite, c’est-à-dire le fait que tu as érigé un Massakh, n’est pas bon puisque comment le but de la création de faire du bien à Ses créature peut-il être accompli ? Qui va recevoir la lumière ? »

D’un autre côté, Ohr Pnimi est d’accord avec le Massakh puisque la véritable expansion de la lumière est à travers le Massakh et Ohr Hozer (lumière réfléchie). Cette dispute est appelée Bitoush de Ohr Makif et Ohr Pnimi ou Bitoush de Ohr Makif dans le Massakh.

En vérité, Ohr Makif est à droite ; de ce fait le Massakh est d’accord avec. Et puisqu’il est d’accord il ne peut plus repousser et élever Ohr Hozer et de ce fait ne peut plus recevoir avec l’intention de donner. Ainsi, la lumière part et le Massakh est purifié c’est-à-dire arrête de recevoir. Cet état est appelé Din (jugement) et Akhoraim (arrière).

Et puisque chaque Béhina (discernement) consiste de quatre Béhinot, le Massakh part graduellement, commençant avec Béhina Dalet dans la Béhina Dalet, puis de Béhina Guimel dans Béhina Dalet, etc., jusqu’à ce qu’il s’élève à Peh de Rosh, la source par laquelle le Massakh de Gouf est arrivé. En d’autres mots, il arrête de recevoir complètement.

Alors qu’il s’élève, il utilise une plus petite Aviout chaque fois et ainsi reçoit de plus petites lumières afin de donner sans réserve. Par exemple, quand il s’élève à Béhina Aleph, il ne peut recevoir que la lumière de Rouakh. Quand il s’élève à Béhinat Shoresh (racine), il ne peut recevoir que la lumière de Néfesh afin de donner. Finalement, il ne peut rien recevoir avec l’intention de donner et ainsi arrête de recevoir complètement.

Question : quel est le bénéfice de Ohr Makif, qui veut briller à cause du but de la création et par conséquent souhaite que le Massakh reçoivent plus ? Après tout, les choses se dévoilent en contraste avec sa volonté, c’est-à-dire que le Massakh perd même ce qu’il avait.

Réponse : tous les degrés qui sont apparus durant le départ ne sont pas un résidu de ce qu’il avait au début puisqu’il y a une règle, « Il n’y a pas de genèse de lumière qui ne provient de Ein Sof. » Cela veut dire que chaque discernement qui apparaît est un nouveau discernement. Ainsi au début il ne pouvait rien recevoir de plus. Mais maintenant que Béhina Dalet est partie il peut recevoir plus de Béhina Guimel.

C’est le sens de : « Les Kélim ont été fait par le Bitoush », en fait, avant le Bitoush il n’avait plus de Kélim pour la réception, puisqu’il avait reçu tout ce qu’il pouvait avec l’intention de donner. Mais après le Bitoush, quand le Massakh de Béhina Dalet ait été purifié, il y a eu de la place pour recevoir sur Béhina Guimel, puisqu’il partit de Béhina Dalet et n’avait rien. Et quand il a quitté Béhina Guimel, il a pu recevoir sur Béhina Bet.

Mais il reste la question suivante : Quel est le bénéfice s’il reçoit moins chaque fois ?

Réponse : il n’y a pas d’absence en spiritualité. Cela veut dire que chaque chose qui apparaît reste, sauf qu’il ne la voit et ne peut pas à l’heure actuelle s’en réjouir mais peut se réjouir uniquement du présent. Mais quand le travail est fait, toutes les lumières apparaissent en une fois. Ainsi, à la fin il y a un bénéfice.

Baal HaSoulam a raconté une fois une allégorie à propos de cela : deux hommes qui étaient des amis d’enfance ont été séparés à l’âge adulte. L’un d’entre eux est devenu un roi et l’autre un indigent. Après beaucoup d’années, le pauvre entendit que son ami était devenu roi et décida d’aller au pays de son ami et de demander de l’aide. Il emballa son peu d’affaires et s’en alla.

Quand ils se rencontrèrent, il dit au roi qu’il était dans le dénuement et cela toucha le cœur du roi. Le roi dit à son ami : « je vais te donner une lettre pour mon trésorier pour t’autoriser l’entrée à ma salle du trésor pour deux heures ». Le pauvre homme se rendit auprès du trésorier et reçut l’autorisation tant attendue. Il entra dans la salle du trésor avec la boîte qu’il utilisait pour demander l’aumône et en cinq minutes il remplit sa boîte à ras-bord et sortit joyeusement de la salle du trésor.

Mais le trésorier lui prit la boite et renversa tout son contenu. Ensuite le trésorier dit l’indigent qui sanglotait « Prends ta boîte et remplit encore ». Le pauvre entra dans la salle du trésor une fois encore et remplit sa boîte. Mais quand il sortit le trésorier renversa comme précédemment le contenu de la boîte.

Ce cycle se répéta jusqu’à la fin des deux heures. La dernière fois le quémandeur sortit et dit au trésorier « Je te supplie, laisse-moi ce que j’ai collecté. Mon temps est passé et je ne peux plus entrer dans la salle du trésor ». Alors le trésorier lui dit : « le contenu de cette boîte est tien et il en est aussi ainsi de tout ce que j’ai renversé de ta boîte lors des deux dernières heures. J’ai renversé ton argent à chaque fois car je voulais te faire du bien puisque chaque fois tu venais avec ta petite boîte pleine et tu n’avais plus de place pour plus. »

Leçon : chaque réception de lumière avec l’intention de donner reste. Mais si la lumière reste nous ne voudrions plus recevoir puisque nous ne serions plus capables de recevoir avec l’intention de donner plus que ce que nous avons reçu. Par conséquent, chaque degré doit partir et chaque fois nous corrigeons un Kli de volonté de recevoir avec le but de donner jusqu’à ce que tout soit corrigé. Alors, toutes les lumières brilleront en une fois.

Et maintenant retournons à la purification du Massakh. La première expansion qui émergea de Peh vers le bas est appelé Taamim  (parfums), du verset « comme le palais goûte sa nourriture ». Après le Bitoush de Ohr Makif, le Massakh commença à se purifier et en chemin produit un nouveau degré chaque fois. Ces degrés sont appelés Nékoudot (points).

J’ai déjà expliqué les paroles du Ari, que les Kélim ont été faits par le Bitoush puisque maintenant il a la capacité de recevoir plus de lumière. Mais le Baal HaSoulam interprète la fabrication des Kélim différemment : alors que la lumière était dans le Kli, la lumière et le Kli étaient mélangés l’un dans l’autre. Par le Bitoush, la lumière est partie et alors le Kli est devenu apparent.

Interprétation : alors que la lumière brille dans le Kli le manque du Kli n’est pas distinguable ; de ce fait, il ne mérite pas le terme Kli. Il en est ainsi parce que sans le Kli la lumière ne peut pas briller. De ce fait, ils sont d’importance égale. Mais une fois que la lumière est partie, le Kli est distingué comme Kli et la lumière comme lumière.

Le Nékouda (point) du Tzimtzoum est la raison pour laquelle les degrés émergeant durant la purification sont appelés Nékoudot.

Et qu’est-ce que le Nékouda du Tzimtzoum ? Le saint Zohar explique que Malkhout est appelée « un point noir sans blanc dedans ». Cela signifie que durant l’obscurité, Malkhout est appelée « un point ». Et quand il y a Tzimtzoum, et il est interdit de recevoir avec l’intention de recevoir, il devient obscur. En d’autres mots, le point du Tzimtzoum est présent où qu’il soit impossible de recevoir avec l’intention de donner et où il y a un désir de recevoir avec l’intention de recevoir.

Pour retourner au sujet, quand le Massakh a été purifié de la Béhina Dalet, il a été interdit à Béhina Dalet de recevoir. C’est la signification du point du Tzimtzoum étant au-dessus d’elle. Mais Béhina Guimel pouvait toujours recevoir et quand le Massakh a été purifié de la Béhina Dalet aussi c’est devenu le point du Tzimtzoum.

Nous devrions aussi expliquer la différence entre Rosh, Tokh et Sof. Rosh est considéré comme « potentiel », c’est-à-dire qu’il n’y a pas de réception là. Deux parties se déploient depuis Rosh :

  • Une partie peut recevoir la lumière et elle est appelée dix Séphirot de Tokh. La lumière est l’abondance qui entre dans les Kélim et est appelée Ohr Pnimi, qui est Ohr Hokhma – la lumière de Son désir de faire du bien à Ses créations.
  • La seconde partie qui se répand depuis Tokh est la partie du désir de recevoir afin de recevoir, qu’il ne veut pas utiliser. Il est dit qu’il ne veut pas recevoir là, c’est-à-dire qu’il finit là. De ce fait cette partie est appelée dix Séphirot de Sof.

Question : nous avons appris que le mot Séphirot vient du mot ‘saphir’ c’est-à-dire qu’elles brillent. Mais si Malkhout de Gouf, appelée Malkhout de Tabour, ne veut pas recevoir et met une fin sur la lumière, pourquoi est-ce que cette partie est appelée Séphirot ?

Réponse : elles sont appelées Séphirot parce qu’en vérité, la lumière a brillé pour elles. Une explication de cela peut être trouvée dans la 4e partie, Chapitre 5, point, 1, où il explique la différence entre Tokh et Sof. « De Péh de AK a émergé dix Séphirot intérieures et dix Séphirot environnantes. Elles se déploient opposées aux Panim à travers l’opposition au Tabour de AK. C’est la lumière essentielle, mais elle brille aussi par les côtés et tout autour de cette Adam », c’est-à-dire pas nécessairement opposée aux Panim mais aussi depuis les côtés.

Dans le point 2, il interprète les paroles du Ari comme suit : « Rapidement, nous expliqueront que du Tabour vers le haut c’est appelé Panim. C’est parce que la lumière de Hokhma, considérée comme la lumière principale, se répand là et du Tabour vers le bas est appelé Akhor (postérieur), puisque c’est considéré réception avec l’intention de recevoir. De ce fait, la lumière de Hokhma ne se répand pas ici mais vient par les côtés. »

Plus bas sur cette page il continue « … parce que par Ohr Hozer que Béhina Dalet amène au Partsouf, qui est Ohr Hassadim. » Cela signifie que Malkhout de Tabour ne veut pas recevoir là puisqu’il s’agit d’un désir de recevoir afin de recevoir. Au lieu de cela, elle veut l’équivalence de forme appelée Hassadim. « Ainsi, elle reçoit l’illumination de Hokhma aussi, quoique dans une forme de ‘lumière féminine’, c’est-à-dire seulement recevant et pas donnant. » « Recevant et non donnant » signifie qu’elle ne veut se donner la lumière à elle-même, mais au contraire elle dit qu’elle ne veut pas recevoir.

Et par la Dvékout (adhésion), une illumination de la lumière de Hokhma brille sur elle et cela est appelé « illumination de Hokhma ». En conséquence la différence entre Tokh et Sof est que la lumière de Hokhma brille dans Tokh et dans Sof tant qu’elle ne veut pas recevoir, dans un but d’équivalence de forme, la lumière qui brille est Ohr Hassadim dans l’illumination de Hokhma.

Et nous avons toujours besoin d’expliquer pour les noms dans Ohr Hassadim sont « droits » et « gauches » et dans Ohr Hokhma ils sont appelés « long » et « court ». Quand la lumière brille, en Hassadim, c’est appelé « droit » et dans Hokhma « long ». Et quand elle ne brille pas, dans Hassadim c’est appelé « gauche » et dans Hokhma c’est appelé « court ». Que signifient ces noms ?

Réponse : nous avons appris que Ohr Hokhma brille dans les Kélim de réception avec l’intention de donner, bien sûr. De ce fait, la mesure d’illumination dépend de l’Aviout. C’est appelé « en haut » et « en bas » et c’est pourquoi les noms dans Ohr Hokhma sont appelés « longs » et « courts ». Mais Ohr Hassadim n’est pas déployé par l’Aviout et ne dépend pas de cela. De ce fait, les noms dans Ohr Hassadim se rapporte à la largeur : « droite » et « gauche », suggérant qu’ils brillent dans le même degré et cela ne leur importe pas s’il y a plus ou moins d’Aviout.

Un Partsouf intérieur

Jusque-là nous avons discuté le premier Partsouf de AK, appelé Galgalta ou le Partsouf intérieur de AK. Maintenant nous allons expliquer le Partsouf intérieur. Il y a une loi que dans tous les mondes il y a des Partsoufim (pluriel de Partsouf) avec quatre habits. Nous expliquerons cela dans AK : le Partsouf Galgalta a un complet HaVaYaH dans son degré et un degré complet émerge de chaque lettre dans cet HaVaYaH.

  • Sa Rosh, appelé Kéter ou la pointe du Youd, est inatteignable.
  • De Peh à Khazeh, c’est appelé Youd de HaVaYaH et de là émerge le Partsouf AB de AK qui l’habille.
  • De son premier Hey, appelé Bina, émerge SAG, du Khazeh vers le bas.

Ainsi, le Youd-Hey est appelé le tiers supérieur de Tifféret, qui est AB et SAG, l’habille du Tabour vers le haut. Et sous le Tabour c’est Vav-Hey de HaVaYaH.

  • Le Vav est appelé le tiers supérieur de NHY, appelé Partsouf MA et de là émerge le monde de Nékoudim, qui habille ici.
  • De son dernier Hey, appelé Malkhout, qui sont les deux-tiers inférieurs de NHY de AK, a émergé le Partsouf BON, appelé le monde d’Atsilout, qui utilise l’Aviout Shoresh.

Les Reshimot

Quand la lumière quitte le Partsouf Galgalta, les Kélim sont restés vides et en eux il y a les Réshimot des lumières qui ont brillé dans le Kélim. La signification des Reshimot est comme nous le voyons dans la corporalité : quand une personne mange un plat délicieux ou écoute quelque chose de plaisant, un goût reste de ce qu’elle a ressenti, le poussant à recevoir de nouveau ce qu’il a eu. De même, un Réshimo (singulier de Réshimot) est un désir de ce que l’individu a eu.

Il y a deux discernements dans les Réshimot : 1) la lumière pure dans le Réshimo et 2) la lumière épaisse dans le Réshimo.

Cela signifie que alors que Ohr Yashar a brillé dans les Kélim appelés « Ohr Hozer générale », quand Ohr Yashar part, elle laisse un Réshimo qui est une partie de Ohr Yashar. Ce Réshimo s’habille dans une partie de Ohr Hozer qui était là c’est-à-dire elle laisse un souvenir du fait du travail avec le but de donner. Ceci est appelé Reshimo de Ohr Hozer.

  • Ce qui reste de Ohr Yashar est appelé « la pure lumière dans le Réshimo » :
  • Et ce qui reste de Ohr Hozer est appelé « la lumière épaisse dans le Réshimo ».

Les deux sont habillés dans Ohr Hozer général, appelé Kli, et les deux sont un discernement.

Explication : quand la lumière brille dans les Kélim, nous disons que la lumière et le Kli sont mélangés l’un dans l’autre jusqu’à ce que la lumière et le Kli sont non distinguables. Cela signifie qu’ils réalisent la même action et ne peuvent pas être l’un sans l’autre. C’est comme le repas et l’appétit : les deux réalisent la même action puisqu’il est impossible de manger s’il y a l’appétit mais pas le repas, et aussi il est impossible de manger s’il y a un repas mais pas d’appétit. Mais après quand la lumière part nous discernons le Kli c’est-à-dire Ohr Hozer reçoit là un Kli.

Ainsi cela concerne les Réshimot : quand la lumière pure et la lumière épaisse sont ensembles, elles sont toutes les deux appelées lumière et sont mélangées l’une dans l’autre. Et quand la lumière pure est séparée de la lumière épaisse, la lumière épaisse reçoit un nouveau nom : Nitzotzine (étincelles).

Nous devrions comprendre pourquoi lorsque Ohr Yashar générale part, Ohr Hozer générale est appelée Kli, mais quand Ohr dans le Réshimo part, la lumière épaisse dans le Réshimo est appelée Nitzotz (étincelle), c’est-à-dire une étincelle de lumière.

Réponse : nous devrions dire que lorsque Ohr Yashar générale part, elle ne brille pas du tout. Mais quand Ohr Yahsar dans le Réshimo part elle brille de loin.

Maintenant nous pouvons comprendre la question de la racine des Kélim et la racine des lumières : il y a une règle selon laquelle tous les mondes émergent selon la forme du sceau et de l’empreinte. Cela signifie que comme les discernements sont sortis la première fois, les mondes se déploient de haut en bas selon le même ordre. La première fois que les Kélim ont émergé c’était dans le Partzouf Galgalta. C’est pourquoi il est considéré « la racine des Kélim ».

Cela veut dire que lorsque la lumière brille dans les Kélim, ils sont mélangés. Pour cette raison, il est impossible de distinguer la lumière du Kli. Mais après le départ de la lumière, les Kélim apparaissent. Aussi, les Réshimot de la lumière restent dans les Kélim : un Réshimo de la lumière de Kéter dans le Kli de Kéter, un Réshimo de la lumière de Hokhma dans le Kli de Hokhma etc. De ce fait, quand nous parlons des Kélim nous commençons par KHB.

Et quand le second Partsouf a émergé, appelé AB, où la lumière de Hokhma brille, suivant la règle selon laquelle chaque lumière qui vient brille dans le Kli le plus pur, appelé Kéter, maintenant la lumière de Hokhma brille dans le Kli de Kéter. Ceci est appelé « la racine des lumières », qui sont arrangées dans cet ordre, l’ordre de HBD. Ainsi nous pouvons comprendre pourquoi parfois il commence les dix Séphirot avec KHB et parfois avec HBD.

Taguin et Otiot

Maintenant nous allons expliquer la question de Taguin et Otiot. Nous avons appris que les Reshimot qui sont restés des Taamim  sont appelés Taguin. Parfois les Réshimot qui restent des Nékoudot sont appelés Otiot. La raison pour cela est que lorsque le Partsouf entier Galgalta se purifie, étant Béhina Dalet de Aviout, le Massakh qui était inclus dans les Réshimot de tous les niveaux est parti. Ce niveau s’élève à Rosh du degré et a demandé les pouvoirs qu’il a perdus. Et puisque la dernière Béhina est perdue, à cause du Bitoush de Ohr Makif qui a affaibli la force du Massakh, il ne peut pas surpasser Béhina Dalet mais uniquement Béhina Guimel qui est similaire aux Nékoudot.

Et nous avons appris que deux types de Réshimo sont restés – un Réshimo de la lumière de Kéter qui s’habillait dans les Kélim, appelé Dalet de Hitlabshout (habillage). Cependant, il a perdu le Reshimo du pouvoir et de l’intensification. Il est dit à propos de cela, « la dernière Béhina est perdue » et ce qui reste est uniquement Guimel de Aviout.

Il s’ensuit que lorsque le Massakh de Gouf de Galgalta s’est élevé à Rosh de Galgalta, il a demandé le pouvoir du Massakh pour les deux genres de Réshimot :

  1. Sur Dalet, le Réshimo du niveau de Taamim
  2. Sur l’Aviout du niveau de Nékoudot

De ce fait deux Zivougim ont été faits au niveau de Rosh du degré :

  1. Sur Dalet de Hitlabshout au niveau de Kéter.
  2. Sur Guimel de Aviout au niveau de Hokhma.

Nous discernons aussi que Dalet de Hitlabshout brille uniquement au niveau de  Rosh du degré de l’inférieur, Rosh de AB. Mais Guimel de Aviout a une Hitpashtout dans le Gouf aussi. Et puisque le Gouf est Kélim et Otiot, le Reshimo de Aviout, c’est-à-dire le Réshimo de Nékoudot est appelé Otiot. Il en est ainsi parce que après les Kélim se déploient de ce Réshimo, alors que le Réshimo de Hitlabshout reste en tant que Taguin, brillant uniquement au niveau de Rosh du degré.

A l’oral il l’a expliqué de cette manière : Guimel de Aviout de AB et Guimel de Galgalta ne sont pas identiques puisque Guimel de AB est Guimel de l’Aviout générale alors que Guimel de Galgalta est Guimel de Dalet de Aviout. Mais même ainsi, Guimel de AB se déploie de Guimel de Galgalta. De ce fait ici il attribue le Réshimo de Aviout sur lequel le Partsouf AB a émergé au Réshimo de Nékoudot dont la plus haute Béhina est Guimel.

La continuation de la séquence

Retournons à la clarification du reste de la séquence. Une fois que Ohr Makif a annulé le Massakh de Gouf de Galgalta, le Massakh de Gouf s’est élevé à Rosh. Et puisque la dernière Béhina a été perdue, il y a eu un Zivoug au niveau de Rosh de Galgalta sur le Reshimo Dalet Guimel uniquement, se répandant du Péh au Khazéh.

Et puisque le Massakh de Tabour est inclus dans l’Aviout de Rosh, alors qu’il est au niveau de Rosh, il y a deux discernements à faire dedans :

  1. Sa propre BéhinaMassakh de Tabour ;
  2. Aviout de Rosh.

Une fois que ce Massakh est descendu de Péh au Khazéh, qui est Béhina Guimel, il considéré que la lumière de AB brille dans l’intériorité des Kélim de Galgalta. Cela veut dire que AB intérieur a fait un Zivoug sur ce qui était inclus dans l’Aviout de Rosh. Du Khazéh à Péh de Galgalta un nouveau degré a émergé appelé « Rosh de AB extérieur » et de Khazéh à Tabour a émergé le Gouf de AB.

Question : ceci est déroutant. Après tout, il y a une règle qui dit que le degré suivant devrait remplir les Kélim vides du degré précédent. Alors pourquoi AB ne se déploie pas sous le Tabour de Galgalta ?

Réponse : C’est parce qu’il n’a pas un Massakh sur la Béhina Dalet. De ce fait, s’il devait se déployer dessous et voir le désir de recevoir qui y est présent, il ne serait pas capable de le surmonter. C’est pourquoi il reste au-dessus du Tabour.

Dans le Partsouf AB aussi il y a eu un Bitoush de Ohr Makif et le Partsouf SAG a émergé du Réshimo du Partsouf AB. Ceux sont toujours les Réshimo d’au-dessus du Tabour de AK mais les Réshimot d’en-dessous du Tabour n’ont pas encore été satisfaits.

Et ce Partsouf SAG a émergé sur le Réshimot Guimel de Hitlabshout et Bet de Aviout et a aussi rempli les Kélim du Partsouf AB. Cependant, il n’a pas pu descendre sous le Tabour de Galgalta et remplir les Kélim là-bas puisqu’il a Guimel de Hitlabshout qui sont les Kélim de l’extension de Hokhma. Il suit que ce discernement appelé Taamim de SAG se sont déployés à travers le Tabour de AK.

Mais les Nékoudot de SAG, considérés simplement comme Hassadim, puisqu’ils n’ont pas la Béhina Guimel mentionnée ci-dessus, pouvaient se déployer sous le Tabour de Galgalta même s’il y a Béhina Dalet de Aviout là-bas, qui est un Kli de réception sur lequel il est impossible de mettre un Massakh. Toujours est-il, à cause du fait que Nékoudot de SAG sont des Kélim de don, ils n’ont aucun intérêt dans les Kélim de réception. De ce fait, ils se sont déployés sous le Tabour de Galgalta et ont rempli les Kélim vides qui étaient là.

Question : nous avons appris que Nékoudot de SAG sont les Kélim de don. Ainsi comment ont-ils été restreints ?

Réponse : il y a une différence entre GAR de Bina et ZAT de Bina puisque nous avons appris que ZAT de Bina doivent recevoir Hokhma afin de donner à ZA, mais GAR de Bina s’engage uniquement dans le don.

Maintenant nous pouvons comprendre pourquoi GAR de Bina, qui sont GE, n’ont pas été mélangés et ont quitté GE dans le degré, non restreints alors que ZAT de Bina, appelé AHP, ont quitté le degré parce qu’ils ont voulu recevoir avec l’intention de recevoir. Ceci est appelé Tzimtzoum Bet (deuxième restriction).

Il suit que dans HBD, HGT de Nékoudot de SAG qui sont GE il n’y a pas de mélange de Béhina Dalet. De ce fait, leur place est toujours considérée comme le lieu d’Atzilout. Et sous le Tabour de Nékoudot de SAG, habillant les deux tiers inférieurs de NHY de AK, la réception afin de recevoir gouverne.

Et quand le Partsouf SAG s’est élevé à Péh de Rosh, deux Zivouguim ont été faits là au niveau de Rosh de SAG :

  1. Un Zivoug sur les Reshimot Taamim  de SAG qui ne sont pas descendus sous le Tabour de AK et duquel le Partsouf MA supérieur a émergé.
  2. Un Zivoug sur le Réshimot de Nékoudot de SAG qui étaient restreints et mélangés avec Béhina Dalet sous le Tabour de AK, duquel MA a émergé – le monde de Nékoudim. Ce Zivoug s’est dévoilé sur la moitié d’un degré de Aleph de Aviout et sur Bet de Hitlabshout.

Par conséquent, nous devons comprendre que Malkhout ne déploie pas de lumière sur ces propres Kélim de réception mais uniquement sur les Kélim de don à cause du Tzimtzoum. A cause de cela, si elle devait utiliser les Kélim de réception cela serait avec l’intention de recevoir.

Et là aussi, nous apprenons que la lumière se déploie à la fois dans les Kélim intérieurs de SAG et dans les Kélim extérieurs de SAG. Et nous devrions aussi savoir, comme une loi, qu’il ne parle pas de MA supérieur, puisque nous parlons essentiellement de l’association de Midat ha Rakhamim (qualité de miséricorde) dans le Din (jugement), qui commence dans le Partsouf MA, qui est le monde de Nékoudim.

Nous apprenons qu’il y a deux Roshim (pluriel de tête) dans le monde de Nékoudim : 1) de l’Aviout et 2) de l’Hitlabshout (habillage). Kéter est appelé Bet de Hitlabshout et AVI sont Aleph de Aviout. Et puisque Bet de Hitlabshout ne peut pas déployer la lumière, puisqu’il n’y a pas de manque ici, il a besoin l’association avec l’Aviout qui a le pouvoir de déployer la lumière. Nous avons aussi appris que le niveau de la lumière qui brille là est VAK de Bina dans la forme de « Hafez Hessed », qui libère le degré du besoin de Hokhma.

Cette lumière est aussi appelée Tikoun Kavim (corrections des lignes). De ce fait nous avons appris que le Tikoun Kavim brille uniquement au niveau de Rosh, puisque l’Hitlabshout n’a pas d’Hitpashtout (l’expansion) dans le Gouf. Mais le Gouf a uniquement une petite illumination et n’a pas été satisfait avec l’état de Katnout. De ce fait, quand la lumière a accompli la Gadlout, les Kélim de don du se sont aussi brisés.

 

Introduction à la préface de la sagesse de la Kabbale


1) Il est écrit dans le Zohar, (Lévitique, Portion Tazria, point 113), Tout ce qu’il y a dans le monde est uniquement pour Adam, et tout existe pour lui, comme il est écrit : « alors le Seigneur Dieu forma l’homme [Adam] » avec un nom complet, car le nom Adam est la complétude de tout et contient tout et tout ce qui est en haut et en bas est inclut dans cette image ». Il est expliqué que tous les mondes, supérieurs et inférieurs, sont contenus dans l’homme, et de plus toute la réalité dans ces mondes, n’existe que pour l’homme. Et il faut comprendre ces mots : ce monde et tout ce qu’il contient pour son service et son utilité est-il assez pour l’homme, qu’il ait besoin aussi des mondes supérieurs et de tout ce qu’ils contiennent ? Après tout, ils n’ont été créés que pour ses besoins.

2) Pour expliquer cette question en totalité, je devrais vous présenter toute la sagesse de la Kabbale, mais en général, les choses seront suffisamment expliquées dans la préface du livre pour qu’elles soient clarifiées. L’essence de cela est que l’intention du Créateur dans la création, était de faire plaisir à Ses créatures. Et certainement, quand Il pensa à créer les âmes et à les réjouir de tout le bien, elles apparurent immédiatement devant Lui dans tout leur caractère, stature et au niveau des plaisirs auxquels Il avait pensé, car chez Lui, la pensée seule engendre, et Il n’a pas besoin d’action comme nous.

Et d’après cela, il faut poser la question, pourquoi a-t-Il créé les mondes, de restriction en restriction, jusqu’à ce monde glauque, et a vêtu les âmes dans des corps misérables de ce monde.

3) La réponse se trouve dans L’arbre de vie « pour que la perfection de Ses actions sorte à la lumière » (L’arbre de vie, branche 1). Et il faut néanmoins comprendre comment se peut-il que sorte de la perfection des actions incomplètes, au point qu’il faille les compléter par des actes dans ce monde. Pour cela il convient de distinguer dans les âmes la lumière et le Kli [récipient] car l’essence des âmes qui ont été créées, est leur Kli, et toute l’abondance, qu’Il pensa leur donner pour se réjouir, est la lumière en elles. Après avoir pensé à leur faire plaisir, Il les a fait forcément comme un désir de recevoir Son plaisir, car le plaisir et la satisfaction augmenteront dans la même mesure que le désir de recevoir l’abondance. Et sachez que ce désir de recevoir qui est toute l’essence de l’âme, du point de vue de leur renouvellement et de leur venue ex-nihilo, est considéré comme le Kli de l’âme alors que le plaisir et l’abondance sont considérés comme la lumière de l’âme, provenant de Son essence même.

4) Explication. La création est l’apparition de quelque chose qui n’existait pas auparavant et qui est considéré comme existant ex-nihilo. Cependant, comment pouvons-nous concevoir que quelque chose ne soit pas inclus en Lui, car Il est tout puissant et contient le tout, ensemble, et de plus, Il ne donne pas ce qui n’est pas en Lui.

Il a été dit que toute la création qu’Il a créée, n’est que les Kélim des âmes, qui est le désir de recevoir. Nous comprenons bien que forcément, Il n’a pas de désir de recevoir car de qui recevrait-Il ? Et donc c’est vraiment une nouvelle création, dont il n’y a absolument aucune trace auparavant, et qui est donc ex-nihilo.

5) Il faut savoir que la connexion et la séparation dans la spiritualité ne sont que l’équivalence et la disparité de forme, car si deux corps spirituels ont la même forme, ils sont donc unis et font un et non deux, car il n’y a rien qui les différencie, et ils ne peuvent être deux, sauf s’il y a une disparité de forme entre eux.

Et de plus, selon la mesure de leur disparité de forme, ainsi est la mesure de leur éloignement, au point que, s’ils sont en formes opposées, ils sont considérés éloignés comme l’Est de l’Ouest, à savoir la plus grande distance que nous connaissons dans la réalité.

6) Mais dans le Créateur, il n’y a pas de pensée ni perception quelles qu’elles soient, et nous ne pouvons rien en dire. Mais du point de vue de « Nous Te connaitrons par Tes actions », nous devons comprendre qu’Il est le désir de donner, c’est-à-dire qu’Il a tout créé pour faire plaisir à Ses créatures, et pour nous donner toute Sa bonté. C’est en que les âmes se trouvent en disparité de forme par rapport à Lui, car Il est tout entier et uniquement don, et Il n’a pas de désir de recevoir, et les âmes sont imprégnées d’un désir de recevoir pour elles-mêmes, et comme ci-dessus, il n’y a pas de disparité de forme plus opposée que cela. Il s’avère que si les âmes étaient restées en fait, dans le désir de recevoir, elles seraient restées séparées de Lui, à tout jamais.

7) Maintenant vous comprendrez ce qui est écrit (dans L’Arbre de vie, branche 1), que la raison de la création des mondes est qu’Il est obligé d’être complet dans toutes Ses actions et Ses forces etc. et s’Il n’avait pas réalisé Ses actions et forces dans les faits, cela n’aurait pas pu s’appeler entier etc. Apparemment cela est étonnant, car comment se peut-il que dès le début, des actions incomplètes sortent d’un opérateur parfait, au point qu’elles aient besoin d’être corrigées ?

Et de par ce qui a été expliqué vous comprendrez que l’essence de toute la création n’est que le désir de recevoir, même si d’une part, elle n’est pas du tout parfaite, car contraire à la forme de l’Emanateur, qui est la séparation de Lui, elle est d’autre part toute le renouvellement et l’existence ex-nihilo, qu’Il a créée pour qu’elle reçoive de Lui ce qu’Il pensait lui donner et lui faire plaisir.

Mais de plus, s’ils étaient restés séparé de l’Emanateur, Il n’aurait, pour ainsi dire, pas été appelé complet, car finalement des actions complètes doivent sortir d’un opérateur complet. Et c’est pourquoi Il a restreint Sa lumière, et a créé les mondes, restriction après restriction, jusqu’à ce monde, et vêtit l’âme d’un corps de ce monde, et par l’engagement dans la Torah et les Mitsvot [commandements], l’âme atteint la perfection qui lui manquait avant la création, qui est l’équivalence de forme avec Lui. Ainsi elle méritera de recevoir tout le bien et le plaisir inclus dans la pensée de la création, et elle se retrouve aussi en complète Dvékout [adhésion] avec Lui, ce qui veut dire en équivalence de forme.

8) La question de la Segoula [remède/force] de la Torah et des Mitsvot, est de ramener l’âme à être en Dvékout avec Lui, n’est que dans l’engagement en elles, sans recevoir un prix, mais uniquement pour donner de la satisfaction à son Faiseur, car alors, petit à petit, l’âme acquiert l’équivalence de forme avec son Faiseur, comme il est écrit dans l’article de Rabbi Hannania Ben Akachya, au début du livre (Préface à la sagesse de la Kabbale), à bien examiner.

En tout, il y a cinq degrés : Néfesh, Rouakh, Néshama, Haya, Yekhida qui viennent des cinq mondes appelés Adam Kadmon, Atsilout, Bryia, Yetsira, Assyia. Et il y a aussi cinq degrés particuliers NRNHY qui proviennent des cinq Partsoufim particuliers dans chacun des cinq mondes, et il y a NRNHY en détails qui proviennent des dix Sefirot de chaque Partsouf, comme c’est écrit dans le livre. Car par la Torah et les Mitsvot, pour donner satisfaction au Faiseur, nous sommes récompensés et atteignons petit à petit, les Kélim du désir de donner, qui viennent dans ces degrés, degré par degré, jusqu’à ce que nous arrivions à l’équivalence de forme complète, avec Lui.

Alors, la pensée de la création est réalisée en eux, pour recevoir tout le plaisir et la douceur et la bonté auxquels Il avait pensé pour eux. De plus, ils reçoivent une plus grande récompense, car ils sont également récompensés de la vrai Dvékout, car ils ont acquis le désir de donner comme leur Faiseur.

9) A présent, il ne vous sera plus difficile de comprendre les paroles du Zohar, ci-dessus, que tous les mondes supérieurs et inférieurs et tout ce qu’ils contiennent n’ont été créés que pour l’homme. Car tous ces degrés et mondes ne viennent que pour compléter les âmes, dans la mesure de Dvékout qui leur manquait, vis-à-vis de la pensée de la création. Car dès le début, degré par degré, monde après monde, ils se sont restreints et se sont déroulés jusqu’à notre monde matériel, pour amener l’âme dans un corps de ce monde, qui est tout entier pour recevoir, comme les animaux et les bêtes de la terre, et non pour donner.

Il est écrit, « un ânon sauvage engendrera l’homme », qui est tout le désir de recevoir, et qui n’a rien en lui du don sans réserve. Alors l’homme est complètement contraire à Lui, et il n’y a rien de plus éloigné que cela. Et après cela, par l’âme qui se revêt en lui, il s’engage dans la Torah et les Mitsvot, et alors obtient la forme du don, comme son Faiseur, petit à petit, à travers tous ces degrés, de bas en haut, à travers tous ces mêmes discernements qui sont descendus lors de leur enchainement de haut en bas, et qui sont les degrés et les mesures dans la forme du désir de donner.

Chaque degré supérieur signifie qu’il est plus éloigné du désir de recevoir et plus proche du don, jusqu’à ce qu’il soit récompensé d’être tout entier le don, et ne reçoive plus rien pour lui-même. Alors l’homme est complété de la vraie Dvékout avec Lui, car ce n’est que pour cela qu’il a été créé. Ainsi, tous les mondes et leur contenu n’ont été créés que pour l’homme.

10) Maintenant, après avoir compris tout cela, il vous est permis d’étudier cette sagesse sans aucune crainte de la concrétiser. Car les lecteurs sont très désorientés, d’une part il est dit, que les dix Sefirot et les Partsoufim, depuis le début des dix Sefirot de Atsilout jusqu’à la fin des dix Sefirot de Assya, sont la Divinité et l’unité complète. Et d’autre part, il est dit que tous ces mondes sont renouvelés et arrivent après le Tsimtsoum [restriction], et comment cela est-il concevable dans la Divinité ?

De même, il y a également les chiffres, haut et bas, et tous les changements, et les montées et les descentes et les Zivouguim [accouplements], pourtant il est écrit « Moi le Seigneur, Je ne change pas ».

11) Par ce qui a été clarifié, nous comprenons très bien que toutes ces montées et descentes et les restrictions, et les chiffres, ne sont que les Kélim des receveurs, qui sont les âmes. Mais il faut y distinguer en eux entre le potentiel et l’exécution, comme un homme qui construit une maison, dont la fin de l’acte est dans sa pensée initiale. En effet, la qualité de la maison qu’il a en tête ne ressemble en rien à la maison qui en résultera.

La maison dans la pensée est spirituelle, une matière conceptuelle, et est considérée comme la matière de l’homme qui pense, car la maison n’est alors que potentielle, mais quand la construction de la maison commence, elle reçoit une matière tout à fait différente, à savoir du bois et des briques.

De même, il faut discerner dans les âmes le potentiel et l’exécution. Le début de leur sortie de l’Emanateur en âmes réelles, commence seulement dans le monde de Briya, leur inclusion dans Ein Sof, avant le Tsimsoum, du point de vue de la pensée de la création, (voir point 2) ne concerne que le potentiel, sans aucune reconnaissance concrète. Et c’est de ce point de vue, qu’il est dit que toutes les âmes étaient inclues dans Malkhout de Ein Sof, appelée « le point médian », car ce point est inclus « potentiellement » dans tous les Kélim des âmes futures qui sortiront, « dans les faits », du monde de Briya vers le bas.

La première restriction n’existe que dans ce point médian, et donc, seulement et exactement, dans ce discernement et dans la mesure qui sont considérés le « potentiel » des âmes futures, et pas du tout dans son essence. Sachez, que tous les Kélim des Sefirot et les mondes jusqu’au monde de Briya, qui se s’enchainent et sortent de ce point ou de son Zivoug de Hakaa, qui est appelé Ohr Hozer [lumière réfléchie], sont aussi considérés comme un potentiel uniquement, sans aucune essence des âmes.

Mais toutes ces transformations agiront plus tard sur les âmes, dont l’essence commence à sortir du monde de Briya vers le bas, car là, elles ne sont pas encore sorties de l’essence de l’Emanateur

12) Je vous donnerai l’exemple de ce monde, où un homme se couvrirait et se dissimulerait sous différentes couvertures et vêtements, pour que son ami ne le voit pas, ni ne le sente. Pouvons-nous concevoir qu’il ait une certain enthousiasme de la dissimulation en raison de la multitude de couvertures dont il s’est enveloppé ?

De même par exemple, les dix Sefirot que nous nommons Keter, Hokhma, Bina, Hessed, Guevoura, Tifféret, Netsakh, Hod, Yessod, Malkhout, ne sont que dix revêtements dont Ein Sof se recouvre et se dissimule. Ainsi, les âmes qui recevront de lui dans l’avenir, seront obligées de recevoir dans la même mesure que les dix Sefirot leur octroient. Et les receveurs sont impressionnés par ce chiffre des dix Sefirot, et non pas par Sa lumière, car Il est un, unique, sans changement.

Les receveurs sont divisés en dix degrés, exactement d’après les qualités de ces noms. Qui plus est, même ces revêtements dont nous avons dit qu’ils ne sont pertinents que dans le monde de Briya vers le bas, car c’est là que les âmes qui reçoivent de ces dix Sefirot se trouvent. Mais dans les mondes Adam Kadmon [AK] et Atsilout il n’y a pas encore de réalité, pas même pour les âmes, car elles ne sont là qu’en potentiel. Et d’après cela, ces dix revêtements dans les dix Sefirot ne gouvernent que dans les trois mondes inferieurs appelés Briya Yetsira Assiya.

Cependant, également dans les mondes BYA, les dix Sefirot sont considérées divines jusqu’à la fin d’Assiya, tout comme dans AK et ABYA, et comme avant le Tsimtsoum. La seule différence est dans les Kélim des dix Sefirot, car dans AK et Atsilout ils n’ont pas encore découverts leur domination, car ils n’y sont qu’en potentiel, et ce n’est que dans BYA que les Kélim des dix Sefirot commencent à découvrir la force de la dissimulation et leur couverture. Néanmoins, dans la lumière dans les dix Sefirot, il n’y a aucun changement qui serait dû à ces couvertures, comme dans l’exemple, et c’est le sens de « Moi le Seigneur, Je ne change pas ».

13) Et ne faudrait-il pas se demander, puisque dans AK et Atsilout il n’y a pas encore la révélation de l’essence des âmes des receveurs, alors à quoi servent ces Kélim appelés dix Sefirot, et pour qui dissimulent-elles et se couvrent dans ces mesures ?

Il y a deux réponses : la première est dans l’enchainement, comme vous le trouverez à l’intérieur du livre. La seconde est que les âmes aussi recevront de ces dix Sefirot dans AK et Atsilout, c’est-à-dire par l’ascension des trois mondes BYA à eux, (voir point 163 suivant, dans la Préface à la sagesse de la Kabbale). Et il faut donc aussi discerner dans AK et Atsilout, ces changements dans les dix Sefirot, d’après ce qu’elles illumineront aux âmes quand elles s’y élèveront avec les mondes BYA, car alors, elles recevront d’après le degré dans ces dix Sefirot.

14) Il a bien été expliqué que les mondes, le renouvellement, les transformations et le nombre de degrés etc., n’ont été dits que par rapport aux Kélim qui donnent aux âmes, et se dissimulent et mesurent pour eux de sorte qu’ils puissent recevoir progressivement la lumière de Ein Sof en eux. Et ils ne sont en aucun cas impressionnés par la lumière de Ein Sof elle-même, car le revêtement n’agit pas sur celui qui le revêt, mais seulement sur celui qui veut le ressentir et recevoir de lui, comme l’exemple ci-dessus.

15) En général, il faut discerner dans les Sefirot et Partsoufim, où qu’ils soient, ces trois discernements : Atsmouto [Lui-même/Essence], les Kélim et les lumières. Dans Atsmouto, il n’y pas de pensée ni perception quelles qu’elles soient.

Dans les Kélim, il y a toujours deux discernements contraires l’un à l’autre, qui sont la dissimulation et la révélation. Il en est ainsi parce que le Kli, dès le début, dissimule Atsmouto, de sorte que ces dix Kélim dans les dix Sefirot sont dix degrés de dissimulation. Néanmoins, après que les âmes aient reçu ces Kélim d’après toutes leurs conditions, ces dissimulations deviennent des révélations, pour l’atteinte des âmes. Les Kélim incluent donc deux discernements contraires, qui sont un. C’est parce que la mesure de la révélation dans le Kli est tout à fait égale à la mesure de dissimulation dans le Kli, et plus le Kli est épais, plus il dissimule Atsmouto, et dévoile un niveau plus grand.

Et donc ces deux opposés sont un. Et les lumières dans les Sefirot se réfèrent à la mesure du niveau adéquat à apparaitre pour l’atteinte des âmes. Car tout s’étend de Atsmouto, et il n’y a pas d’atteinte en Lui, mais uniquement dans les qualités des Kélim, comme ci-dessus, et donc il y a forcément dix lumières dans ces dix Kélim, à savoir dix degrés de révélation pour les receveurs dans les qualités de ces mêmes Kélim.

Il s’avère que la seule différence entre Sa lumière et Son Essence, se fait par Son Essence, dont nous n’avons aucune atteinte ni perception, sauf pour ce qui nous vient de Lui à travers son revêtement dans les Kélim des dix Sefirot, et de ce point de vue tout ce qu’on atteint est dénommé « lumières ».

 

C'est pour Juda

(Extrait d’un commentaire de la Haggadah [récit] de la Pâque)

« Voici le pain de misère que nos pères ont mangé en Égypte » car le commandement de manger du pain azyme [Matza] a été donné aux enfants d’Israël avant leur sortie d’Égypte, en vue de la délivrance à venir qui se produirait à la hâte. De ce fait, le commandement de manger de la Matza leur a été donné quand ils étaient encore en esclavage. Et l’intention du commandement était pour le moment de la délivrance, car alors ils sortiraient en hâte.

C’est pourquoi il nous est si agréable de nous souvenir d’avoir mangé de la Matza en Égypte, même aujourd’hui, nous mangeons la Matza des Egyptiens car nous nous trouvons aussi comme dans une période d’esclavage à l’étranger, et notre intention, par ce commandement, est elle aussi d’attirer la délivrance future — bientôt, de nos jours, tout comme nos pères en ont mangé en Égypte.

« Cette année, nous sommes ici… l’an prochain, nous serons libres ». Comme il est écrit ci-dessus, par l’intention de ce commandement, nous devons éveiller la délivrance certaine et à venir, par le commandement de nos pères en Égypte en mangeant de la Matza.

« Nous étions esclaves… » Il est écrit dans Massekhet Pessakhim (page 116) : « Commencer par la déconsidération et terminer par une louange. Et au sujet de la déconsidération, Rav et Shmouel n’étaient pas d’accord : Rav disait de commencer au début, « nos pères étaient des idolâtres », et Shmouel disait de commencer par « nous étions des esclaves ». Et la pratique suit Shmouel.

Il faut comprendre ce désaccord. Et voici que le sens de « commencer par la déconsidération et terminer par une louange » est compris de la même manière que « l’avantage de la lumière sur l’obscurité ». Il faut donc se rappeler le cas de la déconsidération, par lequel on connaîtra la mesure de Sa miséricorde pour nous. Nous savons que tout notre commencement n’est que déconsidération, car « l’absence précède la présence ». C’est pourquoi « un ânon sauvage engendrera un homme ». À la fin, il prendra la forme d’un être humain. Ce qui est la règle pour tous les éléments de la Création. Il en va de même pour la racine de la nation israélite.

Cela vient du fait que le Créateur a fait sortir la Création ex nihilo. Donc, il n’y a aucune création qui ne soit d’abord dans l’absence. Cependant, cette absence prend une forme différente dans chacun des éléments de la création. Ainsi, quand on divise la réalité en quatre espèces — minérale, végétale, animale et parlante —, nous découvrons que le début du minéral est forcément une absence complète. Néanmoins, le début du végétal n’est pas une absence complète, mais seulement le degré qui le précède et qui est considéré une absence par rapport à lui-même. Autrement dit, le fait d’être semée et de se décomposer, ce qui est inévitable pour toute graine, représente ce qu’elle reçoit de la forme du minéral. Il en est de même pour l’absence de l’animal et du Parlant, car la forme du végétal est considérée comme absente par rapport à l’animal, et la forme animale est considérée comme absente par rapport au Parlant.

Ce faisant, l’écrit nous apprend que l’absence précédant l’existence de l’homme est la forme animale. C’est le sens de « un ânon sauvage engendrera un homme », car au début, chaque homme doit se retrouver dans un état animal. Et voilà que le verset nous dit : « Le Seigneur sauvera l’homme et la bête ». De même qu’Il pourvoit à tous les besoins nécessaires à l’existence et à la satisfaction du dessein de la bête, ainsi Il pourvoit à tous les besoins nécessaires à l’existence et à la satisfaction du dessein de l’homme.

Il nous faut donc comprendre où est l’avantage de l’homme sur la bête par rapport à leur préparation particulière. Cela découle en effet de leurs demandes.

Car il est certain que les demandes de l’homme sont différentes de celles de la bête. Donc, dans la même mesure, le salut du Créateur envers l’homme est différent de Son salut envers la bête.

Et voilà qu’après maintes recherches et analyses, nous ne trouvons pas de besoin particulier en l’homme qui n’existe aussi dans toute l’espèce animale, sauf l’éveil envers l’adhésion [Dvékout] divine. Il n’y a que l’espèce humaine qui y soit préparée, et aucune autre.

Il s’avère que toute la question de l’existence du genre humain n’est prévue que pour cette préparation qui est implantée en lui pour aspirer au service du Créateur; c’est en cela qu’il est supérieur à la bête. Nombreux ont déjà avancé que même la compréhension dans l’exercice d’un métier et la gouverne d’un État se trouve avec grande intelligence dans une grande partie de l’espèce animale.

D’après cela, on comprendra que l’absence précédant l’existence de l’homme est la négation du désir du rapprochement divin qui est au degré animal. Par-là, on comprend les paroles de la Mishna : « commencer par la déconsidération et terminer par une louange ». Cela veut dire que nous devons nous souvenir de cette absence et la rechercher, elle qui précède notre existence de manière positive, car elle est la déconsidération qui précède la louange. Grâce à elle, nous comprendrons avec plus de dignité et de force la louange, comme il est écrit : « commencer par la déconsidération et terminer par une louange ».

Et c’est aussi le cas pour nos quatre exils, exil après exil, qui précèdent les quatre délivrances, de délivrance en délivrance, jusqu’à la quatrième, qui est la perfection complète que nous espérons, bientôt, de nos jours. L’exil est « l’absence qui précède l’existence », qui est la délivrance. Du fait que cette absence prépare à l’existence qui lui est attribué, comme la semence qui prépare à la récolte, de même nous trouvons toutes les lettres de Guéoula [rédemption/délivrance/salut] dans Gola [exil], sauf la lettre Aleph, qui, elle, indique « l’Alouph [champion] du monde ».

Ceci pour que nous apprenions que la forme de l’absence n’est que la négation de l’existence. Et ainsi nous prenons connaissance de la forme de l’existence, qui est la délivrance, par le verset « et ils n’enseigneront plus les uns aux autres, car tous Me connaîtront du plus petit au plus grand. » Par conséquent, la forme de l’absence précédente, à savoir la forme de la Gola, ne sera que la négation de la connaissance du Seigneur, qui est l’absence du Aleph dans la Gola [exil], et qu’on attend la Guéoula, qui est Dvékout au « champion du monde ». C’est exactement cela, tout le rachat de nos âmes, ni plus ni moins, comme nous avons dit au sujet de toutes les lettres de Guéoula qui se trouvent dans Gola, sauf le Aleph, « le champion du monde ».

Pour comprendre ce cas prépondérant, que l’absence en elle-même prépare cette même existence qui lui est attribuée, nous devons apprendre des réalités de ce monde matériel. Nous voyons que dans la notion de liberté, qui est un concept très élevé et supérieur, il n’y a que quelques élus qui peuvent y goûter, et même eux par des préparations adéquates. La majorité du peuple n’y trouve cependant aucun goût. En revanche, dans la notion d’esclavage, il y a égalité entre tous, petits et grands, et même les plus petits du peuple ne peuvent la supporter.

(Nous avons constaté que le peuple polonais a perdu sa royauté, car sa majorité n’a pas su comprendre correctement la valeur de la liberté et ne l’a pas préservée. Ainsi, il est tombé sous le joug du gouvernement russe pendant cent ans. Durant toute cette période, tous se sont plaints du joug de la servitude et ils aspiraient tous à la liberté, petits et grands. Ils ne savaient pas encore ressentir dans leur âme le goût de la liberté, son caractère et sa forme, et chacun se l’imaginait comme bon lui semblait. Bien que dépourvus de liberté, c’est-à-dire assujettis, cette Segoula [remède/force/vertu] s’imprima profondément dans leur âme et la liberté était appréciée et chérie.

Pour cette raison, quand ils ont été libérés du joug de l’esclavage, beaucoup d’entre eux étaient étonnés, ne sachant pas du tout ce qu’ils avaient gagné par cette liberté. Une partie d’entre eux a même regretté l’état précédent et a dit que leur gouvernement les accablait de taxes et d’impôts, plus que le gouvernement étranger, et souhaitait son retour. La raison en est que la force de l’absence n’avait pas encore assez agi sur eux.)

Maintenant, nous comprenons la controverse entre Rav et Shmouel. Rav interprète la Mishna « commencer par la déconsidération » pour que l’étendue de la délivrance soit mieux reconnue, et il dit donc de débuter au temps de Terah. C’est à l’opposé de Shmouel, car en Égypte Son amour et Son travail étaient déjà implantés dans une petite partie de la nation. Ainsi, l’épreuve de l’esclavage qui a été ajoutée en Égypte n’est pas un manque en lui-même, dans la vie de la nation appelée « Adam ».

Shmouel n’interprète pas comme Rav, en effet, le concept de la liberté de la nation, en ce qui a trait à la connaissance du Seigneur, est une notion sublime que seuls quelques élus peuvent comprendre, et cela après des préparatifs adéquats. Mais la majorité du peuple ne l’a pas encore atteint. Par contre, tout le monde ressent la difficulté de l’esclavage, comme l’a écrit Eben Ezra au début de la portion Michpatim : « Il n’y a rien de plus dur au monde, pour l’homme, que d’être sous l’autorité d’un homme comme lui. »

Il interprète la Mishna du point de vue de l’absence, qui prépare l’existence et qui est en cela considérée comme une partie de Sa délivrance, et pour laquelle nous devons aussi Le remercier. C’est pourquoi il ne faut pas commencer par « au début nos pères étaient des idolâtres », car cette période ne peut même pas être considérée comme « l’absence précédant l’existence », vu qu’ils étaient tout à fait privés d’existence humaine, car ils étaient totalement éloignés de Son amour.

C’est pourquoi nous commençons par l’esclavage en Égypte, où des étincelles de Son amour brûlaient déjà dans leur cœur, mais à cause de l’impatience et du dur labeur, il s’éteignait un peu plus chaque jour. C’est pourquoi il dit de commencer par « nous étions des esclaves ».

 

Introduction au Livre Panim Meirot ve Masbirot

1) Il est écrit à la fin de la Michna (Okatzin), que le Créateur n’a pas trouvé d’autre récipient que la paix pour contenir une bénédiction pour Israël, comme il est dit: « Le Seigneur donnera la force à Son peuple, le Seigneur bénira son peuple de la paix ».


Il y a beaucoup à apprendre ici:

a) Comment ont-ils prouvé qu’il n’y a rien de mieux pour Israël que la paix?

b) Le texte stipule explicitement que la paix est la bénédiction elle-même, comme il est écrit, « donner la force et la bénédiction de la paix ». Selon eux, n’aurait-il pas fallu dire « donner par la paix» ?

c) Pourquoi cette phrase a-t-elle été écrite à la fin de la Michna? De plus, nous devons comprendre la signification des mots « paix », et « force », et ce qu’ils nous enseignent.

Pour interpréter cet article dans son vrai sens, nous aurons à parcourir un long chemin, car le cœur des auteurs est très profond pour y accéder. Cela signifie que dans toutes les questions de la Torah et des Mitsvot [commandements] il y a ce qui est révélé et ce qui est caché, comme il est écrit: « Une parole dite est comme des pommes d’or dans des ornements d’argent ». En effet, les Halakhot [pratique des Mitsvot] sont comme un graal de vin. Celui qui offre en cadeau à son ami une coupe d’argent remplie de vin, alors son contenu et sa quantité sont tous deux importants, car la coupe ainsi que le vin ont chacun leur propre valeur.

Les légendes, cependant, sont comme les pommes. Leur intériorité est mangée et leur extériorité est jetée, car l’extérieur n’a absolument aucune valeur, et nous en trouvons toute la valeur et l’importance uniquement dans l’intériorité, l’intérieur. Il en est ainsi des légendes, la superficialité apparente est dénuée de sens et de valeur.

Cependant le contenu intérieur caché dans les mots est construit uniquement sur le fondement de la sagesse de la vérité, transmis à un petit nombre d’élus. Et qui oserait l’extraire du cœur des masses et de clarifier leur chemins, quand leur atteinte est incomplète dans les deux parties de la Torah appelées Pshat [littérale] et Droush [interprétation]? D’après eux, l’ordre des quatre parties de la Torah [Pardess] commence par comprendre le Pshat, puis le Droush, puis le Rémez [allusion], et ce n’est qu’à la fin qu’on comprend le Sod [secret]. Cependant, il est écrit dans le livre de prière du Gaon de Vilna que le début de l’atteinte commence par Sod, et après avoir atteint une partie du Sod dans la Torah, il est possible d’atteindre une partie de Droush, et ensuite une partie de Rémez.

Après avoir été récompensé de la connaissance complète de ces trois parties de la Torah, alors il est récompensé de l’atteinte de la partie Pshat de la Torah. Il est écrit dans Massekhet Taanit: « S’il est récompensé, la Torah devient un élixir de vie; s’il n’est pas récompensé, elle devient une potion mortelle ». Un grand mérite est requis pour comprendre littéralement les textes de la Bible, puisque nous devons tout d’abord atteindre les trois autres parties intrinsèques de la Torah, que le Pshat enveloppe, et Pshat ne sera pas analysé. Si l’homme n’en est pas récompensé, il aura besoin de beaucoup de compassion, pour qu’elle ne devienne pas une potion mortelle. C’est à l’opposé des arguments des négligents dans l’atteinte de l’intériorité qui se disent: « Il nous suffit d’atteindre Pshat, et si nous l’atteignons cela nous suffira ». Leurs mots peuvent être comparés à un homme qui veut monter à la quatrième marche sans avoir franchi au préalable les trois premières.

2) Cependant, d’après cela nous devons comprendre la grande dissimulation qui s’applique à l’intériorité de la Torah, comme il est dit dans Massékhet Haguiga: « on n’étudie pas Maassé Béréshit en binôme, pas plus que la Merkava, seul ». De plus, tous les livres à notre disposition dans cette discipline, sont scellés et fermés aux yeux des masses. Seuls quelques-uns que le Créateur a appelés, les comprendront car ils ont déjà compris les racines par eux-mêmes, et dans la réception de bouche à bouche. Il est en effet surprenant de voir combien les voies de la sagesse et de l’intelligence sont déniées à la population, pour qui c’est la vie et la longueur de ses jours.

Cela ressemble à une infraction pénale, comme il en ressort des paroles de nos sages dans le Midrash Rabba, Béréshit, au sujet d’Akhaz, qui s’appelle ainsi, (Akhaz est traduit littéralement par « s’accrocher » ou « s’agripper ») car il s’accrochait aux synagogues et aux séminaires, ce qui augmentait sa culpabilité. De plus, c’est une loi naturelle qui dit que l’homme est possessif pour ce qui concerne la distribution de son capital et de ses biens à autrui. Cependant trouverait-on quelqu’un qui soit jaloux de sa sagesse et de son intelligence pour ne pas la donner aux autres? Bien au contraire, plus le veau veut téter, plus la vache veut le nourrir.

En effet, nous trouvons ce mystère dans la sagesse même parmi les sages laïcs des générations précédentes. Dans l’introduction du Rav Boutril dans son commentaire sur Le Livre de la Création, il y a un texte attribué à Platon, qui avertit ses disciples comme suit: « Ne transmettez pas la sagesse à celui qui n’en connait pas son mérite ». Aristote, lui aussi, nous a mis en garde: « Ne transmettez pas la sagesse à ceux qui en sont indignes, de peur qu’elle ne soit dérobée ». Le Rav Boutril interprète cela : si un sage enseigne la sagesse à ceux qui ne la méritent pas, ils la volent et la détruisent.

Les sages laïcs de notre temps n’agissent pas ainsi. Au contraire, ils s’efforcent d’élargir au maximum les portes de leur sagesse à tous, sans aucune limite ni condition.

Apparemment, ils ont un grand grief à l’égard des premiers sages, qui n’ont ouvert les portes de leur sagesse qu’à une poignée d’élus seulement, qu’ils avaient trouvé dignes de cela, et ont laissé le reste de la population avancer à tâtons.

3) Laissez-moi donc vous expliquer la question. Il y a quatre parties dans l’espèce humaine, qui se superposent. Ce sont la Masse Populaire, les Puissants, les Nantis, et les Sages. Ils sont équivalents aux quatre degrés dans toute la réalité et qui sont appelés « le minéral », « le végétal », « l’animal », et « le parlant ».

Du minéral ont émergé les trois autres espèces, le Végétal, l’Animal et le Parlant, et nous y discernons trois valeurs dans la quantité de la force, bénéfique ou nuisible, qui existe en elles. La force la plus faible est celle du Végétal. La flore opère en attirant ce qui lui est bénéfique et en rejetant ce qui lui est nuisible, comme le font les humains et les animaux. Cependant, elle n’a pas de sensation individuelle, mais une force collective, commune à tous les types de plantes dans le monde, les faisant agir ainsi.

Au-dessus d’elle se trouve l’espèce Animale. Chaque créature se sent elle-même, elle se rapproche de ce qui lui est bénéfique et s’éloigne de ce qui lui est nuisible. Il s’avère que la valeur d’un animal est équivalente à la valeur de toutes les plantes dans la réalité. Il en est ainsi parce que la force qui distingue les effets bénéfiques et nuisibles de l’ensemble du Végétal se trouve dans une seule créature dans l’Animal, du fait de sa propre autorité. Cependant cette force existante dans l’Animal est très limitée dans le temps et l’espace, puisque la sensation n’agit pas, même à la plus petite distance, hors de son corps.

De plus, il ne ressent rien à part l’instant donné, c’est-à-dire pas le passé, ou le futur, mais uniquement l’instant présent.

Au sommet se trouve l’espèce dénommée « Parlante » qui est composée d’une force émotionnelle et d’une force intellectuelle. Et donc, son pouvoir d’attirer ce qui est bon pour elle et de rejeter ce qui est nuisible, n’est pas limité dans le temps ni dans l’espace, comme pour l’espèce Animal. Il en est ainsi à cause de sa science, qui est une question spirituelle, illimitée dans le temps et dans l’espace.

Nous pouvons enseigner aux autres où qu’ils soient dans toute la réalité, dans le passé et dans l’avenir, à travers les générations. Il s’ensuit que la valeur d’une personne du Parlant est égale à celle de toutes les forces existantes dans le Végétal et l’Animal, dans toute la réalité actuelle, et dans toutes les générations passées. Il en est ainsi parce que sa force les englobe et les contient dans leurs détails, avec toutes leurs forces.

Cette loi s’applique également aux quatre divisions au sein de l’espèce humaine, à savoir les Masses, les Riches, les Puissants, et les Sages. Certes, ils proviennent tous des Masses, qui sont le premier degré, comme il est écrit, « tous sont de la poussière ». Il est certain que tout le mérite de la « poussière » et de son droit d’exister est d’après la valeur des trois vertus qu’elle a engendré, à savoir le Végétal, l’Animal, et le Parlant. De même, le mérite des Masses correspondra aux vertus qui sortent d’elles.

Ainsi, elles aussi, se connectent sous la forme d’un visage humain. À cette fin, le Créateur a implanté trois penchants dans les masses: « la jalousie », « la convoitise », et « les honneurs ». Grâce à eux, les Masses se sont progressivement développées pour faire sortir le visage de l’homme complet. Le penchant pour la convoitise a généré les riches. Ils sont nantis d’un désir puissant et aussi de convoitise. Ils excellent dans l’acquisition de richesses, qui est le premier degré de développement des masses.

Tout comme le degré Végétal au sein de la réalité générale, ils sont régis par une force étrangère qui les fait dévier vers leur penchant, car la convoitise est une force étrangère à l’être humain, mais est empruntée à l’espèce Animal.

Le penchant pour les honneurs a fait émerger les héros parmi eux. Ils régissent les synagogues, les villes etc. Ceux dotés d’un plus fort désir parmi eux, qui ont également un penchant pour les honneurs, excellent à prendre le pouvoir. Ils sont le second degré de développement des Masses.

Tout comme le degré Animal, au sein de la réalité tout entière, il est animé par une force qui est déjà présente dans sa propre essence, comme nous l’avons dit ci-dessus.

En fait, l’inclinaison aux honneurs est propre à l’espèce humaine, et avec elle, le désir de gouverner.

Le penchant pour la jalousie a fait émerger les savants parmi eux, comme nos sages ont dit « la jalousie des auteurs augmente la sagesse ». Ceux qui ont une grande volonté et ont un penchant pour la jalousie, excellent dans l’acquisition de la sagesse et de la connaissance. C’est le degré du Parlant au sein de la réalité tout entière, dans lequel la force qui agit n’est pas limitée dans le temps ni l’espace, mais est collective et englobe tous les détails du monde, à travers tous les temps.

De plus, la nature de feu de la jalousie est générale, englobant toutes les époques et toute la réalité. Telle est la conduite de la jalousie: si la personne n’avait pas vu l’objet possédé par son ami, le désir pour ce même objet ne se serait en aucun cas réveillé.

Il s’avère que la sensation de manque n’est pas pour quelque chose qu’elle n’a pas, mais pour ce que son ami a, qui est toute la descendante d’Adam et Ève, tout au long des générations. Cette force est illimitée et se trouve donc parfaitement adaptée à son rôle sublime et excitant. Quant à ceux qui sont restés dépourvus de tout mérite, c’est parce qu’ils n’ont pas un désir puissant. Ainsi, les trois penchants susmentionnés fonctionnent en eux ensemble, mélangés.

Parfois, ils sont avides, parfois envieux, et parfois ils aspirent aux honneurs. Leur désir s’est brisé en morceaux, et ils sont comme des enfants qui ont soif de tout ce qu’ils voient, mais ne peuvent rien atteindre. Par conséquent, leur valeur est comparable à de la paille et du son, qui restent après la farine.

Nous savons que la force bénéfique et la force nuisible vont de pair. En d’autres termes, elle peut être tout aussi bénéfique que nuisible. Par conséquent, puisque la force d’un seul individu est plus grande que celle de toutes les bêtes et animaux de toutes les générations et de tous les temps, sa force néfaste dépasse également toutes les autres. Ainsi, tant qu’il ne mérite pas son niveau, où il n’utilisera sa force que pour faire le bien, il devra veiller à ne pas trop acquérir du niveau humain, qui est la sagesse et la science.

Pour cette raison, les premiers sages ont caché la sagesse aux Masses, de peur de former des disciples irrespectueux qui auraient utilisé la force de la sagesse pour faire du mal et nuire. Avec leur convoitise et leur cruauté animales, ils auraient fait éclater et détruit toute la société en utilisant l’immense puissance de l’Homme.

Après que les générations se soient affaiblies et que leurs sages eux-mêmes aient commencé à manger à tous les râteliers, c’est-à-dire pour une vie matérielle confortable, leurs opinions se sont rapprochées de celle des Masses. Ils l’ont échangé et ont vendu la sagesse, comme des prostituées, pour une bouchée de pain.

Depuis, la muraille fortifiée que les premiers sages avaient érigée a été détruite, et les Masses ont tout pillé. Les sauvages se sont remplis les poches grâce aux gens, s’emparant de la sagesse et la déchirant. Une moitié a été héritée par des personnes adultères et l’autre moitié par des assassins. Ils s’en sont servis avec une éternelle disgrâce et honte jusqu’à ce jour.

4) A partir de là, nous pouvons déduire que la sagesse de la vérité contient tous les enseignements séculiers, qui sont appelés ses sept jeunes filles. Elle est la totalité de l’espèce humaine et le but pour lequel tous les mondes ont été créés, comme il est écrit: « Si Mon alliance n’est pas jour et nuit, Je n’aurai pas mis des lois au ciel ni sur terre ». Ainsi, nos sages ont dit (Avot 4, Michna 7), « Celui qui utilise la couronne périra », car il nous est interdit de l’utiliser pour toute sorte de plaisirs futiles de la chair.

C’est ce qui nous a aidé jusqu’à présent, c’est d’avoir maintenu des armées et des murs autour de la sagesse de la vérité, afin qu’aucun gentils ni étranger ne s’y introduise et ne s’en serve dans leurs récipients pour aller la vendre sur les marchés, comme l’ont fait les sages laïcs. Car tous ceux qui y sont entrés, ont déjà été testés sept fois jusqu’à être certain, qu’ils sont au-dessus de tout doute et soupçon. Après ces mots et cette vérité, nous sommes apparemment devant une grande contradiction, passant d’un extrême à l’autre, dans les paroles de nos sages. Il est écrit dans le Zohar que la sagesse se révèlera, même aux plus jeunes, au temps du messie.

Nous avons appris précédemment, qu’aux jours du messie, toute cette génération sera à son plus haut niveau. Nous n’aurons plus besoin de protection, et les fontaines de sagesse s’ouvriront et arroseront toutes les nations. Pourtant, dans Massekhet Soutah, 49, et Sanhédrin 97a, nos sages ont dit « l’insolence se déchaînera au temps du messie, la sagesse des auteurs sera corrompue, et ceux qui craignent le péché seront rejetés ». Cela signifie que cette génération sera la plus pire de toute. Comment pouvons-nous donc concilier ces deux déclarations, sachant que toutes deux sont certainement les mots du Dieu vivant?

En fait, cette protection extrême et cette fermeture des portes du palais de la sagesse est pour faire peur aux gens qui éprouvent de la jalousie envers les auteurs mélangée à de la convoitise et aux honneurs. Leur jalousie n’est pas que limitée à désirer la sagesse et la connaissance.

C’est pourquoi, les deux textes ont raisons et se complètent. Le visage de la génération est semblable à celui d’un chien, c’est-à-dire qu’elle aboie comme les chiens, Hav Hav, et que ceux qui craignent le péché sont rejetés, et la sagesse des auteurs s’est corrompue en eux. C’est pourquoi, il est permis d’ouvrir les portes de la sagesse et d’enlever la scrupuleuse garde, car elle est maintenant naturellement à l’abri du vol et de l’exploitation. Il n’y a plus crainte que des disciples irrespectueux la prennent et la vendent sur les marchés de la plèbe matérialiste, car ils ne trouveront plus d’acheteurs pour cette marchandise, qui est déjà répugnante à leurs yeux.

Le fait qu’ils n’aient plus d’espoir d’acquérir convoitise ni honneur grâce à elle, l’a rendu sûre et protégée. Aucun étranger ne s’approchera d’elle, sauf les amoureux de la sagesse et ceux dont c’est la demeure. Par conséquent, aucun examen n’est plus nécessaire pour ceux qui veulent, et même les très jeunes pourront en être récompensés.

Maintenant vous pouvez comprendre leurs paroles (Sanhédrin 98a): « Le fils de David ne viendra que dans une génération où tous seront innocents, ou tous coupables ». C’est très étrange. Apparemment, tant qu’il y a quelques justes par génération, ils retardent la rédemption. Alors que quand les justes disparaîtront de la terre, le messie pourra alors venir? Je me pose la question.

En effet, nous devons bien comprendre que cette question de la rédemption et de la venue du messie, que nous espérons pour bientôt, est le but ultime de la complétude de l’atteinte et de la connaissance, comme il est écrit: « et ils n’auront plus besoin de s’instruire mutuellement en disant: connaissez le Seigneur. Car tous Me connaîtront, du plus petit au plus grand ». Et lorsque la connaissance complète, les corps seront aussi complétés, comme il est écrit, «le plus jeune mourra à cent ans » (Isaïe 65).

Lorsque les enfants d’Israël auront acquis la connaissance complète, les fontaines de l’intelligence et de la connaissance se déverseront au-delà des frontières d’Israël et arroseront toutes les nations du monde, comme il est écrit, « car la terre sera remplie de la connaissance du Seigneur (Isaïe 11) », et comme il est écrit: « Ils viendront vers le Seigneur et à Sa bonté ».

L’augmentation de cette connaissance est la question de l’expansion du royaume du messie auprès de toutes les nations. Évidemment, c’est l’inverse pour les masses dans son matérialisme brut, puisque leur imagination est attachée à la toute-puissance de la force du poing, et donc l’expansion du Royaume d’Israël sur les nations est gravée dans leur imagination comme étant seulement la domination des corps sur les corps, pour prélever leurs dus avec un grand orgueil, et de se vanter aux yeux de tous les peuples du monde.

Et que puis-je faire pour eux si nos sages les ont déjà rejeté, eux et leurs semblables, de la congrégation des fidèles du Créateur, en disant: « Celui qui est orgueilleux, le Créateur dit: lui et Moi ne pouvons résider dans la même demeure ».

Inversement, certains se trompent et jugent que le corps doit exister avant l’existence de l’âme et la connaissance complète, et donc la perfection du corps et de ses besoins précèdent dans le temps, l’atteinte de l’âme et de la connaissance complète. Ainsi, la connaissance complète est déniée à un corps faible.

C’est une grave erreur, plus dure que la mort, car un corps parfait est inconcevable, avant d’avoir atteint la connaissance complète, car le corps n’est en lui-même qu’un sac perforé, une citerne fissurée, qui ne peut rien contenir de bon, ni pour lui ni pour les autres, excepté par l’atteinte de la connaissance complète. C’est alors seulement, que le corps s’élèvera aussi à sa complétude, en même temps qu’elle. Cette règle s’applique aussi bien pour les individus que pour la société entière.

5) Maintenant vous comprendrez ce qui est écrit dans le Zohar « Avec cette composition, les enfants d’Israël seront sauvés de l’exil ». De plus, à de nombreux autres endroits, il est écrit que ce n’est que par la seule diffusion de la sagesse de la Kabbale dans la majorité du peuple, que nous serons récompensés de la rédemption complète. Nos sages ont également dit, « la lumière qui est en elle ramène vers le bien ». Ils ont insisté délibérément sur ce point, pour nous montrer que seule la lumière qui est en elle, « comme une pomme en or dans des ornements d’argent », repose le remède pour ramener l’homme vers le bien, car ni les individus, ni les nations ne pourront réaliser complètement le but pour lequel ils ont été créés, si ce n’est en atteignant l’intériorité de la Torah et ses secrets. Et bien qu’une connaissance complète nous fasse espérer la venue du messie, il est cependant écrit: « donnera la sagesse aux sages ». Il est dit : « J’ai donné la sagesse au cœur de tous les sages qui ont du cœur ».

C’est pourquoi, nous avons tout d’abord besoin de diffuser largement la sagesse de la vérité parmi la nation afin que nous puissions être dignes de recevoir les bienfaits de notre messie. Par conséquent, la diffusion de la sagesse et la venue du messie dépendent l’une de l’autre.

Nous devons donc établir des séminaires et écrire des livres pour accélérer la diffusion de la sagesse dans la nation. C’était différent dans le passé, car il y avait la crainte que des disciples irrespectueux soient introduits par mégarde, comme nous l’avons expliqué précédemment. C’était la raison principale de la prolongation de l’exil, pour nos nombreuses iniquités, jusqu’à ce jour.

Nos sages ont dit « le messie, fils de David ne vient que dans une génération qui est entièrement innocente … », ce qui signifie quand tout le monde aura abandonné la quête de la convoitise et des honneurs. A ce moment, il sera possible d’établir de nombreux séminaires pour les préparer à la venue du messie, fils de David, «...ou bien dans une génération qui est complètement coupable » c’est-à-dire dans une génération où « le visage de la génération ressemble à la gueule d’un chien, et ceux qui craignent le péché seront rejetés, et la sagesse des auteurs aura disparu ».

Ce n’est qu’à ce moment qu’il sera possible d’ôter la protection méticuleuse et tous ceux qui restent de la maison de Jacob, et dont le cœur bat afin d’atteindre la sagesse et le but ultime, leurs noms seront « saint » et ils viendront et étudieront, car on ne craindra plus de ne pas pouvoir rester digne et d’aller vendre la sagesse sur les marchés, car personne ne voudra l’acheter, du fait que la sagesse sera répugnante à leurs yeux et qu’elle n’apportera aucune contrepartie à leur désir de respect et de convoitise. Ainsi, tous ceux qui souhaiteront y entrer pourront venir et entrer.

Beaucoup s’égareront, et la connaissance augmentera parmi ceux qui en seront dignes. Et par cela, nous serons rapidement récompensés de la venue du messie, et de la rédemption de nos âmes de nos jours.

Par tous ces mots, je me suis libéré d’une grande critique qui prétend que j’ai osé dévoiler dans mes livres, bien plus que tous mes prédécesseurs, les fondations de la sagesse, qui jusque-là, étaient habituellement dissimulées.

Ceci se rapporte à l’essence des dix Sefirot et tout ce qui les concerne, Yashar [direct] et Hozer [réfléchie], Pnimi [intérieur] et Makif [environnante], le sens de Hakaa [coup] et le sens de la Hizdakhekhout [purification]. Les auteurs qui m’ont précédé ont volontairement dispersé les mots ici et là en allusions subtiles, de façon à ce qu’aucune main ne parvienne à les rassembler. Je les ai recueilli, grâce à Sa lumière, qui m’est apparue, et avec l’aide de mes professeurs et ai dévoilé assez clairement et dans leur forme spirituelle, au-delà de l’espace et du temps.

Ils auraient pu me critiquer plus : S’il n’y a pas eu ici d’ajouts à mes maîtres, alors le Ari et le Rav Haïm Vital eux-mêmes et les véritables auteurs, les commentateurs de leurs mots, auraient pu découvrir et expliquer ces questions aussi ouvertement que moi.

Et si vous dites que cela leur était révélé, alors qui est cet écrivain, pour qui ce serait certainement un grand privilège d’être la poussière et la cendre sous leurs pieds, qui dirait le lot que lui a attribué par le Seigneur est plus grand que le leur ? Cependant, comme vous pourrez le constater dans mes références, je n’ai ni ajouté à mes professeurs, ni innové dans la composition. Tous mes mots sont déjà écrits dans les Huit Portes, dans L’Arbre de vie, et dans Mavo Shéarim (L’accès aux portes) du Ari.

Je n’ai pas ajouté un seul mot aux leurs, mais leur but était de dissimuler les questions, ils les ont donc dispersées ici et là. Il en était ainsi parce que leur génération n’était pas encore complètement coupable et elle exigeait la plus grande précaution. Mais pour nous, avec nos nombreuses infractions, tous les mots de nos sages se sont avérés exacts, ils ont été dits du début de la période du messie, la génération est telle qu’il n’y aurait plus de crainte de dévoiler la sagesse, comme nous l’avons exposé plus haut. Donc, mes paroles sont ouvertes et dans l’ordre.

6) Et maintenant, fils écoutez-moi: La sagesse est proclamée à haute voix dans les rues, elle vous appelle, ceux qui sont avec le Seigneur, qu’ils viennent à moi, car, ce n’est pas une chose vaine pour vous, il s’agit de votre vie, et de la longueur de vos jours. Vous n’avez pas été créés pour suivre le même chemin que le grain et la pomme de terre, vous et vos ânes devant la même mangeoire. Et, tout comme le but de l’âne n’est pas de servir tous les autres ânes de son époque, de même, le but de l’homme n’est pas de servir tous les corps physiques des autres hommes qui lui sont contemporains.

Mais le but de l’âne est plutôt de servir et être utile à l’homme, qui lui est supérieur, et le but de l’homme est de servir le Créateur et de compléter Son dessein. Comme Ben Zoma a dit: « Tout cela a été créé, uniquement pour me servir, et moi, pour servir mon Créateur ». Il a dit: « Le Seigneur a tout fait pour Son but », car Il aspire et réclame notre perfection. Comme il est dit dans Béréshit Rabba, Paracha 8, que les anges Lui ont dit : « Qu’est donc l’homme, que Tu te souviennes de lui? Le fils de l’homme, que Tu penses à lui ? Pourquoi as-Tu besoin de ce problème? ». Le Créateur leur a dit: « Alors, pourquoi tous ces moutons et ce bétail? A quoi cela ressemble? A un roi qui a une tour remplie d’abondance, mais sans invité. Quel plaisir le roi a-t-il de toute cette abondance? ».

Ils répliquèrent sans attendre: « Seigneur notre maitre, Ton nom est glorieux sur toute la terre! Fais ce que bon Te semblera ». Apparemment, on devrait douter de cette allégorie, car où se trouve une telle tour remplie d’abondance? À notre époque, elle aurait été remplie d’invités jusqu’à n’en plus pouvoir! Néanmoins, ces propos sont honnêtes, puisque vous voyez que les anges ne se sont plaints d’aucune autre des créatures créées au cours des six jours de la Création, mais de l’homme. C’est parce qu’il a été créé à l’image de Dieu et est composé du Supérieur et de l’Inférieur, ensemble.

Les anges qui ont vu cela, ont été surpris et effrayés. Comment une âme spirituelle pure pourrait-elle descendre de son degré sublime, pour venir habiter avec ce corps bestial et souillé? En d’autres termes, ils se demandèrent: « Pourquoi as-tu besoin d’un tel problème »? La réponse qui leur a été donnée est qu’il y a déjà une tour remplie d’abondance, mais sans invité. Pour qu’elle soit remplie d’invités, nous avons besoin de l’existence de l’homme, fait du Supérieur et de l’Inférieur.

Pour cette raison, cette âme pure et chaste doit se revêtir sous la forme de ce corps souillé. Ils ont immédiatement compris et ont dit : « fais ce que bon Te semblera ». Sachez que cette tour remplie d’abondance suggère la totalité du plaisir et des bienfaits pour lesquels Il a créé les créatures, comme nos sages ont dit « la conduite du Bien est de faire le bien ».

Par conséquent, Il a créé les mondes pour combler Ses créatures. Et puisqu’il n’y a en Lui, ni passé ni futur, nous devons réaliser que dès qu’Il pensa à créer les créatures et à les combler de plaisir, elles apparurent et se dessinèrent immédiatement devant Lui, pleines de tout le plaisir et le bien, tel qu’Il avait pensé pour elles.

Dans le livre, Heftzi Bah [Mon désir est en elle], du Ari, il est écrit que tous les mondes, supérieurs et inférieurs, sont contenus dans Ein Sof [Infini], avant même le Tsimtsoum [restriction], par le principe de « Il est Un et Son Nom Un ». L’évènement du Tsimtsoum, qui est la racine des mondes ABYA limités jusqu’à notre monde, est survenu parce que les racines des âmes aspirent par elles-mêmes à égaler leur forme avec l’Emanateur. C’est le sens de Dvékout [adhésion], du fait que dans le spirituel, la séparation comme la Dvékout, ne sont possibles que dans des valeurs d’équivalence de forme ou de disparité de forme.

Comme Il voulait les combler de délices, le désir de recevoir du plaisir, a forcément été implanté dans les receveurs. Ainsi, leur forme s’est différenciée de la Sienne, car cette forme n’existe en aucune façon dans l’Emanateur, car, de qui pourrait-Il recevoir ? Le Tsimtsoum et Guevoul [la frontière/ la limite] ont été faits pour cette correction, jusqu’à ce que ce monde apparaisse dans la réalité où l’âme se revêt du corps physique. Et ainsi par la suite, lorsqu’il s’engage dans la Torah et travaille en vue de procurer satisfaction à son Faiseur, la forme de réception se réunira pour donner sans réserve. C’est le sens du texte, « et adhérer à Lui », car alors il égalise sa forme à Son Faiseur, et comme nous l’avons dit, l’équivalence de forme est Dvékout dans la spiritualité.

Lorsque la question de Dvékout est complétée dans toutes les parties de l’âme, les mondes retourneront à l’état d’Ein Sof, comme ils l’étaient avant le Tsimtsoum. « Dans leur pays, ils auront double héritage ». Car ils seront alors en mesure de recevoir une fois de plus tout le plaisir et le bien, qui sont déjà prêts pour eux dans le monde d’Ein Sof.

De plus, ils seront alors prêts pour la vraie Dvékout sans aucune disparité de forme, car leur réception ne sera plus pour eux-mêmes, mais pour contenter leur Faiseur. Il s’avère qu’ils ont égalisé la forme du don sans réserve avec l’Emanateur.

7) Maintenant nous pouvons comprendre leurs mots, que la Divinité dans les inférieurs est d’une grande nécessité. C’est une déclaration des plus étonnantes, bien qu’elle aille de pair avec l’allégorie précédemment citée, où ils ont comparé la question à un roi qui a une tour remplie d’abondance, mais sans invité. Il attend certainement assis que des invités arrivent, car sinon cette préparation aurait été vaine.

C’est comme l’histoire de ce grand roi qui a eu un fils dans sa vieillesse, auquel il était très attaché. Ainsi, depuis le jour de sa naissance, il ne pensait qu’à lui. Il rassembla les meilleurs livres et les meilleurs professeurs du pays, et il construisit pour lui un centre d’études de la sagesse. Il rassembla les meilleurs constructeurs du pays et fit bâtir des palais de plaisir pour lui, il rassembla tous les musiciens et les chanteurs et érigea des salles de concert. Il regroupa les meilleurs chefs cuisiniers et pâtissiers du pays et lui fit servir les mets les plus savoureux du monde entier, et bien d’autres choses encore.

Hélas, le garçon grandit et s’avéra être niais, dénué de toute envie de savoir. Il était également aveugle et ne voyait ni ne sentait la beauté des édifices, il était sourd et n’entendait pas les chanteurs. De plus, il devint diabétique, et ne fut autorisé à manger que du pain au blé entier, et tout cela attirait le mépris et la colère.

Cela nous permet de comprendre maintenant les sages à propos du verset: « Moi, le Seigneur, l’heure venue Je l’accélérerai », qui est interprété dans le Sanhédrin (98), « S’ils ne sont pas récompensés –en son temps; s’ils sont récompensés – Je l’accélérerai ».

Ainsi, il existe deux façons d’atteindre l’objectif ci-dessus: soit en étant attentif ce qui est appelé « le chemin de la repentance ». S’ils en sont récompensés, « Je l’accélérerai » s’appliquera. Cela signifie qu’il n’y a pas de temps précis fixé pour cela, mais il est certain que, lorsque qu’ils seront récompensés, la correction se terminera. S’ils ne sont pas récompensés d’être attentifs, il y a un autre chemin appelé « le chemin de la souffrance ». Comme le Sanhédrin l’a dit (97), « Je placerai sur eux un roi, comme Aman, et ils reviendront vers le bien contre leur volonté », signifiant en son temps, et dans ce cas, il y a un temps fixé.

Par cela, ils ont voulu nous montrer que Ses voies ne sont pas les nôtres. Et il ne Lui arriverait pas ce qui est arrivé à ce roi de chair et de sang, qui s’est donné tant de peine à faire l’impossible pour son fils chéri, et qui a été finalement accablé de mille tourments et tous ces ennuis étaient en vain, ne lui apportant que du mépris et de la colère. Par contre, tous les actes du Créateur sont certains et loyaux, et il n’y a pas de fraude en Lui. C’est ce que nos sages ont dit, « S’ils ne sont pas récompensés- en son temps ».

Ce que la volonté ne fait pas, le temps le fera, comme il est écrit: « vas-Tu envoyé des éclairs pour qu’ils viennent et Te disent : nous voici?». Il y a le chemin de la souffrance qui peut épurer tout défaut et toute matière, jusqu’à ce que l’on comprenne comment sortir la tête de cette auge bestiale, pour s’élever et gravir les échelons de l’échelle du bonheur et de la réussite humaine, pour adhérer à sa racine et compléter l’objectif.

8) Par conséquent, venez et comprenez, combien nous devons être reconnaissants à nos enseignants, qui nous transmettent leurs lumières sacrées et consacrent leurs âmes au bien des nôtres. Ils se tiennent au milieu entre le chemin de la souffrance cruelle et le chemin de la repentance. Ils nous sauvent de l’enfer de ce monde, qui est plus dur que la mort, et nous habituent à atteindre les plaisirs célestes, et à la douceur sublime et à l’amabilité qui est notre lot, prêts et nous attendent depuis le tout début, comme nous l’avons dit ci-dessus. Chacun d’eux opère dans sa génération, en fonction de la puissance de la lumière de sa Torah et de sa sainteté. Nos sages ont déjà dit: « Il n’y a pas une génération sans Abraham, Isaac ou Jacob ».

C’est notre Rav Isaac Louria [le ARI], cet homme divin qui a tant fait pour nous, et nous en fourni la pleine mesure. Il surpassa magistralement tous ses prédécesseurs, et si j’avais su en faire l’éloge, j’aurais loué ce jour où sa sagesse est apparue, presque comme le jour où la Torah a été donnée à Israël. Il n’y a pas assez de mots pour mesurer l’immensité de son œuvre sainte, accomplie en notre faveur. Les portes de l’atteinte étaient fermées et verrouillées. Il est venu et nous les a ouvertes, de telle sorte que celui qui souhaite entrer dans le palais du roi n’a pas besoin d’être pur et saint, d’aller se baigner ni de se raser les cheveux ni de mettre des vêtements propres, pour pouvoir se tenir devant le royaume sublime, de façon bienséante.

Il s’agit d’un homme de 38 ans, qui a subjugué par sa sagesse tous ses prédécesseurs y compris les Guéonim, et ceux de toutes les périodes. Tous les anciens sages de la terre, ces bergers audacieux, amis et disciples du divin sage, le RAMAK (Rabi Moshe de Cordoue), se sont levés devant lui comme les disciples devant le Rav.

Tous les sages des générations ultérieures et jusqu’à ce jour, sans aucune exception, ont abandonné tous les livres et traités antérieurs, la Kabbale du RAMAK, la Kabbale des Premiers et la Kabbale des Guéonim. Ils ont lié entièrement et exclusivement leur vie spirituelle à sa sainte sagesse.

Naturellement, ce n’est pas en vain qu’une victoire aussi totale fut accordée à un homme si jeune et en même temps père d’une sagesse aussi immense. Hélas, le diable continua à faire son travail, et ne cessa de dresser des obstacles tout au long de la route de l’expansion de la sagesse au sein du peuple saint.

Très peu réussirent à les surmonter. Cela est dû principalement au fait que ses paroles ont été consignées oralement, parce qu’il interpréta la sagesse au jour le jour devant ses disciples, qui étaient déjà âgés et très compétents dans le Zohar et les Tikounim [les corrections]. Dans la plupart des cas, ses paroles ont été arrangées en fonction de profondes questions qui lui avaient été adressées, en fonction des intérêts particuliers de chacun. Pour cette raison, il n’a pas transmis la sagesse dans un ordre satisfaisant, comme l’étaient les œuvres précédentes. Nous trouvons dans les textes que le Ari lui-même avait souhaité mettre en ordre toutes les réponses à ces questions.

À cet égard, il faut se référer au début des paroles de Rashbi [Rabbi Shimon Bar Yochaï] dans l’interprétation d’Idra Zouta, dans une brève introduction du Rav Haïm Vital. De plus, son enseignement n’a duré que très peu de temps, toute la période de son séminaire n’a été que d’environ dix-sept mois, comme il est dit dans la Porte des réincarnations, porte 8, p 49, car il est arrivé à Safed venant d’Égypte juste avant Pessah (la Pâque) en 1571, et à ce moment, le Rav Haïm Vital avait vingt-neuf ans. Et en Juillet 1572, à la veille du Shabbat de la Parashat Matot-Massaey, au début du mois d’Av [mois hébraïque], il tomba malade, et le mardi, le cinq du mois d’Av, de la semaine suivante, il est décédé.

Il est également écrit dans la Porte des réincarnations, porte 8, p 71a, que sur son lit de mort, il ordonna au Rav Haïm Vital de ne pas enseigner la sagesse à d’autres, et ne lui permit d’étudier que pour lui-même et en murmurant. Quant au reste de ses amis, il leur était totalement interdit de s’y engager, car, selon ses dires, ils ne comprenaient pas la sagesse correctement. C’est la raison pour laquelle le Rav Haïm Vital n’a pas arrangé les textes et les a laissé tels quels, en désordre. Naturellement, il n’a pas non plus expliqué les liens existant entre les différents sujets, de sorte que cela ne paraissent pas comme un enseignement pour les autres.

C’est la raison pour laquelle nous trouvons une si grande prudence de sa part, comme cela est bien connu de ceux qui maîtrisent les écrits du Ari. Les arrangements trouvés dans les écrits du Ari ont été arrangés et organisés trois générations plus tard, en trois fois, et par trois compilateurs.

Le premier compilateur a été le sage Yakoov Tzemakh. Il a vécu en même temps qu’Abraham Azoulay, qui est décédé en l’an 1643. Une grande partie des textes lui est parvenue, qu’il compila en de nombreux livres, dont le plus important est le livre Adam Yashar [l’Homme Droit], dans lequel il a recueilli la racine et les enseignements essentiels qui étaient à sa disposition. Toutefois, certains des livres que ce Rav avait compilés ont été perdus. Dans l’introduction de son livre, Kol BeRama [à voix haute], il présente tous les livres qu’il a compilés.

Le second compilateur est son brillant disciple, Meir Cohen Poppers [Paprish]. Il a fait plus que son Rav, puisque certains des écrits qui étaient détenus par le sage Samuel Vital lui sont parvenus. Il compila plusieurs ouvrages. Les plus importants d’entre eux sont les livres, Etz HaHaim [L’Arbre de vie] et Pri Etz Haim [Le fruit de l’Arbre de vie]. Ils contiennent toute l’étendue de la sagesse dans son sens le plus large.

Le troisième compilateur était le sage Samuel Vital, le fils de Haïm Vital. Il était un grand sage et de grande renommée. Il compila les célèbres Huit portes grâce au patrimoine que son père lui avait laissé. Ainsi nous voyons qu’aucun des compilateurs n’a eu en sa possession les écrits complets.

Ceci a fait qu’il leur a été très difficile d’arranger les sujets traités, surtout pour ceux qui n’avaient pas de compétence réelle dans le Zohar ni les Tikounim. Ainsi, rares sont ceux qui s’élevèrent.

9) En contrepartie, Il nous a privilégié en nous récompensant de l’esprit du Baal Shem Tov, dont la grandeur et la sainteté sont au-delà de toute parole et toute expression. Il n’a pas été compris et ne sera pas compris, sauf par ceux qui le méritent et qui ont servi à sa lumière, même si ce n’est que par intermittence, et selon ce que chacun a reçu dans son cœur. Il est vrai que la Lumière de sa Torah et sa sagesse sont construites essentiellement sur les fondements du Ari.

Cependant, elles ne se ressemblent pas du tout. Je vais vous l’expliquer à l’aide d’un exemple: c’est comme une personne qui se noie dans le fleuve, qui refait surface et coule, comme cela arrive à ceux qui se noient. Parfois, seuls les cheveux sont visibles, alors un conseil est rechercher pour l’attraper par la tête, parfois, son corps apparaît, alors un conseil est recherché pour l’attraper du côté du cœur.

De la même façon, après qu’Israël se soit noyé dans les eaux malveillantes de l’exil parmi les nations, et jusqu’à maintenant, il s’élève ou s’enfonce, mais toutes les époques ne sont pas identiques. A l’époque du Ari, seule la tête était visible. Ainsi, le Ari s’est donné beaucoup de mal pour nous sauver par le biais de l’esprit. A l’époque du Baal Shem Tov, il y a eu une accalmie. Par conséquent, c’était une bénédiction pour nous d’être sauvé par le cœur, et ce fut une grande et vraie délivrance pour nous.

Et pour nos nombreuses transgressions, la roue a encore tourné à notre génération et nous sommes tombés très bas, comme du sommet de la montagne jusqu’au fond de l’abîme. De plus, il y a eu l’affrontement entre les nations qui a bouleversé le monde entier. Les besoins ont augmenté et l’esprit s’est amenuisé et s’est corrompu dans la fange du matérialisme qui est devenu prépondérant.

Les serviteurs montent à cheval et les ministres vont à pied, et tout ce qui est dit dans notre étude de Massekhet Souta susmentionnée s’est réalisé, à cause de nos nombreuses transgressions. Un mur de fer s’est à nouveau érigé, même sur cette grande lumière du Baal Shem Tov, dont nous avons dit qu’elle nous illuminera jusqu’à l’établissement de notre complète rédemption. Et les sages de cœur n’ont pas cru en la possibilité qu’une telle génération puisse arriver, où ils ne pourraient pas voir sa lumière. Maintenant, nos yeux se sont assombris, nous avons été dépouillés de ce qui est bon, et quand j’ai vu cela je me suis dit: « Il est temps d’agir! ». C’est pourquoi, j’ai entrepris d’ouvrir largement les portes de la lumière du Ari, car il est le plus approprié et le plus apte pour notre génération, et « deux valent mieux qu’un ».

Nous ne devrions pas être blâmé pour la brièveté de ma composition, car elle correspond et est adaptée aux amoureux de la sagesse, car trop transvaser le vin dissipe sa saveur, et l’atteinte de la sagesse serait plus difficile pour le disciple. De plus, nous ne sommes pas responsables de ceux qui ont un cœur épais, puisque le langage pour les aider n’a pas encore été créé. Partout où ils posent leurs yeux, ils ne trouvent que la stupidité, tel que l’énonce la règle: de la même source à laquelle le sage puise sa sagesse, l’imbécile tire sa stupidité.

Ainsi, j’ai affirmé dès le début de mon livre et j’ai averti que je n’ai pas fait tant d’efforts pour ceux qui aiment regarder par la fenêtre, mais pour ceux dont les paroles du Créateur sont précieuses et qui se languissent de Lui et de Sa bonté, pour compléter le but pour lequel ils ont été créés, car pour eux se réalisera le verset « Tous ceux qui Me cherchent Me trouveront ».

10) Venez et voyez les paroles du sage, Eben Ezra dans son livre, « Yessod Mora », p 8b: « Et maintenant, notez et sachez que toutes les Mitsvot qui sont écrites dans la Torah ou les conventions que les pères ont établies, bien qu’elles soient principalement dans les actes ou en parole, ont toutes été établies pour corriger le cœur « car le Seigneur sonde tous les cœurs, et comprend tout dessein des pensées ». Il est écrit: « pour ceux qui sont droits dans leurs cœurs ». A l’opposé il est dit: « un cœur qui est le siège de pensées iniques ».

J’ai trouvé un verset qui contient toutes les Mitsvot, qui est « Tu craindras le Seigneur ton Dieu et tu Le serviras ». Le mot « crainte » contient toutes les Mitsvot négatives en parole et dans le cœur, ou en actes. C’est le premier degré à partir duquel on s’élève à l’œuvre de Créateur, qui contient toutes les Mitsvot positives. Elles habitueront le cœur de l’homme et le guideront jusqu’à ce qu’il adhère au Créateur, car c’est pour cela que l’homme a été créé. Il n’a pas été créé pour amasser des fortunes ni pour bâtir des édifices. Par conséquent, il doit demander tout ce qui l’amènera à L’aimer, à apprendre la sagesse et à rechercher la foi. Et le Créateur ouvrira les yeux de son cœur et renouvellera son esprit différemment. Alors, il sera aimé par son Faiseur, durant sa vie. Sachez que la Torah n’a été donnée qu’aux hommes de cœur.

Les mots sont comme des cadavres et les Taamim [goûts] comme les âmes. S’il ne comprend pas les Taamim, tous ses efforts seront en vain, et son travail insignifiant. C’est comme s’il s’efforçait à compter les lettres et les mots dans un livre de médecine, aucun remède n’en sortira. C’est aussi comme le chameau qui transporte de la soie: la soie ne lui est pas utile, ni le chameau ne lui est utile. Nous ne retiendrons qu’une chose de ses mots : s’accrocher à l’objectif pour lequel l’homme a été créé, à savoir: être en Dvékout [adhésion] avec le Créateur. Il dit donc qu’il faut rechercher tous les moyens qui l’amèneront à L’aimer, à apprendre la sagesse et à rechercher la foi, jusqu’à ce que le Créateur le récompense en lui ouvrant les yeux de son cœur et en lui renouvelant un esprit différent.

Alors, seulement, il sera aimé par son Faiseur durant sa vie. Il accentue délibérément un point précis: être aimé par son Faiseur durant sa vie. Cela indique que tant que l’on n’a pas atteint cela, son travail est incomplet, et que le travail nous a été donné nécessairement pour être fait aujourd’hui. Il termine le sujet en disant que la Torah a été donnée seulement aux hommes de cœur, c’est-à-dire ceux qui ont acquis un cœur pour aimer et Le désirer. Les sages les appellent « sages de cœur », car il n’y aura plus d’esprit bestial qui descendra et le mauvais penchant n’est présent que dans un cœur dénué de sagesse.

Il interprète et dit que les mots sont comme des cadavres et les Taamim, comme les âmes. Ne pas comprendre les Taamim est comme essayer de compter les pages et les mots d’un manuel de médecine, mais que cela n’aboutira pas un médicament. Il veut dire que l’on est obligé de trouver des astuces pour acquérir la possession susmentionnée. Car alors on peut goûter aux saveurs de la Torah, qui est la sagesse intérieure et ses mystères, et aux saveurs de la Mitsva, qui sont l’amour et le désir de Lui.

Sans cela, nous avons seulement les mots et les actes, des corps morts sans âme. C’est comme celui qui travaille dur à compter les pages et les mots d’un manuel de médecine, etc. il ne s’améliorera pas en médecine avant qu’il ne comprenne le sens des textes de médecine. Même après l’avoir acheté, peu importe le prix demandé, si l’organisation de l’étude et des actes n’est pas organisée de façon à le conduire à cela, ce sera comme le chameau qui transporte de la soie: la soie ne lui est d’aucune utilité, de même que le chameau n’est pas utile à la soie, pour l’amener à compléter l’objectif pour lequel il a été créé.

11) D’après ces propos, nos yeux se sont ouverts concernant les mots de Rabbi Shimon dans le Midrash Rabba, chapitre 6, à propos du verset: « Faisons l’homme ». Lorsque le Créateur est venu pour créer l’homme, Il consulta les anges, qui étaient divisés en factions et en groupes. Certains disaient « Qu’il soit créé », et d’autres disaient « Qu’il ne soit pas créé », comme il est écrit « La miséricorde et la vérité se rencontrent, la justice et la paix s’embrassent ».

 • La miséricorde a dit: « Qu’il soit créé, car il fait des actes miséricordieux ».

• La vérité a dit: « Qu’il ne soit pas créé, car il n’est que mensonges ».

• La justice a dit: « Qu’il soit créé, pour qu’il fasse la justice ».

• La paix a dit: « Qu’il ne soit pas créé, car il n’est que discorde ».

Qu’a fait le Créateur ? Il prit la vérité et la jeta à terre, comme il est écrit, « et il jeta la vérité à terre ». Les anges dirent au Créateur: « Pourquoi humilier votre sceau? Que la vérité se relève de la terre », comme il est écrit « la vérité jaillira de la terre ».

Ce texte est difficile à tous les égards:

a) Il n’explique pas encore la sévérité du verset, « Faisons l’homme ». A-t-Il vraiment besoin d’un conseil ? Comme il est écrit « Le salut est dans le cœur d’un conseiller?».

b) En ce qui concerne la vérité, comment peut-il dire que toute l’espèce humaine n’est que mensonge, alors qu’il n’y a pas une seule génération sans Abraham, Isaac ou Jacob?

c) Si ces paroles de vérité sont honnêtes, comment les anges de la miséricorde et de la justice sont-ils d’accord pour un monde qui n’est que mensonge ?

d) Pourquoi la vérité est appelée « sceau », qui vient aux marges d’une lettre? Car il est certain qu’il existe une réalité essentielle à part le sceau. N’y a-t-il aucune réalité en dehors des frontières de la vérité?

e) Se peut-il que les anges de la vérité pensent du Vrai Opérateur, que Son opération soit fausse?

f) Pourquoi la vérité mérite-t-elle une punition aussi sévère que d’être jetée à terre et dans la terre?

g) Pourquoi la réponse des anges n’est-elle pas présentée dans la Torah, comme c’est le cas pour la question?

Nous devons comprendre ces deux conduites complètement opposées qui nous ont été exposées. Ce sont les conduites de l’existence de toute la réalité de ce monde, et les conduites des modes d’existence de tout un chacun pour sa subsistance dans la réalité qui est devant nous. Pour finir, nous trouvons une conduite fiable dans la Providence remarquablement validée, qui contrôle la conception de la réalité de chaque créature.

Prenons par exemple, l’ordre d’arrivée d’un être humain dans la réalité.

L’amour et le plaisir sont sa première raison qui est évidente et fiable pour sa tâche. Dès qu’il a été extirpé du cerveau du père, la Providence lui offre un endroit sûr et protégé dans le ventre de la mère, afin qu’aucun étranger ne puisse le toucher. Là-bas, la Providence lui procure sa nourriture quotidienne dans la juste mesure. Elle répond à chacun de ses besoin, sans l’oublier ne serait-ce qu’un instant, jusqu’à ce qu’il gagne en force et sorte à l’air de notre monde, rempli d’innombrables obstacles.

A ce moment-là, la Providence lui confère la puissance et la force, et comme un héros armé et expérimenté, elle ouvre les portes et brise les murs, jusqu’à ce qu’il arrive à certaines personnes auxquelles il peut faire confiance pour l’aider pendant ses jours de faiblesse. Ce sont les personnes les plus chères au monde pour lui, qui le soutiendront dans son existence avec beaucoup d’amour et une grande compassion. Ainsi, la Providence l’enlace jusqu’à ce qu’il soit apte à exister et à continuer sa propre vie.

Ce qui s’applique à l’homme est également valable pour les espèces animale et végétale. Toutes sont merveilleusement surveillées, ce qui garantit leur existence, et tous les experts en sciences naturelles le savent. À l’autre extrémité, quand nous considérons l’ordre d’existence et de subsistance des modes d’existence de la réalité tout entière, du plus petit au plus grand, nous trouvons des ordres désorientés, qui ressemblent à une armée fuyant le champ de bataille, battue, malade, et affligée par le Créateur. Toute leur vie est comme la mort, ils ne peuvent pas vivre sauf par des souffrances et tourments d’abord, et risquent leurs vies pour gagner leur pain.

Même un pou minuscule doit se briser les dents pour trouver son repas. Combien doit-il sauter pour obtenir suffisamment de nourriture et se maintenir en vie? Cet exemple est valable pour tous, les petits comme les grands, et encore d’avantage avec l’espèce humaine, le joyau de la Création, qui est impliqué dans tout.

12) Nous discernons deux opposés dans les dix Sefirot de Kedousha [Sainteté]. Les neuf premières Sefirot sont dans la forme du don, et Malkhout, dans la réception. De plus, les neuf premières sont remplies de lumière, et Malkhout n’a rien de par elle-même. C’est le sens de notre distinction entre deux lumières dans chaque Partsouf: Ohr Pnimi [lumière intérieure] et Ohr Makif [lumière environnante], et deux dans les Kélim [récipients], qui sont le Kli [récipient] intérieur pour Ohr Pnimi et le Kli extérieur pour Ohr Makif. En ce qui concerne les deux opposés susmentionnés, on sait qu’il est impossible que deux opposés soient présents dans un même sujet.

Ainsi, il est nécessaire d’avoir un sujet spécifique pour Ohr Pnimi et un sujet spécifique pour Ohr Makif. Cependant, ils ne sont pas vraiment opposés dans Kedousha, car Malkhout est en Zivoug [accouplement] avec les neuf premières, et son attribut est également le don, sous la forme d’Ohr Hozer [lumière réfléchie]. Mais la Sitra Akhra [l’Autre Côté] n’a rien des neuf premières.

Elles sont construites principalement de l’espace vacant, qui est la grandeur de la forme de la réception, sur laquelle le premier Tsimtsoum [Restriction] s’est réalisé. Cette racine est restée sans lumière, même après que l’illumination de la Kav [Ligne] ait atteint l’intérieur du Reshimo [Réminiscence]. Et donc, elles sont complètement opposées à la vie et à la Kedousha, comme il est écrit « Dieu les a fait, l’un opposé à l’autre », donc elles sont appelées « morts ».

Il a été expliqué plus haut, au point 6, que toute la question du Tsimtsoum n’était qu’un ornement des âmes pour ce qui est de l’égalisation de leurs formes à celle de leur Créateur, qui est l’inversion des Kélim de réception en forme du don.

On constate que cet objectif est toujours refusé dans les Partsoufim de Kedousha. C’est parce qu’il n’y a aucun Espace Vacant, qui ait la forme complète de réception, sur laquelle a eu lieu le Tsimtsoum, et par conséquent, aucune correction ne lui est applicable, comme si elle n’existait pas dans la réalité. De plus, il n’y a certainement pas de correction dans la Sitra Akhra, bien qu’elle ait un Espace Vacant, car son intérêt est tout à fait opposé, et tout ce qu’elle reçoit meurt.

Par conséquent, nous avons seulement besoin d’un être humain dans ce monde. Durant son enfance, il est entretenu et existe par la Sitra Akhra, il en hérite les Kélim de l’Espace Vacant.

Quand il grandit, il se connecte à la structure de Kedousha grâce à la Torah et aux Mitsvot, pour contenter son Créateur. Ainsi, il transforme la grandeur de la réception déjà acquise, pour qu’elle ne soit que don. En cela, il égalise sa forme avec son Créateur et l’objectif est réalisé.

C’est le sens de l’existence du temps dans ce monde. On trouve en premier lieu, que les deux opposés ci-dessus ont été divisés en deux sujets distincts, à savoir la Kedousha et la Sitra Akhra, d’après « l’un opposé à l’autre». Ils demeurent encore dépourvus de la correction citée auparavant, car ils doivent être dans le même sujet, qui est l’homme.

Par conséquent, l’existence d’un ordre dans le temps nous est nécessaire, dès lors que, les deux opposés se succèdent, chez une personne, l’un après l’autre, signifiant une période de Katnout [petite enfance] et une période de Gadlout [âge adulte / maturité].

13) Maintenant nous pouvons comprendre la nécessité de la brisure des récipients et de leurs attributs, comme il est écrit dans le Zohar et les écrits du Ari, que deux sortes de lumières sont présentes dans chacune des dix Sefirot qui vont et viennent.

 • La première lumière est Ohr Ein Sof [lumière de l’infini], qui se déplace de haut en bas. Elle est appelée Ohr Yashar [lumière directe].

• La deuxième lumière est le résultat du Kli de Malkhout, remontant de bas en haut, appelée Ohr Hozer [lumière réfléchie].

Les deux s’unissent en une seule. Sachez qu’à partir du Tsimtsoum, et vers le bas, le point du Tsimtsoum est privé de toute lumière, et il reste un espace vide. La lumière supérieure n’apparaîtra pas dans la dernière Behina [discernement] avant la fin de la correction, et ceci est vrai, en particulier à propos de Ohr Ein Sof, appelée Ohr Yashar.

Toutefois, la deuxième lumière, appelée Ohr Hozer, peut apparaître dans la dernière Behina, vu que le Tsimtsoum ne s’y applique pas. Maintenant, nous avons appris que le système de la Sitra Akhra et des Klipot [écorces] est une nécessité pour le but du Tsimtsoum, afin d’implanter chez une personne le Kli de la grandeur de réception, en Katnout, où il dépend d’elle. Ainsi, la Sitra Akhra a également besoin d’abondance.

Où pourrait-elle la prendre si elle est faite uniquement de la dernière Behina, qui est un espace vide de toute lumière, puisque à partir du Tsimtsoum et en bas, la lumière supérieure s’est complètement séparée d’elle? La brisure des récipients a donc été préparée. La brisure indique qu’une partie d’Ohr Hozer des dix Sefirot du monde des Nekoudim est descendue d’Atsilout jusqu’à l’espace vide. Et vous savez déjà qu’Ohr Hozer peut aussi apparaître dans l’espace vide. Cette partie d’Ohr Hozer qui est descendue d’Atsilout vers l’extérieur, contient 32 Behinot [discernements] particuliers dans chacune des Sefirot des dix Sefirot de Nekoudim. 10 fois 32 font 320.

Ces 320 Behinot qui sont descendues, ont été préparées pour maintenir l’existence des Inférieurs, et viennent à eux sous la forme de deux systèmes, comme il est écrit, « Dieu les a fait opposés l’un à l’autre », ce qui signifie les mondes d’ABYA de Kedousha, et en face d’eux les mondes d’ABYA de Sitra Akhra. Dans l’interprétation du verset, « un peuple sera plus puissant que l’autre », nos sages ont dit que lorsqu’un se lève, l’autre tombe, et Tyr ne s’est construite que sur les ruines de Jérusalem ».

Il en est ainsi quand ces 320 Behinot apparaissent toutes dans la Sitra Akhra, et alors la structure entière de Kedousha, par rapport aux inférieurs est entièrement détruite. En outre, ces 320 Behinot ne peuvent se connecter qu’à la Kedousha. A ce moment, le système de Sitra Akhra est entièrement détruit de la terre, et elles peuvent également se diviser plus ou moins équitablement entre les deux, en fonction des actions des gens, et ainsi ils s’incarnent dans les deux systèmes jusqu’à ce que la correction soit complétée.

Après la brisure des récipients et la descente de ces 320 Behinot d’étincelles de lumière d’Atsilout vers l’extérieur, 288 étincelles se sont clarifiées et sont montées, signifiant que tout ce qui est descendu des neuf premières Sefirot dans les dix Sefirot de Nekoudim. 9 fois 32 font 288 Behinot, qui sont celles qui se reconnectent pour construire le système de Kedousha. Il s’ensuit qu’il ne reste à la Sitra Akhra que les 32 Behinot qui sont descendues de Malkhout du monde des Nekoudim.

C’était le début de la structure de la Sitra Akhra, dans sa forme la plus minimale, quand elle n’est pas encore apte à remplir son rôle. L’achèvement de sa construction ne s’est terminé que plus tard, lors du péché d’Adam ha Rishon avec l’arbre de la connaissance. Ainsi nous trouvons que ces deux systèmes, opposés l’un à l’autre, œuvrent pour la persistance et le maintien de la réalité.

La portion de lumière nécessaire pour cette existence est de 320 étincelles. Celles-ci ont été préparées et mesurées à la brisure des récipients. Ce ratio de lumière se repartit entre les deux systèmes, la conduite du maintien et de l’existence de la réalité dépendent d’eux. Sachez que le système de Kedousha doit contenir au moins un ratio de 288 étincelles pour compléter ses neuf premières Sefirot.

Alors seulement, il pourra assurer et maintenir l’existence des inférieurs, et c’était le cas avant le péché d’Adam ha Rishon. C’est pour cette raison que la réalité tout entière était alors menée par le système de Kedousha, car elle avait toutes les 288 étincelles.

14) Dès lors, nous avons trouvé une solution pour l’histoire des quatre factions: la Miséricorde, la Justice, la Vérité et la Paix, ont protesté contre le Créateur lors de la création de l’homme. Ces anges sont les serviteurs de l’âme humaine, c’est pourquoi Il a négocié avec eux, car tout l’œuvre de la Création a été créé d’après eux, car chaque âme se compose de dix Sefirot d’Ohr Pnimi [Lumière intérieure] et Ohr Makif [la Lumière environnante].

• La miséricorde est l’Ohr Pnimi des neuf premières de l’âme.

• La justice est l’Ohr Pnimi de Malkhout de l’âme.

• La vérité est l’Ohr Makif de l’âme.

Nous avons déjà dit qu’Ohr Pnimi et Ohr Makif sont opposées. En effet, Ohr Pnimi s’étend par la loi de l’illumination de la ligne, qui l’empêche d’apparaître au point du Tsimtsoum, qui est la forme de Gadlout de la réception. Ohr Makif, quant à elle, s’étend d’Ohr Ein Sof, qui entoure tous les mondes, car dans Ein Sof, petits et grands sont égaux.

Pour cette raison, Ohr Makif illumine et donne aussi au point de Tsimtsoum, et à fortiori à Malkhout. Comme elles sont opposées, deux Kélim sont nécessaires. C’est parce que Ohr Pnimi illumine les neuf premières, et Malkhout n’est éclairée qu’en fonction de la loi des neuf premières, et pas du tout pour elle-même. Cependant, Ohr Makif illumine dans les Kélim qui s’étendent spécifiquement du point du Tsimtsoum, qui est appelé le Kli extérieur.

Nous comprenons maintenant pourquoi la vérité est appelée le « Sceau ». C’est un nom emprunté à un sceau apposé en marge de la lettre, à la fin du texte. Cependant, il lui octroie et lui donne sa validité. Sans le sceau, elle est sans valeur et tout le texte devient inutile. De même, Ohr Makif, apporte ses bienfaits au point du Tsimtsoum, qui est la mesure de réception de Gadlout, jusqu’à ce qu’il égalise sa forme avec son Créateur dans le don. En effet, c’est le but de tous les mondes limités, inférieurs et supérieurs.

La vérité a protesté contre la création de l’Homme en déclarant qu’il n’est que mensonges, car selon le point de vue du Créateur, l’homme n’a pas de Kli extérieur, dont il a besoin pour s’étendre du point du Tsimtsoum, parce qu’il s’est déjà séparé de Sa lumière. C’est pourquoi, les anges de la vérité ne pouvaient pas aider l’homme à obtenir Ohr Makif.

C’est pour cette seule fin que les mondes limités, inférieur et supérieur, ont été créés, et l’homme doit en être l’unique sujet. Mais puisque cet homme est inapte à son rôle, ils sont donc tous chaos et mensonges, tout ce travail en eux était inutile.

Cependant, c’est l’inverse avec les anges de la Miséricorde et de la Justice, qui appartiennent spécifiquement à Ohr Pnimi de l’âme. Du fait qu’il n’ait rien de l’Espace Vacant, ils pourront lui octroyer sans réserve toutes les lumières de Neshama, jusqu’à la perfection la plus sublime. Ainsi, ils étaient heureux de pouvoir lui être utile et ils acceptèrent la Création de l’homme. Parce qu’ils sont NHY (Netsakh, Hod, Yessod) qui entrent en Zivoug de Hakaa [accouplement par coups], ils appartiennent à la moitié d’Ohr Makif de la partie Ohr Hozer qui est en elle.

Les anges de la Paix ont affirmé qu’il n’est que querelle. En d’autres termes, comment recevra-t-il Ohr Makif ? En fin de compte, ils ne peuvent venir dans le même sujet avec Ohr Pnimi, puisqu’elles sont opposées l’une à l’autre, ce qui signifie des querelles sans fin. L’Ohr Makif est double : Ohr Hozer future et Ohr Makif future.

Le Kli Extérieur d’Ohr Hozer est le Massakh [l’écran]. Le Kli Extérieur de Ohr Makif est l’Aviout de Bekhina Dalet [quatrième discernement] lui-même, à savoir le Lev Ha Even [le cœur de pierre].

Il s’avère donc qu’il ne manquait à Adam ha Rishon que le Kli Extérieur, qui appartient aux anges de la vérité. Il ne lui manquait pas le Kli Extérieur, qui appartient aux anges de la paix. C’est pourquoi ils ont accepté la Création, tout en affirmant qu’il n’est que dispute, ce qui signifie que Ohr Makif ne peut pas entrer dans le Kli intérieur car ils sont opposés.

15) Maintenant, nous avons été récompensés de comprendre le reste des versets du péché de l’arbre de la connaissance du bien et du mal, qui est des plus profonds. Nos sages ne nous en ont révélé qu’une partie, et ont caché, derrière leurs mots, dix autres parties. En avant-propos, il est écrit: « Et ils étaient tous les deux nus, l’homme et sa femme, et n’avaient pas honte ». Sachez que le vêtement signifie un Kli extérieur. Ainsi, l’écrit veut d’abord nous démontrer la raison du péché de l’arbre de la connaissance, comme il est écrit dans le verset « Il est redoutable avec les enfants de l’homme, car Tu viens à lui avec des histoires ». Cela signifie que son péché avait été préparé à l’avance, et c’est le sens des mots qu’Adam et sa femme n’avaient pas un Kli Extérieur au moment de la création, mais seulement des Kélim intérieurs, qui s’étendent du système de Kedousha, c’est pourquoi ils n’avaient pas honte. Cela signifie qu’ils n’ont pas ressenti qu’ils leur manquaient, car la honte se réfère à une sensation d’absence.

Nous savons que la sensation du manque est la première raison pour combler ce manque. C’est comme quelqu’un qui se sent malade et est disposé à recevoir un médicament. Cependant, s’il ne sent pas qu’il est malade, il évitera certainement tout remède. En effet, cette tâche est rempli par le Kli Extérieur, car il est dans la construction du corps et est vide de lumière, puisqu’il vient de l’Espace Vacant, cela engendre la sensation de vide et de manque en lui, et en a honte.

Par conséquent, il doit revenir remplir ce manque et attirer Ohr Makif qui lui manque, et qui est sur le point de remplir ce Kli. C’est le sens du verset: « Et ils étaient tous deux nus, Adam et sa femme », du Kli Extérieur. Pour cette raison, ils n’avaient pas honte, car ils ne ressentaient pas son absence. De cette manière, ils sont dépourvus de la finalité pour laquelle ils ont été créés.

Pourtant, nous devons bien comprendre la sublimité de cet homme, créé par les mains du Créateur, et celle de sa femme, en qui Il a mis plus d’intelligence qu’en lui, comme c’est écrit (Nidah 45) dans l’interprétation de ce verset: « Et le Seigneur fit la côte ».

Alors, comment se fait-il qu’ils aient échoué et aient été si stupides n’ayant pas su se méfier de la ruse du serpent? De plus, le serpent, dont le texte témoigne qu’il était plus rusé que tous les animaux des champs, comment a-t-il proféré une telle sottise et un tel non-sens que s’ils mangeaient le fruit de l’arbre de la connaissance, ils deviendraient Dieu? Comment une telle bêtise a-t-elle pu se nicher dans leurs cœurs? De plus, il est dit ci-dessous qu’ils n’ont pas mangé de l’arbre de la connaissance à cause de leur désir de devenir Dieu, mais simplement parce que le fruit était bon à manger, ce qui est apparemment un désir bestial!

16) Nous devons connaître la nature de deux types de clarifications qui s’appliquent ici:

• La première clarification est appelée «la clarification du bien et du mal ».

• La deuxième clarification est appelée « la clarification de la vérité et du mensonge ».

Cela signifie que le Créateur a implanté une force de clarification dans chaque créature, qui exécute tout ce qui est bon pour elle et qui lui procure la perfection désirée. Donc la première clarification est la force active physique. Elle fonctionne en utilisant la sensation d’amer et de doux, qui déteste et repousse la forme amère, car elle lui est néfaste, et aime et est attirée par le sucré parce qu’il lui est bénéfique. Cette force opérationnelle est suffisante dans le minéral, le végétal et l’animal de la réalité, pour les amener à leur perfection désirée.

Au-dessus d’elles est l’espèce humaine, dans laquelle le Créateur a implanté une force d’action rationnelle. Elle opère par le biais de la deuxième clarification susmentionnée, en rejetant le mensonge et la vacuité, avec un dégoût qui va jusqu’à vomir, et attire les vraies questions et tout ce qui est utile, avec un grand amour.

Cette clarification est appelée « la clarification de la vérité et du mensonge ». Elle s’applique uniquement à l’espèce humaine, chacun selon sa propre mesure. Sachez que cette seconde force agissant a été créée et est arrivée à l’homme en raison du serpent, car lors de la création, il n’avait que la première force active, c’est-à-dire les clarifications du bien et du mal, qui lui était suffisantes à ce moment-là.

Je vous l’expliquerai par une allégorie: si les justes étaient récompensés en fonction de leurs bonnes actions, et les méchants punis selon leurs mauvaises actions dans ce monde, alors la Kedousha serait déterminée pour nous comme une réalité douce et bonne, et la Sitra Akhra serait définie comme une réalité mauvaise et amère.

De cette façon, le commandement du choix nous aurait été donné, de la manière suivante: «Voici, j’ai mis devant toi le doux et l’amer, choisis donc le doux ». Ainsi, tous les gens auraient été certains d’atteindre la perfection, car ils auraient certainement fui la transgression, puisqu’elle est mauvaise pour eux. Et ils auraient été occupés sans cesse, nuit et jour, par Ses Mitsvot, comme le font aujourd’hui certains imbéciles, préoccupés par les questions du corps et de sa saleté, car cela est bien et doux à leurs yeux.

Telle était la question d’Adam ha Rishon, lorsqu’Il l’a créé. « Et Il le plaça dans le Jardin d’Éden pour le cultiver et pour le garder », qui a été ainsi interprété par nos sages: « le cultiver » sont les Mitsvot positives, et « le garder » sont les Mitsvot négatives. Ses Mitsvot positives étaient de manger et de se délecter de tous les arbres du jardin, et ses Mitsvot négatives étaient de ne pas manger de l’arbre de la connaissance du bien et du mal. Les Mitsvot positives étaient douces et agréables et les Mitsvot négatives étaient de s’écarter du fruit amer et dur comme la mort. Il n’est donc pas surprenant qu’on ne puisse les appeler Mitsvot et travail. Nous en trouvons des identiques dans notre travail actuel, à travers les plaisirs des jours de Shabbat et de fêtes, où nous sommes récompensés d’une Kedousha supérieure, tout comme nous recevons une récompense pour nous être écartés des reptiles et des insectes ou toutes sortes de choses que l’on trouve répugnantes. Nous voyons donc que le choix dans le travail d’Adam ha Rishon était avec « choisis donc le doux ».

Il s’avère que le palais[de la bouche] corporel était à lui seul suffisant pour tout ce dont il avait besoin, pour savoir ce que le Créateur avait ordonné, et ce qu’Il ne lui avait pas ordonné.

17) Maintenant nous pouvons comprendre la ruse du serpent, au sujet duquel nos sages ont ajouté et précisé que SAM s’en était revêtu, parce que ses mots étaient très élevés. Il a commencé par dire incidemment que le Créateur a dit de ne manger d’aucun arbre du jardin. Cela signifie qu’il a commencé à parler avec elle, car la femme n’a pas reçu d’ordre du Créateur. Par conséquent, il la questionne sur les modes de clarifications. Par exemple, comment savait-elle que l’Arbre de la Connaissance avait été interdit? Et puis: « peut-être que tous les fruits du Jardin vous ont-ils été également interdits?». Et la femme dit ... « Nous pouvons manger les fruits des arbres du jardin ... Mais vous ne mangerez pas de cet arbre ci, et vous n’y toucherez point, sinon vous pourriez mourir! ».

Il y deux grandes précisions ici:

A. Le fait de toucher n’a jamais été interdit; pourquoi l’a-t-elle ajouté à l’interdiction?

B. A-t-elle mis en doute les paroles du Créateur ?

Le Créateur a dit « vous mourrez certainement», et la femme a dit « sinon vous pourriez mourir ». Se pourrait-il qu’elle n’ait pas cru aux paroles du Créateur, même avant le péché? Il est vrai que la femme n’a répondu qu’à la question du serpent. Elle savait ce que le Créateur avait interdit, que tous les fruits des arbres du Jardin étaient doux et agréables et comestibles. Cependant, elle était déjà sur le point de toucher cet arbre à l’intérieur du jardin, et goûta en lui une saveur qui était aussi dure que la mort.

Elle-même a prouvé, d’après sa propre observation, qu’il existe un risque de mourir, même en touchant. C’est pourquoi, elle a ajouté à la compréhension du commandement de l’interdiction, qu’elle avait entendu de son mari, car c’est avec l’expérience que l’on devient sage. « Sinon vous pourriez mourir » se réfère à l’action de toucher. La réponse est apparemment suffisante, car qui pourrait se mêler et nier le goût d’un autre?

Cependant, le serpent la contredit et dit : « Vous ne mourrez point; car Dieu sait que, le jour où vous en mangerez, vos yeux s’ouvriront ». Il nous faut donc examiner avec précision la question de l’ouverture des yeux. En effet, il l’a informée d’une chose nouvelle, au-delà d’elle. Il leur a prouvé que la bêtise était de penser que le Créateur a créé quelque chose de nocif et nuisible dans son monde. Il est clair qu’en ce qui concerne le Créateur, il n’y a pas de mal ni de nuisibilité. Mais l’amertume que vous goûterez en lui, même si ce n’est qu’en le touchant, provient seulement de vous-même, car « manger » vient vous informer de la hauteur de votre mérite.

Aussi, c’est d’une Kedousha supplémentaire dont vous avez besoin pendant l’acte, de sorte que votre seule intention sera d’apporter satisfaction à votre Créateur, et de maintenir l’intention pour laquelle vous avez été créés. C’est pourquoi, il vous apparaît comme mauvais et nocif, afin que vous compreniez le supplément de Kedousha requis de vous.

« Du jour où vous en mangerez » signifie que si l’acte est dans Kedousha et la pureté aussi claire que le jour, alors « Vous serez comme Dieu, connaissant le bien et le mal». Cela signifie que, comme pour le Créateur, cela est certainement d’une douceur sans égale, pour vous aussi, le bien et le mal seront pour vous en équivalence complète, douce et délicieuse.

Néanmoins, il est encore possible de douter de la crédibilité du serpent, car le Créateur ne lui a pas dit cela Lui-même. Par conséquent, le serpent dit en premier: « Mais Dieu sait que, le jour où vous en mangerez, vos yeux s’ouvriront ». Cela signifie qu’il n’est pas nécessaire pour le Créateur de vous en informer, car Il sait que si vous y faites attention, vous mangerez du côté de Kedousha, et vos yeux s’ouvriront d’eux-mêmes, pour comprendre la mesure de Sa grandeur, car vous sentirez la douceur merveilleuse en Lui. Il n’a donc pas besoin de vous le faire savoir, car Il a implanté en vous la force de clarifier, afin que vous sachiez par vous-mêmes ce qui est bénéfique. Il est écrit juste après: « Et la femme vit que l’arbre était bon à manger, et qu’il était un délice pour les yeux ».

Cela signifie qu’elle ne se fia pas à Ses paroles, mais alla et examina de sa propre initiative et d’après sa compréhension, et se sanctifia d’une Kedousha supplémentaire, afin de contenter le Créateur, et pour accomplir l’intention qui était attendue d’elle, et non pas du tout pour son plaisir. À ce moment, ses yeux s’ouvrirent, comme le serpent l’avait dit: « Et la femme vit que l’arbre était bon à manger ».

En d’autres termes, en voyant que « c’était un délice pour les yeux », avant même de le toucher, elle sentit une grande douceur et un grand désir, et rien qu’à le voir, elle n’avait jamais autant désiré aucun arbre du Jardin. Elle apprit aussi que l’arbre est bon pour la connaissance, ce qui signifie qu’il y a beaucoup plus à envier et à convoiter cet arbre que tous les autres arbres du jardin. Ceci se réfère au fait de savoir qu’ils ont été créés pour cet acte de manger, ce qui est tout le but, comme le serpent le lui avait dit. Après toutes ces observations concluantes, « Elle prit de son fruit et en mangea, et elle en donna aussi à son mari, et il en mangea avec elle ».

Le texte précise « avec elle », signifiant que c’était avec la pure intention de donner sans réserve et non pour dans son propre intérêt. Telle est la signification des mots « et elle en donna aussi à son mari avec elle », avec elle dans Kedousha.

18) Maintenant nous arrivons au cœur du sujet et à l’erreur qui était à sa base. Cet arbre de la connaissance du bien et du mal était mêlé à l’espace vacant, c’est-à-dire à la forme de Gadlout dans la réception, sur laquelle il y avait un Tsimtsoum, et de laquelle la lumière supérieure s’était déjà séparée. Il a également été expliqué qu’Adam ha Rishon n’avait pas du tout la forme Gadlout de réception dans sa structure, qui s’étend de l’espace vacant. Et au contraire, il s’étend tout entier du système de Kedousha, qui ne concerne que le don. Il est écrit dans le Zohar (Kedoshim), qu’Adam ha Rishon n’avait rien de ce monde.

Pour cette raison, l’arbre de la connaissance lui a été interdit, de même que sa racine et tout le système de Kedousha, lesquels sont séparés de la Sitra Akhra, en raison de leur disparité de forme, qui est la séparation. Ainsi, il lui a également été ordonné et avertit de ne pas s’y connecter, car il se serait séparé de sa racine sainte et mourrait comme la Sitra Akhra et les Klipot, qui sont mortes, car elles sont contraires et séparées de la Kedousha et de la vie des vies. Cependant, Satan, qui est SAM, l’ange de la mort, qui s’est vêtu du serpent, est descendu et a séduit Eve par le mensonge: «Vous ne mourrez pas ».

On sait que tout mensonge ne tient pas, s’il n’est pas précédé par des paroles de vérité. Par conséquent, il a commencé par une vérité et lui a révélé que le but de la Création est de corriger cet arbre, c’est-à-dire inverser les grands Kélim de réception du côté du don.

Il lui a dit que le Créateur avait mangé de cet arbre et avait créé le monde, c’est-à-dire qu’Il a regardé ce sujet d’après « la fin d’un acte est dans la pensée préliminaire», et donc, Il a créé le monde. Comme nous l’avons vu plus haut, toute la question du Tsimtsoum Aleph était seulement pour l’homme, destiné à égaliser la forme de réception à celle du don.

C’était la vérité, c’est pourquoi il réussit et la femme le crut quand elle se prépara à recevoir et à se réjouir dans le seul but de donner. Il s’avère que de toute façon, le mal avait disparu de l’arbre de la connaissance du bien et du mal et l’arbre de la connaissance du bien est resté, vu que le mal n’était que le changement de forme de réception pour soi-même qui a été implanté en lui pour qu’il s’implante. Cependant, par la réception afin de donner, il est amené à sa perfection complète, et donc vous trouvez qu’elle a causé la grande union, comme il se doit à la fin de l’acte. Toutefois, cette Kedousha supérieure était encore prématurée, car elle n’était pas encore prête à y être, sauf quand elle a mangé la première fois, mais pas la seconde fois.

Je vais vous expliquer qu’il y a une différence entre s’abstenir d’un grand plaisir avant d’y avoir goûté et s’y être habitué, et s’abstenir du plaisir après y avoir goûté et s’y être attaché. Le premier peut certainement s’abstenir une fois pour toute, mais l’autre doit faire beaucoup d’efforts pour quitter le plaisir petit à petit, jusqu’à s’en défaire.

De même ici, puisque la femme n’avait pas encore goûté à l’arbre de la connaissance, et était complètement dans le don. Il lui a donc été facile d’en manger la première fois, afin de contenter le Créateur dans la Kedousha absolue. Cependant, après y avoir goûté, elle était déjà prise d’un grand désir et de beaucoup de convoitise pour l’arbre de la connaissance, au point qu’elle ne pouvait plus s’en défaire, car elle en avait perdu contrôle.

C’est pourquoi nos sages ont dit qu’ils en ont mangé prématurément, ce qui signifie qu’il n’était pas mûr. A savoir, avant d’avoir acquis la force et la puissance de dominer leurs penchants. Cela ressemble à ce que les sages ont dit dans Massekhet Yévamot, « j’ai mangé et je mangerai encore ».

Cela signifie que même quand il a explicitement entendu que le Créateur était en colère contre lui, il n’a toujours pas pu s’en détacher, car la convoitise s’était déjà connectée à lui. Il s’avère que la première fois que le fruit a été mangé c’était du côté de Kedousha, et la deuxième fois, dans une grande saleté.

Maintenant nous pouvons comprendre la sévérité de la punition de l’arbre de la connaissance, pour lequel tous les hommes sont mis à mort. Cette mort vient de l’avoir mangé, comme le Créateur l’avait prévenu, « le jour où tu en mangeras, tu mourras certainement ».

La forme de Gadlout de la réception s’étend dans ses organes de l’espace vacant, et à partir du Tsimtsoum, la lumière supérieure ne peut plus être avec elle sous le même toit. Ainsi, ce souffle de vie éternelle, exprimé dans le verset, « et il insuffla dans ses narines un souffle de vie », a dû le quitter et se contenter d’une tranche de pain dans sa vie temporaire. Cette vie n’est pas une vie éternelle comme auparavant, ou tout lui était pourvu, mais ressemble plutôt à une vie à transpirer, c’est-à-dire sa vie a été divisée en de minuscules gouttelettes, où chaque goutte est un fragment de sa vie précédente.

Et c’est le sens des étincelles d’âmes qui ont été réparties tout au long de sa descendance. Ainsi toute sa descendance, toutes les personnes dans le monde à toutes les générations, jusqu’à la dernière génération, complètent le but de la création, formant une longue chaîne, et les actes du Créateur n’ont absolument pas changé par le péché de l’arbre de la connaissance. Mais cette lumière de la vie, qui est venue en une fois dans Adam ha Rishon, s’est étendue et s’est prolongée en une longue chaîne, tournant sur la roue de la transformation des formes jusqu’à la fin de la correction, sans s’arrêter un seul instant, puisque les actes du Créateur doivent être vivants et durables, et « On monte dans la sainteté, et on n’en descend pas ».

Comme cela a été le cas pour l’homme, il en est de même pour toutes les créatures dans le monde, car elles descendent toutes d’une forme éternelle et générale, sur la roue de la transformation de forme, comme l’homme. L’homme et le monde ont une valeur intrinsèque et une valeur extrinsèque. L’externe s’élève et diminue toujours en fonction de l’interne. C’est le sens de « à la sueur de ton front tu mangeras du pain ». Car au lieu du souffle de vie antérieur, que le Créateur avait insufflé dans ses narines, il y a maintenant la sueur de la vie dans ses narines.

19) Nos sages ont dit (Babba Batra 17), « Il est le mauvais penchant, il est Satan, il est l’ange de la mort. Il descend et incite, monte et se plaint, il vient et il prend son âme ».

C’est parce que deux défaillances générales se sont produites à cause du péché de l’arbre de la connaissance.

La première défaillance est relative à « monte et se plaint », car après avoir été tenté et avoir mangé de l’arbre de la connaissance, et avoir acquis un récipient de réception de l’espace vacant dans la structure de son corps, il s’ensuivit la haine et l’éloignement entre la lumière éternelle de la vie, que le Créateur avait insufflé dans les narines d’Adam, et le corps d’Adam. Cela ressemble à ce qu’ils ont dit « Tous les orgueilleux, le Créateur dit : Moi et lui ne pouvons habiter dans la même demeure ».

Il en est ainsi, car la fierté découle des récipients de réception de l’espace vacant, duquel la lumière supérieure s’est déjà éloignée et s’est séparée depuis le Tsimtsoum. Il est écrit dans le Zohar que le Créateur déteste les corps, qui sont construits seulement pour eux-mêmes. C’est pourquoi la lumière de la vie l’a fuit, et c’est la première défaillance.

La deuxième défaillance est la descente des 288 étincelles qui étaient déjà connectées au système de Kedousha, et qui à présent ont été transmises et sont descendues au système de Sitra Akhra et des Klipot, pour que le monde ne soit pas détruit. Il en est ainsi parce que le système de Kedousha ne peut pas entretenir ni nourrir l’homme et tout le monde, à cause de la haine qui s’est formée entre la Kedousha et les Kélim de l’espace vacant, d’après la loi des contraires, « Moi et Lui ne pouvons habiter dans la même demeure ».

Ainsi, les 288 étincelles ont été remises au système de la Sitra Akhra, afin d’alimenter et de soutenir l’homme et le monde, tout au long des incarnations des âmes dans les corps comme il est écrit « dix mille par génération, et pendant mille générations », jusqu’à la fin de la correction.

Par cela vous comprendrez pourquoi elles sont appelées Klipot. C’est parce qu’elles sont comme la pelure d’un fruit. La peau dure enveloppe et couvre le fruit pour le protéger de toute saleté et dégât jusqu’à ce qu’il soit consommé, car sans elle, le fruit se gâterait et ne remplirait pas son but. Ainsi, vous trouvez que les 288 étincelles ont été transmises aux Klipot, pour nourrir et permettre la réalité, jusqu’à ce qu’elles s’unissent et atteignent l’objectif souhaité.

La seconde défaillance susmentionnée est relative à « il vient et prend son âme ». Je tiens à dire que même cette infime partie de l’âme qui reste à une personne, comme « la sueur de la vie précédente », la Sitra Akhra l’a également volée, par le même don sans réserve qui lui a donné des 288 étincelles qui lui étaient destinées.

Pour comprendre cela, vous avez besoin de vous représenter clairement la Sitra Akhra, telle qu’elle est, pour pouvoir connaitre tous ses chemins. Toutes les parties de la réalité du monde inférieur sont des branches, s’étendant de leurs racines, comme une empreinte d’un sceau du monde supérieur, et le supérieur en a un de plus haut que lui, et ainsi de suite de haut en plus haut. Sachez que tout discernement des branches aux racines est sur la seule base de leur substance. Cela signifie que les substances en ce monde sont des fondements matériels, et les substances dans le monde de Yetsira sont des fondements spirituels, relatifs à la spiritualité de Yetsira. Et ainsi dans chaque monde. Cependant, les faits et les phénomènes qui s’y passent, ont la même valeur que chaque branche à sa racine, comme deux gouttes d’eau identiques, et comme l’empreinte dont la forme est identique au sceau à partir duquel il a été oblitéré. Et une fois cela compris, nous pouvons chercher la branche que la partie supérieure de Sitra Akhra a dans ce monde, et à travers elle, nous connaitrons aussi la racine de la partie supérieure de Sitra Akhra.

Nous trouvons dans le Zohar (Portion Tazriya) que les afflictions dans les corps des personnes sont les branches de la partie supérieure de la Sitra Akhra. Ainsi, prenons le niveau animal, nous y constatons que efflorescence qui survient dans son corps par l’atteinte du plaisir, est ce qui lui octroie la vie.

Ainsi, la Providence a fait que peu importe où les petits posent leurs yeux, ils auront de la satisfaction et du plaisir, même pour des choses les plus insignifiantes. Il en est ainsi parce que le niveau du petit a besoin de davantage de vitalité, pour pouvoir grandir et se développer. Et donc leur plaisir existe. Ainsi, vous trouvez que la lumière du plaisir est le père de la vie.

Toutefois, cette loi ne s’applique que pour des plaisirs qui viennent au niveau général. Mais pour un plaisir séparé, quand le plaisir est concentré et n’est reçu que par une partie séparée du niveau animal, on y trouve alors la règle inverse. A savoir, s’il y a un endroit défectueux dans sa chair, qui exige de le gratter et le frotter, la démangeaison porte sa récompense en lui, car il en ressent un grand plaisir qu’il poursuit.

Cependant, ce plaisir comporte aussi une goutte de potion mortelle, car s’il ne maîtrise pas son penchant et ne paye pas sa demande incessante, les paiements vont encore augmenter sa dette. En d’autres termes, selon la taille du plaisir à se gratter, de même l’affliction augmentera et le plaisir se transformera en douleur. Quand il commence à se rétablir, une nouvelle demande de gratter apparaît, et dans une plus large mesure qu’auparavant. Et s’il ne peut toujours pas contrôler son penchant ni payer pour satisfaire sa demande, l’affliction grandira aussi.

Finalement, elle lui apporte une goutte amère, qui empoisonne tout le sang de cet animal. Et de ce fait il meurt en recevant du plaisir, car c’est un plaisir de séparation, reçu seulement par une partie séparée du niveau. Ainsi, la mort intervient dans le niveau, à l’inverse du plaisir administré à tout le niveau. Voici que nous avons devant nous, la forme de la partie de la Sitra Akhra supérieure de la tête au pied. Sa tête est le désir de recevoir pour elle seule, et de ne rien donner en dehors d’elle, comme l’exige sa chair souillée, par rapport à tout le niveau animal. Le corps de la Sitra Akhra est la forme d’une certaine exigence qui ne va pas être remboursée. Le remboursement ne fait qu’en augmenter la dette et l’affliction d’autant plus, comme dans l’exemple d’avoir du plaisir à se gratter. Le pied de la Sitra Akhra est la goutte de la potion mortelle, qui vole et le sépare aussi de la dernière étincelle de vie qui lui reste, comme une goutte de potion mortelle qui empoisonne tout le sang du niveau animal. C’est le sens de ce que nos sages ont dit « À la fin, il vient et prend son âme ».

En d’autres termes, ils ont dit que l’ange de la mort arrive avec une épée dégainée, avec une goutte de poison à son extrémité, et l’homme ouvre la bouche, et la goutte s’y introduit, et il meurt. L’épée de l’ange de la mort est l’influence de la Sitra Akhra, appelée Herev, en raison de la séparation qui augmente en fonction de la taille de la réception, et la séparation le détruit. L’homme est obligé d’ouvrir la bouche, puisqu’il doit recevoir l’abondance pour son existence et sa subsistance, jusqu’à ce que la goutte amère, à la pointe de l’épée, lui parvienne, et complète la séparation de la dernière étincelle de son souffle de vie.

20) En raison de ces deux défaillances, le corps de l’homme a été aussi corrompu, car il a été précisément adapté par la création, pour recevoir l’abondance pour son existence du système de Kedousha. Car toute action permise et nécessaire pour vivre, sera protégée de tout excès ou de défaut. Et un acte qui n’est pas permis ni nécessaire pour vivre, sera fait sans mesure, et il contiendra un défaut ou un excès.

Comme il est dit dans le Poème de l’Union: « Dans tout ton travail, n’oublie rien, n’y ajoute rien, et n’en déduit rien ». C’est une loi impérative que les opérations parfaites découlent de l’opérateur parfait. Cependant, quand l’homme passe du système de Kedousha au système de la Sitra Akhra, et en raison de la nuisance supplémentaire dans sa construction, par l’arbre de la connaissance, de nombreuses parties sont déjà en surplus, inutiles, car elles ne reçoivent rien de l’abondance d’existence, donnée par l’autorité de la Sitra Akhra.

Comme nous le trouvons dans l’os Louz (Zohar, Midrash HaNe’elam, Toladot), et aussi dans une certaine partie de chaque organe. Par conséquent, l’homme doit recevoir une subsistance plus que nécessaire pour son corps, puisque l’excédent rejoint toute demande qui s’élève du corps. Ainsi, le corps reçoit pour lui. Toutefois, l’excédent lui-même ne peut pas recevoir sa part. Ainsi, sa part reste dans le corps en tant que surplus et déchet, qu’il doit rejeter plus tard.

En conséquence, les outils d’alimentation et de digestion travaillent en vain. Ils diminuent et sont réduits à l’extinction parce que leur sentence est prédéterminée, comme celle de tout acte déséquilibré, dont la fin est de se désintégrer. Ainsi, vous constaterez que de la perspective de la construction du corps aussi, sa mort dépend de la cause à effet de l’arbre de la connaissance. Et maintenant nous avons été récompensés d’étudier et de connaitre les deux conduites, qui se contredisent en tout point (Point 11), car l’existence et la subsistance des êtres de cette réalité sont déjà passées du système de Kedousha au système de la Sitra Akhra.

 Il en est ainsi en raison de la nuisance du grand désir de recevoir pour soi-même, relié aux êtres de cette réalité, du fait d’avoir mangé de l’arbre de la Connaissance, qui a engendré séparation, opposition et haine entre le système de Kedousha et la structure des corps des êtres de la réalité de ce monde.

Quand la Kedousha ne peut plus les soutenir ni les nourrir avec une table plus garnie, et afin que la réalité ne soit pas détruite, et pour les inviter à un acte de correction, elle les transmet donc à l’abondance collective de l’existence de la réalité, qui sont ses 288 étincelles, au système de la Sitra Akhra, afin qu’elles subviennent aux besoins de toutes les créatures du monde, durant la période des corrections.

Et donc, les ordres d’existence sont très désorientés, car le mal sort des méchants, et si on diminue l’abondance aux êtres humains, cela entrainerait certainement la ruine et des souffrances. Et si l’abondance est accrue, cela entrainerait une force excessive de séparation chez les receveurs, comme nos sages ont dit: « Celui qui a une centaine, en veut deux cent; celui qui a deux cent en veut quatre cent ».

C’est comme le plaisir de séparation, dans le sens de la chair séparée et défectueuse, où le plaisir accru augmente la séparation et l’affliction. Ainsi, l’amour de soi augmente considérablement chez les receveurs et ils se dévorent vivant.

En outre, la vie du corps raccourcit, car l’accumulation de réception rapproche la goutte amère de sa fin et où qu’ils se tournent, ils sont condamnés. Maintenant vous pouvez comprendre ce qui est écrit dans le Tosfot (Ktoubot p104) « Avant de prier pour que la Torah entre dans son corps, l’homme doit prier pour qu’aucun met n’y entre ». C’est parce que la forme de la réception pour soi, qui est à l’opposé de Kedousha, augmente et se multiplie selon la taille du plaisir que son corps acquiert. Ainsi, comment peut-il obtenir la lumière de la Torah dans son corps, alors qu’il est séparé et en opposition complète de forme de la Kedousha, et une grande haine est entre eux, comme tous les contraires qui se haïssent et ne peuvent se trouver sous le même toit.

C’est pourquoi, il doit tout d’abord prier pour qu’aucun délice ou plaisir n’entre dans son corps. Et comme les actions dans la Torah et les Mitsvot s’accumulent, il se purifie petit à petit, et inverse la forme de réception en don. Il s’avère qu’il égalise sa forme avec le système de Kedousha, et l’équivalence et l’amour entre eux sont restitués, comme avant le péché de l’arbre de la connaissance. Ainsi, il est récompensé de la lumière de la Torah, puisqu’il est en la présence du Créateur.

21) Maintenant, nous avons bien compris pourquoi la réponse des anges, concernant la création de l’homme, que nous avons appris dans le Midrach (point 11), n’est pas présentée. C’est parce que même les anges de la miséricorde et la justice n’étaient pas d’accord avec l’homme actuel, car il était complètement sorti de leur influence, et était devenu dépendant de la Sitra Akhra. Le Midrach se termine « Il prit la vérité et la jeta à terre. Ils dirent tous immédiatement « que la vérité jaillissent de la terre ». Cela signifie que même les anges de la miséricorde et de la justice ont regretté leur consentement, car ils n’avaient jamais accepté que la vérité soit déshonorée. Cet incident est survenu au moment de manger de l’arbre de la connaissance, quand la vérité était absente de la direction de l’existence de la réalité.

Il en est ainsi parce que la force de clarification, implantée dans l’homme par la création, s’était affaiblie et avait échoué, car elle agissait d’après la sensation d’amer et de doux (point 17). L’abondance de l’existence, qui sont les 288 différentes Behinot, étaient déjà claires comme de l’eau de roche, connectées au système de Kedousha. Et « le palais goûte sa nourriture », pour attirer et consommer tout ce qui lui est agréable et doux, et rejeter tout ce qui est amer et lui nuit, pour que personne n’échoue. Cependant, après avoir goûté la première fois à l’arbre de la connaissance, par qui la forme Gadlout de réception pour soi adhéra à eux, leur corps et la Kedousha devinrent deux opposés. Et c’est alors que l’abondance de l’existence, qui sont les 288 Behinot, tombèrent entre les mains de la Sitra Akhra. Il s’avère que les 288 étincelles qui avaient déjà été clarifiées, ont été désorientées par la Sitra Akhra. Ainsi, une nouvelle forme est née dans la réalité, une forme dont le début est doux et la fin amère. En fait, la forme des 288 a été modifiée par la Sitra Akhra, de sorte que leur lumière de plaisir apporte la séparation et une goutte amère. C’est la forme du mensonge, le père des ancêtres de toutes les destructions et de toute la confusion.

Il est écrit: « Il prit la vérité et la jeta à terre ». Ainsi, l’acte du serpent, a ajouté une nouvelle clarification en l’homme, la force mentale active, qui agit d’après la clarification de la vérité et du mensonge, et il doit l’utiliser pendant toute la période de correction, car sans elle tout est en vain (point 17). Venez et regardez toute la confusion causée par la chute des 288 étincelles entre les mains de la Sitra Akhra. Avant d’avoir goûté à l’arbre de la connaissance, la femme ne pouvait même pas toucher une chose interdite (point 17).

Par la proximité même de l’arbre de la connaissance, elle a goûté l’amertume qui a le goût de la mort. Elle a donc compris et a ajouté l’interdiction de toucher. Et après avoir gouté pour la première fois, lorsque la Sitra Akhra et le mensonge contrôlaient déjà l’existence de la réalité, l’interdiction est devenue si douce au début, qu’ils ne pouvaient plus s’en défaire. C’est pourquoi il dit: « J’ai mangé et je mangerai encore ».

Maintenant vous comprenez pourquoi la récompense dans la Torah est destinée uniquement aux corps mûrs. C’est parce que tout le but de la Torah est de corriger le péché de l’arbre de la connaissance, qui a désorienté la conduite de l’existence de la réalité. C’est pour cette correction que la Torah a été donnée, pour élever à nouveau les 288 étincelles à la Kedousha. Car alors, la conduite de l’existence retournera à la Kedousha et la confusion cessera des modes d’existence de la réalité. Alors, les hommes seront portés d’eux-mêmes à leur perfection désirée, uniquement par la clarification de l’amer et du doux, qui était le premier acteur, avant le péché de l’arbre de la connaissance.

Les prophètes aussi ne parlent que de cette correction, car il est dit « Tous les prophètes n’ont prophétisé que pour les jours du messie ». Telle est la signification du retour des modes d’existence du monde à la Providence clarifiée, comme elle l’était avant le péché. « Mais pour le monde à venir » suggère la fin du sujet, qui est l’équivalence de forme avec le Créateur, « aucun autre œil n’a vu Dieu à part toi ». Il est aussi écrit qu’aux jours du messie, si l’Egypte ne s’élève pas, ils n’auront pas de pluie, à savoir, la clarification du bien et du mal.

22) Maintenant, nous comprenons les paroles de nos sages, que le Créateur n’a pas trouvé un récipient qui détienne une bénédiction pour Israël, sauf la paix. Nous avons demandé « Pourquoi cette déclaration a été choisie à fin de la Michna? » Selon ce qui précède, nous comprenons qu’à cause du péché de l’arbre de la connaissance, l’âme éternelle de la vie, que le Créateur n’avait insufflé que pour les besoins d’Adam ha Rishon, s’est dissipée et a acquis une nouvelle forme, appelée « la sueur de la vie », c’est-à-dire que l’ensemble s’est divisé en un grand nombre de détails, de petites gouttes, divisés entre Adam ha Rishon et tous ses descendants, jusqu’à la fin des temps. Il s’avère qu’il n’y a aucun changement dans les actes du Créateur, mais plutôt une forme supplémentaire. Cette lumière de vie collective, qui a été insérée dans le nez d’Adam ha Rishon, s’est diffusée en une longue chaîne, évoluant sur la roue de la transformation de la forme dans de nombreux corps, les uns après les autres, jusqu’à la fin de la correction indispensable. Et il s’avère que le jour même où il a mangé de l’arbre de la connaissance, il est mort, et la vie éternelle l’a quitté.

A la place, il a été lié au maillon de l’organe de la procréation (qui est le sens de l’accouplement, appelé « Paix »). Il s’avère que l’homme ne vit pas pour lui-même, mais pour toute la chaine. Ainsi, chacune des parties de la chaîne ne reçoit pas la lumière de vie en elle-même, mais ne fait que donner la lumière de vie à toute la chaîne. C’est ce qu’on observe les jours de sa vie: à vingt ans, il peut se marier, et il peut attendre dix ans pour avoir des fils, donc à trente ans il sera certainement père. Alors il s’assied et attend son fils jusqu’à ce qu’il ait quarante ans, l’âge de Bina [compréhension], et donc il peut lui transmettre sa fortune et les connaissances qu’il a acquis par lui-même, et tout ce qu’il a appris et hérité de ses ancêtres, et alors il aura confiance en son fils, qui ne le perdra pas pour une mauvaise chose. Et puis il meurt, et le fils continue la chaîne à la place de son père.

Il a été expliqué (point 15) que l’incident du péché de l’arbre de la connaissance devait arriver à Adam ha Rishon, comme il est écrit « redoutable pour les enfants des hommes ». Il devait ajouter à sa structure un Kli externe pour recevoir la lumière environnante, et pour que les deux opposés se retrouvent dans un même sujet, en deux fois consécutives. Pendant la période de Katnout, il serait dépendant de la Sitra Akhra, et par les plaisirs de séparation qu’il en reçoit, son récipient de réception de l’espace vacant atteindra la mesure souhaitée. Et quand il atteint Gadlout et s’engage dans la Torah et les Mitsvot, il aura la capacité de transformer les grands récipients de réception en vue de donner sans réserve, qui est l’objectif principal, et est appelé « La lumière de la vérité », et « le sceau » (point 14).

Cependant nous savons qu’il doit se séparer de toute forme de réception qu’il a reçue de la table de la Sitra Akhra, avant de se relier à la Kedousha, comme le commandement de l’amour nous est arrivé, « de toute ton âme et de toutes tes forces ». De ce fait, en quoi ont aidé les sages en faisant cette correction s’il perd à nouveau ce qu’il avait acquis de la Sitra Akhra ? C’est pourquoi Sa Providence a pourvu à l’accroissement des corps de génération en génération, comme nos sages l’ont dit : « Il vit que les justes étaient peu nombreux, et Il se mit debout et en planta à chaque génération », c’est-à-dire que le Créateur vit qu’à la fin les justes rejetteront tout à fait la réception pour eux-mêmes, et leur lumière environnante diminuera, car le Kli extérieur qui peut la recevoir s’éloignera d’eux, et c’est pourquoi, Il les planta dans chaque génération, car il n’y a aucune génération qui ne comporte pas un grand nombre des créatures, qui n’ont été créées que pour les justes, pour porter elles-mêmes, pour eux, leur Kélim de l’espace vacant.

Ainsi le Kli extérieur, agirait obligatoirement chez les justes, contre leur gré. Il en est ainsi car tous les gens du monde sont reliés les uns aux autres. Ils s’impressionnent les uns les autres, par leurs inclinaisons physiques et leurs opinions. Et donc ils apporteront forcément leurs tendances de réception pour eux-mêmes aux justes, qui, de cette façon, pourront recevoir la lumière environnante désirée. En fait, d’après cela, les justes et les méchants auraient dû être en nombre égal à chaque génération. Et ce n’est pas le cas, car pour chaque juste, on trouve des millions de personnes ineptes.

Et il faut connaitre les deux genres de gouvernance dans la création : a. la force qualitative, b. la force quantitative. La force de tous ceux qui se trouvent aux pieds de la Sitra Akhra, est insuffisante, vexante, méprisable et indigne, et sans aucun but, et ils sont refoulés comme de la paille dans le vent, comment pourraient-ils accomplir quoi que ce soit pour les sages de cœur, dont le chemin est clarifié avec désir et intention, et qu’une colonne de lumière supérieure éclaire devant eux jour et nuit, de manière à pouvoir amener leurs petites tendances dans leurs cœurs ?

Et c’est pourquoi le Créateur a pourvu la création de la force quantitative, qui n’a besoin d’aucune qualité. Et je vais expliquer cela de la manière où l’on trouve la force qualitative dans la puissance, comme chez les lions et les tigres, dont la force de puissance est d’une telle qualité, qu’aucun homme ne se battrait avec eux. Et à l’opposé, nous trouvons la force et la puissance sans aucune qualité, mais en quantité seulement, comme chez les mouches, avec lesquelles aucun homme ne se battrait, vu leur énorme quantité, et ces volatiles volent librement dans sa maison et sur sa table dressée, et c’est l’homme qui se sent faible face à elles. Mais avec les grosses mouches, les insectes et autres invités non désirés, bien que leur force soit de meilleure qualité que celle des mouches vulgaires, l’homme n’aura de repos qu’après les avoir toutes éliminées de son domaine.

Et cela car la nature ne les a pas dotés de la force de reproduction comme les mouches. Et par cela vous comprendrez qu’il doit forcément y avoir une très grande multitude pour chacun juste, pour qu’elle puisse implanter en lui leurs tendances grossières par la force de leurs nombres, puisqu’elle n’a aucune qualité de valeur.

Et il est écrit : « Le Seigneur donnera la force à Son peuple ». Cela signifie que la lumière de la vie éternelle, atteinte pour toute la chaîne de la création, est appelée « force ». Et les écrits nous promettent que le Créateur nous accordera avec certitude cette force. Cependant nous devons demander : comment ? Car chacun en soi n’est pas complet. Comme nos sages l’ont écrit : « Il aurait été préférable pour l’homme de ne pas avoir été créé, que de l’avoir été ». Et donc comment pouvons-nous être sûrs de Son éternité ? Et le verset final: « Le Seigneur bénira son peuple de la paix ».

A savoir, la bénédiction des fils. Comme les sages le disent dans Massekhet Shabbat : « celui qui fait la paix dans la maison est absent ». Il en est ainsi parce que grâce aux fils cette chaine est liée, connectée jusqu’à la fin de la correction. Et alors toutes les parties seront éternelles. Et d’après cela les sages ont dit « Le Créateur n’a pas trouvé de récipient qui contienne une bénédiction pour Israël, sauf la paix ». Comme Sa bénédiction est éternelle, ainsi ceux qui la reçoivent seront éternels. Et ainsi, les pères s’accrochent à leurs fils, et forment entre eux une chaîne éternelle, capable de tenir la bénédiction de l’éternité. Et donc, c’est la paix qui tient et conduit l’intégrité de la bénédiction. Et c’est ainsi que la Michna se termine par ce verset, car la paix est le récipient qui tient pour nous la bénédiction de la Torah et de toutes les Mitsvot, jusqu’à la rédemption complète et l’éternité, rapidement de nos jours, Amen. Et tout prendra sa place en paix.

 

 

Lettre: extrait- l’allégorie du fils d'un homme riche dans la cave

Apparemment il faudrait préciser le sens du mot Teshouva [repentance],  qui aurait dû être dénommé complétude, que tout est prédéterminé, et que chaque âme se trouve déjà dans toute sa lumière, son bien-être et son éternité.

Ce n’est qu’à cause du « pain de la honte » que l’âme est sortie par les restrictions jusqu’à se vêtir du corps opaque, et c’est par lui qu’elle retournera à sa racine, qui précédait la restriction. De plus sa récompense de ce terrible processus qu’elle a traversé est que la véritable récompense est dans la vraie Dvékout [adhésion]. Cela signifie qu’elle s’est affranchie du pain de la honte, car son récipient de réception s’est transformé en récipient de don sans réserve, et sa forme est semblable à celle de son Faiseur.

Maintenant tu comprendras que si la chute est dans le but de monter,  elle est considérée comme une ascension et non une chute. Et vraiment la chute en elle-même est une ascension, car les lettres mêmes de la prière se remplissent d’abondance, alors que dans une prière courte, l’abondance sera raccourcie car des lettres y manquent. De plus, nos sages ont dit : « si Israël n’avaient pas péché, seuls les Cinq Livres de la Torah [Pentateuque] et le Livre de Josué leur auraient été donnés ».

A quoi cela ressemble-t-il ? à un homme très riche qui avait un très jeune fils unique. Un jour ce riche fut obligé de voyager très loin pour plusieurs années. L’homme riche craignait que son fils ne gaspille tous ses biens inconsidérément.

Il fut donc malin et convertit tous ses biens en pierres précieuses et bijoux et en or. Il construisit aussi une grande cave sous terre, et il y enfoui tout son or et pierres précieuses, et il y installa également son fils.

Il appela ses fidèles serviteurs et leur ordonna de garder son fils et de l’empêcher de sortir de la cave jusqu’à l’âge de vingt ans. Chaque jour, ils lui apportaient de la nourriture et à boire, mais en aucune manière ils ne doivent descendre du feu et des bougies. Ils devaient aussi vérifier les murs, qu’il n’y ait aucune fissure qui laisserait passer les rayons du soleil. Et pour sa santé, ils le feraient sortir de la cave tous les jours pendant une heure, et se promèneraient avec lui dans les rues de la ville, mais sous stricte surveillance pour qu’il ne s’enfuie pas. Et quand il aurait vingt ans, ils lui donneraient des bougies, lui ouvriraient une fenêtre et le laisseraient sortir.

Naturellement la détresse du fils était infinie, surtout quand il se promenait, et voyait les jeunes gens manger et boire en ville, joyeux, sans surveillance et sans limite de temps, alors que lui, vivait dans une prison, et les moments lumineux lui étaient comptés. Et s’il essayait de s’enfuir, on le battait sans pitié. Et il souffrait et était le plus déprimé quand il entendait que c’était son père même qui lui imposait toute cette peine, car c’était les serviteurs de son père qui exécutaient ses ordres. Bien entendu il pensait que son père était le plus cruel des cruels de tous les temps, car qui a entendu une chose pareille.

Le jour de ses vingt ans, les serviteurs lui firent descendre une bougie, comme son père l’avait ordonné. Le garçon prit la bougie et se mit à regarder autour de lui, et que voit-il ? des sacs pleins d’or et de richesses royales.

Ce n’est qu’à ce moment-là qu’il comprit que son père était vraiment charitable, et que toute sa peine n’avait été que pour son bien. Il comprit immédiatement que les serviteurs le laisseraient certainement sortir librement de la cave. Et c’est ce qu’il fit. Il sortit de la cave, sans surveillance, sans serviteurs cruels, et il était le pus riche de tous les riches du pays

En fait, il n’y a ici aucune nouveauté, car il est devenu apparent qu’il avait tout le temps été très riche, mais il s’était senti pauvre et misérable, déprimé au fond d’un abîme, toute sa vie. Et à présent, en un moment, il possédait une richesse immense, et s’était élevé « du fond du puits au sommet ».

Et qui pourra comprendre cette allégorie? Celui qui comprend que les « malveillances »,  sont la cave profonde et la surveillance stricte qu’on ne peut fuir. Et évidemment la cave et la stricte surveillance sont les « mérites » et la compassion du père pour son fils, sans lesquels il lui aurait été impossible d’être aussi riche que son père.

Mais les « malveillances » sont « les vraies malveillances », et non « des erreurs », et ne doivent pas être forcées, car avant qu’il ne retourne à sa richesse, c’est ce sentiment-là qui dominait complètement dans tout son sens. Et après être retournée à sa richesse, il voit que toutes étaient la compassion du père, et non pas de la cruauté.

Il faut comprendre que tout le lien d’amour entre le père et son fils unique dépend de la prise de conscience de la compassion du père pour son fils, en ce qui concerne la cave, l’obscurité et la stricte surveillance. C’est parce que le fils découvre les grands efforts et la profonde sagesse dans la compassion de son père.

Le saint Zohar en parle aussi, et il est dit que celui qui est récompensé de la repentance, la Sainte Divinité se dévoile comme une mère au cœur tendre, qui n’a pas vu son fils depuis plusieurs jours. Ils ont tout fait pour se revoir, et ont soufferts de terribles dangers.

Finalement ils ont reçu cette liberté espérée et tant désirée, et furent récompensé de se revoir. Et alors la mère se jette sur lui et l’embrasse et le console et lui parle gentiment toute la journée et toute la nuit. Elle lui raconte combien il lui a manqué, et tous les dangers qu’elle a rencontré en route jusqu’à ce jour, et comment elle avait toujours été à ses côtés, et la Divinité n’a pas bougé mais elle a souffert avec lui en toutes places, sauf qu’il n’a pas pu le voir. 

Ce sont les mots du Zohar : elle lui dit : « ici nous dormons, et ici des bandits nous ont attaqué, et nous en avons été sauvés, et ici nous nous sommes cachés dans un puits profond ». Et qui est l’imbécile qui ne comprendrait pas l’immense amour, et l’amabilité et le plaisir qui débordent de ces histoires qui consolent ?

En vérité, avant qu’ils ne se rencontrent face à face, c’était comme ressentir des souffrances plus dures que la mort.  Mais avec Néga (la douleur) la lettre « Ayn » est à la fin du mot, mais quand des mots pour consolés sont dits, le « Ayn » est au début du mot, et c’est évidement Oneg (plaisir).

Mais ce sont deux points qui ne brillent que quand ils existent dans le même monde. Et imagine-toi père et fils, qui se sont attendus ardemment des jours et des années. A la fin ils se rencontrent, mais le fils est muet et sourd, et ils ne peuvent pas se divertir ensemble. Ainsi l’essence de l’amour est dans les plaisirs royaux.

 

PARDESS

 « Quatre sont entrés dans le verger PARDESS », etc. Avant que le monde ne soit créé, Lui et Son Nom étaient UN, car les âmes n’étaient pas considérées comme des âmes et tout l’intérêt d’un nom ne se réfère qu’au moment où l’homme détourne son visage de Lui, Il l’appelle par son nom pour qu’il se retourne vers Lui.

Et vu qu’avant la création, les âmes étaient complètement attachées au Seigneur, Il leur donna des couronnes, gloire et majesté et splendeur, même ce qu’elles n’invoquaient pas, car Lui sait de Lui-même ce qu’elles veulent et Il les en gratifie et donc, dans ce cas, il n’y a aucun besoin de l’appeler par un nom, qui se réfère à un éveil d’en bas d’un certain côté. C’est une simple lumière, car tout est dans un but simple et cette lumière était comprise par tout homme simple, même de celui qui n’avait jamais vu de sagesse.

C’est pourquoi les sages et les instruits l’appellent « Pshat » (littéral), car Pshat est la racine de toute chose et les écrivains et les livres n’en parlent pas, car c’est un concept simple et connu. Et bien que dans les mondes inférieurs, deux divisions soient détectées dans le Réshimo de cette lumière simple, c’est parce qu’une partie de leur cœur est selon « et je suis un homme imberbe ». A propos de ce qui est susmentionné, il n’y a aucun changement dans chaque image qu’on le décrive.

Cela ressemble à un roi qui a pris soudain son fils bien-aimé, et l’a placé dans son vaste et merveilleux verger et quand le fils du roi a ouvert ses yeux, il n’a pas du tout regardé où il se trouvait, à cause de la grande lumière dans le verger, son regard se perdit au loin, comme l’Est est éloigné de l’Ouest. Ses yeux ne se posèrent que sur les édifices et les palais qui se trouvent au loin à l’Ouest et il marcha pendant des jours et des mois, voyageant et s’émerveillant de la gloire et de la grandeur de qu’il voyait à l’Ouest, sous ses yeux.

Quelques mois plus tard, son esprit se tranquillisa, ses désirs furent assouvis, et il fut repu de ce qu’il regardait à l’ouest. Il repensa et réfléchit : que peut-on trouver sur tout le chemin que j’ai traversé ? Il se retourna vers l’Est, le côté d’où il était arrivé, et il fut bouleversé ! Toute la grandeur et toute la beauté étaient juste à côté de lui. Il ne put se comprendre, comment ne l’avait-il pas remarqué jusqu’à présent et n’avait adhéré qu’à la lumière qui brillait vers l’ouest. Depuis lors, il n’adhéra qu’à la lumière qui brille à l’Est, et voyagea vers l’Est jusqu’à ce qu’il arrive vraiment à la porte d’entrée.

Maintenant demande-toi et dis-moi la différence entre les journées d’entrée et les journées de sortie, car tout ce qu’il avait vu les derniers mois, il l’avait vu les premiers mois. Mais au début, il n’était pas inspiré car ses yeux et son cœur n’en avaient que pour la lumière brillant à l’ouest. Et après avoir comblé ses besoins, il se tourna vers l’Est et de là ses yeux et son cœur n’en avaient que pour la lumière brillant à l’Est. Mais comment cela avait-il changé ?

Mais étant près de la porte d’entrée, il y a un endroit pour la révélation d’une seconde manière, qui est nommée par les sages « Rémez » [indice] comme dans «que te suggèrent tes yeux ? ». C’est comme un roi qui fait une allusion à son fils bien-aimé et l’effraye par son clin d’œil. Et il faut comprendre que bien que le fils du roi ne comprenne rien et ne voit pas du tout la peur intérieure enfouie dans cette allusion, quoi qu’il en soit, en raison de sa grande adhérence à son père, il saute immédiatement de l’autre côté.

C’est le sens de la seconde manière appelée « Rémez » et sois très précis. Car les deux manières Pshat et Rémez sont inscrites dans les inférieurs comme une seule racine, comme les méticuleux l’écrivent, qu’il n’y a aucun mot qui n’ait pas une racine de deux lettres, appelée « la source du mot », car une seule lettre n’a aucune signification, et les initiales de Pshat Rémez donnent « PaR » qui est la racine du Par Ben Bakar (jeune taureau), dans ce monde. De même la fertilité (Pria) et la reproduction (Révia) proviennent de cette racine.

Ensuite la troisième manière apparait, et les sages la nomment « Droush » (interprétation) et donc il n’y avait aucune Drisha (demande), comme dans « Lui et Son nom sont Un». Mais de cette façon, on retranche et on rajoute et on interprète et on découvre, comme dans « j’ai travaillé dur et j’ai trouvé », que tu connais évidemment. C’est pourquoi cet endroit est attribué aux inférieurs, car il y a là un éveil d’en bas, pas comme dans l’illumination de la face de l’Est, comme plus haut, qui était selon « avant qu’ils ne M’appellent, je répondrai », mais ici, il y a eu un appel puissant et même un effort et un ardent désir et c’est le sens des « tombes du désir ».

Et puis la quatrième manière débute, que les sages ont nommé Sod (secret), en vérité elle ressemble à Rémez, mais Rémez n’a aucune perception et est plutôt comme l’ombre suivant un homme, et c’est encore plus le cas avec la troisième manière Droush, qui s’est déjà revêtue.

Mais ici c’est comme un chuchotement, comme une femme enceinte…on lui chuchote à l’oreille que c’est aujourd’hui Yom Kippour (jour de l’expiation) etc. pour que le fœtus ne remue pas et tombe. Et nous pouvons dire, qui plus est, est-ce la dissimulation de la face et non la face ? Car c’est le sens des mots « Le conseil du Seigneur est avec ceux qui Le craignent, et leur donne connaissance de Son alliance », c’est pourquoi il fit plusieurs cercles, jusqu’à lui chuchoter en parlant ainsi : « Il donne Teref (nourriture) à ceux qui Le craignent », et non Tréfa (nourriture non cachère), comme ironisait ce soldat.

Tu comprends cette réponse par toi-même, et tu me l’as écrite dans ta lettre, mais avec embarras et modestie, car tu es célibataire et donc poli de nature.

Vu que ce verset se trouve entre tes mains, je te l’expliquerai car c’est aussi l’énigme du poète « Le conseil du Seigneur est avec ceux qui Le craignent », pourquoi a-t-il dit cela ? C’est comme la question de nos sages, où nous avons trouvé que le texte perd (huit) douze lettres, pour parler un langage clair, comme il est écrit : « et un animal qui n’est pas pur etc. ».

Et pourtant ta réponse ne suffit pas au poète, car Il aurait pu accorder aux âmes toute l’abondance, dans un langage clair, comme Laban a dit à Jacob : « pourquoi t’es-tu enfui en cachette, et m’as-tu volé au lieu de me parler et je t’aurais laissé partir avec joie et chants, avec le tambourin et la harpe ». Le poète répond à cela: « et leur donne connaissance de Son alliance ».

C’est le sens de la coupure et du retrait et de la goutte de sang, c’est-à-dire, les treize alliances personnelles. Si le secret n’avait pas été ainsi, mais dans un autre langage, il aurait manqué quatre corrections aux treize corrections de Dikna, et il ne serait resté que neuf corrections de Dikna dans ZA. Ainsi ZA n’aurait pas revêtu AA comme le savent ceux qui sont dans le secret de Dieu. C’est le sens de « et leur donne connaissance de Son alliance », et c’est le sens de « le mérite ancestral est terminé, mais l’alliance ancestrale n’est pas terminée ».

Mais revenons à notre sujet, le secret de « PaR » « PeReD » « PaRDeS ». C’est leur ordre et leur combinaison, de haut en bas. Maintenant tu comprendras le cas de ces quatre sages qui entrèrent dans le verger, c’est-à-dire les quatre manières appelées « Sod » (secret), car l’inférieur contient les supérieurs qui l’ont précédé. Par conséquent les quatre manières sont inclues dans la quatrième, et elles sont la droite et gauche, devant et derrière.

Car les deux premières manières sont droite et gauche c’est-à-dire, « PR » (et c’est le sens de ses mots au pied du Mont du Temple : « A mes yeux tous les sages d’Israël sont inutiles »). Ce sont Ben Azai et Ben Zouma, dont les âmes sucent des deux manières «PR». Et les deux dernières manières sont Panim (devant) et Akhor (derrière/dos), et c’est Rabbi Akiva, qui est entré en paix et en est sorti en paix. Ils ont très bien dit : « Cela nous apprend qu’il faut discuter beaucoup de lois pour chaque épine ».

Et Akhor est Elisée Ben Avouya qui s’égara (devint hérétique). Ns sages ont dit à ce sujet: « L’homme ne doit pas élever un mauvais chien dans sa demeure », car c’est s’égarer. Tout ce qui a été dit à leur sujet: « il jeta un œil et mourut », « il jeta un œil et fut blessé » « s’égara » est dit de cette génération quand ils se sont étroitement rassemblés ensemble, mais furent tous complètement corrigés l’un après l’autre, comme le savent ceux qui connaissent le secret de la réincarnation.

Mais après avoir vu le langage de Houzpit le traducteur, il dit « revenez fils immoraux sauf l’autre », et Rabbi Meir, élève de Rabbi Akiva, lui succéda. Il est vrai que la Guemara aussi a du mal à expliquer : comment Rabbi Meir a-t-il pu étudier la Torah d’un autre, et ils ont dit « il a trouvé une grenade, en a mangé le contenu et a jeté son écorce (l’autre) ». Et certains disent qu’il a également corrigé la Klipa (écorce), comme dans «de la fumée s’éleva sur sa tombe». Et cela suffit à celui qui comprend.

Tu comprendras ainsi les mots d’Elisée Ben Avouya : « A quoi ressemble celui qui apprend à un enfant? » A de l’encre sur un papier neuf» signifiant l’âme de Rabbi Akiva. « Et à quoi ressemble celui qui apprend à un vieillard? A de l’encre sur un papier usé ». Il l’a dit de lui-même. C’est le sens de son avertissement à Rabbi Meir. « Jusqu’ici la limite du Shabbat ». Car il comprenait et évaluait les pas de son cheval, dont il n’en était jamais descendu.

C’est le sens de : « le feu de l’enfer ne gouverne pas les criminels d’Israël, et ils sont remplis de Mitsvot comme une grenade » et a fortiori l’autel en or, qui est aussi épais qu’une pièce d’or. Il s’est tenu plusieurs années, et la lumière ne le gouverna pas, etc. « et à plus forte raison les personnes futiles parmi vous sont aussi remplies de Mitsvot comme une grenade » comme il dit que l’écorce est aussi corrigée.

Sachez que le grand Rabbi Eliezer et Rabbi Yehochoua, eux aussi sont des âmes « PR », comme Ben Azai et Ben Zouma. Mais Ben Azai et Ben Zouma étaient de la génération de Rabbi Akiva et étaient ses élèves, parmi les vingt-quatre mille. Mais Rabbi Eliezer et Rabbi Yehochoua étaient ses enseignants.

C’est pourquoi il a été dit qu’à la place de Rabbi Eliezer, ils purifiaient les purifications (Pchat), qu’ils faisaient sur le four d’Akhnai, car ils l’ont coupé en dix-huit tranches, et ils mettaient du sable entre chaque tranche, c’est-à-dire que la troisième manière, ressemble à du sable entre la première tranche qui est la deuxième manière et le seconde tranche qui est la quatrième manière. Naturellement la sœur et la conscience ne font qu’un. Et Rabbi Tarfon et Rabbi Yehochoua font un, ils sont les élèves du grand Rabbi Eliezer, et Rabbi Akiva est apparemment inclus entre eux. C’est parce le second bon jour [jour de fête], par rapport au premier bon jour, est comme un jour de semaine aux yeux de nos sages, car Droush par rapport à Rémez est comme une bougie à midi.

Mais les sages de sa génération ont souillé toutes ces purifications et les ont brûlées, et le grand Rabbi Eliezer a prouvé par l’aqueduc dont les eaux s’élevaient que Rabbi Yehochoua était un grand sage et que les murs du Temple le prouveront. Et ils commencèrent à s’écrouler devant la gloire de Rabbi Eliezer, mais ils ne tombèrent pas devant la gloire de Rabbi Yehochoua. C’est la preuve totale qu’il n’y a pas de doute qu’il est pur.

Mais les sages ont pris Rabbi Yehochoua en lui-même, et ne voulurent pas rendre la loi comme avec Rabbi Eliezer, son maître, jusqu’à ce qu’une voix descendit, que Rabbi Yehochoua était vraiment son élève. Mais Rabbi Yehochoua ne se connecta à sa place, et dit qu’il ne faut pas faire attention à une voix, « elle n’est pas du ciel « etc. Alors les sages le bénirent, car la lumière de l’oreille s’annula d’eux, car ils n’avaient pas obéi aux lois du grand Rabbi Eliezer. Et Rabbi Akiva, son élève bien-aimé, lui annonça que ses vingt-quatre mille élèves étaient morts pendant le décompte et le monde fut lésé du tiers des olives etc.

Elisée Ben Avouya et Rabbi Tarfon viennent de la même racine. Mais Elisée Ben Avouya est Akhoreim (dos), et Rabbi Tarfon est (Panim de Akhoreim). A quoi ressemble la chose ? : Dans une maison il y a des olives amères dont personne ne veut et dans l’autre maison se trouve la poutre de la presse à huile, que personne n’utilise, un homme arrive et assemble les deux car il a placé la poutre sur les olives et produit beaucoup d’huile.

Il s’avère que la bonne huile qui apparait est Panim et la poutre est Akhoreim et les outils de bois simples sont jetés après avoir terminé leur tâche.

Et comprend que cette tradition est dans l’expansion des racines jusqu’aux branches dans les mondes inférieurs, mais dans leur racine les deux apparaissent en même temps, comme une personne qui vient soudain au pressoir à huile et voit la poutre et sous elle une grande caisse d’olives et de l’huile qui en ruisselle en quantité. Il en est ainsi parce qu’à la racine tout est vu en même temps et c’est pourquoi l’un est appelé «autre» et l’autre est appelé « Tarfon ». L’un est une « poutre » et l’autre est « huile » qui ruisselle immédiatement par d’elle.

C’est le sens de s’égarer. Après que le désir ait émergé, qui est l’âme de Rabbi Tarfon, l’âme de « l’autre » est restée comme « de mauvaises manières » dans la maison de l’homme. Et c’est le sens de la combinaison des lettres « Sod » : Samekh est la tête du mot secret même, l’âme de « l’autre ». Dalet est la tête de Droush, l’âme de Rabbi Akiva, car elles agissent. Le Vav au milieu est Rabbi Tarfon.


 

Lettre n°1

Il est écrit : « car celui plus haut que le gardien le plus élevé, il y a des plus hauts qu’eux ». Et quant à la réponse que tu exiges fermement, je te répondrai que tout le monde croit en la Providence individuelle, mais n’y adhère pas du tout.

La raison est que, comment peut-on attribuer une pensée étrangère et stupide au Créateur, Lui qui est bon et fait le bien? Cependant c’est aux seuls véritables serviteurs de Dieu que la connaissance de la Providence individuelle est ouverte au début, et que c’est Lui qui a causé toutes les raisons précédentes, les bonnes comme les mauvaises. Ainsi, ils adhèrent à la Providence individuelle, car quiconque est connecté à la pureté est pur.

Et vu que le gardien est uni à celui qu’il garde, il n’y a de différence apparente entre le mal et le bien. Ils sont tous aimés et tous sont clairs, car tous sont les porteurs des récipients du Seigneur, et sont prêts à glorifier la découverte de Son unité. Nous savons en ressentant, et selon cette mesure ils auront la connaissance à la fin que toutes les actions et les pensées- les bonnes comme les mauvaises- toutes sont les porteuses des récipients du Seigneur. Il les a préparées et de Sa bouche elles sont sorties. Et cela sera connu aux yeux de tous à la réparation finale.

Mais entre temps, il y a un long exil menaçant. Et le principal malheur est que quand il voit une action incorrecte, il tombe de son degré et s’accroche à un fameux mensonge et oublie qu’il est la hache dans la main de son bucheron. Cependant il se considère le propriétaire de l’action et oublie la raison de toutes les conséquences, que tout provient de Lui, et qu’il n’y a personne d’autre qui agit au monde, à part Lui.

C’est l’enseignement : bien qu’il le sache au début, quand il en aura besoin, il ne contrôlera pas ce savoir pour tout unir à la cause, qui décide sur l’échelle du mérite. C’est tout ce que j’ai à répondre à sa lettre.

Je t’ai déjà parlé, en privé, de cet exemple véridique au sujet des deux concepts où l’un élucide l’autre. De toute façon c’est la force de la dissimulation qui prévaut et contrôle entre les deux.

Il y a une allégorie d’un roi, à qui son serviteur plaisait, au point qu’il désirait l’élever et le placer au-dessus de tous les ministres, car il reconnaissait dans son cœur une loyauté immuable.

Mais il n’est pas une coutume royale d’élever une personne au plus haut niveau d’un coup et sans raison manifeste. La coutume royale est de révéler aux yeux de tous les raisons avec une profonde sagesse.

Que fit-il ? Il préposa le serviteur comme gardien aux portes de la ville et dit à un ministre qui avait le sens de l’humour, de se déguiser et de se révolter contre le royaume et de partir en guerre pour conquérir la maison, alors que les soldats n’étaient pas prêts.

Le ministre exécuta les ordres du roi et avec grande astuce et sagesse il entreprit la bataille contre la maison du roi. Le serviteur à la porte risqua sa vie et sauva le roi et se battit contre le ministre avec un héroïsme prodigieux et un immense dévouement, jusqu’à ce que son amour pour le roi fut évident aux yeux de tous.

Alors le ministre enleva son costume et on éclata de rire, car il s’était battu avec beaucoup de courage et un grand héroïsme et maintenant il réalisa que tout n’avait été que fiction et non réalité. Et ils rirent encore plus, quand le ministre raconta la profondeur de son imagination cruelle et la peur qu’il avait vue dans ses yeux. Et chaque détail de cette terrible guerre provoquait des rires et une grande gaieté. Cependant, il était toujours un serviteur, il n’était pas instruit. Alors comment peut-on l’élever au-dessus de tous les ministres et les serviteurs du roi ?

Alors le roi réfléchit et dit au même ministre de se déguiser en brigand et assassin, et de mener une guerre acharnée contre lui. Le roi savait que de cette deuxième guerre, il découvrirait une merveilleuse sagesse, au point qu’il serait digne d’être à la tête de tous les ministres.

Ainsi il assigna le serviteur responsable du trésor royal. Et ce même ministre se déguisa en bandit cruel, et vint dévaliser les richesses du roi.

Le malheureux responsable se battit avec beaucoup de bravoure et loyauté, jusqu’à ce que la coupe soit pleine. Alors le ministre enleva son déguisement et il y eut une grande joie et une immense gaieté dans le palais du roi, encore plus qu’avant.

Les stratagèmes du ministre dans leurs détails font éclater de rire, car à présent le ministre a du être bien plus malin qu’avant, car il est évident maintenant, qu’il n’y a pas d’homme cruel dans le domaine du roi et toutes les sortes de brutes ne sont que des plaisantins. Par conséquent, le ministre a utilisé des ruses ingénieuses, pour acquérir les vêtements du méchant.

Mais entre temps, le serviteur hérita de la sagesse de la connaissance finale et de l’amour de la première connaissance, et alors il devient éternel.

En vérité, c’est un spectacle fabuleux que toutes ces guerres en l’exil et tout le monde sait dans son for intérieur, qu’elles sont foncièrement bonnes et qu’elles ne sont que des farces très gaies qui ne font que du bien. Néanmoins, il n’y a aucune ruse pour alléger le poids de la guerre et de la menace.

Voilà, je t’ai expliqué en longueur et de front et désormais tu as la connaissance de la fin de cette allégorie et avec l’aide de Dieu vous comprendrez aussi l’autre fin.

Et la chose dont tu voudrais m’entendre parler et celle à laquelle je ne pourrai rien te répondre. Je t’en ai donné une allégorie face à face, car « le royaume terrestre est semblable au royaume du firmament « et la vraie guidance est remise aux ministres.

Tout est exécuté d’après le conseil du roi et sa signature. Le roi lui-même ne fait rien de plus que de signer le plan que les ministres ont conçu. S’il trouve un défaut dans le plan, il ne le corrige pas, mais place un autre ministre à sa place et le premier démissionne de son ministère.

De même l’homme, un petit monde, se conduit d’après les lettres imprégnées en lui, car les rois gouvernent les 70 nations en lui. C’est le sens de ce qui est écrit dans le Sefer Yetsira, (livre de la création) « Il couronna une certaine lettre ». Chaque lettre est un ministre en son temps, qui fait des évaluations et le roi du monde les signe. Quand la lettre se trompe dans un certain plan, elle démissionne immédiatement de sa charge, et Il couronne une autre lettre à sa place.

C’est le sens « chaque génération et ses juges », car à la réparation finale cette lettre appelée le messie gouvernera et complètera et réunira toutes les générations dans une couronne de gloire dans la main du Seigneur.

A présent, tu peux comprendre comment je peux interférer dans les affaires de ton pays et que chacun est obligé de découvrir tout ce qu’il lui a été assigné de découvrir et tout sera clarifié dans les incarnations.

 

L’association de la miséricorde au jugement

L’essentiel dans le travail est le choix, à savoir « et tu choisiras la vie «, qui est Dvékout [adhésion], Lishma [En Son nom], par qui il est récompensé de Dvékout avec la vie des vies. Mais quand la Providence est révélée, il n’y a pas lieu de choisir. Et c’est pourquoi le supérieur a élevé Malkhout, qui est la mesure du jugement [Midat Ha Din], jusqu’à Eyneim. Par cela il y eut la dissimulation, signifiant qu’il est apparent à l’inférieur qu’il y a un manque dans le supérieur, qu’il n’y a pas de grandeur (Gadlout) dans le supérieur. Et alors les qualités du supérieur sont placées dans l’inférieur, c’est-à-dire qu’elles manquent.

Il s’avère que ces Kélim sont en équivalence avec l’inférieur : comme l’inférieur n’a pas de vitalité, les qualités supérieures n’en ont pas non plus, ce qui veut dire qu’il n’y a aucun goût dans la Torah et les Mitsvot, qu’elles sont sans vie.

C’est alors qu’il y a lieu de choisir, signifiant que l’inférieur doit dire que cette dissimulation qu’il ressent est parce que le supérieur s’est restreint en faveur de l’inférieur. Ceci est appelé « quand Israël est en exil, la Divinité est avec eux ». Ainsi peu importe ce qu’il goûte, il dit que qu’il n’est pas coupable de ne pas ressentir le goût de la vie, car à son avis, il n’y a vraiment aucune vie dans le supérieur.

Et si l’homme devient fort et dit qu’il trouve ces nourritures amères, c’est qu’il n’a pas les Kélim appropriés pour recevoir l’abondance, parce que ses Kélim sont pour recevoir et non pour donner sans réserve, et il regrette que le supérieur ait dû Se cacher, permettant à l’inférieur de médire. Ceci est considéré comme l’élévation de MAN, que l’inférieur élève. Par cela, le supérieur élève son AHP, l’ascension signifie que le supérieur peut montrer à l’inférieur la louange et le délice dans les Kélim d’AHP, que le supérieur peut dévoiler. Ainsi, par rapport à l’inférieur, le supérieur élève GE de l’inférieur, du fait que l’inférieur voit le mérite du supérieur. Il s’avère que l’inférieur s’élève avec l’AHP du supérieur.

Et donc, quand l’inférieur voit la grandeur du supérieur par cela l’inférieur grandit. Mais au début l’inférieur ne mérite que de recevoir l’enfance (Katnout). Et quand la grandeur (Gadlout) sort du supérieur, il y a une dispute entre la droite et la gauche, entre la foi et la connaissance.

Mais le supérieur est également diminué par l’inférieur, regardé comme le Massakh de Hirik. Autrement dit, pour que l’inférieur puisse recevoir les degrés du supérieur, pour qu’il reçoive la connaissance uniquement dans la mesure de la foi, et pas plus, il se trouve que l’inférieur restreint la ligne gauche du supérieur, c’est-à-dire l’inférieur est la cause. Et alors l’inférieur peut exister, car il contient la connaissance et la foi ensemble. Ceci est appelé les trois lignes, car ce n’est qu’ainsi que l’inférieur reçoit la perfection.

 

L’essentiel est l’effort

Mon cher fils,  Baruch Shalom.

J’ai reçu ta lettre et je te félicite pour l’ordination que tu as obtenue. Et c’était le premier mur qui t’empêchait d’avancer. Et j’espère qu’à partir d’aujourd’hui tu réussiras et te renforceras jusqu’au arriver au palais du Roi.

Je voudrais que tu obtiennes encore une ordination. Mais hâte-toi, dès aujourd’hui, de passer la plus grande partie du temps à préparer  ton corps et rassembler tes forces et ton courage « comme un bœuf au joug et un âne a la charge », pour ne pas perdre un seul instant.
 Et si tu me demandes comment se préparer ? Je te dirai que dans le temps, les sept sagesses laïques, et de terribles mortifications devaient précéder l’atteinte du Seigneur. Néanmoins peu furent récompensés de trouver grâce aux yeux du Seigneur.

 Cependant, depuis que nous avons été récompensé de l’enseignement du ARI, bénie soit sa mémoire, et au labeur du Baal Chem Tov, chacun peut vraiment L’atteindre, et il n’y a plus besoin de préparation.


que ton pied marche dans ces deux, et par la compassion de Dieu à mon égard, j’ai trouvé grâce à Ses yeux et je l’ai reçu à deux mains, et mon esprit est aussi proche de toi comme un père est proche de son fil. Et je te les transmettrai dès que tu seras digne de recevoir de bouche à bouche. 

Mais l'essentiel est l'effort, désirer s’efforcer à Son travail. C’est parce que le travail ordinaire ne compte pas du tout, mais seuls les surplus qui dépassent l’ordinaire, qui sont appelés  « l’effort ». Cela ressemble à un homme qui doit manger une livre de pain pour être rassasié, ainsi tout ce qu’il mange n’est pas considéré un repas qui le rassasie, sauf la dernière bouchée de la livre, qui, aussi petite soit-elle, fait que le repas le rassasie De même, pour chaque travail, le Seigneur n’aspire qu’au surplus qui excède l’ordinaire, et il deviendra les lettres et les Kélim (récipients) pour recevoir la lumière de Sa face.

 

Marcher sur le chemin de la vérité

Je vais t’écrire au sujet du pilier du milieu dans le travail de Dieu, pour que ton but soit toujours entre la droite et la gauche. Car il y a celui qui marche qui est pire que celui qui est assis oisif c’est celui qui dévie du chemin, car le chemin de la vérité est une ligne très fine sur laquelle il marche jusqu’à arriver au palais du roi.

Et celui qui commence à marcher au début de la ligne, doit faire très attention de ne pas dévier à droite ou à gauche de la ligne, ne serait ce que d’un fil de cheveu. Il en est ainsi car si au début il dévie d’un fil, même s’il continue tout droit après, il est certain de ne pas arriver au palais du roi, car il ne marche pas sur la vraie ligne. Et c’est un vrai exemple.

Laisse moi t’expliquer le sens du pilier du milieu, qui est le sens de « la Torah, Le Saint béni soit-Il et Israël sont Un ». Le but de l’âme en entrant dans le corps est d’être récompensée, tout en étant revêtue du corps, de retourner à sa racine et d’adhérer à Lui, comme il est écrit : « aimez le Seigneur votre Dieu et marchez dans toutes Ses voies et gardez Ses commandements et adhérez à Lui ». Tu vois que le sujet se termine par «adhérez à lui». A savoir, comme elle était avant de se revêtir dans le corps.

Cependant, une grande préparation est nécessaire – qui est de marcher dans toutes Ses voies. De plus, qui connait les voies du Seigneur? En fait c’est le sens de «la Torah qui a 613 voies». Celui qui marche selon elles, sera purifié à la fin, jusqu’à ce que son corps ne soit plus une cloison de fer entre lui et son Créateur, comme c’est écrit : « et J’ôterai le cœur de pierre de votre chair «. Alors il adhérera à son Créateur, exactement comme il l’était avant que son âme ne se revête dans le corps.

Il se fait qu’il y a trois discernements :

1. Israël, est celui qui s’efforce de retourner à sa racine. 2. Le Saint béni soit-Il, est la racine, à laquelle il aspire ardemment. 3. Les 613 voies de la Torah, par lesquelles il purifie son âme et son corps, qui est le sens de l’épice comme il est écrit : « J’ai créé le mauvais penchant, et Je lui ai créé la Torah comme une épice ».

Mais en vérité ces trois-là sont vraiment un, vu qu’à la fin, chaque serviteur de Dieu les atteint d’une seule manière, unique et spéciale. Elles nous apparaissent divisées en trois, car le travail de Dieu est incomplet.

Je vais te le clarifier un peu : tu en verras un bout, mais tu ne le verras en entier que quand Il te délivrera : nous savons que l’âme est une partie de Dieu en haut. Avant d’entrer dans le corps, elle est attachée comme une branche à la racine. Et vois dans L’arbre de vie que la raison pour laquelle le Seigneur a créé les mondes est parce qu’Il voulait dévoiler Ses Noms sacrés « Miséricordieux et Compatissant » et s’il n’y avait pas eu de créatures, Il n’aurait pas eu de qui avoir pitié.

Pour autant que je puisse l’écrire, « toute la Torah est les noms du Saint béni soit-Il » comme nos Sages le disent. Le sens de l’atteinte est que « tout ce qu’on n’atteindra pas, on n’en connaitra pas le nom ». Il est écrit dans les livres que tous ces Noms sont la récompense de l’âme, obligée à venir dans un corps, car c’est précisément au moyen du corps qu’elle peut atteindre les Noms du Saint béni soit-Il, et sa stature est d’après son atteinte.

Il y a une règle : la vitalité de toute chose spirituelle est d’après le mérite de sa connaissance. Un animal terrestre se ressent car il est composé d’esprit et de matière. Il s’avère que la sensation spirituelle est une certaine connaissance et la stature spirituelle est mesurée par l’étendue de la connaissance, comme il est écrit : « un homme est loué d’après son esprit ». Cependant un animal sait et ne ressent rien.

Comprend la récompense des âmes : avant qu’une âme ne vienne dans un corps elle est un petit point, bien qu’attachée à la racine comme une branche à l’arbre. Ce point s’appelle « la racine de l’âme et son monde ». Et si elle n’était pas venue dans ce monde dans un corps, elle n’aurait eu que son monde à elle, signifiant sa propre part dans la racine.

Cependant, plus elle est récompensée de marcher dans les voies du Seigneur, qui sont les 613 voies de la Torah qui redeviennent vraiment les noms du Saint béni soit-Il, plus sa stature grandit d’après le niveau des noms qu’elle a atteint.

C’est le sens des mots « le Saint béni soit-Il attribue à chaque juste 310 mondes ». Interprétation : L’âme est composée de deux justes : le juste supérieur et le juste inférieur, comme la division du corps à partir du nombril vers le haut, et du nombril vers le bas. Elle est récompensée de la Torah écrite et de la Torah orale, qui font deux fois 310, qui font en guématria Tarakh (620), qui sont les 613 Mitsvot de la Torah et les sept Mitsvot de Rabanan [de grands rabbins].

Il est écrit dans l’arbre de vie : « les mondes n’ont été créés que pour dévoiler les noms du Saint béni soit-Il ». Ainsi tu vois que puisque l’âme est descendue se vêtir de cette matière ignoble, elle ne pouvait plus revenir ni adhérer à la racine de son propre monde, comme à sa racine avant sa venue dans ce monde. Elle est donc obligée d’augmenter sa stature de 620 fois plus que ce qu’elle était auparavant dans la racine. C’est le sens de toute la perfection, tout NRNHY jusqu’à Yékhida. C’est pourquoi Yékhida est appelée Kéter, suggérée dans le nombre « 620 ».

Ainsi tu vois que le sens des 620 noms, étant les 613 Mitsvot de la Torah et sept Mitsvot de Rabanan, sont en fait les cinq propriétés de l’âme. A savoir, NRNHY. Il en est ainsi parce que les récipients de NRNHY sont des 620 Mitsvot et les lumières de NRNHY sont la lumière même de la Torah, dans chacune des Mitsvot. Il s’avère que la Torah et l’âme sont Une.

Mais le Saint béni soit-Il est la lumière de Ein Sof revêtue dans la lumière de la Torah, trouvée dans les 620 Mitsvot susmentionnées, comme les Sages ont dit : « toute la Torah est les noms du Saint béni soit-Il ». Cela veut dire que le Saint béni soit-Il est la généralité et les 620 noms sont les éléments et les parties. Ces éléments sont d’après les pas et degrés de l’âme, qui ne reçoit pas toute sa lumière en une fois, mais pas à pas petit à petit, l’un après l’autre.

Il découle de tout cela que l’âme est destinée à atteindre tous les 620 noms sacrés, toute sa stature, qui est 620 fois plus que ce qu’elle avait avant son arrivée. Sa stature apparait dans les 620 Mitsvot où la lumière de la Torah se revêt, et le Saint béni soit-Il est toute la lumière de la Torah. Ainsi tu vois que « la Torah, Le Saint béni soit-Il et Israël sont Un ».

Et retournons au sujet, qu’avant la complétude du travail de Dieu, la Torah, le Saint béni soit-Il et Israël apparaissent comme trois discernements. Parfois l’homme veut compléter son âme et la ramener à sa racine, ce qui est considéré comme Israël. Parfois il veut comprendre les voies de Dieu et les secrets de la Torah « car celui qui ne connait pas les commandements du supérieur, comment le servira-t-Il », ceci est considéré comme la Torah.

Et parfois il aspire à atteindre le Saint béni soit-Il, adhérer à Lui de pleine conscience et il ne regrette que cela et pas tellement d’atteindre les secrets de la Torah, ni de ramener son âme à sa racine, comme elle était avant son revêtement dans un corps.

C’est pourquoi celui qui marche sur la vraie ligne de préparation pour le travail de Dieu, doit toujours s’examiner : aspire-t-il aux trois discernements ci-dessus de manière égale ? Parce que la fin de l’acte s’égalise avec son début. S’il aspire au premier discernement plus qu’au deuxième ou au troisième, alors il dévie de cette voie de la vérité.

Donc il vaut mieux s’en tenir au but d’aspirer au commandement du supérieur, « car celui qui ne connait pas les voies du supérieur et les commandements du supérieur, qui sont les secrets de la Torah, comment le servira-t-Il », De tous les trois, c’est ce qui garantit le plus la ligne médiane.

Et c’est le sens « ouvrez-Moi une ouverture de repentance comme le chas de l’aiguille, et Je vous ouvrirai des portes où entreront des chariots et des carrosses ». Interprétation : Le chas de l’aiguille n’est pas pour entrer ni sortir, mais pour y enfiler un fil de couture et travailler.

De même, tu aspireras seulement au commandement du supérieur, à travailler, et alors Je vous ouvrirai une porte comme l’entrée d’une salle. C’est le sens du nom explicite dans le verset « cependant, Je suis vivant et toute la terre sera remplie de la gloire du Seigneur ».


 

L’homme est où il pense

Certes, garde-toi des secousses prématurées, car « l’homme est là où il pense ». Et donc quand un homme est sûr qu’il ne manquera de rien, il peut se mettre à la tâche dans les mots de la Torah, car « le béni adhère au béni ».

Mais quand il manquera de confiance, il devra travailler dur et tout labeur est de la Sitra Akhra. Et « le maudit n’adhère pas au béni », car il ne pourra pas mettre tout son labeur dans les mots de la Torah et s’il veut errer à l’étranger, il ne considérera pas du tout ces mots, mais retournera à sa routine aussi vite que possible, comme par compulsion diabolique, ainsi il n’éparpillera pas ses étincelles en temps et endroits qui ne sont pas encore unis adéquatement.

Et sache qu’aucun défaut n’est attribué aux inférieurs, sauf en temps et à l’endroit permis, comme c’est le cas à présent. Je veux dire, s’il se détourne ou regrette, se désespère du moment présent, « il rejette tous les temps et tous les endroits du monde ». C’est le sens de « un moment dans sa colère et combien dans sa rage ? Un moment ».

Donc l’homme n’a pas d’autre correction que de rectifier tous les moments présents et à venir et de les consacrer et les offrir à Son Grand Nom. Et celui qui rejette le moment présent, car il est endurci, révèle sa bêtise à tous : car tous les mondes et tous les temps ne sont pas pour lui, car la lumière de son visage n’est pas revêtue dans les changements de temps, bien que le travail de l’homme en soit forcément transformé. Pour cette raison, la foi et la confiance au-dessus de la raison ont été préparées pour nous par le mérite de nos saints Pères, pour que l’homme les utilise sans efforts dans les moments difficiles.


 

Une servante qui hérite de sa maîtresse

Cela nécessite une explication approfondie. Pour bien la faire comprendre à tous, je vais choisir d’interpréter la question d’après ce qui nous apparaît en être la raison et qui s’étend à nous jusque dans la conduite de ce monde.

L’intériorité de l’extériorité

Le fait est que les racines supérieures s’enchaînent jusqu’à ce que leurs branches apparaissent dans ce monde, comme il est écrit dans l’explication de la racine et de la branche. Dans l’ensemble, les mondes se distinguent par l’intériorité et l’extériorité. C’est comme une lourde charge, que nul ne peut soulever ou déplacer d’un endroit à l’autre. Par conséquent, la solution est de diviser la charge en petits morceaux, puis de les déplacer l’un après l’autre.

Il en va de même de notre matière, puisque le but de la Création est inestimable, car une petite et fine étincelle — comme l’âme d’une personne — peut s’élever dans son atteinte à un degré supérieur que celui des anges serviteurs, comme nos sages ont dit à propos du verset : « Maintenant, il dira à Jacob et à Israël : “Mais qu’est-ce que Dieu a fait !” » Ils ont cru que les anges supérieurs demandaient à Israël : « Mais qu’est-ce que Dieu a fait ? »

L’évolution d’Israël (intériorité) : un par un

Cette abondance ne nous parviendra qu’en nous développant un par un. Comme dans la précédente allégorie, même la plus lourde charge peut être soulevée si nous la divisons en morceaux et que nous les soulevons les uns après les autres. Non seulement l’objectif général nous vient-il de cette manière, mais même le but physique, qui n’est qu’une préparation pour le but général, nous parvient à travers un développement progressif et lent.

Ainsi, les mondes ont été divisés en intériorité et en extériorité, où chaque monde contient des illuminations adaptées pour agir suivant un lent développement. Et on les appelle « l’intériorité du monde ».

Évolution des nations du monde (extériorité) - instantanément

À l’opposé, il y a des illuminations qui ne peuvent agir qu’instantanément. Par conséquent, quand elles apparaissent ici dans leurs branches, dans ce monde, et qu’un pouvoir leur est donné, non seulement elles ne se corrigent pas, mais elles endommagent.

Nos sages les appellent « non mûrs », comme il est écrit de l’Arbre de la Connaissance et d’Adam HaRishon, qu’ils mangeaient des fruits verts. Cela signifie qu’il s’agit vraiment d’un fruit délicat, destiné à réjouir l’homme, mais plus tard et non à l’heure actuelle, car il est encore en croissance et en développement. C’est pourquoi ils l’ont comparé à un fruit non encore arrivé à maturité, comme la figue qui est le plus doux et le plus délicat des fruits, mais lorsque consommée prématurément, elle nuit à l’estomac de l’homme et il meurt.

En effet, nous devrions nous demander : « Qui est celui qui est à l’origine d’un tel acte dans le monde ? » Après tout, nous savons qu’il n’y a pas d’action dans notre monde qui ne vienne sans une frappe d’une racine supérieure. Sachez que c’est ce que nous appelons « la domination de l’extériorité », comme dans le verset : « Dieu les a fait l’un opposé à l’autre. » Elle contient une force qui pousse et accélère la révélation de la domination de l’intériorité, comme nos sages l’ont dit : « Je placerai sur eux un roi tel qu’Haman et ils reviendront au bien contre leur gré. »

L’intériorité est le peuple d’Israël

Après avoir clarifié les racines supérieures, nous allons clarifier les branches dans ce monde. Sachez qu’une branche qui s’étend de l’intériorité est le peuple d’Israël, qui a été choisi comme l’opérateur de l’objectif général et de la correction. Il contient la préparation nécessaire pour la croissance et le développement, jusqu’à qu’il pousse également les nations du monde à atteindre le but général.

L’extériorité est les nations du monde

La branche qui s’étend de l’extériorité est le reste des nations. Les mêmes vertus ne leur ont pas été préparées pour les rendre dignes de recevoir le développement du but l’une après l’autre. Au contraire, elles seront prêtes à recevoir la correction d’un coup et en totalité, en fonction de leur racine supérieure. Par conséquent, quand elles reçoivent la domination de leur racine, elles détruisent les vertus des enfants d’Israël et elles causent des souffrances dans le monde.

Un esclave et une servante

Les racines supérieures appelées « extériorité », comme nous l’avons expliqué ci-dessus, sont généralement appelées « servante » et « esclave ». C’est pour nous montrer qu’ils ne sont pas là pour nuire ou endommager, comme cela pourrait paraître à première vue, mais ils servent l’intériorité, comme l’esclave et la servante servent leurs maîtres.

L’extériorité domine quand Israël n’exige pas de profondeur dans son travail

La domination de ladite l’extériorité est appelée « l’exil d’Israël parmi les nations du monde ». Ces dernières infligent de nombreuses formes de souffrance, du mépris et des destructions à la nation d’Israël. Toutefois, pour être brefs, nous n’allons expliquer que ce qui est révélé à travers une observation générale, qui est le but général. Ceci se réfère à l’idolâtrie et à la superstition, comme il est écrit : « Mais ils se mélangèrent aux nations et apprirent leurs façons de faire. » C’est le plus terrible et dangereux poison qui puisse détruire les âmes d’Israël, car il rapproche leur absurdité de la raison humaine. En d’autres termes, elles n’exigent pas de grande profondeur pour être comprises et plantent ainsi les fondations de leur travail dans les cœurs des enfants d’Israël. Bien qu’un homme d’Israël soit tout à fait incapable d’accepter leur inepties, il s’avère qu’en fin de compte, elles induisent de la saleté et conduisent à une flagrante hérésie, jusqu’à ce qu’il dise : « tous les visages sont égaux ».

La raison de la dissimulation de la Kabbale

Maintenant, vous pouvez comprendre pourquoi la sagesse du caché a été soustraite aux regards extérieurs, de même que ce que les sages ont dit : « Il est interdit d’enseigner la Torah à un gentil [non juif]. » Il semble y avoir une contradiction entre cette affirmation et le Tana [grand sage du début de notre ère] Devei Eliyahou, qui a dit : « Même un gentil, un esclave ou une servante, s’ils s’assoient pour apprendre la Torah, la Divinité est avec eux. » Mais alors, pourquoi les sages ont-ils interdit d’enseigner la Torah aux gentils ?

L’enseignement de la Torah aux gentils

En effet, le Tana Devei Eliyahou se réfère à un gentil qui s’est converti, ou du moins à celui qui a abandonné l’idolâtrie, c’est-à-dire la superstition. Inversement, nos sages se référaient à celui qui n’a pas quitté l’idolâtrie et voulait connaître la loi d’Israël et sa sagesse afin de renforcer et de fortifier son idolâtrie. Vous pourriez dire : « Mais qu’importe si un gentil est devenu plus pieux dans son idolâtrie à cause de notre Torah ? Si elle ne l’aide pas, quel mal peut-elle lui faire ? »

Les pleurs de Rashbi

En effet, c’est à ce propos que Rashbi pleura avant qu’il n’ait expliqué un secret important dans la sagesse du caché, comme il est écrit : « Rabbi Shimon pleura : “Malheur si je dis et malheur si je ne dis pas. Si je dis, les pécheurs sauront comment servir leurs idoles ; et si je ne dis pas, les amis perdront cette parole.” »

Il avait peur que ce secret ne tombe entre les mains des idolâtres et qu’ils en fassent l’objet de leur idolâtrie, avec la force du saint esprit. C’est ce qui prolonge notre exil et nous apporte tous les maux et les destructions possibles, comme nous le voyons maintenant de nos propres yeux, puisque les sages de toutes les nations du monde ont étudié tous les livres des enfants d’Israël et les ont transformés en délices aptes à renforcer leur foi, signifiant leur sagesse, appelée la « théologie ».

Deux torts avec la révélation de la sagesse d’Israël aux nations du monde

Deux erreurs ont été commises :

1) Outre le fait d’avoir revêtu notre châle, en disant que toute cette sagesse est l’atteinte de leur propre saint esprit, ces imitations ont acquis leur réputation à nos dépens. Ainsi, elles renforcent leurs faux enseignements et acquièrent la force nécessaire pour nier notre Torah.

2) Mais un mal encore plus grand nous est arrivé : celui qui regarde leur théologie y trouve des concepts et une sagesse concernant le service de Dieu qui semblent plus vrais et plus authentiques que notre sagesse.

Il en est ainsi pour deux raisons :

La première est qu’ils sont nombreux et que parmi eux il y a de très grands linguistes compétents et qui connaissent leur travail : rendre les choses acceptables aux personnes peu instruites. La linguistique provient des enseignements extérieurs et certainement qu’une société de huit milliards de personnes peut en produire beaucoup plus que la nôtre avec ses quinze millions. Ainsi, celui qui lit leurs livres se met à douter et se dit qu’ils pourraient peut-être avoir raison, ou que sais-je pire encore.

La seconde, et plus importante raison, c’est que les sages d’Israël cachent la sagesse de la religion derrière des portes closes et par tous les moyens aux masses. Les sages de chaque génération offrent des explications simples aux masses et les repoussent avec toutes sortes de ruses afin d’éteindre le désir ne serait-ce que de s’approcher et de se servir de la sagesse du caché.

Malheur si je dis

Ils font ceci par crainte que ces choses et cette sagesse ne tombent entre les mains des idolâtres, comme Rashbi a écrit : « Si je dis, les pécheurs sauront comment servir leurs idoles. » Après tous, nous sommes méprisés et assez émoussés, même pour les petites choses qu’ils ont volées dans nos récipients, lesquelles sont arrivées à eux en dépit d’une veille méticuleuse.

La raison de la dissimulation de la Kabbale

Ceci permet de comprendre ce qui se serait passé si nos sages avaient révélé la sagesse du caché à tous. Puisque nous dissimulons, tant qu’un homme ordinaire ne mérite pas de recevoir les secrets de la Torah, il n’a aucune connaissance dans la sagesse de la religion. Par conséquent, il est évident qu’une telle personne est enthousiaste quand elle acquiert une sagesse et des explications de leur théologie, dont l’essence est cependant un assortiment de concepts volés à notre sagesse du caché, avec quelques friandises littéraires en prime. Après avoir vu cela, elle dit et renie notre Torah pratique et termine dans une complète hérésie.

Une servante qui hérite de sa maîtresse

Ceci est appelé « une servante qui hérite de sa maîtresse », puisque toute la force de la maîtresse — la domination de l’intériorité — vient de la force de notre sagesse et de notre connaissance, comme il est écrit : « Nous nous distinguons, nous et Ton peuple, de tout peuple à la surface de la terre. » Maintenant, la servante s’avance et se vante en public d’être l’héritière de cette sagesse. Sachez que leur force est la chaine à laquelle les pieds des enfants d’Israël en exil sont attachés, se retrouvant sous leur domination.

Chaînes de l’exil

Ainsi, l’essence des chaînes de l’exil et de leur puissance provient de la sagesse de la Torah et de ses secrets, qu’ils ont réussi à voler et à mettre dans leurs récipients, en dépit de la grande vigilance et des dissimulations que nous avons mises en place. Avec cela, ils trompent les masses, en disant qu’ils ont hérité du service de Dieu, et ils sèment également le doute et l’hérésie dans les âmes d’Israël.

 

 

 

 

 

« S’assoir et ne rien faire est mieux »

Je ne peux plus me taire devant tout ce qui se dresse devant nous et je vais vérifier la vraie controverse qui se dévoile, car je dois savoir ce que vaut la vérité dans notre pays : telle a toujours été mon approche, d’analyser toutes les actions de la Création et d’en connaître leur valeur, bonne ou mauvaise et ce avec une précision extrême.

Car c’est le seul endroit que mes Pères m’ont laissé à définir et j’ai déjà trouvé des finesses et des mystères dans toutes ces images insignifiantes: car ce n’est pas en vain que tout ce lot a été placé sous mes yeux. Il y a belles lettres pour énoncer toute sagesse et toute idée, qui n’ont été créées que pour les combinaisons de la sagesse.

Pour commencer nous allons examiner la qualité de la paresse qui existe dans ce monde. Et en général ce n’est pas une qualité tellement mauvaise ni méprisable et la preuve en est que les sages ont déjà dit : « s’assoir et ne rien faire est mieux ». Et bien que le bon sens et certains textes dénient cette règle, afin d’être précis comme il se doit, je montrerai que « tout est parole du Dieu vivant ». Et tout rentrera posément dans l’ordre.

Il est sans aucun doute clair, qu’il n’y a aucun autre travail au monde à part le travail de Dieu. Et tout autre travail, à part le Sien, même pour les âmes, s’il n’est que pour la personnalité individuelle, il aurait mieux valu qu’il ne soit pas venu au monde, car il bouleverse les choses, celui qui reçoit n’est pas devenu celui qui donne sans réserve. Ceci est une loi qui est inviolable, et « s’il avait été là il n’aurait pas été délivré ».

Ainsi, il n’est pas indiqué de juger un tel employé ou travail dont l’exécuteur est sous la forme de receveur, car c’est sans doute en vain, et il aurait mieux valu « qu’il s’asseye et ne fasse rien » car il fait du mal par cet acte, soit à lui-même, soit aux autres. Et son utilité en est complètement entravée, comme nous l’avons dit ci-dessus.

Je me moque si certains de tes 248 organes se sentent mal à l’aise par rapport à cette loi et même s’ils protestent ouvertement contre mes paroles, car ainsi est la nature de toute parole de vérité : elle n’exige aucun accord du nouveau-né de la femme, petit ou grand. Et quiconque est récompensé de savoir davantage la Torah devient plus perspicace.


 

Le Seigneur est ton ombre

… Nous savons que le Baal Shem Tov a donné un signe évident, pour savoir combien le Saint béni soit-Il s’amusait avec lui -  examiner son cœur, et voir combien il s’amuse avec le Saint béni soit-Il.  Ainsi est la signification de « Le Seigneur est ton ombre ». Et donc celui qui sent encore une distinction entre « chérir et connaître », doit encore unir son cœur, car de la perspective du Saint béni soit-Il, ils sont vraiment UN, car le Saint béni soit-Il réside vraiment dans le cœur de chaque homme d’Israël. Cela est de Sa perspective. Et ainsi que manque-t-il à l’homme ? Juste de le savoir! Et la connaissance se modifie et  la connaissance conclut. Et c’est cela le sens « Le Seigneur est ton ombre ».

 

Préface au commentaire du Soulam


Dix Sefirot

1) Tout d’abord, nous devons connaître les noms des dix Sefirot : KHB, HGT, NHYM. Ce sont les acronymes de Kéter, Hokhma, Bina, Hessed, Guevoura, Tifféret, Netsakh, Hod, Yessod, Malkhout. Ce sont aussi les dix couvertures de Sa lumière, établies afin que les inférieurs puissent recevoir Sa lumière.

C’est comme la lumière du soleil, qui est impossible à regarder sauf à travers des verres fumés qui diminuent sa lumière et l’adaptent pour que les yeux puissent voir. De même, si Sa lumière n’avait pas été couverte de ces dix couvertures, appelées « dix Sefirot », dans lesquelles chaque inférieur couvre Sa lumière, les inférieurs n’auraient pas pu l’obtenir.

2) Ces dix Sefirot sont les dix noms sacrés dans la Torah : le nom Ehyé (prononcé Ekyé), est la Sefira Kéter ; le nom Yah (prononcé Koh) est la Sefira Hokhma ; et le nom HaVaYaH avec la ponctuation de Elohim est Bina. Le nom El (prononcé Kel) est Hessed ; le nom Elohim (prononcé Elokim) est Guevoura; et le nom HaVaYah avec la ponctuation de Shva, Holam, Kamatz est Tifféret. Le nom Tsvaot est Netsakh et Hod ; le nom Shadaï (prononcé Shadai) est Yessod ; le nom Adonay (prononcé Adnai) est Malkhout (Le Zohar, Vayikra, points 157-163, 166-177).

3) Et bien que l’on compte dix Sefirot, il n’y a pas plus de cinq Behinot [discernements] en elles, appelées Kéter, Hokhma, Bina, Tifféret et Malkhout. La raison pour laquelle nous comptons dix Sefirot est que la Sefira Tifféret contient six Sefirot, nommées Hessed, Guevoura, Tifféret, Netsakh, Hod, et Yessod, ce qui fait dix (Introduction au Livre du Zohar, « Miroirs du Soulam », p.5).

Et ces cinq Behinot, KHB TM sont discernées dans chaque émané et dans chaque créature, dans tous les mondes - les cinq mondes, appelés Adam Kadmon, Atsilout, Briya, Yestira, et Assya, qui correspondent aux cinq Behinot KHB TM – aussi bien que dans le plus petit détail dans la réalité. Nous discernons que Roch (Tête) en lui est Kéter ; de sa Roch à Khazé (poitrine), c’est Hokhma ; de Khazé à Tabour (nombril) c’est Bina ; et de Tabour et en dessous c’est Tifféret et Malkhout.

Pourquoi Tifféret inclut HGT NHY

4) Quand les cinq Behinot KHB TM sont sorties, elles se sont inclues les unes dans les autres de sorte que chacune contenait KHB TM. Toutefois, dans la Sefira Tifféret, le niveau des Sefirot descendit de GAR, donc les noms des KHB TM inclus en elles changèrent en HGT NH, et Yessod, qui les contient. Par conséquent, lorsque nous disons que Tifféret contient six Sefirot, ce n’est pas en raison de son mérite sur les trois premières Sefirot, mais l’inverse, c’est le manque de lumière de GAR en elle qui fait que les cinq Behinot KHB TM ont reçu d’autres noms: HGT NH.

Donc, Hessed, est Kéter, Guevoura est Hokhma, et Tifféret est Bina, Netsakh est Tifféret, et Hod est Malkhout. La Sefira Yessod leur est ajoutée, mais ce n’est pas une Behina (singulier de Behinot) supplémentaire aux cinq Behinot. C’est plutôt un discernement général qui contient les cinq Behinot HGT NH en lui. En outre, elles sont toujours appelées VAK, qui est un acronyme de Vav [six] Ktsavot [extrémités, bouts], qui sont les six Sefirot HGT NHY. Et comme cette descente des cinq Behinot à HGT NH ne s’est produite que dans ZA, nous n’appliquons les cinq Behinot qui changent qu’à ZA.

Lumière et Kli

5) Il est impossible d’avoir la lumière sans un Kli dans aucun des mondes. Au début, il n’y avait qu’un Kli dans les dix Sefirot – Malkhout. La raison pour laquelle nous disons qu’il y a cinq Behinot KHB TM est qu’elles sont toutes des parties de Malkhout, qui s’appelle Behina Dalet. Cela signifie qu’elles sont arrangées selon leur proximité au Kli complet, qui est Malkhout, appelée Behina Dalet.

Mais après le Tsimtsoum Aleph [la première restriction], un Massakh [écran] a été établi dans le Kli de Malkhout, qui empêche la lumière supérieure de le vêtir. Donc, lorsque la  lumière supérieure atteint le Massakh, le Massakh la frappe et la repousse. Cette frappe est appelée « Zivoug de Hakaa » [accouplement par coups] de la lumière supérieure avec le Massakh dans le Kli de Malkhout, et la lumière repoussée est appelée « dix Sefirot de Ohr Hozer » [lumière Réfléchie]. 

Il en est ainsi car la lumière repoussée s’élève de bas en haut et habille les dix Sefirot dans la  lumière supérieure, qui s’appellent « dix Sefirot de Ohr Yashar [lumière directe]. » Et de nouveaux Kélim ont été faits de cette Ohr Hozer, pour vêtir la lumière supérieure à l’endroit de Malkhout, qui s’était restreinte afin de ne pas recevoir la lumière. Le contenu de ces nouveaux Kélim (pluriel de Kli), s’appelle « dix Sefirot de Ohr Hozer. »

Roch-Tokh-Sof, Pé-Tabour-Sioum Raglin

6) Et à cause des nouveaux Kélim de Ohr Hozer, il y a trois parties dans chaque Partsouf, appelées Roch, Tokh, Sof [Tête, Intérieur/buste, Fin]. Il a été expliqué que par la force du Massakh qui empêche la lumière d’atteindre Malkhout il y a eu un Zivoug de Hakaa avec la  lumière, faisant sortir les dix Sefirot de Ohr Hozer et a habillé les dix Sefirot de Ohr Yashar dans la lumière supérieure.

Ces dix Sefirot de Ohr Yashar et Ohr Hozer s’appellent dix Sefirot de Roch. Toutefois, ces dix Sefirot de Ohr Hozer, qui sont sorties du Massakh vers le haut et habillent les dix Sefirot de Ohr Yashar, ne sont pas encore les vrais Kélim. Ceci est dû au fait que le nom Kli indique l’Aviout en lui, c’est-à-dire la force du Din [jugement] dans le Massakh, qui empêche le revêtement de la  lumière dans Malkhout.

La règle est que la force de Din n’opère qu’à partir de la sortie du Din vers le bas. Et non de l’endroit de la sortie du Din vers le haut. Et comme les dix Sefirot de Ohr Hozer ont émergé du Massakh vers le haut, la force de Din n’est pas apparente dans Ohr Hozer et ne mérite pas d’être un Kli. C’est pourquoi, ces dix Sefirot de Ohr Hozer sont appelées Roch, c’est-à-dire une racine pour les Kélim, et non les Kélim eux-mêmes.

Et Malkhout, en qui le Massakh pour le Zivoug de Hakaa a été établi, s’appelle par conséquent [bouche]. Ceci suggère que comme dans une bouche physique, de laquelle les Otiot [lettres] sortent par un Zivoug de Hakaa des cinq sorties de la bouche, le spirituel a un Zivoug de Hakaa pour faire sortir dix Sefirot de Ohr Hozer, à savoir les cinq Behinot KHB TM, qui sont les Kélim pour les dix Sefirot de Ohr Yashar, et les Kélim sont appelés Otiot. Ainsi, nous avons expliqué les dix Sefirot de Roch.

7) Par conséquent, les dix Sefirot de Ohr Yashar et les dix Sefirot de Ohr Hozer se sont diffusées du Massakh vers le bas, et à ce moment les dix Sefirot de Ohr Hozer sont devenues des Kélim qui reçoivent et habillent les dix Sefirot de Ohr Yashar. C’est parce que maintenant il y a un Massakh sur les dix Sefirot de Ohr Hozer. Pour cette raison, son épaisseur contrôle les dix Sefirot de Ohr Hozer et par cela, les Kélim sont faits.

De plus ces dix Sefirot, qui sont les Kélim à proprement parler, sont appelés Tokh et Gouf [corps], c’est-à-dire qu’ils sont vraiment à l’intérieur de lui et le corps du Partsouf. Et Malkhout de Tokh s’appelle Tabour, comme dans la phrase « le Tabour (nombril) de la terre », qui se réfère au centre et au milieu. Ceci indique que Malkhout de Tokh est la Malkhout centrale, et c’est de son Ohr Hozer que les Kélim véritables du Gouf sont faits.

Nous pouvons également dire que Tabour vient des mots Tov Ohr [bonne  lumière], ce qui indique que jusqu’à présent la lumière est bonne, puisqu’elle est habillée dans des Kélim qui conviennent pour la recevoir. Nous avons donc expliqué les dix Sefirot de Tokh jusqu’au Tabour.

8) Donc, nous trouvons deux discernements dans Malkhout de Roch :

- Malkhout terminale : le Massakh empêchant la lumière supérieure de se revêtir dans le Kli de Malkhout.

Malkhout s’accouplant : S’il n’y avait pas eu un Zivoug de la  lumière Supérieure avec le Massakh par un Zivoug de Hakaa, qui élève Ohr Hozer pour habiller la lumière supérieure, il n’y aurait pas de récipient de réception pour la lumière supérieure, et il n’y aurait pas de lumière dans la réalité, puisqu’il n’y a pas de  lumière sans Kli.

Mais dans Malkhout de Roch, ces deux discernements ne sont que deux racines. Malkhout terminale est la racine de Malkhout qui finit le degré, et Malkhout s’accouplant est la racine de l’habillage de la lumière dans les Kélim.

Ces deux actions sont apparues et se sont produites dans le Gouf du Partsouf :

   - De à Tabour, Malkhout s’accouplant montre sa force et la lumière supérieure se revêt dans les Kélim.

    - Et de Tabour vers le bas, Malkhout terminale, montre sa force et fait sortir dix Sefirot de Sioum (fin). Chaque Sefira émerge avec la seule illumination de Ohr Hozer sans la lumière supérieure. Et quand elle atteint Malkhout de ces dix Sefirot de Sioum, chaque Partsouf se termine, parce que cette Malkhout est Malkhout terminale, qui ne reçoit rien, et donc met fin à l’expansion du Partsouf en elle.

Et nous appelons cette Malkhout, « Malkhout de Sioum Raglin », qui coupe la  lumière et termine le Partsouf. Et ces dix Sefirot de Sioum qui se diffusent du Tabour et en bas jusqu’au Sioum Raglin s’appellent « dix Sefirot de Sof » [fin], et elles sont toutes des parties de Malkhout de Sof et de Sioum. De plus, lorsque nous disons qu’il n’y a que Ohr Hozer en elles, cela ne veut pas dire qu’elles n’ont pas du tout d’Ohr Yashar, mais cela signifie qu’elles ont une certaine illumination de Ohr Yashar, mais considérée comme VAK sans Roch.

Khazé 

9) Jusqu’à présent nous avons discuté des Partsoufim (pluriel de Partsouf) d’Adam Kadmon. Mais dans les Partsoufim du monde de Atsilout, un nouveau Sioum a été ajouté aux dix Sefirot de Tokh : Malkhout de Tokh, nommée Tabour, s’éleva à Bina des dix Sefirot de Tokh, et termina le degré des dix Sefirot du degré Tokh à cet endroit. Ce Sioum s’appalle Khazé, et la Parsa y a pris place.

Ceci signifie que le nouveau Sioum qui a été fait par l’ascension de Malkhout à Bina à l’endroit de Khazé est appelé Parsa, comme le firmament qui sépare les eaux supérieures – Kéter et Hokhma qui sont restées au degré Tokh – de Bina et TM, qui sont sorties du degré des dix Sefirot de Tokh et sont devenues le degré des dix Sefirot de Sof.

Pour cette raison, les dix Sefirot de Tokh se sont divisées en deux degrés :

-         De à Khazé, on les considère comme dix Sefirot de Tokh, et Atsilout, et GAR du Gouf.

-         De Khazé et en bas jusqu’au Tabour, on les considère comme dix Sefirot de Sof, et Briya, et VAK sans Roch, comme les dix Sefirot de Sof.

Relation inverse entre les Kélim et les lumières

10) Il y a toujours une relation inverse entre les lumières et les Kélim. Dans les Kélim, l’ordre est que les supérieurs sont les premiers à grandir dans un Partsouf. D’abord, Kéter vient au Partsouf, ensuite Hokhma, ensuite Bina, ensuite Tifféret, et ensuite Malkhout. Pour cette raison, nous nommons les Kélim KHB TM, c’est-à-dire de haut en bas, parce que tel est leur ordre de venue dans le Partsouf.

Mais pour les lumières c’est l’inverse. L’ordre des lumières est que les inférieurs viennent au Partsouf en premier. La première à venir est la lumière de Néfesh, ensuite la lumière de Rouakh, ensuite la lumière de Neshama, ensuite la lumière de Haya, ensuite la lumière de Yékhida.

Donc, au début arrive la lumière de Néfesh, qui est la  lumière de Malkhout, la plus petite de toutes les lumières. Et la dernière à arriver est la lumière de Yékhida, la plus grande de toutes les lumières. C’est pourquoi nous appelons toujours les lumières NRNHY, c’est-à-dire, de bas en haut, car tel est leur ordre d’arrivée dans le Partsouf.

11) Par conséquent, il s’avère qu’alors qu’il n’y a qu’un seul Kli dans le Partsouf, qui est nécessairement le Kli le plus haut – Kéter – qui est le premier à grandir, la plus grande lumière associée à Kéter, la lumière de Yékhida, n’entre pas dans le Partsouf. A la place, la  lumière qui entre et s’habille dans le Kli de Kéter est la plus petite lumière, la lumière de Néfesh.

Et lorsque deux Kélim grandissent dans le Partsouf, qui sont les plus grands KélimKéter et Hokhma – la lumière de Rouakh entre aussi. Alors la lumière de Néfesh descend du Kli de Kéter au Kli de Hokhma, et la lumière de Rouakh se revêt dans le Kli de Kéter. De même, quand un troisième Kli grandit dans le Partsouf – le Kli de Bina – la lumière de Neshama entre dans le Partsouf. Alors la lumière de Néfesh descend du Kli de Hokhma au Kli de Bina, la lumière de Rouakh sort du Kli de Kéter et va dans le Kli de Hokhma, et la lumière de Neshama se revêt dans le Kli de Kéter.

Et quand un quatrième Kli grandit dans le Partsouf, à savoir le Kli de Tifféret, la lumière de Haya entre dans le Partsouf. Alors la lumière de Néfesh descend du Kli de Bina au Kli de Tifféret, la lumière de Rouakh au Kli de Bina, la lumière de Neshama au Kli de Hokhma, et la lumière de Haya au Kli de Kéter.

Et quand un cinquième Kli grandit dans le Partsouf, le Kli de Malkhout, toutes les lumières viennent dans leur Kélim respectifs. Ceci parce que la lumière de Yékhida s’étend alors dans le Partsouf : la lumière de Néfesh descend du Kli de Tifféret au Kli de Malkhout, la  lumière de Rouakh descend du Kli de Bina et va dans le Kli de Tifféret, la lumière de Neshama descend du Kli de Hokhma et va dans le Kli de Bina, et la lumière de Haya descend du Kli de Kéter et vient dans le Kli de Hokhma, et la lumière de Yékhida vient se revêtir dans le Kli de Kéter.

12) Vous voyez que tant que tous les cinq Kélim KHB TM n’ont pas grandi dans le Partsouf, les  lumières ne sont pas à leur place respective. De plus, elles ont une valeur inverse puisque si le Kli de Malkhout – le plus petit Kli – manque au Partsouf, la lumière de Yékhida – la plus grande  lumière – sera manquante. Et si les deux Kélim inférieurs– Tifféret et Malkhout manquent les deux plus grandes lumières – Haya et Yékhida – seront manquantes. Et si les trois Kélim inférieurs – Bina, Tifféret et Malkhout – manquent, les trois plus grandes lumières – Neshama, Haya et Yékhida – sero