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8 septembre 2008

Archive for mars, 2008

Amérique du Nord – Congrès Mai - Juin 2008

Congrès Amérique du Nord

Pendant des milliers d’années les kabbalistes ont enseigné que l’amour de l’autre était le seul moyen d’atteindre la Force Supérieure. Pour parvenir à une telle relation entre nous, un changement fondamental de notre approche de la réalité est demandé. Au cœur même du processus se trouve la nécessité de changer la nature égoïste avec laquelle nous sommes nés, en un attribut de don à l’autre. Ainsi, nous faisons l’expérience d’une réalité spirituelle.

Ainsi, dans les montagnes de Catskills, au nord de New York, du 30 Mai au 1er Juin se tiendra la réunion de tous les étudiants d’Amérique du Nord mais également d’Europe et d’Israël.

Pour plus d’information : http://www.kabbalahcongress.org

Mélodies de la Kabbale : Hassal Seder Pessah

Hassal Seder Pessah

Hassal Seder Pessah retrace la situation de l’homme qui vient de commencer son chemin, il est plein d’énergie, prêt à entreprendre ce chemin, il sait que s’ouvre à lui un processus allant jusqu’à sa réparation lui permettant de recevoir la Lumière, de recevoir la Torah. Du fait qu’il soit sorti d’Egypte (symbole de l’escalvage de l’égoïsme), qu’il ait su surmonter sa nature, il voit en cela une promesse absolue, que grâce à l’aide d’en haut, il aura la force, les capacités, pour tout ce qui lui a été réservé, de traverser ces 49 portes, réparations que l’on appelle Lag Ba Omer (33ème jour de l’Omer) et tous les jours du comptage de l’Omer pour recevoir la Torah.

C’est une chanson assez simple. Elle exprime la facilité qu’un homme peut avoir à s’engager et à passer toutes les sefirot de l’Omer, ainsi chaque Sefira apportera une réparation totale aux Kelim dans chacun des 49 états.

Le déluge est déjà là

Pour fuir la confusion et la guerre intérieure, l’homme est obligé de rentrer dans l’arche. La signification kabbalistique est : dans l’Arche de Noé intérieure.

La semaine dernière (26 février 08) le gouvernement norvégien a inauguré « l’arche de Noé verte». Il ne s’agit pas de l’arche viking reconstruire au mieux d’après la tradition, mais d’un bunker congélateur sous terrain comprenant les graines des principales cultures vivrières dans le monde et à leurs côtés les échantillons ADN de toutes les variétés animales.

Situé au cœur d’une île glacière, à 1000 km du pôle nord (en cas de coupure d’électricité définitive, la température minimale se maintiendra à 5°C) protégé du déluge, des retombées radioactives et autres calamités, par des gardiens armés et un système de vidéo surveillance, l’arche moderne attend sereinement le jour du jugement.

L’arche, le déluge et la confusion

Le mythe menaçant de la fin du monde ou de l’inondation prévisible de la planète découlant de la mauvaise attitude des hommes, plane sur nous déjà depuis plus de cinq mille ans. Pour résumé simplement il est écrit que Dieu, qui aima Noé, l’avertit du déluge et lui laissa des instructions pour construire l’arche. Noé, essaya de convaincre ses contemporains de changer de chemin, mais fut rabroué. Après avoir compris que personne ne l’écouterait, il commença à construire l’arche et réunit des couples de chaque espèce du monde minéral, végétal et animal. Sa famille se joint à lui et une fois les travaux terminés, tout le monde monta à bord et le déluge commença. Après 40 jours et nuits, les habitants de l’arche sont les seuls survivants. Cent cinquante jours supplémentaires passèrent. A la fin d’une attente très angoissante pour les nerfs, au sommet du Mont Ararat, que l’eau baisse, Noé et sa famille sortent pour recommencer tout à zéro.

L’émouvante histoire qui se termine comme un film hollywoodien, lorsqu’un arc en ciel illumine les cieux, Dieu promet de ne pas nous inonder à nouveau (Genèse 9, 13-17).

Devant cette description biblique que nous apprenons à l’école, il est intéressant de découvrir que des penseurs juifs ont interprété autrement l’histoire du déluge, comme une fable. Une partie d’entre eux ont comparé l’arche à un refuge pour l’homme contre ses affaires quotidiennes, d’autres ont vu dans l’histoire un indice pour que le peuple d’Israël en exil devrait s’enfermer dans « l’arche » - qui est l’école talmudique, face à la peur «des eaux troubles» que sont les peuples des nations.

Cependant les grands kabbalistes du siècle passé, le Rav Kook, le Rav Yéhouda Ashlag (auteur du commentaire de l’échelle -Soulam- du Zohar) et le Rav Baruch Ashlag (le fils et continuateur du chemin du Baal HaSoulam), ont vu dans le déluge et l’arche de Noé- un modèle de développement spirituel conscient de l’homme.

La sagesse de la Kabbale ne traite que des forces intérieures ou spirituelles de l’homme. Elle ne regarde pas les évènements qui se passent dans le cadre de notre monde. Lorsque les kabbalistes emploient les mots comme eau, arche, animaux, hommes etc. c’est pour décrire des états spirituels vécus par l’homme, dans son âme.

Les kabbalistes décrivent le conflit permanent qui est en l’homme entre deux attributs principaux : l’attribut de don inconditionnel face à la nature égoïste qui demande la satisfaction personnelle à tout prix.

L’eau dans l’histoire du déluge représente ces deux attributs, celui du don et celui de la réception égoïste. Dans l’eau se trouvent les forces de la vie (l’attribut de don), ou de destruction et l’extermination (l’attribut de réception égoïste). Lorsque l’eau monte et que le déluge se répand sur la terre, ce processus symbolise la grande confusion que vit l’homme.

Pour fuir la confusion, l’homme est obligé de rentrer dans l’arche, qui ressemble à la lettre hébraïque Mem, représentant la possibilité de la Sefira Bina d’être comme compatissante et protectrice, octroyant un peu de répit à l’homme. Dans l’arche, il grandit tel un enfant qui se développe protégé dans la chaleur de l’utérus. L’entrée dans l’arche est comparable à la semence qui se développe et grandit dans un environnement qui la protège de ce monde. Elle réussit à s’élever au dessus de la guerre intérieure qui a lieu en elle et au dessus de sa raison et sentiment. Au bout de neuf mois, les eaux tombent et l’homme arrive propre et parfait dans un nouveau monde.

La méthode

« Mais toi, construis un grand bateau en bois résineux…Voici comment tu le feras: tu lui donneras cent cinquante mètres de longueur, vingt-cinq mètres de largeur et quinze mètres de hauteur…Mais j’établirai mon alliance avec toi et tu entreras dans le bateau, toi, tes fils, ta femme et tes belles-filles avec toi. Tu feras aussi entrer dans le bateau un couple de tous les êtres vivants, c’est-à-dire un mâle et une femelle de tous les animaux, pour qu’ils restent en vie avec toi…Procure-toi aussi toutes sortes d’aliments et fais-en provision pour vous en nourrir, toi et eux. »

Les instructions pour construire l’arche kabbaliste, et le rassemblement des animaux, des plantes et des pierres à l’intérieur, ne ressemblent en rien à la construction du bunker norvégien.

Bien que de nombreux livres tels que «Shaar haGuilgulim» (Portes des réincarnations) du Ari et autres, citent les expressions «minéral», «végétal», « animal » ou « être parlant », elles se rapportent toutes et uniquement à l’intériorité de l’âme de l’homme, et décrivent une des étapes du développement spirituel auquel est parvenu l’homme.

De façon semblable la réunion des espèces faites par Noé dans l’arche, indique elle aussi les attributs, idées et désirs composant l’univers intérieur de chaque homme. Etre confronté à eux conduit l’homme à se poser des questions et faire des recherches qui à la fin du processus le conduiront à trouver les réponses et le but de sa vie. L’histoire de Noé détaille se processus.

Mode d’emploi

Au niveau pratique, « l’arche » dans notre vie est le nouvel environnement que nous devons choisir pour parvenir à notre but spirituel. En général, il est composé de nombreuses personnes aspirant au même but, et qui s’appuient mutuellement dans leur parcours commun. La confusion et l’influence extérieure qui inonde l’homme sont comme l’eau montante et qui essayent constamment de noyer sa recherche intérieure et de le jeter sur un faux sol sûr, dans le royaume de l’ego.

Juste avant que cela ne soit trop tard, l’homme peut se trouver un coin tranquille « entrer dans l’arche » et là, dans un environnement sûr, il clarifie le but de sa vie. Celui qui complète le processus, peut « sortir à nouveau dans le monde », doté de nouvelles forces et d’une puissance intérieure.

Un coeur

“Un seul homme comme un seul coeur” - ainsi les kabbalistes ont décrit ce à quoi ressemblerait l’humanité une fois l’égoïsme corrigé. Aujourd’hui l’évolution de notre société fait apparaitre ce besoin plus que jamais.

Une cellule égoïste est cancéreuse

Les cellules saines sont régies par une variété de règles et de restrictions. Cependant, une cellule cancérigène ne se soucie pas des restrictions. Le cancer est une situation dans laquelle le corps est dévoré par ses propres cellules qui prolifèrent. Tandis qu’elle s’accroît, la cellule cancéreuse se multiplie sans cesse, et ne prend plus en considération son environnement ni ne répond plus aux injonctions du corps. La cellule cancéreuse détruit son entourage en se créant son propre espace pour se développer. Elle force les globules à se diriger au cœur de la tumeur afin de l’alimenter et le corps entier est assujetti.

En d’autres termes, les cellules malignes, par leurs actions égoïstes, engendrent la mort du corps. Elles agissent de la sorte, même si elles n’en tirent aucun bénéfice. En fait, la vérité est toute autre: la mort du corps représente également la mort de ses «assassins». En prenant le contrôle de tout le corps, les cellules cancéreuses se conduisent à leurs propres ruines. L’auto alimentation de l’égoïsme conduit tout à la mort, y compris lui-même. Un comportement égoïste et la négligence des besoins de tout le corps les conduisent directement à leur perte.

Le point dans le cœur

Lorsque les kabbalistes parlent du cœur, ils ne se réfèrent pas à la pompe dans notre poitrine. Le cœur est la somme de nos désirs de recevoir du plaisir. L’apparition du désir de spiritualité est nommée par les kabbalistes le «point dans le cœur». Ce point est très important car son apparition projette une nouvelle lumière sur notre vie et lui donne une signification plus digne, spirituelle. Ce point dans le cœur est celui qui va éventuellement nous conduire à la spiritualité.

Lecture d’un texte de Kabbale

LivreLes difficultés pour parler de la Kabbale et l’étudier résident dans le fait que les mondes spirituels n’ont pas d’égal dans notre monde, et, même si l’objet de leur étude devient compréhensible, ce n’est que temporairement, car il est perçu par la partie spirituelle de notre conscience qui est constamment renouvelée dans l’En-haut. C’est pourquoi des notions déjà assimilées deviennent tout à fait incompréhensibles. En fonction de l’humeur et de l’état spirituel, le texte peut sembler au lecteur soit imprégné de sens profond, soit absolument superficiel.

Il ne faut pas désespérer quand quelque chose qui hier était clair, n’est à nouveau plus compréhensible. Il ne faut pas désespérer quand le texte est hermétique, semble étranger, dénué de logique, etc. On n’apprend pas la Kabbale pour avoir des connaissances théoriques, mais pour commencer à voir et à ressentir, tandis que l’analyse intérieure et la connaissance des forces spirituelles, de la lumière, des niveaux spirituels, donneront la connaissance absolue.

Tant que l’homme n’est pas sensible à la lumière supérieure, aux éléments spirituels, il ne comprend pas la logique de la construction du système de l’univers, car il n’existe pas, dans notre monde, d’analogues à ce qui est étudié.

Lors de la lecture d’un texte, il est recommandé de ne pas lire les mots dans leur sens habituel mais, après avoir pris connaissance d’un paragraphe, d’y songer en l’appliquant à toutes sortes d’exemples de la vie, y compris ses préoccupations personnelles.

Il sera utile également de repenser à une phrase avec insistance et de nombreuses fois, en essayant de s’imprégner des sentiments de l’auteur, de lire lentement, en s’attardant sur l’essence de ce qui est écrit, puis de revenir au début de la phrase. Cette façon de procéder aidera le lecteur à pénétrer les descriptions au moyen de ses propres sentiments ou bien à ressentir l’absence de sensations, ce qui est également une étape nécessaire au développement spirituel.

Attention à l’intention

Le principal facteur de notre travail est l’intention, c’est l’unique chose de notre monde que nous devons changer.

La descente de Ein Sof jusqu’à ce monde donna au désir qui l’opportunité d’être libre et de vivre également dans l’état dissimulation. Autrement dit être à la fois au niveau de «ce qui est caché – celui du Créateur et au niveau de ce qui est révélé – le notre et celui de nos enfants».

Tant que l’homme n’a pas acquis l’intention, les actions en vue d’acquérir la bonne intention se nomment «action». Si une personne ne fait que manger, boire et vivre et se déplacer sans aucune raison précise, elle se trouve soit au niveau végétal ou animal de la nature. A l’opposé, l’action et l’intention relèvent du niveau parlant (humain) de la nature, où l’action a pour but d’obtenir la bonne intention.

La vérité est que toutes les actions viennent d’en haut. La Lumière crée le Kli et le façonne. Le désir est créé par la Lumière et ne sera que transformé par elle. Cependant, l’homme est capable de certains actes, ceux-ci ont été créés pour qu’il en dispose et qu’il les utilise, notamment parce que le désir de la Lumière est descendu au niveau de notre monde pour y vivre dissimulé. Nous pouvons par l’intermédiaire de certaines actions, attirer sur nous la Lumière spéciale qui peut former l’intention. En agissant de la sorte, de Lo Lishma (dans un but intéressé) nous atteignons Lishma (dans l’intérêt du Créateur).

Notre travail tout entier, notre vie, notre concentration doivent être orientés dans le but d’acquérir l’intention. Pour ce qui est du reste nous sommes une marionnette. Nous ne pouvons rien influencer d’autre, sauf agir pour attirer à nous la Lumière Supérieure, c’est-à-dire, les actions avec lesquelles nous construisons l’intention.

Que signifie «construire l’intention»? Comment est il possible de créer l’intention? C’est très simple: Si nous découvrons l’Hôte même un temps soit peu, l’intention se forme en nous. C’est suffisant. Le Créateur Se révèle légèrement et nous commençons immédiatement à ressentir qui nous sommes et ce que nous sommes. Alors, nous développons un lien de réciprocité, une réponse au Créateur.

Cependant, comment le Créateur peut il se révéler? S’il le fait, nous serons dans l’obligation d’avoir l’intention et nous ne pourrons pas exercer notre libre arbitre. Or le seul libre choix est le choix de l’intention. Pour ce qui est du reste, nous restons aux niveaux inanimé, végétal et animal de la nature. C’est pourquoi, il est nécessaire de faire un certains nombres d’efforts lorsque nous sommes dans la phase de dissimulation. Nous voulons traiter le Créateur «avec respect» - sans aucun rapport avec ce que nous recevons de lui. C’est tout. Lorsque nous nous coupons de l’abondance et désirons uniquement avoir la bonne attitude vis-à-vis du Seul qui nous donne cette abondance, même s’Il ne donne rien- ceci est appelé «la correction de Bina» Hassadim. En faisant suffisamment d’efforts pour qu’il en soit ainsi, comme si nous le voulions réellement (le niveau de désir qui se révèle en nous dépend du degré de dissimulation), nous exprimons notre volonté pour que cela se produise.

Le gardien de la porte

Qui est le gardien qui se tient devant l’entrée du monde spirituel et qui décide de celui qui peut y entrer ou non ? Suivons Kafka et le Baal HaSoulam dans deux fables et une porte.

Franz Kafka (1883-1924) est peut être l’écrivain le plus approprié ayant décrit l’impuissance grandissante dans l’univers humain moderne. L’univers de Kafka est sombre, sinistre et menaçant, dans lequel se perdent des héros impuissants et incapables dans leurs tentatives infructueuses pour gérer leur destin amer.

Dans l’une de ses célèbres histoires, «Devant la loi», qui fut publiée après sa mort en 1925, Kafka nous raconte l’histoire d’un homme de la campagne qui se présente devant la porte et demande la permission d’entrer. Bien que la porte soit grande ouverte, l’homme de la campagne hésite à entrer avant de recevoir la permission du gardien de la porte. Ce dernier le prévient qu’il y a d’autres gardiens après lui et qui sont bien plus puissants.

Ne s’attendant pas à de telles difficultés, il prend la décision kafkaïenne typique, l’homme de la campagne en arrive à préférer d’attendre, jusqu’à ce qu’on lui accorde la permission d’entrer. De temps en temps il essaye d’attendrir le cœur du gardien au moyen de subterfuges et autres tentatives, afin qu’il le laisse entrer, mais sans succès.

Les années passent, l’homme de la campagne vieilli et la porte reste fermée. Avant sa mort, l’homme de la campagne rassemble ses dernières forces et demande au gardien «comment se fait-il que durant toutes ces années personne d’autre que moi n’ait demandé à entrer?» Le gardien de la porte, sentant venir la fin de l’homme, lui rugit à l’oreille pour mieux atteindre son tympan presque inerte: «Ici nul autre que toi ne pouvait pénétrer, car cette entrée n’était faite que pour toi. Maintenant, je m’en vais et je ferme la porte.»

Les gardiens de l’entrée

L’aspiration à franchir les portes de la loi, à découvrir le système des forces qui règle nos vies, n’est pas chose nouvelle. Depuis toujours l’homme ambitionne de gouverner et de maîtriser les règles cachées de la nature et il essaya de les utiliser à son propre avantage. Cependant il semble qu’au 20ème siècle, ce désir se soit renforcé et ait atteint de nouveaux sommets. En peu de temps nous avons réussi à envoyer des missiles dans l’espace, marcher sur la lune, créer des réseaux de communication internationaux et à développer et inventer un nombre infini de gadgets et d’automobiles. Pourtant pour ce qui est de la nature spirituelle de l’homme, nos attributs intérieurs, notre nature profonde et nos sentiments, nous tâtonnons encore.

Lorsque des questions surgissent telles que : qui dirige nos vies ? Qui nous dicte notre vie d’une façon ou d’une autre ? D’où nous viennent nos pensées ? Ces questions restent généralement sans réponse. Exactement comme l’homme de la campagne dans l’histoire de Kafka, nous nous sentons contrôlés par un système de lois cachées et méconnues, que personne ne réussit à décoder vraiment.

Que nous manque t-il au juste ou pourquoi le gardien nous refuse t-il l’entrée dans le monde spirituel ?

Dans l’introduction à son œuvre monumentale «L’étude des dix Sefirot», le Baal HaSoulam à l’aide d’une fable qui rappelle sous bien des formes celle de Kafka nous suggère la réponse.

«La chose ressemble à un roi qui décide de choisir tous ses soupirants et partisans et de les faire pénétrer à l’intérieur de son château… mais il mit devant ses serviteurs de nombreux gardiens à l’entrée du palais et sur tous les chemins y menant et il ordonna à ces gardiens de tromper avec ruse tous ceux qui s’en rapprocheraient et de les détourner du chemin…

Et bien sûr tous les habitants du pays qui décidèrent d’accourir au palais furent repoussés subtilement par les fidèles gardiens, nombreux sont ceux qui les vainquirent et réussirent à se rapprocher de l’entrée du palais.

Cependant les gardiens de l’entrée étaient encore plus puissants et celui qui s’approchait, ils le provoquèrent, et le repoussèrent avec beaucoup de finesse, jusqu’à ce qu’il se retrouve les mains vides. C’est ainsi qu’ils firent des allers retours et ainsi de suite ils se renforcèrent et revinrent plusieurs jours, années jusqu’à ce qu’ils n’eurent plus la force d’essayer. (Introduction à l’étude des dix Sefirot, § 133).

Il semble difficile de connaître la pensée du roi, d’une part il veut rapprocher ses soupirants et les faire pénétrer dans son palais, or dans les faits, il agit à l’opposé et place des gardiens à l’entrée du palais empêchant les soupirants d’entrer. En fait, s’il voulait qu’ils entrent, pourquoi place t-il devant eux de si grands obstacles ? Il aurait été plus simple d’ouvrir la porte et de les laisser entrer. Plus loin dans la fable il s’avèrera que c’est le moyen employé par le roi pour découvrir celui qui veut vraiment parvenir à Son palais.

« Et seuls les héros dont la patience ne leur fit pas défaut, vainquirent les gardiens et franchirent la porte et méritèrent d’être reçu par le roi…. Et bien sûr depuis ils n’eurent plus affaire auxdits gardiens, car ils ont mérité de travailler et de servir en face de la splendide lumière du roi dans son palais intérieur. »

La clef

Le palais royal n’est pas un «autre endroit sympathique» rempli de trésors et de beaux bijoux. Le palais, d’après la Kabbale, est le symbole du système des désirs qui agissent selon une seule loi spirituelle, l’attribut du Créateur. Lorsque l’homme «intronise» au dessus de son désir égoïste l’attribut du don, il découvre alors «la lumière du roi», c’est-à-dire se répand en lui l’abondance infinie. A l’aide de cette sensation d’abondance il apprend en fait, que les lois cachées agissent constamment sur lui sans les ressentir, et c’est ainsi que s’ouvrent devant lui les portes de la loi spirituelle à profusion. Cependant pour pénétrer dans le palais du roi, l’homme doit surmonter les gardiens qui se tiennent sur son chemin.

Qui sont ces gardiens ? Ce sont les désirs égoïstes de l’homme. Pour les vaincre, il doit changer sa nature. Il doit apprendre à se servir de son désir égoïste, dans le but de vouloir le bien d’autrui. Cela signifie que l’homme doit acquérir de nouveaux attributs, ceux du don et de l’amour. Lorsqu’il change et acquiert de tels attributs, il découvre que la porte était tout le temps ouverte et qu’en fait il n’était jamais sorti du palais du roi. Tout ce qui lui est arrivé vient d’un manque de récipients adéquats pour ressentir cela.

Le chemin

Les véritables soupirants du roi sont ceux qui demandent à être comme Lui, Lui ressembler et de découvrir en eux les mêmes attributs que Lui. Sur la route conduisant au palais, l’homme découvre que tout dépend de lui. S’il tente de se rapprocher du palais alors qu’il est envahi de désirs égoïstes, il rencontrera les cruels gardiens kafkaïens. S’il parvient à acquérir l’attribut du don, il rencontre les mêmes gardiens, mais à présent, ils l’orientent dans la bonne direction et ils l’aident à pousser la porte, en fait ce sont mêmes eux qui lui ouvrent la porte !

Le « chemin » menant au palais du roi peut également être un voyage spirituel fascinant, remplit d’aventures ou un voyage continu d’instructions et d’échecs. Il s’avère que les gardiens intérieurs de l’homme sont bien plus assidus et rusés qu’il ne lui semblait au début. Dans l’histoire de Kafka, le gardien lui propose de s’asseoir sur un tabouret et de se reposer et en fait pourquoi pas ? Parfois il nous semble que si nous nous asseyons et attendons, la porte s’ouvrira devant nous, voire même que le roi en personne viendra à notre rencontre. Parfois il nous semble que si nous nous énervons et crions de toutes nos forces, ou inversement si nous prions et pleurons - alors le miracle tant espéré se produira.

Pour passer les gardiens nous avons besoin de la bonne clef, d’une méthode capable d’ouvrir pour nous les portes. La sagesse de la Kabbale précise que nous devons changer et que tout ce processus ne dépend que de nous. Tout changement dans ce sens nous permet de vaincre un gardien plus puissant, c’est-à-dire s’élever au dessus d’une couche plus épaisse de désirs égoïstes qui s’éveille en l’homme qui progresse sur le chemin. S’il est fidèle à la méthode et ne renonce pas ni ne désespère, il parviendra au but souhaité.

Voilà en fait la fin de la ressemblance entre les deux fables, à la différence de l’esprit catastrophique et pessimiste qui accompagne la fable de Kafka, se trouve dans l’histoire kabbalistique du Baal HaSoulam un grand espoir de changement. Les kabbalistes qui ont franchi avec succès les portes nous racontent que de l’autre côté attend un monde complètement opposé à celui de la réalité kafkaïenne, qui est le lot d’une partie d’entre nous dans ce monde. Le monde spirituel nous attend, un monde de perfection, d’éternité, régit par une seule loi : la loi de l’amour.

Si l’homme de la campagne de Kafka avait connu l’histoire que nous a laissé le Baal HaSoulam, les choses se seraient terminées autrement pour lui. En ce qui nous concerne il n’est pas encore trop tard…

La racine du point dans le coeur

Quel est le sens de mon existence ? Telle est la question, nous écrit le Baal HaSoulam, qui apparait chez les individus qui entreprennent une recherche spirituelle qui au final les mènera à découvrir la sagesse de la Kabbale.

Ce désir pour le spirituel qui apparait soudain, d’où vient-il ? Quelle est sa racine ?

Dans cet extrait d’un cours matinal, le Rav Laitman nous explique qu’il correspond au désir de retrouver l’état original de notre âme individuelle dans l’âme d’Adam HaRishom, l’âme collective avant qu’elle ne fut brisée.

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