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20 novembre 2008

Archive for mars, 2008

La minute de l’éducation

les grandes questions des petites personnes

« L’éducation ne crée rien de nouveau, mais elle réalise ce qui est déjà enfoui en l’homme » Rav A. Kook.

Dans les ouvrages pour jeunes parents, nous pouvons trouver parfois de petits conseils d’une grande valeur. Souvent un brillant conseil peut éviter des mois ou même des années d’hésitations et de frustration, et peut sortir une famille d’une impasse dans laquelle elle se trouve.

Cependant, nous rencontrons parfois, des questions ou des situations qui nous prennent au dépourvu et nous désarçonnent quant à notre capacité à réagir comme il se doit. Dans ce genre de situation, notre réaction typique se résume en général à un sourire ahuri ou à une hésitation confuse qui révèle notre manque de connaissance et notre grande incertitude à propos de la manière d’élever nos enfants.

Conscient de la curiosité grandissante des enfants et de l’angoisse montante de nombreux parents, nous avons décidé de recueillir pour vous un certain nombre de conseils pratiques basés sur la sagesse de la Kabbale authentique relatifs à l’éducation et les grandes questions des petites personnes.

A toute question - une réponse

Etre parent - ne sera jamais un travail facile. Au-delà du manque de sommeil, de l’inquiétude de l’entretien et de la santé des enfants, se trouve le vrai défi : apporter une réponse à chaque question posée. La plupart d’entre vous connaissent la situation où votre charmant babin ouvre ses grands yeux innocents et pleins de curiosité, et vous assaille sans pitié de questions sur le sens de la vie, et son but. Dans un tel cas, le fait d’être fan de Dr. Spok ou lecteur assidu de Tracy Hogg (auteur des « Secrets d’une charmeuse de bébés ») n’est d’aucune aide et la plupart resteront sans réponse car précisément ce genre de question ne trouve pas de réponses dans ces livres.

C’est la raison pour laquelle nous avons choisi de consacrer notre première astuce à la question de comment répondre aux grandes questions des petites personnes, qui grandissent chez nous à la maison. Devons nous leur dire ce que nous pensons, même si la réponse n’est pas vraiment « facile à digérer », ou bien devons nous éviter une réponse confuse et leur laisser faire face à cette question par eux mêmes à une étape plus avancée de leur vie ?

Toujours dire la vérité mais toujours avec tact

« Soyez sincère avec les enfants, sincère jusqu’au bout alors les choses seront les plus simples, autrement vous ne gagnerez pas leur confiance, car les enfants sont sensibles à toute fausseté de votre part.» (Janusz Korczak)

Avant tout, sachez que les enfants sont naturellement extrêmement sensibles. S’ils voient qu’on leur cache quelque chose, cela peut bouleverser toutes les relations de confiance et de respect réciproque qu’ils ont envers leurs parents. Par conséquent, si vous disposez d’une information importante ou d’une compréhension profonde de la vie, ne la cacher pas à vos enfants. Ils ont soif de cette information.

Il est toujours préférable de ne pas dissimuler la vérité, mais en même temps, vous n’avez pas besoin de les surcharger de sujets pour lesquels ils ne sont pas prêts émotionnellement. Dans les faits, si la vérité n’est pas facile à dire, essayez de la simplifier et de l’adapter au monde imaginaire de l’enfant, délicatement et sans menace afin de ne pas faire pression sur lui. Rappelez-vous que toute histoire racontée à vos enfants devient pour eux véritable et vivante. Votre obligation en tant que parent est d’être sensible au développement émotionnel et intellectuel de vos enfants. C’est uniquement en fonction de leur préparation émotionnelle que vous pourrez leur dévoiler un voile supplémentaire de cette sagesse de la vie que vous avez acquise au cours des années.

Par conséquent, il est parfois préférable d’attendre que la demande vienne de sa part, afin qu’il ne ressente pas qu’on le «gave» de données qu’il n’a jamais demandé à connaître. La manifestation de son désir est pour vous un signe qu’il est prêt à assimiler une réponse plus approfondie. Soyez attentifs, et observez ses réactions à ce que vous lui racontez, c’est la seule façon de vous assurez que vous ne le chargez pas de choses qui le perturbent.

Si vous ne connaissez pas la réponse véritable à ses questions, n’ayez pas peur de l’admettre, mais n’esquivez pas vos responsabilités dans la recherche d’une réponse. Ensemble avec les enfants. Comme l’a dit une fois Albert Einstein : « Ce qui est important c’est de ne pas arrêter de s’interroger. »

La grande révolution des petits

En tant que parent, nous avons tendance à donner beaucoup de conseil à nos enfants, mais souvent ils font la sourde oreille, et font tout le contraire. Dans la plupart des cas, s’éveille en l’homme le besoin de faire précisément le contraire de ce que l’on lui explique et de découvrir des chemins meilleurs et plus adéquats que ceux que ses parents lui ont tracés, de vivre sa vie. Bien que cela ne réussissent pas toujours cette tendance n’épargne presque personne.

Tout le monde ou presque s’est révolté d’une manière ou d’une autre contre ses parents. Ceci dit, quand on observe notre progéniture qui grandit, une des choses dont nous avons le plus peur, est que nos enfants se comportent exactement comme ça.

D’où vient cette aspiration à se révolter contre tout ce qu’a décidé la génération précédente et comment y faire face le plus efficacement possible, sans imposer notre point de vue ni sans porter préjudice à l’évolution de l’enfant ?

 

Conseiller sagement - un conseil franc et amical

« Instruit le jeune selon son chemin, lors même qu’il sera devenu vieux, il ne s’en éloignera point. »
(Proverbes, 22.6)

La Kabbale explique que lorsque l’on demande à l’homme de changer, il s’y oppose de façon naturelle, car l’aspiration au changement ne provient pas de lui, et il ne ressent pas l’utilité qui en découlera. Dans la plupart des cas, il a raison. Pourquoi ? Parce que les nombreux conseils reçus de nos parents proviennent d’un modèle de pensée qu’ils ont assimilé dans leur enfance, et ce dernier leur convient à eux- mais pas à nous. De là, il découle qu’inconsciemment leurs conseils leur sont davantage utiles à eux qu’à nous, et par conséquent nous ne les acceptons pas.

De la même manière, il est important de savoir qu’inconsciemment, en chaque parent se niche le désir que leurs enfants suivent leurs traces. Par conséquent le monde des concepts que nous leur donnons est celui de nos propres valeurs.

Afin de créer une base pour une bonne et saine communication avec nos enfants, nous devons comprendre que chaque nouvelle génération dispose de nouvelles valeurs, différentes, qui lui sont propres, et qui ne répondent pas à nos attentes. Si nous ignorons ce conflit- entre le désir parental et le nouveau degré de développement de l’enfant - cela se terminera inévitablement en révolte.

L’observation de la nature de l’homme a amené les kabbalistes à la conclusion que l’unique chance de voir l’enfant écouter ses parents est si l’enfant ressent qu’il a quelque chose à gagner en suivant le conseil de ses parents. Par conséquent, toute la sagesse est de lui donner un conseil ou une explication qui apportera à l’enfant le sentiment qu’en le suivant, il en tirera un bénéfice personnel qui n’est pas forcément lié au parent. Pour cela, le parent doit être franc avec lui-même, et analyser l’essence de son conseil - en se demandant à chaque fois à qui sert véritablement le conseil donné ?

Il est important que le conseil ne vienne pas sous la forme de « Fait - ou - ne fait pas » mais qu’il soit formulé afin de permettre à l’enfant de comprendre par lui-même et de lui-même, ce qu’il doit faire. Ainsi, il ne ressentira pas que l’on le contraint à un certain itinéraire dans sa vie, mais il ressentira que l’idée de changement provient de lui de façon indépendante.

Une autre chose intéressante expliquée par les kabbalistes est qu’au fond de son cœur l’enfant espère un véritable ami. Un de ses grands espoirs est de découvrir chez ses parents de véritables amis, voire même des frères. Au fond de lui, l’enfant est prêt à ce genre de relation avec ses parents. Par conséquent, il est souhaitable de créer un véritable dialogue avec les enfants, les parents doivent apprendre comment devenir autant un ami qu’un grand frère. Ils doivent essayer de créer un système de relation de confiance réciproque qui ne soit pas basé sur les honneurs et le contrôle, mais sur une véritable amitié, et un partenariat - avec un but commun, quel qu’il soit, le tout reposant sur un amour inconditionnel.

Bonne chance !

Le développement d’un nouveau sens

Nous avons la sensation qu’il existe un monde, un univers entier qui nous entoure. Par contre, ce que nous ne réalisons pas c’est qu’il y a une autre partie de l’univers que nous ne ressentons pas. Appelons cela, la partie « supérieure » de l’univers.

Actuellement, nous percevons ce que nos cinq sens peuvent assimiler mais ceux-ci nous permettent seulement l’accès à une portion de l’univers appelée « notre monde ». Néanmoins, les kabbalistes nous expliquent que nous possédons la capacité d’y pénétrer plus profondément. A travers notre monde, nous pouvons examiner de près la nature et percevoir le Monde Supérieur. Regardons de plus près comment nous y prendre.

Nous percevons notre monde au moyen de nos cinq sens : la vue, l’ouie, le goût, l’odorat, le toucher. Nous avons également fabriqué des instruments tels que les microscopes ou les télescopes qui élargissent le champ de perception de nos sens. Cependant tous les instruments que nous avons conçu peuvent seulement accroître la perception de nos sens et donc ils ne nous laissent pas percevoir ce qui est au delà de la réalité qu’on appelle « notre monde ».

Encore une fois, toutes les recherches entreprises dans notre monde se trouvent confinées à nos cinq sens. Et tant qu’on limitera à ceux-ci, nous ne serons pas en mesure de voir, de sentir ni de comprendre ce qui se trouve au delà de nos sens.

Notre imagination est aussi le produit de nos cinq sens et les expériences qui en découlent. Nous sommes incapables d’imaginer un objet ou bien une créature à moins qu’elle ne ressemble à quelque chose qui soit familier à ces cinq sens.

Par exemple, si vous demandez à quelqu’un de dessiner un extraterrestre, il va le faire selon les éléments qui lui sont connus dans le monde. Et si vous demandez à quelqu’un d’écrire un scénario fantastique, il parlera certainement de quelque chose qui est très proche de notre monde.

Nous vivons dans un tout petit monde et nous ne sommes pas capables de ressentir ou d’imaginer quoi que ce soit en dehors de lui. Et puisque nos sciences et philosophies sont aussi limitées à la perception de nos cinq sens, elles ne peuvent pas nous aider à comprendre ce qui se trouve au-delà de ce monde. Donc pour pénétrer les coulisses de ce dernier et reconnaître les forces qui ont un effet sur lui, nous avons besoin d’un nouveau sens.

La sagesse de la Kabbale offre à l’individu une méthode pour développer ce sens additionnel, dissimulé, qu’on appelle « un écran ». A l’aide de l’écran on peut pénétrer à travers notre monde pour découvrir des couches plus profondes et internes de notre réalité ayant une influence à notre niveau. Ainsi, les kabbalistes appellent ces couches les Mondes Supérieurs. Ces mondes sont comme les bulbes d’un oignon et notre monde se trouve au milieu de ces mondes.

Pour résumer, nous ressentons de façon naturelle seulement la sphère la plus profonde de toute l’existence, mais les kabbalistes expliquent que « ce monde » est juste un petit fragment de la véritable réalité. C’est le fragment que nous ressentons avec nos cinq sens innés. Mais si on arrive à développer le sens supplémentaire appelé « l’écran » nous ressentirons les Monde Supérieurs que les kabbalistes perçoivent. C’est cela que la Kabbale nous apprend : comment acquérir un écran.

Les réseaux sociaux, internet, et notre égo

Le rythme effréné de notre vie moderne, les changements incessants et la multitude de moyens de communication ne résolvent pas le problème de la solitude. Il est de plus en plus difficile de connaitre de nouvelles personnes, en particulier pour la construction d’une famille.
Une étude allemande récente réalisée par Johann Hershel démontra que près de la moitié de la population urbaine vie de manière isolée, et cette tendance va en s’accroissant. La globalisation et l’individualisation détruisent les liens sociaux. Téléphones cellulaire ou Internet augment le l’éloignement. La communication anonyme se développe, ainsi que les rencontres virtuelles mais pas les rencontres en face à face.
La Kabbale explique que cela est l’expression de l’égo immense qui se dévoile de nos jours, comme le développement d’un cancer qui se propage par étape et menace de tout avaler. Cependant, au final cet égo finira par nous pousser à désirer de changer de nature, pour pouvoir survivre à nous même.

Juste lever la tête

En pleine nuit, deux hommes se tiennent dehors.

- Pourquoi ce sourire ? demande le premier.
- A cause de la lune, répond le second qui continue de sourire.
- A cause de quoi ?!
- De la lune, il pointe la lune du doigt mais son ami ne lève même pas la tête
- La lune ? Quelle lune ?
- Là, là-haut s’enthousiasme son ami, juste au dessus de toi, de couleur jaune.
- Jaune ! Oooh ! Impressionné par la nouvelle, il part raconter cela à tout le monde.

Une demi-heure plus tard, une foule immense s’assemble autour de l’homme qui a vu la lune :

- Ô maitre ! Parle-nous de la lune ! lance une voix pleine de respect mêlée de crainte, en provenance de la foule.
- Il n’y a rien à raconter ! Levez vos têtes et vous verrez par vous-même !

Quelqu’un, sans détacher son regard du professeur, écrit avec application dans un carnet : « Il faut lever la tête - et la lune se dévoilera, un cercle jaune, sur le fond noir du ciel »

- Qu’est-ce que tu écris ? demande l’homme avec suspicion.
- Quelqu’un doit conserver cet enseignement pour les générations à venir, et si je ne le ferais pas, alors qui ?
- Quel enseignement ?! Simplement levez la tête !!!
- « Lever la tête - ce n’est pas compliqué, extrêmement simple » continue d’écrire l’étudiant.

A cet instant l’homme lui donne un coup de poing au menton, et durant un bref instant l’élève aperçoit une tâche jaune.

- Qu’est-ce que c’était professeur ?
- La lune !
- Oh ! J’ai vu la lune ! J’ai vu la lune !
- Il a vu la lune ! Crie la foule, émue, autour de celui qui vient de voir la lune, encore en train de se frotter le menton.

Désespéré du spectacle, l’homme renonce à tout ça et s’en va, continuant d’admirer la pleine lune.

Après 2000 ans, quelqu’un lit un texte à propos de la découverte de la lune, et soupire longuement :

- A cette époque le professeur était proche, et pouvait donne un coup de poing au bon moment. Même s’il se trouve encore des gens qui disent qu’un seul livre suffit, et qu’ils voient la lune chaque nuit, qui croire de nos jours ? Peut-être que tout cela n’est qu’une légende sans fondements…

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