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26 mai 2012

Le secret de Harry le magicien

Ces dix dernières années, un phénomène littéraire sans précédent est apparu. Son nom: Harry Potter. A ce jour, la série de sept livres s’est vendue à plus de 325 millions d’exemplaires dans le monde. L’histoire d’Harry Potter a été traduite en 65 langues, dont certaines des plus rares, telles que le Latin et le Zoulou. Le dernier livre de la série s’est vendu à huit millions d’exemplaires le jour de sa sortie et aux Etats-Unis, des milliers d’exemplaires furent vendus chaque heure. Pour comprendre l’ampleur de son succès, sachez que le seul livre qui ait vendu plus d’exemplaires que la série Harry Potter, est la Bible.

La raison de tout ce bruit

Harry, le gentil garçon à lunettes qui va à l’Ecole de sorciers et de sorcellerie de Poudlard, doit combattre de méchants sorciers et monstres pour sauver l’humanité. Les combats d’Harry ne sont pas un phénomène unique. Le petit sorcier représente le sommet d’un attrait général croissant pour le fantastique d’où le succès du jeune Potter.

Harry s’est également retrouvé sur les écrans. Ainsi, après Matrix ou le Seigneur des anneaux, Harry fait la une des box office à plusieurs reprises. Nous pouvons citer bien d’autres exemples mais l’idée est claire: le monde de l’imaginaire nous attire. Quel est l’ingrédient magique? Qu’essayons nous d’y trouver et qui ne se trouve pas ailleurs? Croyons-nous vraiment que de tels lieux enchantés et forces magiques existent, ou bien essayons-nous seulement de fuir une réalité déprimante?

Un voyage aux pays des merveilles

Au plus profond de nous, existe une aspiration inhérente à découvrir un niveau différent de la réalité - complet et libre, non limité par le temps ni l’espace. Inconsciemment, se trouve en nous un besoin de comprendre les forces qui régissent l’image de la réalité que nous voyons.

Dans une certaine mesure, les romans fantastiques s’adressent à cette nécessité et nous apportent un substitut temporaire qui comble notre besoin pour une dimension plus profonde qui manque à notre vie. Ils nous font pénétrer dans des mondes alternatifs, enchantés et mystérieux et nous parlent d’autres dimensions gouvernées par des fortes puissantes légendaires qui peuvent changer notre monde.

L’enfance est une excellente période pour se poser des questions sur le sens de la vie. Souvent, avec l’innocence infantile, nous essayons de clarifier qui nous sommes et d’où venons nous. Lorsqu’un être cher disparaît, nous sommes amenés naturellement à nous poser les questions sur le sens de la vie et la mort.

Les histoires de fantaisie offrent des réponses magiques aux questions auxquelles il difficile de répondre, nous nous plongeons dans les pages pour des destinations éloignées et inconnues où d’extraordinaires aventures se passent et dont nous revenons toujours sain et sauf. Le problème est qu’en grandissant, la vie devient monotone et terne, comme celles des Moldus la communauté des non magiciens.

En grandissant nous devenons des adultes «responsables», nous oublions nos questions sur la vie et les enterrons sous nos inexorables obligations du monde des adultes. Notre intérêt croissant pour les histoires imaginaires augmente parce que les complications de nos vies au 21ème siècle réveillent notre désir pour une réalité alternative que l’on souhaiterait plus attirante.

Quête spirituelle ou fuite de la réalité ?

Est-il envisageable d’expliquer la popularité de l’ouvrage de Rowling comme une forme d’aspiration inconsciente à une forme de spiritualité sous quelque forme que ce soit?

Vous vous souvenez du quai Neuf et Trois quart à la gare de King’s Cross de Londres? Le jeune Potter, par une lettre de L’école des sorciers et de sorcellerie de Poudlard, doit se présenter sur ce quai pour monter à bord du train en direction du monde des sorciers. Cependant pour parvenir à ce quai, Harry doit franchir un mur de pierre, la barrière entre notre monde (Modlu) et le monde des sorciers. Sans l’aide d’une femme grassouillette, il n’aurait jamais su ce qu’il devait faire pour franchir ce mur.

De façon identique, dans l’une de ses lettres, le Baal HaSoulam, kabbaliste du 20ème siècle, a expliqué à ses étudiants une histoire relative à l’entrée dans le monde spirituel. Lui aussi, la décrit comme un mur, mais au lieu de le traverser directement, tout ce dont vous avez besoin est d’acquérir la bonne intention et le mur disparaîtra. Remplacer la femme grassouillette par des livres de Kabbale et des professeurs, qui vous décrivent ce que vous devez faire pour acquérir la correcte intention.

Néanmoins, à la différence de la Kabbale qui se pose comme une méthode pour atteindre le spirituel, la saga de J.K Rowling nous offre d’avantage un agréable voyage qui nous détache de la réalité pour quelques heures de lectures, la dernière acrobatie imaginative pour les grands et les petits, qui permette, aux grands surtout, de voler quelques instants de calme à une vie sans dessus dessous.

Cependant, le monde enchanté qu’ont recherché Alice, Narnia, le magicien d’Oz ou Harry Potter est là, à deux doigts, pas dans une autre vie, mais dans une autre intention. La vraie magie est en nous, et le monde qui gouverne cette magie est «l’amour». Pour découvrir ce monde merveilleux, il nous faut juste traverser le mur, celui qui est en nous, dans notre cœur et qui nous isole dans notre égo.

C’est la raison pour laquelle les kabbalistes nous ont laissé leurs ouvrages qui peuvent restaurer le charme que nous avons perdu et nous montrer que sommes destinés à la grandeur.