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26 mai 2017

Histoire de la Kabbale : Le Ari

Le Ari est une éminente figure de l’histoire de la Kabbale. Il a transformé la méthode centenaire kabbalistique afin que la Kabbale ne soit plus une sagesse réservée à des privilégies dotés d’une âme particulière. Sa méthode fut mise au point en préparation des temps modernes, quand les masses utiliseraient la sagesse de la Kabbale s’élever spirituellement.

Le Ari, dont le véritable nom était Isaac Louria Ashkenazi, est né au 16ème siècle à Jérusalem. Il vécu les débuts d’une l’ère en renouveau, l’époque à laquelle le Moyen Age se vit rapidement remplacé par la Renaissance, où les premiers bourgeons d’une nouvelle civilisation commençaient à émerger. Cependant, au delà d’un développement technologique et culturel, les gens commencèrent également à se développer spirituellement, à aspirer à quelque chose de plus élevé, et à découvrir la source de leur vie. C’est précisément ce nouveau désir surgissant dans l’humanité qui permit au Ari de formuler la méthode kabbalistique, afin de l’adapter au nouveau désir spirituel des masses.

Il était très jeune lorsqu’il commença à s’intéresser aux textes sacrés et dévoua tout son temps à étudier les textes kabbalistiques, comme les manuscrits sacrés. Il acquit très rapidement tout le savoir kabbalistique qui fut atteint avant lui et devint un maître spirituel renommé à l’âge de 35 ans.

Le Ari dirigeait une école kabbalistique dans une petite ville au nord d’Israël appelée Safed. Là-bas il expliqua son savoir spirituel et la sagesse de la Kabbale. Cependant il ne fit pas qu’enseigner la connaissance acquise par ses prédécesseurs; il présenta également la sagesse de la Kabbale sous un nouvel aspect, permettant aux générations futures d’étudier le monde spirituel avec ses livres.

Cependant, il n’enseigna que très peu de temps : trois ans après son arrivée à Safed, il décéda, alors âgé de 38 ans. Il senti que parmi tous ses étudiants, un seul l’avait suffisamment compris pour continuer à étudier son enseignement spirituel. Cet étudiant avait 28 ans, Chaim Vital, qui pendant cette année et demi étudia avec le Ari, et pris note de tout ce qu’il entendit. Quand le Ari décéda, Chaim Vital fut le seul disciple à être autorisé à continuer et à publier le travail du Ari.

Tous les textes d’étude kabbalistique du Ari font partie des notes prises par Chaim Vital, pendant un an et demi. Ils forment une vingtaine de volumes, dont le plus important est L’Arbre de Vie. Ce texte examine l’origine de Vie et l’Essence de la Création ou l’Homme. Principalement il traite de la Force Générale de la Nature qui gouverne toute chose et leur donnant vie. Le Ari nomma cette force « Lumière Supérieure ». Ici vous trouverez un extrait du livre L’Arbre de Vie.

Sache qu’avant l’émanation, la création des créatures, seule existait la lumière supérieure qui, simple et infinie, emplissait l’univers dans son moindre espace. Il n’y avait ni premier, ni dernier, ni commencement, ni fin, tout était douce lumière harmonieusement et uniformément équilibrée, en une apparence et une affinité, parfaites, et s’appelait la Lumière Infinie.

La grande réussite du Ari est d’avoir rendue la méthode de la Kabbale en usage depuis des milliers d’années – utilisable par la nouvelle génération. Avant lui, la méthode n’était uniquement destinée qu’à des gens spéciaux dont l’âme possédait déjà des qualités spirituelles uniques. Après le Ari, la Kabbale peut être utilisée par les masses, par toute personne désirant vraiment une ascension spirituelle, sans considération d’âge, de sexe ou de nationalité. Grâce au Ari, nous pouvons tous maintenant apprendre la sagesse de la Kabbale, découvrir le but de la création et atteindre une sensation de la Lumière Supérieure.

De plus, le Ari traça le chemin pour que la Kabbale devienne une science moderne. Il fut le premier kabbaliste à décrire en détail la sagesse du Monde Spirituel dans un langage moderne et scientifique. Avant lui, les kabbalistes avaient exprimé le même savoir dans un langage de légende, à travers des codes mystérieux, des histoires fantastiques et autres… Leurs textes ne pouvaient être correctement interprétés que par d’autres kabbalistes et restaient généralement cachés aux lecteurs non érudits.

C’est la raison pour laquelle le Ari forma les nouvelles bases de la Kabbale, en créant une méthode qui réponde au nouveau désir de spiritualité de sa génération et des suivantes. La méthode kabbalistique utilisée aujourd’hui par des millions de personnes est aussi basée sur le travail du Ari et son livre L’Arbre de Vie qui reste le livre d’étude fondamental utilisé par les étudiants en Kabbale.

Une progression en 125 étapes

Sache qu’avant la création, seule existait la Lumière Supérieure qui, simple et infinie, emplissait l’univers dans son moindre espace.

Le Ari, L’Arbre de Vie.

Le terme «Lumière Supérieure» se réfère au Créateur, dont le seul désir est de donner l’abondance infinie. Pour réaliser son désir de donner l’abondance, le Créateur (Bore) a créé une créature qui serait en mesure de recevoir qu’Il veut donner. L’origine du mot Bara (créé) vient du mot Araméen Bar (à l’extérieur), et signifie « faire sortir ». La relation entre le Créateur et l’être créé est une relation entre l’intériorité et l’extériorité, le Créateur étant l’intériorité et la créature étant extérieure à Lui.

La Séparation Renforce

Pour la créature, le contact avec le Créateur est le plus grand plaisir possible. Dans un tel état, la créature n’a aucune indépendance car elle est entièrement dominée par le plaisir. Pour que la créature fasse l’acquisition d’un désir indépendant et libre de l’emprise du plaisir, et bâtir une relation authentique avec le Créateur, la créature doit être détachée de la source du plaisir, le Créateur. C’est seulement dans cet état que la créature est en mesure de sentir qu’elle progresse vers le Créateur indépendamment et de sa propre volonté.

Tout comme un père désire que son fils lui ressemble en grandissant, le Créateur s’éloigne progressivement de la créature, pour lui permettre d’apprendre comment atteindre le stade du Créateur par elle-même. Cependant le détachement du Créateur ne se fait pas en une seule fois. Il s’agit d’une «descente progressive» sur 125 degrés, jusqu’au degré appelé «ce monde».

125 degrés

Comme nous venons de voir, le déclin de la créature est fait pour lui permettre de retourner au Créateur, ce  qu’elle doit faire cette fois indépendamment. Chaque diminution de degré représente la distance qui s’accroît jusqu’à atteindre  le détachement total. Lorsque la créature choisit de retourner au Créateur et de gravir l’échelle spirituelle, elle surmonte la distance avec le Créateur et renforce son lien avec Lui.

Durant ce processus, la créature gagne l’indépendance et devient finalement l’élément le plus intérieur de la création,  elle s’unit alors au Créateur.

De Haut en Bas, et de Bas en Haut

Le processus de détachement se termine par le morcellement de la créature en une myriade de parties, appelées «âmes». A la fin du processus, ces parties tombent dans l’endroit le plus éloigné, le plus extérieur vis à vis du  Créateur : ce monde.

Cet état, dans lequel l’existence du Créateur est totalement dissimulée aux âmes, est appelé le « monde matériel ». Son but est de permettre à une personne de choisir le retour au Créateur, au lieu de ce monde, et qu’elle le fasse de son plein gré.

L’humanité a traversé un processus prolongé qui a obscurcie notre lien avec le Créateur, jusqu’au point de total détachement qui est le nôtre.

A présent, nous sommes devant le choix de commencer notre remontée graduelle et consciente à notre racine, le Créateur. La sagesse de la Kabbale qui se révèle de nos jours est une méthode destinée à nous guider sur le chemin spirituel au long de ces 125 degrés, jusqu’au retour de la sensation de la réalité complète: le Créateur.

Dans son article, «L’Essence de la Sagesse de la Kabbale», le Baal HaSoulam écrit à ce propos : « On divise généralement la sagesse de la Kabbale en deux ordres identiques et parallèles, telles deux gouttes d’eau. La seule différence est que le premier ordre est amené d’en haut vers ce monde ici-bas, et que le second ordre commence et monte de bas en haut, précisément selon les mêmes chemins inscrits dans leur racine, lorsqu’ils commencèrent leur descente de haut en bas. »

L’arbre de Vie - extrait du Ari

Sache qu’avant la création, seule existait la lumière supérieure
Qui, simple et infinie, Emplissait l’univers dans son moindre espace.
Il n’y avait ni premier, ni dernier, ni commencement, ni fin
Tout était douce lumière harmonieusement et uniformément équilibrée
En une apparence et une affinité parfaites,
Quand par Sa volonté furent créés le monde et Ses créatures,
Dévoilant ainsi Sa perfection,
- source de la création du monde -
Voici qu’Il se contracta en Son point central,
Il y eut alors restriction et retrait de la lumière,
Laissant autour du point central entouré de lumière
Un espace vide formé de cercles.
Après cette restriction, d’En-haut vers En-bas
Un rayon s’est étiré de la lumière infinie
Puis est descendu graduellement par évolution dans l’espace vide.
Épousant le rayon, la lumière infinie dans l’espace vide est alors descendue,
Et tous les mondes parfaits furent émanés.
Avant les mondes, il n’y avait que Lui,
Dans une Unité d’une telle perfection,
Que les créatures ne peuvent pas en saisir la beauté,
Car aucune intelligence ne peut Le concevoir,
Car en aucun lieu Il ne réside,
Il est infini, Il a été, Il est et Il sera.
Et le rayon de lumière est descendu
Dans les mondes, dans la noire vacuité,
Chacun de ces mondes étant d’autant plus important
Qu’il est proche de la lumière,
Jusqu’à notre monde de matière, au centre situé,
A l’intérieur de tous les cercles, au centre de la vacuité scintillante,
Bien loin de Celui qui est Un, bien plus loin que tous les autres mondes,
Alourdi à l’extrême par sa matière,
Car à l’intérieur des cercles il est,
Au centre même de la vacuité scintillante

Le Ari, Grand kabbaliste du XVI°siècle, extrait de «L’Arbre de Vie»

L’Arbre de Vie

L'arbre de vie« Sache qu’avant la création, seule existait la lumière supérieure qui, simple et infinie, emplissait l’univers dans son moindre espace.» Le Ari - extrait de l’Arbre de Vie.

Rabbi Isaac Louria (Le Ari) fut, au XVI0siècle, le plus grand kabbaliste de Safed (une ville célèbre pour ses kabbalistes dans le nord d’Israël). Il est aussi l’un des personnages les plus importants et les plus remarquables dans l’histoire de la Kabbale.

Enfant, Le Ari se confinait dans sa chambre des jours durant. Il étudiait Le Livre du Zohar, livre majeur de la Kabbale, essayant d’en découvrir sa signification secrète et sublime. Selon une légende, il aurait reçu «la révélation d’Elie» et que «c’est de lui» qu’il étudiait le Zohar.

Il est difficile de décrire l’importance et la stature du Ari. A Safed, Le Ari dirigeait un groupe de kabbalistes, connu sous le nom des «louveteaux du Ari». Il y avait parmi ses membres, Rabbi Salomon Elkabetz, compositeur du fameux chant Lekha Dodi, et le beau frère du Ari, le grand kabbaliste Rabbi Moïse Cordovero (Le Ramac), auteur du livre Pardes Rimonim (le Verger des grenades). Bien que le Ramac mourut moins d’un an après l’arrivée du Ari à Safed, il fut le premier à reconnaître la grandeur du Ari et fut à la fois son étudiant et son ami.

Quelque temps avant sa mort, voici ce qu’a dit le Ramac à ses étudiants: «Sachez qu’il y a un homme qui est assis ici, qui s’élèvera après moi et illuminera les yeux de la génération avec la sagesse de la Kabbale. De mes jours les canaux étaient bloqués, ils lui seront ouverts. et sachez que c’est un grand homme, une étincelle du Rashbi (Rabbi Shimon Bar-Yochai)». Le Ramac désigna le Ari pour lui succéder et demanda à ses étudiants de l’accepter comme leur professeur.

Auteur de l’Arbre de Vie (Etz Chaim) - ainsi que de nombreux autres écrits réunis sous une série de huit livres, appelés Shmona She’arim (Les Huit Portiques). Nous pouvons trouver dans cette série, entre autre, une explication intelligible et fascinante du concept de la réincarnation. L’Arbre de Vie fut bien plus tard commenté par le Baal HaSoulam dans un ouvrage nommé Talmud Esser HaSefirot, dans lequel le Baal HaSoulam rédige sur plus de 2000 pages une explication qui inclut véritablement toute la sagesse de la Kabbale.

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