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23 avril 2017

Ouvrir les portes de la sagesse de la Kabbale

«Il y a longtemps maintenant que ma conscience me pousse à sortir du silence et à mettre au point une synthèse des concepts fondamentaux s’appliquant … à la sagesse de la Kabbale, pour la diffuser parmi la nation afin que les gens en arrivent à comprendre ces notions élevées

C’est en ces termes que le Baal HaSoulam, kabbaliste de la première moitié du 20ème siècle, ouvre son ouvrage Matan Torah, qu’il publie en 1933, dans lequel il dévoile au quidam les fondements de la sagesse de la Kabbale.

Aujourd’hui, 74 ans après, des centaines de milliers de personnes dans le monde entier étudient la Kabbale, sous une forme ou une autre. Comment comprendre ce phénomène, alors que la Kabbale fut dissimulée pendant des siècles? Erreur? Ou événement programmé? Regardons ce qu’écrivent à ce propos les kabbalistes, premiers intéressés, s’il en est.

Dévoiler tous les secrets

«Notre génération se trouve au seuil de la rédemption, si seulement nous savions seulement comment diffuser la sagesse de la Kabbale parmi les masses.» (Baal HaSoulam, Orh HaBahir)

Le vingtième siècle a amené avec lui de grands changements dans le développement de l’humanité. L’accélération du progrès et les changements engendrés, ont créé dans l’humanité un besoin pour le spirituel comme il n’y en avait jamais eu auparavant et ont ouvert une nouvelle étape, dont ont parlé les kabbalistes tout au long des générations. Il se peut que pour certains d’entre nous les choses n’aient pas vraiment changé et que les temps ne soient pas encore venus d’étudier la Kabbale, néanmoins les plus grands kabbalistes semblent d’un avis différent. Dans leurs ouvrages, ils ont exprimé le fait qu’à notre époque, non seulement il serait permis d’étudier la sagesse de la Kabbale, mais que chacun d’entre nous serait tenu de l’apprendre.

Déjà, dans le livre du Zohar (VaIra, page 117) il est écrit qu’à partir de 1840 la sagesse de la Kabbale commencerait à se diffuser aux masses. Au 18ème siècle le Gaon de Vilna écrit à propos de l’importance de l’étude de la Kabbale (Even Shlema, chapitre 11, § 3). Isaac de Kamarna dans son ouvrage «Notsar Hessed» va jusqu’à permettre l’étude de la Kabbale aux enfants: «si ma génération écoutait ma voix, elle aurait déjà étudié le Zohar depuis l’âge de neuf ans.». Itzhak Ben Tsvi Ashkenazy, mentionne également dans son ouvrage «Taharat Kodesh», le fait que tout homme se doit d’étudier cette sagesse.

De même, le Rav Kook, écrit que «les grandes questions spirituelles qui n’étaient résolues que par les grands kabbalistes, doivent être désormais résolues à différents degrés à tout le peuple» (Edar haYekar ve Ikvey aTson, p. 144).

Cependant, pour rendre cela possible il fallait expliquer la Kabbale dans une langue simple et claire, qui ne laisserait pas de place à l’erreur pour celui qui souhaiterait l’étudier. A cette fin, le Baal HaSoulam, décida de consacrer toute sa vie, et rédigea un commentaire général du Zohar dans un langage précis et systématique. Son but était de faire tomber toutes barrières et les idées reçues relatives au livre, et de l’ouvrir à toutes les âmes de notre génération. Dans son Introduction au Livre du Zohar, le Baal HaSoulam explique : «J’ai nommé le commentaire HaSoulam (l’échelle) pour montrer que le rôle de mon commentaire ressemble à celui d’une échelle. Si vous avez un grenier remplit de bonnes choses, il ne vous manque plus qu’une échelle pour l’atteindre, et alors vous aurez entre vos mains toutes les bontés existant au monde» (Introduction au Livre du Zohar, § 58).

Le commentaire du Soulam a pour but d’aider tout homme désirant parvenir à un degré spirituel qui lui permettra d’approfondir le livre du Zohar et de ressentir dans son cœur ce qui y est écrit.

Cinq questions sur la réalité

«Mon désir dans cette introduction est de clarifier certaines choses qui sont en apparence simples, et que toute personne pense appréhender, et sur lesquelles beaucoup d’encre a coulé pour les clarifier. Cependant, nous ne les avons toujours pas suffisamment ni réellement comprises.» (Introduction au Livre du Zohar, §1).

En plus du commentaire du Soulam, il ajouta une introduction claire et détaillée dans laquelle, il nous conduit pas à pas sur le chemin du développement spirituel que toute personne entreprend pour percevoir la force supérieure. C’est la raison pour laquelle, il commence son introduction en posant cinq questions fondamentales, celles-ci résument toutes les interrogations que l’humanité toute entière s’est posée au cours des temps : Quelle est notre essence ? Quel est notre rôle dans la longue chaîne de la réalité ? Ces questions en suscitent d’autres telles que : Que devons-nous faire de nos vies ? Où va le monde ? Pourquoi sommes-nous insatisfaits ? Et comment mieux vivre ?

Puis le Baal HaSoulam termine son introduction avec une explication de l’approche à adopter pour commencer l’étude de la Kabbale.

Accélérer la diffusion de la Kabbale

Tous les kabbalistes ont rêvé de notre génération, celle dans laquelle toute l’humanité pourrait découvrir les choses merveilleuses qu’ils ont dévoilées. Dans son introduction et son commentaire du Livre du Zohar, le Baal HaSoulam nous tend une corde et nous ouvre en grand les portes d’une sagesse dissimulée pendant des siècles. Il rendit également accessible de nombreux livres, dont les écrits du Ari, qui jusqu’à présent étaient «verrouillés à deux milles tours».

Dans tous ses écrits, le Baal HaSoulam affirme sans équivoque la nécessité de l’étude de la Kabbale et de sa diffusion. C’est pourquoi, il appela tout un chacun à consacrer du temps à la sagesse de la Kabbale et il demanda qu’en toute occasion soit publié des livres afin d’accélérer la diffusion de la sagesse.

Ainsi, la surprise, l’étonnement et parfois l’inquiétude, suscités par le soudain développement d’un intérêt pour la Kabbale ne semblent pas être partagés par les kabbalistes, qui dans leurs ouvrages considèrent ceci comme un événement attendu depuis longtemps. En effet, pour le Baal HaSoulam, tout comme pour les sages et kabbalistes des générations précédentes, seule la sagesse de la Kabbale peut élever le monde entier sur l’échelle spirituelle, ainsi qu’écrit Haim Vital, l’élève du Ari, «L’homme ne fut créé que pour étudier la sagesse de la Kabbale» (Haim Vital, Akdamat Markhou).