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27 mai 2017

De Keter à Malkhout

La nature du Créateur est de donner, Il créa un être qui puisse recevoir. A travers quatre étapes, l’être créé se développe, de Keter à Malkhout, jusqu’à ce qu’il retourne à son Créateur.

Qui d’entre nous n’as jamais entendu parler du «Shem Akadosh», du nom sacré ? Le nom qu’il est interdit de prononcer à haute voix ni même de murmurer.

Même lorsque nous l’écrivons, nous prenons grand soin de séparer les lettres: Youd - Hé - Vav - Hé. Cependant nous sommes nous déjà demandés quelle était l’origine de ce mot, et pourquoi était-il si spécial ?

tétragrame Dans un processus en quatre phases, la sagesse de la Kabbale décrit la formation du nom sacré, qui correspond également au développement de l’être créé, et en décrit l’usage fait par les kabbalistes dans leur chemin spirituel. Les étapes de ce développement s’appellent selon les kabbalistes «les 4 phases de la lumière directe» ou «Dalet bhinot de or yashar»

Kotso shel Youd

La sagesse de la Kabbale nous explique qu’avant la création du monde, il n’existait que le Créateur, l’attribut de don. Cet attribut, les kabbalistes l’appellent «shoresh» ou racine, ou sefira Keter, et il apparaît dans le nom sacré comme le premier trait de la lettre youd, kotso shel youd.

Les kabbalistes poursuivent leur explication, et nous enseignent que l’attribut du Créateur est le don absolu, c’est pourquoi Il créa un être pour le remplir de plaisirs en abondance. L’homme est l’unique chose créé par le Créateur, ainsi sa structure est parfaitement adaptée pour recevoir l’abondance qu’Il a prévu à son intention. La création de l’être est la première étape de son développement et est donc appelée «Phase 1» ou «Bhina aleph», ou encore « Sefira Hokhma ». Cette étape est représentée dans le nom sacré par la lettre «youd».

Lors de la rencontre entre le Créateur et l’être créé, ce dernier ressent un plaisir suprême. En plus de ce plaisir une nouvelle sensation encore inconnue se révèle- la sensation de celui qui donne le plaisir. Lorsque l’être créé découvre qu’au-delà du très grand plaisir ressenti, existe quelqu’un qui donne, qui l’a créé et octroyé l’abondance, - se réveille alors en lui, un autre désir - être celui qui donne, tout comme le Créateur. Cela ressemble à l’histoire d’un homme fortuné qui offre à un homme démuni tout ce dont il manque, et quand le riche s’adresse au pauvre et lui demande: « Je t’ai donné tout ce que je possède, que pourrais-je te donner de plus pour te rendre heureux ?» Et le pauvre lui répondit : «Je veux être comme toi - donner».

Ainsi, au sein de la relation développée vis-à-vis du donneur du plaisir, naît la deuxième étape dans le développement de l’être créé. Il a ressenti pour la première fois qu’existe une force extérieure qui désire lui donner, et c’est pourquoi se réveille en lui le désir de ressembler au Créateur. Ce désir s’appelle la «Phase 2» ou «Bhina bet» ou «sefira Bina», représentée dans le nom sacré par la lettre «

L’être créé donne à son Créateur

Une fois que s’est réveillé en lui un nouveau désir, l’être créé commence à rechercher par quels moyens il peut donner au Créateur. Cependant, ici se pose la question suivante: Le Créateur a-t-il besoin de quelque chose de la part de l’être créé ? En effet, Il souhaite que l’être reçoive du plaisir et pas d’avantage. En connaissant le désir du donneur, l’être créé apprend comment, malgré tout, il est possible de donner au Créateur. Ce n’est qu’à la fin du processus qu’il trouve la solution à sa question. Il décide alors de recevoir toute l’abondance pour Lui faire plaisir, et ainsi Lui ressembler et donner au Créateur, tout comme le Créateur lui donne. Ainsi est créé la troisième étape dans le développement du désir appelé «Phase 3», ou Bhinat guimel» ou «Sefira Tiferet», ou Zeir Anpin, (en araméen: le petit visage). Ce désir est représenté dans le nom sacré par la lettre «vav».

Après que l’être crée ait vécu sa première expérience de don, se crée en lui un désir de jouir de la condition du Créateur. Il a découvert ce statut en effectuant un acte de don, en ressemblant au Créateur, à la racine. Désormais, il ressent que lui-même veut vraiment être comme le Créateur. C’est la quatrième étape du développement de l’être créé, et s’appelle «Phase 4» ou «Bhina Dalet»ou «sefira Malkhout», représentée dans le nom sacré par la dernière lettre «». Ce n’est que lors de cette dernière phase que le désir de l’être créé est considéré comme complet. Cette phase est prête à recevoir du Créateur toute l’abondance qu’Il a préparé à son intention.

La plus haute perception

Malkhout reçoit l’abondance qui lui arrive depuis la phase de Keter, à travers toutes les phases précédentes. Par conséquent, elle ressent et comprend parfaitement le comportement du Créateur envers elle. L’expression de Son attitude «bonne et bienfaisante» vis-à-vis de l’être créé est appelée le «Nom sacré». Nous devons cependant comprendre qu’il ne s’agit pas de la perception d’une chose se trouvant à l’extérieur de l’être créé.

La sagesse de la Kabbale nous explique que toute la réalité que nous percevons matérielle ou spirituelle, existe en nous et non en dehors de nous. Nous donnons différents noms à nos impressions de la réalité. De la même façon, les kabbalistes nomment le Créateur selon, leurs sensations qu’ils ont de Lui. Il s’ensuit que le nom Y-H-V-H est l’expression de la plus haute perception de la force supérieure, du Créateur atteinte par l’homme, et tous les autres noms ne sont qu’une perception partielle.

Le but de création est que l’être créé arrive à découvrir les Noms sacrés à l’aide d’un travail intérieur, spirituel, et ainsi, il préparera un endroit pour que le Créateur puisse remplir son âme d’abondance. La méthode qui enseigne à l’être créé comment transformer son récipient, dans lequel le Créateur peut se révéler, s’appelle la sagesse de la Kabbale.

Une progression en 125 étapes

Sache qu’avant la création, seule existait la Lumière Supérieure qui, simple et infinie, emplissait l’univers dans son moindre espace.

Le Ari, L’Arbre de Vie.

Le terme «Lumière Supérieure» se réfère au Créateur, dont le seul désir est de donner l’abondance infinie. Pour réaliser son désir de donner l’abondance, le Créateur (Bore) a créé une créature qui serait en mesure de recevoir qu’Il veut donner. L’origine du mot Bara (créé) vient du mot Araméen Bar (à l’extérieur), et signifie « faire sortir ». La relation entre le Créateur et l’être créé est une relation entre l’intériorité et l’extériorité, le Créateur étant l’intériorité et la créature étant extérieure à Lui.

La Séparation Renforce

Pour la créature, le contact avec le Créateur est le plus grand plaisir possible. Dans un tel état, la créature n’a aucune indépendance car elle est entièrement dominée par le plaisir. Pour que la créature fasse l’acquisition d’un désir indépendant et libre de l’emprise du plaisir, et bâtir une relation authentique avec le Créateur, la créature doit être détachée de la source du plaisir, le Créateur. C’est seulement dans cet état que la créature est en mesure de sentir qu’elle progresse vers le Créateur indépendamment et de sa propre volonté.

Tout comme un père désire que son fils lui ressemble en grandissant, le Créateur s’éloigne progressivement de la créature, pour lui permettre d’apprendre comment atteindre le stade du Créateur par elle-même. Cependant le détachement du Créateur ne se fait pas en une seule fois. Il s’agit d’une «descente progressive» sur 125 degrés, jusqu’au degré appelé «ce monde».

125 degrés

Comme nous venons de voir, le déclin de la créature est fait pour lui permettre de retourner au Créateur, ce  qu’elle doit faire cette fois indépendamment. Chaque diminution de degré représente la distance qui s’accroît jusqu’à atteindre  le détachement total. Lorsque la créature choisit de retourner au Créateur et de gravir l’échelle spirituelle, elle surmonte la distance avec le Créateur et renforce son lien avec Lui.

Durant ce processus, la créature gagne l’indépendance et devient finalement l’élément le plus intérieur de la création,  elle s’unit alors au Créateur.

De Haut en Bas, et de Bas en Haut

Le processus de détachement se termine par le morcellement de la créature en une myriade de parties, appelées «âmes». A la fin du processus, ces parties tombent dans l’endroit le plus éloigné, le plus extérieur vis à vis du  Créateur : ce monde.

Cet état, dans lequel l’existence du Créateur est totalement dissimulée aux âmes, est appelé le « monde matériel ». Son but est de permettre à une personne de choisir le retour au Créateur, au lieu de ce monde, et qu’elle le fasse de son plein gré.

L’humanité a traversé un processus prolongé qui a obscurcie notre lien avec le Créateur, jusqu’au point de total détachement qui est le nôtre.

A présent, nous sommes devant le choix de commencer notre remontée graduelle et consciente à notre racine, le Créateur. La sagesse de la Kabbale qui se révèle de nos jours est une méthode destinée à nous guider sur le chemin spirituel au long de ces 125 degrés, jusqu’au retour de la sensation de la réalité complète: le Créateur.

Dans son article, «L’Essence de la Sagesse de la Kabbale», le Baal HaSoulam écrit à ce propos : « On divise généralement la sagesse de la Kabbale en deux ordres identiques et parallèles, telles deux gouttes d’eau. La seule différence est que le premier ordre est amené d’en haut vers ce monde ici-bas, et que le second ordre commence et monte de bas en haut, précisément selon les mêmes chemins inscrits dans leur racine, lorsqu’ils commencèrent leur descente de haut en bas. »

La science de l’Homme

Pour comprendre le monde dans lequel nous vivons, nous nous servons des sciences traitant de la nature de ce dernier, telles que la physique, la chimie, la biologie, la botanique etc. Mais pour comprendre l’Homme, quelle science utiliser ?

Un colis prêt d’avance

Des siècles durant, la science s’est développée et de nouvelles découvertes se sont ajoutées dans le réservoir des connaissances de l’humanité - des connaissances scientifiques qui sont censées nous aider à améliorer notre vie sur la planète terre.

Aujourd’hui, la génétique est une des sciences les plus avancées, pénétrant les fondements les plus élémentaires du vivant, à tel point que l’homme y voit la source de solutions pour un avenir meilleur.

Les lois de la génétique que nous découvrons de nos jours nous dévoilent la nature de l’homme sous un jour surprenant, menant à davantage de questions sur notre humanité. Plus la recherche progresse, plus nous constatons à quel point l’homme n’est que le résultat de son génome et de son environnement. Nous sommes composés de gènes, d’hormones, et d’éléments informationnels qui nous arrivent comme un colis prêt d’avance qui s’appelle l’Homme.

Humain ?

Selon ces découvertes scientifiques, il semblerait qu’il n’y ait aucune différence entre les animaux, et les hommes. Pourquoi ? Car nous sommes tous « programmés » par la nature - la souris comme l’hirondelle, le rhinocéros comme l’homme. Nous sommes tous le résultat d’un génome, qui déterminent nos traits. Dans ce cas, y a-t-il une différence entre l’être humain et l’animal et si oui, laquelle?

La science de l’Homme

Grâce aux sciences traditionnelles nous pouvons analyser les degrés d’existence minérale, végétale et animale, mais il existe des lois de la nature que nous ne pouvons pas déceler, des lois qui nécessitent un niveau de perception plus élevé, correspondant au degré de l’homme. Ainsi, tout ce que nous étudions grâce aux sciences telles que la physique, la chimie, la biologie ou la zoologie ne peut nous dévoiler que les lois du monde minéral, végétal et animal, et pour trouver les lois qui régissent l’homme nous avons besoin de la science de la Kabbale dont c’est précisément le but.

Pourquoi étudier la nature de l’homme ?

La réalité dans laquelle nous vivons peut se diviser en deux : la partie qui nous est connue, dévoilée - et la partie inconnue, dissimulée.

Par exemple, la force de gravité qu’il est impossible de voir d’entendre ou de sentir, était inconnue et incomprise jusqu’à ce que la célèbre pomme tomba de l’arbre, et alors cette même loi devint une évidence aux yeux de toute l’humanité.

Cet aspect dissimulé de la réalité ne se résume pas uniquement aux forces physiques. Les kabbalistes nous expliquent que chaque détails de notre monde, à commencer par les mouvements des atomes, ou des grains de sable et jusqu’aux actions les plus destructrices de l’homme, tous sont activés par des forces appartenant à cette partie de la réalité qui nous est dissimulée.

La sagesse de la Kabbale est une sorte de microscope grâce auquel nous pouvons commencer à discerner le monde que nos cinq sens ne peuvent percevoir. Cela nous permet d’apprendre la nature de l’homme - ce que ne fait aucune autre science dans notre monde. Par conséquent, elle est appelé la sagesse du caché - car elle dévoile à l’homme le monde caché.

La science de l’Homme pour résoudre une crise humaine

A notre époque, le genre humain est face à une crise différente de celles vécues par l’humanité par le passé. La crise actuelle découle d’une incapacité de l’homme à trouver une réponse à la question primordiale qui fait de lui un homme. Cette fois le problème n’est ni la nourriture, ni l’argent, ou la connaissance mais il apparait de plus en plus clairement que le problème est au niveau de notre humanité - du sens de notre existence. Question dont la profondeur finit par se transformer en abysse si l’homme n’arrive pas à y apporter de réponse satisfaisante.

Uniquement, grâce à l’étude de la sagesse de la Kabbale, nous pourrons comprendre les lois générales de la nature et ainsi comprendre les relations entre nous et la réalité qui nous entoure.