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23 avril 2017

Zohar - Le Meneur d’ânes

«L’histoire de Rabbi Elazar qui alla voir Rabbi Yossi, et Rabbi Aba alla avec lui. Et un homme conduisait les ânes. Rabbi Aba dit : « Ouvrons les portes de la Torah, car maintenant est l’heure et le temps de nous corriger en chemin »

Tous les livres de kabbale, et à leur tête le livre du Zohar, décrivent une série de situations intérieures vécues par les kabbalistes au cours de leur chemin spirituel. Dans l’histoire ci-dessous, il s’agit de deux des dix grands élèves de Rabbi Shimon Bar Yochai. Elle ne raconte pas une excursion en Galilée - quand il est dit que deux kabbalistes « allaient rendre visite à Rabbi Yossi », il s’agit de leur désir de gravir les marches de l’échelle spirituelle et de s’élever à un degré supérieur. Ils ne peuvent s’élever à ce degré qu‘avec l’aide de la force d’en haut qui les attire,et à cette fin, ils doivent se corriger à un degré plus élevé. Tel le sens de l’expression « ouvrons les portes de la Torah ».

Deta’in Hamrey signifie en araméen ânier, ta’in qui veut dire donner un coup de couteau, et c’est le surnom de l’ânier, qui pique les ânes pour les faire avancer plus vite, et hamrey, vient du mot homer, matériau.

D’après la sagesse de la kabbale, notre matériau s’appelle égoïsme. Sur les marches de l’échelle spirituelle, il appartient à l‘homme d’apprendre à travailler avec son matériau, afin de se développer spirituellement.

La nature égoïste de l’homme est opposée à la nature spirituelle, et pour le forcer à avancer vers le prochain degré, il est nécessaire de le « poignarder ».

Les souffrances que l’homme vit ont un seul but : l’orienter pour attirer la « lumière qui le corrige». L’homme atteint cette lumière, l’unique moyen de changer sa nature égoïste, grâce à l’étude de livre de kabbale. Après avoir changé sa nature égoïste, il découvre les « secrets de la Torah », la réalité parfaite.

Ce n’est qu’après que lui furent révélés les secrets de la Torah, qu’il connaît « l’âne » qui est en lui, comment changer et dans quelle direction s’élever.

Quand ils commencèrent à découvrir les secrets de la Torah, l’ânier, qui se tenait derrière eux, se mit à leur poser des questions profondes, auxquelles ils ne purent répondre. Ces questions laissèrent Rabbi Eléazar et Rabbi Aba sans réponse.

L’ânier ressemble apparemment à un homme ordinaire, il marche à leurs côtés, tandis qu’ils « sont sur l’âne ». La signification de l’élévation spirituelle d’un degré à un autre est la correction de la partie égoïste supplémentaire des désirs de l’homme. Le meneur d’ânes pose aux kabbalistes des questions relatives aux lois qui leur seront révélées au prochain degré spirituel. Ils ne peuvent pas répondre à ces questions, car ils n’ont pas encore atteint ce degré spirituel. Les questions du meneur d’ânes leur révèlent qu’ils ne sont pas capables d’accéder au degré supérieur par leurs propres forces. C’est l’ânier qui les conduits vers le degré suivant, c’est la raison pour laquelle il s’appelle le meneur d’âne -c’est lui qui mène leur « âne » « Hamor », leur désir égoïste non réparé. Les deux kabbalistes découvrent la grandeur de ce « simple meneur d’âne » qu’ils avaient au début méprisé, l’ânier prend la « tête du convoi » et les fait avancer.

Le Zohar explique que « Deta’in Hamrey » est l’âme envoyée pour aider les âmes à s’élever de degré en degré sur l’échelle spirituelle. Sans cette aide, les deux kabbalistes n’auraient pas pu s’élever à un degré spirituel supérieur.

Au début il semble à l’homme que l’âme qui l’accompagne est « une âme ordinaire » et il ne la voit pas comme une aide envoyée à cette fin. L’homme ne doit aspirer qu’à ce changement, quand ce désir ardent atteint un certain seuil l’aide arrive. Ainsi, tout homme désirant déjà s’élever spirituellement, une « âme d’un plus haut degré » lui est envoyée qui l’aide et le guide sur les marches de l’échelle spirituelle.

Rabbi Eléazar et Rabbi Yossi, voulurent savoir et demandèrent à l’ânier : « Comment le Créateur fit pour que tu viennes à nous, nous permettant ainsi d’arriver à un degré supérieur? » Ce secret, le meneur d’ânes leur promit  de leur révéler dans le futur…

Cette lecture du Zohar évoque immédiatement pour chacun d’entre nous son « ta’in hamrey », son meneur d’âne, celui-ci commence à agir sur l’âme et l’élève plus haut, vers le lieu de provenance du « ta’in hamrey »

Bourgeons de l’âme - extrait du Zohar

zohar « Les bourgeons se montrent sur la terre, le temps du rossignol est arrivé, et la voix de la tourterelle se fait entendre sur dans notre terre » (Cantiques des cantiques, 2:12).

Dans l’article « Les bourgeons », Rabbi Shimon Bar Yochai, nous explique comment l’homme s’élève de jour en jour, sur les degrés de l’échelle spirituelle, jusqu’à ce qu’il arrive au degré le plus élevé qu’il soit.

« Rabbi Shimon ouvrit : ‘Les bourgeons se montrent sur la terre’ - Les bourgeons, c’est l’acte de la Création (Masse Bereshit). »

Pour chaque mot dans le Livre du Zohar, il y a un sens particulier et par conséquent lorsque le Zohar dit que Rabbi Shimon ‘ouvrit’, il s’agit d’une allusion au fait que le Rashbi ‘ouvre’ au lecteur du Livre du Zohar les sources de la lumière supérieure.

«Les bourgeons c’est l’acte de la Création» - Bereshit - qui signifie - ‘Au commencement‘, nous indique qu’il s’agit là du début du chemin spirituel. Selon la Kabbale, ‘Erets‘ - ‘la terre’ - signifie ‘Ratson‘ - ‘le désir’ et ainsi l’expression « Les bourgeons se montrent sur la terre » symbolise le début du désir spirituel ressentit par la créature. L’apparition des bourgeons sur l’arbre indique le début du développement du fruit. A l’identique, dans l’homme les bourgeons sont le début du chemin spirituel.

« ‘Se montre sur la terre’. Quand ? Au troisième jour, durant lequel il est écrit qu’ils apparurent sur terre. Alors ils se montrèrent sur la terre »

La sagesse de la Kabbale nous explique que ‘jour‘ symbolise l’action du Créateur sur la créature. Les six jours de la Création représentent six actions à travers lesquelles le Créateur élève la créature dans la spiritualité, jusqu’à l’amener à sa correction finale qui est appelée ‘le jour du shabbat‘.

Le troisième jour symbolise le dévoilement de la troisième action de correction grâce à laquelle le Créateur développe l’âme de la créature.

Le sens des mots « apparurent sur la terre » est que l’âme commence à se corriger grâce au Créateur et à recevoir ses attributs, les attributs du don.

Les mots «se montrent sur la terre » nous indiquent que les attributs du Créateur se dévoilent dans le désir de la créature. A cette étape la créature commence un processus de correction qui au final est amené à produire des fruits spirituels.

« Le temps du rossignol est arrivé, c’est le quatrième jour, au cours duquel les tyrans furent cisaillés. C’est pourquoi, à ce propos, il est écrit Mé’erot (lumière), sans la lettre Vav (en hébreu) - comme une malédiction. »

Au quatrième jour, le temps du rossignol est arrivé, ‘rossignol‘ (zamir) a en hébreu la même racine que le mot ‘cisaille‘ (mazmera), le temps du rossignol nous indique une étape très avancée dans le développement spirituel de la créature. A cette étape, la créature ressent que le temps est arrivé de s’élever spirituellement. Elle comprend qu’elle doit se séparer de sa situation actuelle et commencer à s’élever. Le terme ‘rossignol’ est une allusion à cette action. Durant cette étape, la lumière du Créateur abandonne la créature afin de permettre à celle-ci de s’élever par ses propres forces. La lettre « vav » qui manque dans le mot Mé’orot nous symbolise cet abandon.

« Et la voix de la tourterelle, c’est le cinquième jour, durant lequel il est écrit ‘Que les eaux regorgent etc.’ pour créer une progéniture. »

La voix de la tourterelle est l’élévation spirituelle dont la créature fait l’expérience durant la cinquième action du Créateur sur celle-ci. Au cinquième jour il est écrit «Que les eaux regorgent de créatures animées».

«Il est écrit » signifie que cette chose se dévoile à la Créature. ‘Les eauxindiquent l’attribut de la Sefira Bina, l’attribut du don. L’eau pénètre dans la “terre“, le désir de la créature, ce qui indique, l’attribut du Créateur pénétrant dans le désir de la créature. La progéniture, est une allusion aux résultats désirés dont il est question dans le Livre du Zohar. Ainsi, au cinquième jour, la créature s’élève au degré du Créateur.

«L’âme, c’est le sixième jour, durant lequel il est écrit que fut créé l’homme, qui dans le futur doit faire précéder l’action à l’ouïe, car il est écrit ici (Gen. 1:26), ‘fut fait l’homme’, et il est écrit là (Ex. 24:7), ‘nous ferons et nous entendrons’. »

Nous entendrons‘ est une allusion à l’arrivée du sixième jour dans lequel se révèle les dernières actions de correction, ‘Et fut fait l’homme‘. Après les nombreuses actions que fit la création sur son désir de retirer du plaisir, elle est enfin prête à réaliser son destin, qui est de ressembler au Créateur et de ressentir l’éternité et la perfection. Elle est alors appelée ‘Adam‘ - l’Homme - selon ce qui est écrit « Edamé le Elyion » - « Je ressemblerai au supérieur » car son rôle est de ressembler au Créateur.

« ‘Sur notre terre’, c’est le jour du Shabbat, qui est comme la terre de vie, qui est le monde futur. »

Notre terre‘, sont les désirs de l’homme. Le jour du Shabbat est la situation spirituelle la plus élevée qui soit dans laquelle la créature a corrigé tous ses désirs et mérite une vie éternelle et parfaite - ‘terre de vie’ est une situation spirituelle très élevée que le kabbaliste atteint durant sa vie, et qui est appelée ‘monde futur‘.

Check-list sur le Livre du Zohar

  1. Le Livre du Zohar n’est pas un livre de contes ni un livre parlant de sages, d’animaux ni de toutes sortes d’anges. Ce n’est pas non plus un livre de mystique traitant de magies ou de sorcelleries. Le Livre du Zohar ne parle que du développement de l’âme et de la façon de la réparer.
  1. La spécificité du livre du Zohar est qu’il décrit dans les moindres détails le développement spirituel de l’homme. C’est pourquoi celui qui progresse spirituellement peut en tirer un grand profit pour son développement.
  1. La diffusion du Livre du Zohar au 14ème siècle apparemment par mégarde, par la femme de Rabbi Moshé de Léon, a accéléré le développement de l’humanité, comme cela est expliqué davantage dans le cours.
  1. Le Livre du Zohar a été écrit au 2ème siècle de notre ère par Rabbi Shimon Bar Yochaï et ses élèves sous forme de code, afin que seuls les kabbalistes puissent le comprendre, et ce parce que l’humanité n’était pas encore prête à réaliser le but de la création
  1. Au 20ème siècle, le kabbaliste Yéhouda Ashlag, dit le Baal HaSoulam a écrit le commentaire de l’échelle (Péroush HaSoulam) du livre du Zohar. Ce commentaire permet à notre génération de comprendre correctement ce qui est écrit dans le Zohar et sans tomber dans le pur délire imaginatif.