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27 mai 2017

Paroles de Kabbalistes

Nous ne renouvelons rien, notre travail n’est que d’apporter la lumière sur ce qui est caché au sein de l’homme.
Rabbi Menachem Mendel de Kotsk.

Celui qui n’a pas étudier la Kabbale n’a pas de Torah complète.
Rav Shalom Ben Moshe Bozglo

Cependant, il y a en cela une chose merveilleuse, qu’il convient de diffuser, car il y a un remède merveilleux pour ceux qui étudient la sagesse de la Kabbale, et bien qu’ils ne comprennent pas ce qu’ils étudient, grâce à leur fort désir de comprendre ce qu’ils étudient, ils éveillent sur eux des lumières environnantes sur leur âmes.
Rav Yéhouda Ashlag, dit le Baal HaSoulam, Introduction à l’étude des Dix Séfirots

La sagesse de la Kabbale nous enseigne l’union des mondes, et l’équivalence à trouver dans le nom du Créateur jusqu’aux hauteurs les plus élevés, pour ressembler à la forme de son Créateur, et comment aller dans sa lumière sans obstacle.
Rav Kook, Orot Hakodesh, §2

Cependant, je suis habitué à réveiller les grands de notre peuple, afin qu’ils ne contentent pas d’une seule profession, mais également qu’ils s’occupent de la partie spirituel dans la Torah.
Rav Kook, Igrot Kodesh

Définition de la Kabbale

Le seul but de la Kabbale est de guider l’homme dans son développement spirituel, lui indiquant comment diriger son intention vers le Créateur.

Ainsi que le dit le Baal HaSoulam, un des plus grands kabbalistes du XXème siècle dans son article L’essence de la sagesse de la Kabbale:

A quoi cette sagesse correspond-t-elle?

Cette question vient à l’esprit de toute personne sensée. Afin d’y répondre convenablement, je fournirai une définition fidèle et fiable car cette sagesse n’est ni plus ni moins qu’une séquence de racines qui découle d’un système de causes et de conséquences, selon des règles fixes et déterminées, s’entrelaçant en un but unique et exalté décrit comme «la révélation de Sa Divinité à Ses créatures en ce monde».

Le kabbaliste et le philosophe

“… la signification du mot «spiritualité» n’a rien à voir avec la philosophie, alors comment peuvent ils débattre de quelque chose qu’ils n’ont jamais vu ni ressenti? Sur quoi reposent leurs arguments?

S’il existait une quelconque définition qui permettrait de distinguer le spirituel du matériel, cela n’appartiendrait qu’aux personnes ayant atteintes et ressenties une chose spirituelle. Ces personnes sont les authentiques kabbalistes… »

Le kabbaliste Yéhouda Ashlag.
La différence entre la Kabbale et la Philosophie

La Kabbale parle de l’âme, du sens de la vie, de la spiritualité de l’homme… On dirait de la philosophie, n’est-ce pas ? Pas du tout. La Kabbale est tout à fait le contraire de la philosophie et il est très important de comprendre la différence. Voilà pourquoi.

Tout ce qui existe dans ce monde comporte quatre niveaux, le minéral, végétal, animal et l’être parlant (humain). Ces niveaux sont présents dans toute la réalité et dans toutes les personnes. Les trois premiers niveaux : le minéral, végétal et l’animal sont des systèmes activés par la Nature automatiquement par les instincts. Mais, le niveau être parlant ou humain en nous n’opère pas automatiquement.

Qu’est-ce exactement le niveau être parlant en nous? Ce sont nos pensées, nos désirs, nos intentions, tout ce qui est caché, le monde non apparent de notre existence. Ce monde n’est pas régit par les lois de la Nature. Nous prenons les décisions sur l’utilisation du niveau être parlant, et c’est ce qui fait de nous le sommet de la création ce qui nous pose aussi un grand dilemme: comment faire usage de ce niveau, et existe-t-il un moyen correct d’en faire bon usage ?

Nous ne sommes sûrement pas les premiers à nous poser cette question. L’humanité a longtemps réfléchi sur le moyen de faire face à la partie humaine en elle Comment faire pour ordonner nos pensées et désirs, et comment les utiliser? Ces questions ont été examinées en profondeur par les plus grands penseurs ayant vécu dans ce monde, et des milliers si ce n’est pas des millions de livres ont été écrit sur le sujet. Toutes les expériences et les théories que l’humanité a accumulées au cours de l’histoire dans le but de répondre à ces interrogations s’appellent la philosophie.

Les kabbalistes eux aussi se sont concentrés précisément sur ces interrogations depuis des millénaires. Côte à côte avec la philosophie, ils ont écrit des milliers des livres sur ces profondes et importantes questions. Qu’est-ce qui rend alors la Kabbale si différente de la philosophie ?

La Kabbale permet à l’individu d’élever sa conscience au niveau humain, le monde caché dont nous avons parlé auparavant, et de l’étudier au moyen d’une approche scientifique. Par ailleurs, la Kabbale nous explique que ce faisant, nous parvenons à nous élever à un degré supérieur d’existence - supérieur car il se trouve au-dessus notre niveau de conscience actuel et ordinaire.

Il est impossible d’étudier ce niveau supérieur ni même de le définir tant que l’on ne se trouve pas à ce niveau soi-même. « S’élever à ce niveau » veut dire qu’on le ressent tangiblement, on y habite, car justement la Kabbale nous permet d’y parvenir. La méthode se concentre dans le développement des nos attributs personnels, nos perceptions, et alors nous commençons à ressentir le monde qui était caché auparavant - le niveau humain de la réalité.

Une fois que l’individu le ressent et y habite, il peut l’étudier avec une précision scientifique. Plus besoin des spéculations, des philosophies ou des devinettes sur ce qu’y ce passe, puisque les faits se révèlent d’eux mêmes très clairement.

La philosophie, d’autre part, ne s’appuie pas sur une compréhension précise. Elle prend plutôt, la liberté de philosopher sur les mondes supérieurs de l’existence sans jamais avoir accédé à ce niveau là. Elle se prête à des discussions abstraites, sans aucun fondement, et des débats reposant sur l’imagination. De plus, elle ne peut jamais affirmer que ses conclusions sur le degré supérieur de l’existence soient exactes car elle ne dispose pas des outils pour les vérifier à ce niveau là.

En conséquence, la Kabbale est fondamentalement différente de la philosophie. Les kabbalistes parlent de leur propre expérience pratique. Leurs descriptions ne sont pas abstraites ou bien spéculatives. Ils ne décrivent que ce qu’ils ont atteint tangiblement, analysé et discerné.

Alors, qu’est-ce que la Kabbale? Le mieux est de la décrire comme une science qui se base sur l’atteinte personnelle et l’approche pratique. Elle nous donne les outils pour nous élever au niveau humain afin de l’étudier et ce faisant, découvrir le moyen de l’utiliser de la meilleure manière possible

Le déluge est déjà là

Pour fuir la confusion et la guerre intérieure, l’homme est obligé de rentrer dans l’arche. La signification kabbalistique est : dans l’Arche de Noé intérieure.

La semaine dernière (26 février 08) le gouvernement norvégien a inauguré « l’arche de Noé verte». Il ne s’agit pas de l’arche viking reconstruire au mieux d’après la tradition, mais d’un bunker congélateur sous terrain comprenant les graines des principales cultures vivrières dans le monde et à leurs côtés les échantillons ADN de toutes les variétés animales.

Situé au cœur d’une île glacière, à 1000 km du pôle nord (en cas de coupure d’électricité définitive, la température minimale se maintiendra à 5°C) protégé du déluge, des retombées radioactives et autres calamités, par des gardiens armés et un système de vidéo surveillance, l’arche moderne attend sereinement le jour du jugement.

L’arche, le déluge et la confusion

Le mythe menaçant de la fin du monde ou de l’inondation prévisible de la planète découlant de la mauvaise attitude des hommes, plane sur nous déjà depuis plus de cinq mille ans. Pour résumé simplement il est écrit que Dieu, qui aima Noé, l’avertit du déluge et lui laissa des instructions pour construire l’arche. Noé, essaya de convaincre ses contemporains de changer de chemin, mais fut rabroué. Après avoir compris que personne ne l’écouterait, il commença à construire l’arche et réunit des couples de chaque espèce du monde minéral, végétal et animal. Sa famille se joint à lui et une fois les travaux terminés, tout le monde monta à bord et le déluge commença. Après 40 jours et nuits, les habitants de l’arche sont les seuls survivants. Cent cinquante jours supplémentaires passèrent. A la fin d’une attente très angoissante pour les nerfs, au sommet du Mont Ararat, que l’eau baisse, Noé et sa famille sortent pour recommencer tout à zéro.

L’émouvante histoire qui se termine comme un film hollywoodien, lorsqu’un arc en ciel illumine les cieux, Dieu promet de ne pas nous inonder à nouveau (Genèse 9, 13-17).

Devant cette description biblique que nous apprenons à l’école, il est intéressant de découvrir que des penseurs juifs ont interprété autrement l’histoire du déluge, comme une fable. Une partie d’entre eux ont comparé l’arche à un refuge pour l’homme contre ses affaires quotidiennes, d’autres ont vu dans l’histoire un indice pour que le peuple d’Israël en exil devrait s’enfermer dans « l’arche » - qui est l’école talmudique, face à la peur «des eaux troubles» que sont les peuples des nations.

Cependant les grands kabbalistes du siècle passé, le Rav Kook, le Rav Yéhouda Ashlag (auteur du commentaire de l’échelle -Soulam- du Zohar) et le Rav Baruch Ashlag (le fils et continuateur du chemin du Baal HaSoulam), ont vu dans le déluge et l’arche de Noé- un modèle de développement spirituel conscient de l’homme.

La sagesse de la Kabbale ne traite que des forces intérieures ou spirituelles de l’homme. Elle ne regarde pas les évènements qui se passent dans le cadre de notre monde. Lorsque les kabbalistes emploient les mots comme eau, arche, animaux, hommes etc. c’est pour décrire des états spirituels vécus par l’homme, dans son âme.

Les kabbalistes décrivent le conflit permanent qui est en l’homme entre deux attributs principaux : l’attribut de don inconditionnel face à la nature égoïste qui demande la satisfaction personnelle à tout prix.

L’eau dans l’histoire du déluge représente ces deux attributs, celui du don et celui de la réception égoïste. Dans l’eau se trouvent les forces de la vie (l’attribut de don), ou de destruction et l’extermination (l’attribut de réception égoïste). Lorsque l’eau monte et que le déluge se répand sur la terre, ce processus symbolise la grande confusion que vit l’homme.

Pour fuir la confusion, l’homme est obligé de rentrer dans l’arche, qui ressemble à la lettre hébraïque Mem, représentant la possibilité de la Sefira Bina d’être comme compatissante et protectrice, octroyant un peu de répit à l’homme. Dans l’arche, il grandit tel un enfant qui se développe protégé dans la chaleur de l’utérus. L’entrée dans l’arche est comparable à la semence qui se développe et grandit dans un environnement qui la protège de ce monde. Elle réussit à s’élever au dessus de la guerre intérieure qui a lieu en elle et au dessus de sa raison et sentiment. Au bout de neuf mois, les eaux tombent et l’homme arrive propre et parfait dans un nouveau monde.

La méthode

« Mais toi, construis un grand bateau en bois résineux…Voici comment tu le feras: tu lui donneras cent cinquante mètres de longueur, vingt-cinq mètres de largeur et quinze mètres de hauteur…Mais j’établirai mon alliance avec toi et tu entreras dans le bateau, toi, tes fils, ta femme et tes belles-filles avec toi. Tu feras aussi entrer dans le bateau un couple de tous les êtres vivants, c’est-à-dire un mâle et une femelle de tous les animaux, pour qu’ils restent en vie avec toi…Procure-toi aussi toutes sortes d’aliments et fais-en provision pour vous en nourrir, toi et eux. »

Les instructions pour construire l’arche kabbaliste, et le rassemblement des animaux, des plantes et des pierres à l’intérieur, ne ressemblent en rien à la construction du bunker norvégien.

Bien que de nombreux livres tels que «Shaar haGuilgulim» (Portes des réincarnations) du Ari et autres, citent les expressions «minéral», «végétal», « animal » ou « être parlant », elles se rapportent toutes et uniquement à l’intériorité de l’âme de l’homme, et décrivent une des étapes du développement spirituel auquel est parvenu l’homme.

De façon semblable la réunion des espèces faites par Noé dans l’arche, indique elle aussi les attributs, idées et désirs composant l’univers intérieur de chaque homme. Etre confronté à eux conduit l’homme à se poser des questions et faire des recherches qui à la fin du processus le conduiront à trouver les réponses et le but de sa vie. L’histoire de Noé détaille se processus.

Mode d’emploi

Au niveau pratique, « l’arche » dans notre vie est le nouvel environnement que nous devons choisir pour parvenir à notre but spirituel. En général, il est composé de nombreuses personnes aspirant au même but, et qui s’appuient mutuellement dans leur parcours commun. La confusion et l’influence extérieure qui inonde l’homme sont comme l’eau montante et qui essayent constamment de noyer sa recherche intérieure et de le jeter sur un faux sol sûr, dans le royaume de l’ego.

Juste avant que cela ne soit trop tard, l’homme peut se trouver un coin tranquille « entrer dans l’arche » et là, dans un environnement sûr, il clarifie le but de sa vie. Celui qui complète le processus, peut « sortir à nouveau dans le monde », doté de nouvelles forces et d’une puissance intérieure.

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