Abraham Isaac HaCohen Kook

Abraham Isaac HaCohen Kook

«Ecoutez moi mon peuple, c’est du fond de mon âme, que je vous parle…..de ce sentiment qui surpasse toutes les autres sensations de la vie, dans lequel je réalise que vous et vous seulement, constituez toute ma vie… » (Le Rav Kook. Ses Chambres, p181)

Rav Abraham Isaac HaCohen Kook, fut le premier grand rabbin d’Israël et également l’un des personnages les plus illustres dans l’histoire de la philosophie et de la culture du peuple d’Israël. Ce fut un guide spirituel remarquable, un penseur brillant et un grand poète et un des plus importants rabbins de ces dernières générations.

Mais par dessus tout, le Rav Kook était un éminent kabbaliste qui dédia sa vie à transmettre un message d’unité. De sa hauteur spirituelle, il appelait tout le peuple d’Israël à s’unir sur la base d’un renouvellement du lien spirituel, présent en chacun d’entre nous et non sur la base d’aspirations matérielles.

La délivrance intérieure du peuple d’Israël, à savoir l’union naturelle de tous ses membres, était aux yeux du Rav Kook, une condition préalable à l’instauration de l’Etat d’Israël. Il ne cessait de déclarer que le salut du pays ne pouvait venir que d’un lien intérieur intense entre ses habitants. Il voyait également dans la sagesse de la Kabbale le moyen de rendre ce lien possible ainsi qu’il l’écrivit dans son ouvrage Orot (p.95) «Les secrets de la Torah apportent la délivrance et ramène le peuple d’Israël à sa terre».

Un des grands fondateurs

Un récent sondage réalisé par la Gesher Society pour le 60ème anniversaire d’Israël présente Rav Kook comme le leader le plus influent dans le façonnage d’Israël.

Né en 1864 en Lettonie, alors partie intégrante de la Russie impériale, Avraham Itzhak ha-Kohen Kook acquière dès sa scolarité dans une école talmudique la réputation de prodige, et l’on raconte que durant ses études il étudiait parfois jusqu’à 18 heures par jours. Il se maria à l’âge de 20 ans, et en 1904, il déménage en Israël, où il assumera un poste de Rabbin à Jaffa.

En 1914, Avraham Kook se rendit en Europe pour participer à la Conférence de l’Agoudat Israel lorsqu’éclatât la première guerre mondiale qui le bloque en Europe. Puis une fois la guerre finie, il revint en Israël où il devint le premier grand rabbin d’Israël en 1921.

Kook dédia sa vie à construire des ponts entre les hommes, dans l’espoir de voir renaitre au sein de son peuple, l’amour qui l’anima avant les longues années d’exil dont il était alors en train de sortir.

Se réveiller et s’unir

«Tout notre travail consiste uniquement à réunir les différentes clans juifs et à aplanir les divisions déjà présentes entre nous» (Igrot, part 4, p.104). 

Lorsqu’en 1904, le Rav Kook immigra en Israël, l’implantation juive était divisée et séparée. Chaque clan essayait de garder jalousement l’héritage de son pays d’origine et refusait de se joindre les uns aux autres. Le Rav Kook s’opposa alors à cette atmosphère de division et il se chargea d’une mission pratiquement impossible: unir les individus sous une idée et une volonté uniques.

Sa stature spirituelle lui permit de voir que bien que le retour sur la terre d’Israël mettait un terme à son exil physique, il n’en achevait pas pour autant son exil intérieur qui se manifestait par sa séparation, et était la racine de tous ses problèmes. Il tenta donc, de susciter un retour au degré spirituel perdu lors de la destruction du Temple, un degré exprimant l’amour et l’unité.

Plus d’une fois, il déclara que l’union était le secret de la force d’Israël et que l’unité et la spiritualité étaient une seule et même chose. Il écrivit que si le peuple d’Israël pouvait s’unir, il retrouverait son degré spirituel, ses racines et que ce serait le chemin le plus court vers une paix durable et une vie sereine.

Partisan de l’Amour et de la Paix

«J’aimerais que l’humanité entière puisse entrer dans un seul corps afin que je puisse embrasser le monde entier» Rav Kook

Le Rav Kook débordait d’un amour sincère pour le monde entier. C’était un amour inconditionnel, comme celui d’une mère pour son enfant. Son unique désir était de nous unir dans cet amour qu’il savait être le seul à pouvoir apporter un véritable bonheur et un sentiment d’égalité entre nous. Dans une de ses lettres, il écrit « L’âme aimante est infiniment plus grande que l’âme aimée ». Chez Kook, cela n’était pas qu’une théorie, il passa sa vie à relier les hommes et à les aider à surmonter leurs différents. 

Pour arriver à une telle mesure d’amour, le Rav Kook était convaincu que la solution se trouve dans l’étude de la sagesse de la Kabbale par le plus grand nombre. Comme il l’écrit «La sagesse de la Kabbale nous enseigne l’unité globale…et comment s’approcher de sa lumière sans tomber» (le Rav Kook, Orot Kodesh, Part2, p393). 

L’Etude du secret est l’essentiel

«Maintenant, les jours approchent où tous reconnaîtront et sauront que le salut d’Israël et du monde entier dépend uniquement de l’apparition de la sagesse de la lumière cachée (la Kabbale) de l’intériorité des secrets de la Torah, dans un langage compréhensible.» (Rav Kook, Igrot 1, p92)

Le Rav Kook travailla dans de nombreuses institutions publiques, mais il disait souvent que son véritable désir était d’étudier la sagesse du caché qui était pour lui, la chose la plus importante: «Le bonheur et le plaisir que je ressens en étudiant le caché…..est mon objectif principal. Toutes mes autres obligations sont accessoires à mon essence.» (La brume de Pureté, p31) 

Le Rav Kook a cherché à nous relier aux secrets de la Kabbale «Nous avons besoin que les secrets disparus soient révélés et exposés. En révélant ces secrets, nous nous connaîtrons nous mêmes et ce qui est caché en nous.» (Rav Kook, Maamarei Raiah, p. 153). Il a souvent critiqué ceux qui s’opposaient publiquement à la diffusion de la Kabbale, car il était certain de la nécessité de sa révélation. « Cependant, je suis habitué à réveiller les grands de notre peuple, afin qu’ils ne contentent pas d’une seule profession, mais également qu’ils s’occupent de la partie spirituel de la Torah. » (Rav Kook, Igrot Kodesh).

Aujourd’hui, plusieurs années après qu’un géant comme le Rav Kook ait oeuvré, de tels conseils sont devenus plus pertinents que jamais. Les écrits des kabbalistes contiennent un appel constant à la paix, et à l’unité, et tout ce qu’il nous reste à faire est d’ouvrir notre cœur et de donner une chance à ce message d’union d’être écouté.

Numéro de juin 2008

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