L’économie de la nature

L’économie de la nature

L’économie mondiale se trouve aujourd’hui dans une situation allant du désagréable au très pénible et la plupart des grands analystes économiques annoncent le début d’une crise profonde. Alan Greenspan (ex président de la Réserve fédérale américaine) est même allez jusqu’à qualifier la crise actuelle comme étant « la plus grave depuis la seconde guerre mondiale ». Comment comprendre les causes de cette secousse qui semble vouloir durer ? Est-il possible d’arrêter le fiasco? Dans la sagesse de la Kabbale se trouve une explication ainsi que des propositions de solutions.

En économie comme dans tous les systèmes sociaux, l’interdépendance est la règle du jeu. En cas de crise, un facteur en infecte un autre, amenant très vite le marché au bord de la crise. Ainsi la crise qui frappe le marché des crédits immobiliers hypothécaires aux Etats-Unis a engendré un effondrement en chaîne des marchés boursiers, des banques, des sociétés de fonds et des livrets d’épargne du monde entier et prouvant par la même occasion, l’inefficacité des modèles de prévision des crises économiques.

Pourtant, des systèmes bien plus complexes et interdépendant existent dans la nature, et fonctionnent en parfaite harmonie. Pourquoi, ici, un système aussi vital pour le bon fonctionnement de nos sociétés n’est pas capable de se maintenir de façon stable ?

La Kabbale enseigne que si nous comprenions les lois selon lesquelles fonctionnent ces systèmes interdépendant au sein de la nature, et si nous agissions selon ces mêmes lois, nous renforcerions alors notre compréhension de ce qui est à venir et peut être pourrions nous éviter la prochaine crise.

Le professeur Günter Blubel, prix Nobel (1999) de physiologie et de médecine et doyen du prestigieux Institut Rockefeller de New York souligna récemment que « la science suppose que le principe de réciprocité est la clef de l’existence de tous le système de la nature. Le meilleur exemple est celui des cellules vivantes au sein d’un organisme. Elles s’unissent les unes aux autres dans une relation d’altruisme réciproque pour le bien de l’ensemble du corps. Chaque cellule, dans le corps reçoit ce dont elle a besoin pour sa propre subsistance et tout le reste de ces forces est dédié à l’ensemble du corps. »

Les kabbalistes parlent également dans leurs écrits de la « nature supérieure » - qu’ils décrivent comme une force qui englobe la réalité, et dont le but, expliquent-ils, est d’amener tous les éléments de cette réalité à l’harmonie. Par conséquent, un regard plus en profondeur des systèmes relationnels au sein de la nature nous dévoilerait que l’équilibre qui s’y réalise est ce qui permet l’existence de la vie.

En comparaison, dans les systèmes artificiels que la société humaine s’est inventée, agissent des règles inverses. A la base du comportement humain, moteur des systèmes économiques et sociaux se trouve l’égo, qui favorise toujours les intérêts personnels étroits aux dépends des intérêts généraux du reste de l’organisme « humanité ». La course après l’argent, la célébrité et le pouvoir, et s’il le faut aux dépens des autres, est en tête des priorités de notre société et nous sépare les uns des autres.

En cela, nous nous s’enfermons dans une impasse : plus nous cherchons à nous isoler, plus nous sommes forcés de découvrir que nous sommes tous liés les uns aux autres. En conséquence, nous nous retrouvons coincés entre le marteau et l’enclume : d’un côté notre tendance à l’individualisme qui nous éloigne les uns des autres, et de l’autre la globalisation, état de fait, qui nous pousse à accepter que nous sommes tous liés. Cette situation complexe nous décrit le conflit intérieur dont nous avons du mal à nous défaire.

Ainsi, au delà des causes immédiates de la crise, il existe une raison bien plus profonde à la situation désagréable dans laquelle nous nous trouvons. Au lieu d’ajuster le système de liens entre nous selon un modèle naturel, nous avons construit un réseau supplémentaire, artificiel, basé sur l’égoïsme, sans comprendre que nous avons mis ainsi notre existence en péril.

Une solution ? Aussi étrange que cela puisse paraître, il ne nous reste pas grand-chose d’autre à faire que de changer nos habitudes. Comment ? Simplement grâce à l’éducation. Les gens doivent prendre conscience de la raison de la crise et comprendre qu’il existe des lois qui régissent l’ensemble du système de la nature, auquel nous appartenons. Les secousses vécues aujourd’hui viennent du fait que nous nous n’agissons pas selon ces lois. En faisant appel aux différents systèmes explicatifs, afin que les gens comprennent que notre société est interdépendante, autrement dit, nous que sommes tous liés les uns aux autres. Cela est comparable à un corps de cellules où chaque cellule du système «humanité» doit comprendre que le modèle économique le plus avantageux pour elle est de s’inquiéter de la survie du système collectif, de s’inquiéter de l’autre.

Uniquement lorsque les gens qui influencent notre vie par leur décision commenceront à agir dans cette direction, nous réussirons à sortir le monde du marasme dans lequel il s’est enfoncé jusqu’au cou, et l’amener à une situation stable.

Numéro de juin 2008

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