Les Temps Modernes

Les Temps Modernes

Charlie Chaplin compara le monde moderne à une énorme machine dans laquelle nous sommes de petits boulons sans importance. Le Baal HaSoulam nous compare lui aussi à des rouages dans un grand mécanisme, mais avec une signification tout à fait différente. Notre société, mécanisme harmonieux, ou sac de boulons ?

Pour ceux qui ne le savent pas il y eut un temps où les films étaient muets. Cependant même à cette époque, les films de Chaplin parlaient. Chaque mouvement, chaque clignement des yeux, mouvements des lèvres, étaient des mots dans un monde de silence. Chaplin ne parlait pas dans ses films, mais tout le monde parlait des films de Chaplin. L’image du vagabond élégant qui aimait jouer est devenue avec le temps un symbole de l’innocence humaine, symbole auquel chacun est prêt à s’identifier.

Dans son grand classique de 1936 « Les Temps Modernes », Chaplin emmène son vagabond dans la plus difficile réalité économique que l’Amérique ait connu. Au cours de sa recherche, il se retrouve ouvrier sur la ligne de production d’une usine monstrueuse rappelant davantage une prison et où les ouvriers deviennent des prisonniers contrôlés par des machines automatiques modernes dont le but est d’exploiter jusqu’au bout toute la capacité de rendement de l’homme. La conclusion burlesque parle d’elle-même, lorsque le pauvre héros vagabond est entièrement avalé par l’engin qu’il est censé manœuvrer lui-même. Dans les « Temps Modernes », Chaplin fut un des premiers à poser la question de savoir si le progrès nous rendrait vraiment plus heureux et libre.

La réponse est sans appel. 71 ans après le film muet de Chaplin, la fière et forte Amérique, celle qui a gravé sur son drapeau les principes de la liberté et de la démocratie, et qui a même érigé la célèbre statue de la liberté, piétine aujourd’hui dans la crise. Personne ne croit plus que la technologie ni le progrès scientifique ne nous procureront la liberté ni ne résoudrons les problèmes mondiaux.

Il semble loin ce temps où nous nous rêvions encore que des robots bien huilés iraient jusqu’à faire le ménage pendant que nous profiterions de la vie. En fait, plus le temps avance plus le temps de travail s’allonge, et nous plonge dans une course sans fin après un petit instant de repos. L’horizon que nous espérions autrefois nous semble à présent comme un rêve, les illusions s’évaporent. Les beaux idéaux et les valeurs, enveloppés de technologie de pointe, et commercialisés dans des centres commerciaux flambants neufs, à l’aide d’un lavage de cerveau massif des médias, qui nous inondent constamment de messages, ne fournissent pas la marchandise. Il semblerait que nous ayons perdu précisément la technologie de base, humaine, simple, de «qu’est ce c’est que d’être humain ? »

La machine du Baal HaSoulam

Dans un de ces articles qui fut publié à une période très proche du film de Chaplin, le Rav Yéhouda Ashlag (le Baal HaSoulam), un des plus grands kabbalistes du 20ème siècle nous décrit ainsi la structure de la société :

« Chaque individu au sein de la société est comme un rouage uni à d’autres rouages, formant une seule machine, dans laquelle aucun individu n’est libre de son propre mouvement mais suit le mouvement de l’ensemble des rouages, permettant ainsi le fonctionnement de l’ensemble de la machine. » (Article « La paix dans le monde »).

Il écrit que l’ensemble de l’humanité est construite comme une machine merveilleusement huilée, mais à la différence de celle de Chaplin, elle est destinée à servir et à nous élevé tous à un niveau d’existence plus élevé. Les rouages sont tous liés comme ceux d’un engrenage, qui tournent harmonieusement et dans une concordance parfaite. Si l’un des rouages, même le plus petit, se coupe du reste de la machine, il viole l’équilibre du système.

Le 21ème siècle ne nous donnent pas vraiment l’image d’un monde ressemblant à un harmonieux mécanisme mais plutôt à une cacophonie de lutte d’intérêts dans une société qui semble de plus en plus déchirée. Pourquoi cela se produit-il ? Le Baal HaSoulam explique que cela est dut à l’évolution exacerbée de notre nature individualiste. Chaque rouage est près à se servir des autres dans son intérêt personnel si cela lui est bénéfique, et il cesse de se sentir comme une partie intégrante d’un système. En fait, il oublie même qu’un tel système, ou que le monde autour de lui, existe. Ainsi en ce début de 21ème siècle, le principe de « le rouage est un loup pour le rouage », nous dirige droit dans une impasse.

La liberté de penser (à l’autre)

Pour rétablir un peu d’harmonie dans ce sac à boulons, resserrer artificiellement la vis ne sera pas d’un grand secours. Il nous faut évoluer vers une prise de conscience de l’individu, et que chaque « rouage » deviennent sensible à l’existence de ce qui l’entoure.

Chaque individu est unique et a entre ses mains une énorme force, propre à sa personne, parce que chaque rouage de l’engrenage est particulier et il n’a pas de semblable dans le monde entier. La merveilleuse machine de l’humanité dépend du fait que chaque rouage se déplace en prenant en considération l’ensemble de tous les rouages. Actuellement, nous avons tendance à penser que le libre choix est enfouit dans notre possibilité de manipuler notre entourage comme bon nous semble – être libre d’agir sans considérer les autres rouages. La sagesse de la Kabbale explique que le libre choix se trouve précisément dans la possibilité de participer à la découverte de la perfection active de tous les rouages. Autrement dit, au plus les rouages se rapproche et s’unissent, plus la liberté grandie.

«Les temps modernes» furent un des derniers films muets d’Hollywood, et également le dernier de Charlie Chaplin. Après lui, il y eu de nombreux films parlant, mais Hollywood n’avait déjà plus rien à dire.

Le silencieux vagabond disparu progressivement, cependant l’esclavage moderne dont essaya de parler Chaplin dans ses films est devenu plus dur que jamais. Les festivités des temps modernes semblent toucher à leur fin, et les signes de la crise qui se tiennent devant nous sont un vif rappel indiquant que nous ne sommes pas encore sortis de l’esclavage pour la liberté.

Pas besoin d’attendre que le lien brisé continue de nous perturber dans un réseau de câbles encombré que les temps modernes ont créés. Nous devons juste apprendre à nous servir de la méthode qui unit les rouages, et réveiller le monde en pleine division, du lourd sommeil qui s’est abattu sur lui.

Numéro de juin 2008

2 Responses to “Les Temps Modernes”

  1. Les temps modernes | La Kabbale - Blog de Bnei Baruch on juin 24th, 2008 at 12:06

    [...] l’article complet sur le site de La Kabbale Aujourd’hui : Les temps modernes Sur le même sujet:Esclavage des temps modernesLa Kabbale Aujourd’hui – premier [...]

  2. Anonyme on octobre 17th, 2008 at 2:36

    quel est son nom scientifique et comment nomme t’on la forme de travail dans le film les temps modernes de charli chaplin

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