La Jérusalem du cœur
Alors qu’une fois j’étais aux Etats-Unis, j’ai fait une halte dans la petite ville de Jackson, dans le Mississippi. J’étais dans un hôtel et mon voisin avec qui nous discutions sur la pelouse était Allemand, un ouvrier, comme je le vis à ses mains, il vit immédiatement que je n’étais pas du coin, et me demanda d’où je venais. Je lui dis que j’étais d’Israël. Alors il me posa une question avec un ton de souffrance : « Dites moi que ce passe t-il là bas ? »
Je ne compris pas la question, je pensais qu’il faisait allusion au conflit actuel. Je me préparais à lui donner ma réponse habituelle dans de tels cas, mais il me regarda droit dans les yeux et demanda : « Pourquoi ne construisez-vous pas le Temple ? C’est votre rôle non ? ». D’abord interloqué par la question, je réfléchis quelques instants, la première réponse que me vint à l’esprit fut : « Comment peut-on construire le Temple si notre cœur est en ruine. »
L’homme me regarda chaleureusement, j’ai vu à quel point ce sujet lui tenait à cœur. Il réfléchit un instant et dit : « Alors, commençons par là, nous avons encore beaucoup de travail ». Nous avons continué à discuté un petit moment puis nous nous sommes séparés et je ne l’ai plus revu depuis.
Le mois dernier il y avait la journée de Jérusalem, ce mois ci, la commémoration du siège de la ville par les romains, et le mois prochain l’anniversaire de la destruction du temple, mais au-delà de toutes les commémorations, la Jérusalem d’aujourd’hui nous rappel plus que tout la situation de division dans laquelle nous vivons.
Une rapide visite de la ville nous dévoile une juxtaposition impressionnante de monuments et de pierres saintes, et chacun d’entre eux nous rappelle la spiritualité qui existait ici dans le passé.
Le contraste violent entre le reflet d’un passé inégalé et la réalité quotidienne de la ville soulève la question de savoir où s’est envolé c’est esprit de sainteté qui autrefois régnais sur cette ville.
La signification kabbalistique du mot « Jérusalem » vient de l’adjonction des mots « crainte parfaite », ces mots s’adressent à l’état spirituel du cœur de l’homme, c’est-à-dire, « Jérusalem » est un degré spirituel auquel parvient l’homme lors de son chemin de développement.
L’homme est composé de multiples désirs, parmi eux des désirs égoïstes et des désirs spirituels. « Jérusalem » représente le point intérieur au sein de ce désir pour le spirituel et « le Temple » symbolise le désir le plus élevé qui existe en l’homme.
Pour parvenir à la situation de cette « Jérusalem spirituelle», nous devons d’abord corriger les désirs égoïstes de notre cœur.
La « Jérusalem d’en haut » n’est perceptible que dans un cœur réparé. En fonction de la correction de son cœur, l’homme commence à développer une vision spirituelle et alors il n’aspire plus à contrôler les gens ou les pierres, mais il veut aimer et donner, comme la Force Supérieure, c’est alors seulement que Jérusalem se revêtira de sa beauté car elle vivra dans le cœur des gens.
Numéro de juillet 2008

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