Le blues des grandes vacances
L’été bat son plein, le soleil brûle et nous attendons les vacances. A la recherche d’une escapade? Recherchez en vous et vous emprunterez avec certitude la route conduisant à la liberté.
«On part en vacances!», annonça la petite Adi avec un sourire malicieux sur son visage parsemé de taches de rousseurs. «On part en vacances!», cria son frère de dix ans Julien, le cri de guerre habituel qui uni des millions d’enfants en fin d’année scolaire, et gonflant d’émotions sa petite poitrine. «On part en vacances!», prononça avec indifférence, David, l’aîné derrière son écran d’ordinateur, comme s’il voulait dire: «A l’âge de quatorze ans, rien ne m’émeut plus, et sûrement pas les grandes vacances».
«Oui, on part en vacances», soupira la mère, et sous ses yeux défile le scénario probable des mois à venir. Elle se dit à elle-même, «en plus du va et vient quotidien et de la fatigue du travail - les trajets - la maison- famille, je suis censée me débrouiller avec trois enfants sans école et sans devoirs à la maison, et tout ce qui les intéresse se résume à savoir comment passer des vacances sans s’ennuyer», «et si ce n’est pas suffisant, tout ce remue ménage se passe sous des températures de quarante degrés à l’ombre».
Et ainsi, deux semaines plus tard, nous nous sommes retrouvés en train de faire nos bagages, trois valises d’habits, des sandales, sandales de plage, trois enfants bouillonnants d’impatience et deux parents soucieux. «On part en vacances» - la phrase coutumière qui nous accompagne chaque année, va commencer.
«Comment appelles-tu cela les vacances? lui demande-t-elle dégoulinant de sueur après avoir fini de charger la voiture, «des vacances de quoi?», elle continuait, «pour moi, même une semaine sans faire la vaisselle ni la lessive sont des vacances», la réponse ne tarda pas. «Tu auras enfin du temps pour être avec les enfants, avant qu’ils ne se marient… » Elle le regarda de travers.
Alors, en l’honneur de l’été, et de ses promotions des tour-opérateurs qui fixent vraiment nos prévisions pour ces mois ci, nous avons choisi d’examiner quelques questions essentielles relatives à la liberté d’un point de vue kabbalistique :
De quoi prenons nous exactement des vacances? Sommes-nous vraiment libres? Quel est le chemin conduisant à la liberté?
Liberté d’expression, liberté de culte, liberté de l’information, liberté de parole, liberté de création, liberté académique, liberté de la presse, jour libre, combattants de la liberté, et même dans la devise nationale française, on y trouve « Liberté, égalité, Fraternité »
Il existe en apparence de nombreuses variantes de la liberté dans notre monde, et cependant, chacune d’entre elle a ses limitations et ses détracteurs, et en fait aucune de ces versions ne se rapprochent vraiment de l’expression entière de la liberté, celle à laquelle nous aspirons. Quelle est notre liberté? La véritable liberté? Existe-t-elle vraiment? La Kabbale nous dit que oui, sauf qu’elle est très différente de ce à quoi nous sommes habitués.
Dans de nombreuses situations, notre aspiration à la liberté se traduit par une recherche d’un refuge à une sensation et à des peurs quotidiennes. Nous voulons nous libérer du fardeau, des pressions, de notre patron, de notre découvert en banque, de la situation économique, en bref, nous couper un peu de la vie, nous aérer l’esprit. Cependant si nous prenons le temps d’examiner la chose, une question surgit, de quoi nous efforçons nous de nous couper? Est-il concevable de construire notre vie autrement, pour ne pas avoir à la fuir vers la liberté?
Qui a décidé qu’il fallait travailler dur toute l’année, faire des économies, acheter des vacances en Turquie en promotion, juste pour gagner une liberté imaginaire et quelques petits instants de bonheur?
D’ailleurs entre nous soit dit, il y a toujours quelque chose qui va de travers. Une fois c’est l’hôtel qui n’est pas assez bien, une autre, des amis décevants ou les enfants qui ont décidé de tomber malades…
Très vite nous somme déçus et découvrons que ce n’est pas vraiment satisfaisant et encore moins ce que nous espérions. Tout cela avant même que nous nous souvenions, que lors de courtes vacances, nous sommes tellement angoissés à l’idée que bientôt elles se termineront et qu’il faudra retourner à la vraie vie.
La sagesse de la Kabbale détermine que l’homme dans notre monde n’est pas du tout libre. Il ne choisit pas dans quelle famille naître, ni les attributs ou les talents reçus à sa naissance.
En grandissant, il est entièrement influencé par ses parents, ses professeurs et différents éducateurs. A l’âge adulte, les médias et la société environnante lui inculquent tout: la mode vestimentaire, sa personnalité, ses aspirations, son alimentation, ses pensées, ses amours, ce qui est bien ou pas. Même les critères de beauté ou de laideur, les manières, protocoles, tous sont fixés par la société.
En fait, l’homme ne choisit pas comment vivre sa vie, il l’exécute tout simplement. Il s’oriente à l’aide d’un système sans concession fait de lois que les autres ont décidé pour lui, et il tente constamment de faire plaisir à la société qui l’entoure.
Selon la Kabbale, l’homme est une sorte de création composée d’une combinaison d’attributs et de talents naturels qu’il a reçu à sa naissance et de l’influence de l’environnement dans lequel il vit, où sont inscrits le cours de sa vie, le tiennent prisonnier et ne lui permettent pas de vraiment se libérer.
La Kabbale explique que la brillante «culture du temps libre» que nous avons développé a également son origine dans la fuite à la question existentielle qui bat au plus profond de nous: «au nom de quoi je vis?»
Nous prenons sur nous un nombre infini d’activités, avalons goulûment des tonnes d’informations qui nous sont inutiles, passons de longues heures devant la télévision, surfons sur Internet, regardons des films, allons au théâtre. Le tout pour ne pas penser, éviter d’être confronté avec la question sur l’essence de la vie.
C’est également la raison qui fait que nombreux sont ceux qui redoutent de «rester seuls avec eux-mêmes», sans télévision, radio, journal, ou toute autre chose leur permettant d’occuper leur cœur et leur esprit, pour ne pas à avoir faire face tout d’un coup à la même question existentielle.
Cependant les kabbalistes expliquent que ceci n’est pas irrémédiable. Un léger changement peut faire que nous verrons nos vies tout autrement- comme des vacances continues et sans limites, dont le plaisir éprouvé ne ferait que progresser et augmenter à chaque instant. Et cela commence parune petite décision – celle de cesser de fuir.
Ensuite, il devient possible d’ouvrir notre cœur et permettre à la question existentielle naturelle qui y est enfouie de sortir à l’air libre. C’est précisément la réponse à cette question qui nous ouvrira la voie de la véritable liberté.
Ce n’est que lorsque l’homme parviendra au monde spirituel qu’il découvrira la véritable liberté. Là il pourra se construire un nouvel endroit, sans pression, ni valeurs dictées par la société ou systèmes de communication et de publicité sophistiqués qui le manipulent. Là il pourra pour la première fois être un homme.
L’homme qui est parvenu à la perception spirituelle devient libre parce qu’il parvient à un statut dans lequel il rencontre la force supérieure – le système de lois, qui ne le limite pas, et se trouve au-delà du temps, et de l’espace. Il lui permet de se développer et d’atteindre la racine même de la réalité. Les kabbalistes appellent cela : «l’âme de l’homme lui enseignera».
Pour parvenir à la liberté, nul besoin d’escalader une montagne quelconque, de partir au bout du monde, ni de fuir ce monde. Tout ce qu’il nous appartient de faire est de permettre à notre question intérieure de se réveiller et de nous conduire à la véritable recherche, alors nous découvrirons en nous le chemin, les livres adéquats s’ouvriront et nous emmèneront vers le chemin de la liberté.
Numéro de juillet 2008

J’ai lu les concepts fondamentaux de la kabbale et les cahiers d’études (1 à 5 et certains passages demandent des explications). Merci de me faire savoir comment je peux accéder aux cours intéractifs en français et à qui je pourrais poser mes questions
Merci d’avance.
Olivier
Bonjour,
je trouve votre article résumant parfaitement la situation des “civilisation” soit disant “civilisées” où la perte de l’essentiel a été remplacée par l’amoncellement d’activités inutiles jouant leur rôle de leur face à l’enjeu majeur auquel nous sommes confrontés. D’où venons-nous, pourquoi sommes-nous nous-mêmes, quel est la raison de l’existence de l’Homme, de l’Humanité.
Merci pour ces propos dans lesquels je me retrouve et qui ne font qu’encourager mon approche de la vie et mon attachement au Créateur.
CBA
Bonjour,
je viens de lire votre article à l’instant, qui tombe fort à propos dans ma vie. Pendant ces dites “grandes vacances “, j avais décidé de partir à l’étranger pour changer d’air et “repartir à zéro” dans ma vie. Après une période de mélancolie et de grands désarrois, je voulais absolument partir. Puis, en rentrant dans une librairie afin d acheter un guide de voyage, je suis tombée sur un livre traitant de la cabbale. Cette lecture m a nourrie, je n ai plus eu besoin de partir. Un déclic s’est produit, qui a entièrement modifié ma façon d’appréhender les choses. Maintenant, je ne suis plus portée par la vie, par les évènements. Je marche.
un grand merci pour votre article.
Cordialement,
Anne-Chloé Simonsen