Cours d'Introduction à la Cabale

Extrait des cours pour débutants
Du Rav M. Laitman

Traduction : N. Baron, Bnei Baruch, Paris

Edité par M. Hallak-Stamler


 

"L'Arbre de Vie"
"Ets haim" - Rabi Issac Louria, - le ARI -

Sache qu'avant la création, seule existait la lumière supérieure qui, simple et infinie, emplissait l'univers dans son moindre espace. Il n'y avait ni premier ni dernier, ni commencement ni fin,
Tout était douce lumière harmonieusement et uniformément équilibrée
En une apparence et une affinité parfaites,
Quand, par Sa volonté furent créés le monde et Ses créatures,
Dévoilant ainsi Sa perfection,
- source de la création du monde -,
Voici qu'Il se contracta en Son point central,
Il y eut alors restriction et retrait de la lumière,
Laissant autour du point central entouré de lumière
Un espace vide formé de cercles.
Après cette restriction, d'En-Haut vers En-bas
Un rayon s'est étiré de la lumière infinie
Puis est descendu graduellement par évolution dans l'espace vide.
Epousant le rayon, la lumière infinie dans l'espace vide est alors descendue,
Et tous les mondes parfaits furent émanés.
Avant les mondes, il n'y avait que Lui,
Dans une Unité d'une telle perfection,
Que les créatures ne peuvent en saisir la beauté,
Car aucune intelligence ne peut Le concevoir,
Car en aucun lieu Il ne réside, Il est infini, Il a été, Il est et Il sera.
Et le rayon de lumière est descendu
Dans les mondes, dans la noire vacuité,
Chacun de ces mondes étant d'autant plus important
Qu'il est proche de la lumière,
Jusqu'à notre monde de matière, au centre situé, A l'intérieur de tous les cercles, au centre de la vacuité scintillante, Bien loin de Celui qui est Un, bien plus loin que tous les autres mondes,
Alourdi à l'extrême par sa matière,
Car à l'intérieur des cercles il est,
Au centre même de la vacuité scintillante ...........

Table des matières


Introduction

  1. Qu'est ce que la Cabale ?
  2. Qu'est ce qu'un cabaliste ?
  3. De l'importance d'étudier la Cabale
  4. Histoire de la Cabale
  5. Quels sont les cabalistes les plus importants pour nous ?
  6. Qui peut étudier la Cabale ?
  7. Spiritualité et Cabale
  8. Langage universel et Cabale
  9. Religion et Cabale
  10. Science et Cabale
  11. Migration des âmes et évolution des générations
  12. Evolution des techniques et Cabale
  13. La langue de la Cabale : la langue des branches
  14. La musique cabalistique
  15. Extrait de "L'introduction à l'étude des dix séfirot"
  16. Extrait de "L'Introduction au livre du Zohar"

Introduction

De tout temps, l'homme a cherché des réponses aux questions essentielles de la vie, qui suis-je, quel est le but de mon existence, pour quelle raison ce monde, que devient l'homme après sa mort, etc.

Chacun à sa manière essaie de trouver des réponses à ces questions dans les sources d'information à sa disposition. Chacun de nous se forge sa propre vision du monde à partir de qu'il considère comme l'approche la plus fidèle.

La réalité et la vie quotidienne mettent à l'épreuve à chaque instant le bien-fondé de notre perception des choses, nous obligent à la rectifier et à la modifier. Pour certains, ce processus se produit au niveau du conscient, pour d'autres, il est inconscient.

Le besoin impératif à opérer des changements et à trouver des réponses provient de la volonté d'éprouver du plaisir et d'éviter la souffrance. Sous cet aspect, nous sommes identiques à tout être vivant. Une vache, une grenouille ou un poisson recherchent, eux aussi à leur manière, le maximum de plaisir et le minimum de souffrance.

Les lois de la nature, l'expérience, le comportement des êtres vivants nous enseignent qu'il n'existe pas de moyen logique pour éviter de souffrir. La souffrance peut, tout au plus, être acceptée comme un mal nécessaire.

La question essentielle relative à l'existence humaine ajoute une autre dimension aux souffrances de l'homme dans leur globalité, quelle est leur raison d'être ? Cette question du sens de l'existence ne nous laisse pas de répit, même quand tel ou tel de nos désirs quotidiens a été temporairement satisfait.

Une fois l'objectif recherché atteint, l'homme commence rapidement à sentir qu'il lui faut assouvir un autre désir. Ce processus l'empêche de s'attacher à ce à quoi il est parvenu, et les souffrances reprennent. RÉtrospectivement, il peut se rendre compte qu'il a passé le plus clair de son temps à faire de pénibles efforts pour poursuivre ses objectifs et à tirer très peu de plaisir du succès en lui-même.

Ceci étant, en l'absence de réponses à toutes ces questions, périodiquement des mouvements de recherches orientées vers les croyances antiques s'amorcent. La jeunesse se rue vers l'Inde, l'Extrême-Orient à la recherche de la vérité. Certains trouvent une satisfaction temporaire dans la pratique de techniques "spirituelles".

Les méditations, les systèmes d'alimentation, tels ou tels exercices physiques ou intellectuels éveillent en l'homme des instincts naturels qui lui permettent d'éprouver plus de bien-être physique. Il a l'impression qu'il maîtrise ses réactions et que sa conscience de soi se développe, il apprend à écouter les besoins de son corps, à les limiter et à rationaliser leur satisfaction. Ces techniques lui enseignent à diminuer ses besoins et se substituent à l'assouvissement de ses véritables désirs en les limitant.

Cependant les désirs demeurent. Au lieu d'une réponse au sens de l'existence, l'homme reחoit une sorte d'anesthésie contre ses besoins et ses désirs, ce qui apaise ses souffrances.

Cependant, l'homme est inévitablement très vite confronté à la réalité. Le fait d'amoindrir le désir d'éprouver du plaisir ne lui permet pas de se débarrasser de celui-ci. Ceux qui ont emprunté cette voie et ont procédé à un auto-examen tout à fait sincère ont réalisé qu'ils n'étaient pas parvenus à atteindre l'objectif souhaité : se débarrasser des souffrances et éprouver un plaisir sans limites.

Certains sont à la recherche d'une explication logique à l'univers par le biais de l'approche scientifique. Les lois de la nature et le comportement humain sont étudiés depuis de nombreux millénaires. La science a recours à des axiomes, des outils de recherche qui vont dans le sens de notre logique. Tout ce qui ne peut pas être mesuré au moyen d'appareils scientifiques demeure au-delà des frontières de la science. L'âme, le comportement de l'homme et ses motivations se situent au-delà des limites de ce qui peut faire l'objet d'une authentique étude scientifique.

Les savants de notre époque remarquent que plus ils progressent dans leurs recherches, plus ils font le constat d'un monde incompréhensible et équivoque. Les ouvrages scientifiques à la pointe du progrès ressemblent de plus en plus à de la littérature mystique, ou du moins à de la science fiction, laissant sans réponse le lecteur à la recherche d'un chemin de vérité.

La Cabale offre un moyen d'étudier le monde par le développement en l'homme de capacités lui permettant d'élargir sa perception. Le terme "Cabale" (de l'hébreu "lecabel", recevoir) exprime l'aspiration à acquérir une supra conscience, à percevoir le monde dans son authenticité.

Les cabalistes nous décrivent des procédés techniques basés sur leur expérience personnelle. Dans leurs ouvrages, ils présentent et enseignent leur faחon de percevoir le monde, de recevoir une réponse sur le sens de l'existence. Ils ont désigné ce procédé par l'expression "la sagesse transmise" , ["hokhmat haCabala"].

Le présent ouvrage a été rédigé en prenant pour base les cours d'introduction à la Cabale dispensés par le rav Laitman à des étudiants débutant en Cabale.

Le rav Michael Laitman a étudié la Cabale et ses méthodes d'enseignement auprès de son Maître, le rabbin Baroukh Shalom Ashlag, lui-même continuateur de son père, le rabbin cabaliste Yehouda Leib Ashlag, auteur de commentaires sur toutes les oeuvres du ARI et sur le livre du Zohar.


1. Qu'est ce que la Cabale

La Cabale est la science la plus proche de l'homme car elle lui parle de sa raison d'être, de sa naissance, de sa vie, du sens de sa vie, de son origine, de son devenir après avoir parcouru son chemin dans ce monde.

Le cabaliste obtient les réponses à ces questions tout en vivant dans ce monde. La Cabale est un procédé qui permet de comprendre les mondes spirituels et notre monde qui en émane. La Cabale nous enseigne les mondes spirituels, et nous permet de développer en nous un autre organe des sens constitué d'un écran qui réfléchit la lumière.

C'est avec l'aide de ce nouvel organe des sens que nous acquérons la possibilité d'appréhender les mondes supérieurs.

Loin d'être abstraite, la Cabale est une étude pratique : l'homme apprend à connaître à partir de son propre moi qui il est, quelle est sa véritable nature, ce qu'il doit faire, ce qu'il doit modifier en lui, pas à pas. Rien n'est plus proche de lui car il s'agit d'une recherche intérieure de connaissance de soi, du monde et de sa destinée.

Cette étude de soi-même et du monde, l'étudiant la mène dans son for intérieur, c'est la raison pour laquelle la Cabale est appelée "la sagesse non révélée". La personne qui s'y livre est le siège de changements internes qu'elle est seule à connaître et à ressentir. Ce processus se produit à l'intérieur de la personne, est adapté à elle, lui est unique, et elle est la seule à le comprendre.

La Cabale décrit les motivations des actes humains comme étant le résultat du désir de recevoir. Tout homme veut éprouver du plaisir, quelle qu'en soit l'origine et pour ce faire, il est prêt à faire des efforts intenses. Se pose alors la question : comment atteindre le maximum de plaisir au moindre prix ? Chacun de nous essaie de répondre à cette question, chacun à sa propre manière.

Il existe un certain ordre dans la manière dont le désir se développe et grandit. Tout d'abord, l'homme recherche le plaisir physique, c'est le moindre en intensité. Ensuite il s'oriente vers le plaisir procuré par l'argent et les honneurs. Un désir encore plus fort le fait vouloir le pouvoir. Après cela, il cherche à accumuler des connaissances. A mesure que le désir grandit, l'homme n'aspire plus qu'à atteindre le pic de la pyramide, et c'est à ce pic que se trouve le désir de spiritualité.

La personne est inconditionnellement soumise aux impératifs de ses désirs, à tous les stades, et entreprend de rechercher les moyens pour les satisfaire.

Nous ne connaissons pas l'origine de nos sensations, le mécanisme de nos réactions au sucré, à l'amer, à l'agréable, au grossier. Nous ne sommes pas en mesure de créer des outils scientifiques pour mesurer et examiner nos sensations.

La Cabale est une sorte de mathématiques des sensations, elle prend les sensations et nos désirs dans leur ensemble, les analyse et donne une formule mathématique précise pour chacun des phénomènes, à chaque niveau, pour chaque type de sensation et de vécu.

L'étudiant débutant pense que la Cabale a recours à la guématrie, à des matrices et à des schémas, mais ceux qui progressent véritablement trouvent, au-delà du premier abord, une science d'une grande précision permettant d'analyser la perception des mondes supérieurs.

L'étude de la sagesse de la Cabale est un procédé ancien et éprouvé au moyen duquel l'homme peut acquérir une conscience accrue des mondes supérieurs et accéder à un haut degré de connaissance de la création, de la raison d'être de celle-ci, du sens de l'existence et du passage des hommes dans ce monde.

Si une personne ressent en elle un désir de spiritualité, si ce désir ne la laisse pas en paix, elle peut, au moyen de la Cabale, développer son désir au point qu'elle commencera à percevoir le spirituel.

2. Qu'est ce qu'un cabaliste ?

Un cabaliste est une personne ordinaire qui ne se distingue en rien extérieurement des autres. Il n'est pas obligatoirement intelligent ou érudit. Son aspect n'indique aucune sainteté. Tout simplement, à un moment de sa vie, cette personne ordinaire a trouvé une réponse authentique aux questions concernant le sens de son existence.

En étudiant la Cabale, cette personne a acquis un "sixième" sens, le sens du spirituel, qui lui permet de percevoir les mondes spirituels comme une réalité tangible, de la même façon que nous percevons notre réalité quotidienne, notre monde.

Le cabaliste perçoit les mondes spirituels, il en a la compréhension spontanée. Ces mondes sont appelés "spirituels" car ils se situent au-delà des frontières de notre perception habituelle. Le cabaliste voit dans les mondes spirituels la racine de ce qui se produit dans notre monde, il a cette capacité d'être à la fois dans ce monde et dans les mondes spirituels.

Les cabalistes ont connaissance des messages de vérité qui nous environnent, mais que nous ne percevons pas pleinement. L'être humain ne perçoit ordinairement qu'un petit fragment du monde qui l'environne et il désigne ce fragment par l'expression "notre monde". Le cabaliste perçoit la création dans sa globalité.

Les cabalistes ont la capacité d'étudier, d'analyser et de nous transmettre des informations sur la création, sur l'origine de notre existence, sur le devenir en général. Le procédé permettant d'appréhender le spirituel, ainsi que leurs connaissances, les cabalistes nous les transmettent dans des ouvrages qu'ils rédigent en ayant recours à un langage particulier. C'est pourquoi l'étude de ces ouvrages qui ouvrent à la vraie connaissance de la réalité doit se faire sous la direction d'un cabaliste, selon une méthode spéciale.

3. De l'importance d'étudier la Cabale

Les cabalistes ne transmettent pas sans raison leurs connaissances sur l'organisation des mondes spirituels. Chacun de nous a la capacité de développer son sixième sens et, en lisant les ouvrages des cabalistes en relation avec les mondes spirituels au moment où ils écrivent, nous pouvons, sans avoir l'intelligence du texte mais en faisant des efforts pour le comprendre, attirer sur nous la "lumière environnante".

Les ouvrages écrits dans la langue de la Cabale ont la particularité de faire rayonner une intense lumière environnante sur le lecteur. En étudiant l'organisation des mondes spirituels, leur authentique nature, l'homme attire sur lui la lumière qui procède à sa réparation, lui dévoile progressivement la vérité.

Ce sens du spirituel, cette capacité de percevoir la création dans sa globalité existe à l'état latent dans chaque homme. Il est désigné par l'expression "le point dans le cœur". La lumière environnante a pour objet de "remplir" les besoins de ce sens une fois celui-ci suffisamment développé. Cette lumière est qualifiée "d'environnante" car elle entoure le récipient [keli] qui ne peut pas encore la recevoir en lui.

Ce "sixième sens" continue d'exister en dehors de toute matérialité, après la mort du corps. A mesure que l'homme étudie la Cabale, la lumière irradie vers "son point dans le cœur" et l'agrandit.

Peu à peu, ce point " se dilate ", acquiert un volume suffisant pour que la lumière environnante puisse y pénétrer. La pénétration de la lumière dans le "point dans le cœur" fait naître en l'homme sa première sensation du spirituel. Avec la pénétration de la lumière dans le "point", la perception des mondes spirituels, du passé, du futur se développe et se fait plus vive.

Rien n'est possible sans l'aide de l'En-Haut, sans la lumière environnante qui émane de l'En-Haut et purifie l'homme peu à peu. Même si cette lumière nous est étrangère, elle est directement en relation avec le point dans le cœur qu'elle doit remplir comme cela est prévu dans le programme de la création.

En lisant les ouvrages de Cabale, nous nous relions à la source de lumière et, de manière inconsciente, nous créons en nous le désir du spirituel. Rabbi Yehuda Ashlag écrit à ce sujet dans son "Introduction à l'Etude des Dix sefirot" :

" Pourquoi les cabalistes invitent-ils toute personne à étudier la Cabale ? C'est qu'il y a quelque chose d'extraordinaire dans cette étude, méritant qu'elle soit connue car celui qui étudie la Cabale, même s'il ne comprend pas le sujet dans l'immédiat, par son désir de comprendre, attire sur lui la lumière qui entoure son âme. Chaque homme a alors la possibilité d'atteindre l'objectif que le Créateur a placé en lui en créant ce monde, celui de délecter toutes les créatures. Celui qui ne parvient pas à cet objectif au cours d'une incarnation y parviendra au cours d'une autre jusqu'à ce qu'il réponde à l'intention du Créateur.

Tant que la personne n'est pas parvenue à la perfection, cette lumière dont il bénéficiera dans le futur est "lumière environnante". Cette lumière est réservée à chaque homme, elle attend le moment où celui-ci éprouvera le désir de la percevoir. C'est alors qu'elle épousera la forme des désirs de l'homme.

C'est la raison pour laquelle, même si les outils appropriés, autrement dit les récipients-désirs, ne sont pas encore développés en l'homme, l'étude de la Cabale, l'étude des attributs des mondes et des récipients, attributs qui sont en relation avec l'âme humaine, permet à la lumière environnante de se refléter en l'homme sans toutefois pénétrer dans les profondeurs de son âme, car il est dépourvu des récipients pour l'accueillir. Cette lumière qui éclaire l'homme quand il étudie le purifie pour lui permettre de recevoir la lumière à l'intérieur de lui.

L'étude de la Cabale éveille en l'homme le désir de percevoir les mondes de vérité, crée en lui le moyen - le récipient - qui lui ouvre les yeux à la vraie connaissance, et c'est seulement ce désir qui lui en donne la capacité. Parler de ces mondes est toujours possible, mais sans en avoir la connaissance, cela se limite à des mots vides de sens concret.

A notre époque, les ouvrages sur la Cabale sont largement diffusés. Les cabalistes invitent tout un chacun à prendre part à l'étude de la Cabale.

En étudiant ces ouvrages, le désir de spiritualité grandit, la lumière environnante, autrement dit cet univers d'authenticité qui nous est masqué commence à rayonner et à se dévoiler peu à peu à nous.

4. Histoire de la Cabale

Les cabalistes se sont transmis la Cabale oralement et par écrit. Le premier cabaliste que nous connaissions est le patriarche Abraham. La Torah nous parle des questions qu'il s'est posées sur le sens de l'existence et de la manière dont il est parvenu à accéder au niveau auquel le Créateur, les mondes spirituels se sont révélés à lui. Les connaissances qu'il a acquises, la méthode qu'il a utilisée pour les acquérir, il les a transmises aux générations suivantes oralement et dans le livre "Sefer Yetsira", [Le Livre de la Création].

Chaque cabaliste a laissé son empreinte personnelle à l'expérience acquise. Moïse a transmis ses connaissances dans le détail et par écrit dans un livre nommé par lui "Torah" du nom "or" , lumière, et "oraa", instruction (connaissance de la lumière).

La Cabale a continué à se développer après la rédaction du Pentateuque de Moïse. La Cabale a commencé à être étudiée en groupes de cabalistes au cours de la période comprise entre le Premier et le Deuxième Temples. A la suite de la destruction du Deuxième Temple et jusqu'à notre génération, la Cabale a connu trois périodes de développement particulièrement importantes.

La première période se situe au III-me siècle de notre ère et correspond à l'écriture du Zohar par Rabbi Shimon Bar Yohaï, le Rachbi, élève de Rabbi Akiva. Rabbi Shimon bar Yohaï, érudit parmi ses contemporains dans la connaissance des degrés révélés et secrets de la Torah a été désigné par Rabbi Akiva pour transmettre la Cabale aux générations suivantes. Après la capture et l'emprisonnement de Rabbi Akiva, Rabbi Shimon Bar Yohaï s'enfuit avec son fils Eliézer, à PÉki, au Nord du pays où il vécut dans une grotte avec son fils pendant treize ans.

Rabbi Shimon Bar Yohaï est sorti de cette grotte avec le 'Livre du Zohar", [Le Livre de la Splendeur] dans lequel est exposé un système d'enseignement de la Cabale. Rabbi Shimon avait franchi les 125 degrés spirituels que l'homme peut franchir durant sa vie dans ce monde.

Le Zohar est rédigé de manière très particulière, sous la forme d'allégories et en araméen. L'araméen est la face cachée de l'hébreu. Rabbi Shimon Bar Yohaï dictait, et son élève, Rabbi Aba, qui avait le don d'exprimer les textes de manière voilée pour que seules certaines âmes les comprennent, se chargeait de la rédaction.

La légende raconte que les manuscrits du Zohar ont été cachés dans une grotte près de Safed. Ils ont été trouvés quelques siècles plus tard par des Arabes vivant à proximité. Les Arabes s'étaient réjouis d'avoir trouvé du papier qui à l'époque était une matière rare, et l'ont utilisé à de multiples fins. Un sage de Safed, un jour qu'il avait acheté du poisson au marché, fut étonné de découvrir le parchemin d'une inestimable valeur dans lequel le poisson avait été enveloppé. Il se mit en quête d'acheter les autres morceaux de parchemin aux Arabes pour les collationner et en constituer un livre. Il s'agit du Livre du Zohar qui nous est parvenu. Le Zohar a été étudié secrètement pendant des siècles, en petits groupes de cabalistes. La première publication de cet ouvrage a été réalisée par Rabbi Moïse de Léon, au XIII° siècle.

La deuxième période correspond à l'époque de Rabbi Isaac Louria, dit le ARI (XVI° siècle). La Cabale était étudiée en secret en petits groupes. Le ARI a appelé à l'étude généralisée de la Cabale.

Le ARI est né à Jérusalem en 1734. Il perdit son père très jeune et fut emmené avec sa mère en Egypte où il grandit chez son oncle. Il a étudié la Torah auprès du célèbre Rav David ben Shlomo ibn Zamra et le Rav Bethsalel Ashkenazi. Il devint un érudit en Torah. C'est en 1570 qu'il arriva à Safed. Malgré son jeune âge, il commença immédiatement à enseigner la Cabale. Ses compétences furent tout de suite reconnues par les sages de Safed qui venaient étudier chez lui. Durant un an et demi, son élève Haïm Vital a mis par écrit l'enseignement du ARI.

Le ARI nous a légué un système de base pour l'étude de la Cabale, adaptable à tous. En employant ce procédé, chaque homme qui étudie la Cabale peut réaliser le but de la création.

Le ARI mourut le cinq Av 1572, à l'âge de 38 ans. Ses travaux ont été cachés, conformément à ses derniers vœux, afin qu'ils soient révélés à la génération qui en aurait besoin. Avec le ARI, nous sommes les témoins d'un événement intéressant qui se caractérise par l'émergence d'enseignants de la Cabale d'un nouveau type. Ils marquent le début d'une nouvelle période et décrivent les moyens les plus adaptés à la génération contemporaine mais, par ailleurs, ils font en sorte que leurs travaux soient découverts par ceux à qui il appartiendra de les rechercher dans le futur.

En fait, le processus d'évolution est subordonné à deux conditions : la pertinence dans le temps et la maturité des âmes faisant que le besoin d'un nouveau système d'enseignement provienne d'elles-mêmes.

Les cabalistes révèlent un nouveau système d'enseignement, le transmettent à leurs contemporains tout en sachant que ceux-ci n'ont pas la capacité de mesurer dans toute son ampleur l'évolution qu'ils y ont apportée. C'est pourquoi, ils préfèrent souvent dissimuler ou même brûler leurs écrits. Le Baal HaSulam a brûlé et détruit la plupart de ses écrits. Toutefois, la révélation à notre monde de connaissances sur les mondes spirituels sous une forme écrite a une signification toute particulière malgré la destruction des textes. Ce qui a été dévoilé sur un support matériel a une influence dans le temps et facilite une seconde révélation.

L'ouvrage "Shaar HaGuilgoulim" fait mention des dernières paroles du ARI avant sa mort selon lesquelles le rabbi demande à ce qu'un seul de ses élèves, Haïm Vital, étudie la Cabale, qu'il l'étudie secrètement et seul. Après la mort du ARI, Haïm Vital a consigné par écrit l'enseignement oral qu'il avait reçu, sans systématisation. Il a caché une partie de ses écrits, 600 pages, a demandé qu'une partie soit enterrée avec lui et a légué une dernière partie à son fils. Au cours de la génération suivante, son élève, Rabbi Tsemah a compilé "L'Arbre de vie" et d'autres ouvrages à partir des 600 pages cachées ; puis il a extrait de la tombe les autres écrits de Haïm Vital et a écrit une série de livres "Les huit portiques".

A l'époque du ARI, l'étude du Zohar en groupes ne faisait que commencer et elle s'est poursuivie activement pendant deux siècles. C'est au cours de cette période qu'est apparu un grand nombre de cabalistes notamment en Pologne, en Russie, au Maroc, en Irak, au Yémen.

Depuis le milieu du XIX° siècle, l'intérêt pour la Cabale s'est émoussé jusqu'à disparaître pour ainsi dire totalement. Dans son "Introduction au Zohar", Rabbi Yehouda Ashlag y voit l'origine des épreuves que nous connaissons depuis plus d'un siècle.


La troisième période
correspond à une nouvelle méthode d'étude révélée par Rabbi Yehouda Ashlag, le Baal HaSoulam, auteur des commentaires "Soulam" [L'échelle] sur le livre du Zohar. Cette méthode est adaptée plus particulièrement aux âmes de notre génération. Rabbi Yehouda Ashlag est né en 1885 à Lodz en Pologne. Très jeune il devint érudit en Torah révélée et exerça les fonctions de Dayan (juge) à Varsovie. C'est en 1921 qu'il a émigré avec sa famille en Israël et est devenu rabbin du district de Guivat Shaul à Jérusalem. Il était alors déjà très occupé à rédiger sa méthode, mais il n'entreprit son interprétation du Zohar qu'en 1943, au moment de la Shoah. Le Baal HaSoulam a ressenti à ce moment la nécessité d'enseigner et de diffuser la Cabale à notre génération pour que chaque homme ait la possibilité de l'étudier. Dans son "Introduction au Zohar", il écrit " il ne reste que des fragments de la grandeur passée, chacun de nous, de ceux qui ont survécu se devrait, de toutes ses forces, de toute son âme d'étudier le sens profond de la Torah". Le Baal HaSoulam a achevé d'écrire son interprétation du Zohar en 1953, il est mort en 1954 et a été enterré au cimetière Ar HaMenouhot, à Jérusalem.

Le fils aîné du Baal HaSoulam, Rabbi Baruch Ashlag, le Rabach, a continué les travaux de son père. Ses ouvrages sont rigoureusement structurés de la manière dont son père la lui a enseignée, ce qui facilite la compréhension des commentaires que nous a laissés le Baal HaSoulam.

Baruch Ashlag est né à Varsovie, en 1907, il a émigré en Israël avec son père. Après son mariage, son père l'inclut dans ses groupes d'étude puis il le chargea de l'enseignement aux débutants. Après la mort de son père, Baruch Ashlag entreprit de poursuivre sa tâche de diffusion de la Cabale.

Malgré ses qualités exceptionnelles, Baruch Ashlag a mené une vie modeste, il a travaillé comme cordonnier, maçon et employé. Extérieurement, il ne se distinguait en rien d'une autre personne, mais il dédiait chaque minute de sa vie à l'étude et à l'enseignement de la Cabale. La Rabach est mort en 1991.

Le "Soulam" veut dire :" l'échelle". La méthode du Baal HaSoulam est adaptée à chacun de nous, pour appréhender progressivement les mondes spirituels qu'il a construits dans ses écrits. Elle permet à chacun d'étudier et d'accéder à la connaissance en 3 à 5 ans. Le principe de cet enseignement est d'éveiller en l'homme le désir de comprendre les mondes spirituels. En étudiant de cette manière, l'homme prend conscience que toutes ses racines proviennent d'un seul et même tout, et qu'il en est l'aboutissement. Cela accroît son désir de les connaître et d'être en relation avec elles aux fins de s'améliorer.

Nous savons que trois éminents cabalistes sont issus d'une seule et même âme, il s'agit de Rabbi Shimon Bar Yohaï, le ARI et Rabbi Yehouda Ashlag. A chacune des périodes leur correspondant, les temps étaient propices pour une révélation plus poussée car la génération contemporaine était prête, cette âme est par conséquent descendue pour transmettre un nouveau système d'enseignement adapté à cette génération.

Rabbi Shimon Bar Yohaï fut l'un des plus grands de sa génération. Il a écrit et expliqué plus de 3000 thèmes du Talmud. Ces explications ont été publiées et nous sont parvenues, mais le livre du "Zohar" a disparu après sa rédaction. En fait, la partie secrète de la Torah ne peut être révélée qu'au moment où les âmes qui descendent dans ce monde sont aptes à la recevoir. C'est ainsi que le Livre du Zohar se révèle à nous progressivement dans le temps. A chaque génération, il est de mieux en mieux compris. Ce qui avait été écrit puis caché à l'époque de Rabbi Shimon Bar Yohaï fut découvert par la génération de Moïse de Léon, puis par celle du ARI qui fut le premier à entreprendre l'interprétation du Zohar dans la langue de la Cabale.

Les ouvrages du ARI ont été également cachés puis partiellement découverts au moment propice. Notre génération, quant à elle, a le privilège d'étudier le "Soulam" qui donne la possibilité d'étudier la Cabale pour procéder à sa réparation dès à présent.

Le Zohar s'ouvre un peu plus à chaque génération, il se révèle davantage et est de mieux en mieux compris au fil des années, chacun de nous le comprenant de la manière la plus adaptée aux racines de son âme.

5. Quels sont les cabalistes les plus importants pour nous?

Les âmes qui descendent à chaque génération ont besoin d'un système particulier d'enseignement. Jusqu'aux alentours des années vingt, il y avait un grand nombre de cabalistes, pratiquement chaque grand rabbin était cabaliste et par conséquent capable d'appréhender les mondes spirituels, les racines, les sources de notre monde.

La situation a changé depuis les années vingt, les âmes qui descendent dans notre monde recherchent la luxure, le pouvoir et les richesses. Certaines d'entre elles aspirent à acquérir des connaissances, et un très petit nombre souhaite comprendre les mondes spirituels.

Les âmes qui descendent aspirent aux biens matériels et aux connaissances spirituelles. L'homme de notre génération a à sa disposition pour développer ses désirs une large gamme de possibilités et, de la même manière, il lui est actuellement possible d'accéder au degré spirituel le plus élevé.

Le procédé permettant aux âmes de notre génération d'étudier la Cabale a été élaboré par le Rav Yehuda Ashlag, le Baal HaSoulam. Il est l'auteur du commentaire exhaustif du Zohar et des travaux du ARI. Ses ouvrages ainsi que ceux de son fils aîné, le rabbin cabaliste Baruch Ashlag, le Rabach, sont une source authentique de connaissances cabalistiques exhaustives.

Ces deux cabalistes sont la seule source d'aide dont notre génération dispose. Mais avec l'évolution des âmes et la descente de nouvelles âmes dans ce monde, un nouveau système d'enseignement sera nécessaire. L'enseignement demeure inchangé, c'est le système d'apprentissage qui diffère selon les générations.

6. Qui peut étudier la Cabale ?

"Peut étudier la Cabale celui qui le veut" affirme le Rav Kook. Il parle de ceux qui ressentent réellement la nécessité de chercher à se connaître, à connaître leur âme, leur passé, leur origine, leur devenir dans ce monde et après l'achèvement de leur existence.

Cette nécessité d'étudier la Cabale, seule l'âme peut la ressentir car c'est elle qui a besoin de la réparation. Le désir d'étudier est aussi l'unique moyen de vérifier si l'homme peut étudier la Cabale, si la nécessité d'une recherche telle qu'évoquée ci-dessus le trouble, alors, oui, il peut étudier.

L'homme vient à la Cabale quand l'aspect matériel des choses ne l'intéresse plus. Il espère que la Cabale apportera une réponse aux questions essentielles auxquelles il a cherché en vain une réponse dans ce monde, qu'elle lui ouvrira de nouveaux horizons.

L'espoir de trouver au moyen de la Cabale une solution aux questions posées est le plus souvent du domaine de l'inconscient, la personne pensera que le sujet est intéressant, elle ressentira le besoin d'étudier la Cabale pour sa progression ou par curiosité …

Qui suis-je? Quelles sont les raisons de ma naissance ? Quelles sont mes origines ? Quel sera mon devenir? Pourquoi cette existence ? Est-ce que j'ai déjà vécu ? Reviendrai-je ? Pourquoi tant de souffrances dans ce monde ? Comment parvenir à la délectation, à la plénitude, à la sérénité ? Inconsciemment, l'homme sent que les réponses à ces questions se trouvent au-delà des limites de ce monde.

C'est dans la connaissance et la perception des mondes spirituels que se trouve la réponse à ces questions, le cheminement permettant d'y parvenir est l'étude de la Cabale.

Par la sagesse de la "Cabale", l'homme pénètre les mondes spirituels, les mondes d'où émane tout processus survenant dans ce monde. En prenant conscience de l'essence originelle des événements qui se produisent dans sa vie, l'homme devient maître de sa voie et atteint l'objectif de son existence dans ce monde, c'est-à-dire la sérénité, la délectation et la plénitude.

Encore très peu de personnes éprouvent le désir d'étudier la Cabale à notre époque. D'une manière générale, beaucoup sont attirées par l'étude de la magie, la méditation tout en les associant parfois à la Cabale. La connaissance des mondes spirituels, la progression intérieure pour s'élever sur les degrés de la spiritualité présentent encore peu d'intérêt.

La contrainte est absente du domaine spirituel, tout est déterminé par le point dans le cœur, par son degré de maturité pour la réparation dont a besoin l'âme et la progression spirituelle. Quand la maturité se fait réellement ressentir, l'homme se met à la recherche d'un endroit où il pourra étudier et il ne trouvera pas la paix tant qu'il ne l'aura pas découvert. Le désir authentique de connaître les mondes spirituels conduit l'homme vers le vrai chemin de la Cabale.

7. Spiritualité et Cabale

L'homme ne pourrait faire le moindre mouvement s'il ne devait en tirer quelque avantage. Il puise l'énergie intérieure qui met son corps et son intellect en mouvement dans l'intérêt immédiat ou futur qu'il perçoit dans telle ou telle de ses actions.

Si l'attrait du profit résultant d'une action disparaît, l'homme met aussitפt fin à celle-ci. L'homme ne peut pas exister sans la perspective d'avoir quelque chose à gagner. La raison en est que nous sommes faits de matière, autrement dit du désir d'éprouver du plaisir, et c'est ce qui nous incite à faire des efforts.

La Cabale nous parle du principe de la création, de la manière de recevoir avec plaisir. Le Créateur a créé l'homme et lui a transmis des instructions pour vivre, et pour nous, vivre signifie éprouver du plaisir.

La Cabale expose les instructions transmises à l'homme pour qu'il vive, elle lui enseigne comment recevoir avec plaisir selon un processus précis, le Créateur souhaitant amener l'homme à la délectation parfaite, sans limites.

Ces instructions permettent à l'homme de vivre en éprouvant du plaisir et non en ressentant des souffrances.

Les souffrances sont le résultat d'une sensation vive d'absence de plaisir. Elles n'existent que pour inciter l'homme à réfléchir sur leur raison et pour trouver le chemin vers le plaisir authentique. Ce chemin, l'humanité est à sa recherche en permanence, depuis des siècles.

La capacité de l'homme à rechercher le plaisir est infiniment petite dans notre monde. Pour appréhender le monde spirituel, l'homme doit faire croître son désir de recevoir, et non le fuir, le faire croître jusqu'à désirer avaler tout, tous les mondes, y compris notre monde.

Ce processus doit être mené correctement, l'homme a été créé dans ce but. Vivre en ermite, fuir la vie n'est pas ce que préconise la Cabale qui, au contraire, invite l'homme à avoir une famille, à travailler et à vivre pleinement sa vie. L'ensemble du monde a été créé pour amener l'homme à procéder correctement à sa réparation.

Apprendre à recevoir, apprendre à utiliser correctement les désirs donnés à l'homme de façon à ne pas les limiter, ne pas s'imposer de refus, ne pas s'éloigner de la vie, c'est ce que notamment enseigne la Cabale.

La Cabale n'est pas compatible avec la coercition sous quelque forme que ce soit, la coercition est exclue de la spiritualité. Au début de son étude, l'homme n'a pas encore le sentiment du spirituel, c'est pourquoi, au stade initial, l'enseignement est basé sur l'intellect : en utilisant son intellect, l'homme développe les capacités de perception de son cœur.

A mesure que le point dans le cœur se développe, nous percevons ce qui est vrai de ce qui ne l'est pas et, nous sommes naturellement attirés par les décisions et les actions justes.

En progressant sur son chemin spirituel, l'homme prend ses distances par rapport à certaines choses qui ne présentent plus d'attrait pour lui. C'est le même processus qui fait que les jeux d'enfants n'intéressent plus les adultes.

La connaissance des mondes spirituels s'acquiert au moyen de:

  1. L'étude d'ouvrages de cabalistes authentiques. Tous les livres de la Torah sont des livres de Cabale écrits par des cabalistes l'un pour l'autre, pour échanger leurs idées et s'entraider. La personne qui a déjà avancé sur le chemin spirituel a conscience combien ces ouvrages sont une aide précieuse pour poursuivre sa progression, ce sont des sortes de guides sur un pays étranger. A l'aide de ces ouvrages, l'homme apprend à connaître le pays et à évoluer dans un contexte nouveau pour lui.
  2. Nous avons besoin de livres appropriés à nos âmes, c'est à dire de livres écrits par des cabalistes de notre génération ou tout au moins, de la génération précédente, car les âmes qui descendent dans ce monde diffèrent selon la génération, ce qui implique la nécessité d'enseigner au moyen de méthodes adaptées.

  3. La structure d'un groupe d'étude adéquate au sein de laquelle il est possible d'étudier les ouvrages de Cabale sous la direction d'un maître. Le groupe transmet de la force. L'aspiration à l'élévation spirituelle est extrêmement faible en chacun de nous, elle peut être développée en utilisant le désir collectif. Quelques étudiants dotés chacun d'une faible aspiration stimulent une lumière environnante d'une grande force.
  4. Les cabalistes ont toujours étudié en groupe. Le groupe est une condition indispensable pour progresser.

  5. La direction d'un maître qui lui-même a acquis ses connaissances d'après des ouvrages authentiques, auprès d'un cabaliste. Se réunir en groupe ne signifie pas que la présence d'un maître n'est pas nécessaire, c'est sous sa direction que se fait l'étude.

Ce sont les livres et le maître qui aident l'étudiant à progresser dans la bonne direction. L'élève travaille sur lui-même, sur son propre moi sans que personne d'autre ne connaisse sa place dans le groupe, ni son niveau spirituel. Les livres, le groupe, le maître sont tout simplement une aide qui permet à l'étudiant d'accroître son aspiration à s'élever spirituellement au lieu de suivre d'autres désirs ou des objectifs vains.

Le cabaliste entreprend son chemin dans l'ascension spirituelle très progressivement. Plus ses aspirations grandissent, plus il reçoit de lumière. Plus son désir de progresser augmente, plus sa compréhension des mondes spirituels se fait vive. En fait, son récipient spirituel - son âme - grandit pour se remplir totalement de lumière. C'est ce qui est désigné par les termes "achèvement de la réparation" (gmar tikoun). C'est à ce moment que l'homme atteint le degré de spiritualité le plus élevé, la racine de son âme, l'origine de sa naissance dans le Créateur. Ce niveau est celui à atteindre par l'homme durant sa vie, dans ce monde, dans son corps.

8. Langage universel et Cabale

Les cabalistes ont écrit un très grand nombre d'ouvrages au cours des générations en employant divers modes de formulation.

Tous parlent d'une seule et même chose : ils nous décrivent le processus permettant de pénétrer les mondes spirituels, d'en connaître la structure.

La Torah ainsi que tous les ouvrages de Cabale sont écrits dans une seule et même intention: nous enseigner la manière d'ajouter à la perception du monde dans lequel nous vivons celle des mondes spirituels.

Le moyen le plus fiable pour nous permettre d'éviter les erreurs et comprendre la spiritualité est le langage de la Cabale.

Ce langage a été diffusé pour la première fois par le ARI. Les cabalistes ont rédigé leurs écrits pour les âmes de leur génération. Le Livre du Zohar, qui utilise la langue des légendes, a été écrit au III° siècle de notre ère. Le commentaire du Baal HaSulam nous donne la possibilité de comprendre ce livre à notre époque, il nous l'explique sous la forme du langage des "sefirot". Sans cette interprétation, nous ne serions pas en mesure aujourd'hui de comprendre ce dont nous parle le Zohar.

L'évolution des âmes se faisant progressivement, les cabalistes ont employé différents langages au fil des siècles. De génération en génération, l'âme revient dans ce monde de plus en plus alourdie, chargée de l'expérience des vies antérieures, de souffrances, mais aussi de bagage spirituel et, bien que ce processus soit voilé à l'homme, il existe à l'état latent dans son "point dans le cœur". C'est la raison pour laquelle chaque génération a besoin, pour comprendre la Cabale, de son propre langage qui convient au type d'âmes qui la composent. Le Livre du Zohar nous dit que l'évolution de l'humanité représente la migration dans notre monde de 600 000 âmes pendant 6000 ans. Au cours d'une même génération, ce sont ces 600 000 âmes qui, en migrant dans notre monde sous une nouvelle forme corporelle à chaque fois, évoluent, prennent conscience de la nécessité de progresser spirituellement, y réussissent, parviennent à une réalisation universelle, à la délectation.

Les âmes descendues dans ce monde au cours des deux premiers millénaires ne connaissaient pratiquement pas l'égoïsme, elles n'avaient pas besoin de directive, de Torah, elles faisaient croître leur point dans le cœur de manière inconsciente.

De cette période, deux ouvrages seulement nous sont parvenus "L'Ange Raziel" (du mot "raz" : secret), et le "Sefer Yetsira" [Le Livre de la Création]. Le premier a été rédigé par Adam, le second par le patriarche Abraham. Ils sont tous deux couramment édités.

Au cours des deux millénaires suivants, les âmes ont eu besoin pour leur développement d'obéir physiquement à des lois spirituelles, de sentir une mise en application physique de celles-ci. Le cabaliste Moïse a donc décrit le degré qu'il avait atteint dans un livre qu'il a appelé "Torah" que nous connaissons sous la forme du Pentateuque. Moïse nous décrit les mondes spirituels dans un style narratif, nous en donne une image en employant le langage des branches. Les mondes spirituels y sont dépeints au moyen d'attributs de notre monde, il s'agit en quelque sorte d'un code qui n'est compris que de ceux qui perçoivent les mondes spirituels.

Nous avons l'impression que la Torah est une compilation de récits historiques. Ce qui est conté dans la Torah a eu lieu dans notre monde. Cependant, l'essentiel même du message de la Torah porte sur les processus spirituels qui se sont déroulés antérieurement aux événements survenus dans notre monde qui n'en sont que la conséquence.

Les processus dont les mondes spirituels font l'objet ont lieu ensuite dans notre monde. Les livres de la Torah ont été écrits pour nous aider à comprendre les mondes spirituels, non pas pour nous relater des événements historiques. La Torah a été donnée pour appréhender les mondes spirituels et nous permettre d'être maîtres des événements qui sont l'émanation des processus qui s'y déroulent.

Dans notre monde, les forces spirituelles se matérialisent sous la forme des relations de l'homme avec ses semblables, avec les objets, avec les forces de la nature. C'est pourquoi, à première vue, le Talmud semble parler des préjudices causés, des relations entre les personnes, entre les personnes et le monde environnant, comme s'il s'agissait du monde dans lequel nous vivons. En réalité ce sont les mondes spirituels qui y sont décrits.

Nous savons que la Torah n'aide absolument personne à vivre dans ce monde, tous les peuples de la Terre vivent très bien sans la connaître. La Torah a été donnée pour comprendre les mondes spirituels et en être maître.

Celui qui étudie la Cabale perçoit progressivement les mondes spirituels au moyen du langage de la Torah. Il ôte la signification extérieure, "notre signification" des mots, et voit le sens profond, ce à quoi se rapporte précisément le mot dans les mondes spirituels. Il peut alors comprendre sans ambiguïté de quoi il s'agit. Les cabalistes comprennent la racine spirituelle, l'ensemble du tableau des mondes spirituels leur est dévoilé.

De quelle nécessité est la Torah ? Il est dit " J'ai placé devant toi le mal, - l'égoïsme-, choisis la vie - la Torah - qui a été donnée pour sa réparation". Plus l'homme aura conscience de son égoïsme, plus il sera apte à utiliser la Torah pour sa réparation.

C'est uniquement à cette fin que la Torah a été donnée. C'est pourquoi à mesure qu'il procède à sa réparation, l'homme accède à un monde sans limites et à la plénitude, à une existence autre, tout en vivant dans ce monde.

Dans l' "Introduction à l'étude des dix sefirot", il est dit que celui qui étudie correctement accède à la compréhension de la spiritualité en trois à cinq ans. Cela signifie que si la personne étudie dans une juste intention, elle franchit la barrière entre ce monde et les mondes spirituels, elle accède à la lumière.

Si elle n'y est pas parvenue, cela signifie qu'elle n'a pas fait suffisamment d'efforts en qualité ou en quantité. Il est bien entendu qu'il ne s'agit pas de la quantité de connaissances apprises, mais de l'importance prise par son activité, de l'intensité de son aspiration.

9. Religion et Cabale

L'homme ne peut pas procéder à sa réparation par autopunition, par mortification. Ce processus ne peut être que le résultat d'une recherche dans l'intention de connaître, de percevoir le Créateur.

Quand l'homme réussit à progresser spirituellement, la lumière parvient à lui pour procéder à sa réparation, les désirs qu'éprouve l'homme se modifient alors. C'est uniquement de cette manière que l'homme peut changer, sinon il s'agit d'un leurre ou d'une contrainte imposée à soi-même, une mortification de la chair.

Ce serait une erreur de penser qu'en se vêtant d'une certaine manière la nature profonde de l'être en sera modifiée, que cela permettra de progresser spirituellement. Seule la lumière peut améliorer l'homme.

L'étude a pour but d'attirer sur l'homme la lumière qui le répare et entoure son âme. Ce doit être le seul but de l'étude, la lumière permet ensuite l'élévation spirituelle.

Le cheminement intérieur d'un être par l'étude de la Cabale dans le but de procéder à sa réparation exclut totalement toute forme de contrainte, il donne à l'homme la sensation de la lumière, du Créateur, la connaissance de la spiritualité. C'est ce cheminement qui permet à l'homme de préférer le spirituel au matériel, en proportion de sa progression spirituelle.

C'est en ceci que réside essentiellement la différence entre la Cabale et la religion. Toute religion est fondée sur des dogmes, des traditions, des contraintes, sur l'observation sans questionnement critique dans l'impossibilité de vérifier l'intangible.

La Cabale ouvre à l'homme les mondes spirituels ce qui lui permet de percevoir l'ensemble de l'humanité et de voir les limites antérieures de sa perception et de ses connaissances. Par le terme foi, la Cabale désigne la perception claire de la création.

10. Science et Cabale

Les recherches menées par l'homme sont la source de toutes nos connaissances sur le monde, et chaque génération se les transmet. Il en est de même pour les mondes spirituels. A chaque génération, à commencer par le patriarche Abraham, les cabalistes ont étudié et acquis des connaissances sur les mondes spirituels, et ils se les sont transmises de génération en génération.

Le Baal HaSulam écrit que "tous les mondes supérieurs et inférieurs sont présents en l'homme" Cette phrase est essentielle. Les cabalistes nous disent qu'en dehors de nos sens, en dehors de nous, il n'existe que la lumière supérieure portant le nom de "Créateur".

Cette lumière est une abstraction, elle n'a pas de forme, aucune caractéristique propre. Tout ce qui est perçu par nous en tant que monde environnant n'est rien d'autre que la réaction de nos organes des sens à cette simple lumière environnante.

Nous vivons dans un océan de lumière et, selon la capacité de réception de nos organes des sens, nous éprouvons diverses sensations que nous pouvons lui attribuer bien qu'elles soient induites par nos organes. Ce que nous percevons comme un son provient de la réponse de nos tympans à des stimuli extérieurs. Nous savons que notre tympan réagit à l'intérieur de nous à une pression exercée de l'extérieur. Cette réaction, nous la mesurons en nous-mêmes, dans notre cerveau et nous la percevons comme un événement survenant à l'extérieur de nous. Cela ne nous fournit pas nécessairement d'indication sur ce qui se produit à l'extérieur de nous car nous ne percevons en nous que la réaction de nos organes des sens.

Il en est de même avec nos autres sens tout comme avec l'exemple du son: la vue, le goût, le toucher, l'odorat, ce qui signifie que nous ne pouvons jamais sortir de notre "boîte". Tout ce que nous pouvons dire de ce qui se produit en dehors de nous se réfère à une représentation que nous nous en faisons à l'intérieur de nous à des fins personnelles.

L'étude de la Cabale peut nous aider à étendre le domaine de perception de nos organes des sens et à acquérir un autre sens, un sixième sens, au moyen duquel nous pouvons connaître la réalité qui est à l'extérieur et à l'intérieur de nous. Il ne s'agit pas d'un autre organe des sens mais de la perception de sollicitations extérieures.

Le processus est le même dans un poste récepteur dont le circuit oscillant peut être réglé à diverses fréquences. Si la fréquence de l'onde créée par le récepteur correspond à la fréquence lui parvenant de l'extérieur, il la capte et y répond. Cet exemple s'applique aussi à notre cas : en nous dotant d'attributs des mondes spirituels extérieurs, nous les ressentons à l'intérieur de nous également.

Au cours de sa progression, le cabaliste se dote sans cesse de nouveaux attributs spirituels et il se lie progressivement à des degrés spirituels de plus en plus élevés.

Les chercheurs n'utilisent que les cinq sens dont ils disposent. Tout appareillage précis et sophistiqué, électronique, mécanique ou autre que nous pensons "objectif" ne fait que repousser les limites de notre perception pour que nous puissions voir, entendre, sentir, goûter et toucher avec une sensibilité plus affinée. En fin de compte, seul l'homme contrôle, mesure et évalue les résultats de ses investigations au moyen de ses cinq sens.

En progressant dans l'étude de la Cabale, l'homme commence à comprendre, à percevoir, à évaluer les réalités spirituelle et matérielle indistinctement. Le cabaliste appréhende les mondes spirituels tout en vivant dans ce monde, il ressent l'un et l'autre sans différence aucune.

Seule une personne pénétrée de la réalité spirituelle authentique voit les raisons des événements qui lui arrivent dans ce monde, et c'est ainsi qu'elle comprend les conséquences de ses actes. Elle prend conscience de la réalité : elle la vit, la perçoit, sait ce qu'elle doit faire d'elle-même et de sa vie. Jusqu'à ce moment, elle est comme aveugle, elle n'a pas la capacité de connaître les raisons de sont existence, qui elle est, non plus que d'évaluer les conséquences de ses actes ni son évolution, tout est comme emprisonné dans les limites du monde matériel dans lequel elle est entrée tout comme elle en sortira.

A l'origine, nous nous situons tous au niveau de connaissance désigné par l'expression "ce monde". Notre domaine de perception est limité, nous avons donc tous une idée identique du monde. L'étude nous permet de découvrir d'autres formes, d'autres liens, nous commençons à voir ce qui était imperceptible auparavant.

Notre génération se situe au niveau le plus bas qui ait existé car nous nous trouvons sur le degré opposé au Créateur. L'essence même du Créateur se caractérise par le total don de soi, tandis que notre véritable nature est de recevoir exclusivement pour nous-mêmes.

Notre progression spirituelle nous permet de découvrir une autre réalité autour de nous bien qu'en fait aucun changement ne se produise dans notre environnement car c'est nous qui changeons dans la profondeur de notre être et grâce à ce changement, nous commençons à prendre conscience de l'existence d'autres éléments qui avaient toujours été présents près de nous. Ces éléments que nous découvrons sont désignés par le terme "mondes". Les tableaux plus étendus qui se dévoilent, y compris notre propre être, la maîtrise et le cours de nos vies constituent les mondes spirituels. Le cabaliste appréhende ces mondes spirituels de manière concrète, méthodiquement tout comme nous appréhendons le monde matériel.

Cinq mondes composent les mondes spirituels, ils se situent entre nous et le Créateur, ils font écran entre Lui et nous, ils filtrent en quelque sorte la lumière divine, l'atténuent jusqu'à ce que son intensité puisse être perçue par nous sans dommage. Le terme "olam" (monde) en hébreu provient du terme "alama" (secret). Seule une partie de la lumière est transmise, l'autre partie est voilée.

La lumière supérieure émane du Créateur, elle est une. En passant par les degrés des mondes, elle se disperse pour être perçue par chacun de nous selon le degré spirituel où il se situe. Plus nous progressons, moins la lumière est voilée

Ce processus est semblable à un courant électrique qui refroidit, réchauffe, crée le vide ou une pression en fonction de l'appareil connecté. La force en elle-même est du domaine de l'abstraction, elle n'a pas de forme propre, c'est l'appareil qui utilise le potentiel contenu à l'état latent dans l'électricité.

Il en est de même de la lumière divine