Entretien-23.10.2000

Rav Mikhael Laitman

Traduction : N. Baron, Bnei Baruch, Paris

Edité par M. Hallak-Stamler


Le développement égoïste, en d’autres termes le développement basé sur une intention égoïste a conduit l’humanité à une rupture profonde entre le développement moral et le développement technique. C’est ce que craignaient Aristotèle et Platon qui interdisaient aux personnes d’un faible niveau de moralité d’étudier les sciences et les techniques (Voir Yehouda Ashlag «Introduction au commentaire du Ets Hayim», paragraphe 1).

Il ne faut pas en conclure qu’il n’y a pas de lien entre l’intention et le progrès scientifique. L’absence dans les actes de l’homme d’une intention correcte, celle «d’exister pour atteindre le but authentique de la création, la découverte du Créateur» a pour conséquence qu’il ne comprend pas de manière authentique les lois de la nature et de la société.

Nous découvrons les lois de la création de manière restrictive, sous un angle unique, parce que, pour ce faire, nous nous servons de récipients (kelim) égoïstes, autrement dit privés de leur véritable capacité, correspondant uniquement à l'étroit diapason de «notre monde». Et pourtant, chaque loi agit au niveau de l’ensemble de l’univers: dans le monde spirituel et dans notre monde simultanément.

Nous pouvons cependant avoir une vision d’ensemble du monde si nous nous plaçons, nous aussi, à tous les niveaux. Nous devons pour cela acquérir les attributs en harmonie avec ceux de l’ensemble de l‘univers, autrement dit être dotés d’attributs altruistes, semblables à ceux des degrés des mondes spirituels.

Comme nous ne sommes pas à ce niveau, en d’autres termes, comme nous sommes dotés uniquement de récipients de ce monde, nous percevons quelques liens entre les événements qui se produisent autour de nous, mais nous ne sommes pas en mesure ni de les ressentir, ni de les analyser. Prenons, par exemple, l’économie. Les lois de l'économie ne sont pas des lois naturelles ordinaires, elles ne se développent qu’à l’intérieur de la société humaine. Jusqu’à aujourd’hui, personne ne sait où va nous mener le développement économique du monde, comment prévenir une crise. Les économistes reçoivent des prix Nobel, mais ils n’ont pas la capacité de prévoir ce qui va se passer dans les banques du monde le lendemain. Pourtant, il ne s’agit pas de lois des sciences naturelles.

La Cabale nous explique la manière dont est dirigé le monde dans le cadre de la famille, de l’état, de la société, même de l’univers, dans l’ensemble et dans chacune des plus petites parties, et en dehors du temps. La Cabale nous enseigne comment maîtriser le mécanisme qui fait fonctionner notre Univers comme s’il s’agissait d’une petite pièce de machine.

Des scientifiques font toutes sortes d’expériences sur les phénomènes et les lois de ce monde qui nous est accessible, de la même manière, des chercheurs essaient d’analyser la réalité qui se situe au-delà de notre perception, et les lois correspondantes.

Cette analyse nous est nécessaire car nous sommes la pièce motrice la plus active, la seule piטce active de l’Univers. Au moyen de nos capacités habituelles, nous ne pouvons découvrir qu’une petite partie de ce qui nous entoure. La science qui nous permet de connaître l’ensemble de l’Univers, le système global de la réalité est la Cabale.

La Cabale dévoile à l’homme le Grand Dessein de la création, le lien entre ses parties, le développement de l’homme au sein du monde, la connaissance de ce monde, la manière dont il est dirigé de l’en haut, ce que nous sommes hors de ce corps, autrement dit après la mort du corps, et comment nous revenons dans un nouveau corps. Cette science nous enseigne ce qui est au-delà des limites de notre vie, au cours de nos différentes existences, elle est universelle.

Le principal résultat de l’étude de la Cabale est la connaissance du mécanisme des processus, la connaissance de la manière d’agir correctement, l’homme a alors la possibilité de choisir correctement ses actes dans chaque cas, d’influer sur le mécanisme de la conduite de son destin.

La Cabale, ainsi que l'écrit le Baal Soulam, nous fait «découvrir le Créateur aux créatures», en d’autres termes, elle révèle les lois, le mécanisme global de tout ce qui existe. Tout comme, dans ce monde, nous ne pouvons pas vivre sans connaître les lois qui font que nous nous rapprochons de ce qui nous est bienfaisant et nous éloignons de ce qui nous est nuisible, sans chercher la raison du bien et du mal.

Si nous ne connaissons pas cette raison, nous nous polariserons sur une partie de ce mécanisme sans jamais savoir à quoi nous aboutirons. L’humanité veut connaître son devenir. Personne, cependant, n'a encore trouvé la méthode permettant de le découvrir. Récemment, le développement des sciences commence à nous faire prendre conscience combien l’homme influe sur les phénomènes naturels. Des scientifiques affirment que, dans les expériences concernant les forces subreptices de la nature, le résultat dépend de celui qui les mène.

En d’autres termes, il existe un domaine «grossier» d’actions dans les limites duquel il importe peu qui mène la recherche. L’expérimentateur peut être un juste ou un pécheur, tous deux obtiendront le même résultat. Mais il existe un domaine plus subtil de la nature, subatomique, dans lequel le niveau moral de l’homme sera dיterminant sur le résultat.

Ceci nous permettra de découvrir qu’il ne suffit pas d’équiper les scientifiques d’instruments sophistiqués, mais qu’ils devront être aussi des personnes éduquées à agir correctement sur la nature. Nous influerons sur la nature. Reste à savoir ce que signifie «correctement». Il est possible qu’au cours du stade suivant du développement du monde, la science n’ait pas besoin d’appareils mécaniques, électroniques, optiques, grossissants ou réducteurs, etc., l’homme analysera le monde au moyen de lui-même, agira sur le monde en ciblant son intention pour obtenir le résultat recherché.

Comment saurons-nous de quelle manière agir? Au moyen de quelle science découvrirons-nous le lien entre notre influence sur la nature et le mécanisme qui nous permet de recevoir d’elle?

C’est ce qu’ étudie la Cabale. Elle dit à l’homme quelles sont ses actions qui induisent telles ou telles rיactions. La Cabale en tant que science manie des paramètres précis, son langage est purement scientifique. Sa dénomination en hébreu est «Hokhmat haKabala», la Science de la Cabale.

Ce que nous voudrions, c’est que la nature environnante nous permette connaître d’elle ce qui nous est nécessaire et qu’elle nous donne des produits de consommation et, pour ce faire, il pourrait suffire que l’homme agisse au moyen de ses attributs car tous les appareils et mécanismes que nous développons ne sont-ils pas à notre image?

La Cabale explique aussi à l’homme quels attributs il doit acquérir pour étudier correctement la réalité, elle aide l’homme à se doter des attributs nécessaires, qualifiés de «spirituels», au moyen desquels il peut influer sur le monde.

La Cabale fait découvrir la réalité et en explique les lois à l’homme, de quelle manière influer positivement sur l’univers, obtenir les meilleurs résultats. L’outil permettant d’influer sur le monde environnant est appelé «kavanot», «intentions».

En d’autres termes, l’ étude de la Cabale et sa mise en oeuvre ont pour but de permettre à l’homme d’obtenir les meilleurs résultats. Le but est simple, clair: accéder à une vie heureuse dans notre corps et sans le corps, à une vie de bonheur éternel, à ce que recherche l’homme.

La Cabale est effectivement la science permettant de maîtriser l’univers, de tourner le monde vers le bien. A mesure que l’humanité se développe sans être maîtrisée, elle יprouve de plus en plus de souffrances et d’incertitudes. C’est pourquoi, la Cabale revêt maintenant une telle actualité.

Que cherche l’homme? Il cherche les miracles (segulot) pour son bien- être. Et ce bien être, il le cherche chez les mages, les cartomanciennes, les «cabalistes». Depuis le début de son Histoire émaillée d’innombrables souffrances, l’humanité n’a pas trouvé de panacée contre les malheurs. La possibilité de s’aider soi-même existe, il faut seulement apprendre à conduire sa vie. Bien sûr, pour commencer, il faut étudier pour acquérir cette possibilité: la capacité d’influer sur la nature s’acquiert par la connaissance. Ce n’est pas un hasard si l’homme est créé pour que les premières 20 à 30 années de sa vie, la nature et la société soient bienveillantes à son égard. C’est seulement après qu’il sera devenu homme que la nature commencera à devenir impitoyable et s'avère.

Dans le concret, il n’est possible de conduire sa vie, de participer à la conduite du monde à la place du Créateur que si l’on s’est dotי d’un écran. En fonction de la force de cet écran, le Créateur transmet à l’homme la capacité de diriger l’univers, l’homme y compris. L’homme qui possède un écran tient son destin dans ses mains.

En se dotant d’un écran, l’homme acquiert une force supérieure à sa vie, supérieure à lui, il peut agir sur lui-même en fonction du degré spirituel supérieur au sien, en dehors des limites de l’intelligence, en référence à la sagesse du degré suivant, c’est la seule possibilité permettant d’accéder à la liberté, à la maîtrise et au libre arbitre. L’homme peut ainsi acquérir les forces du degré supérieur au sien et s’élever son niveau.

Il n’existe pas d’autre méthode pour bien vivre. A chaque instant, l’humanité s’enfonce un peu plus dans des problèmes de plus en plus préoccupants, elle va se retrouver dans une situation encore plus terrible, et le peuple d’Israël va souffrir plus que tous.

Le peuple d’Israël ne peut pas être détruit, mais il subit autant de souffrances qu’il en faut pour qu’il prenne conscience de la nécessité d’ étudier afin de maîtriser sa vie. Pour alléger ce chemin de souffrances, pour le remplacer, ne serait-ce que partiellement, par le chemin de la Torah, nous nous devons d’expliquer à tous à quel point notre vie dיpend des lois de la réalité, dיpend de la nécessité de devenir autonome et d’agir activement par nos bonnes actions sur la nature.

L’homme peut ne pas comprendre correctement les termes utilisés habituellement, et que l’on rencontre également en Cabale, comme «Commandements», «Torah», «Créateur», etc. Il faut se défaire complètement de l’interprétation courante de ces termes et expliquer leur autre sens pratique et spirituel: un Commandement est une loi spirituelle, la Torah est la force motrice de l’univers, le Créateur est la loi générale de la nature, «le Bien engendrant le Bien» correspond à ce qui fait progresser sans cesse l’homme par le chemin le plus court vers le «But de la création», vers le degré de perfection, d’infinitude.

Il n’est possible de comprendre le bien et l'équité de la loi de la nature, du Créateur, qu’à la fin du chemin, pas au niveau des degrés intermédiaires. A un degré intermédiaire, il n’est pas possible de justifier la nécessité du châtiment, jusqu’à la mort et une nouvelle incarnation dans un nouveau corps. Justifier les actions de la nature à notre égard, n’est possible qu’à partir du degré qui est au-dessus de celui sur lequel nous nous situons et d'où nous sommes dirigés.

Quand un homme se trouve à un degré de l’échelle qui mène de notre monde vers le but de la création, vers le Monde de l’Infini, il est dirigé du degré suivant et, pour en justifier l’action, il a l’obligation de recevoir l’intelligence de ce degré suivant. La capacité d’agir malgré son intelligence, en s’en remettant à celle du degré suivant, l’ouverture à l’intelligence supérieure sont appelées «lemala mi daat» (au-dessus de l’intelligence).

Pour justifier les évènements qui nous arrivent, nous devons nous placer à partir du degré supérieur à celui sur lequel nous nous situons sur le moment. C’est alors que nous pouvons voir comment se prend une décision, sans prendre le corps en considération, mais uniquement l’élévation de l’âme. Le critère repose sur le choix du chemin le plus court pour parvenir au but. Ensuite, il dיpend de nous de l’accepter et de le mettre en application. Choisir entre le «Chemin de la Torah» et le «Chemin des souffrances» dépend de notre rapport à notre développement, de notre volonté de nous placer au-dessus de l’intelligence ou bien au niveau de l’intelligence.

Personne, à l’exception des cabalistes, et en aucun cas les religieux, ne parle d’une science qui traite de la capacité de maîtriser sa destinיe. La connaissance de la Cabale, du but à atteindre et de la méthode pour y arriver est nécessaire pour pouvoir influer sur sa destinée. Ces questions ne sont étudiées que par la Cabale, elles constituent l’essence de l'étude. Les outils correspondent aux kavanot, aux intentions orientées vers le Créateur, elles s’acquièrent par l’homme uniquement au moyen de la Cabale.

La religion oblige les masses à accomplir des gestes physiques relevant du niveau de «domen» (niveau non animé) et liés aux forces intérieures de la nature, autrement dit elle n’a pas pour objet d’influer activement pour que l’en-haut modifie sa façon de diriger l’homme, tout comme la nature non animée n’influe pas sur son environnement.

A l’inverse, on peut dire également que même si seul le Cabaliste a la capacité d’influer activement sur la maîtrise de la destinée, chaque homme qui pense au bien et au «donner sans réserve» éveille de toute façon une certaine réaction positive dans les mondes spirituels.

Le peuple qui aspire à l’observation de la loi générale de l’univers la trouvera dans la formulation: «Aime ton prochain comme toi-même», et découvrira la loi générale du monde: la Loi de l’Amour». Mais cela se produira uniquement après que l’homme ait placé les limites de son ressenti et de son raisonnement au-delàà de sa perception animale naturelle.

Des chercheurs disent que les résultats de leurs expériences dépendent de l’expérimentateur, de son niveau moral, de ses qualités personnelles. Qu’est-ce qu’ils veulent dire? Qu’en fait, l’homme, par ses attributs, modifie les lois, les attributs de la nature? Non! Les attributs de la nature son immuables, les liens et la relation entre ses forces sont immuables. Tout simplement, en fonction des attributs de l’expérimentateur, la nature se présente à lui sous un autre rapport. Mais la loi n’est pas différente.

Il en est de même dans notre monde: tout ce que nous vivons, nous le ressentons en nous. Le monde, c’est ce qui est ressenti par nous au moyen de nos 5 organes des sens. En d’autres termes, le ressenti est subjectif, se réfère à celui qui «perçoit». Notre nature profonde, celle avec laquelle nous sommes nés, étant la même pour tous, les lois de la nature sont ressenties par nous comme identiques pour tous.

S’il apparaissait une créature dotée d’attributs différents de ceux de l’homme, il est sûr qu’elle percevrait ce qui l’entoure différemment. Lorsque l’homme se transforme, c’est naturellement son ressenti qu’il transforme, la manière dont les lois de la nature agissent sur lui.

Se transformer est la seule attitude possible : la nature demeure immuable, c’est seulement parce que l’homme s’est transformé, qu’il ressent d’une autre manière l’action des lois immuables de la nature. Il est dit: «Je suis Celui qui ne change pas» ("ani avaya lo shinit").

C’est un miracle que de pouvoir changer les choses autour de soi alors qu’en fait rien ne change, et de se transformer dans son for intérieur. C’est dans les attributs nouvellement acquis que la nature est perçue comme transformée.

Que signifie le mot «nature»? Que les lois mécaniques, chimiques, les lois de l’union, de l’attraction changent en fonction des attributs de l’homme? Non, ce n’est pas leur action qui change, mais la façon dont elles sont ressenties par l’homme. L’homme ressent une transformation dans son ressenti et il considère qu’elle s’est produite hors de lui. L’homme est ainsi structuré qu’il se perçoit comme le centre du monde, comme quelque chose d’immuable. En fait, il n’existe qu’une seule chose, le degré unique créé par le Créateur, le degré de la perfection éternelle, en transformant ses attributs, l’homme s’approche de plus en plus de ce degré, le ressent avec de plus en plus d’acuité.

En d’autres termes, les processus qui peuvent se produire en général dans l’univers, correspondent uniquement à la transformation des attributs intrinsèques de l’homme, mais celui-ci perçoit ce processus comme si c’était l’en haut qui avait changé à son égard.

Il est bien par conséquent que nous sachions de quelle manière nous pouvons transformer nos attributs intrinsèques pour que les lois de la nature changent à notre égard vers le mieux. En ayant cette connaissance, nous pouvons être sûrs du résultat, de demain. Cette connaissance correspond à l’enseignement de la Cabale qui nous dit que notre transformation doit consister à rejeter notre égoïsme.

Le groupe Bnei Baruch réfléchit et cherche à faire avancer le monde vers le bien, ce faisant, il a procédé à d’importantes réparations. Le Baal Soulam disait à propos de ceux qui s’installaient dans le désert du Néguev que, malgré leur absence de foi en le Créateur, ils pouvaient attirer la pluie rien que parce qu’ils la désiraient, parce que tout désir de l’homme est une prière vers le Créateur, même s’il ne Le reconnaît pas.

Autrement dit, toute demande orientée vers le bien, toute demande pour avoir le nécessaire entraîne une réaction positive de l’en-haut. Et, à l’inverse, si la demande est nuisible, elle qu’elle est contraire au but de la création, au bien et à l’amour du prochain, elle provoque une réaction inverse parce que la loi générale de la création qui transforme le mal en bien fait pression avec une force encore plus puissante sur ceux qui prient pour le mal. C’est ce qui est désigné dans le langage populaire par les termes de calomnie, de malédiction. Il est dit dans la Torah que c’est celui qui maudit qui souffrira en premier lieu.

Les membres de notre groupe et ceux qui lui sont solidaires, quel que soit le degré où ils se trouvent, accomplissent un important travail en apportant leur contribution à la réparation du monde.

Ensemble, nous devons penser à la rédaction de textes pour tout le monde en général et chacun en particulier, pour expliquer clairement à tous de quoi dיpend ce qu’ils ont de plus cher, la famille, la paix.

Ce faisant, chaque participant au groupe progresse aussi personnellement parce qu’en agissant quantitativement, il s'élève qualitativement, selon le principe de la pyramide. Vous connaissez la loi des grands nombres, elle agit également dans ce cas. C’est selon cette loi qu’agit un groupe de cabalistes: chacun fait un petit effort, et les efforts conjugués permettent d’obtenir une très grande force, chacun étant capable de donner une petite pièce de monnaie sans en sentir le manque et, si quelques millions de pièces sont rassemblés, c’est une grande force pour la réparation du monde.

Des nuages s’amoncellent peu à peu au-dessus du monde. Nous nous devons montrer l’exemple aux peuples des nations, et au peuple d’Israël.

Le Baal Soulam écrit: «Dans le passé, beaucoup de Cabalistes craignaient d’avouer qu’ils étudiaient la Cabale. Le Baal ShemTov a spécialement créé le hassidisme pour sélectionner des élèves parmi le peuple et pour qu’il y ait autour de lui des gens prêts à le défendre contre les adversaires de la Cabale».

L’époque du Baal Soulam est venue, il n’a pas hésité à publier un quotidien ayant pour sujet la Cabale. Qui, d’une manière générale, pourrait s’imaginer ce qu’est un quotidien sur le thème de la Cabale? C’était au début du XX ème siècle. Quel rav oserait faire cela aujourd’hui? Le Baal Soulam ne craignait rien. Il l’a fait!

Il a aussi organisé le mariage de son fils aine à l’encontre les traditions de Jérusalem. Les gens avaient peur d’aller à ce mariage contraire aux conceptions de la société religieuse.

Comme il écrit dans l’avant-propos de l’ouvrage «Ets Hayim»: «Nous devons ouvrir des écoles de Cabale, si nous voulons cheminer dans cette voie, nous devons en emprunter le mode de vie extérieur et essayer d’en appliquer la méthode intérieurement».

Je suis sûr que vous verrez que celui qui ne travaille pas en ce sens, ne reçoit aucun soutien, alors que celui qui fait des efforts, sentira que ses pensées s’orientent vers le «donner sans réserve».

Il n’y a pas de tache plus noble au monde que le travail de diffusion parmi tous de l’idée de faire collectivement des efforts pour transformer le futur, pour s’adresser tous ensemble au Créateur, chacun travaillant à «donner sans réserve».

J’ai dit à maintes reprises que tout ce que j’avais reçu de mon rav avait été possible parce que j’avais rapproché des personnes. L’époque des cabalistes assis dans leur coin pour enseigner à quelques unités est révolue. C’étaient des âmes particulières qui avaient déjà procédé à des réparations particulières en ce monde, elles en avaient reçu l’ordre de le faire. Cette approche n’est pas pour notre époque où tout le monde, comme l’écrit rabbi Y. Ashlag dans son article «En conclusion du Zohar», doit commencer à s'élever. Nos âmes sont d’une autre nature.

Nous devons nous tourner non pas vers les politiciens, non pas vers les intellectuels, non pas vers les partis, mais vers le peuple. Le temps, la nécessité du salut, exigent de nous de travailler à la diffusion de la Sagesse suprême.

 

 

 

 

Traduction : Nelly Baron ©

 

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