Entretien-4.11.2000

Rav Mikhael Laitman

Traduction : N. Baron, Bnei Baruch, Paris

Edité par M. Hallak-Stamler


Bien des gens croient les voyants, croient que ceux-ci possèdent des forces puissantes surnaturelles, qu'ils peuvent avoir une influence sur les foules, connaître leur futur, les manipuler. Les gens consultent les voyants et sont prêts à payer très cher pour se protéger contre le sort, pour avoir un beau lendemain, être guéris, connaître leur futur.

Beaucoup de gens croient qu'un homme peut, par la pensée, porter préjudice à autrui, lui jeter un sort dont il ne pourra pas se débarrasser, qui le poursuivra en permanence toute sa vie, provoquant désastres sur désastres dans tout ce qu'il entreprendra, au travail, dans sa famille, dans sa vie affective, etc.

Quand une personne vient me voir pour me dire "on m'a jeté un mauvais sort". C'est comme si elle me disait qu'une personne a eu de mauvaises pensées à son égard et que, par la force de son esprit, elle a produit tel ou tel effet au point de lui faire du mal. Cette personne pense que j'ai le moyen de neutraliser cette mauvaise pensée à son égard par la force de mon esprit.

En fait, cela signifie que bien des gens croient en la force de la pensée de l'homme! Ils croient que les pensées agissent dans ce monde au point qu'ils peuvent venir me voir pour me demander de l'aide afin que la pensée d'une personne, en l'occurrence la mienne, les protège contre celle d'un autre.

Des personnes s'adressent à moi après avoir consulté des voyants, après avoir placé leur confiance en l'aptitude de ceux-ci. Elles se tournent vers la Cabale, s'adressent à moi parce que je suis cabaliste, parce que les cabalistes seraient soi-disant dotés de forces qui peuvent les aider…

Question: Et si la demande n'était pas adressée tout simplement à moi, mais au Créateur, si elle était orientée vers Lui, est-ce que cela fonctionnerait autrement?

Réponse: Une demande adressée au Créateur ne fonctionne pas autrement, mais de manière ciblée. "Quelle différence y a-t-il entre les kibboutzim qui demandent de la pluie, sans comprendre à qui ils s'adressent, et l'homme qui demande de la pluie au Créateur?

Cette différence réside dans la demande qui est formulée soit simplement par le cœur dans un espace vide ou bien orientée vers le Créateur bien que l'homme ne Le connaisse pas, ne Le ressente pas, et même ne souhaite pas Le connaître, mais, sur le moment, est obligé, comme "forcé" d'agir ainsi. C'est dans la distinction entre les deux cas qu'est contenue la différence entre la voie de la Torah et la voie des souffrances.

Le cri du cœur pour faire pleuvoir n'est en aucune manière lié à Celui qui donne la pluie, l'homme se trouve alors au niveau non-animé. On pourrait le comparer au nouveau-né qui n'a pas encore conscience de sa mère et qui crie pour qu'elle l'entende ou bien qui a conscience qu'un être appelé "mère" l'aime et prend soin de lui.

Il est important pour le Créateur que l'homme Lui adresse des prières personnelles parce qu'ainsi, l'homme restaure son lien avec le Créateur, se rapproche du degré du Créateur pour s'y hisser, en d'autres termes, pour accéder à l'Infini et à la Perfection.

Si l'homme crie vers le Créateur, cela signifie qu'il effectue un travail sur lui-même, sur son lien avec le Créateur bien qu'il ne Le ressente pas encore. Au stade suivant de maturité, quand l'homme ressent une souffrance, il est capable de penser que c'est le Créateur qui lui a fait mal, lui donnant ainsi un prétexte pour crier vers Lui, puisque le mal est envoyé par Lui. L'homme commence à comprendre alors que tout ce qui lui arrive a pour but qu'il s'adresse au Créateur et Le trouve.

Le bien et le mal émanent de Lui pour que nous établissions le lien avec Lui. Ce lien est plus qu'important, il n'y a que lui qui compte, les évènements, les hasards, nous devons les considérer comme des moyens intermédiaires pour créer ce lien.

Ce lien devient alors ce que nous avons de plus cher au monde, plus cher que tout, à tel point que nous Lui devenons reconnaissants de ces évènements bons et mauvais à la fois.

Ce lien est appelé "Prière au Créateur". Au lieu de crier pour demander de la pluie, nous demandons de nous rapprocher de Lui! Les autres demandes sont considérées comme moyens intermédiaires.

Pour rétablir le lien entre l'homme et le Créateur, le lien tel qu'il existait entre le Créateur et l'âme avant sa descente dans ce monde, avant d' être incarnée dans le corps, il existe un système qui doit peu à peu nous amener du point le plus éloigné du Créateur vers le point le plus proche, jusqu'à l'union totale avec Lui.

La finalité de ce système est programmé, et le système lui-même conduit tout ce qui existe vers cette finalité. Le programme (loi générale) consiste à amener l'homme, le peuple d'Israël puis les Nations, puis le monde animal, végétal, non-animé vers le degré de perfection.

Cette loi fonctionne comme une force: du centre appelé "bien absolu, degré de perfection", elle attire à elle la réalité, l'ensemble de la création. Le peuple juif est le premier à être attiré par Elle. Nous nous situons radicalement à l'opposé du Créateur, c'est pourquoi nous ressentons une force d'attraction implacable des plus puissantes qui est perçu comme une souffrance.

Si nous n'aspirons pas à nous rapprocher du Créateur, du Centre, avec plus d'intensité que cette force d'attraction, nous ressentirons constamment des souffrances, en proportion de la différence entre notre désir de nous rapprocher et la force avec laquelle Il nous attire. Si notre désir d'avancer est plus intense que la force d'attraction, nous en ressentirons d'autant plus de positivité, de sérénité en nous.

Se pose alors la question: Les kibboutzim qui s'étaient installés dans le désert du Néguev, voulaient de la pluie; C'est d'elle que dépendait leur vie animale. S'ils avaient prié non pas inconsciemment, comme tout animal qui ressent un manque, mais qu'ils se soient adressés au Créateur de manière consciente pour qu'Il envoie cette pluie désirée, cela aurait déjà été le témoignage qu'ils avaient pris conscience que la pluie dépend de Lui.

S'ils s'étaient adressés au Créateur pour le remercier de ne pas leur avoir donné de pluie, ce manque les obligeant, contre leur nature animale, à penser à Lui, cela leur aurait donné la possibilité de s'adresser à Lui et, ainsi, ils auraient eu la possibilité de se rapprocher de Lui, Lui qui les appelle à Lui, et ils auraient crié vers Lui non pas pour qu'il pleuve, mais pour qu'Il les ramène vers le Dessein authentique, et non pas vers ses diverses manifestations. Les degrés de prière au Créateur sont multiples;

Nous sommes le peuple qui, comme les kibboutzim dans le désert du NÉguev, est prêt à crier, mais qui ne recherche pas le lien avec le Créateur. Le fait que nous disions que les épreuves sont nécessaires pour nous inciter à aller vers le But de nos propres forces, annule les épreuves envoyées de l'en-haut quand nous freinons notre aspiration, et que les épreuves nous aiguillonnent pour que nous stimulions notre aspiration à atteindre le But.

Prier le Créateur pour qu'il pleuve c'est faire la moitié du chemin uniquement, ce n'est que prendre conscience de l'existence du Créateur au niveau de "domen de kdousha" (niveau non-animé de sainteté) car, dans ce cas, l'homme n'a pas connaissance du But, ne prie pas pour avancer vers le But.

Dans cette prière, l'homme dit en quelque sorte au Créateur qu'il accomplit les directives divines et en attend une rétribution, autrement dit la réalisation de ses souhaits. "Je T'écoute, et Tu me donnes selon mon désir. Dans ce monde, personne ne peut m'aider comme Toi de l'en-haut, c'est pourquoi je T'adresse ma prière. De plus, j'ai été éduqué de telle manière que je dois l'adresser à Toi". L'éducation crée chez l'adolescent la nécessité de prier le Créateur, même s'il n'en éprouve pas le besoin, il s'agit d'un instinct acquis. Les cabalistes se distinguent en ceci qu'ils s'adressent à la Cause de la réalité de manière consciente, c'est précisément au sein de ce processus que se produit la transformation du "lo li shema" en "li shema".

Avoir un comportement adéquat envers la réalité signifie prendre conscience que tout ce que nous ressentons nous est envoyé par le Créateur pour établir le lien avec nous, pour éveiller en nous la recherche du lien avec Lui.

Dans ce processus, l'homme considère comme une finalité la Cause qui éveille en lui sa prière au Créateur, il considère son désir comme une action divine, il ressent que tout ce qui est en lui émane du Créateur, à l'exception de la décision de s'adresser au Créateur. La prière adressée au Créateur, autrement dit le lien avec Lui devient alors un but en soi, non plus un moyen pour parvenir à quelque chose.

La différence entre une personne croyante et une personne qui a la connaissance de la finalité de ses actes réside en ceci que pour la première, l'homme est finalité, pour la seconde, c'est le Créateur qui est finalité. Que signifie le "Créateur est finalité?" Que je dois revenir là où j'étais avant la descente de mon âme dans ce monde, que je dois, alors que j'ai une forme corporelle, parvenir à l'union avec Lui. Que je demande de la pluie, de l'argent, cela concerne le degré "lo li shema", la religion, le niveau non-animé. Si je Lui demande d'avoir la capacité de Le connaître, mon but n'est pas en moi, il est en Lui, comme il est dit " notre cœur se réjouit en Lui", c'est le But authentique.

Quand l'homme prie pour que vienne la pluie, sa prière est authentique même si elle n'est pas orientée vers le vrai but, elle est cependant empreinte de la Force divine. Bon gré mal gré, l'homme est lié au Créateur comme par un cordon ombilical.

En priant inconsciemment, l'homme ne se débarrasse pas de ses futures souffrances. C'est justement pour faire comprendre à l'homme que ses souffrances ont une cause que celles-ci lui sont envoyées par le Créateur. Il est inutile de demander l'élimination de la cause, celle-ci est immuable et, sans elle, l'homme ne ferait pas le moindre mouvement pour atteindre l'objectif de la création.

Il est important de prendre conscience que les souffrances existent dans le cadre d'un objectif bien défini, qu'elles proviennent d'une source précise, du Créateur.

Si l'homme décide, en Réponse aux souffrances qu'il ressent, de s'adresser au Créateur pour qu'Il élimine ses souffrances et lui envoie du bien, il lui faut étudier la Torah, parce que c'est ce qu'aime le Créateur, Il aime les prières du peuple juif car celui-ci est élu de Lui. Cette approche à l' égard des souffrances, de la vie, est désignée par le terme "religion".

Ce comportement envers les souffrances se rapporte au degré "non-animé", et cet homme est qualifié de "spirituellement non-animé", ses commandements ainsi observés sont qualifiés de non-animés (un Commandement sans intention est comme un corps sans âme, comme mort) "domen de kdousha"). Ce degré est qualifié de non-animé parce que ce comportement ne fait pas progresser l'homme vers le Créateur.

La progression vers le Créateur commence quand l'homme préfère le lien avec le Créateur à toutes autres sensations, les plus positives, comme les plus négatives. C'est comme accomplir un tsimtsoum, une restriction sur le désir d'éprouver du plaisir. Après avoir acquis le contrôle de soi, l'homme acquiert ensuite celui de se délecter dans l'intention de faire plaisir au Créateur, ce qui est contraire à la nature humaine.

L'homme qui souhaite progresser vers le Créateur sans faire du Créateur une source d'autosatisfaction, accepte tout ce qui émane du Créateur comme un bien. Ce qu'il ressent de mal est immédiatement considéré comme l'indication de récipients (kelim) non réparés à l'origine de la perception négative de ce qui émane du Créateur. La perception du mal, les souffrances disparaissent alors immédiatement. Au début, dans le ressenti, les souffrances sont perçues comme un mal mais, ensuite, l'homme a conscience que c'est essentiel pour sa progression spirituelle.

Pour expliquer les concepts cabalistiques, nous utilisons un vocabulaire technique. D'une manière générale, la langue de la Cabale repose sur les notions de sefirot, olamot, partsoufim, bhinot, sur des schémas. L'homme contemporain est très familier de ces notions.

Bien que pour le cabaliste qui se situe à l'intérieur de l'Enseignement, la langue, les mots, les sons ne soient pas importants pour désigner le niveau spirituel, le degré, que ce soit la langue de la Torah, du Tanah, de la Cabale, des Commandements, pour les débutants, la langue a une importance primordiale car elle peut induire en erreur et évoquer des associations incongrues.

Les cabalistes doivent employer des termes comme "système", "forces de la nature", "réalité", expliquer que nous étudions un système qui fonctionne dans notre corps, dans l'univers, et qu'il existe une multitude de sous-systèmes.

Toute loi en science naturelle parle du retour d'un élément naturel (atome, molécule, corps inanimé, organisme vivant) vers son centre, vers son équilibre physique ou biologique, c'est l'essence même de toute loi de la nature. Nous ne découvrons ici rien de nouveau, de contraire à la logique humaine. Nous expliquons la loi universelle de l'univers en faisant remarquer qu'elle concerne également la nature humaine.

Les cabalistes expliquent que l'homme se situe dans ce monde, bon gré mal gré, que cela ne dépend pas de lui. L'homme existe au sein du système de la nature aux lois de laquelle il a l'obligation de se soumettre. Le cabaliste explique cette loi naturelle et dit que si elle est observée, elle apporte le bien- être à l'homme, et le mal- être dans le cas contraire.

Que faut-il observer? La Loi universelle, de par sa nature, fait revenir l'homme à un certain état, vers son centre, vers son équilibre. S'il veut revenir à ce centre conformément à la loi du retour, le chemin semblera instantanément doux car cet homme sera en accord avec la force dont il observe les lois.

Si l'homme ne connaît pas cette loi et agit à sa guise, tout comme lorsqu'il ne respecte pas une loi de la nature, il subit des dommages car il est partie intégrante de cette nature.

A ce propos, hormis l'homme, personne ne va à l'encontre de la nature, parce que toutes les créatures agissent en référence à leurs instincts, seul l'homme, s'il n'acquiert pas l'intelligence et la connaissance de la façon de se comporter avec la nature, ne peut pas agir selon ses instincts et meurt. Il nous faut donc comprendre qu'il vaut mieux pour nous de nous conformer au but de la nature et cheminer avec celle-ci.

La nature a pour finalité de faire revenir les créatures, non-animées, végétales, animales et humaines de la création et, à l'intérieur même de l'homme, en premier lieu, le niveau Israël, vers la perfection.

Que doit faire l'homme concrètement? A chaque instant, s'efforcer d'avoir à l'esprit que tout ce qu'il ressent provient de la Force divine, du Créateur, de la Loi de la nature. Cette loi induit le mouvement qui mène à l'équilibre aux niveaux physique et spirituel.

L'équilibre signifie retour au centre qui en est l'origine. Garder à l'esprit que le ressenti provient du centre dans le but d'y attirer l'homme est la première condition du respect de la loi d'équilibre. Ensuite, cette loi est interprétée comme la loi de la concordance des attributs, de la concordance entre les attributs du Centre, autrement dit du Créateur, et les attributs de la création, autrement dit de l'homme.

Quand l'homme aspireà être en permanence en relation avec la Force divine, un nouvel organe sensoriel s'ouvre en lui, il commence progressivement à ressentir le lien avec le Créateur, le Créateur révèle à l'homme le mécanisme du système de la relation entre Lui et l'homme, sa structure, le fonctionnement de la réalité environnant l'homme comme un réseau de forces qui aspirent à faire revenir l'homme au Créateur, réseau de forces dont le monde est pénétré , à l'extérieur comme à l'intérieur de l'homme.

Ce réseau fait l'homme et le monde se mouvoir autour de nous. Nous commençons à le ressentir. Peu importe comment cette force est appelée "Force divine", "Créateur". Le fait de ressentir cette force universelle de l'univers permet de comprendre comment nous comporter correctement. C'est ce que signifie la phrase "l'âme de l'homme enseigne à celui-ci comment atteindre le but, le fait revenir à sa source".

Prenons comme exemple un programme informatique: tant qu'il n'est pas incorporé dans un support matériel, il est une pensée, une conception mentale de certains liens entre des évènements déterminés qui sont par divers degrés de relation réciproque.

A l'appui de cet exemple, il est possible d'expliquer ce qu'est la Force divine: le Créateur est désir, désir de délecter ses créatures, Il a créé un système pareil à un programme informatique. Si l'homme étudie ce programme, il peut tout organiser de la manière la plus optimale pour lui-même et pour l'environnement.

Ce programme n'est pas séparé des sensations humaines, il vit en l'homme, mais il est néanmoins non-animé. A qui l'homme demande-t-il clémence? A qui demande-t-il de s'ouvrir à lui? Si l'homme demande clémence à son égard, s'il demande que le programme soit modifié, est-ce que le Créateur modifiera celui-ci?

Non! Le programme ne sera pas modifié. La pensée, la prière, autrement dit les désirs de l'homme modifient l'homme, c'est celui-ci qui se transforme! Les souffrances rendent l'homme plus approprié à la mise en oeuvre de ce programme qui est alors ressenti comme plus adéquat, comme s'il se comportait avec plus de clémence envers l'homme.

Selon la Cabale, l'explication est la suivante: la Lumière divine (le Programme divin) est à l'état immuable, les transformations se produisent dans les récipients, tout est fonction de leur transformation, non pas de celle de la lumière.

La lumière agit avec une rigueur, une inflexibilité absolues, le programme est immuable parce que la lumière émane de Sa Source, d'un point au sein du processus de parachèvement de la Réparation. Dans ce point au sein de la Source, la créature est à l'état d'égalité avec le Créateur. La lumière agit donc sur nous pour nous obliger à revenir à cet état. Si nous ne nous orientons pas vers cet objectif, nous devenons l'objet d'une force implacable qui fait pression sur nous pour nous attirer vers le centre.

L'égalité des attributs correspond à l'acceptation du programme. Je compare le programme de la création avec un programme informatique parce que tous deux sont immuables: nous pouvons crier sur un ordinateur, il ne Répondra pas tant que l'anomalie ne sera pas Réparée. Il en est de même pour le programme divin: tant que l'homme ne Réparera pas l'anomalie en lui, il n'obtiendra pas l'action bienfaisante du système de la direction divine à son égard.

Quand quelque chose ne va pas, à quel moment nous adressons-nous à la personne dont dépend la situation ? Lorsque nous avons l'espoir qu'elle changera. En d'autres termes, nous nous adressons à la personne qui pourra changer. Mais en ce qui concerne le Créateur, c'est une erreur courante. Il est clairement dit":Je suis l'Eternel, Je ne change pas". En vérité, c'est l'homme qui changera, mais il lui semblera que c'est Lui qui aura changé.

Nous n'avons pas conscience à quel point l'ensemble du monde, c'est-à-dire l'ensemble de notre ressenti dépend de notre perception, de nos récipients. Si cette perception change d'une marnière imperceptible, le monde devient autre aussitôt. Tant que nous n'avons pas traversé la frontière (makhsom), l'écran, nous ne pouvons pas clairement ressentir les mondes spirituels, le Créateur, et il nous semble que c'est Lui qui change, et non nous-mêmes.

Je voudrais vous enseigner que c'est vous qui pouvez créer ce qui vous convient sur "votre ordinateur", au moyen d'un programme particulier. Le système qui change dans l'ordinateur, c'est la nature. Vous pouvez aussi être en relation avec elle, et vous serez alors le seul élément moteur dans ce système.

La nature est contenue dans la boite, dans l'ordinateur, l'homme est à l'extérieur. Il est possible de travailler de concert avec ce programme, d'avoir accès à ses données, d'influer sur celles-ci, de provoquer des réactions au niveau de la frontière (makhsom), de l'écran. Je voudrais vous enseigner comment travailler avec ce programme. J'ai reçu l'enseignement pour ce faire de mon Maître et j'ai pu me rendre compte de l'utilité d'avoir cette capacité.

Les cabalistes connaissent ce programme et l'utilisent, ils nous transmettent de génération en génération la science relative au comportement correct envers la nature, à la maîtrise de celle-ci. Leurs ouvrages exposent la méthode permettant de maîtriser le monde.

Leur enseignement est qualifié de secret parce qu'il n'est prodigué à celui qui en est digne. Pour les autres personnes, cet enseignement, ce programme est secret parce qu'il ne peut pas être compris de celui qui n'a pas entrepris la Réparation de ses attributs comme l'exige la nature.

Entreprendre ce chemin, commencerà étudier le programme est possible quel que soit le degré où se situe une personne. L'important est de commencer à étudier et à utiliser ce programme même égoïstement, afin d'en recevoir des bienfaits personnels.

Avant de donner mon premier cours, j'ai demandé à rav Ashlag ce que je devais dire. Il m'a Répondu que je devais expliquer tout sauf "li shema". Aucun mot sur la transformation de l'égoïsme en altruisme. Il ne faut dire à l'être humain que ce qu'il est prêt à entendre: la Cabale, c'est bien, c'est utile sur le plan personnel, pour tout ce qui est matériel.

Le Créateur souhaite nous amener à la perfection, l'homme souhaite aussi atteindre la perfection mais, pour ce faire, il doit étudier le programme dont le Créateur se sert pour le faire avancer. Le système s'ouvre à l'homme dans la mesure du désir de celui-ci à progresser spirituellement.

Le niveau d'approfondissement des explications doit être équivalent à celui de l'article "Il n'y a rien hormis le Créateur": Au début de l'article, rav Ashlag écrit que l'homme doit comprendre qu'il ne dépend que du Créateur, ceci, pour qu'il puisse se rendre compte qu'il meurt sans le lien avec le Créateur. Ce n'est cependant pas la peine d'expliquer ce que signifie se rapprocher du Créateur, ce qu'est la transformation de l'égoïsme en altruisme, du recevoir en donner sans réserve.

C'est seulement dans le troisième tiers de l'article "Il n'y a rien hormis le Créateur" qu'il est expliqué comment agir "dans une intention non orientée vers soi". Il ne faut pas en parler au nouvel étudiant. Nous n'avons pas conscience à quel point nous sommes totalement à l'intérieur du désir de recevoir, c'est pourquoi les explications d'un enseignant, si elles doivent être construites logiquement, scientifiquement, doivent se référer au niveau auquel l'homme peut les comprendre.

Au début du chemin, l'homme a la capacité de comprendre que ce qu'il ressent comme un bienfait, c'est ce qui pénètre dans les désirs égoïstes d'autosatisfaction. Expliquer le contraire équivaudrait à convaincre quelqu'un que se jeter du haut d'un ravin est bon pour la santé. C'est pourquoi les sages conseillent depuis toujours de parler de "l'intention orientée vers soi" et non pas "orientée vers le Créateur".

Ce n'est pas un problème d'expliquer à une personne que le système de la Cabale lui est bénéfique. Après avoir pris connaissance de l'existence de ce système, la personne demande le plus souvent: "que faire maintenant?" C'est alors qu'il faut expliquer à la personne que rien que la pensée de vouloir avancer vers quelque chose, vers le But, vers la Force divine, agit bien plus fortement que la prière des hommes spirituellement non-animés ou du désir du type de celui des "kibboutzim dans le Néguev".

Ensuite, si cette personne souhaite véritablement renforcer sa pensée, elle doit dédier le plus possible de temps au principe "il n'y rien d'autre hormis le Créateur", à l'étude de ce principe et à la connaissance de la structure de l'univers. Ce faisant, la personne fait tout simplement pénétrer la lumière en elle. Ce faisant, elle en arrive à demander au Créateur de Se dévoiler.

Les cabalistes désirent faire connaître la Cabale à un grand nombre de personnes. Ils ne peuvent pas dire aux gens qu'il vaut mieux étudier le Zohar que de regarder des matches de football. Il est cependant nécessaire de leur indiquer la relation minimale avec le principe de la création, avec le Créateur, avec la Force directrice, et indiquer que cette relation les fait vivre.. La relation minimale signifie qu'il faut sans cesse revenir vers le principe "rien d'autre n'existe hormis le Créateur", vers le fait que tout ce qu'a la personne provient du Créateur.

Les méthodes pour avoir la santé, pour être heureux sont innombrables, aucune n'est efficace! Ces méthodes continuent exister pourtant parce qu'il y a des gens pour y croire. Pour ce qui concerne la Cabale, la plupart s'entendent pour dire qu'entre toutes idées en ce monde, elle est grandeur et secret. Beaucoup croient que la Cabale permet d'obtenir quelque chose, de changer le cours des choses. Le problème de la diffusion de la Cabale parmi le plus grand nombre de personnes n'est pas chez les personnes mais dans la façon de la présenter. Elle suscite ou bien l'incompréhension ou bien la crainte.

"J'ai faim" crie l'homme. Je Réponds "Tu veux du pain, mais il n'existe pas sous une forme terminée dans ce monde. Sème du grain, récolte les épis, mouds, fais cuire et tu auras du pain. Je peux t'enseigner le processus du commencement à la fin. Tu obtiendras tout ce que tu veux".

Nous devons montrer à l'homme que sans pain spirituel, il meurt, qu'il n'a pas le choix, qu'il a l'obligation d'étudier pour recevoir ce pain spirituel.

Si l'homme n'aspire pas à ce pain, les souffrances continuent. L'homme doit faire des efforts pour obtenir ce pain, et non pas pour se transformer personnellement. Il doit penser les choses en termes d'emprise de la Force divine. Rien que par ce lien avec le Créateur, il transforme la réalité.

Il ne faut obliger personne à observer les commandements, il ne faut obliger personne à faire violence à son corps, tous les hommes sont paresseux de nature. Le Baal Soulam écrit que tout dépend de l'étude de la Cabale. Le monde chemine vers sa Source. Il faut donner à l'homme des explications simples et précises, le renforcer dans sa pensée que tout se déroule "dans l'en-haut", et que tout évènement lui arrive de manière ciblée pour le conduire vers le but. Les ressentis se succèdent afin de rapprocher l'homme du Créateur et, avec l'homme, l'humanité et l'univers.

 

 

 

Traduction : Nelly Baron ©

 

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