Leçon 1: Introduction
 

Ce cours est basé sur le livre «L’introduction à la Sagesse de la Cabale»  par le Rabbin Y. Ashlag. Le Rav Ashlag écrivit ce livre en guise d'introduction à son explication «De l’échelle du Livre du Zohar». Par la voie cabalistique, nous prenons conscience des extensions de l'existence du haut vers le bas, du Créateur jusqu'à ce monde. Par cet apprentissage, l'étudiant découvre comment s'élever spirituellement, par degrés progressifs, exactement comme la descente progressive dont il vient de faire l'étude. Ceci concorde avec la définition de la Cabale: «La sagesse de la Cabale est de l'ordre des racines, qui progressent du haut vers le bas, dans le but de dévoiler la Divinité aux êtres créés de ce monde» (Y. Ashlag, voir l'article «De l'Essence de la Sagesse de la Cabale»).

Nécessité de l'apprentissage de la Cabale

Il n'y a pas d'autre moyen, pour la population en général, d'atteindre quelque élévation spirituelle et rédemption, sauf par l'apprentissage de la Cabale. C'est la méthode la plus simple et la plus accessible, ce qui n'est pas toujours le cas, en suivant d'autres parties de la Torah, où seul quelques rares individus peuvent parvenir au but. (Y. Ashlag «Préface aux dix Sefirot»).

L'appréhension débute à partir de la Torah voilée, et seulement par la suite vient l'appréhension des autres parties de la Torah. En tout dernier lieu vient l'appréhension de la Torah révélée.
(Gaon de Vilna «Siddour»)

L'interdit jeté sur l'apprentissage de la Cabale fut d'une durée limitée, jusqu'en 1490. Depuis 1540, il est nécessaire d'encourager tout le monde à s'intéresser au livre du Zohar, car ce n'est que par l'étude du Zohar que l'humanité parviendra à la rédemption spirituelle et la venue du Messie, et par conséquent, il est formellement interdit de ne pas étudier la Cabale.
(Rabbi Azoulaï «La lumière du Soleil»)

«Honte à ceux qui refusent d'apprendre la Cabale, car ils amènent dans le monde pauvreté, guerres et désastres».
(Tikounei Zohar - tikoun 30)

«L'étude du livre du Zohar est préférable et surpasse toute autre étude».
(Le CHIDAH )

«La rédemption et la venue du Messie ne dépendent que de l'apprentissage de la Cabale ». (Gaon de Vilna «Even Chlema» 11,13)

«Il n`y a pas de restrictions en ce qui concerne l'étude du Zohar... » (Hafetz Haïm)

«Si ma génération écoutait ma voix, elle aurait déjà étudié le Zohar depuis l'âge de neuf ans, et aurait ainsi acquis la Peur des Cieux, au lieu d'une sagesse extérieure».
(Rabbi Isaac de Kamarna – «Notsar Hessed»)

«Je fais appel à tous, pour que chaque jour vous dédiez une période de temps à l'apprentissage de la Cabale, puisque de ceci dépend la purification de vos âmes».
(Rabbi Yitzhak Kadouri)

«Dans le futur, ce n'est qu'à l'aide du Zohar que les enfants d'Israël sortiront d'exil».
(le livre du Zohar - parashat Nasso).

Préface aux leçons

1. Il est écrit dans le livre du Zohar que tous les mondes, les supérieurs tout autant que les inférieurs, se situent au sein de l'homme. L'existence tout entière fut créée juste pour l'homme. Néanmoins tout en ayant le sentiment d'être plongés dans l'existence, nous ne sentons pas que cette existence est tout autant à l'intérieur de nous. Ce monde ci ne suffit-il donc pas à l'homme? A-t-il besoin d'autres mondes supérieurs et de ce qu'ils contiennent?

2. Il nous faudrait acquérir toute la sagesse de la Cabale pour comprendre ceci: la volonté du Créateur en créant cette existence, fût que ses créations en bénéficient. Il façonna donc ses créatures avec un désir de recevoir ce que Lui, le Créateur voulait leur donner - et ce désir est leur nature intime.
Le Créateur est au-dessus et transcende espace et temps. Sa pensée œuvre tout comme un acte En-soi. Ainsi lorsqu'il en vînt, en volonté et en pensée, à créer des êtres et à les combler de jouissances - immédiatement tous les mondes et tous les êtres furent créés, tous emplis des jouissances reçues du Créateur. S'il en ainsi, alors pourquoi le Créateur a-t-il créé de son Essence tous les mondes, jusqu'à celui-ci, et plus bas encore, l'être humain sur un niveau inférieur? Le ARI (Rabbi Isaac Louria) répond à cette question dans son livre « L’Arbre de Vie»: «C'est dans le but de révéler la perfection de Ses Œuvres».

Cependant, dans la création des mondes et dans la descente des êtres créés, se révèlent des imperfections dans les œuvres du Créateur! Mais la réponse en est: ainsi fût-il fait dans le but que les êtres se perfectionnent eux-mêmes, jusqu'à ce qu'ils atteignent le niveau du Créateur par eux-mêmes, et ceci en est l'unique perfection. Ainsi le Créateur a-t-il créé l'Echelle des mondes, afin que sur celle-ci les âmes descendent au niveau le plus bas, là où elles sont revêtues de corps de ce niveau (en un désir de recevoir). Par l'apprentissage de la Cabale, les âmes commencent ensuite à remonter cette Echelle, peu à peu, jusqu'à leur retour final au Créateur.

3. L'âme est lumière et récipient (kli). La lumière de l'âme provient du Créateur, de son Essence. C'est de cette lumière que le récipient de l'âme est formé - un désir de recevoir la lumière, un désir de bénéficier de Lui. Ainsi le récipient est exactement approprié à la lumière qui l'emplit. L'essence de l'âme est ce récipient, parce que la lumière est une parcelle du Créateur. Donc, seul le récipient est considéré comme être créé. Il est créé à partir du néant (ex nihilo) - ce qui veut dire que sa volonté n'avait aucune existence avant la décision du Créateur. Le Créateur voulait que son récipient en bénéficie le plus possible, dans sa juste mesure. Il créa ce récipient (c'est-à-dire ce désir de recevoir) extrêmement grand, dans les mêmes grandes proportions de lumière (jouissance) qu'il voulait lui prodiguer.

4. La création est une innovation sans précédent. Cette innovation s'énonce comme suit «Quelque chose à partir du néant». Cependant, le Créateur étant complétude, comment peut-il y avoir quelque chose qui ne soit pas inclus en Lui? Selon ce qui a été dit précédemment, il est clair que ce qui n'était pas dans le Créateur avant la création, c'est le désir de recevoir. Expliquons ceci: le désir de recevoir ne peut être dans le Créateur puisqu'Il est complétude totale. Mais s'Il est complétude totale, ne devrait-Il pas aussi avoir en Lui le désir de recevoir? La réponse est NON. Avoir un désir de recevoir signifierait aussi vouloir quelque chose qu'Il n'a pas déjà - et qu'Il Lui manque quelque chose. Une impossibilité en soi, parce qu'étant complétude (autrement dit ne manquant de rien), ce qu'Il avait besoin de créer - c'est ce seul désir de recevoir de Lui, parce qu'Il veut donner. En conséquence Il créa ce seul désir de recevoir, tout le reste étant déjà inclus dans le Créateur.

5. Au niveau spirituel, il y a connexion s'il y a équivalence de caractéristiques (désirs ou volonté). Il y a séparation lorsqu'il y a des différences de caractéristiques (désirs ou volonté). Si deux entités spirituelles possédant une forme, ont en commun les mêmes désirs (ou volontés), le même but, elles sont liées l'une à l'autre, elles sont UNE et non deux. Pour la simple raison qu'il n'y a pas de corps au niveau spirituel. Le royaume spirituel est un monde de volontés (ou de désirs), des pouvoirs à nus, des volontés qui sont dépouillées de tout vêtement. Cependant le désir de recevoir en-soi est qualifié comme matériel, ayant un corps. Par la suite, si toutes les volontés (ou désirs) de deux entités spirituelles sont en équivalence, alors elles sont UNE. Elles sont UNE parce qu'il n'y a rien qui les sépare l'une de l'autre. On pourrait discerner qu'elles sont deux, et non une, s'il y avait quelque différence de forme entre elles. L'ampleur de leur séparation est la mesure de leur différence de forme l'une de l'autre. Si tout ce qui est dans la première équivaut à la seconde, alors elles sont UNE. Si tout ce qui est dans la première est à l'opposé de la seconde, alors elles sont distinctes l'une de l'autre, comme l'Est de l'Ouest. Si au sein de toutes leurs volontés, il n'y en a qu'une seule en commun, alors elles se touchent via cette volonté commune. Si leurs volontés se ressemblent plus ou moins, alors, dans la mesure de leur équivalence ou différence de forme, elles seront proches ou éloignées.

6. En ce qui concerne le Créateur Lui-même, nous n'avons aucune appréhension, et ne pouvons donc rien dire. C'est uniquement par Ses actes, dont nous faisons l'expérience, que nous pouvons en arriver à Le comprendre et à Lui donner un Nom conformément à notre expérience de Lui. Selon la conception des cabalistes (de l'hébreu «Mekoubalim»; ils sont appelés ainsi parce qu'ils «mekabel» - reçoivent du Créateur) nous savons que le Créateur n'a qu'une volonté de donner. La raison pour laquelle Il a tout créé est de répandre sur nous Ses bienfaits. Alors Il nous a créés avec le désir de recevoir ce qu'Il veut nous donner. Ce désir de recevoir résume totalement ce que nous sommes. Cependant, nous aboutissons finalement dans une forme qui est à l'opposé de celle du Créateur. Voici comment ceci s'explique: Il est totalement et exclusivement désir de donner, Il n'a aucun désir de recevoir. Par contre, de notre côté, nous sommes faits exclusivement et tout entier du désir de recevoir pour-soi - donc créés par Lui. Mais s'il nous faudrait demeurer sans cesse en ce désir de recevoir pour-soi, nous serions perpétuellement distants du Créateur.

7. Or, les cabalistes qui vivent parmi nous en ce monde, vivent aussi l'expérience de la réalité des mondes spirituels supérieurs. Nous avons donc l'opportunité d'entendre de leur bouche, des choses concernant le Créateur, dont nous n'avons pas encore fait l'expérience. Et ce qu'ils nous disent, c'est que le Créateur est absolue bonté, et qu'Il a tout créé en vue de nous prodiguer Ses bienfaits. Les cabalistes ajoutent encore que le Créateur est parfait et complet, et qu'en conséquence Ses œuvres aussi sont à la fois parfaites et complètes.

Mais, comment est-il possible, qu'un Artisan complet et parfait à l'origine, puisse produire des œuvres qui ne soient pas complètes et parfaites? Est ce à dire que Ses œuvres ont besoin d'être réparées? La création étant uniquement désir de recevoir, de ce fait elle n'est pas parfaite et complète puisque cette volonté est à l'opposé de celle de l'Emanateur. Ainsi donc il y a un état de séparation. Quoiqu'il en soit, c'est spécifiquement ce désir de recevoir qui donne à l'être créé la possibilité de répondre à la volonté du Créateur, c'est-à-dire de recevoir tout ce que le Créateur veut lui donner. Pendant que le Créateur donne et que l'être créé reçoit, il y a séparation. Ceci parce que le sens de leurs actions respectives sont en divergence. Mais si l'être créé demeurait un réceptacle, il ne serait ni parfait ni complet. Alors, nous ne pourrions pas non plus dire du Créateur qu'Il est complet et parfait, des œuvres parfaites et complètes pouvant uniquement provenir d'un Artisan complet et parfait. Pour cette raison, le Créateur a restreint Sa lumière et a créé ce monde, restrictions après restrictions, jusqu'à ce que ce monde émerge, étant vraiment l'endroit le plus sombre. En ce monde l'être créé se manifeste avec l'unique désir de recevoir. En ce sens, la lumière qui s'y trouve y est tellement affaiblie que même la source de la vie n'y est pas perçue.

8. Dans le cours de l'utilisation correcte de la Torah et des «Mitsvot» (ceci sera expliqué dans les leçons qui suivront) une personne peut atteindre à la complétude et à la perfection qui lui manquent depuis la création. Que sont donc cette complétude et cette perfection? Elles consistent en ce que cet individu atteint une équivalence de forme avec le Créateur dans le fait que lui aussi donne, tout comme le Créateur. A ce moment là, il est prêt à recevoir tous les bienfaits et jouissances prévus dans les desseins du Créateur. Du même coup, il se trouve aussi dans un état d'attachement avec le Créateur - une équivalence de forme ayant même volonté et pensées.

Avec l'application correcte de la Torah et des «Mitsvot», vient une «segoula» (une vertu spéciale, comme un remède): la personne reçoit un pouvoir spirituel qui élève sa volonté à égalité avec celle du Créateur. Cependant, ce pouvoir se révèle et agit uniquement à la condition suivante: que la personne applique la Torah et les «Mitsvot», sans aucun désir de recevoir quoi que ce soit, mais uniquement dans le but de satisfaire le Créateur. Il y a cinq niveaux d'équivalence de forme avec le Créateur: Nefech, Rouakh, Nechama, Haya et Yehida (Abv.NARANHA"Y).

De plus, chaque niveau a ses propres sous niveaux à partir desquels une personne reçoit. En tout, il y a 125 niveaux à partir de ce monde jusqu'au sommet de l'Echelle. En appliquant la Torah et les «Mitsvot» dans le but de satisfaire le Créateur, une personne mérite et atteint, petit à petit (niveau après niveau), des récipients de la volonté de donner. Ainsi, cette personne progresse de niveaux en niveaux, jusqu'à atteindre une complète équivalence de forme. Alors s'accomplit en l'homme le Projet de la création: de recevoir toute jouissance et perfection que le Créateur avait préparées pour lui. En complément, il reçoit aussi l'ultime bénéfice, il se gagne l'attachement réel du Créateur en ce qu'il manifeste lui-même un désir de donner tout comme le Créateur.

9. Nous pouvons maintenant comprendre ce qui est écrit: «Tous les mondes supérieurs et inférieurs, et tout ce qu'ils contiennent, furent créés uniquement pour l'homme». Tous ces niveaux de mondes viennent seulement compléter la volonté de l'homme, pour l'aider à acquérir une équivalence de forme avec le Créateur, ce qui lui manquait depuis la création. Puisque depuis le commencement, niveaux après niveaux, mondes après mondes, passèrent par des restrictions et des développements progressifs jusqu'à notre monde matériel, dans le but d'amener la «nechama» (âme) dans le «gouf»( corps ) de ce monde. Ce «gouf» est uniquement désir de recevoir, et non de donner.

Sur ce niveau l'homme est comme les animaux et les bêtes sauvages. Concernant cette volonté de donner la Torah dit: «l'homme naît comme un âne sauvage». Ce complet désir de recevoir n'a aucun don de soi en lui. En ce cas, l'homme est visiblement l'opposé du Créateur, et il n'existe pas de plus grande séparation. Si un homme apprend la Cabale, il se produit un éveil de «or makif» (lumière environnante) qui l'illumine du lointain. Cette lumière se trouve hors du récipient (la volonté de l'homme) et elle attend jusqu'à ce que l'homme modifie son récipient, dans le sens du don du Créateur, et alors la lumière pénètre en lui. C'est pourquoi cette lumière est appelée «lumière de l'âme». Par l'apprentissage de la Cabale cette lumière s'enveloppe au-dedans de la volonté de l'homme, ce qui l'aide à compléter sa forme du don de soi. L'homme atteint ce désir de donner très graduellement à partir du bas jusqu'en haut, suivant le même chemin que les niveaux ont parcouru à l'époque du développement du haut en bas. Tous les niveaux sont une mesure du désir de donner: plus le niveau est élevé, plus il est éloigné de l'aspect désir de recevoir, et plus il se rapproche du désir de donner. Une personne acquiert graduellement tous les niveaux, jusqu'au point où elle mérite le don de soi total, sans récompense d'aucune sorte. Alors cette personne a atteint la complétude, de pair avec un vrai «dvekout» (attachement). C'est le but de la Création et ce pourquoi l'homme a été créé.

10. Si nous avons pris connaissance de tout ce qui a été dit jusqu'ici, il nous est permis d'apprendre la sagesse de la Cabale sans crainte de tomber dans l'anthropomorphisme. Car ceux qui font l'apprentissage de la Cabale sans gouverne deviennent confus: les «Sefirot» et «Partsoufim» (objets spirituels) du monde «d'Atsilout» jusqu'au monde «d'Assiya» sont Divins et unis au Créateur. Mais comment est-il possible qu'ils soient Divins; que tous les mondes soient des innovations surgies après restrictions, et que ces mondes aient tous différentes nuances, nombres, ascensions, descentes, accouplements, sommets et fondations?

11. A la Suite de cette explication, il devient clair que toutes ces nuances, ascensions, descentes, restrictions et nombres - sont perçus du point de vue des âmes qui reçoivent. Nous pouvons concevoir l'existence selon deux aspects: Potentiel et Actuel. Ceci est comme l'homme qui construirait une maison: dans sa pensée il possède déjà une maison, cependant la substance de cette maison ne peut se comparer à la substance d'une maison réalisée dans l'actualité. Parce qu'en pensée la maison est de la substance pensée et se trouve à l'état potentiel. Et lorsqu'elle passe de la pensée à l'actualité, elle reçoit un matériau différent - provenant des arbres et des pierres. Ainsi il est possible de discerner dans les âmes un aspect Potentiel et un autre Actuel: l'émergence des âmes du Créateur dans l'actualité débute seulement à partir du monde de «Briya». Donc tous les changements encourus avant le monde de «Briya» sont considérés «en potentiel», sans distinction tangible du Créateur.

Dans cette optique, il est dit que toutes les âmes sont déjà toutes présentes en «Malkhout» (royaume) de «Ein Sof» (sans fin) au point milieu de toute existence. Pour la simple raison que ce point «en potentiel» inclue tous les récipients de toutes les âmes qui, dans le futur, émergeront «en actualité» dans le monde de «Briya» et plus bas. Du point de vue de ces âmes futures, le premier «tsimtsoum» (restriction) a eu lieu en ce point milieu uniquement sous son aspect potentiel. Tous les récipients et mondes subséquents à la première restriction jusqu'au monde de «Briya», émergent et se développent à partir de ce point milieu, et ils sont encore «en potentiel» du point de vue de ces âmes. Les changements inhérents à ces mondes commenceront à agir seulement quand ces âmes émergeront «de fait» du monde de «Briya».

12. Ici, une comparaison peut être faite avec un homme qui se couvre et se cache sous des vêtements et manteaux, pour ne pas être ni vu ni connu. Evidemment, il demeure lui-même tel qu'il était auparavant. De même les dix «Sefirot» (Keter, Hokhma, Bina, Hessed, Gevourah, Tiferet, Netsach, Hod, Yessod et Malkhout) ne sont que dix vêtements, pour qu'en eux l’Ein Sof se couvre et se dissimule aux âmes. La lumière de Ein Sof est dans un état de repos absolu, même quand elle illumine l'intérieur des vêtements. Quoiqu'il en soit, puisque les âmes reçoivent le «Or Ein Sof» (lumière de Ein Sof) par le biais de ces vêtements, pour eux cette lumière est perçue comme changeante. En conséquence les âmes recevant cette lumière sont elles-mêmes subdivisées en dix niveaux, selon les divisions de ces vêtements. Tous ces vêtements n'existent que dans les mondes de «Briya» en descendant, parce que c'est seulement là qu'existent les âmes, recevant à partir des dix «Sefirot» par l'entremise des vêtements. Dans les mondes «d'Adam Kadmon» et «d'Atsilout» les âmes n'existent pas encore, et elles y sont uniquement sous l'aspect «potentiel».
Même si les dix vêtements qui sont dans les dix «Sefirot» ne règnent que sur les mondes de «Briya», «Yetsira» et «Assiya», les dix «Sefirot» sont toujours considérées comme Divines, tout comme avant la première restriction. La différence est dans les récipients séfirotiques: dans les mondes «d'Adam Kadmon» et «d'Atsilout» ils ne sont que récipients en potentiel, tandis que dans BY"A (Briya, Yetsira, Assiya) ce sont des récipients qui révèlent le pouvoir caché à l'intérieur. Quoiqu'il en soit, la lumière interne n'est pas affectée par les vêtements.

13. Si, dans les mondes «d'Adam Kadmon» et «d'Atsilout» il n'y a pas encore révélation des âmes (qui sont des récepteurs), à quoi servent donc les récipients qui s'y trouvent, et pour qui se voilent-ils conformément à leur perception de la lumière du «Ein Sof»? C'est que, dans le futur, lorsque les mondes de BY"A avec les âmes qu'ils contiennent, s'élèveront à ces niveaux «d'Adam Kadmon» et «d'Atsilout», il y recevront dans la mesure des dix «Sefirot» qui s'y trouvent.

14. Il a été expliqué que mondes, innovations, changements et niveaux - tout ceci se rapporte aux récipients, qui transmettent aux âmes selon leur mesure, ce qu'ils peuvent recevoir de la lumière du «Ein Sof». Quoiqu'il en soit, les âmes qui s'élèvent dans les différents plans n'affectent pas la lumière du «Ein Sof» elle-même, les vêtements n'entravant pas celui qui est vêtu, mais plutôt l'autre qui veut percevoir et recevoir de lui.

15. On distingue trois aspects dans les «Sefirot» et «Partsoufim» (visages ou configurations) où qu'ils se trouvent: l'Essence du Créateur, le récipient et la lumière. Les récepteurs ne saisissent rien de l'Essence du Créateur. Dans un récipient, il y a toujours deux aspects contradictoires: voilé et révélé. Au commencement le récipient voile l'Essence du Créateur, et on peut dire que les dix «Sefirot» ne sont que dix degrés d'enveloppement. Par la suite, lorsque l'âme a reçu ces récipients avec ce qu'ils contiennent, les voiles deviennent des révélations perçues par l'âme.
Ces deux aspects contradictoires du récipient ne sont qu'un, car l'ampleur de la révélation dépend de l'épaisseur de l'enveloppe.

Un récipient plus «rugueux», qui voile encore plus Son Essence, amènera une plus grande révélation. Les lumières des «Sefirot» disent bien toute l'ampleur de ce qui sera révélé aux âmes dans le futur.
Tout ce qui est émane de l'Essence du Créateur, mais l'appréhension de la lumière ne dépend que des caractéristiques de chaque récipient. En conséquence, il doit y avoir dix lumières et dix récipients. En d'autres mots: dix niveaux d'enveloppement pour les récepteurs selon les caractéristiques de ces récipients. De telle façon qu'il n'y a aucune différence entre la lumière et l'Essence du Créateur, sauf en ceci: dans l'Essence du Créateur il n'y a ni entendement, ni appréhension, la compréhension provenant du Créateur par le biais des voiles dans les récipients des dix Sefirot. Par la suite, nous appellerons donc «lumières» tout ce que nous pouvons appréhender.

 

 

   
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