Trouvant ses racines dans la Mésopotamie
antique, il y a près de 5000 ans, la Kabbale est une sagesse antique qui est
restée quasi-totalement dissimulée à l'humanité tout au long de son existence.
C'est précisément cette dissimulation qui donna
à la Kabbale sont aspect mystérieux. Bien que de nombreux scientifiques et
philosophes de différents pays comme Newton, Leibniz, Pic de la Mirandole, et bien
d'autres, ont examiné le sujet et tenté de la comprendre, la sagesse de la Kabbale
reste cependant encore méconnue aujourd'hui.
Il était une fois, il y a cinq mille ans
Faisons un saut dans le temps de 5000 ans en arrière. Nous sommes en Mésopotamie, l'Irak actuel, les gens vivent alors de façon très proche de la nature. Pour la plupart, ils révèrent différents dieux- attribuant des forces particulières aux éléments de leur environnent. Parmi eux, un homme, que la tradition nomme Abraham, recherche la force qui dirige tout cela, il recherche la raison de sa propre existence et de celle du monde. Ce qu'il découvre au final, il le consigne dans un livre nommé le Sefer Yetsira - il s'agit du premier livre de la Kabbale. Dans cet ouvrage, il rédige les lois qu'il découvre - les lois de la réalité spirituelle, du fonctionnement de l'âme, et les lois qui régissent la relation à la force spirituelle. Comme un chercheur qui analyse la réalité, il décrit dans un langage complexe le fonctionnement de ces lois.
Par la suite, viendront d'autres kabbalistes, lesquels nous laisseront d'autres ouvrages - mais le principe reste le même: ils notent les lois qu'ils découvrent - comme un physicien de l'âme.
Parmi les kabbalistes célèbres, citons l'auteur du Livre du Zohar, Rabbi Shimon Bar Yochai, au second siècle de notre ère. Puis le Ari, kabbaliste de la célèbre ville de Safed, au XVIème siècle, qui écrivit entre autre Ets Haim (L'arbre de Vie). Enfin, au vingtième siècle, s'il ne faut en citer qu'un, il s'agit de Yéhouda Ashlag, le Baal Ha-Soulam. Il commenta le Zohar ainsi que les écrits du Ari, il écrivit de nombreuses introductions, dont «L'introduction à l'étude des dix Séfirot». Le Baal Ha-Soulam est un kabbaliste clef en cela qu'il écrivit pour la première fois différents ouvrages pour débutant. Le Zohar et les écrits du Ari étant très profonds et surtout rédigés dans un langage dont le temps en a oublié l'usage, ce ne sont pas les meilleurs textes pour un débutant. De là, nous pouvons comprendre la valeur du travail du Baal Ha-Soulam pour notre époque.
Une sagesse universelle
Il est difficile de résumer la Kabbale en
quelques mots; cependant si l'on devait n'en retenir que l'essence, le mieux
est de prendre la définition suivante donnée par Ashlag: «Cette sagesse
n'est ni plus ni moins qu'une séquence de racines qui découle d'un système de
causes et de conséquences, selon des règles fixes et déterminées, s'entrelaçant
en un but unique et exalté décrit comme 'la révélation de Sa Divinité à Ses
créatures en ce monde' ».
En d'autre terme, cette sagesse parle de
l'homme, et de la compréhension de la raison de son existence, la connaissance
de la «racine de son âme». De part cette même définition, cette étude
est donc ouverte à tout homme et n'est pas restreinte à une certaine couche de
la population.
Une sagesse méconnue
La longue période en apnée que fit la Kabbale
à travers les siècles était intentionnelle de la part des kabbalistes. Ils ne
voulaient pas la révéler tant que les gens n'en ressentaient pas le besoin -
c'est pourquoi elle fut dissimulée pratiquement totalement jusqu'à nos jours.
Néanmoins, cela n'eut pas que des avantages. Gottfried
Leibniz (1646-1716), un grand mathématicien et philosophe, exprima ouvertement
ses pensées quant aux dommages de la dissimulation de la Kabbale : «Vu que
l'humanité n'avait pas la clef pour découvrir le secret, la soif de
connaissance s'est finalement attardée sur toutes sortes de détails et de
superstitions qui ont engendré une «Kabbale vulgaire» qui a si peu à voir avec la vraie Kabbale, et
sous un faux nom - une magie fut inventée se servant de différentes fantaisies
dont les livres sont remplies.»
Ainsi, de nos jours, de nombreux mythes
subsistent encore, que la Kabbale est liée à la magie, à la création
d'amulettes et autres éléments de la même sorte.
Non pas que la Kabbale vienne infirmer ou
confirmer de telle pratiques, seulement il convient de la distinguer de la
magie ou du mysticisme.
Connaît-toi toi-même
Le sujet principal de Kabbale étant l'homme
lui-même et sa relation au monde, la Kabbale est donc très proche de l'homme,
elle traite de sa raison d'être, du sens de la vie, de l'origine de l'existence,
et de notre devenir après avoir parcouru notre chemin dans ce monde.
Le kabbaliste obtient les réponses à ces
questions tout en vivant dans ce monde. La Kabbale est un procédé qui permet de
comprendre les mondes spirituels et notre monde qui en émane. Loin d'être
abstraite, la Kabbale est une étude pratique: l'homme apprend à connaître à
partir de son propre moi qui il est, quelle est sa véritable nature, ce qu'il
doit faire, ce qu'il doit modifier en lui, pas à pas. Rien n'est donc plus
proche de lui car il s'agit d'une recherche intérieure, visant à la
connaissance de soi, du monde et de sa destinée.
Cette étude de soi-même et du monde,
l'étudiant la mène dans son for intérieur, c'est la raison pour laquelle la
Kabbale est appelée une «sagesse secrète». La personne qui s'y livre est le
siège de changements internes qu'elle est seule à connaître et à ressentir.
Une mathématique des sensations
La personne est inconditionnellement soumise aux impératifs de ses désirs, à tous les stades, et entreprend de rechercher les moyens pour les satisfaire.
Ne connaissant pas l'origine de nos sensations, nous ne sommes pas en mesure de créer des outils scientifiques pour les mesurer et les examiner.
La Kabbale traite précisément du ressenti de l'homme, comme une sorte de mathématiques des sensations, elle prend nos sensations et nos désirs dans leur ensemble, les analyse et donne une formule mathématique précise pour chacun des phénomènes, à chaque niveau, pour chaque type de sensation et de vécu.
L'étudiant débutant pense que la Kabbale a recours à la gématrie, à des matrices et à des schémas, mais ceux qui progressent véritablement trouvent, au-delà du premier abord, une science d'une grande précision permettant d'analyser leur perception du monde.
Ainsi malgré ses 5000 ans, la Kabbale n'a pas pris une ride, car la nature profonde de l'homme, de son âme est éternelle.