Introduction au livre «Pri Hakham»

Par le Rav Michaël Laitman
 

Les cabalistes ont fixés un principe selon lequel tout homme est tenu d’étudier la sagesse de la Cabale. Et si l’homme est adepte d’autres sagesses, il est obligé d’acquérir précisément celle-là, et s’il ne l’a pas étudié il sera contraint de se réincarner dans ce monde pour le faire. Alors en quoi la sagesse de la Cabale diffère t-elle de toutes les autres sagesses, obligeant l’homme à l’acquérir, et s’il ne le fait pas, sa vie en ce monde en vaut-elle la peine ? Pourquoi la mort de l’homme dépend précisément de l’étude de la sagesse et non pas de ses bonnes actions et autres services?

Afin de comprendre ce qu’ont décidé les cabalistes, c’est à nous de comprendre ce qui a été dit au début du livre du «Zohar»: «Auraïta vé koudchouberikh ou vé Israël had hou» (la Torah (la lumière de la Cabale), le Créateur, et l’âme (de l’homme) sont Un). Ce qui est une chose très différente.

Pour expliquer ce qui est écrit dans les livres cabalistiques, c’est à nous, dès le début, d’observer les conditions fixées par les cabalistes pour eux mêmes lors de leurs recherches: «tout ce qu’on ne saisit pas, n’est pas nommable». «Innommable» c’est-à-dire, ce qu’ils n’ont pas encore saisit mais également ce qui n’est pas saisissable par cette sagesse, telle que l’essence de la force supérieure. Ainsi les cabalistes refusent de disserter, même en théorie, de l’essence de la force supérieure, à plus forte raison de donner à leurs recherches des définitions, des noms etc...

De ce fait, toutes les définitions qui ont été données de la Force Supérieure ne prennent pas en compte son essence, mais la lumière qui en découle sur nous. Même la définition du mot «infini» dans la Cabale veut dire la lumière qui découle de l’essence de la Force Supérieure. C’est uniquement parce que les cabalistes ont donné, pour les individus qui la reçoivent, l’expression relative à la lumière découlant de l’essence du Créateur comme infinie, qu’ils l’ont appelé par ce nom.

C’est une loi incontournable, même si à propos du Créateur il est interdit de spéculer: «il n’y a pas une seule pensée Le concernant en général», de même qu’il est impossible de le nommer car cela impliquerait d’une certaine mesure Sa perception. Alors que pour les lumières découlant de la force supérieure, l’homme peut les analyser- leur donner un nom en fonction des résultats des recherches, définir leurs caractéristiques.

Du fait que tout homme est comme un poste récepteur de ces lumières et ce sont elles qui fixent toute notre existence, alors l’analyse de ces lumières et leur bonne utilisation est notre devoir dont on ne peut pas se défaire. C’est en cela que nous recherchons tous les chemins dans lesquels la Force Supérieure influence sur nous. Les résultats de toutes ces connaissances sont les composantes la sagesse de la Cabale et leur correcte utilisation amène l’homme à se remplir de lumière supérieure qui est la juste récompense pour son travail.

Dans le livre du «Zohar» il est écrit que tous les mondes supérieurs ont été crées dans le but de conduire l’homme à la perfection. Ce but a été prévu à l’avance et est la raison de la création de tous les mondes, comme il est écrit dans le «Zohar»: «la fin d’une action est prévue dès son commencement». Et concrètement il en ressort: «satisfaire les individus»- origine des causes, les mondes supérieurs furent crées, notre monde ainsi que l’homme, qui est composé de ces deux niveaux l’un dans l’autre, une âme résidant dans un corps physique.

La force supérieure présente l’homme sous son aspect le plus vil, dans un corps physique revêtu d’une âme. De la même façon, la Force Supérieure à travers le système d’enchaînement des mondes, l’influence afin de développer son âme, son récipient spirituel, pour recevoir la lumière et qu’il se remplisse entièrement de lumière, comme il est écrit «et la terre entière connaîtra Son nom…tout le monde Me connaîtra, du plus petit au plus grand».

613 désirs, 613 réparations, 613 lumières

L’âme de l’homme est composée de 613 désirs destinés à être remplis de lumière supérieure. Dès le début tout désir est égoïste et est imprégné de l’intention «pour moi-même». Le résultat de l’étude de la sagesse de la Cabale est qu’il met sur tout désir de l’homme, du plus petit au plus grand, une intention de se remplir dans le but de s’identifier à la Force Supérieure dans le but de Lui donner sans réserve.

La correction de l’intention égoïste en intention altruiste se nomme «l’acte de réparation». Le désir corrigé en se conformant à la Force Supérieure s’emplit de lumière supérieure, en ressentant cette force, ce Créateur, c’est-à-dire «le Créateur et la lumière sont Un, «Auraïta vé koudchouberikh ou vé Israël had hou». C’est ainsi que lorsque l’homme corrige son intention sur chacun de ces 613 désirs, il ressent sur lui personnellement toute la lumière qui provient de la force supérieure. Cet état s’appelle une «réparation personnelle» ainsi l’homme ressent la pleine union personnelle avec la Force Supérieure.

Toutes les âmes différent les unes des autres par leurs attributs. Cette différence dans les attributs engendre une différence chez chacun dans ces attributs extérieurs. Mais l’éloignement ou le rapprochement entre les âmes ne dépend pas de cette différence dans leurs attributs mais dans la seule intention égoïste de tout un chacun de se satisfaire soi-même. Si l’homme corrige son intention, il se rapproche au point de s’unir avec les autres âmes, et il se complète avec leurs désirs ainsi qu’avec la lumière qui les remplit, «l’achèvement de la réparation des âmes», il n’y a plus de différence ni changement de forme entre l’âme et la lumière, ce que l’on nomme Auraïta vé Israël had hou. La lumière supérieure qui s’est remplie en parallèle se nomme «le monde infini».

La conséquence de cette situation se manifeste par un sentiment d’éternité, de perfection, de plénitude et de savoir entier. En cela, nous avons montré que la lumière (la Torah), le Créateur (Ha Kaddosh Baroukh hou), et l’âme (Israël) sont Un, comme il a été dit ci-dessus « Auraïta vé koudchouberikh hou vé Israël had hou».

Les actions de l’homme quand il saisit les mondes supérieurs

C’est en corrigeant son intention égoïste en intention altruiste, que le désir de se délecter se remplit de lumière supérieure, que nous avons défini la Force Supérieure, comme altruisme.

Avec le remplissage du désir corrigé de lumière supérieure, finalement l’homme saisit les attributs de la force supérieure, ses objectifs et la raison de sa création, telle est sa récompense.

Et tant que l’homme ne parvient pas à saisir cet état dans lequel est son âme, il devra revenir continuellement dans ce monde, car le degré le plus élevé, le monde de l’Infini, l’unification de toutes les âmes qui seront entièrement baignées par la lumière supérieure doit se réaliser de nos jours, en Israël dans ce monde. C’est pourquoi chaque génération n’est que la réincarnation de la précédente, c’est-à-dire l’incarnation des âmes dans de nouveaux corps (elles reviendront tant que l’unification ne sera pas effectuée).

En cela nous avons montré l’importance pratique de la sagesse de la Cabale.

 

 

   
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