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Rabash - le travail dans le groupe

Que demander de l’assemblée des amis

Article N°30, 1987-88

Nos sages ont dit (Avot, Chapitre1,6) « Fais-toi un rav [professeur], achètes-toi un ami et juge chaque personne sur l’échelle du mérite. » Nous devons comprendre l’attachement de « Juge chaque personne sur l’échelle du mérite » à « Achètes-toi un ami ». Aussi, dans Matan Torah (Le don de la Torah, p.30), il est écrit que la Mitzva [commandement] « aime ton prochain comme toi-même » est faite pour arriver à l’amour du Seigneur qui est Dvékout [adhésion] à Lui. Il écrit « Il est raisonnable de penser que la partie de la Torah qui traite des relations de l’homme avec ses amis est plus à même d’amener l’homme au but désiré.  Il en est ainsi parce que le travail des Mitzvot [commandements] entre l’homme et Dieu est fixe et spécifique et n’est pas exigeant, et l’homme s’y habitue facilement, et tout ce qui est fait par habitude n’est plus utile. Mais les Mitzvot entre l’homme et son ami sont changeantes et irrégulières et les demandes l’encerclent où qu’il se tourne. De ce fait, leur remède est plus certain et leur but plus proche. » Jusque là sont ses mots.

Cela veut dire que l’homme doit arriver à être récompensé de l’équivalence de forme, qui est que toutes ses pensées et désirs ne seront que pour le bénéfice du Seigneur et non pour son propre bénéfice. Cela a pour cause la correction du Tsimtsoum [restriction]. Cela veut dire que du point de vue du Créateur, Il créa les mondes avec l’intention de faire du bien à Ses créations, comme nos sages l’expliquent, que le Saint béni soit-Il a dit aux anges serviteurs que la création du monde est comme un roi qui a toute l’abondance mais n’a pas d’invité.

En d’autres mots, Il a du plaisir quand les invités mangent chez Lui, mais pour éviter la honte il y a eu une correction qu’ils doivent recevoir délice et plaisir avec l’intention de réjouir le Créateur.  Mais le premier degré est de donner avec l’intention de donner. L’homme devrait se réjouir pendant qu’il donne, tout comme le Créateur se réjouit. C’est comme nos sages l’ont dit (Zohar, Part 1, Bereshit, p.115), « Il n’y a pas eu de telle joie devant le Saint béni soit-Il depuis le jour de la création du monde, comme la joie avec laquelle Il est destiné à se réjouir avec les justes dans le futur ».

Nous voyons qu’au jour de la création du monde, il y avait une grande joie devant leSaint béni soit-Il. En d’autres mots, Il avait une grande joie dans Son désir de donner sans réserve. Il s’avère que si une personne réalise des actes de don sans réserve mais n’a pas de joie, il n’y a pas ici d’équivalence de forme. Même si dans l’acte il donne sans réserve et il s’engage dans l’amour des autres, l’acte devrait être dans la joie, comme la joie que le Créateur a. Ainsi, ici l’équivalence de la joie est manquante.

De ce fait, il y a deux choses que l’homme doit faire :

  1.  Même si le corps ne veut pas travailler le don sans réserve, il doit être forcé. Cependant il y a une règle que lorsqu’une personne fait les choses de façon forcée, elle ne peut pas être dans la joie, puisqu’elle serait plus heureuse si elle ne devait pas faire ces actions. Toujours est-il que l’homme doit travailler par la contrainte. Ceci est appelé « contrainte et soumission du mal en lui »

Cependant, comme nous l’avons dit plus haut, la joie qui devrait venir avec chaque acte de don sans réserve, manque ici, et avec la joie l’homme ne peut pas se forcer à être heureux dans un lieu où il y a un acte contraignant. La joie est le résultat du plaisir d’une personne, et là où il y a plaisir, « la contrainte » n’y apparaît pas. De ce fait aucune joie ni plaisir ne viennent de la contrainte.

    2.  Nous disons que nous devons travailler pour le Seigneur dans la joie et comme nous l’avons dit la joie est seulement le résultat de ce qu’une personne se réjouit de quelque chose. Ainsi, puisque l’homme ne peut faire que des actes forcés c’est appelé « une action ». Un acte est une chose avec laquelle l’esprit n’est pas d’accord. Cela est considéré comme lorsque l’homme commence à se contraindre, il entre dans un état de « Celui qui vient pour être purifié».

Ainsi que lui manque-t-il d’autre ? Seulement quelque chose qui lui susciterait de la joie. Nous devrions interpréter cela que c’est donné d’En Haut. C’est appelé « Il est aidé ». En quoi consiste l’aide ? Le saint Zohar dit, « D’une âme sainte » Quand l’homme en est récompensé alors il est heureux. Il s’avère que lorsque nous disons que l’homme devrait travailler dans la joie, cela veut dire que par ses actions, l’homme devrait susciter un éveil de l’En Haut, car ce n’est qu’avec l’aide d’En Haut qu’il peut arriver à la joie quand il s’engage dans des actes de don sans réserve.

 En effet il y a une question ici. Pourquoi est-il nécessaire de réaliser des actes de dons sans réserve dans la joie ? La raison est simple : il n’y a pas d’équivalence de forme ici, parce que lorsque le Créateur donne Il a de la joie. Mais quand l’homme donne et n’est pas heureux, l’équivalence de forme est absente.

Cependant, il y a ici un problème plus grave que l’équivalence de forme. Quand une personne est dans un état de tristesse, quand elle voit que sa vie est inutile parce que quelque soit ce qu’elle regarde, elle ne voit que du noir – aussi bien dans la matérialité que la spiritualité – cela ressemble à une personne qui porte des lunettes noires et ainsi peu importe où elle regarde, elle ne voit que du noir. Dans cet état la personne est considérée comme hérétique en regard de la Providence du Seigneur, puisqu’elle ne peut pas dire que le Créateur conduit Son monde de manière bienveillante.

Dans cet état il est considéré comme sans foi. Ainsi, ici le problème n’est pas l’équivalence de forme, mais plutôt le manque de foi, car il est dans un état d’hérésie. Il s’avère que l’homme doit toujours être dans la joie et croire au-delà de la raison que tout ce que le Seigneur fait n’est que par bienveillance. Mais nous devrions aussi croire que c’est ce dont nous avons besoin – de croire au-delà de la raison.

Selon notre raison, il nous semble qu’il aurait mieux que le Saint béni soit-il nous traite avec une providence ouverte. Mais nous avons souvent dit que le Baal HaSoulam avait dit que nous ne devions pas dire que le saint béni soit-Il ne peut pas tout donner dans les récipients de réception, appelés « dans la raison » c’est-à-dire que le corps matériel, aussi, comprendrait que le Créateur traite le monde entier seulement avec bienveillance.

Ainsi, pourquoi a-t-Il choisi spécifiquement les Kélim au-dessus de la raison ? Le Créateur a choisi ces Kélim parce que ces Kélim sont en effet les meilleurs, car avec eux nous arriverons à la réelle complétude et ensuite le verset « Et tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, »se réalisera. Nos sages ont dit « Avec tes deux penchants – le bon penchant et le mauvais penchant ».

A ce moment, le corps aussi, ressent délice et plaisir que le Créateur donne aux créatures et alors il n’y a pas besoin de croire au-delà de la raison. Il s’avère que l’essentiel est ce que l’on demande, que l’homme soit dans la joie quand il fait le travail du don sans réserve, quand il ne voit pas ce que la réception pour soi-même – appelée « dans la raison » – devrait recevoir de cela, car sinon il serait dans un état d’hérésie.

Il s’avère que l’homme doit accomplir le saint travail au-dessus de la raison, parce que ces Kélim sont adaptés pour amener l’homme à la complétude. Il a été dit ci-dessus que ce n’est qu’au dessus de la raison qu’il pouvait recevoir la joie selon la conduite du Seigneur, qui est sous la forme de la bienveillance. Et ceci est appelé « droite ».

Comme le Baal HaSoulam l’a dit, l’homme doit essayer d’aller dans la ligne droite, appelée « foi au-dessus de la raison » et se représenter comme ayant déjà été récompensé par la foi complète dans le Seigneur, que ces organes ressentent déjà que le Créateur dirige le monde entier avec bienveillance.

Ainsi nous devrions demander « Pourquoi devons-nous aller aussi dans la ligne gauche, si l’essentiel est la ligne droite? Quel est l’utilité de se servir de la ligne gauche ? » La réponse est que c’est pour connaître notre état dans la raison – la mesure de notre foi, combien de Torah avons-nous acquis et comment nous sentons le Seigneur pendant la prière, etc.

Et nous en venons à sentir que nous sommes dans une bassesse absolue, la plus basse possible. C’est la raison pour laquelle quand nous passons ensuite à la ligne droite, nous avons le travail au-dessus de la raison .En d’autres mots, comme la ligne gauche nous montre notre état dans la raison, il y a de la place pour aller au-dessus de la raison. Mais si nous étions toujours dans la ligne droite, cela ne serait pas considéré comme droite, mais comme une seule ligne.

En d’autres mots, nous devrions penser que c’est vraiment où nous sommes, que nous pensons être vraiment dans la raison, dans la Gadlout [grandeur] parfaite. Mais la vérité est que nous sommes dans la complétude seulement au-dessus de la raison. De ce fait quand nous avons deux lignes, nous pouvons dire qu’il y a le sujet d’au-dessus de la raison, qui est la ligne droite.

Il s’avère que la ligne droite aide la ligne gauche, parce qu’une fois qu’il se représente déjà dans la joie, prenant du plaisir de la perfection de son travail, quand il passe à la ligne gauche il voit alors qu’il est dans un monde d’obscurité totale. En fait, il voit et sent qu’il est toujours immergé dans l’amour propre et qu’il n’a pas d’espoir de sortir de l’amour propre.

Alors,  il y a une place pour une prière du fond du cœur. L’état de la droite se trouvait quand il imaginait être dans un état qu’il se représentait à propos de ce qu’est la perfection du travail. En d’autres mots, il croyait au-dessus de la raison dans le commandement de « la foi dans le professeur » qui lui disait d’aller dans cet état, même si sa raison lui disait « Pourquoi compares-tu ta situation à celle d’une personne qui a déjà été récompensée de la foi complète, quand tu sais que tu es dans la plus basse des bassesses possibles qui n’a jamais été ? Il sent qu’il est dans un état de bassesse qui ne convient pas à une personne qui veut être le serviteur du Seigneur pour toujours.

Et après il passe à la ligne droite, et la gauche lui donne un endroit pour travailler dans la ligne droite. Cependant nous devons nous rappeler que tout ce qui est un chemin de la vérité est difficile à emprunter sans effort.  Ainsi, après ces deux lignes, il arrive à la ligne médiane qui est appelée « le Saint béni soit-Il lui donne une âme. » Et alors il vient à la foi complète, précisément par le salut du Seigneur. Mais par nature l’homme ne peut pas arriver à cela de lui-même.

Avec tout ce qui vient d’être dit, nous pouvons comprendre le sujet de l’assemblée des amis. Quand ils se rassemblent, de quoi doivent-ils discuter ? Tout d’abord, le but devrait être clair pour tout le monde – ce rassemblement doit aboutir à l’amour des amis, que chacun des amis se réveille pour aimer les autres, qui est appelé « l’amour des autres ». Cependant, ce n’est qu’un résultat. Pour engendrer cet amour, des actions doivent être entreprises pour produire l’amour.

En ce qui concerne l’amour il y a deux formes : 1) l’amour naturel, pour lequel l’homme n’a pas besoin de faire d’effort. Il devrait juste faire attention à ne pas corrompre la nature. 2) Il vient car l’un fait des bonnes choses pour l’autre. Il y a de la nature en cela aussi, puisque celui qui donne un cadeau à un autre fait qu’il l’aime. De ce fait, quand un groupe de gens se rassemble et souhaite travailler ensemble sur l’amour des amis, ils doivent s’entraider autant qu’ils le peuvent.

Et il y a beaucoup de discernements à propos de cela, puisque chacun ne ressemble pas à l’autre, c’est-à-dire ce dont un homme a besoin, un autre n’en a pas besoin. Cependant, il y a une chose pour laquelle tout le monde est égal : chacun des amis a besoin d’un haut moral. C’est-à-dire, quand les amis ne sont pas de bonne humeur, ils ne sont pas égaux dans leurs besoins. Mais plutôt chacun a sa propre raison de n’être pas heureux.

Ainsi, chacun doit penser comment amener la bonne humeur à l’autre. Ainsi, ils devraient faire attention et éviter de discuter de choses qui peuvent amener de la tristesse à la société, car par cela il fait que chacun se sent mal. Et ensuite il rentrera chez lui et se demandera « Qu’est-ce que j’ai gagné en allant à la société ? Pour savoir que je suis dans un état de bassesse et que je devrais le regretter ? C’est comme si j’étais allé à la société, afin qu’ils me mettent dans un état de tristesse. Dans ce cas c’est une perte de temps. Cela aurait été probablement mieux si je n’y étais pas allé ». Ensuite il dit probablement « La prochaine fois que je dois aller à la société je leur donnerai des excuses pour les éviter. »

Ainsi il s’avère que chacun devrait essayer d’apporter à la société un esprit de vie et d’espoir et d’infuser de l’énergie à la société. Ainsi chacun des amis sera capable de se dire « Maintenant je commence une nouvelle page dans le travail. » En d’autres mots, avant qu’il ne vienne à la société il était déçu des progrès dans le travail du Seigneur, mais maintenant la société l’a rempli de vie et plein d’espoir. Ainsi, par la société il a obtenu la confiance et la force de vaincre parce que maintenant il sent qu’il peut arriver à la complétude.

Et toutes ses pensées – qui étaient devant lui comme une haute montagne- qui ne pouvait pas être conquise, étaient vraiment de forts empêchements – maintenant il sent qu’elles ne sont rien. Et il reçoit tout cela de la puissance de la société parce que chacun a essayé de faire entrer un esprit d’encouragement et la présence d’une nouvelle atmosphère dans la société.

 

Mais que peut faire l’homme quand il sent qu’il est dans un état de tristesse – à la fois en terme d’état corporel et d’état spirituel – et que le moment d’aller à la société est venu ? Et pourtant les sages ont dit « Un souci dans le cœur de l’homme ? Laissez-le en parler avec les autres. » En d’autres mots, il devrait dire à ses amis, et peut-être seront-ils capables de lui offrir de l’aide.

Mais s’il en est ainsi, pourquoi disons-nous que chacun devrait amener un haut moral dans la société alors qu’il n’en a pas ? Et d’autant plus, il y a une règle que l’homme ne peut pas donner ce qu’il n’a pas. » Ainsi, que devrait-il faire pour donner quelque chose à la société qui donnerait un haut moral à la société ?

En effet, il n’y a pas d’autre conseil pour l’homme que d’aller dans la ligne droite. Ainsi, avant qu’il aille à l’amour des amis, il devrait lire l’essai du Baal HaSoulam (de 1943) où il clarifie ce qu’est la ligne droite, qu’il s’agit du sens d’au-delà de la raison. Et de là il recevra de la force, pour que lorsqu’il vient à la société, que chacun soit plus ou moins capable d’infuser un esprit de vie et par cela toute la société entière recevra de la joie et une confiance plus grande.

Durant l’assemblée, il est interdit d’évoquer la ligne gauche. Uniquement quand l’homme est seul il lui est permis d’utiliser la ligne gauche, mais pas plus d’une demi-heure par jour. Mais l’essentiel du travail de l’homme est d’aller précisément dans la ligne droite comme susmentionné (dans l’essai de 1943). Mais deux personnes ensemble ne doivent pas parler de la gauche et ce n’est qu’ainsi qu’ils pourront recevoir l’aide de la société.

Mais le pire de tout est quand un homme vient à la société et voit que la société entière est dans un état de déclin, alors comment peut-il être renforcé par eux ? A ce moment, il doit juger tout le monde sur une échelle du mérite.

Maintenant nous pouvons comprendre la proximité de « Achète-toi un ami » et de « Et juge chaque personne sur l’échelle du mérite ». Par ce qui est susmentionné nous pouvons comprendre que lorsque l’homme veut acheter quelque chose à la société, il doit juger chacun sur l’échelle du mérite. Ensuite il peut acquérir des amis, afin qu’ils l’aident dans le travail, puisqu’il a de qui recevoir. Mais quand il voit qu’il se trouve très au-dessus de la société entière, de qui peut-il recevoir ? Nos sages sont venus et ont dit « Juge chaque personne sur une échelle du mérite. »

Il s’avère que la raison principale pour laquelle une personne doit « acheter un ami » et travailler dans l’amour des autres est que par cela il peut être récompensé de l’amour du Seigneur. Mais les amis devraient essentiellement parler ensemble de la grandeur du Seigneur parce que selon la grandeur du Seigneur que l’homme estime, selon cette mesure il s’efface naturellement devant le Seigneur. Nous voyons dans la nature que le petit s’efface devant le grand, et cela n’a rien a voir avec la spiritualité. En fait,  ce comportement s’applique chez les laïcs.

En d’autres mots, le Saint béni soit-Il a fait la nature d’une telle façon que les discussions des amis sur la grandeur du Seigneur éveillent un désir et un grand besoin de s’effacer devant le Créateur parce qu’il commence à sentir une envie et un désir de se lier au Créateur. Et nous devrions aussi nous souvenir que selon la mesure avec laquelle les amis peuvent apprécier l’importance et la grandeur du Seigneur, nous devrions toujours aller au-delà de la raison, c’est-à-dire que le Créateur est plus haut que n’importe quelle grandeur du Seigneur que l’homme peut imaginer. Nous devons croire au-dessus de la raison qu’Il dirige le monde avec un guidage bienveillant, et si l’homme croit que le Créateur souhaite uniquement le meilleur de l’homme, cela fait qu’une personne aime le Seigneur jusqu’à ce qu’elle soit récompensée par « Et tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur et de toute ton âme. » Et c’est ce qu’une personne doit recevoir des amis.

Et dans la question d’obtenir la grandeur, cela doit être obtenu précisément à travers la société. C’est comme il est écrit dans Matan Torah (Le Don de la Torah, p.141) où il parle à propos du professeur et des étudiants. C’est essentiellement la même chose concernant la grandeur du Seigneur. Il écrit « L’obtention de la grandeur dépend entièrement de l’environnement et une personne seule ne peut absolument rien faire à propos de cela. »

« Pourtant, il y a deux conditions à l’obtention de la grandeur :

  1. Toujours écouter et accepter les appréciations de l’environnement selon la mesure de leur grandeur.

 

   2.L’environnement devrait être grand comme il est écrit « Dans la multitude des gens se trouve la gloire du roi ».

« Pour recevoir la première condition, chaque étudiant doit sentir qu’il est le plus petit parmi tous les amis. L’homme peut alors recevoir l’appréciation la grandeur venant de tous, puisque le grand ne peut pas recevoir d’un plus petit, étant beaucoup moins impressionné par ses mots. En vérité, seul le petit est impressionné par l’appréciation du grand. » 

« Et pour la seconde condition, chaque étudiant doit exalter les vertus de chaque ami et le chérir comme s’il était le plus grand de la génération. Ensuite l’environnement agira sur lui comme un environnement suffisamment  élevé, « puisque la qualité est plus importante que la quantité. »

Cependant, que doit faire un ami s’il a besoin d’aide ? Nous avons dit plus haut qu’il était interdit de parler de mauvaises choses qui amènent de la tristesse à l’assemblée des amis. La réponse à cela est que l’homme devrait parler à un ami proche et cet ami parlera à la société, mais pas au moment de l’assemblée des amis. En d’autres mots, il peut parler avec la société entière, mais pas durant l’assemblée ordinaire des amis. Au lieu de cela, il peut arranger une réunion spéciale en faveur de l’ami qui a besoin d’assistance.

Et concernant, « Achète-toi un ami » nous devons interpréter que « Achète » veut dire qu’il doit le payer et par le paiement, il l’achète. Qu’est-ce qu’il lui paye ? Nous pouvons dire que ce paiement est reçu en retour des efforts. En d’autres mots, parfois, une personne souhaite acheter, par exemple une nouvelle armoire, qui vaut 2000 dollars. Il dit au vendeur, « Puisque je n’ai pas d’argent pour payer, mais j’ai entendu que tu recherches un employé pour deux semaines, je travaillerai pour le montant que j’ai à payer pour l’armoire» et le vendeur acceptera probablement. Ainsi, nous voyons que le paiement peut être un échange.

C’est la même chose avec l’amour des amis. C’est un grand effort quand l’homme doit juger l’ami selon une échelle du mérite et personne n’est prêt pour cela.

 

Parfois, c’est même pire. A certains moments, une personne voit que son ami lui manque de respect. Même pire, il a entendu une rumeur calomnieuse, c’est-à-dire qu’il a entendu d’un ami que cet ami, qui est appelé un tel et  un tel, a dit de lui des choses qui ne sont pas agréables à dire entre ami. Maintenant il s’est assujetti lui-même et l’a jugé sur une échelle du mérite. En effet, c’est un grand effort. Il s’avère que par l’effort, il donne le paiement qui est même plus important que le paiement d’argent.

Cependant, si cette personne le calomnie, où cet ami prendra la force pour l’aimer ? Il sait de manière sûre qu’il le hait, sinon il ne le calomnierait pas, alors quel est l’intérêt de s’assujettir et de le juger sur une échelle du mérite ?

La réponse est que l’amour des amis qui est bâti sur l’amour des autres, par lequel ils peuvent arriver à l’amour du Seigneur, est l’opposé de ce qui est normalement considéré comme l’amour des amis. En d’autres mots, l’amour des autres ne veut pas dire que les amis m’aiment. En vérité, c’est moi qui dois aimer les amis. Pour cette raison, cela ne fait pas de différence si l’ami le calomnie et le haïe certainement. A lieu de cela, une personne qui souhaite acquérir l’amour des autres, cette personne a besoin de la correction d’aimer les autres.

Ainsi, quand une personne fait l’effort et le juge sur une échelle du mérite, c’est une Ségoula [remède/pouvoir/vertu], où par le dur labeur que cette personne donne, qui est appelé un « éveil d’en bas », il lui est donné de la force d’En Haut pour être capable d’aimer tous les amis sans exception.

Ceci est appelé « Achète-toi un ami », qu’une personne doit faire un effort pour obtenir l’amour des autres. Et ceci est appelé « labeur » puisqu’il doit travailler au-dessus de la raison. En pensant raisonnablement, comment est-il possible de juger un autre sur l’échelle du mérite quand sa raison lui montre le véritable visage de son ami, qu’il le hait ? Que peut-il dire au corps à propos de cela ? Pourquoi doit-il se soumettre devant son ami ?

La réponse est qu’il souhaite arriver à Dvékout [adhésion] avec le Seigneur, appelé « équivalence de forme », c’est-à-dire de ne pas penser à son propre intérêt. Ainsi, pourquoi se soumettre est-il une chose difficile ? La raison en est qu’il doit annuler sa propre valeur, et toute la vie qu’il veut vivre ne sera qu’avec la considération de sa capacité à travailler pour le bénéfice des autres, commençant par l’amour des autres, entre l’homme et son ami, jusqu’à l’amour du Seigneur.

Ainsi, d’autant plus, il y a un lieu où il peut dire que tout ce qu’il fait est sans intérêt personnel, puisque par la raison, les amis sont ceux qui devraient l’aimer, mais il dépasse sa raison, va au-delà de sa raison, et dit « Cela ne vaut pas la peine de vivre pour moi ». Et même si l’homme n’est pas toujours à un degré où il pourrait parler ainsi, c’est néanmoins le but du travail. Ainsi, il a déjà quelque chose à répondre au corps.

Il s’avère qu’avant que chaque ami vienne à l’assemblée des amis, il doit penser à ce qu’il peut donner à la société afin d’élever l’esprit qui repose en elle. En cela, il n’y a pas de différence entre celui qui n’a pas d’instruction et l’instruit, car les pensées qu’il pense, même s’il ne sait rien, il doit prier le Seigneur pour qu’Il l’aide et croire que le Seigneur entend les prières.

 

 

 

 

 

L'agenda de l'assemblée

Article n°17, 1985-86

 Dans Massekhet Berakhot (p.32) nos sages ont écrit « Rabbi Shamlai dit ‘ L’homme devrait toujours louer le Saint béni soit-Il et ensuite prier’  D’où savons-nous cela ? De Moïse comme il est écrit ‘Et j’ai supplié‘ » Baal HaSoulam interpréta cela : puisque quand l’homme souhaite demander une faveur à un autre, il doit savoir, a) s’il a ce qu’il lui demande, parce que s’il n’a pas il n’y a pas de raison de demander et b) qu’il a un bon cœur. Il en est ainsi parce qu’il pourrait avoir ce qu’il demande, mais pas le genre de cœur qui pourrait donner.

De ce fait, l’homme doit d’abord louer le Saint béni soit-Il, c’est-à-dire croire que le Saint béni soit-Il a tout ce qu’il lui demande et que le Saint béni soit-Il est miséricordieux et accorde à chacun son souhait pour le meilleur.

Il s’avère que lorsque les amis se rassemblent en un endroit, l’assemblée a certainement un but, car chacun alloue une partie de son temps – qu’il aurait pu utiliser pour ses propres besoins, renonçant à ses engagements et participant à l’assemblée – il souhaite acquérir quelque chose. Ainsi, il est important d’essayer lorsque chacun rentre chez soi, de voir avec quoi il est venu à l’assemblée, et ce qu’il a acquis maintenant qu’il rentre chez lui.  

Parfois, pendant l’assemblée des  amis, tout le monde se sent bien pendant la rencontre. A ce moment, il ne leur vient pas à l’esprit de penser aux possessions avec lesquelles ils rentreront chez eux, c’est-à-dire ce que j’ai en main, que j’ai acquis à l’assemblée des amis, et que je n’avais pas avant que je vienne à la société. Et ensuite il voit qu’il n’a rien.

C’est similaire à ce qu’il est écrit (Deutéronome 23 :25), « Quand tu arrives au vignoble de ton ami, tu devrais manger des raisins jusqu’à rassasier ton âme, mais n’en mets aucun dans ton récipient » Nous devrions interpréter cela comme suit : lorsque les amis se rassemblent, c’est appelé « Le vignoble de ton ami » quand vous vous asseyez, mangez et buvez ensemble, parlant de ceci et de cela, et le corps se réjouit pendant l’action. C’est similaire à « Tu devrais manger des raisins jusqu’à rassasier ton âme ».

Mais lorsque vous rentrez chez vous et souhaitez voir ce que vous avez dans vos Kélim, pour prendre quelques moyens d’existence à la maison, c’est-à-dire que lorsque nous quittons le rassemblement des amis et souhaitons regarder ce que nous avons dans nos Kélim après la fête alors nous voyons cela, « Mais n’en mets aucun dans tes récipients ». En d’autres mots, il n’y a rien dans les Kélim pour faire vivre l’âme après l’assemblée.

Cependant, quand l’homme se donne de la peine, il devrait s’assurer que ce n’est pas sans récompense. C’est comme nous disons dans la prière « Et vint à Sion » « De peur que nous touchions en vain. » Mais plutôt, quand l’homme va à l’assemblée il devrait y acquérir des nourritures afin que lorsqu’il rentre chez lui, il soit capable de voir s’il a quelque chose à mettre dans ses Kélim. Alors, il aura de la nourriture pour se nourrir jusqu’à la prochaine rencontre. Et jusque là il aura de ce qui a été préparé, c’est-à-dire de ce qu’il a acquis durant l’assemblée des amis.

C’est pourquoi, l’homme doit d’abord louer l’importance du rassemblement et ensuite voir quoi acquérir de cette activité. C’est comme nos sages ont dit «  L’homme devrait toujours louer le Saint béni soit-Il et ensuite prier » En d’autres mots, au début de l’assemblée, c’est-à-dire le début des discussions, qui est le début de l’assemblée, il faut parler des louanges de la société. Chacun doit essayer de donner des raisons et des explications à leur mérite et importance. Ils ne devraient parler de rien d’autre que des louanges de la société.

Finalement sa louange de la société devrait être dévoilée par les amis. Alors ils devraient dire « Maintenant, nous avons passé la première étape de l’assemblée des amis, la deuxième étape commence. » Alors chacun parlera de ce qu’il pense des actions qui devraient être entreprises afin que chacun puisse être capable d’acquérir l’amour des amis.  En d’autres mots, ce que chaque personne peut faire pour acquérir dans son cœur l’amour pour tout un chacun dans la société.

Et une fois que la deuxième étape est achevée – qui concerne les suggestions en rapport à ce qui peut être fait en faveur de la société – la troisième étape commence. Cela concerne l’exécution des décisions des amis à propos de ce qui devrait être fait.

Et en ce qui concerne la louange de la société, dans l’article Matan Torah (Le don de la Torah, p.137), il introduit le problème de l’amour des amis, que par la connexion avec les amis, il peut obtenir la grandeur du Seigneur. Le monde entier est immergé dans l’amour-propre et il souhaite aller sur le chemin du don sans réserve. Mais cela est contre l’opinion publique parce que c’est la nature avec laquelle nous sommes nés, en raison du but de la création qui est, comme nous l’avons dit, « Sa volonté de faire le bien à Ses créatures. »

Et tout notre pouvoir pour y résister, pour agir à l’opposé – que non seulement nous ne voulons pas recevoir pour nous-mêmes, mais plutôt que nous voulons donner, ce qui est considéré que toutes nos actions seront uniquement dans le but de donner sans réserve contentement à notre Faiseur – c’est parce qu’il est dans la nature du don sans réserve que lorsqu’un homme donne à une personne importante, cela le réjouit. Il s’avère que sans plaisir, l’homme ne peut rien faire, car cela est contre sa nature.

Cependant, nous pouvons remplacer le plaisir. Cela veut dire qu’au lieu de recevoir du plaisir d’un acte de réception, nous voulons recevoir du plaisir d’un acte de don. Cela est appelé « l’équivalence de forme ». Nous devrions dire que comme le Créateur se réjouit de donner aux créatures, nous devrions nous réjouir de donner au Créateur.

Autrement, c’est-à-dire si nous n’avons ni joie ni plaisir alors que nous donnons au Créateur, nous endommageons l’équivalence de forme. C’est comme nos sages ont dit « Il n’y avait pas de la joie devant Lui comme le jour où le ciel et la terre furent créés. » Il n’y a pas eu de joie devant le Saint béni soit-Il depuis le jour de la création du monde, comme la joie avec laquelle Il est destiné à se réjouir avec les justes dans le futur (Zohar1,115) .

De ce fait, si nous n’avons pas de joie alors que nous faisons les commandements du Seigneur, alors si l’homme vise l’intention de donner sans réserve, ce n’est pas considéré comme équivalence de forme, parce que l’homme ne peut être heureux que là où il y a du plaisir. Il s’avère que s’il n’a pas de délice ni de plaisir en donnant au Seigneur ce n’est toujours pas considéré comme équivalence de forme, qu’il a de la place pour recevoir l’abondance supérieure, puisqu’il lui manque toujours le plaisir que le Saint béni soit-Il a lorsqu’Il donne aux créatures.

Il suit que toute la base sur laquelle nous pouvons recevoir délice et plaisir et qu’il nous est permis de nous réjouir – et c’est même obligatoire – c’est de nous réjouir d’un acte de don sans réserve. Ainsi, il y a un point sur lequel nous devrions travailler – l’appréciation de la spiritualité. Ceci est exprimé en faisant attention à « vers qui je me tourne », « avec qui je parle », « les commandements de qui je garde » et « quelles lois j’apprends », c’est-à-dire rechercher les conseils concernant comment apprécier le Donneur de la Torah.

Et avant que l’homme obtienne quelque illumination d’En Haut par lui-même, il doit chercher des gens qui lui ressemblent plus ou moins, qui cherchent aussi à augmenter l’importance de n’importe quel contact avec le Créateur, quelque soit la façon.  Et quand beaucoup de gens l’encouragent, chacun peut recevoir de l’aide de son ami.

Nous devrions savoir que « Deux est le plus petit pluriel ». Cela veut dire que si deux amis s’assoient ensemble et considèrent avec attention comment renforcer l’importance du Créateur, ils ont déjà la force de recevoir le renforcement de la grandeur du Seigneur sous la forme de l’éveil d’en bas. Et par cet acte, l’éveil d’en haut vient et ils commencent à un peu ressentir la grandeur du Seigneur.

Selon ce qui est écrit, « Dans la multitude des peuples est la gloire du roi », il s’en suit que plus le nombre du collectif est grand, plus la force du collectif est efficace. En d’autres mots, ils produisent une atmosphère plus forte de la grandeur et de l’importance du Saint béni soit-Il. A ce moment-là, le corps de chaque personne sent qu’il considère tout ce qu’il souhaite faire pour la sainteté – c’est-à-dire donner sans réserve au Seigneur– comme un grand trésor, qu’il est privilégié d’être parmi des gens qui ont été récompensés de servir le roi. A ce moment, chaque petite chose qu’il fait le remplit de joie et de plaisir maintenant qu’il a quelque chose avec quoi servir le roi. 

Dans la mesure où la société regarde la grandeur du Seigneur avec leurs pensées durant l’assemblée, chacun selon son degré, cela produit en lui l’importance du Seigneur. Ainsi, il peut marcher chaque jour dans le monde de contentement et de la joie, c’est-à-dire qu’il se réjouit de chaque petite chose qu’il fait concernant le travail du Seigneur. Même s’il se souvient un instant qu’il doit penser à la spiritualité, il dit immédiatement « Je suis déjà reconnaissant, louant et priant le Seigneur » puisque maintenant il croit que le Seigneur l’a appelé et qu’Il veut lui parler ».

Lorsque l’homme s’imagine que le roi l’appelle, et lui dit qu’il veut s’amuser avec lui, quelle joie aurait alors l’homme, et quelle bonne humeur il aurait. Il est certain que dans une telle situation élevée, aucune chose telle que « et alors » n’aurait de l’importante. Il aurait juste un peu honte de ne pas savoir les lois et coutumes du roi, comment se comporter lorsque le roi lui parle.

Mais il considère comme un grand trésor ce qu’il sait faire pour le roi, car il sait malgré tout quelques règles avec lesquelles il garde les commandements du roi qu’il a appris à l’école quand il était jeune. Et maintenant qu’il a grandi et souhaite servir le roi, il lui manque certainement la connaissance des lois du roi.

Il s’avère que cette préoccupation est qu’il ne sait pas ce qui donne le plus de plaisir au roi, quel acte ou quelle intention. Et en-dehors de cela il vit dans un monde qui est entièrement bon. C’est ce à quoi il faut penser pendant le rassemblement l’assemblée, parler de la grandeur de la société comme il est écrit « L’homme devrait toujours louer le Saint béni soit-Il et ensuite prier. »

C’est la même chose avec la société. Quand nous souhaitons demander quelque chose de la société, et cela est appelé « il priera », nous devons d’abord établir le mérite de la société et ensuite « prier », c’est-à-dire demander à la société ce que nous voulons d’elle.

Ainsi, nous avons d’abord besoin de voir ce que la société a, quelle possession ils ont, que nous pouvons recevoir d’eux en nous liant avec eux. Peut-être nous n’avons pas besoin de la possession que la société a, mais par ailleurs nous fuyons et nous éloignons aussi loin que possible.

Par conséquence quand l’homme vient à l’assemblée des amis, il devrait toujours veiller si oui ou non les amis ont le but qu’il désire ardemment, que chacun d’entre eux a quelque prise sur ce but. Et il pense que par la connexion de tout le monde l ensemble envers un but, chacun aura sa propre part, de même que la part de la société entière. Il s’avère que chaque membre de la société aura la force, comme toute la société ensemble.

Il suit que chacun devrait considérer sérieusement le but de l’assemblée – que cela devrait amener une sensation, après l’assemblée des amis, que chacun ait quelque chose entre ses mains qu’il peut mettre dans ses récipients, et que cela ne soit pas sous la forme « Mais ne mets rien dans tes récipients ». Chacun devrait considérer que s’il ne s’est pas assis de manière particulièrement attentive pendant l’assemblée, non seulement il se perd mais en plus il corrompt la société toute entière.

Cela ressemble à ce qui est écrit dans le Midrash (Vayikra Rabba, Chapitre 4) : « Deux personnes allèrent dans un bateau. L’une d’entre elle commença à percer sous elle faisant un trou dans le bateau. Son ami lui dit ‘ Pourquoi  perces-tu ? ‘ Et il répondit ‘ Qu’est-ce que cela peut te faire ; je perce sous moi pas sous toi ? ‘ Alors il répondit ‘ Espèce d’idiot ! Nous allons coulés tous les deux avec le bateau !’ »

Et après qu’ils aient parlé de l’importance et de la nécessité de la société, là commence l’ordre des corrections – comment et avec quoi pouvons-nous renforcer la société pour qu’elle devienne un seul bloc comme il est écrit « Et Israël campèrent devant la montagne » (Exode 19), et il est expliqué, « comme un homme dans un cœur ». L’ordre devrait être que quiconque ayant une suggestion utile pour l’amour des amis devrait être discutée, mais cela doit être accepté par tous les amis, car il n’est pas question de contrainte ici.

Jusque là nous avons discuté de la connexion entre l’homme et son ami, laquelle doit nous amener la connexion entre l’homme et l’endroit [Dieu] comme il est écrit dans le livre  Matan Torah (Le don de la Torah, p.137). Il s’avère que comme ils parlent de l’importance de l’amour des amis, et que toute son importance est que cela nous conduit à l’amour du Seigneur, ils devraient aussi penser que l’amour des amis devrait nous amener à l’importance de l’amour du Saint béni soit-Il.

 

L'ordre du jour de l'assemblée

Au début de l'Assemblée, il devrait y avoir un ordre du jour. Tout le monde devrait parler de l'importance de la société autant qu'il peut, en décrivant les bénéfices que la société lui donne et les choses importantes qu'il espère que la société lui apportera, qu'il ne peut obtenir par lui-même, et comment il apprécie le groupe en conséquence.



Il en est comme l'ont écrit nos sages (Berachot 32) : « Rabbi Shamlai dit : ' L'homme devrait toujours louer le Saint béni soit-Il, et puis prier. ' D'où nous tenons cela ? De Moïse, comme il est écrit : ' Et j'ai prié le Seigneur à ce moment. ' Il est aussi écrit : ' Ô Seigneur Dieu, Tu as commencé ', et il est écrit : ' Laisse-moi passer, je T'en prie, que je vois ce bon pays. '  »



Et la raison pour laquelle nous avons besoin de commencer par louer le Créateur, c'est qu'il est naturel qu'il y ait deux conditions quand on demande quelque chose d'un autre :



1. Qu'il ait ce que je lui demande, tel que la richesse, la puissance, la réputation d'être riche et aisé.

2. Qu'il ait bon cœur, c'est-à-dire le désir de faire du bien aux autres.



D'une telle personne, vous pouvez demander une faveur. C'est pourquoi ils ont dit : « Il faut toujours louer le Saint béni soit-Il, et puis prier. » Cela signifie qu'après que l'homme croit à la grandeur du Saint béni soit-Il, qu'Il a toutes sortes de plaisirs à donner aux créatures et qu'Il veut faire le bien,  il est ensuite pertinent de dire qu'il prie le Créateur, Lequel va certainement l'aider, car Il veut donner sans réserve. Et ensuite, le Créateur peut lui donner ce qu'il souhaite. Alors, aussi, celui qui prie peut être confiant que le Créateur le lui accordera.



De même, avec l'amour des amis, au tout début de l'assemblée, lors du rassemblement, nous devons louer les amis, louer l'importance de chacun des amis. Dans la mesure où nous admettons la grandeur de la société, nous pourrons apprécier la société.



« Et puis prier », c'est-à-dire que chacun doit s'examiner lui-même et voir combien d'effort il donne à la société. Puis, quand ils voient que vous êtes impuissant à faire quoi que ce soit pour la société, il y a place pour la prière au Saint béni soit-il afin de l'aider et lui donner la force et le désir de se livrer à l'amour des autres.

Et après, tout le monde devrait se comporter de la même manière que dans les trois dernières de la  « Prière Dix-huit. » En d'autres termes, après avoir plaidé devant le Saint béni soit-il, le Saint Zohar dit que dans les trois dernières de la « Prière Dix-huit, » l'homme devrait penser que le Saint béni soit-Il a déjà consenti à sa demande, et il est parti.

 

Dans l'amour des amis, nous devrions nous comporter de la même manière : après nous être examinés, et en suivant le conseil bien connu de prier, nous devrions penser que notre prière a été exaucée et nous sommes assis dans la joie avec les amis, comme si tous les amis étaient un seul corps. Et comme le corps souhaite à tous ses organes de prendre du plaisir, nous aussi, nous souhaitons que tous nos amis en prennent maintenant.

Ainsi, après tous les calculs, vient le temps de la joie et de l'amour des amis. À ce moment-là, tout le monde doit sentir qu'il est heureux, comme s'il venait de sceller une très bonne affaire et qu'il y gagnera beaucoup d'argent. Et il est d'usage que dans un tel moment, il donne à boire aux amis.

De même, ici tout le monde a besoin que ses amis boivent, mangent des gâteaux, etc. Parce que maintenant il est heureux, il veut que ses amis se sentent bien, aussi. Par conséquent, la dispersion de l'Assemblée doit se faire dans un état de joie et d'allégresse.

Cela suit la manière « un temps de la Torah » et « un temps de prière ». « Un moment de la Torah » signifie la plénitude, quand il n'y a pas de lacunes. C'est ce qui est appelé « droite », comme il est écrit : « à Sa droite était une loi de feu. »

Mais « un temps de prière » est appelé « gauche », car un lieu de carence est un endroit qui a besoin d'être corrigé. C'est ce qu'on appelle « la correction des Kelim (récipients). » Mais dans l'état de la Torah, nommé « droite », il n'y a pas de place pour la correction, et c'est pourquoi la Torah est appelée « cadeau ».



Il est de coutume d'offrir des cadeaux à une personne que l'on aime. Et il est aussi de coutume de ne pas aimer celui qui est déficient. Par conséquent, au « temps de la Torah », il n'y a pas de place pour des pensées de correction. Ainsi, au moment de quitter l'Assemblée, ce devrait être aussi comme dans les trois dernières de la  « Prières Dix-huit. » Et pour cette raison, tout le monde ressentira la plénitude.

 

 

 

A propos de l'importance de la société

Il est connu que puisque l'homme vit toujours parmi des personnes qui n'ont aucun lien avec le travail du chemin de la vérité mais qui, au contraire, résistent toujours à ceux qui marchent sur le chemin de la vérité, et puisque les pensées des gens se mêlent, les vues de ceux qui s'opposent à la voie de la vérité pénètrent ceux qui ont un désir de marcher selon le chemin de la vérité.


Par conséquent, il n'y a pas d'autres conseils que d'établir une société séparée pour eux-mêmes, pour qu'elle soit de leur cadre, c'est-à-dire une communauté qui ne se mélange pas avec d'autres personnes dont les vues diffèrent de celles de cette société. Et ils doivent constamment évoquer en eux-mêmes la question de la finalité de la société, pour ne pas suivre la majorité, car le fait de suivre la majorité est dans notre nature.


Si le groupe s'isole du reste des gens, que ces membres n'ont aucun lien avec d'autres personnes en ce qui concerne les questions spirituelles, et que leur contact avec eux est seulement en matière corporelle, ils ne se mêlent pas avec leur point de vue, car ils n'ont pas de connexion dans les questions de religion.


Mais quand une personne est parmi les religieux, et commence à dialoguer et à argumenter avec eux, elle se mêle immédiatement à leur point de vue. Leurs points de vue pénètrent sa pensée, sous le seuil de sa conscience, à un point tel qu'elle ne sera pas en mesure de discerner que ce ne sont pas ses propres opinions, mais celles qu'elle a reçues des gens avec lesquels elle est connectée.


Par conséquent, en matière de travail sur le chemin de la vérité, on doit s'isoler des autres. Il en est ainsi parce que le chemin de la vérité requiert un renforcement constant, car il est contraire à la vision commune du monde. Le point de vue du monde, c'est de savoir et de recevoir, alors que l'avis de la Torah est la foi et le don sans réserve. Si l'homme s'écarte de cela, il oublie immédiatement tout le travail du chemin de la vérité et il tombe dans un monde d'amour-propre. Seule une société avec la forme de « Aider son prochain » fait que chaque personne dans la société reçoit la force de lutter contre la vision du monde.


De plus, nous trouvons les éléments suivants dans les mots du Zohar (Pinechas, p. 31, point 91, et dans le Soulam) : « Quand une personne réside dans une ville habitée par des gens mauvais, et qu'elle ne peut pas garder les Mitzvot de la Torah, et qu'elle ne réussit pas dans la Torah, elle déménage et se déracine de là et se plante dans un endroit habité par des gens de bien, avec la Torah et Mitsvot. Il en est ainsi parce que la Torah est appelée ' arbre ', comme il est écrit : ' Elle est un arbre de vie pour ceux qui se saisissent d'elle. ' Et l'homme est un arbre, comme il est écrit : ' car est l'arbre de l'homme du champ. ' Et les Mitsvot de la Torah sont comparés à des fruits. Et qu'est-il dit ? ' Seuls les arbres dont tu sais qu'ils ne sont pas des arbres pour la nourriture, eux, tu peux détruire et couper ', ' détruire de ce monde et couper de l'autre monde '. »

Pour cette raison, il doit se déraciner de l'endroit où il y a des méchants, car il ne sera pas en mesure de réussir là-bas dans la Torah et les Mitsvot, et il devra se planter ailleurs, parmi les justes, et il réussira dans la Torah et les Mitsvot.


Et l'homme, que le Livre du Zohar compare à l'arbre du champ, comme l'arbre du champ, souffre de mauvais voisins. En d'autres termes, nous devons toujours couper les mauvaises herbes autour de nous qui nous nuisent et nous devons également toujours nous tenir à l'écart des mauvais environnements, des gens qui ne favorisent pas le chemin de la vérité. Nous devons effectuer une surveillance attentive afin de ne pas être attiré à les suivre.


C'est ce qu'on appelle « l'isolement », quand on a des pensées de l'« unique autorité », appelée « don sans réserve », et non pas de l'« autorité publique », qui est l'amour-propre. C'est ce qu'on appelle « les deux autorités » – l'autorité du Créateur et sa propre autorité.


Maintenant, on peut comprendre ce que nos sages ont dit (Sanhédrin, p. 38) : « Rav Yehouda a dit : ' Rav a dit :  ' Adam ha Rishon était hérétique ', comme il est écrit : ' Et l'Éternel Dieu appela l'homme, et lui dit : ' Où es-tu ?'  ' Où est passé ton cœur ? ' »


Dans l'interprétation de Rashi, « hérétique » se réfère à une tendance pour l'idolâtrie. Et dans le commentaire Etz Yosef (L'Arbre de Joseph), il est écrit : « Quand il est écrit ' Où, où est parti ton cœur ? ', c'est une hérésie, comme il est écrit ' que vous n'allez pas après votre propre cœur ,' ceci est une hérésie, quand son cœur penche vers l'autre côté. »


Mais tout cela est très troublant : comment peut-on dire que Adam ha Rishon était enclin à l'idolâtrie ? Ou, selon le commentaire Etz Yosef, qu'il était sous la forme de « que vous n'allez pas après votre propre cœur », est-ce là de l'hérésie ? Selon ce que nous apprenons sur le travail de Dieu – que c'est uniquement dans le but de donner sans réserve – si une personne travaille dans le but de recevoir, ce travail nous est étranger car nous avons besoin de travailler seulement à donner sans réserve, et il prit afin de recevoir.


Tel est le sens de ce qu'il a dit, qu'il a échoué à « que vous n'allez après votre propre cœur. » En d'autres termes, il ne pouvait pas prendre le fruit de l'Arbre de la Connaissance afin de donner sans réserve, mais il a reçu le fruit de l'Arbre de la Connaissance en vue de recevoir. C'est ce qu'on appelle le « cœur », c'est-à-dire que le cœur veut seulement recevoir pour son propre bénéfice. Et ce fut le péché de l'Arbre de la Connaissance.


Pour comprendre cette question, voir l'introduction au livre Panim Masbirot. Et de cela nous pouvons comprendre les bienfaits de la société - cela peut introduire une autre atmosphère - de travailler dans le seul but de donner.

 

 

Le premier degré quand l'homme naît

Dans le Livre du Zohar, Mishpatim (p.4, point 11 dans le commentaire du Soulam), il est écrit : « Venez et voyez, quand une personne est née, il lui est donné Nefesh du côté de la bête, du côté de la pureté, du côté de ceux qui sont appelés les ' Anges saints ', signifiant le monde de Assiya. Si elle est récompensée plus avant, il lui est donné Rouakh du côté des ' Animaux saints,' signifiant du côté de Yetzira. Si elle est encore récompensée, il lui est donné Neshama du côté du Kisse (trône), signifiant du monde de Beria. Si elle est récompensée plus avant, il lui est donné Nefesh, sur la voie d' Atsilout. Si elle est récompensée plus avant, il lui est donné Rouakh de Atsilout du côté du pilier du milieu, et la personne est considérée comme un fils du Créateur, comme il est écrit : ' Vous êtes les enfants de l'Éternel, votre Dieu. ' Si elle est encore récompensée, il lui est donné Neshama du côté d'Aba ve Ima, qui sont Bina, dont il a été dit ' que toute l'âme loue le Seigneur ', et avec eux, le nom HaVaYaH est complété. »


Ainsi, la perfection de l'âme est d'avoir du NRN de BYA et NRN de Atsilout. C'est la perfection qu'Adam ha Rishon avait avant le péché. Ce n'est qu'après le péché qu'il a chuté de son degré et que son âme a été divisée en 600.000 âmes.


C'est la raison pour laquelle la spiritualité de l'homme est appelée Neshama (l'âme), même quand on n'a que Nefesh de Nefesh, puisqu'il y a une règle que lorsqu'on examine la chose, nous avons toujours à nous référer à son plus haut niveau. Et puisque le plus haut niveau de l'homme est le degré de Neshama, la spiritualité de l'homme est généralement dénommée la Neshama.


Et bien que chaque personne naisse avec le plus petit degré, ils ont dit (Shaar HaGilgoulim p.11b), « toute personne peut être comme Moïse, si elle veut purifier ses actions. Il en est ainsi parce qu'elle peut prendre un autre esprit, un autre plus élevé, à la hauteur de Yetzirah, de  même que la Neshama de la hauteur de Beria. »


Maintenant, vous pouvez également comprendre les célèbres mots de nos sages : « L'esprit des justes ou leurs âmes viennent et sont imprégnées dans ce qu'on appelle Ibour (imprégnation), pour l'assister avec le travail de Dieu. »


Il est également présenté dans le Soulam (Introduction du Livre du Zohar, p. 93) : « Le fait est que l'ânier est l'assistance aux âmes des justes, envoyé d'En Haut afin de les élever d'un degré à l'autre. S'il n'y avait pas eu cette aide, que le Créateur envoie aux justes, ils ne pourraient pas sortir de leur degré et s'élever plus haut. Par conséquent, le Créateur envoie à chaque juste une Haute âme du Ciel, chacun selon son mérite et degré, qui lui vient en aide sur son chemin. C'est ce qu'on appelle « l'embryonnage de l'âme d'un juste », et cela s'appelle « la divulgation de l'âme des justes. »


Il s'ensuit que lorsqu'il est dit qu'il n'y a pas de génération sans les semblables à Abraham, Isaac et Jacob, cela ne veut pas dire qu'ils sont nés de ainsi et qu'ils n'ont pas de choix en la matière. Mais plutôt, ce sont des gens qui essaient de marcher dans la voie de la vérité et ils font les efforts nécessaires. Ces personnes reçoivent toujours de l'aide d'En Haut par un embryonnage des âmes des justes, et ils reçoivent la force de gravir les degrés supérieurs.


Il s'avère que tout ce qui est donné d'En Haut est considéré comme une aide, mais pas sans travail ni choix. Et la persistance du monde est par ces justes, qui prolongent l'abondance d'En Haut, et donc il y a subsistance En Haut.

 

 
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