Histoire de la Cabale et du Zohar
 

Les cabalistes se sont transmis la Cabale oralement et par écrit. Le premier cabaliste que nous connaissions est le patriarche Abraham. La Torah nous parle des questions qu'il s'est posé sur le sens de l'existence et de la manière dont il est parvenu à accéder au niveau auquel le Créateur, les mondes spirituels se sont révélés à lui. Les connaissances qu'il a acquises, la méthode qu'il a utilisée pour les acquérir, il les a transmises aux générations suivantes oralement et dans le livre «Sefer Yetsira», [Le Livre de la Création].

Chaque cabaliste a laissé son empreinte personnelle à l'expérience acquise. Moïse a transmis ses connaissances dans le détail et par écrit dans un livre nommé par lui «Torah» du nom «Or», lumière, et «Oraa», instruction (connaissance de la lumière).

La Cabale a continué à se développer après la rédaction du Pentateuque de Moïse. La Cabale a commencé à être étudiée en groupes de cabalistes au cours de la période comprise entre le Premier et le Deuxième Temples. A la suite de la destruction du Deuxième Temple et jusqu'à notre génération, la Cabale a connu trois périodes de développement particulièrement importantes.

La première période se situe au III°siècle de notre ère et correspond à l'écriture du Zohar par Rabbi Shimon Bar Yochaï, le Rashbi, élève de Rabbi Akiva. Rabbi Shimon bar Yochaï, érudit parmi ses contemporains dans la connaissance des degrés révélés et secrets de la Torah a été désigné par Rabbi Akiva pour transmettre la Cabale aux générations suivantes. Après la capture et l'emprisonnement de Rabbi Akiva, Rabbi Shimon Bar Yochaï s'enfuit avec son fils Eliézer, à Péki, au Nord du pays où il vécut dans une grotte avec son fils pendant treize ans.

Rabbi Shimon Bar Yochaï est sorti de cette grotte avec le «Livre du Zohar», [Le Livre de la Splendeur] dans lequel est exposé un système d'enseignement de la Cabale. Rabbi Shimon avait franchi les 125 degrés spirituels que l'homme peut franchir durant sa vie dans ce monde.

Le Zohar est rédigé de manière très particulière, sous la forme d'allégories et en araméen. L'araméen est la face cachée de l'hébreu. Rabbi Shimon Bar Yochaï dictait, et son élève, Rabbi Aba, qui avait le don d'exprimer les textes de manière voilée pour que seules certaines âmes les comprennent, se chargeait de la rédaction.

La légende raconte que les manuscrits du Zohar ont été cachés dans une grotte près de Safed. Ils ont été trouvés quelques siècles plus tard par des Arabes vivant à proximité. Les Arabes s'étaient réjouis d'avoir trouvé du papier qui à l'époque était une matière rare, et l'ont utilisé à de multiples fins. Un sage de Safed, un jour qu'il avait acheté du poisson au marché, fut étonné de découvrir le parchemin d'une inestimable valeur dans lequel le poisson avait été enveloppé. Il se mit en quête d'acheter les autres morceaux de parchemin aux Arabes pour les collationner et en constituer un livre. Il s'agit du Livre du Zohar qui nous est parvenu. Le Zohar a été étudié secrètement pendant des siècles, en petits groupes de cabalistes. La première publication de cet ouvrage a été réalisée par Rabbi Moïse de Léon, au XIII°siècle.

La deuxième période correspond à l'époque de Rabbi Isaac Louria, dit le ARI (XVI¨° siècle). La Cabale était étudiée en secret en petits groupes. Le ARI a appelé à l'étude généralisée de la Cabale.

Le ARI est né à Jérusalem en 1534. Il perdit son père très jeune et fut emmené avec sa mère en Egypte où il grandit chez son oncle. Il a étudié la Torah auprès du célèbre Rav David ben Shlomo ibn Zamra et le Rav Bethsalel Ashkenazi. Il devint un érudit en Torah. C'est en 1570 qu'il arriva à Safed. Malgré son jeune âge, il commença immédiatement à enseigner la Cabale. Ses compétences furent tout de suite reconnues par les sages de Safed qui venaient étudier chez lui. Durant un an et demi, son élève Haïm Vital a mis par écrit l'enseignement du ARI.

Le ARI nous a légué un système de base pour l'étude de la Cabale, adaptable à tous. En employant ce procédé, chaque homme qui étudie la Cabale peut réaliser le but de la création.

Le ARI mourut le cinq du mois d’Av 1572, à l'âge de 38 ans. Ses travaux ont été cachés, conformément à ses derniers vœux, afin qu'ils soient révélés à la génération qui en aurait besoin. Avec le ARI, nous sommes les témoins d'un événement intéressant qui se caractérise par l'émergence d'enseignants de la Cabale d'un nouveau type. Ils marquent le début d'une nouvelle période et décrivent les moyens les plus adaptés à la génération contemporaine mais, par ailleurs, ils font en sorte que leurs travaux soient découverts par ceux à qui il appartiendra de les rechercher dans le futur.

En fait, le processus d'évolution est subordonné à deux conditions: la pertinence dans le temps et la maturité des âmes faisant que le besoin d'un nouveau système d'enseignement provienne d'elles-mêmes.

Les cabalistes révèlent un nouveau système d'enseignement, le transmettent à leurs contemporains tout en sachant que ceux-ci n'ont pas la capacité de mesurer dans toute son ampleur l'évolution qu'ils y ont apportée. C'est pourquoi, ils préfèrent souvent dissimuler ou même brûler leurs écrits. Le Baal HaSoulam a brûlé et détruit la plupart de ses écrits. Toutefois, la révélation à notre monde de connaissances sur les mondes spirituels sous une forme écrite a une signification toute particulière malgré la destruction des textes. Ce qui a été dévoilé sur un support matériel a une influence dans le temps et facilite une seconde révélation.

L'ouvrage « Chaar HaGuilgoulim » fait mention des dernières paroles du ARI avant sa mort selon lesquelles le rabbi demande à ce qu'un seul de ses élèves, Haïm Vital, étudie la Cabale, qu'il l'étudie secrètement et seul. Après la mort du ARI, Haïm Vital a consigné par écrit l'enseignement oral qu'il avait reçu, sans systématisation. Il a caché une partie de ses écrits, 600 pages, a demandé qu'une partie soit enterrée avec lui et a légué une dernière partie à son fils. Au cours de la génération suivante, son élève, Rabbi Tsemah a compilé «L'Arbre de vie» et d'autres ouvrages à partir des 600 pages cachées; puis il a extrait de la tombe les autres écrits de Haïm Vital et a écrit une série de livres «Les huit portiques».

A l'époque du ARI, l'étude du Zohar en groupes ne faisait que commencer et elle s'est poursuivie activement pendant deux siècles. C'est au cours de cette période qu'est apparu un grand nombre de cabalistes notamment en Pologne, en Russie, au Maroc, en Irak, au Yémen.

Depuis le milieu du XIX° siècle, l'intérêt pour la Cabale s'est émoussé jusqu'à disparaître pour ainsi dire totalement. Dans son «Introduction au Zohar», le Rav Yéhouda Ashlag y voit l'origine des épreuves que nous connaissons depuis plus d'un siècle.

La troisième période correspond à une nouvelle méthode d'étude révélée par le Rav Yéhouda Ashlag, le Baal HaSoulam, auteur des commentaires «Soulam» [L'échelle] sur le livre du Zohar. Cette méthode est adaptée plus particulièrement aux âmes de notre génération. Rabbi Yéhouda Ashlag est né en 1884 à Varsovie en Pologne. Très jeune il devint érudit en Torah révélée et exerça les fonctions de Dayan (juge) à Varsovie. C'est en 1921 qu'il a émigré avec sa famille en Israël et est devenu rabbin du quartier de Guivat Shaül à Jérusalem. Il était alors déjà très occupé à rédiger sa méthode, mais il n'entreprit son interprétation du Zohar qu'en 1943, au moment de la Shoah. Le Baal HaSoulam a ressenti à ce moment la nécessité d'enseigner et de diffuser la Cabale à notre génération pour que chaque homme ait la possibilité de l'étudier. Dans son «Introduction au Zohar», il écrit «il ne reste que des fragments de la grandeur passée, chacun de nous, de ceux qui ont survécu se devrait, de toutes ses forces, de toute son âme d'étudier le sens profond de la Torah». Le Baal HaSoulam a achevé d'écrire son interprétation du Zohar en 1953, il est mort en 1954 et a été enterré au cimetière Har HaMenouhot, à Jérusalem.

Le fils aîné du Baal HaSoulam, le Rav Baruch Ashlag, le Rabash, a continué les travaux de son père. Ses ouvrages sont rigoureusement structurés de la manière dont son père la lui a enseignée, ce qui facilite la compréhension des commentaires que nous a laissés le Baal HaSoulam.

Baruch Ashlag est né à Varsovie, en 1907, il a émigré en Israël avec son père. Après son mariage, son père l'inclut dans ses groupes d'étude puis il le chargea de l'enseignement aux débutants. Après la mort de son père, Baruch Ashlag entreprit de poursuivre sa tâche de diffusion de la Cabale.

Malgré ses qualités exceptionnelles, Baruch Ashlag a mené une vie modeste, il a travaillé comme cordonnier, maçon et employé. Extérieurement, il ne se distinguait en rien d'une autre personne, mais il dédiait chaque minute de sa vie à l'étude et à l'enseignement de la Cabale. La Rabash est mort en 1991.

Le «Soulam» veut dire: «l'échelle». La méthode du Baal HaSoulam est adaptée à chacun de nous, pour appréhender progressivement les mondes spirituels qu'il a construit dans ses écrits. Elle permet à chacun d'étudier et d'accéder à la connaissance en 3 à 5 ans. Le principe de cet enseignement est d'éveiller en l'homme le désir de comprendre les mondes spirituels. En étudiant de cette manière, l'homme prend conscience que toutes ses racines proviennent d'un seul et même tout, et qu'il en est l'aboutissement. Cela accroît son désir de les connaître et d'être en relation avec elles aux fins de s'améliorer.

Nous savons que trois éminents cabalistes sont issus d'une seule et même âme, il s'agit de Rabbi Shimon Bar Yochaï, le ARI et le Rav Yéhouda Ashlag. A chacune des périodes leur correspondant, les temps étaient propices pour une révélation plus poussée car la génération contemporaine était prête, cette âme est par conséquent descendue pour transmettre un nouveau système d'enseignement adapté à cette génération.

Rabbi Shimon Bar Yochaï fut l'un des plus grands de sa génération. Il a écrit et expliqué plus de 3000 thèmes du Talmud. Ces explications ont été publiées et nous sont parvenues, mais le livre du «Zohar» a disparu après sa rédaction. En fait, la partie secrète de la Torah ne peut être révélée qu'au moment où les âmes qui descendent dans ce monde sont aptes à la recevoir. C'est ainsi que le Livre du Zohar se révèle à nous progressivement dans le temps. A chaque génération, il est de mieux en mieux compris. Ce qui avait été écrit puis caché à l'époque de Rabbi Shimon Bar Yochaï fut découvert par la génération de Moïse de Léon, puis par celle du ARI qui fut le premier à entreprendre l'interprétation du Zohar dans la langue de la Cabale.

Les ouvrages du ARI ont été également cachés puis partiellement découverts au moment propice. Notre génération, quant à elle, a le privilège d'étudier le «Soulam» qui donne la possibilité d'étudier la Cabale pour procéder à sa réparation dès à présent.

Le Zohar s'ouvre un peu plus à chaque génération, il se révèle davantage et est de mieux en mieux compris au fil des années, chacun de nous le comprenant de la manière la plus adaptée aux racines de son âme.

 

 

   
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